00:00Circulation. Moi, ma crainte, c'est la raison pour laquelle, depuis hier, j'ai proposé l'instauration d'un état
00:06d'urgence.
00:07Ma crainte, c'est qu'on tape trop peu et trop tard. Et plus on mobilisera des moyens puissants pour
00:17rédablir l'ordre public,
00:18plus il faudra monter, justement, dans la force de ces moyens.
00:23Ces hésitations-là, je pense, peuvent créer, non pas un appel d'air, mais en tout cas, elles peuvent envoyer
00:29des signaux de faiblesse de l'État.
00:31Je pense que l'état d'urgence, c'est aujourd'hui qu'il faut le prendre, d'autant plus qu
00:35'on a bien vu hier que les troubles se poursuivaient dans l'après-midi.
00:40Et surtout, on est avertis, on sait qu'il y aura au moins un acte 2. Et d'ailleurs, une
00:45autre date a été annoncée le 5 novembre.
00:48Donc, il faut un état d'urgence, je l'ai dit. L'état d'urgence permet de réagir très vite,
00:53donne aux préfets des moyens importants,
00:55en termes de perquisition administrative, en termes d'assignation, en termes de circulation, en termes d'interdiction de manifestation.
01:03Et je pense qu'il faut le faire dès maintenant et, dans un autre temps, faire entrer dans la loi
01:08ce que j'ai indiqué tout à l'heure,
01:11pour faire en sorte, par exemple, en matière de déchéance de nationalité, quand on a des binationaux, pays qui sont
01:18des violents,
01:18qui agressent les gendarmes ou des policiers, quand on est un binational, on doit pouvoir, autre exemple, être déchu de
01:25la nationalité française.
01:26On n'a pas le droit de créer des apatrides, mais quand on a deux nationalités, on ne crée pas
01:30d'apatrides.
01:31— Bonjour, M. Retailleau et Edgar Becket pour BFMTV. Vous l'avez dit, la coordination des Gilets jaunes annonce un
01:38acte 2 samedi prochain.
01:40Vous, qui avez été ministre de l'Intérieur, qu'est-ce que vous demandez à l'État pour faire face
01:44à d'éventuelles nouvelles violences ?
01:45Et est-ce que vous demandez, par exemple, des interdictions de rassemblement samedi prochain ?
01:50— Bien sûr. Mais vous voyez, les interdictions... Là, on n'est plus... En plus, on est sur une scène
01:58qui n'est pas seulement parisienne, qui est nationale.
02:00Souvent, ce sont les préfets qui les prennent par arrêté. Très fréquemment, elles sont contestées devant la juridiction administrative.
02:08Mais là où il y a une très grande différence, c'est que quand vous avez un État d'urgence
02:13qui est décrété, il est décrété sur une base légale que donne la loi d'avril 1955.
02:21Et du coup, il est beaucoup plus difficile à un tribunal administratif de défaire ce qu'un préfet aura fait.
02:27Vous voyez ?
02:28— Donc là encore, tout se tient. Et je pense très franchement qu'en matière de ordre public, quand on
02:35laisse les choses dériver, quand on essaie d'y aller graduellement,
02:40au bout du compte, on risque d'encourager la violence. Il vaut beaucoup mieux prendre tout de suite un certain
02:46nombre de moyens les plus puissants possibles.
02:49Bloquons tout. J'avais mobilisé à l'époque 89 000 policiers. J'ai appris hier. Je les avais d'ailleurs
02:55annoncés avant. J'avais annoncé qu'au sortie de métro, il y aurait des fouilles.
02:58J'avais demandé à la gendarmerie nationale de mettre ces blindés bien en vue. Et j'avais même d'ailleurs
03:03fait le matin même une conférence de presse devant un de ces centaures.
03:08Donc voilà. C'est un rapport de force. C'est un rapport de force. Et j'ai le sentiment qu
03:14'aujourd'hui... C'est d'ailleurs sans doute ce qui a émené le président de la République à parler d
03:19'empathie.
03:19J'ai le sentiment qu'en réalité, l'État hésite à s'emparer de la force légitime. Et à chaque
03:28fois qu'il y a hésitation, vous donnez du terrain d'avance aux délinquants.