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Longtemps exploités essentiellement en surface, les océans deviennent aujourd’hui une nouvelle frontière économique et stratégique. Les avancées technologiques ouvrent la voie à une exploitation sans précédent de leurs richesses, attisant les convoitises des États et des entreprises. Une nouvelle conquête qui pourrait bouleverser les rapports de force mondiaux, mais aussi accentuer les inégalités et soulever d’importants défis environnementaux. Dans son livre Océans. Le nouveau partage du monde, paru aux éditions Les Liens qui Libèrent, le journaliste Guillaume Pitron décrypte les enjeux de cette révolution encore largement invisible.
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00:04Après la guerre des métaux rares et l'enfer numérique, Guillaume Pitron publie Océans, le nouveau partage du monde.
00:10Paru le 14 octobre aux éditions Les Liens qui libèrent.
00:13Dans cette nouvelle enquête, le chercheur met en lumière un bouleversement encore largement invisible, l'industrialisation accélérée des océans.
00:22Ressources énergétiques, minerais, biotechnologies, infrastructures numériques, les océans deviennent une nouvelle frontière économique, industrielle et stratégique.
00:31Mais qui pourra tirer parti de ces richesses et puis à quel prix pour l'environnement ?
00:35Pour cela, je suis ravi d'accueillir Guillaume Pitron, bonjour.
00:38Bonjour Sybille.
00:39Vous êtes journaliste, chercheur associé à l'Institut des Relations Internationales et Stratégiques, donc l'IRIS.
00:45Comme je le disais, après avoir enquêté sur les métaux rares, les infrastructures numériques,
00:49qu'est-ce qui vous a conduit à vous intéresser aux océans et est-ce que c'est un prolongement
00:53de toutes ces enquêtes ?
00:54C'est un prolongement de nos précédentes enquêtes qui sont toujours consacrées aux ressources naturelles.
00:59J'aime bien interroger les grands récits technologiques à l'aune des ressources sans lesquelles ces technologies ne pourraient exister.
01:08Les technologies vertes, on peut les interroger en regardant, en s'intéressant aux métaux rares sans lesquelles elles ne peuvent
01:14pas évidemment être déployées.
01:15Idem pour les technologies numériques qui sont très matérielles.
01:19Et puis les océans, c'est en fait effectivement la continuité de cela, la continuation.
01:23C'est aussi un rapport que j'ai eu entre les mains, qui date de 2021, qui s'appelle l
01:27'accélération bleue.
01:28Ce rapport qui a été produit en Suède pointe en fait un phénomène inédit d'industrialisation des océans, c'est
01:35ce que vous avez dit.
01:35C'est-à-dire en fait une transformation, je dirais, anthropologique dans la relation de l'homme à la mer.
01:43L'homme a toujours exploité la mer, mais généralement la mer dans sa dimension unique qui est en fait la
01:49surface.
01:49Et ce que dit ce rapport, c'est que depuis quelques dizaines d'années, mais ça s'accélère depuis environ
01:53dix ans,
01:54il y a en fait une industrialisation au sens où on va exploiter toutes les dimensions de la mer, du
01:58sous-sol jusqu'au plafond, et ça c'est nouveau.
02:00Qu'est-ce qui a changé pendant ces dix dernières années, qui a soutenu cette grande accélération ?
02:06C'est en fait une révolution technologique, multifactorielle.
02:10On parle beaucoup de drones en Ukraine, mais on ne parle pas forcément des drones sous-marins,
02:13qui en fait sont une vraie technologie qui change la donne dans l'accès aux profondeurs,
02:18l'exploration des fonds marins et partant l'exploitation.
02:22Mais ce sont également les biotechnologies qui permettent de prélever de l'ADN et également de le transmuer en médicaments.
02:29Ce sont les médicaments du futur, ce sont pour partie des médicaments issus des ressources génétiques marines.
02:33On parle beaucoup des énergies marines renouvelables, les énergies marémotrices, houlomotrices,
02:38les vents marins qui permettent de produire de l'électricité décarbonée, les métaux, les matériaux, d'abord les minerais,
02:44c'est-à-dire le sable fait partie intégrante de nos systèmes industriels pour fabriquer, pour construire des immeubles.
02:50Mais on va de plus en plus aller vers les métaux sous-marins.
02:53Et donc en fait, tout d'un coup, si on met tout ça bout à bout,
02:55il y a en fait la diversité des ressources auxquelles on a accès, l'intensité avec laquelle on les exploite,
03:01et toutes les courbes d'exploitation montent, des hausses exponentielles d'exploitation.
03:05Et puis la profondeur et la distance auxquelles on va chercher ces ressources, tout ça c'est nouveau.
03:11C'est décuplé.
03:12Et c'est décuplé, et c'est ça qui permet en fait de dresser le tableau d'une industrialisation des
03:17océans.
03:18Ce mot est nouveau, il n'avait jamais été prononcé jusque-là,
03:20et c'est ça vraiment qui était nouveau et qui nécessitait de réaliser une enquête au long cours sur ce
03:27phénomène.
03:27Oui, vous avez mis trois ans à réaliser cette enquête, et vous êtes allé sur le terrain,
03:30vous dites finalement que ce n'est pas si visible à l'œil nu.
03:33Qu'est-ce qui vous a frappé sur le terrain en tant que chercheur, en tant que journaliste ?
03:37Qu'est-ce que vous avez vu ?
03:38Alors d'abord, ce qui est important dans les travaux que je réalise, tel que je le fais,
03:41c'est qu'évidemment il y a beaucoup de recherches et de l'investigation, mais il y a aussi beaucoup
03:44de reportages.
03:45Donc il y a des dizaines de pays visités.
03:47Et des mers aussi, parce que j'ai traversé l'océan Indien sur plusieurs bâtiments de guerre.
03:51Donc je dirais ce qui m'a étonné, c'est de me retrouver comme ça au milieu de l'océan
03:55Indien,
03:55en reportage sur une frégate et également sur un port-hélicoptère.
03:59Mais c'est de pêcher la morue au large de l'Islande.
04:02Bon, c'est absolument incroyable de se dire qu'on vit la vie d'un pêcheur,
04:06mais on la partage et puis on comprend aussi tous les enjeux économiques et géopolitiques autour de la morue,
04:11parce qu'on ne sait pas que la morue, c'est le poisson qui a changé la face du monde.
04:13Oui, c'est ça. En fait, derrière un poisson, il y a toute l'économie derrière.
04:16Il y a l'économie, puis en fait, il y a la redistribution des cartes du monde,
04:19puisqu'en fait, ce poisson va être à l'origine de la Convention de Montego Bay,
04:23qui va permettre de tracer les zones économiques exclusives.
04:26Donc ça fait partie de ces expériences étonnantes, mais je pourrais encore plus en parler,
04:31qui font que le terrain apporte une compréhension supplémentaire des choses.
04:35Et vous citez un chiffre, c'est ce de l'OCDE,
04:39donc l'économie maritime représente 2600 milliards de dollars de valeurs ajoutées brutes,
04:45ce qui en ferait la cinquième économie mondiale.
04:48Quelle est l'activité qui connaît aujourd'hui la plus forte croissance dans ces 2600 milliards ?
04:52D'abord, dans l'économie maritime, il y a beaucoup de choses.
04:54Il y a le fret. Donc le fret, aujourd'hui, explose,
04:57parce que la mondialisation, le monde ne se démondialise pas.
05:01Le monde se mondialise ou se remondialise différemment.
05:03Il continue à se mondialiser.
05:05Exactement. Et donc, en fait, comme on dit, la mondialisation prend le bateau.
05:07C'est le bateau qui permet la mondialisation, parce qu'il permet l'acheminement des hommes,
05:11mais également, surtout des marchandises, à des coûts très bas.
05:15Donc, c'est évidemment une part importante de ce qu'on appelle l'économie bleue,
05:18mais c'est aussi l'économie du tourisme, les croisats, les croisières en mer.
05:23Parmi les ressources qui sont le plus, aujourd'hui, qui connaissent la plus forte explosion de leur consommation,
05:28je dirais les ressources idiotiques, non plus précisément les ressources aquacoles,
05:31c'est-à-dire, en fait, la pêche de culture, l'élevage de poissons, de crustacés.
05:37Cette industrie aquacole connaît une croissance exponentielle.
05:40Le sable également, l'eau dessalée.
05:43On ne se rend pas compte à quel point l'eau dessalée devient importante dans nos systèmes industriels et agricoles.
05:47Donc, ça fait partie, je dirais, des quelques ressources qu'il faut suivre de près pour comprendre cette industrialisation à
05:52l'oeuvre.
05:53Et derrière, ce sont des acteurs, est-ce qu'il y a des acteurs privés qui, vous citez par exemple
05:59SpaceX,
05:59est-ce qu'il y a le SpaceX de l'économie bleue ?
06:02Oui, alors, il faut savoir que les États, aujourd'hui, n'ont pas les moyens seuls de déployer toute leur
06:07puissance en mer
06:08et de contrôler la mer, notamment contre les velléités d'un chalutier, pourquoi pas chinois,
06:13qui viendrait pêcher dans nos zones économiques exclusives.
06:15Donc, en fait, les États, pour tirer la meilleure partie de l'économie bleue,
06:19pour aussi faire acte de souveraineté en mer, ont besoin de supplétifs start-up, acteurs privés,
06:27pour pouvoir, en fait, contrôler les mers.
06:29Donc, ça passe notamment par des sociétés de satellites qui contrôlent les mers.
06:33Il y a des sociétés françaises qui projettent leurs yeux sur nos zones économiques exclusives.
06:37Et également, ce qu'on appelle des SpaceX, des abysses.
06:39On parle beaucoup de SpaceX parce que c'est le maillon stratégique qui permet d'envoyer des hommes et des
06:45marchandises
06:45au-delà de la couche de zone.
06:49Mais il y a pareil en mer, en fait, et sous les mers.
06:51Et en plus particulier, une société qui s'appelle Ocean Infinity,
06:54qui est une société britannique créée par des citoyens britanniques
06:59et qui, en fait, déploie ces armadas de drones sous-marins pour l'accès aux abysses.
07:03Et donc, les États, certains États, beaucoup d'États ont besoin d'Ocean Infinity
07:06pour pouvoir, eh bien, observer demain davantage exploiter la mer.
07:11Donc, c'est le miroir inversé de SpaceX.
07:13Mais au fond des mers, évidemment, personne n'en parle.
07:15On va revenir aussi sur la place de l'Europe.
07:18Parce que finalement, vous dites que l'Europe a plutôt une longueur d'avance.
07:21Mais pour comprendre, par ami, comment ça se passe au niveau des eaux internationales,
07:26justement, ce partage de la valeur ?
07:28Alors, en fait, d'abord, les États, quand ils ont compris qu'il y avait du poisson,
07:34des hydrocarbures, en 1982, se sont partagés les zones économiques exclusives.
07:38C'est-à-dire une bande de mer qui s'étend jusqu'à 370 km de nos côtes.
07:42Ça s'appelle les ZEE.
07:43Et ça, ça a été relativement bien organisé.
07:46Jusqu'à aujourd'hui, on se dispute encore quelques zones économiques exclusives.
07:49Mais globalement, ce partage s'est fait de façon très pacifique.
07:52Et c'est spécifiquement dans les ZEE qu'on trouve le poisson, qu'on trouve les hydrocarbures.
07:56Donc, le partage s'est fait, je dirais, en traçant les frontières.
07:59Et puis après, il y a ce qui se passe au-delà de ces frontières maritimes, quand elles sont tracées.
08:03C'est plus difficilement accessible aussi technologiquement aujourd'hui, mais qui vont le devenir finalement.
08:08Voilà. Et donc ça, c'est ce qu'on appelle la zone.
08:10C'est-à-dire, en fait, un bien commun de l'humanité.
08:11Là, vous avez notamment des agences de l'ONU, une agence de l'ONU qui s'appelle l'Agence internationale
08:16des fonds marins, la IFM,
08:18qui en fait se charge de distribuer des permis d'exploration et peut-être demain des permis d'exploitation à
08:26des États
08:26pour explorer et peut-être demain exploiter notamment les nodules polymétalliques,
08:30ces concrétions rocheuses très riches en eau, nickel, cobalt, manganèse, pour pouvoir accélérer la transition énergétique.
08:36Donc c'est le droit, ici, international encore, qui est censé s'appliquer, sauf que les Américains,
08:43et vous comprenez que c'est aujourd'hui une constante, malheureusement, dans la diplomatie américaine,
08:47font exploser ce cadre juridique-là en décrétant la distribution de ces explorations,
08:55de ces permis d'exploration et d'exploitation dans la zone internationale, quoi qu'en dise l'ONU sur ces
08:59questions-là.
09:00Donc ce seraient plutôt les Américains qui seraient en avance sur cette exploitation de cette zone-là,
09:03tandis que les Européens sur les zones plus proches du littoral ?
09:07En fait, les Américains, ils ne sont pas plus en avance technologiquement que les Européens, à mon avis,
09:11c'est juste qu'ils se donnent un droit que les Européens s'interdisent, pour des raisons environnementales.
09:14Les Européens disent, tant qu'il n'y a pas de code minier, tant qu'on ne sait pas exactement
09:17les dégâts qu'on va faire,
09:19eh bien en fait, on s'en remet finalement au droit international et à la diplomatie et à la discussion
09:23entre les partis.
09:25Les Américains disent, on n'en a rien à faire de tout cela, on y va.
09:28Donc les Américains, ils se donnent un droit, mais qui n'est pas sujet,
09:32enfin dépendant d'une capacité technologique, encore une fois, c'est juste qu'ils ne respectent rien.
09:38D'accord. Vous avez dit quelque chose de très intéressant,
09:40qui est du coup cette exploitation de minerais qui peut être utile,
09:42enfin qui est utile pour la transition écologique, énergétique,
09:47mais on se doute que j'imagine que cette exploitation n'est quand même pas très bonne
09:50pour en tout cas tout l'habitat, la biodiversité.
09:52Donc là, il y a une grande contradiction qui se fait au niveau de l'environnement.
09:55Il y a une contradiction de vouloir faire une transition propre en ayant recours à des métaux
10:02qui extraient des mers, risquent de créer, le deep sea mining,
10:06comme on dit, l'industrie des fonds mains risque de créer effectivement des dégâts colossaux.
10:10Aujourd'hui, il n'y a pas de consensus quant à ces dégâts.
10:12Vous avez des gens qui disent tout ira bien, d'autres qui disent tout ira mal.
10:16J'ai quand même un sentiment en écoutant notamment les scientifiques
10:19que le discours dominant qui ressort, c'est qu'on ne comprend pas aujourd'hui
10:24parce qu'on n'a pas assez cherché, on n'a pas assez de données
10:29les dégâts potentiels que l'on va créer en déployant des mines sous-marines.
10:33Et donc, il est urgent d'attendre que l'on ait mieux perçu
10:36tous les dégâts qu'on risque de causer
10:38avant de potentiellement donner une licence, accorder une licence d'exploitation.
10:43Donc, attendons avant de voir.
10:45Une sorte de principe de précaution en fait.
10:47Mais celle-ci, elle n'est pas forcément toujours appliquée ?
10:49Aujourd'hui, c'est appliqué.
10:50Aujourd'hui, l'AIFM, l'Agence internationale des fonds marins,
10:54n'a pas accordé un seul permis d'exploitation.
10:56Mais, on le disait tout à l'heure, les Américains se sont octroyés ce droit
10:59en passant outre le droit international.
11:02Et c'est là qu'effectivement, on est à l'aune d'une exploitation des métaux.
11:05C'est une entreprise canadienne en particulier qui s'appelle The Metals Company
11:08et qui attend, évidemment, que tout cet écosystème,
11:13que les éverrous sautent, réglementaires, technologiques,
11:17et que l'écosystème se structure et entend bien être un nouveau tycoon,
11:24un nouveau leader des profondeurs.
11:26Est-ce qu'on peut faire ce vœu pieux ?
11:28En tout cas, c'est très ingénieux de penser qu'aujourd'hui,
11:33vu qu'on a tellement conscience des enjeux écologiques,
11:36que peut-être que ces nouvelles entreprises qui vont se créer
11:38vont avoir quand même ça en tête,
11:40et des exemples, en tout cas, des chemins de route
11:43qu'il ne faudrait pas faire pour pouvoir exploiter les fonds marins ?
11:47Je n'ai pas de réponse définitive.
11:49Je vois juste de dynamiques qui peuvent paraître contradictoires,
11:52qui se superposent.
11:53D'un côté, dans le droit international, aujourd'hui,
11:56dans la zone au-delà des A2E,
11:58on a dit qu'on allait protéger 30% de la zone internationale.
12:01C'est-à-dire que la moitié de la surface de la Terre,
12:03qui est constituée de mer, celle-ci,
12:05va être à 30% protégée.
12:07On va mettre des aires marines protégées,
12:08ce qui est énorme.
12:09C'est dans le futur, ça, dans ces...
12:10C'est dès 2030, en fait.
12:12D'accord, oui.
12:12C'est une logique de conservation.
12:13Et dans le même temps,
12:14quand on parle de l'industrialisation,
12:16il faut se rappeler que l'industrialisation de la pêche,
12:19c'est 1% des navires de pêche
12:21qui s'arrochent 50% de la ressource,
12:2430% de la ressource alutique surexploitée aujourd'hui.
12:27Donc, si je transpose cette démarche, cette logique,
12:29cette dynamique d'industrialisation au reste des ressources,
12:31il y a de quoi être inquiet.
12:32Donc, je ne peux que vous mettre...
12:33Enfin, transposer, mais mettre côte à côte
12:36ces deux dynamiques.
12:37Des dynamiques de protection réelle
12:38et en même temps, une accélération industrielle.
12:41Je ne sais pas de quoi l'avenir est exactement fait,
12:43mais évidemment, on est inquiet
12:44quand on sait ce qu'on a déjà fait
12:46quand on parle d'industrialisation de la pêche.
12:48Et puis, l'Europe qui essaie toujours
12:49de répondre à des réglementations,
12:52des directives européennes
12:53que forcément, parfois, les États-Unis
12:54ou la Chine ou d'autres pays ne respectent pas.
12:57L'Europe s'impose des réglementations,
13:00mais ce qu'il faut savoir, c'est que malgré
13:02toutes les réglementations qu'elles s'imposent,
13:03l'Europe est encore une superpuissance bleue.
13:05En fait, ce que j'ai découvert dans ce livre,
13:06c'est que l'Europe a acquis une part substantielle
13:10des zones économiques exclusives.
13:12Et donc, en fait, des mondes marins en 1982.
13:16Elle détient des technologies...
13:18Elle est très en avance sur les technologies de drones,
13:21très en avance sur les technologies de satellites
13:23permettant d'exploiter les mers.
13:25L'Europe a un leadership dans les brevets
13:29sur les ressources génétiques marines.
13:31Donc, en fait, l'Europe est une superpuissance bleue.
13:34Elle est le fer de lance de la révolution bleue.
13:36Elle a raté la révolution verte.
13:37Elle a raté la révolution de l'IA.
13:40Et pourtant, elle est, à mon avis,
13:42le leader de la révolution bleue.
13:43Donc, qui dit réglementation européenne,
13:46sagesse européenne, si je puis dire,
13:47ne veut pas dire qu'on est à la traîne.
13:48En fait, on est en avance.
13:49On n'a pas forcément conscience de cette avance.
13:51Merci beaucoup, Guillaume Pitron, pour votre analyse.
13:54Je rappelle que vous êtes donc l'auteur de ce nouveau livre
13:56« Océans, le nouveau partage du monde »
13:58paru le 14 octobre aux éditions
14:00« Les liens qui libèrent ».
14:01Vous êtes journaliste et chercheur associé à l'IRIS.
14:04Et tout de suite, on passe à notre deuxième parole de dirigeant.
14:07« Les liens qui libèrent ».