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  • il y a 1 jour
Chaîne : France 2
Contenu : 1 coming next, 2 pages de publicités, 2 bandes annonces et l'émission ''Franchement'' avec Lionel Jospin (incomplète)
Moyen de diffusion : Analogique terrestre
Qualité d'enregistrement : VHS

Pour toute question en rapport avec l'archive ou si vous souhaitez donner votre avis, n'hésitez pas à laisser un commentaire !

Catégorie

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TV
Transcription
00:00:03Sur France 2, une grande histoire chaque lundi avec Télé 7 jours.
00:00:10Lionel Jospin, invité à parler franchement, il développera le programme du Parti Socialiste face à un contradicteur.
00:00:15Surprise, restez avec nous, c'est tout de suite.
00:00:29Contre les tâches catastrophiques, sur le blanc et la couleur, heureusement, j'ai mon nouveau Supercroix.
00:00:37Supercroix ?
00:00:38Oui, sa formule est nouvelle. Elle contient un protecteur de couleur.
00:00:42Et oui, aujourd'hui, Supercroix est encore plus efficace contre les tâches.
00:00:45Et grâce au protecteur de couleurs, il respecte aussi parfaitement les couleurs.
00:00:49Et voilà, plus une trace, blanc comme neige.
00:00:52Et nos couleurs sont lumineuses.
00:00:55Bravo Supercroix.
00:00:57Supercroix, un blanc éclatant, des couleurs respectées.
00:01:02Qui est à vos côtés dans le monde entier ?
00:01:05Adéco, leader mondial des ressources humaines.
00:01:08Bienvenue chez Adéco.
00:01:12À ça tout le monde ?
00:01:14Ouais, ouais !
00:01:15Alors, elle nous partait quoi, maman ?
00:01:16Mais plein de bonnes choses, mais chérie, c'est bon.
00:01:31Saint-Hubert 41 donne une saveur insoupçonnée à tous ceux qui...
00:01:35Saint-Hubert 41, c'est tout Saint-Hubert.
00:01:38Ne payez pas d'un compte sans vérifier la solidité financière de l'entreprise.
00:01:44Par Minitel, 3617 Vérif.
00:01:54Vous adorez votre eau, c'est un peu votre ami, votre allié, vous aimez sa pureté, sa douceur.
00:02:01Bien sûr, vous ne buvez qu'elle, c'est tellement mieux pour votre équilibre.
00:02:04Alors, vous lui êtes fidèle.
00:02:07Eh bien, pas moi.
00:02:09Ce qui est meilleur pour notre équilibre, c'est de changer d'eau et d'alterner pour bénéficier des richesses
00:02:13en minéraux propres à chacune d'elles.
00:02:15Cinq marques se sont déjà associées pour vous y aider.
00:02:17Alors, changez d'air, changez d'eau.
00:02:44Vous avez remarqué comme vos pieds peuvent être mobiles.
00:02:48Alors, pourquoi les enfermer dans des chaussures qui les empêchent de bouger ?
00:02:52Aujourd'hui, Décathlon a inventé le système Flex.
00:02:56Une chaussure articulée qui accompagne le pied dans tous ses mouvements pour plus de confort.
00:03:02Chaussure Maya Flex.
00:03:05Intelligente comme un pied.
00:03:07Pourquoi votre mère fait une fixation sur ce lavelage égé de vedette ?
00:03:10Papa, elle fait une fixation sur une pièce de monnaie que t'oublie systématiquement dans tes poches.
00:03:14Et le égé, il trouve la monnaie, peut-être ?
00:03:15Eh ben justement, il y a un piège à objet qui récupère tout.
00:03:18Des boîtes à produits démontables, lavables sous le robinet et le lavage à consommation adapté.
00:03:24Tu sais que tu pourrais te vendeux, toi ?
00:03:25On n'y peut rien. Vedette mérite votre confiance.
00:03:29Bon anniversaire, mon ange.
00:03:30Oh non, t'es fou.
00:03:32Qu'est-ce que c'est ?
00:03:33Un diamant.
00:03:35Un diamant.
00:03:36C'est perdu.
00:03:41Il y a plusieurs façons de faire plaisir.
00:03:44Citroën, pour le premier anniversaire Saxo, vous offre 10 000 francs d'économie.
00:04:11La santé c'est important, même au chômage.
00:04:13Pour la première fois avec la Mutuelle Santé de MAF Assurance, si vous perdez votre emploi, vous ne perdez pas
00:04:18votre mutuelle.
00:04:23Bonjour. J'aimerais vendre cette maison. Ça peut se faire vite ?
00:04:25Vous savez, madame, chez Orpi, on réalise 30 000 ventes par an.
00:04:28Ça fait une vente toutes les 4 minutes.
00:04:30Je ne suis pas à la minute.
00:04:31Moi, j'ai toute ma journée.
00:04:34Qu'est-ce que c'est Orpi ?
00:04:37Bienvenue sur Canal Satellite Numérique, avec 17 grandes chaînes à thème.
00:04:41Des chaînes à thème sans équivalent.
00:04:48Plus l'accès au cinéma et au sport à la carte.
00:04:518 matchs de D1 en direct chaque journée du championnat de France.
00:04:55Plus la F1 pilotée sur 6 canaux.
00:04:57Plus 4 grandes chaînes cinéma.
00:05:0120 grands films chaque jour.
00:05:07Plus Disney Channel, en exclusivité sur Canal Satellite.
00:05:12Tout ça, pour 100 francs par mois.
00:05:15Offre spéciale Canal Satellite.
00:05:17Pour en savoir plus, appelez le 0803 804 804.
00:05:24Avec MAF Assurance, si vous perdez votre emploi, votre Mutuelle Santé gratuite pendant 2 ans.
00:05:41Voilà votre avion.
00:05:41Très bien, je vous appelle en arrivant.
00:05:44N'oubliez pas votre carte d'embarquement.
00:05:46C'est pour des hommes comme vous, qui n'avez pas une minute à perdre,
00:05:49qu'Iberia a amélioré sa business class.
00:05:52Bonjour.
00:05:53Bonjour, monsieur. Bienvenue à bord.
00:05:54Avec encore plus d'espace, le choix de vos menus aux heures des repas et une ponctualité exemplaire,
00:05:59la business class d'Iberia, bien plus qu'un voyage en avion.
00:06:04Pourquoi sont-elles uniques, les galettes Saint-Michel ?
00:06:07Parce que depuis toujours, Saint-Michel est très exigeant dans le choix des ingrédients.
00:06:11Tout le secret de Saint-Michel est là.
00:06:13C'est ainsi que les galettes Saint-Michel sont authentifiées depuis 1905
00:06:19et qu'elles ont un goût qui n'appartient qu'à elles.
00:06:22Aucune galette ne ressemble à une galette Saint-Michel.
00:06:26Sainte-Gilles a inventé une nouvelle forme de brossage, Sainte-Gilles Active.
00:06:29Les poils incurvés et donc adaptés à la forme des dents.
00:06:32Sainte-Gilles Active, les plus grandes idées sont souvent les plus simples.
00:06:40Sainte-Gilles Active
00:06:42France 2 vous donne rendez-vous, mardi, avec Auto Plus.
00:06:49On est en Californie, ou on ?
00:06:50On est en Californie.
00:06:52Oui.
00:06:52Let's go !
00:06:54Sophie Marceau a deux passions.
00:06:57La deuxième, c'est d'études de lettres à la Sorbonne.
00:07:02Allô ?
00:07:03J'ai envie de toi.
00:07:04Oh oui, moi aussi.
00:07:06Je suis plutôt de fou.
00:07:06Oh !
00:07:12Mardi soir, Vincent Lindon a deux passions.
00:07:16La deuxième, son métier de compositeur.
00:07:23Laissez entrer la lumière du cinéma, avec Technal.
00:07:27Je vois Flash Gordon en approche croissante.
00:07:29Flash !
00:07:30Je chevauche, sans boussole, un scooter de l'espace.
00:07:33Flash 100, sans boussole sur un scooter de l'espace.
00:07:35Je l'ai en visuel.
00:07:37Programmer l'agent Zarkov.
00:07:39Appelez-moi Prince Barine.
00:07:44Feu à volonté sur Flash Gordon.
00:07:48Allons-y.
00:07:55Collant rose fluo et brushing impeccable, Flash Gordon explore l'univers en scooter.
00:08:00Mardi soir, sur France 2.
00:08:08Magie, magie.
00:08:09Et vous, qu'est-ce que vous préparez à déjeuner ?
00:08:11Aujourd'hui, c'est dimanche, et le dimanche, chez nous, en famille, on se régale.
00:08:15À midi, c'est rôti de veau, avec les petits oignons, les champignons, et surtout, avec le fond de veau
00:08:20magie.
00:08:21Un vrai fond dans les règles de l'art.
00:08:23D'un simple jus de cuisson, il fait une véritable sauce.
00:08:27Et le résultat, c'est que mon rôti de veau, c'est plus un rôti, c'est tout un poème.
00:08:34Magie, magie, et vos idées ont du génie.
00:08:46Depuis 25 ans, Fruits d'or élabore avec les nutritionnistes des produits adaptés aux besoins de votre corps.
00:08:55Et depuis 25 ans déjà, avec Fruits d'or, certains d'entre nous profitent pleinement de toutes les bonnes choses
00:09:01de la vie.
00:09:02À moins que ce ne soit leurs fans qui les rendent si dynamiques.
00:09:06Fruits d'or, c'est bon maintenant et pour plus tard.
00:09:10D'un côté, la sérénité.
00:09:12De l'autre côté, l'irritabilité.
00:09:16La nervosité, qui risque de vous faire...
00:09:19Ne vous mettez plus dans tous vos états, réagissez.
00:09:23Sédatif PC est un médicament méopathique des laboratoires boirants.
00:09:27Sédatif PC, prenez la vie du bon côté.
00:09:51Le grand lait de Candia, il déborde de bonnes choses qu'il faut savoir saisir.
00:09:56Car elles sont indispensables à la vie.
00:09:58La vie déborde dans Candia.
00:10:02Le Comité français des produits de beauté vous invite à décerner les trophées de la beauté chez votre parfumeur.
00:10:25Alors, le futur au stop ?
00:10:28Futuroscope, destination images.
00:10:31Et dès le 29 mars au Futuroscope, un nouveau grand spectacle nocturne spécial dixième anniversaire.
00:10:58La santé, c'est important, même au chômage.
00:11:01Pour la première fois avec la mutuelle santé de MAF Assurance, si vous perdez votre emploi, vous ne perdez pas
00:11:05votre mutuelle.
00:11:13Les entreprises qui gagnent le savent bien.
00:11:16Toutes les sociétés d'affacturage ne se valent pas.
00:11:21Avec Facto France LR, choisissez la compétence.
00:11:25Vous êtes libre de choisir le numéro 1.
00:11:28Ne payez pas d'acompte sans vérifier la solidité financière de l'entreprise.
00:11:35Par Minitel, 3617 Vérif.
00:11:42Avec MAF Assurance, si vous perdez votre emploi, votre mutuelle santé gratuite pendant deux ans.
00:11:51Je n'oublierai jamais le jour où j'ai découvert les programmateurs SOMFI pour voler roulant.
00:11:58Les voler motorisé et leur commande à distance, si pratique.
00:12:04Mais ma vie a vraiment changé grâce au capteur solaire, pour ouvrir automatiquement les stores.
00:12:10Et au détecteur de vent pour les protéger.
00:12:13J'en fais installer dès que j'arrive.
00:12:17Moteur et automatisme SOMFI.
00:12:19N'attendez pas une autre vie pour vous la simplifier.
00:12:23Et nous appelons la dernière fois, Marc ?
00:12:26Oh là là !
00:12:27Oh oui, au moins.
00:12:29Souvent, il raccroche à peine qu'il rappelle aussitôt.
00:12:31Marc adore les détails.
00:12:33C'est un gémeau.
00:12:35Marc, je ne vous dira pas ce qu'il me raconte.
00:12:37Mais je peux vous dire que ça a duré longtemps.
00:12:40Marc, personne n'a jamais vu à la banque.
00:12:42C'est toujours moi qui le fais.
00:12:45Vous avez deviné ?
00:12:46Avec SFR, c'est simple.
00:12:48Marc a choisi le temps dont il avait envie.
00:12:50En plus, avec le réseau SFR, il peut appeler et être appelé sur son portable partout en France.
00:12:55Et vous ?
00:12:56De quel forfait SFR avez-vous envie ?
00:12:59SFR, le monde s'enfilait à vous.
00:13:04Dites-moi, Roger, votre travail est-il achevé ?
00:13:07Bah tout à fait, c'est presque fait.
00:13:10Y'a pas de souci, aucun ennui.
00:13:12Tout ce qu'on aurait fait pour midi.
00:13:14Parfait, parfait.
00:13:15Et vous voudrez ?
00:13:16Dossier classé est terminé.
00:13:18Sur le suivant, nous sommes penchés.
00:13:20Monsieur, monsieur, que faisons-nous pour vendredi ?
00:13:23Je vous accorde l'après-midi.
00:13:24Quel bonheur, oui, quel bonheur !
00:13:26Du matin jusqu'à 6h !
00:13:29Quel bonheur, quelle énergie !
00:13:31Quel bonheur, quel bonheur !
00:13:33Parce que le monde du travail ne ressemblera jamais à ça, nous aurons toujours besoin des prud'hommes.
00:13:39Prud'homme 97, pour voter le 10 décembre, inscription avant le 12 mai.
00:13:44Avec le calcaire, votre lave-linge risque la panne.
00:13:47Alors, n'oubliez pas qu'Algon double protection.
00:13:49La solution contre les dépôts de calcaire et de magnésium.
00:14:08Vous avez de la chance.
00:14:10Mégane bénéficie d'une tenue de route parfaite.
00:14:15Et d'un freinage ultra court.
00:14:17Mais comme tout le monde n'a pas la chance d'avoir une Mégane,
00:14:20Mégane est également équipée de ceintures à retenue programmée.
00:14:23Au club à faire dans tout le réseau Renault, Mégane est à partir de 75 900 francs.
00:14:27Pro Inhale
00:14:53Permets
00:14:54Créditale
00:14:56Au cours de la semaine qui vient de s'achever, vous avez présenté le programme économique du Parti Socialiste,
00:15:01réfléchi à une stratégie face au Front National, et puis rassemblé vos candidats aux élections législatives.
00:15:07Alors, nous reparlerons du Parti Socialiste, de votre manière de le diriger, d'être leader de l'opposition, mais surtout...
00:15:13Vous avez choisi comme thème pour ce soir ?
00:15:16Je pense qu'aujourd'hui, rien n'est plus important que de redonner un sens à la France.
00:15:21Alors, sur ce sujet important, vous aurez un contradicteur, vous ne savez pas qui c'est, vous ne le voyez
00:15:29pas,
00:15:29en revanche, les téléspectateurs le découvrent en ce moment.
00:15:32Et puis, nous terminerons l'émission avec d'autres invités de taille et de poids qui viendront nous rejoindre à
00:15:39la fin de l'émission
00:15:39pour parler de ce que vous aimez lorsque vous ne faites pas de politique.
00:15:43Mais tout de suite, votre portrait des impressions reculies par Nathalie Saint-Cricq.
00:15:53Il a gardé la fraîcheur, la ferveur et la fidélité du militant.
00:15:57Et comme il a une tête bien faite, il la met au service d'une soif de comprendre.
00:16:02Un excellent débatteur, qui a des idées bien arrêtées.
00:16:05C'est quelqu'un qui joue son rôle d'opposant, mais qui essaie en même temps de ne pas avoir
00:16:10de propos irresponsables.
00:16:11Je crois qu'il a la dimension, effectivement, d'un homme d'État.
00:16:15Un homme de parole, un homme d'honneur, un homme de moralité.
00:16:18Un homme sincère, qui croit en un certain nombre de valeurs.
00:16:23Et qui, à mon avis, gagnerait à jouer moins petit bras.
00:16:25Moi, voyez-vous, je préfère quelqu'un dont on sait qu'il fera ce qu'il a dit qu'il
00:16:29ferait,
00:16:31plutôt que quelqu'un comme Chirac, qui a promis tout et n'importe quoi,
00:16:34qui ne fait rien, mais absolument rien de ce qu'il a promis.
00:16:36Sur le plan moral, je crois qu'il a un casier judiciaire vierge.
00:16:40Mais sur le plan politique, là, je n'ai pas le même jugement, c'est évident.
00:16:44Moi, je crois que Jospin, aujourd'hui, c'est un peu le représentant mou d'une gauche molle.
00:16:49Lionel Jospin n'a pas fait le choix d'un parti socialiste très à gauche.
00:16:53Il a fait le choix d'un parti social-démocrate.
00:16:55Or, je pense que la social-démocratie n'est plus adaptée au temps d'aujourd'hui
00:16:58et qu'il faut une gauche plus républicaine et plus radicale.
00:17:01On sent qu'il voudrait se débarrasser de son socialisme,
00:17:05mais il ne sait pas comment faire, puisqu'il est le chef des socialistes.
00:17:08On se demande, lorsqu'on l'écoute, s'il y croit vraiment.
00:17:11Lionel Jospin, malgré ses efforts, n'arrive pas à permettre au PS de se trouver
00:17:16et je suis convaincu qu'il n'y arrivera pas.
00:17:19D'abord, il a remis le parti au travail
00:17:20et je avoue que c'était un acte quasiment désespéré,
00:17:24tellement les gens se battaient entre eux.
00:17:26Donc, il a restauré un climat d'unité, d'amitié.
00:17:31Et derrière un ton professoral, il y a un homme chaleureux qui, je crois, est loyal.
00:17:36Et aussi de profondément sécurisant et reposant pour une femme,
00:17:39parce qu'il ne se permet aucun de ces gestes de familiarité déplacée
00:17:44que se permettent beaucoup d'hommes politiques à l'égard des femmes.
00:17:47Je crois que c'est important qu'on ait quelqu'un qui sache où il va.
00:17:50C'est un travailleur et peut-être qu'il y arrivera.
00:17:54Alors, vous vous retrouvez dans ce portrait ?
00:17:57Les amis sont les amis et les adversaires sont plus nuancés.
00:18:03Je suis plutôt heureux, finalement, de ce que j'ai entendu,
00:18:06parce qu'il me semble qu'il y a une certaine estime qui perd sous un certain respect,
00:18:11malgré les divergences du côté des opposants, des adversaires.
00:18:16Et que comme moi-même, j'ai essayé de donner une certaine dignité à mon engagement public,
00:18:21que j'ai toujours respecté ceux que j'ai eus en face de moi,
00:18:23y compris ceux qui ne partageaient pas mes idées.
00:18:25Je suis heureux que ce soit reconnu.
00:18:27Alors, nous allons voir aussi ce que pensent les Français.
00:18:29Vous allez savoir si vous êtes satisfaits.
00:18:32Interrogés par Ipsos, voilà ce que disent les Français.
00:18:35Les mots qui leur viennent spontanément à l'esprit et à la bouche pour vous définir.
00:18:38Voilà les mots positifs, 26%, honnêtes, intègres, capables,
00:18:41l'intelligence sympathique, énergique déterminée.
00:18:43Ça fait toujours plaisir.
00:18:45Négatif, 43%, c'est important.
00:18:47Inefficace, pas crédible, mot pas actif sectaire.
00:18:49Les mots neutres que vous qualifiez, socialiste, de gauche, candidat à l'élection présidentielle.
00:18:54Alors, satisfaits avec 30% de gens qui n'ont pas d'opinion particulière à votre égard et à votre
00:19:00sujet.
00:19:02Ça, c'est classique.
00:19:04Je crois que c'est un peu le même type de qualité qui revienne.
00:19:08Ceux qui apparaissent, c'est peut-être pas assez présents, pas assez déterminés dans le moment venu, peut-être.
00:19:16Bon, je crois que ça, c'est le plus facile à corriger.
00:19:18Vaut mieux avoir, si c'est dit, certaines qualités de fond, puis après, c'est qu'un problème de rythme
00:19:24ou surtout un problème de circonstance.
00:19:26Parce que je crois que les gens pensent que la vie politique, c'est un long fleuve tranquille, c'est
00:19:31un courant plat.
00:19:32Moi, je pense qu'il y a des moments où le courant court tranquillement, puis il y a des moments
00:19:36d'accélération, il y a des nœuds, il y a des rencontres.
00:19:39Et c'est à ces moments-là qu'il faut être prêt. Honnêtement, la sortie du premier tour de l
00:19:43'élection présidentielle, voire même le deuxième, dans les circonstances, j'ai montré qu'il y avait des périodes où je
00:19:48savais accélérer.
00:19:49Alors, on va écouter une autre question, également posée par Epsos aux Français. Cette fois-ci, il s'agit de
00:19:54savoir qui incarne le mieux la gauche, aux yeux des Français.
00:19:57Alors, c'est vous qui êtes en tête avec 42%, à côté, Martine Aubry avec 39%, puis Robert Rue, 28%,
00:20:04Jean-Pierre Chevènement, 21%, Laurent Fabius, 18%.
00:20:07Au fond, votre challenger, c'est Martine Aubry.
00:20:09Eh, c'est bien. Une femme, ça prouve qu'au PS, on est dans la parité.
00:20:13Bon, vous êtes content.
00:20:14Oui.
00:20:14Alors, nous revenons tout de suite aux questions d'actualité.
00:20:22Alors, il y a en ce moment le mouvement et la grève des internes et des chefs de clinique.
00:20:26La gauche a été confrontée à deux reprises à des mouvements comparables, notamment en 1990, lorsque vous étiez au gouvernement.
00:20:33Alors, face à ce mouvement aujourd'hui, vous comprenez la grève des internes ou vous comprenez l'attitude du gouvernement
00:20:38?
00:20:40Il me semble que je comprends pourquoi il se passe ce qu'il se passe, c'est-à-dire ce
00:20:43mouvement des internes.
00:20:44Je crois que la première raison, c'est que le gouvernement fait exactement le contraire de ce qu'il a
00:20:49toujours raconté aux médecins libéraux
00:20:50ou à ceux qui s'apprêtent à le devenir pendant les années qui ont précédé.
00:20:54Alain Juppé, n'oublions pas, l'actuel Premier ministre a défilé aux côtés des médecins libéraux contre des projets de
00:21:01maîtrise des dépenses de santé.
00:21:02Deuxième raison, je crois que ces jeunes, internes ou chefs de clinique, sont à la jonction de l'hôpital public
00:21:08dans lequel ils se forment actuellement
00:21:10et qui est étouffés par des budgets et des taux directeurs extrêmement restrictifs aujourd'hui
00:21:16et du médecine libérale dans lequel ils seront les futurs spécialistes pour beaucoup d'entre eux, dont l'avenir est
00:21:22flou.
00:21:23Alors, je crois que ce sont les raisons.
00:21:25La troisième raison, à mon avis, c'est comme d'habitude, le gouvernement invite les internes et les chefs de
00:21:29clinique au dialogue
00:21:30après que les décisions aient été prises au lieu de les avoir invitées avant.
00:21:35Ça, c'est pour l'explication.
00:21:36Sur le fond, alors, est-ce que vous pensez qu'il est possible aujourd'hui, dans la situation actuelle de
00:21:39la sécurité sociale,
00:21:40de faire autre chose que d'essayer de plafonner les dépenses ?
00:21:44Moi, je ne vais pas dire le contraire dans l'opposition de ce que nous disions au gouvernement.
00:21:48Je reste en continuité avec ce que j'ai dit aussi dans la campagne présidentielle.
00:21:51Il faut une maîtrise des dépenses de santé en France.
00:21:55Je pense qu'on aurait dû mieux répondre, je l'ai dit, par le dialogue, par l'écoute, à l
00:22:00'angoisse, aux préoccupations de ces jeunes
00:22:02qui sont quand même une partie de l'élite de notre future médecine.
00:22:04Mais ça ne vous choque pas quand on fixe un chiffre en disant que cette année, on ne doit pas
00:22:07dépasser tant.
00:22:08Ce que je pense, c'est qu'il vaudrait mieux agir sur le qualitatif que j'ai dit.
00:22:14Sur le quantitatif.
00:22:15Donc, il ne faut pas remettre en cause les conventions.
00:22:18Ça, qu'on n'attende pas, c'est le parole de moi.
00:22:20Mais je pense qu'il vaut mieux agir sur le qualitatif que le quantitatif.
00:22:22Je veux dire par là qu'il vaudrait mieux, au lieu de fixer des normes globales qui ne tiennent pas
00:22:27compte,
00:22:27des médecins qui vont, eux, assumer leur responsabilité et de ceux qui ne les assumeront pas
00:22:31et qui vont faire donc une espèce de responsabilité collective.
00:22:34Il vaudrait mieux agir en disant, voilà, il y a un certain nombre de grandes maladies.
00:22:39Voilà comment les grands spécialistes de l'hôpital, les spécialistes dans le privé, les chercheurs en médecine définissent que sont
00:22:48les bons traitements actuellement
00:22:50et qu'autour de cela, on définit ce qu'on appelle des références médicales opposables auxquelles l'ensemble des médecins
00:22:56est à se tenir.
00:22:58Une démarche donc qualitative plutôt que quantitative.
00:23:00Et puis je pense qu'il faut aussi organiser des filières de soins autour des généralistes.
00:23:05Donc chercher à tarir les dépenses inutiles sans faire peser des obligations quantitatives de façon uniforme sur les médecins, surtout
00:23:14les jeunes qui s'installent.
00:23:15Alors, je le disais, ce week-end, vous avez réfléchi à la stratégie adoptée face au Front National,
00:23:20mais vous regrettez tous les uns et les autres que le débat s'organise autour du Front National,
00:23:25mais vous n'arrêtez pas vous-même de parler du Front National. Et c'est vous qui organisez le débat
00:23:30autour de ces idées.
00:23:30Non, ça n'est pas mon cas, mais il faut en parler aussi.
00:23:34Moi, ma position, c'est qu'il ne faut pas mettre le Front National au cœur et au centre d
00:23:38'avis politique française.
00:23:38Il faut le laisser comme une marge, je dirais même, aux portes de la République.
00:23:43Il est d'ailleurs contre les valeurs de la République.
00:23:45Je pense qu'il y a pourtant des moments où il faut mener une lutte contre le Front National,
00:23:49par le travail des idées, par la manifestation républicaine,
00:23:55comme j'irai le faire à Strasbourg, par exemple, samedi prochain.
00:23:58Oui, je suis réunie du Congrès du Front National.
00:24:00C'est exact, à l'invitation de Catherine Trostman, des Strasbourgeois, des Darbourgeois,
00:24:06qui ont fait une grande manifestation, mais civique et républicaine,
00:24:10contre les idées du Front National.
00:24:11Mais je pense surtout qu'on luttera contre le Front National par une démarche pour,
00:24:15pour quelque chose, en offrant un projet à la France.
00:24:19Et c'est pourquoi d'ailleurs, j'ai choisi comme thème principal de cette émission ce soir,
00:24:24redonner son sens à la France et le faire naturellement avec les Français.
00:24:28C'est cette démarche positive qui permettra de marginaliser le Front National,
00:24:31la réponse bien sûr au problème de fond.
00:24:33Alors l'année prochaine, on va avoir des circonstances très particulières,
00:24:36parce qu'on va voter pour les élections législatives,
00:24:38et puis le mois suivant, il faudra que la France décide euro ou pas euro.
00:24:42Alors, qu'est-ce qui décide ça à ce moment-là ?
00:24:44Si la gauche l'a emporté, c'est Jacques Chirac ou c'est le Premier ministre de la gauche ?
00:24:49D'abord, je pense qu'a priori, la décision n'est pas prise.
00:24:52Si on place la décision concernant l'euro après les élections législatives, ça me paraît meilleur.
00:24:58Il faut quand même qu'on ait en France un gouvernement qui puisse engager le gouvernement.
00:25:01C'est le plus probable aujourd'hui, que ce soit en avril.
00:25:03Je pense que ça se fera par une concertation entre le Président de la République et le Premier ministre,
00:25:08mais je rappelle que la politique de la France est déterminée par le gouvernement.
00:25:13Nous aurons passé un contrat avec le peuple à partir de nos propositions.
00:25:17Vous savez que nous avons mis quatre conditions au passage à la monnaie unique,
00:25:21et donc c'est ce contrat qui devra être respecté naturellement.
00:25:25D'ailleurs, c'est à mon sens ce que prévoit la Constitution.
00:25:27La Constitution ne prévoit pas que c'est le Président de la République qui décide ou non pour la France
00:25:31du passage à la monnaie unique.
00:25:33C'est naturellement le gouvernement appuyé sur une Assemblée,
00:25:36surtout si l'on veut faire voter l'Assemblée sur cette question.
00:25:39Je le précise, ce qui est notre position.
00:25:41Il y a une incertitude qui demeure évidemment sur la situation au Zahir.
00:25:45Alors vous êtes intervenu à plusieurs reprises sur l'ensemble de la position de la France en Afrique,
00:25:50mais sur le point précis du Zahir et la situation aujourd'hui du Président Oboutou,
00:25:54vous dites quoi ? Il doit partir ? Il doit laisser le pouvoir ?
00:25:57Je dis d'abord que le drame est pour les populations du Zahir et de la région des Grands Lacs,
00:26:03en Afrique.
00:26:04Je dis ensuite que ça signe malheureusement ce qui est en train de se passer,
00:26:07cette rébellion qui progresse, l'échec de la politique africaine de la France.
00:26:12On a eu tort de s'accrocher jusqu'au bout à Moboutou.
00:26:15Et vous savez que j'ai préconisé cette prise de distance il y a déjà plusieurs années.
00:26:20Alors je crois aujourd'hui, qu'est-ce qu'il faut dire ?
00:26:22Il faut dire, il faut respecter l'intégrité des frontières du Zahir.
00:26:26Il ne faut pas qu'on laisse opérer une sorte de dépeçage.
00:26:29D'autre part, puisqu'il y a des problèmes de population, y compris venant du Burundi ou du Rwanda,
00:26:34il faut que ces populations puissent retourner chez elles en ayant chez elles les garanties du respect de leurs droits.
00:26:40C'est à la communauté internationale d'y veiller, notamment aux États africains.
00:26:43Et il faut troisièmement préparer l'organisation d'élections libres contrôlées par la communauté internationale aux Zahir dans l'année
00:26:54qui vient ou l'année prochaine,
00:26:55de façon à ce que ce soit les Zahirois sur une base démocratique et non pas le vieux dictateur ou
00:27:02le nouveau rebelle qui décide à leur place.
00:27:07Alors ça nous amène ces deux questions, à la fois sur l'Europe et sur le Zahir, à parler et
00:27:10d'envisager la cohabitation.
00:27:12Si vous gagnez les législatives, donc en 1998, alors première question posée par l'intermédiaire d'Ipsos,
00:27:17est-ce que Lionel Jospin ferait un bon Premier ministre ?
00:27:19Réponse, 47% oui, 41% non.
00:27:23Deuxième question, comment voyez-vous, comment imaginez-vous la cohabitation entre Jacques Chirac et Lionel Jospin ?
00:27:28Eh bien pour 52% des personnes interrogées, cette cohabitation fonctionnerait plutôt mal.
00:27:33Alors ce serait plus difficile une cohabitation avec Jacques Chirac qu'une cohabitation jadis avec François Mitterrand ?
00:27:41Entre lui et François Mitterrand ?
00:27:42Vous ne parlez pas de ma cohabitation, pas la vôtre, pas la vôtre, mais celle du Premier ministre d'avis
00:27:47opposé.
00:27:50Moi j'ai une explication sur ce sondage-là.
00:27:55Je crois qu'il y a peut-être deux phénomènes récents qui ont joué.
00:27:57Les sondages bougent, ils bougeront encore sur cette question,
00:28:00ils bougeront encore plus quand on s'approchera de l'élection législative et que les Français se diront
00:28:03c'est plus réaliste parce que maintenant c'est encore un peu loin.
00:28:05Ça peut se produire et ils porteront un jugement à ce moment-là plus froid, peut-être plus pondéré.
00:28:10Mais je pense que le président de la République s'est engagé au-delà de ce qui est habituellement l
00:28:17'usage
00:28:17dans la campagne que la droite a commencé à lancer.
00:28:21On le voit avec l'occupation des médias.
00:28:23Et la deuxième explication, à mon avis, de l'attitude des Français, dans ce sondage en tout cas,
00:28:28c'est que la droite vient de durcir extrêmement le ton, y compris contre nous,
00:28:32et ça a préoccupé les Français et c'est pourquoi ça provoque cela.
00:28:35Mais moi je vous dis, si vous me mettez dans une hypothèse de cohabitation,
00:28:38ça veut dire que nous avons gagné les élections législatives.
00:28:41Hypothèse.
00:28:41Bon, c'est sur la base d'un contrat avec le peuple
00:28:43et ce contrat démocratiquement doit être appliqué dans le respect naturellement
00:28:48des compétences du président de la République.
00:28:49La réponse est toute simple.
00:28:50Mais vous ne ferez pas tout pour que ça se passe bien ?
00:28:51Hein ?
00:28:51Vous ne ferez pas tout pour que ça se passe bien ?
00:28:53Vous appliquerez votre programme, quelles qu'en soient les conséquences ?
00:28:55Non, je ferai beaucoup pour que ça passe bien.
00:28:58De toute façon, on dit que Jacques Chirac est un interlocuteur
00:29:00qui est souvent de l'avis de son interlocuteur.
00:29:03Comment ne pas espérer dans ces conditions le convaincre ?
00:29:06Alors, question maintenant posée par nos confrères de la presse écrite
00:29:11et la première question est posée par Françoise Berger de l'événement du jeudi.
00:29:19Bonsoir, monsieur Jospin.
00:29:20Je sais que la situation et votre fonction ne sont pas franchement comiques,
00:29:24mais je trouve que le PS est devenu particulièrement sinistre.
00:29:28Je ne vais pas vous demander de nous raconter une histoire drôle,
00:29:31mais je voudrais savoir si on se marque quand même encore de temps en temps
00:29:35Rutzelferino.
00:29:37Rutzelferino, siège du Parti socialiste, même s'il est en travaux en ce moment.
00:29:41D'abord, je voudrais faire remarquer que sinistre, elle se trompe,
00:29:44Françoise Berger n'a pas compris, c'est sinistra du latin gauche.
00:29:48C'est simplement ça.
00:29:49Ensuite, naturellement, on rit Rutzelferino
00:29:52et on n'y rirait plus si Françoise Berger était là,
00:29:55avec son acidité agréable.
00:29:58Alors, on va maintenant écouter une autre question,
00:30:00celle de Eric Zemmour du Figaro.
00:30:02Bonsoir, monsieur Jospin.
00:30:04On a l'impression, aujourd'hui, au sein du Parti socialiste,
00:30:07qu'il y a deux manières de s'opposer au gouvernement Juppé.
00:30:09Celle raisonnable, prudente, la vôtre,
00:30:13et celle plus déterminée, plus brillante aussi parfois,
00:30:15de l'orateur parlementaire pugnace qu'est Laurent Fabius.
00:30:18Ne craignez-vous pas que de nombreux socialistes
00:30:21se laissent séduire par le style Fabius ?
00:30:24Alors ?
00:30:25Alors, moi, je pense que ce qui est souhaitable
00:30:29et formidable au Parti socialiste,
00:30:31c'est qu'il y ait des personnalités diverses.
00:30:34Ce n'est pas qu'il y ait une seule personne.
00:30:36Donc, je me réjouis de cette situation,
00:30:39qu'elle concerne des femmes ou qu'elle concerne des hommes.
00:30:42Et puis, pour le reste, après, on sait bien
00:30:46qu'au moment des échéances, de toute façon,
00:30:48ce sont nos militants qui choisissent.
00:30:49Donc, il n'y a pas de problème.
00:30:50Mais le querelle au Parti socialiste, c'est fini.
00:30:51On a beaucoup de questions de téléspectateurs transmises
00:30:54par Minitel ou par Internet
00:30:55qui s'interrogent encore sur les drames au sein du PS.
00:30:58En entendant cette dernière question,
00:31:00j'avais l'impression que certains en avaient la nostalgie.
00:31:02Mais ça, c'est une nostalgie d'observateur.
00:31:04Je vous assure que les acteurs, eux,
00:31:05ils n'en ont pas la nostalgie.
00:31:07Et je crois qu'au contraire,
00:31:08ce climat, je dirais, un peu pacifique
00:31:10et même fraternel et éventuellement drôle,
00:31:14auquel je suis attaché,
00:31:16c'est celui qui est le bon.
00:31:17C'est-à-dire qu'entre Lianel Jospin et Laurent Fabius,
00:31:20quelquefois, ça peut être franchement drôle.
00:31:22Ça peut y compris être drôle, oui.
00:31:24Alors, nous allons revenir sur trois moments importants
00:31:27de votre vie ou de votre vie politique.
00:31:29Et d'abord, regarde dans le rétroviseur,
00:31:31grâce à Nathalie Saint-Cricq,
00:31:33on va découvrir qu'avant le Jospin polissé,
00:31:35il y avait le petit Lionel Polisson.
00:31:42Il a été très dissipé étant d'enfant.
00:31:45Très, très dissipé.
00:31:47Voyons que je remonte loin.
00:31:49Nous étions dans une ville là
00:31:52où il y avait un jardin
00:31:53et il se lançait d'un arbre à l'autre
00:31:55à 8 mètres de hauteur, voyez.
00:31:58Je me rappelle, nous avons vécu deux ans à Paris,
00:32:00il prenait des leçons de violon,
00:32:03sans plaisir d'ailleurs.
00:32:05Ça s'est terminé une fois,
00:32:06il est rentré à l'état
00:32:08et mon mari, il a cassé l'archet de violon
00:32:11sur les mollets
00:32:12parce qu'il était au moins une demi-heure en train
00:32:14pour aller à sa leçon.
00:32:15Il revenait, il traversait la place des Vosges
00:32:18pour revenir chez nous
00:32:18et il revenait dans un état lamentable chaque fois.
00:32:21C'est vous dire qu'il était très polissons.
00:32:23Moi, ça me plaît beaucoup d'ailleurs,
00:32:25j'aime mieux ça.
00:32:26Il aime bien la bagarre,
00:32:27il est dur en bagarre.
00:32:29Et je pense que c'était quelque chose de très fort
00:32:32dans le basket qu'on a fait ensemble,
00:32:34y compris entre nous deux.
00:32:36C'est beaucoup battu.
00:32:37Il travaillait, mais enfin,
00:32:39sans se faire trop de billes,
00:32:41sans se faire trop de billes
00:32:42et il se pose très fort en mathématiques.
00:32:46Là, il doit réfléchir maintenant
00:32:47pour les questions de finances.
00:32:50Faire la politique,
00:32:52c'était sûr,
00:32:55c'était dans le courant des choses
00:32:57puisque son père en faisait.
00:33:00C'est une façon de vivre,
00:33:01de faire de la politique.
00:33:02Très engagé à gauche,
00:33:04notamment pour la guerre des Gérions.
00:33:05Ce que j'aime beaucoup,
00:33:06c'est que sa situation,
00:33:12il ne fait pas les choses
00:33:13en vue d'une situation.
00:33:15Par exemple, quand il a quitté Mitterrand,
00:33:19moi, je suis très fière de lui de ça.
00:33:22Il a eu le courage de le quitter.
00:33:25Ce n'est pas Mitterrand qui l'a échu dehors.
00:33:28C'est lui qui l'a quitté.
00:33:30Il est très, très, très libre,
00:33:36très joyeux et dégagé
00:33:38quand il est dans un milieu de confiance,
00:33:41certainement.
00:33:42Et dès qu'il y a un problème d'image,
00:33:49peut-être tout de suite très contracté.
00:33:50Il n'aime pas perdre.
00:33:53Moi, je lui fais un reproche de ça.
00:33:55Il faut savoir perdre.
00:33:58Mais je crois qu'il a appris à perdre.
00:34:03Alors, vous avez appris à perdre ?
00:34:04Bien sûr, vous le savez,
00:34:05vous l'avez vu.
00:34:06Enfin, je veux dire,
00:34:07vous y avez pris goût ?
00:34:08Non, j'ai appris à perdre
00:34:09et j'ai toujours le goût de gagner.
00:34:11Alors, votre maman dit quelque chose d'extraordinaire.
00:34:13Elle dit, la politique,
00:34:14c'est une façon de vivre.
00:34:17Oui, elle le dit.
00:34:18C'est une façon,
00:34:18c'était naturel.
00:34:19Oui, qui n'est pas malentendue
00:34:20sur le sens de sa phrase.
00:34:21Parce qu'elle a dit aussi,
00:34:23et tout de suite,
00:34:23ce n'est pas sur la recherche d'une situation.
00:34:25Elle voulait dire que
00:34:27je suis née dans une famille
00:34:29où le débat politique et public,
00:34:31mon père était un militant.
00:34:32Il n'a jamais eu de mandat, véritablement.
00:34:34Il n'a jamais vécu de la politique.
00:34:37Ça a toujours été quelque chose
00:34:38de totalement atruiste.
00:34:39Mais c'était très présent chez moi.
00:34:40Et donc, elle pense que ça va
00:34:42avec une espèce d'engagement citoyen naturel.
00:34:45Je crois que c'était cela
00:34:46qu'elle voulait dire.
00:34:47Tout à fait.
00:34:47Alors, deuxième moment,
00:34:49l'histoire d'une rencontre,
00:34:50d'un parcours commun,
00:34:51d'une rupture,
00:34:52d'un droit d'inventaire,
00:34:53tout simplement,
00:34:54les relations François Mitterrand
00:34:55et Lionel Jospin.
00:34:59Les deux hommes sont très différents,
00:35:00bien entendu.
00:35:01Ils ne sont pas de la même génération,
00:35:02ils ne sont pas de la même origine.
00:35:04Lionel Jospin est né
00:35:05dans une famille socialiste.
00:35:06Ce n'était pas le cas
00:35:07de François Mitterrand.
00:35:08Donc, beaucoup de choses
00:35:09les séparaient.
00:35:10mais ils ont beaucoup travaillé ensemble
00:35:12et je suis tout à fait convaincu
00:35:14que Lionel Jospin a beaucoup appris
00:35:16de la méthode de travail
00:35:18de François Mitterrand.
00:35:19Il a eu ce sentiment
00:35:21vis-à-vis de Mitterrand,
00:35:22très ambigu, à mon avis,
00:35:24qui était fait à la fois
00:35:25d'affection,
00:35:29de respect
00:35:30et en même temps
00:35:33des tas de choses
00:35:34qu'ils ne supportaient pas.
00:35:35Tout l'affairisme
00:35:36qui traînait autour
00:35:37et en même temps
00:35:37le manque de fermeté
00:35:39en matière
00:35:42d'une politique de gauche
00:35:43économique
00:35:44qu'ils n'aimaient pas.
00:35:45Il y avait cette opposition
00:35:47entre un homme
00:35:47qui ne se paye pas de mots,
00:35:48Lionel Jospin,
00:35:49et un homme qui adore
00:35:50se faire emporter par les mots
00:35:51et porter le peuple
00:35:53par les mots,
00:35:54François Mitterrand.
00:35:55Cette opposition s'est creusée
00:35:57et je crois qu'au fond,
00:35:58le cœur des problèmes,
00:36:00c'est qu'à mon avis,
00:36:02François Mitterrand
00:36:03n'a jamais pensé
00:36:03une seconde
00:36:04que Lionel Jospin
00:36:05pouvait être son successeur.
00:36:07Alors au fond,
00:36:08qu'est-ce qui vous a séparé
00:36:09de François Mitterrand ?
00:36:11Une différence certaine
00:36:13de la conception
00:36:14de la morale en politique ?
00:36:16Corrigeons d'abord ma mère
00:36:17parce que c'est ma mère
00:36:19mais ce n'est pas mon historiographe,
00:36:20bien sûr.
00:36:21Et je n'ai pas quitté Mitterrand.
00:36:23C'est Mitterrand qui n'a pas souhaité
00:36:25me maintenir au gouvernement en 1992.
00:36:27Je crois que c'est un point d'histoire.
00:36:29En même temps,
00:36:30je pense que d'une certaine façon,
00:36:32il a été dans le sens
00:36:33de ce qu'il devinait
00:36:34que j'étais,
00:36:36que je ferais peut-être
00:36:37parce que je n'aurais pas voulu
00:36:38être dans un gouvernement
00:36:39avec Tapie
00:36:40ni avec Beaumet.
00:36:42Et donc,
00:36:42de certaines façons,
00:36:43il a évité que la question se pose.
00:36:45mais moi,
00:36:46j'aurais souhaité
00:36:47poursuivre ma tâche
00:36:48sur les problèmes
00:36:48d'éducation nationale
00:36:49un an encore
00:36:50jusqu'à la fin de la législature
00:36:51pour achever ce parcours
00:36:53d'une part
00:36:54et je ne voulais pas
00:36:54faire de rupture avec lui.
00:36:56Je voulais pouvoir dire
00:36:57ce que je ne souhaitais pas.
00:36:58Je voulais pouvoir le conduire
00:37:00à corriger certaines choses
00:37:01qui ne m'écoutent
00:37:02mais je ne voulais pas de rupture
00:37:03et elle ne s'est d'ailleurs
00:37:03jamais totalement faite.
00:37:06Alors,
00:37:07troisième moment,
00:37:08interrogation,
00:37:09question sur le caractère
00:37:10et le tempérament
00:37:11de Lionel Jospin.
00:37:12Est-il flou,
00:37:13un peu mou ?
00:37:14Donne-t-il une image
00:37:15fadasse du Parti Socialiste ?
00:37:17Manque-t-il de souffle ?
00:37:18Interrogation,
00:37:19question,
00:37:19justification,
00:37:20explication ?
00:37:21Je crois que Lionel Jospin,
00:37:23pour moi,
00:37:23comme pour tout le monde,
00:37:24c'est avant tout
00:37:25une certaine rigueur
00:37:26intellectuelle
00:37:27qu'on filme parfois
00:37:28à l'austérité
00:37:29et aussi une très grande honnêteté.
00:37:32C'est sur ces deux points-là,
00:37:33sa rigueur et son honnêteté,
00:37:34qu'il a fondé une image
00:37:35qui lui est propre.
00:37:37Il change difficilement d'avis
00:37:38et il se tient
00:37:39à ce qu'il a décidé de faire.
00:37:41Donc, c'est assez,
00:37:42finalement,
00:37:43pour ça,
00:37:43c'est assez,
00:37:43c'est bien de travailler
00:37:44avec lui,
00:37:45parce qu'on sait où on va.
00:37:46Lionel Jospin,
00:37:46comme tous les hommes politiques
00:37:48qui ont envie de peser
00:37:49dans la vie du pays,
00:37:51a besoin d'être
00:37:52à la fois responsable,
00:37:54c'est-à-dire de montrer
00:37:55qu'on est capable
00:37:56de réaliser ce qu'on propose
00:37:58et aussi de tracer
00:38:01une perspective
00:38:02qui fasse que les gens
00:38:03ont envie d'aller
00:38:04derrière vous.
00:38:05Mitterrand faisait assez bien ça.
00:38:06Il faisait assez bien
00:38:07cet équilibre entre la vie.
00:38:09Lionel Jospin ?
00:38:10Je pense qu'il a la capacité
00:38:12de le faire.
00:38:13Moi, je me sens
00:38:14très militante,
00:38:15très radicale.
00:38:17Je me sens capable
00:38:18de ces moments de folie
00:38:20et de générosité
00:38:21et de sincérité.
00:38:23J'ai souvent l'impression
00:38:24que Lionel Jospin
00:38:25a du mal sur ce terrain-là,
00:38:27mais je ne crois pas
00:38:28que les convictions
00:38:29de l'homme Jospin
00:38:29soient en cause.
00:38:30Donc, c'est plus un problème
00:38:31de forme que de fond.
00:38:32Je crois qu'il a son propre souffle.
00:38:34C'est-à-dire qu'il donne du souffle
00:38:36sous la terminologie
00:38:38du réalisme de gauche.
00:38:40Ce n'est pas François Mitterrand.
00:38:42Ce n'est pas Mendès France.
00:38:44C'est Lionel Jospin
00:38:44et qu'il faut qu'on comprenne
00:38:46que c'est un nouveau cycle
00:38:46qui s'ouvre.
00:38:48Alors, comment est-ce que
00:38:50vous expliquez ce décalage
00:38:51entre ce que pensent
00:38:52les Français de vous-même
00:38:53et ce que disent vos amis de vous ?
00:38:54Les Français,
00:38:55ils vous voient plutôt velléitaires.
00:38:56Vos amis, ils vous voient
00:38:57très énergiques.
00:38:58Comment vous expliquez ça ?
00:38:59Parce que la politique
00:39:01est lourde
00:39:03et qu'elle a contribué,
00:39:05je dirais, un petit peu
00:39:06à empeser, à aglacer
00:39:08l'homme que j'étais
00:39:09qui était plutôt très jeune,
00:39:11un peu un chien fou.
00:39:13Ensuite, dans la jeunesse
00:39:14assez ardent,
00:39:16vivant, je crois,
00:39:16la vie à pleines dents
00:39:18et que l'engagement politique
00:39:19est venu pour moi
00:39:20plus tardivement,
00:39:21même si j'ai toujours été
00:39:22quelque part un militant,
00:39:24mais je veux dire,
00:39:24dans le Parti Socialiste
00:39:25alors que j'avais exercé
00:39:26une activité professionnelle
00:39:27et ensuite,
00:39:28pendant que je l'exerçais,
00:39:29puisque j'ai été
00:39:30professeur d'université
00:39:31et à cet égard,
00:39:32je voudrais dire
00:39:32que je suis quand même
00:39:33un homme qui a opéré
00:39:33des ruptures dans sa vie,
00:39:35des ruptures professionnelles,
00:39:36donc qui a pris des risques.
00:39:37Je pense que la vie politique,
00:39:39avec tout ce qu'elle a
00:39:40de poids, de contraintes,
00:39:42cette nécessité
00:39:43d'être constamment
00:39:44sous le regard des autres,
00:39:45m'a quelque part bridé
00:39:48en quelque sorte.
00:39:49Elle vous a fait
00:39:49enfiler l'armure.
00:39:50Oui, on ne va pas revenir
00:39:51sur cette armure
00:39:52que je sensais avoir brisée
00:39:54et qui toujours se répare,
00:39:57non pas une tunique de nessus,
00:39:58mais enfin quelque chose
00:39:59qui tend constamment
00:40:00à vous ressaisir,
00:40:02si vous voulez.
00:40:03Sur le problème
00:40:03de la détermination,
00:40:04je crois que c'est un problème
00:40:05qui ne se pose pas,
00:40:06honnêtement,
00:40:07y compris parce que
00:40:07j'ai été capable
00:40:08de m'émanciper
00:40:09dans mon propre camp
00:40:10au moment où
00:40:11ce n'était pas facile à faire.
00:40:12Donc, qui l'a fait ça ?
00:40:14Qui a dit des choses ?
00:40:15Qui a pris à ce moment-là aussi
00:40:16d'autres risques ?
00:40:18Donc, ce n'est pas
00:40:18un problème de détermination.
00:40:21C'est, je crois,
00:40:22un problème
00:40:23de maîtrise du temps.
00:40:25Je pense qu'il n'y a pas
00:40:27ni un temps médiatique
00:40:28auquel nous devrions
00:40:29être assujettis,
00:40:30ni un temps politique
00:40:32qui voudrait que les politiques
00:40:33mènent les choses
00:40:34à leur guise.
00:40:35Il y a un temps réel
00:40:35et ces trois temps
00:40:37doivent être mêlés.
00:40:37Moi, je m'efforce
00:40:38de conduire les choses
00:40:40pour être un acteur
00:40:41qui essaye de peser
00:40:43un minimum sur le temps.
00:40:44Voilà, c'est, je crois,
00:40:45cela, la réalité.
00:40:47Alors, nous avons aussi
00:40:48demandé aux Français
00:40:50via Ipsos
00:40:51comment ils voient
00:40:52le Parti Socialiste.
00:40:53Est-ce que l'image du PS
00:40:54s'est améliorée
00:40:55depuis 1995 ?
00:40:56C'est-à-dire,
00:40:56depuis l'élection présidentielle.
00:40:58Eh bien, à leur jeu,
00:40:59vous voyez,
00:40:59cette image n'a pas changé.
00:41:00Ça veut dire que
00:41:01vous piétinez un peu
00:41:02depuis deux ans ?
00:41:04Attendez,
00:41:04il s'agit d'image du PS,
00:41:05il ne s'agit pas de moi.
00:41:06S'il s'agit du PS,
00:41:07je pense que le Parti Socialiste
00:41:09avait déjà,
00:41:09il me semble-t-il,
00:41:10en 1995,
00:41:11une des images,
00:41:12la meilleure image
00:41:13des différents partis politiques
00:41:14et nous gardons
00:41:15la meilleure image.
00:41:16Bon, voilà.
00:41:17Et pour le reste,
00:41:18je pense qu'il y a
00:41:19un effet vitrol récent
00:41:20qui a certainement
00:41:21pesé sur nous.
00:41:23Et il est évident
00:41:23que cela ne se reproduira pas.
00:41:26Vous avez dit
00:41:27devant vos amis socialistes
00:41:28que je dirais désormais
00:41:29clairement ce qui me paraît juste
00:41:30et ce qui ne l'est pas,
00:41:31ce que j'accepte
00:41:32et ce que je n'accepte pas.
00:41:33Oui,
00:41:34j'ai constaté
00:41:34qu'à propos de vitrol
00:41:37ou de problèmes,
00:41:39par exemple,
00:41:39dans une fédération du Midi,
00:41:41qu'à partir du moment
00:41:41où il y avait
00:41:42un dysfonctionnement
00:41:42dans le PS,
00:41:43même si ce n'était pas moi
00:41:44qui désignait
00:41:45à tel endroit
00:41:45ou si ce n'était pas
00:41:46l'endroit où moi je milite
00:41:47ou si ça ne dépendait pas
00:41:48de la direction nationale,
00:41:50on disait
00:41:50c'est Jospin.
00:41:51Alors,
00:41:52j'ai dit à mes amis,
00:41:53écoutez,
00:41:53alors,
00:41:53si c'est Jospin,
00:41:54je dirais clairement
00:41:55comment les choses
00:41:56doivent se passer
00:41:57selon moi
00:41:57et puis,
00:41:58vous jugerez collectivement.
00:42:01ce sera Jospin.
00:42:02qui dira,
00:42:02moi je pense
00:42:03que les choses
00:42:04doivent être traitées
00:42:05comme ça
00:42:05de notre point de vue,
00:42:07du point de vue
00:42:07de nos valeurs,
00:42:08du point de vue
00:42:09de l'intérêt général.
00:42:09Et s'il devait y avoir
00:42:11dans cette région
00:42:11ou ailleurs
00:42:12tel ou tel dysfonctionnement
00:42:14qui mette véritablement
00:42:15en cause
00:42:15l'idée que nous faisons
00:42:16de ce que doit être
00:42:17un socialiste,
00:42:18la prochaine fois,
00:42:19je peux vous dire
00:42:19que les choses seront dites
00:42:20nettement
00:42:20et les responsables
00:42:23du PS auront
00:42:24justement
00:42:24à prendre leurs responsabilités
00:42:26mais je leur dirais
00:42:26clairement le chemin.
00:42:28Alors pour tous ceux
00:42:29qui aimeront savoir plus
00:42:29pour Lionel Jospin,
00:42:30petite parenthèse,
00:42:32Lionel Jospin,
00:42:32l'héritier rebelle
00:42:33est un livre
00:42:34qui est sorti
00:42:35il y a presque
00:42:36plus d'un an et demi
00:42:37par Gérard Leclerc
00:42:38et Florence Murassiol.
00:42:39Vous saurez tous
00:42:40sur Lionel Jospin
00:42:40si vous avez encore
00:42:41des questions
00:42:41que vous avez oublié
00:42:42de poser.
00:42:43Et maintenant
00:42:43vous allez donc pouvoir
00:42:45Lionel Jospin
00:42:45développer l'idée
00:42:46à laquelle vous tenez
00:42:47le plus aujourd'hui.
00:42:55Alors maintenant
00:42:56ce qu'on vous demande
00:42:57brièvement pour commencer
00:42:58c'est expliquer
00:42:59votre thèse ce soir.
00:43:01Ma thèse c'est que
00:43:04aujourd'hui
00:43:05les français doutent
00:43:07que la France
00:43:09n'est pas un pays
00:43:10comme les autres
00:43:11n'est pas un pays banal
00:43:13que les français
00:43:14ont toujours eu besoin
00:43:16pour agir
00:43:17je dirais même
00:43:17pour croire en eux-mêmes
00:43:20de penser
00:43:21qu'ils se rattachent
00:43:23à un modèle
00:43:24que la France
00:43:24a un modèle
00:43:25et on a pu appeler ça
00:43:26le modèle républicain
00:43:27même s'il a évolué
00:43:28à travers le temps
00:43:29et si la gauche
00:43:29et les socialistes
00:43:30l'ont fait évoluer
00:43:31notamment à partir de 1945
00:43:32et en même temps
00:43:33ils ont besoin
00:43:34de croire à autre chose
00:43:35c'est que la France
00:43:36a une mission
00:43:37un rôle à jouer
00:43:38sur le plan international
00:43:40et comme ils voient
00:43:41aujourd'hui
00:43:41ce modèle intérieur
00:43:42se défaire
00:43:43et qu'ils ont l'impression
00:43:45notamment du côté
00:43:46des leaders
00:43:46de la majorité
00:43:47que ceux-ci
00:43:48ne proposent pas
00:43:49véritablement
00:43:50un rôle
00:43:51à la France
00:43:51ne croient pas
00:43:52à une mission
00:43:53de la France
00:43:53c'était très frappant
00:43:54dans l'attitude
00:43:55d'Edouard Balladur
00:43:56dans le débat
00:43:57avec Laurent Papius
00:43:58hier
00:43:58si on a l'occasion
00:43:59d'y revenir
00:44:00et bien
00:44:00ils ne savent plus
00:44:02très bien
00:44:02où ils en sont
00:44:03et donc je pense
00:44:03qu'une des questions
00:44:05les plus importantes
00:44:05pour la politique
00:44:07française aujourd'hui
00:44:08au-delà des débats
00:44:08techniques
00:44:09sur tel ou tel sujet
00:44:10c'est de redonner
00:44:12le sens de la France
00:44:13et de le faire
00:44:14avec les français
00:44:15ils ont besoin
00:44:16de croire à nouveau
00:44:18à ce modèle intérieur
00:44:19à ce rôle
00:44:20de la France
00:44:21et ça passe
00:44:21je crois
00:44:22par toute une série
00:44:23d'actions
00:44:23dans un certain
00:44:24nombre de grands domaines
00:44:25et c'est comme ça
00:44:27qu'on répondra
00:44:27notamment
00:44:28au Front National
00:44:29que je vois
00:44:30comme un symptôme
00:44:31de ce trouble
00:44:32qui a saisi les français
00:44:33alors vous dites
00:44:33les français ont besoin
00:44:34de croire
00:44:34les français sont
00:44:35j'ai l'impression
00:44:36extrêmement sceptiques
00:44:37face aux hommes politiques
00:44:38et face aux programmes
00:44:39qui peuvent leur poser
00:44:39alors avant d'aller plus avant
00:44:41dans votre démonstration
00:44:42regardez ce qu'ils disent
00:44:43quand l'institut Ipsos
00:44:45leur demande
00:44:45si le programme
00:44:46du parti socialiste
00:44:47et bien
00:44:48serait une politique
00:44:49totalement différente
00:44:49de ce qui est fait
00:44:50par la droite
00:44:50aujourd'hui
00:44:51ou par le gouvernement
00:44:52et bien vous apercevez
00:44:53effectivement
00:44:53qu'à 55%
00:44:55les français posent
00:44:56au fond
00:44:56que ça ne changerait
00:44:57pas grand chose
00:44:58contre 35%
00:44:59contre 35%
00:45:00c'est vrai à gauche
00:45:02c'est vrai à droite
00:45:03finalement
00:45:04tout le monde se dit
00:45:05aujourd'hui
00:45:05que lorsqu'on est au pouvoir
00:45:06on fait vraiment
00:45:07la même chose
00:45:08c'est ça la leçon
00:45:09des cohabitations
00:45:10des alternantes successives
00:45:12mais oui
00:45:13il y a un scepticisme
00:45:15encore qu'il me semble
00:45:16que dans ce sondage
00:45:17qui a été publié
00:45:18dans le Figaro
00:45:19non ?
00:45:19ce matin
00:45:21lorsqu'on interroge
00:45:22les français
00:45:22sur des propositions
00:45:24plus précises
00:45:24on en parlera tout à l'heure
00:45:25bon
00:45:26non mais c'est important
00:45:27pour répondre
00:45:28sur la question générale
00:45:29je pense que
00:45:29sur les programmes
00:45:30en général
00:45:30il y a scepticisme
00:45:31lorsqu'on dit
00:45:32qu'est-ce que vous pensez
00:45:33des propositions
00:45:34du parti socialiste
00:45:35sur les 35 heures
00:45:36au contraire
00:45:37là il y a une opinion positive
00:45:38et lorsqu'on les interroge
00:45:39sur le programme
00:45:40jeune
00:45:41du parti socialiste
00:45:42ils restent
00:45:44sceptiques
00:45:44par une majorité
00:45:45mais qui est une majorité
00:45:46beaucoup plus faible
00:45:47donc je crois
00:45:47qu'ils sont
00:45:49davantage intéressés
00:45:50peut-être
00:45:50entraînés
00:45:51ou convaincus
00:45:51par des grandes propositions
00:45:53précises
00:45:53et il reste ce scepticisme
00:45:55sur l'ensemble des programmes
00:45:56mais là c'est quand même
00:45:57un peu notre responsabilité
00:45:58à nous hommes politiques
00:45:59sinon c'est pas la peine
00:46:00d'avoir une volonté
00:46:01c'est pas la peine
00:46:02d'avoir un dessin
00:46:02et c'est pas la peine
00:46:03de proposer quelque chose
00:46:04aux français
00:46:05c'est à nous
00:46:06de faire des propositions
00:46:07s'ils les arrêtent
00:46:08c'est-à-dire s'ils désignent
00:46:09une majorité
00:46:10alors c'est à nous
00:46:11ensuite d'être capable
00:46:12de démontrer
00:46:13que nous le faisons
00:46:14dans la réalité
00:46:14et c'est là
00:46:15et c'est là
00:46:16où on retrouve
00:46:16à la fois
00:46:17cette volonté pour moi
00:46:18de concilier
00:46:19le volontarisme
00:46:20qui est nécessaire
00:46:21pour sortir
00:46:22des difficultés actuelles
00:46:23et le réalisme
00:46:24pour que ça tienne le coup
00:46:25dans la durée
00:46:26alors pour prolonger
00:46:27cette question justement
00:46:28est-ce qu'aujourd'hui
00:46:29avec la mondialisation
00:46:31avec les objectifs européens
00:46:33avec l'endettement français
00:46:35les défis etc
00:46:36est-ce que vous avez
00:46:37quelle que soit votre sincérité
00:46:38est-ce que vous avez
00:46:38vraiment une marge
00:46:40qui vous permet
00:46:41d'être différent
00:46:42sur le plan économique
00:46:43oui
00:46:43alors restons d'abord
00:46:44sur le plan économique
00:46:47la situation n'est plus
00:46:48la même que celle
00:46:49qui existait en 1981
00:46:50elle n'est même plus
00:46:51la même que celle
00:46:52qui existait il y a encore
00:46:535 ou 6 ans
00:46:54puisque l'inflation
00:46:55est vaincue
00:46:56il n'y a plus de hausse
00:46:57des prix
00:46:57puisque nous avons
00:46:58un excédent commercial
00:46:59majeur
00:47:00par contre nous avons
00:47:01un chômage très fort
00:47:02nous avons un taux de croissance
00:47:04qui est inférieur
00:47:05non seulement à celui
00:47:06des autres pays européens
00:47:07qui eux-mêmes
00:47:08ont un taux de croissance
00:47:09plus faible
00:47:10que les Etats-Unis
00:47:11le Japon
00:47:11ou les pays d'Asie du Sud-Est
00:47:12à cause de choix
00:47:13de politique économique
00:47:15mais en plus
00:47:16nous avons
00:47:16un taux de croissance
00:47:17plus faible
00:47:18que celui
00:47:18que nous pourrions atteindre
00:47:19et donc je dis
00:47:20contrairement au gouvernement
00:47:22notre problème
00:47:23n'est pas
00:47:24de stimuler l'offre
00:47:25qui est trop forte
00:47:26pour la demande
00:47:26est au contraire
00:47:27de stimuler la demande
00:47:28et nous avons
00:47:29des marges pour cela
00:47:30à condition de ne pas creuser
00:47:32les déficits publics
00:47:33d'une part
00:47:33et à condition
00:47:34de ne pas augmenter
00:47:35la dette publique
00:47:37et les prélèvements
00:47:38obligatoires
00:47:38d'autre part
00:47:38on a une marge
00:47:39et c'est pourquoi
00:47:40nous nous proposons
00:47:42par un effort
00:47:43sur les salaires
00:47:44maîtrisé
00:47:45par un effort
00:47:46sur l'emploi
00:47:46de créer plus de demandes
00:47:48parce qu'il faut sortir
00:47:49de l'état
00:47:50de morosité
00:47:51de stagnation actuelle
00:47:52et que le gouvernement
00:47:53ne le fait pas
00:47:53avec son choix
00:47:54de politique économique
00:47:55vous allez débattre
00:47:56vous allez débattre dans un instant
00:47:57avec un contradicteur
00:47:58qui va venir nous rejoindre
00:47:59vous disiez tout à l'heure
00:48:00il faut concilier
00:48:02volontarisme
00:48:03réalisme
00:48:03alors c'est vrai
00:48:04que chaque fois
00:48:04que vous présentez
00:48:05des propositions
00:48:06on dit d'un côté
00:48:07c'est trop
00:48:08ça c'est du côté
00:48:08de la droite
00:48:09c'est du côté
00:48:09des chefs d'entreprise
00:48:10par exemple
00:48:11et du côté de la gauche
00:48:11on dit
00:48:12c'est trop peu
00:48:12alors vous êtes à chaque fois
00:48:14coincé dans une seringue
00:48:16comme ça
00:48:16comment vous en sortez ?
00:48:17et alors
00:48:17c'est pas parce que
00:48:18vous êtes dans un défilé
00:48:19que vous ne devez pas avancer
00:48:20donc en tout état de cause
00:48:21moi j'essaye de choisir
00:48:22un chemin
00:48:23qui est un chemin
00:48:24qui se passe au milieu
00:48:26des critiques
00:48:26qui sont légitimes
00:48:27mais je pense qu'en même temps
00:48:28ces critiques croisées
00:48:30et contradictoires
00:48:32déterminent assez bien
00:48:33à mon avis
00:48:33le choix juste
00:48:35qui doit être fait
00:48:36mais quand je dis
00:48:37redonner un sens à la France
00:48:38ça n'est pas simplement
00:48:39sur le terrain économique
00:48:40c'est aussi
00:48:42sur le terrain social
00:48:43partager les efforts
00:48:45les sacrifices
00:48:46s'il y a des sacrifices
00:48:46mais partager aussi les gains
00:48:48des progrès
00:48:49des succès
00:48:49ou de la croissance
00:48:50c'est aussi
00:48:51sur le plan
00:48:52de la démocratie
00:48:53en donnant plus de pouvoir
00:48:55à nos concitoyens
00:48:55en menant une politique
00:48:56de dialogue
00:48:57sur les conflits sociaux
00:48:58en particulier
00:48:58c'est aussi
00:49:00sur le plan international
00:49:01j'en parlais
00:49:01le rôle de la France
00:49:02dans le monde
00:49:03il faut dire
00:49:04qu'on gardera l'état-nation
00:49:05la France restera
00:49:06comme une nation
00:49:07et il faut donner
00:49:09plus de vigueur
00:49:09à l'Europe
00:49:10impulser l'Europe
00:49:11et puis il faut
00:49:14redéfinir
00:49:14entre nous
00:49:15des valeurs
00:49:16je dirais
00:49:16des règles
00:49:17des normes
00:49:17auxquelles
00:49:18nous nous attachons tous
00:49:20c'est-à-dire que nous respectons
00:49:21qui que nous soyons
00:49:22le PDG
00:49:23le politique
00:49:24le jeune des banlieues
00:49:25l'instituteur
00:49:26ou l'infirmière
00:49:28il doit y avoir
00:49:29des normes
00:49:29des règles
00:49:30celles qui
00:49:31s'apprennent à l'instruction civique
00:49:32celles qui
00:49:33aussi doivent
00:49:34animer
00:49:35les citoyens
00:49:37et les citoyennes
00:49:37dans un pays
00:49:38qui doivent
00:49:38s'imposer à tout le monde
00:49:39c'est si on redonne
00:49:42par ces politiques
00:49:43sociales
00:49:44économiques
00:49:45sur le plan
00:49:46international
00:49:46européen
00:49:47sur le plan
00:49:47je dirais
00:49:47moral et civique
00:49:49et sur le plan
00:49:50de la démocratie
00:49:50que on peut
00:49:51redéfinir
00:49:52une idée
00:49:53de la France
00:49:53pour elle
00:49:54et pour les autres
00:49:55dans lequel
00:49:56les français
00:49:56se reconnaîtront
00:49:57et là
00:49:58ils sont capables
00:49:58de faire des grandes choses
00:49:59alors dernière question
00:49:59avant l'arrivée
00:50:00de votre contradicteur
00:50:01il y a maintenant
00:50:02une objection
00:50:03qu'on fait
00:50:04aux socialistes
00:50:05à peu près
00:50:05systématiquement
00:50:06c'est
00:50:06vous avez
00:50:07telle et telle ambition
00:50:08économique et sociale
00:50:09mais regardez
00:50:10les travaillistes britanniques
00:50:11les sociodémocrates allemands
00:50:13même les ex-communistes
00:50:15italiens
00:50:16ils sont
00:50:17beaucoup plus
00:50:18alors
00:50:18raisonnables
00:50:19entre guillemets
00:50:19que vous
00:50:20c'est classique
00:50:22comme objection
00:50:22oui
00:50:23elle est plus vraie
00:50:24à mon avis
00:50:25pour les
00:50:25travaillistes britanniques
00:50:27mais
00:50:29Tony Blair
00:50:30a tellement peur
00:50:32de voir
00:50:33la situation
00:50:34très positive
00:50:35qui est la sienne
00:50:36pour le moment
00:50:36qui je crois
00:50:37le restera jusqu'au
00:50:38mois de mai
00:50:38moment des élections britanniques
00:50:39qu'il est extrêmement prudent
00:50:42donc il ne nous dit pas encore
00:50:44très nettement
00:50:44ce qu'il veut faire
00:50:45mais moi j'ai reçu
00:50:46avant-hier
00:50:48de la part
00:50:48de mon secrétaire international
00:50:50Pierre Guidoni
00:50:50un message
00:50:52des sociodémocrates allemands
00:50:53disant
00:50:54à la suite du groupe de travail
00:50:55sur les questions économiques
00:50:56que nous avons fait fonctionner
00:50:57ensemble
00:50:58sous la responsabilité
00:50:59de Pierre Moscovici
00:50:59chez nous
00:51:00sur les questions économiques
00:51:01entre les français et les allemands
00:51:02sociodémocrates
00:51:03et socialistes
00:51:04nous sommes d'accord
00:51:06pour sortir un texte commun
00:51:07qui partera
00:51:08beaucoup
00:51:09des orientations
00:51:10du parti socialiste
00:51:11alors c'est exactement
00:51:12le message inverse
00:51:13que j'ai reçu
00:51:14de nos amis
00:51:15sociodémocrates allemands
00:51:16dont la situation
00:51:17d'ailleurs
00:51:18s'améliore un peu
00:51:19dans le pays actuellement
00:51:19alors monsieur Jospin
00:51:21va venir nous rejoindre
00:51:22votre contradicteur
00:51:24qui vous a entendu
00:51:26donc expliquer
00:51:27déjà un peu
00:51:28vos propositions
00:51:29et votre schéma général
00:51:30voilà c'est monsieur
00:51:31Jacques Barraud
00:51:32ministre du travail
00:51:33et des affaires sociales
00:51:34bonsoir monsieur Barraud
00:51:35bonsoir
00:51:36bonsoir monsieur Barraud
00:51:49bonsoir
00:51:49est-ce qu'il est trop prudent
00:51:51puisqu'on entend
00:51:51les deux critiques
00:51:52d'abord je me permets
00:51:54de dire que
00:51:55je voudrais
00:51:56sur l'objectif
00:51:58rendre un sens
00:52:00donner du sens
00:52:01ça c'est vrai
00:52:02il faut le donner
00:52:03sur le plan
00:52:04de la démocratie
00:52:05je pense que ce sera
00:52:07peut-être pas là
00:52:07le centre
00:52:08de notre échange
00:52:09ce soir
00:52:10il faut le donner
00:52:11sur le plan économique
00:52:12et social
00:52:13mais franchement
00:52:14j'ai l'impression
00:52:16que le sens
00:52:18que le parti socialiste
00:52:19prétend lui donner
00:52:20c'est un peu
00:52:21un sens interdit
00:52:22il termine dans une impasse
00:52:24alors je fais la part
00:52:27du réalisme
00:52:28que vous essayez
00:52:29de mettre en oeuvre
00:52:31mais je dis d'abord
00:52:33le parti socialiste
00:52:34vous avez dû
00:52:36faire un patchwork
00:52:37ça ne donne pas
00:52:39une cohérence
00:52:39tout à fait satisfaisante
00:52:42et puis il y a
00:52:42des réminiscences idéologiques
00:52:44qui me semblent
00:52:46là aussi
00:52:48faire que ce
00:52:49programme est décalé
00:52:50en toute sorte
00:52:51décalé par rapport
00:52:52au temps d'aujourd'hui
00:52:53alors on attaque
00:52:54tout de suite
00:52:55allez-y
00:52:55je ne comprends pas
00:52:57pourquoi vous
00:52:58voulez que
00:52:59la croissance
00:53:01dépende
00:53:02mais vraiment
00:53:03principalement
00:53:04presque exclusivement
00:53:05de la demande
00:53:07c'est-à-dire
00:53:08de la consommation
00:53:09du pouvoir d'achat
00:53:10Lionel Jospin
00:53:11en 1996
00:53:12nous avons eu
00:53:142,5%
00:53:16de plus
00:53:17de consommation
00:53:18pendant ce temps
00:53:19les investissements
00:53:20baissaient
00:53:20de 0,4%
00:53:22bien
00:53:22première chose
00:53:23deuxièmement
00:53:24je ne suis pas
00:53:24je ne suis pas
00:53:25attention
00:53:26un homme
00:53:28de théorie
00:53:29j'ai
00:53:31selon le plan
00:53:32Juppé
00:53:33cette année
00:53:34restitué
00:53:348 milliards
00:53:35aux salariés
00:53:36puisque nous avons
00:53:37remplacé
00:53:37une partie
00:53:38des cotisations
00:53:39salariales
00:53:40ce que vous voulez
00:53:40faire d'ailleurs
00:53:41par un point
00:53:42de CSG
00:53:42étendu
00:53:43donc je ne suis pas
00:53:44a priori
00:53:45contre la consommation
00:53:47bien sûr
00:53:47mais je dis
00:53:48si nous faisons
00:53:48que cela
00:53:49qu'est-ce qui peut
00:53:50bien se passer
00:53:50nous sommes dans
00:53:51une France
00:53:53aujourd'hui
00:53:53où la ménagère
00:53:55chacun d'entre nous
00:53:57achète déjà
00:53:58pour un quart
00:53:59de ses achats
00:54:00des produits
00:54:01fabriqués
00:54:02à l'étranger
00:54:03et pourquoi
00:54:04parce que
00:54:05il y a
00:54:06des problèmes
00:54:06de coûte
00:54:07et puis il y a
00:54:08des problèmes
00:54:09de produits
00:54:10innovants
00:54:10bon
00:54:11alors si
00:54:12nous ne nous
00:54:13efforçons pas
00:54:14de produire français
00:54:16à un meilleur
00:54:17coût
00:54:17si nous ne cherchons
00:54:19pas à produire
00:54:20un français
00:54:21innovant
00:54:21je voyais
00:54:23samedi
00:54:25à Lyon
00:54:25où j'allais voir
00:54:26les internes
00:54:27un industriel
00:54:28qui a réussi
00:54:29à fabriquer
00:54:31il faisait du voilage
00:54:32il a fabriqué
00:54:33de la toile
00:54:34qui a des caractéristiques
00:54:36telles
00:54:36qui est en train
00:54:37de se tailler
00:54:37un marché
00:54:38magnifique
00:54:39dans un secteur
00:54:39difficile
00:54:40pourquoi
00:54:42Lionel Jospin
00:54:43faut-il
00:54:44que le parti
00:54:44socialiste
00:54:45nous embarque
00:54:46uniquement
00:54:46sur le problème
00:54:47du pouvoir
00:54:48d'achat
00:54:48et de la consommation
00:54:49pour donner
00:54:50la dynamique
00:54:51à ce pays
00:54:51et je reviendrai
00:54:53ensuite
00:54:53pourquoi vous
00:54:54maltraitez
00:54:54autant nos entreprises
00:54:56alors on en reparlera
00:54:57après
00:54:57d'abord
00:54:59alors
00:55:00d'abord
00:55:03j'ai parlé
00:55:04de progression
00:55:05de la demande
00:55:06la demande
00:55:07ça n'est pas
00:55:08que la consommation
00:55:09la demande
00:55:10c'est la consommation
00:55:11et l'investissement
00:55:12donc cela englobe
00:55:13l'investissement
00:55:14ça c'est le premier élément
00:55:16deuxième élément
00:55:19je constate
00:55:20que la part
00:55:20des salaires
00:55:21dans le revenu national
00:55:22a baissé
00:55:23considérablement
00:55:24au cours
00:55:25des dernières années
00:55:27alors que la part
00:55:28des profits
00:55:28a augmenté
00:55:29très fort
00:55:30donc il faut
00:55:31rééquilibrer
00:55:31en faveur des salaires
00:55:32parce que le problème
00:55:33n'est pas simplement
00:55:34de fabriquer des produits
00:55:35encore faut-il les vendre
00:55:37que l'on ait pour cela
00:55:38des clients
00:55:38pour les acheter
00:55:40je ne pense pas
00:55:41que la situation
00:55:42de nos entreprises
00:55:43à l'exportation
00:55:43soit mauvaise
00:55:44sinon on n'arriverait
00:55:45pas à comprendre
00:55:45pourquoi on a un record
00:55:47d'excédent commercial
00:55:48donc nous avons des marges
00:55:49de ce côté là
00:55:51par contre
00:55:51le taux de croissance
00:55:52français
00:55:53est trop faible
00:55:54par rapport
00:55:55à la moyenne européenne
00:55:56nous sommes d'accord
00:55:58donc c'est un élément
00:55:59du diagnostic
00:55:59il est fondamental
00:56:00si nous avions
00:56:02une croissance forte
00:56:02une inflation élevée
00:56:04ou repartant
00:56:06un excédent commercial
00:56:07en train de se réduire
00:56:08je ne préconiserai pas
00:56:09cette politique
00:56:09je préconise une politique
00:56:11adaptée à la situation
00:56:12que je viens
00:56:13vous discutez avec les médecins
00:56:14il vaut mieux
00:56:15quand on a la fièvre
00:56:17effectivement
00:56:17faire tomber la fièvre
00:56:18mais quand le malade
00:56:19est anémié
00:56:20c'est pas le moment
00:56:20de le saigner
00:56:21c'est pas le moment
00:56:22de lui donner des potions
00:56:23qui l'affaiblissent davantage
00:56:25donc on a une croissance
00:56:27insuffisante
00:56:27on a des salaires
00:56:28insuffisants
00:56:28donc je propose
00:56:29d'agir dans ce domaine
00:56:31de façon maîtrisée
00:56:32et également
00:56:33sur le terrain
00:56:34de l'investissement
00:56:35ce qui m'intéresse
00:56:35en tout cas
00:56:36et je termine là dessus
00:56:37parce que ça m'a frappé
00:56:38en écoutant hier
00:56:39le débat
00:56:40entre Laurent Fabius
00:56:41et Édouard Ballature
00:56:42c'est que
00:56:43en particulier
00:56:45sur la question
00:56:45de l'emploi des jeunes
00:56:46mais au fond
00:56:47sur toutes les questions économiques
00:56:48l'essentiel du débat
00:56:51s'est noué
00:56:51sur les propositions
00:56:54du parti socialiste
00:56:55Jacques Chirac
00:56:56s'était exprimé
00:56:58pourtant deux heures
00:56:59à la télévision
00:57:01huit jours avant
00:57:02à aucun moment
00:57:04même pas
00:57:04monsieur Balladur
00:57:05n'a eu l'idée
00:57:07d'évoquer
00:57:07ce qu'avait pu dire
00:57:08Jacques Chirac
00:57:08alors au moins
00:57:10pouvez-vous critiquer
00:57:11notre programme
00:57:11parce qu'il existe
00:57:12au moins y a-t-il
00:57:13un débat économique
00:57:14dans ce pays
00:57:14parce que nous le posons
00:57:16et c'est étonnant
00:57:17de voir un gouvernement
00:57:19au bout de quatre ans
00:57:20ne pas être en mesure
00:57:21de conduire un débat
00:57:22autour de sa propre pratique
00:57:24ou de ses éventuelles propositions
00:57:25mais de ne le mener
00:57:27négativement
00:57:28et de façon critique
00:57:28comme si c'était lui
00:57:29qui était dans l'opposition
00:57:30que sur les positions
00:57:32du parti socialiste
00:57:32au moins je suis fier de ça
00:57:34on ne va prendre
00:57:35qu'un seul point
00:57:36le coût du travail
00:57:37est très important
00:57:39mais
00:57:39et en cela
00:57:40nous sommes
00:57:41je crois d'accord
00:57:42il ne s'agit pas
00:57:43de faire baisser les salaires
00:57:44il s'agit au contraire
00:57:46de faire un partage équitable
00:57:47sur ce point
00:57:48entre les salaires
00:57:50et bien sûr
00:57:51ce que l'entreprise
00:57:51doit garder
00:57:52pour innover
00:57:53pour investir
00:57:54pour l'investissement
00:57:55mais
00:57:57là où on peut
00:57:58faire baisser
00:57:59le coût du travail
00:57:59et rendre le produit français
00:58:01plus compétitif
00:58:02c'est les charges
00:58:03que paye l'entreprise
00:58:05pourquoi
00:58:06Lionel Jospin
00:58:07faut-il
00:58:08que dans ce programme
00:58:09socialiste
00:58:10il y ait la remise en cause
00:58:12de cette baisse
00:58:14des charges
00:58:14qui pèsent
00:58:15sur l'entreprise
00:58:16qui vont
00:58:17en effet
00:58:17dans certains cas
00:58:19obliger l'entreprise
00:58:20à augmenter ses coûts
00:58:21donc à perdre des marchés
00:58:22ou encore
00:58:23ou encore
00:58:24à tout simplement
00:58:27renoncer
00:58:28à l'investissement
00:58:29et à l'innovation
00:58:30pourquoi donc
00:58:31traiter l'entreprise
00:58:32française
00:58:32aujourd'hui
00:58:33avec des idées
00:58:35d'avant-hier
00:58:35c'est très dommage
00:58:37parce que
00:58:37vous allez avoir
00:58:38vous allez casser
00:58:39la dynamique des énergies
00:58:40et vous allez
00:58:41engager
00:58:42je le crains
00:58:43je ne veux pas faire
00:58:43de procès d'intention
00:58:44la dérive
00:58:45des facilités
00:58:46il y a un seul point
00:58:47sur lequel
00:58:48nous pouvons
00:58:50remettre en cause
00:58:51des allègements
00:58:51de charges
00:58:52qui ont été
00:58:52consentis aux entreprises
00:58:53c'est pas général
00:58:55nous ne proposons pas
00:58:55d'alourdir les charges
00:58:56des entreprises
00:58:57mais sur un point
00:58:59entendant ce qu'a dit
00:59:00monsieur Juppé lui-même
00:59:01quand il admonestait
00:59:02les patrons
00:59:03entendant le patron
00:59:04des patrons
00:59:04monsieur Gandois
00:59:05dire lui-même
00:59:06que ces dispositifs
00:59:07n'étaient pas efficaces
00:59:08c'est sur les allègements
00:59:10de charges
00:59:10qui ont été consentis
00:59:11aux entreprises
00:59:12pour les inciter
00:59:13à l'embausse
00:59:14nous avons préféré
00:59:15un mécanisme différent
00:59:16puisque ce système
00:59:18indirect ne fonctionne pas
00:59:19et ne crée pas
00:59:20d'emploi des jeunes
00:59:20ça c'est pas vrai
00:59:21attendez
00:59:22écoutez le CIP
00:59:23qui était
00:59:24le CIE
00:59:24pardon
00:59:25le CIP
00:59:25oublions-le
00:59:26il a été entraîné
00:59:28avec le mouvement
00:59:28des étudiants
00:59:29le CIE
00:59:30la grande mesure
00:59:31de Jacques Chirac
00:59:31pendant sa campagne
00:59:32en solde net
00:59:34vous le savez très bien
00:59:34monsieur Barrault
00:59:35elle a créé
00:59:3530 000 emplois
00:59:36c'est-à-dire c'est rien
00:59:38alors nous proposons
00:59:40nous d'utiliser
00:59:41une partie de ces sommes
00:59:42pour des créations
00:59:45directes d'emplois
00:59:46pour ce qui concerne
00:59:47des activités
00:59:48de caractère public
00:59:48qui ne sont pas
00:59:49des emplois de fonctionnaires
00:59:50nous l'avons précisé
00:59:51mais par ailleurs
00:59:52nous sommes prêts
00:59:53dans le programme
00:59:55emploi des jeunes
00:59:56les 350 000
00:59:57qui pourraient être faits
00:59:58dans le privé
00:59:58à travers le contrat
01:00:00d'accès à l'emploi
01:00:01nous sommes prêts
01:00:02à apporter à l'entreprise
01:00:04avec le jeune
01:00:04une certaine aide
01:00:05donc nous ne sommes
01:00:06cela mais nous voulons
01:00:07cibler directement
01:00:08sur la création
01:00:09d'emplois
01:00:10et non pas le faire
01:00:11de façon indirecte
01:00:12j'entends bien
01:00:13mais moi je vais être
01:00:14très précis
01:00:14nous avons abaissé
01:00:16les cotisations
01:00:19pour la main d'oeuvre
01:00:20la moins qualifiée
01:00:21de 40 milliards
01:00:23je suis en train
01:00:24de plaider
01:00:24la cause de la France
01:00:26devant la commission
01:00:27européenne
01:00:28pour le textile
01:00:29et je vais voir
01:00:31monsieur Van Myrthe
01:00:31qui est d'ailleurs
01:00:32d'origine sociale-démocrate
01:00:34et monsieur Van Myrthe
01:00:35me dit
01:00:36mais vous avez raison
01:00:37ce que l'on vous reproche
01:00:38c'est d'avoir abaissé
01:00:40les cotisations
01:00:41uniquement sur le textile
01:00:42et pas sur les autres
01:00:43branches professionnelles
01:00:44mais c'est ce qu'il faut faire
01:00:46c'est d'ailleurs
01:00:47sorti du programme
01:00:48des scènes
01:00:48donc là
01:00:50vous me dites
01:00:50la majorité
01:00:52est obligée
01:00:53de regarder le programme
01:00:54du parti socialiste
01:00:55pour avoir des idées
01:00:56ça c'est tout de même
01:00:57un des éléments
01:00:59c'est un des éléments
01:01:00essentiels
01:01:00c'est un élément essentiel
01:01:03et je vous le dis
01:01:04Lionel Jospin
01:01:05je suis convaincu
01:01:06que c'est en abaissant
01:01:08le coût du travail
01:01:08en transférant
01:01:10une partie du financement
01:01:11de la sécurité sociale
01:01:12sur d'autres
01:01:14ressources
01:01:15que l'on pourra
01:01:16en effet avoir
01:01:16un coût du travail
01:01:18français compétitif
01:01:19vous savez bien
01:01:20j'avais pour 96
01:01:22dans une branche
01:01:23il y avait
01:01:24un coût du travail
01:01:25en Allemagne
01:01:25de 113 francs par heure
01:01:2786 francs en France
01:01:29mais il y avait
01:01:2960 francs en Grande-Bretagne
01:01:3125 francs au Portugal
01:01:32je ne prends que la communauté
01:01:33je dis
01:01:35c'est un paramètre essentiel
01:01:37et c'est une des faiblesses
01:01:38mais je ne veux pas en rester là
01:01:39je veux dire
01:01:39comment pouvez-vous demander
01:01:41aller à l'entreprise française
01:01:43qu'est-ce que vous lui demandez
01:01:44à l'entreprise française
01:01:46incontestablement
01:01:47vous allez lui demander
01:01:48des charges
01:01:49en plus
01:01:49puisque vous semblez
01:01:51tirer un trait
01:01:52sur cet abattement
01:01:54de charges
01:01:55pour les salaires
01:01:56moins qualifiés
01:01:56vous allez lui demander
01:01:57une hausse d'impôt
01:01:58vous allez lui demander
01:01:59d'assumer peu à peu
01:02:00le paiement
01:02:01de 35 heures de travail
01:02:04payé 39
01:02:06franchement
01:02:07pauvre entreprise française
01:02:08et en plus
01:02:08vous la traitez
01:02:09de manière uniforme
01:02:10ça c'est ce qui me choque le plus
01:02:11vous allez lui demander
01:02:13quelle que soit
01:02:15sa situation
01:02:16dans le marché international
01:02:17d'assumer
01:02:18les mêmes charges
01:02:19sur les deux points
01:02:20c'est-à-dire
01:02:20la réduction du temps de travail
01:02:22et les propositions
01:02:22en faveur de l'emploi des jeunes
01:02:23on va reprendre point par point
01:02:24interrogation
01:02:25je préférais l'emploi des jeunes
01:02:26distinguer un petit peu
01:02:27par sujet
01:02:27tout à fait
01:02:28alors d'abord on va commencer
01:02:29par l'emploi des jeunes
01:02:30c'est-à-dire la proposition
01:02:31du parti socialiste
01:02:32de créer 700 000 emplois
01:02:35voilà
01:02:35en deux ans
01:02:36en deux ans
01:02:37dans le public
01:02:38et dans le privé
01:02:38alors voilà
01:02:39les français pensent que
01:02:4038% qu'elle est plutôt applicable
01:02:4256% plutôt inapplicable
01:02:46monsieur Jospin
01:02:47c'est petit cisme devant cette mesure
01:02:49ça aussi parce que les mesures
01:02:49sur l'emploi
01:02:50les français disent toujours
01:02:51on promet
01:02:51on promet
01:02:52et on n'y arrive pas
01:02:53oui mais enfin
01:02:54comme je le disais tout à l'heure
01:02:55on est bien en peine
01:02:57de trouver
01:02:58une véritable proposition
01:03:00gouvernementale
01:03:00une approche claire
01:03:02de ces problèmes
01:03:02que ce soit après
01:03:04l'intervention de monsieur Chirac
01:03:05à la télévision
01:03:06où la seule mesure
01:03:07qu'on a retenue
01:03:08était une baisse du taux
01:03:09de TVA
01:03:10sur des produits multimédia
01:03:12donc on a découvert après
01:03:13qu'il avait oublié
01:03:14de demander
01:03:14s'il ne fallait pas
01:03:15l'autorisation de la commission
01:03:16avant
01:03:17ce qui était le cas
01:03:18c'est-à-dire
01:03:18bon donc ça donne quand même
01:03:19le degré d'improvisation
01:03:21sur ces choses
01:03:22alors nous
01:03:22nous avons une proposition
01:03:24qui est une proposition
01:03:25volontariste
01:03:26parce que nous pensons
01:03:27qu'une partie de la jeunesse
01:03:29est dans une situation
01:03:29extrêmement difficile
01:03:30moi je reçois
01:03:31dans ma permanence
01:03:32non pas simplement
01:03:33des jeunes
01:03:34sans qualification
01:03:35il peut y en avoir
01:03:36mais y compris
01:03:37des jeunes qualifiés
01:03:39qui ne trouvent pas
01:03:40d'emploi aujourd'hui
01:03:41il n'est pas juste
01:03:42de dire
01:03:42que c'est l'absence
01:03:44de formation
01:03:44qui est responsable
01:03:45de l'absence d'emploi
01:03:47c'est l'absence d'emploi
01:03:48offert aux jeunes
01:03:49qui est responsable
01:03:50du chômage
01:03:50et pas l'inverse
01:03:51alors je dis
01:03:52nous devons faire
01:03:53un effort
01:03:54pour ces catégories
01:03:55de jeunes
01:03:55et nous y consacrerons
01:03:57les ressources nécessaires
01:03:58voilà ce qui me paraît
01:04:00essentiel
01:04:00avoir une volonté
01:04:01des propositions
01:04:02sinon on restera
01:04:04avec les taux de chômage
01:04:05actuel
01:04:05c'est une politique
01:04:11qui momentanément
01:04:13peut en effet
01:04:15apparaître porteur
01:04:16d'effet
01:04:16mais je vais dire
01:04:18pourquoi
01:04:18je crains
01:04:20que vous emmeniez
01:04:21les jeunes
01:04:22dans des
01:04:23notamment le volet
01:04:24contrat
01:04:25de longue durée
01:04:27c'est 5 ans
01:04:28que les jeunes
01:04:29passeront
01:04:30dans des emplois
01:04:30non marchands
01:04:31attention
01:04:32parce que
01:04:33d'abord
01:04:33nous savons faire
01:04:35nous l'avons fait
01:04:35les emplois ville
01:04:36nous le ferons
01:04:37dans la loi de cohésion sociale
01:04:38avec le contrat
01:04:40d'initiative locale
01:04:41donc il faut le faire
01:04:44mais il faut se garder
01:04:46de vouloir faire
01:04:47du quantitatif
01:04:48absolument
01:04:49ça arrange
01:04:50les chiffres
01:04:51pour les ministres
01:04:52du travail
01:04:52c'est vrai
01:04:53s'il faut faire
01:04:54du qualitatif
01:04:55c'est à dire
01:04:55qu'il faut en faire
01:04:56un peu moins
01:04:57il y a d'autres façons
01:04:57d'arranger les chiffres
01:04:57pour les ministres
01:04:58du travail
01:04:58oui
01:05:00écoutez
01:05:01ayez
01:05:02beaucoup d'indulgence
01:05:03je fais partie
01:05:04d'un syndicat
01:05:05de tous ceux
01:05:06qui m'ont précédé
01:05:06et qui ont eu
01:05:07à gérer
01:05:08alors je vous accorde
01:05:10je reviens
01:05:11le qualitatif
01:05:12avant le quantitatif
01:05:13qu'est-ce que ça veut dire
01:05:14ça veut dire
01:05:15que j'offre à un jeune
01:05:17le cas échéant
01:05:18un emploi non marchiant
01:05:20comme le parti socialiste
01:05:21l'a proposé
01:05:22comme nous le faisons
01:05:23avec les contrats ville
01:05:24avec les contrats
01:05:25d'initiative locale
01:05:27et nous veillons
01:05:27à ce qu'il soit
01:05:28très bien encadré
01:05:29il soit très bien encadré
01:05:31et que ce passage
01:05:32soit vraiment
01:05:33un passage
01:05:34vers autre chose
01:05:36car là
01:05:37votre contrat
01:05:38il se termine
01:05:38au bout de 5 ans
01:05:39et puis on ne sait pas
01:05:40si nous n'avons pas fait plus
01:05:43je vous signale
01:05:44on est à 200 000
01:05:45vous êtes à 300 000
01:05:46donc oui
01:05:46il n'y a pas
01:05:47une grosse différence
01:05:47mais si nous progressons
01:05:50en quoi actuellement créer ?
01:05:51non marchant bien sûr
01:05:51pour les jeunes
01:05:52oui bien entendu
01:05:53je suis là
01:05:53on ne va pas faire
01:05:54de la compagnie
01:05:54en solde net ?
01:05:56oui en solde net
01:05:56oui
01:05:57en poste
01:05:59que nous allons offrir
01:06:00ah oui
01:06:00vous allez offrir
01:06:02et que nous commençons
01:06:03à offrir
01:06:03les emplois ville
01:06:04cette année
01:06:0430 000
01:06:05et chaque année
01:06:07oui mais vous vous faites
01:06:08en 2 ans
01:06:08ce que vous faites en 2 ans
01:06:10nous pourrons le faire en 3 ans
01:06:11mais ce que je veux moi
01:06:12c'est quand on trouve
01:06:14un chantier
01:06:14d'initiative locale
01:06:16attention hein
01:06:16il ne s'agit pas
01:06:17de faire faire aux jeunes
01:06:18n'importe quoi
01:06:18il faut vraiment
01:06:19désigner ce qu'ils peuvent faire
01:06:21donc c'est la qualité
01:06:22qui va compter
01:06:23pour l'autre volet
01:06:24pour les entreprises
01:06:25dites
01:06:26vous ne pouvez quand même pas
01:06:27me dire
01:06:28qu'il faut envoyer
01:06:29promener
01:06:30tous les contrats d'alternance
01:06:32apprentissage
01:06:32qualification
01:06:33pour un réinventé
01:06:35car c'est un peu ça
01:06:36pour inciter les entreprises
01:06:38à prendre les jeunes
01:06:39qu'est-ce que vous faites
01:06:39et bien vous reconstituez
01:06:43l'aide
01:06:44pour le premier emploi
01:06:45des jeunes
01:06:45que nous avons supprimé
01:06:46parce qu'il y avait
01:06:46trop d'effet d'aubaine
01:06:47il y avait des patrons
01:06:48qui pouvaient prendre
01:06:49un salarié à un jeune
01:06:50sans avoir une aide
01:06:52vous lui répondez
01:06:53et puis ensuite
01:06:54on enchaîne
01:06:54avec la réduction
01:06:55de la durée du travail
01:06:56qui est l'autre mesure
01:06:58symbolique
01:06:58d'abord il n'a jamais été
01:06:59dans notre esprit
01:07:00ni dans nos propositions
01:07:01et j'avais abordé ce point
01:07:02au moment de la campagne
01:07:03présidentielle
01:07:03de ne pas créer
01:07:04des emplois marchands
01:07:05nous pensons
01:07:06qu'il y a toute une série
01:07:07de secteurs
01:07:08dans lesquels
01:07:08il faut au contraire
01:07:09créer des emplois solvables
01:07:11c'est à dire
01:07:11qui peuvent être payés
01:07:12qui payent
01:07:12en partie par des personnes
01:07:14en partie par des personnes
01:07:15par des collectivités locales
01:07:16éventuellement
01:07:17avec une certaine aide
01:07:18de l'état
01:07:19donc solvabiliser
01:07:20des besoins
01:07:20notamment dans le secteur social
01:07:22dans le secteur
01:07:24associatif ou culturel
01:07:25est-ce qu'on fait
01:07:26avec la location indépendante ?
01:07:27ça c'est une première chose
01:07:28la deuxième chose
01:07:29c'est que ces contrats
01:07:31de 5 ans
01:07:31qui sont donc des emplois
01:07:33de durée suffisamment longue
01:07:35pour qu'ils ne soient pas précaires
01:07:36mais en même temps
01:07:37qui ne sont pas des contrats
01:07:38à durée indéterminée
01:07:39sont une
01:07:40constitue pour le jeune
01:07:41une période
01:07:42suffisamment longue
01:07:43d'expérience professionnelle
01:07:45selon le secteur
01:07:46dans lequel il sera
01:07:47le type d'activité
01:07:48dans laquelle
01:07:49il remplira
01:07:49et la collectivité
01:07:51qui le prendra en charge
01:07:52état
01:07:52ou en partie
01:07:53collectivité locale
01:07:54puisque l'état
01:07:55de toute façon
01:07:55financera 80%
01:07:57et bien il peut là
01:07:58recevoir pendant 5 ans
01:07:59une formation
01:08:00une expérience
01:08:01qui lui permettront
01:08:03soit de passer
01:08:03des concours publics
01:08:04dans un certain nombre
01:08:05de cas pour entrer
01:08:05dans les fonctions
01:08:06publiques territoriales
01:08:07ou d'état
01:08:07soit même
01:08:08d'avoir enfin acquis
01:08:10cette expérience
01:08:10qui lui permettront
01:08:11dans tel ou tel secteur
01:08:12d'aller par exemple
01:08:13dans l'entreprise
01:08:14donc je pense que
01:08:15c'est une bonne démarche
01:08:16quant aux entreprises
01:08:18et bien nous pensons
01:08:19effectivement
01:08:20qu'il faut mettre
01:08:21un peu d'ordre
01:08:21nous ferons progressivement
01:08:23nous n'allons pas
01:08:24supprimer des programmes
01:08:25qui existent
01:08:25que d'ailleurs
01:08:26souvent nous avions mis
01:08:27en place nous-mêmes
01:08:27et que vous avez maintenu
01:08:28en état
01:08:29mais nous pensons
01:08:30qu'il faut réunifier cela
01:08:31dans un parcours
01:08:33formation
01:08:34entreprise
01:08:35puis travail
01:08:35qui soit plus cohérent
01:08:37pour les jeunes
01:08:38alors monsieur Barron
01:08:38vous répondez
01:08:39et vous enchaînez
01:08:41avec la réduction
01:08:42de la durée du travail
01:08:43au fond la question c'est
01:08:45est-ce que
01:08:45parce que c'est la question
01:08:46que beaucoup de gens se posent
01:08:46on le voit dans nos sondages
01:08:47c'est est-ce qu'on peut faire
01:08:48les deux en même temps
01:08:50alors je vais être très bref
01:08:51d'abord sur les jeux
01:08:54le parti socialiste
01:08:55copie un certain nombre
01:08:57de dispositifs
01:08:58que nous avons imaginés
01:09:00à tant faire de copier
01:09:02il vaut mieux copier
01:09:03complètement
01:09:03à mon sens
01:09:05car franchement
01:09:06l'apprentissage
01:09:08tel qu'il a été
01:09:08rénové actuellement
01:09:09quand vous dites
01:09:10qu'on n'a pas de programme
01:09:11allons
01:09:12le président de la république
01:09:13mouille sa chemise
01:09:14dit qu'il faut passer
01:09:16de 300
01:09:1630 000
01:09:19contrats d'alternance
01:09:20vous êtes le gouvernement
01:09:21de l'effet d'annonce
01:09:22monsieur Barrault
01:09:22vous avez fait en permanence
01:09:24de sommet en sommet
01:09:26en train de faire
01:09:26des effets d'annonce
01:09:27donc attendez
01:09:28écoutez
01:09:29il y a quand même
01:09:29quelque chose
01:09:30qui est en train
01:09:30de se produire
01:09:30devant le pays
01:09:31aujourd'hui
01:09:31que je voudrais mettre
01:09:32en lumière
01:09:33moi je vous ai des chiffres
01:09:33vous faites des sommets
01:09:35dans ces sommets
01:09:36vous annoncez des mesures
01:09:37avec des chiffres
01:09:39qui sont donnés
01:09:40aux jeunes
01:09:41ou aux français
01:09:42puis ensuite
01:09:43on apprend
01:09:44quelques jours après
01:09:44qu'en réalité
01:09:45ces chiffres
01:09:47englobent des mesures
01:09:48qui sont déjà
01:09:48dans le budget
01:09:49puis 8 jours après
01:09:50on apprend
01:09:51que le ministre
01:09:52de l'économie
01:09:53et des finances
01:09:53et du budget
01:09:54font ce qu'on appelle
01:09:55de la régulation budgétaire
01:09:57c'est à dire
01:09:57gèle 10 milliards
01:09:59de crédits
01:09:59si bien qu'on ne sait plus
01:10:01avec ce gouvernement
01:10:02y compris avec le président
01:10:03de la république
01:10:03si vous annoncez
01:10:05quelque chose
01:10:05qui va être suivi des faits
01:10:06si c'est un moyen constant
01:10:08ou un moyen nouveau
01:10:09et quand c'est un moyen
01:10:10constant ou nouveau
01:10:11on ne sait pas
01:10:12si ces sommes sont disponibles
01:10:13puisque dans le même temps
01:10:14on gèle des crédits budgétaires
01:10:15alors il faudrait
01:10:16un peu de vérité
01:10:18dans le débat
01:10:19c'est la première fois
01:10:20à ma connaissance
01:10:20que dans une réunion nationale
01:10:22où il y a les syndicats
01:10:23le patronat
01:10:24nous nous donnons
01:10:26ensemble
01:10:26parce que les emplois
01:10:27c'est pas uniquement
01:10:28l'état qui les crée
01:10:29c'est la société
01:10:31avec tous les acteurs
01:10:32économiques et sociaux
01:10:33nous nous sommes donnés
01:10:34des objectifs chiffrés
01:10:35je vois pas bien
01:10:37quel gouvernement a fait cela
01:10:38alors nous allons voir
01:10:40monsieur Spin
01:10:41veuillez quand même
01:10:42prendre note
01:10:43des engagements
01:10:44Dieu sait que je mesure
01:10:45à ma place
01:10:46ils sont difficiles
01:10:47nous sommes descendus
01:10:50en dessous de 600 000
01:10:51de jeunes chômeurs
01:10:52et nous étions bien au-delà
01:10:53donc si vous voulez
01:10:55on a déjà marqué des points
01:10:56c'est vrai
01:10:58espérons que la croissance
01:10:59va nous permettre
01:11:01d'en marquer d'autres
01:11:02la réduction du temps de travail
01:11:04regardez ce que disent
01:11:05les français vieillis
01:11:05sauf sur la proposition
01:11:06du parti socialiste
01:11:0735 heures
01:11:08sans diminution de salaire
01:11:10plutôt applicable
01:11:11une courte majorité
01:11:1250% pensent que
01:11:13c'est applicable
01:11:14qu'est-ce que vous en pensez
01:11:15vous ?
01:11:16moi personnellement
01:11:17je me demande
01:11:18qui c'est qui paye
01:11:19c'est tout le problème
01:11:20si vous faites
01:11:2335 heures
01:11:24que vous payez 39
01:11:25nous savons
01:11:26je crois que c'est à peu près
01:11:26les chiffres du programme
01:11:28socialiste
01:11:28ça coûte à peu près
01:11:3011% de plus
01:11:34attendez
01:11:34pour une raison très simple
01:11:35on va expliquer
01:11:36aux téléspectateurs
01:11:37pour une raison très simple
01:11:39vous diminuez
01:11:39la durée du travail
01:11:40grâce à cela
01:11:41vous embauchez
01:11:42de nouveaux salariés
01:11:44ces nouveaux salariés
01:11:45sont des jeunes
01:11:46ces jeunes sont payés
01:11:47moins cher
01:11:47que le salaire moyen
01:11:48c'est pourquoi
01:11:49le coût horaire
01:11:49d'un jeune qui est engagé
01:11:50et qui remplace
01:11:51par exemple une personne
01:11:52non de 50-50
01:11:53le contrat des gens
01:11:55avec 40 annuités
01:11:56de sécurité sociale
01:11:57qui partent
01:11:57ça a été un contrat
01:11:58qui a été signé
01:11:58par les syndicats
01:11:59que nous approuvons
01:12:00et que nous voulons élargir
01:12:01quand une personne
01:12:02de 55 ans
01:12:03part
01:12:03il part avec un salaire
01:12:05important
01:12:05enfin
01:12:06important pour sa catégorie
01:12:07il est remplacé par un jeune
01:12:08qui est payé moins cher
01:12:09donc le coût supplémentaire
01:12:11n'est pas de 11%
01:12:11il est de 5 à 6%
01:12:13je le précise déjà
01:12:13pour qu'on compagne bien
01:12:14alors
01:12:15Jacques Barreau
01:12:15ah ça alors
01:12:17oui
01:12:18quelle démonstration
01:12:20vous dites
01:12:21on remplace
01:12:22un ancien
01:12:23par un jeune
01:12:23et qui paye l'ancien
01:12:24parce que j'ai bien compris
01:12:25qu'une partie
01:12:27de ces remplacements éventuels
01:12:29sont faits
01:12:31par les gens
01:12:32qui ont 40 ans
01:12:34de cotisation
01:12:34et qui
01:12:35je dis bien
01:12:36je respecte
01:12:37ceux qui le souhaitent
01:12:38mais à la limite
01:12:39vous ouvrez les vannes
01:12:41et vous nous mettez
01:12:43en pré-retraite
01:12:44c'est un accord
01:12:45que vous avez approuvé
01:12:45en pré-retraite
01:12:46un certain nombre de gens
01:12:46oui
01:12:47dans des conditions
01:12:48très particulières
01:12:49et avec
01:12:51les limites
01:12:52que les partenaires sociaux
01:12:53ont mis à ce dispositif
01:12:54enfin
01:12:55on ne va pas passer
01:12:55trop longtemps
01:12:57sur cette question
01:12:57qui est annexe
01:12:58attention
01:12:59vous allez de toute façon
01:13:01enfin c'est votre souhait
01:13:02créer des emplois supplémentaires
01:13:04vous réduisez
01:13:05le coût de 11%
01:13:06je veux bien
01:13:07en plus
01:13:08je lis dans les annexes
01:13:10du programme socialiste
01:13:11le fait
01:13:11que l'entreprise
01:13:12va gagner
01:13:13on a des annexes
01:13:16je suis comme vous
01:13:16j'essaye d'aller au fond des choses
01:13:18vous en êtes déjà
01:13:19à nos annexes
01:13:19on voudrait la maison principale
01:13:21vous ne serez pas déçus
01:13:236
01:13:24on me dit
01:13:25oh ben l'entreprise
01:13:26elle peut
01:13:26une fois qu'on a révélé
01:13:27le temps de travail
01:13:28tout le monde travaille mieux
01:13:29c'est parfait
01:13:29et donc automatiquement
01:13:31on a 5%
01:13:32ou moins
01:13:33de productivité
01:13:34bon
01:13:35il reste quand même
01:13:374
01:13:385%
01:13:39de coût supplémentaire
01:13:40et je reviens toujours à ma démonstration
01:13:42les produits français
01:13:44sont 4%
01:13:455% plus chers
01:13:46dans certaines branches
01:13:47il y en a jospin
01:13:48c'est acceptable
01:13:49dans d'autres branches
01:13:50c'est la mort
01:13:52d'entreprises
01:13:53programmées
01:13:53alors
01:13:54je réponds
01:13:54vous répondez
01:13:55et on le dit tout de suite
01:13:57pour être sûr
01:13:58qu'on pensera bien à en parler
01:13:59il y a ensuite
01:14:00vous aviez annoncé
01:14:01dans vos objectifs
01:14:02la répartition des sacrifices
01:14:04qui fait les efforts sur quoi
01:14:06vous répondez là-dessus
01:14:07ben oui parce que c'est important
01:14:08alors très brièvement
01:14:09la méthode
01:14:11la méthode et le rythme
01:14:12la méthode
01:14:13c'est une loi cadre
01:14:14cette loi cadre
01:14:16fixe des principes
01:14:17et permet
01:14:18et permet
01:14:18d'ouvrir
01:14:20la méthode
01:14:21et le rythme
01:14:23ouvre une loi cadre
01:14:24et cette loi cadre
01:14:25permet que s'ouvrent
01:14:26des discussions
01:14:27dans les branches
01:14:27et dans les entreprises
01:14:28donc les solutions
01:14:29qui sont recherchées
01:14:30ne sont pas forcément
01:14:32uniformes
01:14:32je le précise
01:14:33elles sont négociées
01:14:35et ça donne d'ailleurs
01:14:36enfin peut-être
01:14:37à ce syndicalisme français
01:14:39qui le souhaite
01:14:40si vous voulez
01:14:40des occasions de discuter
01:14:42par exemple
01:14:42sur la diminution
01:14:43de la durée du travail
01:14:43mais aussi par exemple
01:14:45sur les salaires
01:14:45c'est pourquoi je propose
01:14:46une conférence salariale
01:14:47annuelle
01:14:48le rythme
01:14:51je termine d'un mot
01:14:52donc vous pourrez
01:14:53le faire
01:14:54presque
01:14:54le rythme
01:14:55c'est
01:14:56on annonce
01:14:57cette disposition
01:14:58elle se fera
01:14:59en deux ou trois ans
01:15:00les entreprises
01:15:01qui veulent le faire
01:15:02plus vite
01:15:02peuvent recevoir
01:15:03elles des incitations
01:15:04et donc peuvent être aidées
01:15:06et nous pouvons
01:15:07très bien prendre en compte
01:15:08les préoccupations
01:15:09particulières
01:15:10de tel ou tel secteur
01:15:11ou de tel ou tel
01:15:12niveau d'entreprise
01:15:13par exemple
01:15:14PMI, PME
01:15:14s'escoffe
01:15:15cette méthode sous
01:15:16loi cabre
01:15:18négociation
01:15:18et puis ensuite
01:15:19une loi pour
01:15:20clore l'exercice
01:15:21alors vous définissez
01:15:23l'exercice d'en haut
01:15:24fixer un objectif
01:15:25selon le gouvernement
01:15:26je veux dire
01:15:27si un gouvernement
01:15:28ne fixe pas des objectifs
01:15:29des perspectives
01:15:30on n'est pas dans une économie
01:15:32étatisée
01:15:32et chaque entreprise
01:15:34chaque branche professionnelle
01:15:35est là
01:15:36c'est contrainte
01:15:37nous sommes dans une économie mondiale
01:15:39qu'est-ce que c'est que ça
01:15:40vous n'allez pas
01:15:41vous caricaturez pas
01:15:41je ne vous ai pas interrompé
01:15:42ne m'interrompez pas
01:15:43ce sera très vite
01:15:44non mais j'ai dit
01:15:44surtout qu'on va vers la fin
01:15:45on va vers le temps fixe
01:15:46on fixe des principes
01:15:47elle est plus dans haut
01:15:5039 heures payez 35
01:15:51alors après chacun suit son rythme
01:15:53etc
01:15:53et tant pis pour ceux qui
01:15:54exposaient la concurrence internationale
01:15:56n'ont aucune marge
01:15:57Lionel Jospin
01:15:58c'est à cela que je pense
01:15:59et c'est à ces salariés
01:16:00que je pense
01:16:00alors maintenant chacun
01:16:02vous exposez brièvement
01:16:04très très court
01:16:04parce que le débat s'achève
01:16:07votre thèse sur le partage
01:16:09des sacrifices
01:16:09et Jacques Barraud
01:16:11vous répondra ensuite
01:16:12avant de nous quitter
01:16:13j'ai entendu
01:16:16là encore
01:16:17monsieur Balladur hier
01:16:18je pense qu'il est assez représentatif
01:16:19de ce que pense la majorité
01:16:20en tout cas je vais le savoir
01:16:22et le thème constant
01:16:23qu'il a développé
01:16:24ça a été le thème
01:16:26de la liberté
01:16:28et moi au nom de
01:16:29ce principe que j'affirmais
01:16:31répartir les efforts
01:16:32répartir les sacrifices
01:16:33s'il y a des sacrifices
01:16:34et répartir les gains
01:16:35je voudrais quand même
01:16:36un petit peu démystifier
01:16:38ce thème de la liberté
01:16:38et je le ferai à partir
01:16:39de deux exemples concrets
01:16:41pour que ce soit clair
01:16:41le premier c'est le suivant
01:16:44liberté
01:16:45mais liberté pour qui ?
01:16:47je vais prendre l'exemple
01:16:48d'une caissière
01:16:49face à une direction
01:16:50de grand magasin
01:16:52femme
01:16:52deux enfants
01:16:53ou femme
01:16:54d'une famille monoparentale
01:16:55à qui on dit
01:16:57madame
01:16:58vous travaillerez
01:16:59parce qu'il y a une nocturne
01:17:00de 18h
01:17:01à 22h
01:17:02vendredi soir
01:17:04on lui dira éventuellement
01:17:05madame
01:17:06vous travaillerez
01:17:0712h samedi
01:17:08puis vous rentrez chez vous
01:17:09mais il faut revenir
01:17:102h
01:17:11lundi matin
01:17:13et puis
01:17:14cette dame
01:17:14souvent elle habite
01:17:15la Seine-et-Marne
01:17:16ou en tout cas
01:17:16la banlieue
01:17:17parce qu'elle n'a pas
01:17:17moyen de payer
01:17:18des loyers à Paris
01:17:19mais
01:17:19elle faut qu'elle vive
01:17:21il faut qu'elle nourrisse
01:17:22sa famille
01:17:23ou il faut qu'elle gagne
01:17:24un salaire
01:17:24et donc elle est obligée
01:17:26d'accepter les horaires
01:17:27que parfois
01:17:28monsieur Barrault
01:17:28vous le savez vous
01:17:29et vous êtes un homme
01:17:31scrupuleux
01:17:31je le crois
01:17:32qu'on lui fixe
01:17:33parfois la veille
01:17:33il y a normalement
01:17:34un délai de prévenance
01:17:36comme on dit
01:17:37qui doit être de 7 jours
01:17:38dans le droit du travail
01:17:38souvent ça n'est pas respecté
01:17:40je dis à monsieur Balladur
01:17:42et je dis à la majorité
01:17:43qu'est-ce qui est libre là
01:17:44la direction du magasin
01:17:46est libre de fixer
01:17:47librement ses horaires
01:17:48au nom de la compétition
01:17:49ou de la baisse des coûts
01:17:50mais la caissière
01:17:51elle
01:17:52elle n'est pas libre
01:17:53alors réponse de Jacques Barrault
01:17:54parce que c'est Jacques Barrault
01:17:55qui est là
01:17:55et pas Édouard Balladur
01:17:56et donc je veux dire
01:17:57que la liberté
01:17:57ça ne doit pas être
01:17:58la flexibilité
01:17:59la dérégulation
01:18:00c'est aussi en faisant
01:18:02appliquer des règles de droit
01:18:03en respectant le droit du travail
01:18:04que souvent on crée des emplois
01:18:06la liberté
01:18:06elle doit être pour tous
01:18:07et la liberté pour tous
01:18:09ça s'appelle comment
01:18:10ça s'appelle l'égalité
01:18:11alors Jacques Barrault
01:18:12monsieur Jospin
01:18:13j'ai obtenu déjà
01:18:14d'une branche professionnelle
01:18:16dans le commerce alimentaire
01:18:18une régulation
01:18:21de ses horaires
01:18:22et je prépare un texte
01:18:23parce que je trouve
01:18:24que ça ne va pas assez vite
01:18:25et je vous le dis tout de suite
01:18:26je saisirai
01:18:27avec l'accord du premier ministre
01:18:29le parlement
01:18:30d'un texte
01:18:31qui va notamment
01:18:33interdire tous ces abus
01:18:34en temps partiel
01:18:35car le problème de la caissière
01:18:37je suis d'accord avec vous
01:18:38il faut le résoudre
01:18:40alors votre deuxième exemple
01:18:41mais pour ça monsieur Barrault
01:18:42c'est une raison
01:18:43juste quand même
01:18:43parce que c'est très important
01:18:44et je suis
01:18:45et pour cela
01:18:46il faut aussi donner plus de moyens
01:18:48à l'inspection du travail
01:18:49si vous n'avez pas assez
01:18:50d'inspecteur du travail
01:18:51la réalité n'est pas contrôlée
01:18:53c'est ça le problème souvent
01:18:54petit mot de conclusion
01:18:55de conclusion
01:18:56sur l'ensemble de la démonstration
01:18:59et du débat
01:19:01et bien je l'ai dit
01:19:02je pense que
01:19:04je suis heureux
01:19:05que le débat se mène
01:19:06quand même
01:19:06beaucoup autour
01:19:07des projets
01:19:08et des idées socialistes
01:19:09ça prouve qu'il y en a
01:19:10ça prouve qu'il y a une volonté
01:19:11il y a une détermination
01:19:14deuxièmement
01:19:14j'ai entendu un discours
01:19:16qui a toujours été un discours
01:19:17de flexibilité
01:19:19dérégulation
01:19:19je pense que ça ne fait pas
01:19:21le compte de chacun
01:19:22et qu'il faut rééquilibrer
01:19:23notre modèle économique
01:19:24et social
01:19:25et troisièmement
01:19:26ce que j'ai entendu aussi
01:19:27c'est constamment un discours
01:19:28d'adaptation
01:19:29de la France
01:19:30au monde international
01:19:31je suis d'accord
01:19:32pour que cette adaptation
01:19:33se fasse
01:19:34mais pas si c'est une adaptation
01:19:35en fonction des normes sociales
01:19:37ou des normes économiques
01:19:38ou des normes politiques
01:19:39qui existent dans un certain nombre
01:19:40de pays d'Asie du Sud-Est
01:19:41donc adapter la France
01:19:43oui
01:19:43mais faire que la France pèse
01:19:45fasse respecter son modèle
01:19:47et le fasse à travers
01:19:48notamment
01:19:48l'action de l'Europe
01:19:50la détermination de l'Europe
01:19:51et on ne voit pas
01:19:52des lents donnés à l'Europe
01:19:54par la politique française
01:19:55actuellement
01:19:55ça me paraît tout à fait
01:19:57essentiel
01:19:57on ne s'adapte pas
01:19:59en subissant les règles des autres
01:20:00quand elles nous ramèneraient
01:20:01en arrière
01:20:02pour le plan social
01:20:03réponse et conclusion
01:20:04de Jacques Barrault
01:20:05d'abord
01:20:05avec un peu d'humour
01:20:08franchement
01:20:09votre programme aurait été
01:20:10meilleur
01:20:11si à l'Assemblée nationale
01:20:12notamment
01:20:13les parlementaires socialistes
01:20:15veuillez bien
01:20:16écouter un peu
01:20:17ce que l'on veut faire
01:20:18notamment quand on transfère
01:20:20la CSG
01:20:21les cotisations salariales
01:20:23sur la CSG
01:20:23franchement
01:20:24revoyez votre affaire
01:20:25parce que les retraités
01:20:26et les revenus de remplacement
01:20:29tels que vous avez
01:20:30conçu de les solliciter
01:20:31oh là là
01:20:31oh là là
01:20:32revoyez au moins
01:20:33alors
01:20:33deuxièmement
01:20:34donc il ferait mieux
01:20:35vous dites
01:20:36le débat se noue
01:20:38autour du programme socialiste
01:20:395% de retraités supérieurs
01:20:42reconservés
01:20:42et encore faiblement
01:20:43on y reviendra
01:20:44comme le berger
01:20:45à la bergère
01:20:45je vous dis
01:20:45mais regardez ce qu'on fait
01:20:47au moins
01:20:48vous aurez
01:20:48quand vous copiez
01:20:49vous verrez des choses
01:20:50vous ferez des choses
01:20:51peut-être encore plus malignes
01:20:52que nous
01:20:53plus imaginatives
01:20:53peut-être
01:20:54mais au moins
01:20:54vous ne ferez pas de sottises
01:20:56deuxièmement
01:20:56je vous dis franchement
01:20:57moi j'y suis très attaché
01:20:59au modèle
01:20:59on mettra un peu moins de gens
01:21:00dans la rue
01:21:00au modèle social français
01:21:01en matière de sottises
01:21:02oh mais je ne voudrais pas
01:21:03vous avez employé le mot sottises
01:21:05vous êtes là pour faire
01:21:06un programme de gouvernement
01:21:06et pas nécessairement
01:21:07un programme électoraliste
01:21:08et moi je suis là
01:21:09pour faire une politique
01:21:10pour le devenir de la France
01:21:12ceci étant dit
01:21:12vous tenez au modèle social français
01:21:15moi j'y tiens beaucoup
01:21:15je voudrais qu'il devienne
01:21:16le modèle social européen
01:21:17mais nous ne le construirons pas
01:21:19dans l'ignorance
01:21:20de la rue de compétition
01:21:22qui attend ce pays
01:21:23et qui attend la jeune génération
01:21:25il faut lui dire la vérité
01:21:26c'est pas la peine
01:21:27de lui dire
01:21:29beaucoup moins de travail
01:21:31et aussi bien payé
01:21:32il faut lui expliquer
01:21:34qu'on fera mieux
01:21:35pour les travailleurs
01:21:37pour les salariés
01:21:38mais qu'on le fera
01:21:39en évitant
01:21:40de mettre la France
01:21:41et son économie
01:21:42en situation de faiblesse
01:21:43c'est capital
01:21:44cette compétition
01:21:45se fera autour du savoir
01:21:47autour de la formation
01:21:48autour de la recherche
01:21:49et la priorité
01:21:51à l'éducation
01:21:51et à la recherche
01:21:52n'est plus la priorité
01:21:53de ce gouvernement
01:21:54Jacques Barraud
01:21:55vous remercions
01:21:55d'être venu participer
01:21:57à ce débat
01:21:57il y en aura d'autres
01:21:58parce que c'est une période électorale
01:22:00si j'ai bien compris
01:22:00qui commence
01:22:01ça peut être mieux
01:22:02qu'une période électorale
01:22:02ça peut être une période
01:22:03de débat démocratique
01:22:05ce que je voulais vous dire
01:22:05c'est une période électorale
01:22:06ça peut aussi servir
01:22:08effectivement au débat
01:22:09et au dialogue
01:22:09ce que nous ferons
01:22:10comme le dit Alain
01:22:10je répète
01:22:12pour vous montrer
01:22:12que notre accord est total
01:22:13merci Jacques Barraud
01:22:15merci
01:22:15je dis au revoir
01:22:16et maintenant nous allons
01:22:17revenir juste un instant
01:22:20sur le passé
01:22:28voilà c'est un moment d'émotion
01:22:30Lionel Jospin
01:22:30regardez
01:22:31vous vous souvenez sûrement
01:22:32c'était le soir
01:22:33du premier tour
01:22:34de l'élection présidentielle
01:22:38de l'élection présidentielle
01:22:41de l'élection présidentielle
01:22:41de l'élection présidentielle
01:22:43dans ce premier tour
01:22:44il n'est pas le plus
01:22:46il n'y a pas le plus
01:23:09Bon, c'était évidemment des images de Serge Moëtty.
01:23:12C'est votre meilleur souvenir politique ou pas ?
01:23:17Oui, c'est un grand souvenir.
01:23:19Se confronter à...

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