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00:00C'est en 18 semaines qu'on vous le disait, parole du représentant de l'État, le préfet des Alpes
00:04-Maritimes.
00:05Jean-Marie Girier nous a rejoint en studio suite aux violences commises à Nice en marge de la manifestation du
00:1017 octobre.
00:11Bonjour Monsieur le Préfet. Bonjour.
00:13L'État est mis en cause, les commerçants, les habitants, les élus reprochent un dispositif de maintien de l'ordre
00:18insuffisant ou inadapté ce week-end.
00:20Ma première question est simple, l'État a-t-il failli dans l'une de ses fonctions régaliennes, à savoir
00:25protéger les citoyens ?
00:26D'abord je voudrais dire le caractère insupportable de ce que l'on a vu et de ce que l
00:30'on a vécu.
00:32Et quand on termine avec des policiers blessés, quand on termine avec des commerces qui sont pillés et saccagés, c
00:38'est toujours une meurtrie.
00:39Mais ce week-end, aux moyens, étaient tous là. Tout ce qu'on a pu mettre, on l'a mis
00:44sur le terrain.
00:45Des policiers, des gens, des CRS. Et je pense qu'il faut faire attention à ne pas retourner les choses.
00:51Ceux qui ont cassé, ceux qui ont pillé, ce sont eux les responsables.
00:54Les policiers étaient présents et je veux leur rendre compte qu'ils ont eu beaucoup de sang-froid, beaucoup d
00:58'engagement.
00:58On s'est retrouvés à certains moments sur un coup-ci-point à défendre en même temps.
01:03A la fois des tentatives d'entrer dans le Negresco, des commerces qui venaient d'être cassés, dont il fallait
01:08tenir et qui nous fixaient des forces.
01:10Éviter des illusions techniques ou anissées.
01:12Et puis en même temps, des manifestants qui étaient là aussi pacifiquement, parce que c'était quand même la majorité
01:18et qu'il fallait continuer d'encadrer.
01:20Donc tout ça, ça a d'une certaine manière un peu dilué nos forces au cours de cet après-midi
01:23du samedi.
01:24Alors on est d'accord Jean-Marie Gérier, ce sont des sœurs qui ont détruit et pillé des vitrines.
01:28Mais pourquoi ont-ils pu le faire ?
01:30Pourquoi n'ont-ils pas été empêchés alors que des individus vêtus de noir, visage dissimulé, avec parfois même des
01:36lunettes de ski sur le visage, étaient en portage dès le début de la manifestation ?
01:40D'abord, ce que je voudrais dire, c'est que cette manière, elle a été déclarée.
01:44Et ceux qui ont appelé à la manifestation, ils ont une responsabilité énorme parce qu'ils ont offert la masse.
01:50Il n'y aurait jamais eu de casseur s'il n'y avait de manifestation.
01:53Et pourtant, les revendications sont légitimes et les lycéens étaient là.
01:55Oui, d'accord, mais manifester, c'est un droit en France.
01:56Sauf que devant J.D. Sport, quand on a des centaines de hauts qui sont, à la fin, c'est
02:02des milliers de personnes qui ont un véhicule de sapeur-pompier d'arriver, qui empêchent les CRS de bouger.
02:07Et quand on a à de nombreux endroits des démeutes, on dilue les moyens.
02:13Et c'est la difficulté que nous avons rencontrée samedi qui va nécessiter de nous articuler ce week-end.
02:17Alors, vous nous dites que tous les moyens que vous aviez à votre discussion samedi ont été déployés.
02:22Mais Nice a été prêt de panier de CRS au profit de Marseille en plus d'après-midi samedi, comme
02:28l'affirment certains responsables politiques, dont le maire.
02:31Je vais balayer très rapidement cette polémique.
02:33Oui, c'est vrai qu'on a une CRS qui est partie à Marseille.
02:36Et je crois que vous avez vu ce qui s'est passé à Marseille.
02:38C'est d'ailleurs incomparable à ce qui s'est passé à Nice.
02:41Par contre, dès que c'est parti, il y en a une autre qui est arrivée.
02:44Et d'ailleurs, il y avait des CRS.
02:46Elle est arrivée quand ?
02:47Elle est arrivée à peu près que 30 minutes après le début de la manifestation, dans le même temps que
02:53nous avions 48 gens également qui sont arrivés.
02:55Mais est-ce que c'était votre compagnie de CRS à partir, c'est au moment décisif où tout a
02:58basculé ?
02:59Vous savez, la compagnie de CRS, elle est partie à 13h.
03:02C'était une heure avant le début de la manifestation.
03:05L'autre CRS est arrivée à peu près à 14h40, c'est-à-dire au tout début de la manifestation.
03:12Les émeutes, les plus gros pillages, ils ont eu lieu aux alentours de 17h30.
03:16Ça a commencé avant ?
03:17Ça a commencé à faire des manifestations, les premières tensions, mais au gros des destructions, c'est la fin d
03:22'après-midi.
03:22Alors, il y a le nombre de forces de l'ordre.
03:25La technique, est-ce qu'une compagnie de CRS s'est adaptée face à des groupes de casseurs extrêmement mobiles
03:30?
03:30D'abord, on ne fait pas du maintien de l'ordre qu'avec une compagnie de CRS.
03:33Et je veux rendre hommage à tous nos policiers, notamment celui qui est gravement blessé, les 12 blessés.
03:38Vous avez à la fois des bacs qui sont en civil, vous avez à la fois ce qu'on appelle
03:42une compagnie départ totale d'intention,
03:45c'est une forme de CRS locale, des CRS, des équipes plus ou moins mobiles.
03:49Et puis, en plus de tous ceux qui sont sur le terrain, il y a l'Athènes de ceux qui
03:53gèrent plus d'une cent gardes à vue ce jour-là,
03:56qui font le travail judiciaire.
03:58Donc, c'est une mobilisation exceptionnelle.
04:00Mais malgré le dispositif que vous nous décrivez, est-ce que les forces de l'ordre n'ont pas été
04:04tout simplement dépassées samedi ?
04:06Ce que nous avons assisté est absolument inédit.
04:10Ces jeunes mineurs, ces personnes par centaines qui se sont attaquées, qui sont venues piller des commerces, c'était inédit.
04:18Et donc, oui, c'est un maintien de l'ordre qui a été difficile, je le rappelle, c'est près
04:21de 9 heures de maintien de l'ordre.
04:23C'est plus de 800 grenades qui ont éterré.
04:25Qu'est-ce qu'il faudrait faire différemment ?
04:26L'Amérique était attaquée en même temps que la promenade des Anglais, en même temps que les commerces.
04:30Donc, face à ça, nous devons être présent.
04:33Alors, ce qu'il faudrait faire différemment, c'est un des éléments qui vont interroger sur la manifestation de ceux
04:38-là.
04:39D'abord, une manifestation, il y a des organisateurs, il y a un service d'ordre.
04:43Et là, c'était le cas.
04:45Et donc, j'appelle déjà tous ceux qui ont des revendications apportées à leur rappeler qu'on peut le faire
04:50dans notre pays,
04:51mais qu'il y a un cadre pour ça.
04:52Et c'est pour ça qu'au milieu de la manifestation, j'ai appelé à ce qu'ils se désolidarisent
04:57des casseurs
04:58et à ce qu'ils mettent fin à notre manifestation pour nous permettre de culer avec les forces de l
05:02'ordre secours.
05:03Alors, sur les mesures mises en place, il y a aussi ce coup désormais pour les mines.
05:08Vous avez donné votre accord au maire, Éric Ciotti, qui prennent cette arrêtée municipale.
05:12Est-ce qu'il fallait en arriver là en pleine vacances scolaires ?
05:15On pense notamment aux jeunes de 17 ans qui veulent juste aller au cinéma, par exemple.
05:17On est trois colorations avec la mairie de Nice tout au long de ce week-end et hier encore.
05:23C'est jamais une mesure qui est prise avec plaisir à couvre-feu.
05:26Mais quand on est des enfants de 12 ans, de 13 ans, de 14 ans qui sont en train de
05:31tirer des mortiers sur des policiers,
05:33d'abord, que font les parents ?
05:35Et par ailleurs, ces enfants-là, ils n'ont rien à faire à 23h derrière une barricade rue Trachel.
05:39Et donc, il faut prendre ce jour.
05:41Et c'est ce qu'on a fait.
05:42Et à la fois, nous allons mettre en place des coups, mais il faut le rappeler aussi aux parents.
05:46Quand on sait qu'on a des manifestations, les enfants n'ont rien à faire en centre-ville et je
05:50le dis pour samedi.
05:52Et est-ce que le couvre-feu qui a été mis en place pour la première fois cette nuit a
05:56été efficace ?
05:57Est-ce que vous avez interpellé des jeunes qui n'avaient rien à faire dans la rue ?
05:59La nuit a été extrêmement calme.
06:02Et heureusement, parce que la veille, jusqu'à quasi minuit, nous avions des émeutiers en centre-ville.
06:08C'est un double signal.
06:09D'abord, c'est un signal aux parents.
06:11Je veux dire, les enfants vaut mieux qu'ils aient une mention au bac qu'une mention sur leur casicière.
06:15Donc, c'est le moment d'aller bosser.
06:17Ensuite, c'est un âge.
06:18En leur disant, c'est risqué.
06:20Ce n'est pas l'endroit où il faut être.
06:22Et par ailleurs, ça nous donne un outil pour des groupes qui nous permettent de les contrôler,
06:27de les ramener et puis d'appeler les parents en leur demandant de venir les chercher.
06:30Alors, ils risquent quoi ces mineurs s'ils se font trôler ?
06:33L'objectif d'abord, c'est qu'ils soient là et ensuite, si on les contrôle, on les récupère, on
06:39les ramène au poste.
06:40Et soit on les ramène chez eux, soit on rappelle les parents pour qu'ils viennent.
06:44Parmi les mesures que vous annoncez, il y a eu de possibles reconduites à la frontière des émeutiers qui ont
06:50des tirs de séjour.
06:51On rappelle qu'au global, il y a 110 personnes qui ont été placées en garde à vue sur tout
06:55le week-end.
06:56Pourquoi cette mesure ? Pourquoi punir plus fortement les étrangers ?
07:00D'abord parce qu'un tiers des interpellés sont des personnes étrangères.
07:06Et que quand vous êtes dans un pays qui a la chance de cueillir, vous en respectez les règles.
07:11Et donc, depuis plus d'un an, nous avons une mesure administrative qui permet d'aggraver ce qu'on appelle
07:17des dégradations de titres,
07:18de retraits de titres pour troubles à l'ordre public.
07:21Et donc, en fonction des décisions judiciaires, et je veux saluer le travail qui est fait par monsieur le procureur,
07:26parce qu'on a eu de la détention visoire, c'est un signal extrêmement fort.
07:30Pour ceux d'entre eux qui seraient condamnés, bien évidemment, nous ferons ensuite des mesures administratives.
07:36Vous savez, c'est ce qu'on fait par amène régulière lorsqu'on a des troubles à l'ordre public.
07:41D'autres échéances sont prévues le 5 novembre, voire déjà ceci dit à l'appel des gilets jaunes.
07:48Est-ce que vous allez interdire ces manifestations ?
07:52D'abord, je vais voir si elles sont déclarées.
07:54Et je veux m'adresser à tous ceux qui veulent manifester pacifiquement, qui ont des messages.
08:00Je pense à nos lycéens, à nos étudiants, à des militants syndicaux.
08:05Soit on est dans un endroit déclaré et maîtrisé,
08:08soit il faut faire attention à ne pas apporter la masse aux casseurs qui en ont moins pour opérer leurs
08:14effets.
08:15Mais ce n'est pas si simple de déclarer une manifestation, il faut qu'il y ait quelqu'un qui
08:20incarne le mouvement.
08:21Ce n'est pas forcément toujours le cas quand c'est des jeunes, des étudiants.
08:23Je vais vous le dire, la dernière manifestation des étudiants a été déclarée par une jeune étudiante d'un syndicat.
08:30Ils sont venus en préfecture accompagnés de quelques adultes.
08:32On a mis des règles, on a défini en cours, et cette manifestation, elle s'est bien déroulée.
08:37Donc c'est le exemple qui montre quand on fait les choses dans les règles, ça fonctionne.
08:41Donc si c'est déclaré le 5 novembre, vous autoriserez ?
08:44Mais si les conditions, si j'ai un service d'ordre qui est déclaré en cours,
08:49qui ne passe pas au milieu des commerces, que les choses sont extrêmement claires,
08:52et également nous regardons de ne pas avoir des éléments de risque,
08:56nous nous poserons cette question-là, mais aujourd'hui au regard des conditions,
08:59si elles ne devaient pas être déclarées, bien évidemment que j'interdirais tout rassemblement sur l'espace public.
09:04Et vous le dites ce matin sur ICI Azur, merci beaucoup.
09:07Merci.
09:07Jean-Marie Girier, préfet des Alpes-Maritimes, d'avoir répondu en direct à...
09:12Bonne journée.

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