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  • il y a 9 heures
Sébastien Lecornu s'exprime en direct et annonce des couvre-feux 

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Transcription
00:00On a été intérieur dans les forces armées sur ce qui s'est passé samedi.
00:03J'aurai l'occasion avec le ministre de l'Intérieur d'y revenir dans les jours qui viennent.
00:06Mais enfin, je l'avais indiqué samedi soir dernier, la transparence totale, nous n'avons rien à cacher.
00:11Et donc, là aussi, j'ai redonné un certain nombre d'instructions sur comment cette transparence doit se faire,
00:15notamment à l'échelle nationale, mais enfin aussi préfecture par préfecture,
00:19parce que les maires, les forces vives locales, évidemment, se posent des questions sur non seulement
00:24comment les forces de l'ordre se sont organisées, mais une fois de plus, on n'a rien à cacher.
00:28Et je veux leur redire notre soutien parce qu'elles ont admirablement bien travaillé,
00:31mais aussi parce que les Françaises et les Français doivent le comprendre et le savoir,
00:35la manière dont le désordre s'est organisé de manière complètement inédite,
00:39notamment en journée par l'ultra-gauche et en soirée par de la délinquance générale,
00:44là aussi, pour dire les choses très directement.
00:46Et au fond, on le voit bien, depuis hier soir, on a encore un sujet de délinquance générale qui se
00:51pose.
00:52On l'a vu sur les images à Paris.
00:54Et au moment où on se parle, on a encore un problème avec l'ultra-gauche à Marseille.
00:57Donc on a, évidemment, une question de sécurité qui continue d'être suivie.
01:01Dans ce contexte, nous avons décidé plusieurs choses.
01:04La première, évidemment, c'est une réponse pénale particulièrement importante, massive.
01:09On est sur un nombre de gardes à vue, d'interpellations ayant donné lieu à des gardes à vue,
01:14qui désormais se transforment avec un taux de poursuite de réponse pénale élevé, avec pratiquement 80%.
01:21Le garde des Sceaux s'est exprimé ce matin.
01:24Il est actuellement en déplacement où il voit les procureurs généraux.
01:27Il s'exprimera de nouveau ce soir au journal de 20 heures.
01:31Mais enfin, il va sans dire que là, on a deux tiers de majeurs.
01:35On n'a pratiquement que des hommes.
01:37On a des gens qui sont déjà souvent connus des services de police.
01:41Et donc, évidemment, la judiciarisation va nous permettre aussi de calmer les choses
01:45pour mettre un certain nombre d'individus hors d'état de nuit.
01:48Le deuxième mouvement de judiciarisation, c'est celui-ci qui va se faire à froid.
01:53On n'a pas échappé sur les réseaux sociaux, que beaucoup de pilleurs sont des génies.
01:57Donc, la bonne idée de ne pas mettre de cagoule ou de masque.
02:01Et donc là, on a une opération judiciaire très importante, massive, qui démarre aujourd'hui.
02:07Je crois que sur la plaque parisienne, c'est pratiquement 200 enquêteurs
02:11pour la seule préfecture de police de Paris, qui vont analyser les images, les films.
02:16Et d'ailleurs, le préfet de police y reviendra avec le ministre de l'Intérieur dans les heures qui viennent
02:19sur des outils aussi nouveaux pour permettre à nos concitoyens de participer,
02:23de venir alimenter ces enquêtes.
02:25Ça, c'est pour le volet judiciaire, mais le garde et le ministre de l'Intérieur y reviendront.
02:29La deuxième décision que j'ai prise dans cette cellule interministérielle de crise,
02:34c'est qu'on a une situation qui est géographiquement très disparate.
02:37C'est sûr que les Françaises et les Français, derrière leur télévision, se disent
02:39« C'est le bordel partout ». Bon, heureusement, non.
02:42On a un bordel, pour être trivial, pardon de ce mot, qui est très localisé sur des centres urbains.
02:48Aussi, j'ai demandé au préfet de déclencher un certain nombre de couvre-feux pour ce soir,
02:53couvre-feux partiels, dans lesquels les préfets vont faire ce travail de discussion,
02:57non seulement avec les maires, mais aussi avec les chambres de commerce et d'industrie,
03:00parce que l'un des enjeux de ce couvre-feu, c'est la protection des personnes,
03:03mais aussi des biens et singulièrement des commerces.
03:05On n'est pas sur, comment dire, une délinquance générale classique.
03:10On est véritablement sur une délinquance générale très précise, très spécifique de pillage,
03:14de revendre d'ailleurs d'un certain nombre de ces biens pillés.
03:17Et il n'est pas question que les choses s'installent comme ça dans la durée,
03:20c'est le moins qu'on puisse dire.
03:22Et donc, moi, j'ai donné cette instruction au préfet d'engager des couvre-feux.
03:24Ils seront partiels, ils peuvent être très localisés.
03:26Et donc, dans le courant de l'après-midi, le ministère de l'Intérieur
03:29pourra vous donner une cartographie assez précise
03:31de ce que les préfets auront décidé, parce que je leur laisse le temps
03:34d'avoir une discussion, notamment avec les maires des communes concernées,
03:38mais aussi le monde économique, parce qu'on va y revenir dans un instant.
03:40On va mettre de l'argent public sur la table.
03:43C'est normal.
03:44Enfin, ça n'a pas de sens si, à un moment donné,
03:46on n'est pas capable de rétablir l'ordre dans les meilleurs délais.
03:49Troisième décision qui ont été prises, c'est précisément les mesures d'accompagnement.
03:52Bon, déjà, je le dis parce que je vois aussi le débat monter, il est bien légitime.
03:56C'est avant tout ceux qui ont cassé qu'ils doivent payer.
03:59Ça explique le projet de loi, évidemment, qui est le nôtre,
04:02y compris ce projet de loi qui arrive au Parlement,
04:04qui va permettre d'aller saisir des allocations sociales pour ce faire.
04:08Ça fait quand même des années que tout le monde en parle.
04:09Il aurait fallu que mon gouvernement s'y colle.
04:12Je pense que ça tombe malheureusement à pic, malheureusement à pic.
04:15Mais enfin, on a déjà aussi une responsabilité civile qui existe,
04:18et dans les instructions qui ont été données par le garde des Sceaux,
04:20c'est de permettre sur l'ensemble des personnes dont la judiciarisation est faite,
04:23si elles sont condamnées, d'être appelées à la responsabilité civile.
04:26Je le dis, y compris, d'ailleurs, pour le maire de Limoges,
04:29parce qu'à ce temps de destruction, avant même que l'argent public ne soit sollicité,
04:33il est quand même bien logique que la responsabilité individuelle
04:35de celles et ceux qui ont cassé soit respectée.
04:37En tout cas, nous le ferons.
04:39La deuxième des choses, pour les commerces,
04:41pour nous, le ministre Papin, le ministre du Budget là aussi,
04:45le collègue de l'économie rentre actuellement de déplacement à l'étranger,
04:49il va sans dire qu'il faut permettre aux commerçants de redémarrer très vite.
04:53Redémarrer très vite, c'est ne pas abîmer, évidemment, les emplois.
04:56Et les commerces de France sont évidemment de grands employeurs.
05:00Et c'est pour ça qu'avec Jean-Pierre Farandou,
05:01on a décidé de déclencher le chômage partiel dès demain.
05:06C'est-à-dire qu'on va le faire par une instruction ministérielle
05:08sans attendre les délais que nous connaissons.
05:11Et on ne va pas le faire à 70%, on le fait tout de suite à 100%.
05:14Alors, ce n'est pas une mesure de continuité de l'activité en tant que telle,
05:18c'est une mesure de protection de l'emploi.
05:20Il n'est pas question qu'il y ait de la casse sociale dans cette affaire
05:22après avoir connu la casse tout court.
05:24Ensuite, nous allons débloquer un fonds de soutien spécifique pour l'ensemble de ces commerces.
05:29Il y a un débat entre l'exonération sociale et fiscale ou fonds de soutien.
05:32Je crois qu'on prend du terrain, qu'il y a davantage un envie de fonds de soutien
05:36pour faire du plus humain.
05:37En tout cas, je me range à ce que les ministres décideront
05:39dans les concertations qu'ils vont mener sur le terrain entre cet après-midi et demain.
05:43Mais enfin, il y a besoin de trésorerie.
05:45Bon nombre de commerçants avaient déjà fait leur stock, y compris pour Noël.
05:49Bon, il n'est pas question de paumer la saison.
05:51Donc ça, pour le coup, on va y répondre de manière évidemment très précise et très directe.
05:55Puis troisième chose, évidemment, les assurances,
05:57dans lesquelles une discussion a déjà démarré avec elle depuis ce week-end.
06:01Capacité à accélérer les différentes expertises,
06:05éviter d'emmener nos commerçants dans des tracasseries de procédures
06:09qui n'en finiraient pas.
06:10Être capable, évidemment, très vite d'ouvrir les guichets.
06:12Être capable de verser des accomptes sur, évidemment, les sommes d'accompagnement pour les assurer.
06:19Il y a un gros travail, évidemment, qui est en cours, sur lequel aussi les ministres reviendront.
06:24Bon, cette réunion de ce matin me permet, évidemment, d'avoir plusieurs rendez-vous dans la semaine.
06:28Tout à l'heure, avec le ministre de l'Intérieur, on fera un point spécifique
06:31avec tous nos services de renseignement,
06:33parce que, désormais, il est démontré qu'on a quand même un mouvement de l'ultra-gauche
06:38qui a envie d'organiser un désordre, pour ne pas dire plus,
06:44un désordre profond dans le pays jusqu'à l'élection présidentielle.
06:48Je crois que ça nous a été dit clairement par les services de renseignement ce matin.
06:51Il y a toute une nébuleuse qui même peut s'activer
06:54pour même remettre en cause même le calendrier de l'élection présidentielle
06:57et la tenue de l'élection présidentielle.
06:59Je l'ai dit de nombreuses reprises ces derniers temps.
07:01Pas toujours le sentiment d'avoir été entendu et cru,
07:03donc je le dis de manière beaucoup plus directe.
07:05Ça pose donc plusieurs questions pour nous.
07:07La première, c'est comment protéger justement ce cadre démocratique
07:11qu'est l'élection présidentielle.
07:13Pas question que des minorités violentes imposent un agenda de violence
07:16et nous empêchent, évidemment, de tenir cette élection.
07:19Ça pose la question, pour moi, de la sécurité des candidats,
07:21de la sécurité personnelle.
07:23Ça pose la question de la sécurité des meetings,
07:25quelles que soient les formations politiques.
07:27Ça fait partie des points que je vais voir avec le ministre de l'Intérieur cet après-midi,
07:30parce que je vois bien que l'agenda démocratique va être percuté
07:32par cet agenda de désordre tel qu'il est imaginé par ces différents gros puscules.
07:38Ça pose aussi des questions de liberté syndicale.
07:40Moi, j'en suis un très très grand défenseur.
07:42Ma culture politique comme gaulliste,
07:44enfin, il n'y a pas de schéma dans lequel désormais
07:46la liberté de manifester peut être à ce point abîmée
07:49par des mouvements de casseurs.
07:52Bon, on a déjà connu ça pendant, déjà, même le quinquennat du président Hollande
07:57pendant les lois tourènes.
07:58On se rappelle de ce qui s'est passé pendant la réforme des retraites, etc.
08:01Enfin, là, ça fait partie des choses que je veux discuter, moi,
08:05avec les formations et les organisations syndicales pendant cette semaine.
08:08Elles ont elles-mêmes déposé un préavis pour une manifestation le 5 novembre.
08:12C'est leur droit.
08:13Mais justement, il faut qu'à haut niveau, c'est-à-dire Premier ministre,
08:16ministre de l'Intérieur, on puisse, avec elles,
08:19regarder les conditions de la sécurité, de l'expression
08:23de ces mouvements de manifestation,
08:24parce qu'on ne peut pas mettre en danger, évidemment,
08:27les salariés, les Françaises et les Français,
08:28parfois des mineurs qui ont manifesté.
08:30Et beaucoup de gens ont manifesté dans le calme,
08:32il faut le redire quand même, samedi dernier.
08:34Et ce sont parfois, ils ne sont pas d'accord avec la politique
08:37que le gouvernement peut mener.
08:39Enfin, c'est le rôle du gouvernement de leur donner un cadre d'expression,
08:42comme la campagne présidentielle.
08:43Donc, c'est quand même aussi la question des libertés qui est posée.
08:46Puis enfin, je réunirai les différentes formations politiques.
08:49Non, pas tellement qu'eux pour leur parler de violence.
08:51Je espérais que chacun sait où il habite,
08:53même si, comme je l'ai dit samedi, il faut désormais choisir son camp.
08:56C'est plutôt le moment de clarification.
08:58Non, avec le ministre de l'Intérieur, je veux leur parler de police.
09:00J'ai vu depuis maintenant, depuis trois semaines,
09:04on nous explique que la police tue ou la police blesse.
09:07Puis depuis deux jours, on nous dit que fait la police.
09:10Une schizophrénie bien française,
09:11un débat politico-médiatique.
09:13Je ne l'ai pas découvert ce week-end.
09:14Mais enfin, on ne peut pas avoir une instrumentalisation de la police
09:18dans le débat électoral de cette élection présidentielle.
09:21Ce n'est pas possible.
09:22Dans un sens comme dans un autre.
09:24Donc, tout le monde parle de doctrine de maintien de l'ordre.
09:26Pas sûr que tout le monde la connaisse bien parmi la classe politique.
09:28Je ne suis pas certain que, si on interrogeait d'ailleurs les responsables politiques,
09:33ils soient bien informés de comment cette doctrine de maintien de l'ordre a été imaginée,
09:37comment, justement, elle est appliquée sur le terrain.
09:39Enfin, je veux aussi le redire.
09:41Samedi, si on a eu des scènes très difficiles sur des violences sur les biens,
09:47il n'y a pas eu de personnes tuées.
09:51Et c'est un miracle.
09:53C'est un miracle que le bilan ne soit pas plus lourd.
09:55Il faut le redire.
09:56C'est un miracle.

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