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  • il y a 2 heures
Violences, dégradations, débordements : les manifestations de ce week-end ont été marquées par des incidents dans plusieurs villes de France, notamment à Marseille, où l'hôtel de ville a été pris pour cible. Comment expliquer ces débordements ? Les autorités ont-elles été à la hauteur ? Et comment éviter que de telles scènes se reproduisent ? Le maire dénonce un manque d'anticipation et des moyens policiers insuffisants. Benoit Payan est l'invité d'Anne-Sophie Lapix dans RTL Soir.
Regardez L'invité d'Anne-Sophie Lapix du 19 octobre 2026.

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Transcription
00:02Anne-Sophie Lapix, c'est RTL Soir.
00:07Notre grand invité est le maire de Marseille, Benoît Payan. Bonsoir.
00:11Bonsoir.
00:12Votre ville est sous couvre-feu depuis midi, c'est la préfecture qui l'a annoncé ce matin.
00:17A quoi ça ressemble le couvre-feu à Marseille concrètement ?
00:20Au moment où je vous parle, à rien.
00:23A rien.
00:25Qu'est-ce qui est interdit ? Qu'est-ce qui se passe ?
00:27Je ne sais pas. Je ne peux pas vous le dire. Il ne se passe absolument rien.
00:33Des gens sont évidemment aujourd'hui assez tranquillement dans la rue.
00:37Je n'ai pas plus d'informations au moment où je vous parle que ça.
00:42Il y a un couvre-feu dans votre ville et vous me dites qu'il ne se passe rien.
00:46Je suis à la fenêtre de ma mairie et je vois des gens dans la rue.
00:50Donc je pense qu'il doit y avoir un couvre-feu partiel.
00:53Je vois des camions de CRS stationnés depuis 3-4 heures sur le Vieux-Port au moment où je vous
01:01parle.
01:01Et rien de plus. Mais ce n'est pas ce qui m'intéresse.
01:04Ce qui m'intéresse, c'est d'avoir des réponses sur ce qui s'est passé.
01:07Ce qui m'intéresse, c'est de comprendre ce qui s'est passé.
01:09Bien sûr.
01:10On va en parler, mais c'est quand même très étonnant quand on est le maire de la ville
01:13de ne pas être informé d'un couvre-feu mis en place par la préfecture.
01:17C'est en tout cas un couvre-feu informé ou pas informé.
01:20Je ne comprends pas à quoi il sert pour tout vous dire au moment où je vous parle.
01:23Je pense que les Marseillaises et les Marseillais attendent d'autres réponses
01:27et des réponses immédiates sur ce qui s'est passé pour que ça ne se reproduise pas.
01:31Et ce n'est pas le couvre-feu partiel qui va apporter le moindre début de commencement d'une réponse.
01:38Et ce n'est pas le couvre-feu qui empêchera ce qui s'est passé ce week-end
01:44de se reproduire le week-end prochain.
01:47Vous dites que vous êtes actuellement dans votre mairie.
01:50Vous avez eu peur, vous, face à une situation hors de contrôle.
01:53Il y a eu une intrusion dans l'hôtel de ville.
01:55Non, je n'ai pas du tout eu peur pour moi.
01:57J'ai eu peur pour les Marseillaises, j'ai eu peur pour les Marseillais.
02:00J'ai eu peur pour les manifestants, j'ai eu peur pour les forces de l'ordre.
02:03J'ai eu peur pour l'idée que je me fais de la République.
02:04Ce que j'ai vu, c'est des scènes de chaos dignes d'un pays du tiers-monde,
02:09pas de la sixième puissance du monde, pas dans la deuxième ville de France.
02:13Ce que j'ai vu, c'est des forces de l'ordre en sous-effectifs chroniques.
02:20Ce que j'ai vu, c'est des forces de l'ordre dépassées, mal équipées, mal employées.
02:27Ce que j'ai vu, c'est des forces de l'ordre essayer de circonscrire une manifestation
02:33pendant qu'au même moment, à quelques mètres de là,
02:37des centaines et des centaines de vandales, de casseurs, de voyous,
02:42éventraient des commerces, pillés, cassés, brûlés.
02:46Ce que j'ai vu, c'est des pompiers livrés à eux-mêmes,
02:49essayant d'éteindre des incendies avec un courage exemplaire,
02:53et je veux leur rendre hommage.
02:54Ce que j'ai vu, c'est la police municipale que j'ai dû faire sortir
02:57pour procéder à des interpellations, mais on y reviendra.
03:01Et ça, croyez-moi, madame, ça fait très mal au cœur.
03:04Quand j'ai vu la Marianne à terre, vous savez, la Marianne, elle ne m'appartient pas.
03:08Elle n'appartient pas à un camp, elle appartient à la République.
03:11Et celles et ceux qui ont fait ça n'avaient pas de revendications,
03:13si ce n'est de casser, si ce n'est de détruire.
03:16J'espère, au moment où je vous parle, qu'ils ont été interpellés.
03:19D'ailleurs, je n'ai toujours aucune réponse.
03:21Or, le Code de la Sécurité Intérieure devrait conduire les autorités à me dire ce qui se passe.
03:26Je ne sais pas s'ils ont été interpellés,
03:28ou si, c'était en début de matinée, en début d'après-midi,
03:32ou si ces gens-là ont été relâchés dans la nature et ont continué leurs exactions.
03:35Mais je ne comprends pas, vous avez l'air d'être boycottés de toutes parts,
03:40par la préfecture, par...
03:42Je ne suis pas boycotté par l'État, c'est-à-dire que j'ai eu le Président de la
03:47République,
03:48j'ai eu toute la journée de samedi, toute la journée d'hier,
03:52aujourd'hui, le ministre de l'Intérieur, le Premier ministre.
03:56Ensuite, peut-être qu'il y a, en effet, un manque de coordination,
03:59mais on y reviendra.
04:00Là, j'attends des explications,
04:03non pas de l'État local, mais du ministre de l'Intérieur,
04:06c'est-à-dire du supérieur des autorités locales.
04:08Parce qu'effectivement, vous vous êtes plaint, ce week-end,
04:10d'un manque d'effectifs des forces de l'ordre.
04:12Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, aurait dû se rendre à Marseille aujourd'hui.
04:15Il a finalement annulé sa venue, vous savez pourquoi ?
04:19Parce qu'il avait une réunion, mais je ne peux pas imaginer
04:21que dans les heures qui viennent, Laurent Nunez ne vienne pas à Marseille.
04:25Vous savez, s'il ne venait pas à Marseille, ce serait un déserteur.
04:28Or, je pense que Laurent Nunez n'est pas un déserteur.
04:31Et il nous a montré hier, en déposant sa démission sur le bureau du Président de la République,
04:36et c'est assez rare pour être souligné,
04:38que c'est quelqu'un qui avait du courage et un sens des responsabilités.
04:42Donc, je ne peux pas imaginer qu'il ne vienne pas à Marseille dans les heures qui viennent
04:45parce que j'ai besoin de vérité.
04:47J'ai besoin de réponses.
04:48Vous avez besoin de vérité de réponses ?
04:49J'ai besoin de lui poser des questions et j'ai besoin d'actes.
04:51Parce que la préfecture a annoncé ce week-end la présence de 30 000 pillards samedi.
04:57Oui, il y a vos.
04:57Un chiffre que Laurent Nunez n'a pas voulu remettre en cause ce matin.
05:01Mais là, je ne commente pas les choses qui sont farfelues.
05:07Certains de vos confrères sont en train...
05:09Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la police.
05:11Vous ne l'avez pas dit, vous, c'est des farfelues ?
05:13Ah oui, c'est moi qui le dis.
05:14Le 30 000, c'est farfelu.
05:16D'ailleurs, il n'y a pas que moi qui le dis.
05:18C'est d'abord la police qui le dit.
05:20Vous avez des confrères qui font du fact-checking,
05:25qui sont en train de démonter un chiffre qui est aussi abracadabrantesque que farfelu.
05:30Alors pourquoi ce chiffre a-t-il été brandi ?
05:33Parce qu'il permet peut-être de masquer l'incurie ou l'incapacité de maîtriser une situation.
05:41Vous imaginez bien que quand vous dites 30 000 personnes, la moitié du stade Vélodrome,
05:45Mme Lapix, 30 000 personnes, ça fait 15% de la population de 18 à 25 ans à Marseille.
05:51Mais qui peut croire à une fable pareille ?
05:53De toute façon, même si on avait eu 500, ça serait trop.
05:56Même si on avait eu 1000, ils ne seraient pas excusables.
05:59Pourquoi ils l'ont fait ?
05:59Il faut demander aux personnes qui ont avancé ce chiffre.
06:03Mais vous verrez que quand on aura eu un entretien avec Laurent Nunez,
06:09les choses seront remises, à mon sens, telles qu'elles doivent l'être.
06:13Quel était le profil des casseurs ?
06:15Est-ce que c'était des militants d'ultra-gauche, de jeunes lycéens ou des délinquants opportunistes ?
06:20Il y a eu de tout.
06:21Il y a eu de tout. Alors, les lycéens, certainement pas.
06:24Il y a eu, en effet, d'abord des Black Blocs qui ont commencé dès le matin.
06:29D'ailleurs, j'avais écrit moi-même à la préfecture des Boucherons, la préfecture de police,
06:33le vendredi, pour dire, attention, il y a sur la cannebière le commissariat central de police municipale.
06:40C'est un point stratégique. Je vous demande de veiller à l'ordre républicain.
06:44Je vous demande de maintenir l'ordre autour du commissariat.
06:47Évidemment, ça n'a pas été fait.
06:49Qu'est-ce qui s'est passé ?
06:50Ce qui s'est passé, c'est qu'il a été attaqué.
06:55Il a été massacré, incendié, en toute impunité.
06:59Il a fallu attendre plusieurs minutes pour que de longues minutes,
07:03mais il a quand même été massacré pour les forces de l'ordre.
07:06Vous dites que vous aviez tiré la sonnette d'alarme.
07:08Pourquoi on ne vous a pas entendu ?
07:09C'est un manque d'anticipation ?
07:12C'est de la négligence ? C'est quoi ?
07:14Je ne sais pas le qualifier pour l'instant.
07:16Je pense que le ministre va m'apporter les réponses.
07:19Moi, j'ai fait des demandes par écrit.
07:21Vous savez, les paroles s'envolent.
07:24Les écrits restent.
07:26Or, j'ai écrit que le 40 de cannebière risquait d'être attaqué.
07:30Et ce qui devait se passer, se passa.
07:32J'espère que les personnes, les vandales, les voyous
07:37qui sont entrés dans le 40 de cannebière
07:39et qui ont cassé, qui ont brûlé,
07:41qui ont tenté de mettre le feu à ce commissariat
07:44ont été interpellés au moment où je vous parle.
07:47Mais au moment où je vous parle, je n'en ai pas connaissance.
07:49Vous disiez hier que les casseurs étaient restés plutôt tranquilles sur BFM.
07:54Tranquilles ?
07:54Ce n'est pas exactement ce que vous décrivez.
07:56Non, mais c'est vos mots.
07:57Je reprends vos mots.
07:58C'est une dépêche AFP.
07:59C'est une dépêche AFP.
08:01Bon, écoutez, vous pensez que des casseurs, c'est tranquille, vous ?
08:04Pas du tout.
08:05C'est pour ça que je vous pose la question.
08:06Non, je n'ai pas vu cette dépêche AFP.
08:08Non, non, je vous parlais peut-être de l'intrusion dans la mairie
08:11en disant qu'en effet, dans la mairie,
08:13les choses n'ont pas été détruites.
08:14Dans la mairie, j'ai eu des tables retournées,
08:17j'ai eu quatre vitres cassées et une marionne à terre.
08:19Ce n'est pas acceptable.
08:20Mais ce n'est pas le commissariat.
08:22Le commissariat a été massacré.
08:24Juste un chiffre sur le nombre de commerces.
08:26Je veux juste savoir, par contre,
08:28c'est ce que je demanderai au ministre de l'Intérieur,
08:30si ces vandales, ces casseurs, ont été interpellés.
08:34Je l'espère, parce que si ce n'est pas le cas,
08:37ça veut dire qu'ils sont ressortis
08:38et qu'ils ont continué leurs exactions.
08:40Juste un chiffre, est-ce que vous savez le nombre de commerces
08:42qui ont été pillés à Marseille ?
08:45Probablement plusieurs centaines.
08:46Je vous parle, on n'a pas le chiffre exact.
08:48Probablement plusieurs centaines.
08:49De toute façon, un commerce, deux commerces,
08:51dix, c'est beaucoup trop.
08:53Merci beaucoup Benoît Payan,
08:55maire de Marseille, notre grand invité RTL
08:56au lendemain de ce week-end de pillage et de chaos.
09:00Merci beaucoup.
09:01Dans un instant, l'info qu'on a failli manquer
09:03de Florian Gazan.
09:04Toutes les images de manifs ne sont pas vraies
09:06et on vous aidera à vous y retrouver.
09:08Le petit phénomène des maguesselles,
09:10ce sont ces livres dont vous êtes le héros.
09:12Enfin, Tanguy Pastureau,
09:14défait l'info sur RTL.
09:18Bonne soirée sur RTL.

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