00:00Peut-être vous nous appelez à l'Île-de-France. Bonjour Julien, comment vous réagissez ce matin ?
00:04Oui, bonjour à vous, bonjour à toute l'équipe et merci de me donner la parole.
00:07Écoutez, moi je réagis pas forcément très bien parce que je suis policier sur Paris, ça fait 20 ans que
00:16je suis policier sur Paris.
00:18J'ai fait beaucoup de maintien de l'ordre pendant 17 ans, maintenant je suis officier de police judiciaire donc
00:23je vois les deux côtés.
00:24C'est catastrophique, c'est lamentable. Là c'est de la guérilla urbaine qu'on a vu, c'est vraiment
00:32pas de la revendication.
00:33Il y a des gens qui sont là vraiment pour revendiquer, ça c'est tout à leur honneur, ils ont
00:37raison d'ailleurs, heureusement qu'ils sont là.
00:39Mais la plupart, ils sont là pour casser en fait, casser, voler, piller, ils s'affichent même sur les réseaux
00:45en montrant ce qu'ils ont voulu, bien sûr.
00:47Est-ce que vous étiez mobilisé, Julien, ce week-end, vous policier ?
00:52Oui, oui, oui, j'ai été mobilisé ce week-end aussi.
00:54Donc vous nous appelez en direct sur Europe 1, vous avez été mobilisé ce week-end, racontez-nous donc de
00:59l'intérieur, puisque vous êtes sous le couvert de l'anonymat.
01:03Racontez-nous lorsqu'on dit que les policiers manquaient de munitions, que les policiers n'étaient pas en nombre suffisant,
01:10que les policiers n'arrivaient pas à faire face justement à toutes ces demandes et à toutes ces casses.
01:17C'est vrai ? Racontez-nous le terrain.
01:19Bah c'est, alors sous toute réserve, parce que malgré tout, même si je suis couvert d'anonymat, je sais
01:25très bien que je risque des sanctions quand même derrière, assez sympathique.
01:27Donc je vais quand même modérer mes propos, sachez-le.
01:30Mais non, c'est la Bérezina, c'est l'armée à Bourbaki, c'est n'importe quoi.
01:37C'est voilà, nous on travaille, on est sur le terrain, on occupe le terrain depuis des heures avant la
01:42manifestation.
01:43Donc c'est des heures pas possibles, c'est de la fatigue, c'est dans le chou artistique total, parce
01:50que parfois ils sont débordés.
01:53Donc on n'a pas des ordres et des consignes très très claires.
01:57Donc nous on est dans l'attente, dans l'expectative.
02:00La preuve, des fois on peut même pas aller acheter à manger.
02:03On a juste un paquet de chips, une compote et un pauvre gâteau, et puis on doit tenir 12, 13,
02:0814, 15 heures comme ça.
02:09Vous avez donc eu faim, mais est-ce que vous avez eu peur ?
02:12Oui bien sûr, bien sûr, c'est pas rien.
02:16Vous êtes face à des gens qui ne sont pas là pour manifester, ils sont là pour casser du flic,
02:21voire plus.
02:22S'ils peuvent vous isoler, après on sait ce qui arrive.
02:27On a des collègues qui se retrouvent au sol et puis qui se font lâcher.
02:30C'est du lâchage quoi, c'est horrible ce qui se passe.
02:33Julien nous appelle en direct sur Europe 1, il est policier, il était mobilisé sur le terrain pendant ce week
02:40-end.
02:40Gabriel Cusel a une question.
02:41La question que se pose, je crois, beaucoup de Français, bonjour Julien,
02:44c'est de savoir si avec des ordres adéquats, avec une volonté politique,
02:51la police serait capable d'agir, les forces de l'ordre seraient capables d'agir,
02:54ou si là c'est perdu, il faut vraiment, je sais pas, faire appel à l'armée, comme on l
03:01'entend souvent,
03:01ou est-ce que c'est juste une question de volonté politique ?
03:05Alors, selon moi, c'est mon point de vue, les policiers de terrain, on est tous formés.
03:11D'accord, on est tous là, on est là pour, déjà on n'est pas rentrés dans la police par
03:16hasard,
03:17on a des convictions et on est là pour défendre les gens, défendre l'institution et protéger.
03:23Si on a des directives qui sont claires, nettes, concises et précises, il n'y a pas de problème,
03:28on va intervenir et on va se gérer.
03:30Parce que c'est notre métier, parce qu'on sait faire.