00:00Justice fait-elle preuve de sévérité ? Les sanctions prononcées vont-elles dissuader les casseurs ?
00:04Paul Conch, ça fait deux jours que vous assistez aux audiences devant le tribunal judiciaire de Paris.
00:08Déjà, est-ce qu'il y a des profils qui vous ont particulièrement marqués ?
00:11Oui, ce qui frappe dans les profils qui comparaissent depuis avant-hier, ce sont des gens extrêmement jeunes.
00:16Beaucoup ont des emplois, sont insérés, ils n'ont pas de casier judiciaire pour la plupart.
00:20Je peux vous citer par exemple hier, il y avait un jeune homme de 21 ans qui était étudiant en
00:23BTS audiovisuel.
00:24Alors il est arrivé dans le box avec un cocard sous le gauche assez impressionnant.
00:28Il avait été interpellé sur la place de la Madeleine samedi.
00:31Il lui a été reproché d'avoir jeté des pavés sur les CRS, d'avoir contribué à monter une barricade.
00:35Alors lui, il a raconté une toute autre histoire.
00:37Il a dit qu'il s'était perdu en gaz lacrymogène, que les CRS avaient chargé, qu'il était tombé,
00:41qu'il avait été roué de coup au sol, d'où le cocard.
00:44Bon, il n'a pas été cru, il a pris six mois de prison avec sursis.
00:47Un autre cas aussi qui m'avait frappé, c'était celui de cet agent de sécurité de 23 ans.
00:50Lui, il a été jugé lundi, il avait été arrêté sur les Champs-Elysées pour avoir tiré des mortiers d
00:54'artifice sur des policiers.
00:56Lui, il avait coupé d'une peine sévère, deux mois de prison ferme et six mois avec sursis.
01:00C'était un primo-délinquant, un pas de casier judiciaire.
01:02Et puis d'autres profils aussi, aussi très jeunes, un Tunisien étudiant qui allait devenir ingénieur, très propre sur lui,
01:08qui parlait très bien.
01:09Il était venu seul samedi, s'est mêlé à un groupe d'émetiers.
01:11Il a tiré des projectiles sur les CRS, il n'arrivait pas à s'expliquer ce qui s'était passé.
01:15Il y a eu trois cas également de violences sur policiers.
01:19Il y a eu des sanctions là ? Hier, ouais.
01:20Il y a eu de la prison ferme ou pas ?
01:22Hier, non.
01:23Hier, je n'ai pas eu de cas de prison ferme sur des violences sur policiers.
01:27Alors j'étais dans une chambre, il y avait quatre chambres différentes au tribunal judiciaire de Paris.
01:29Une quarantaine de prévenus, moi j'en ai vu que sept, huit.
01:32Mais ce qui avait frappé le premier jour, c'est qu'effectivement des peines de prison ferme ont été appliquées
01:37à des jeunes gens qui parfois n'avaient pas de casier.
01:39Ce qui est extrêmement rare pour fréquenter les tribunaux judiciaires depuis un moment.
01:42Très franchement, ça n'arrive quasiment jamais.
01:44Grandes écoles, dans l'attente de leur procès, ils ont été placés en détention provisoire.
01:48Ça n'arrive quasiment jamais.
01:51Mais hier, c'était un peu différent.
01:53Pourquoi expliquer cette différence ?
01:54C'est que les procureurs demandent, requièrent systématiquement de la prison ferme.
01:58C'est la consigne de Gérald Darmanin.
01:59Les juges, le premier jour, on a l'impression qu'ils les ont suivis.
02:02Le second jour, hier, du coup, c'était un peu différent.
02:04Peut-être parce que dans certains cas, les policiers...
02:07Alors, les jeunes gens sont jugés pour des violences sur policiers.
02:09Il n'y a pas de blessés identifiés.
02:11Parfois, si on veut dire, sur une voiture de police.
02:13Mais enfin, s'attaquer à un symbole, on sait qu'évidemment, mille policiers...
02:17Ça vous fait réagir avec celle ronde, ça ?
02:18Oui, bien sûr, parce que nous, on demande des peines planchées quand on touche à un policier, tout simplement.
02:22Pourquoi pas même des courtes peines ?
02:24On sait qu'actuellement, l'arsenal n'est pas suffisant pour répondre à ce type d'événement.
02:29Nous, on est prêts pour des courtes peines, un mois, deux mois, réellement réalisées dans des centres spécifiques.
02:36Pourquoi pas ?
02:37S'ils sont mineurs, encore plus, des centres éducatifs réellement fermés avec un esprit militaire à l'intérieur.
02:42Il faut qu'il y ait une réponse.
02:44Du sursis ou deux mois de prison avec pas de mandat de dépôt, ça veut dire que vous ne partez
02:48pas en prison.
02:49Donc, au final, la réponse, elle est encore une fois en deçà.
02:52Parce qu'au final, la justice, elle-même, est sinistrée.
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