- il y a 32 minutes
Mickaël Rabouan, 34 ans, livreur de journaux, marié, père de trois enfants. A l'automne 2016, il est découvert à quelques pas de chez lui, dénudé, le crâne fracassé. Il s'apprêtait à divorcer. Il venait de révéler son homosexualité et depuis il faisait l'objet de menaces.
Depuis des semaines, il recevait des messages anonymes de menaces. Des mises en garde, des menaces de mort... Mais qui pouvait en vouloir à cet homme tranquille qui fuyait les ennuis ?
Retrouvez tous les jours en podcast le décryptage d'un faits divers, d'un crime ou d'une énigme judiciaire par Jean-Alphonse Richard, entouré de spécialistes, et de témoins d'affaires criminelles.
Depuis des semaines, il recevait des messages anonymes de menaces. Des mises en garde, des menaces de mort... Mais qui pouvait en vouloir à cet homme tranquille qui fuyait les ennuis ?
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00:0114h15, c'est l'heure du crime sur RTL, avec Jean-Alphonse Richard.
00:08Un étrange homicide dans le Maine-et-Loire, un père de famille retrouvé dénudé, frappé à la tête.
00:13Selon ses proches, cet homme de 34 ans était menacé depuis plusieurs semaines, harcelé au téléphone par des messages homophobes.
00:20La gendarmerie n'exclut aucune piste.
00:24Bonjour, Mickaël Rabouin, 34 ans, livreur de journaux, marié et père de famille.
00:30A l'automne 2016, il est découvert le crâne fracassé.
00:34Il s'apprêtait à divorcer, il venait de révéler son homosexualité et depuis, il recevait des menaces anonymes.
00:41Qui pouvait en vouloir à cet homme tranquille qui fuyait les ennuis ?
00:45Mickaël Rabouin, vengeance au pied de biche, l'heure du crime.
00:48Votre rendez-vous 100% fait divers, c'est tout de suite sur RTL.
01:00Samedi 19 novembre 2016, en fin d'après-midi, la mère de Mickaël Rabouin se présente à la gendarmerie de
01:07Vernante, une commune entre Angers et Tours.
01:11Elle vient signaler la disparition de son fils, 34 ans.
01:14Plus de nouvelles de lui depuis la veille.
01:16Il ne s'est pas présenté à son travail, il est livreur de journaux dans une petite société de messagerie.
01:23Mickaël Rabouin est marié, mais à l'instance de divorce, il a pris depuis peu un petit appartement.
01:29Son épouse, Béatrice Nancel, et leurs deux filles habitent à quelques kilomètres, à Vernoil-le-Fourrier.
01:37Béatrice est également sans nouvelles, même si leur couple est en cours de séparation, ils s'entendent bien, dit-elle.
01:43Mickaël vient régulièrement manger à la maison, la veille.
01:47Ils ont dîné en famille.
01:49Après le repas, elle et Mickaël ont fumé une cigarette sur le pas de la porte.
01:54Son mari est parti vers 20h15.
01:56Il lui a confié qu'il avait rendez-vous avec un homme dans la soirée.
02:00Mickaël est homosexuel.
02:02Il a fait son coming out il y a quelques mois, ce qui a provoqué la séparation.
02:07Même si Béatrice a accepté finalement ce changement d'orientation sexuelle.
02:13Mickaël partit, Béatrice est rentrée chez elle, elle a regardé la télé avec ses filles, puis tout le monde s
02:18'est couché.
02:18Le lendemain matin, à 8h30, il était prévu qu'elle passe chez lui.
02:23La porte n'était pas verrouillée.
02:25Elle a trouvé le logement vide, les clés et son portable étaient sur la table.
02:30Sa voiture stationnait dans la rue.
02:32Les gendarmes apprennent encore que la veille, Mickaël Rabouin a envoyé un texto à 20h49 précise à son meilleur ami
02:42William.
02:42Il disait se rendre à un rendez-vous.
02:44William lui a répondu.
02:46Mickaël lui a adressé un autre message pour l'avertir qu'il ne serait pas là du week-end.
02:54Le lendemain, dimanche 20 novembre, 13h15, le corps de Mickaël Rabouin est découvert par des amis inquiets partis à sa
03:04recherche.
03:05Il gît dans une maison abandonnée de Vernoil-le-Fourrier, baptisée la maison des Anglais en raison de la nationalité
03:12des anciens propriétaires.
03:13Mickaël repose sur le sol, le visage ensanglanté, tuméfié.
03:18Il est presque nu. Il ne porte que ses chaussettes et son slip dont le sexe dépasse.
03:24Des traces de sang sont visibles, le corps a été traîné.
03:28Les légistes décrivent un traumatisme facial, mais aussi un écrasement de l'os hyoïde et du cartilage thyroïdien, signe d
03:36'un étranglement.
03:37Selon les médecins, la victime a été frappée avec un objet lourd, une grosse matraque, une barre de fer ou
03:42encore de bois.
03:43Le décès serait survenu 6 ou 7 heures après le dernier repas, dans la nuit donc de vendredi à samedi.
03:53La maison abandonnée où a été retrouvé le corps de Mickaël Rabouin, au 20 rue des Petits Prêts, à Vernoil
04:00-le-Fourrier, est presque mitoyenne du domicile de l'épouse, rue des Amandiers.
04:05Il y a 8 mois, quand ils ont emménagé, Béatrice avait demandé à Mickaël de ne plus recevoir d'hommes
04:11chez eux.
04:11Ils se sont donc mis d'accord pour installer un matelas dans cette dépendance.
04:16Il s'y rendait de temps en temps, puis il a trouvé son propre studio.
04:20Depuis son coming-out, Mickaël Rabouin était un homme inquiet.
04:25Il recevait des menaces sur son portable.
04:29Un inconnu l'accusait d'être l'auteur de la mort de son frère.
04:32Il lui aurait transmis une MST lors d'un rapport non protégé.
04:37Le 20 octobre, Mickaël et son épouse avaient déposé plainte à la gendarmerie pour menace.
04:4215 jours avant sa mort, il avait eu les pneus de sa voiture crevés.
04:48Nouvelle plainte déposée.
04:51Très mauvais climat qui rienne donc autour de ce couple en instance de divorce,
04:55car même l'épouse est souvent destinataire de ces messages menaçants.
04:58C'est Mickaël qui ne cache plus son homosexualité et qui multiplie les rencontres.
05:05En tout cas, c'est ce que dit sa femme.
05:06C'est Mickaël qui est visé au point de se montrer de plus en plus sur ses gardes.
05:10Qui est donc derrière ces sinistres avertissements ?
05:14Qui est le corbeau qui persécute ce couple ?
05:18Eh bien, on va voir tout ça dans la suite de l'heure du crime.
05:21Pour l'instant, il faut revenir effectivement à Vernoil-le-Fourrier, dans le Maine-et-Loire.
05:26C'est là où on a découvert le corps.
05:30Bonjour Adrien Luneau.
05:31Bonjour M. Richard.
05:32Merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation de l'heure du crime.
05:35A l'époque, vous étiez substitut du procureur de la République d'Angers.
05:40Vous avez suivi évidemment toute cette affaire dès le début.
05:45Adrien Luneau.
05:47Mickaël Rabouin a été frappé avec force à la tête.
05:51Et puis d'abord, on l'a frappé par derrière.
05:53On s'est acharné sur lui sans doute quand il était au sol à moitié assommé.
05:58C'est ce que disent les légistes.
06:00La volonté, elle est évidente.
06:02C'est la volonté de tuer.
06:04Oui, tout à fait.
06:05L'autopsie qui a été pratiquée, elle laisse vraiment aucun doute sur ce point.
06:08Le crâne et le visage de la victime ont été littéralement fracassés.
06:11Il y a des coups multiples qui ont été portés avec force et avec un objet lourd.
06:16C'est ce qu'on voit dès le début.
06:17Donc, ce n'est pas une bagarre qui dégénère.
06:19Quand on frappe quelqu'un aussi fort avec autant de coups et à la tête qui est une partie vitale,
06:24ça signifie qu'on veut le tuer.
06:26Il est presque entièrement déshabillé.
06:30Ses habits, on ne les trouve pas d'ailleurs.
06:31Ils ont disparu, on les a enlevés.
06:33On a l'impression qu'on a fait organiser une espèce de sombre mise en scène.
06:37C'est bien ça ?
06:39Effectivement, c'est ce qui va tout de suite sauter aux yeux des enquêteurs qui vont faire les premières constatations.
06:44En fait, M. Rabouin, on va le découvrir.
06:46Il est en slip.
06:46Son sexe est visible.
06:47Et il se trouve dans une maison qui est abandonnée.
06:50Ça laisse à penser immédiatement qu'on est face à une sorte de rendez-vous nature sexuelle qui a mal
06:55tourné.
06:56Mais justement, tout ça est très évident.
06:58Et notre travail à ce moment-là, c'est de ne pas tomber tout de suite dans ces évidences.
07:03Et bien sûr, on a eu raison de le faire parce que plus tard, on viendra comprendre que cette espèce
07:06de décor idéal
07:07où toutes les flèches allaient vers le même endroit, ça avait été en quelque sorte planté pour les enquêteurs.
07:12Oui, c'est une mise en scène, tout simplement.
07:14C'est bien réussi d'ailleurs, mais les enquêteurs se méfient.
07:18Ils ont l'habitude de ce genre de configuration.
07:20Bonjour, M. Mathilde Livnet.
07:22Bonjour, M. Richard.
07:23Merci beaucoup d'être avec nous en direct dans l'heure du crime.
07:26Vous êtes l'avocate de la fille aînée de Béatrice Nancel.
07:29Béatrice Nancel, c'est l'épouse de la victime.
07:35M. Livnet, un mot sur ce couple ?
07:38M. Rabouin, Béatrice Nancel, ils s'entendent bien ou ils ne s'entendent pas ?
07:43Alors, à la base, c'est un couple qui se connaît depuis de nombreuses années.
07:48Ils sont en couple depuis 2004.
07:51Ils ont deux enfants ensemble.
07:53Et en effet, M. Rabouin élève la fille aînée de Béatrice Nancel depuis qu'elle est toute petite.
07:59Alors, est-ce que c'est un couple qui va bien ?
08:02Vous l'avez rappelé dans votre synthèse à l'instant.
08:06Au moment où on découvre le corps de M. Rabouin, et ce depuis quelques mois,
08:10c'est un couple qui ne va pas très bien.
08:13Puisque M. Rabouin a fait son coming out et que Béatrice Nancel, elle a cherché à le retenir pendant des
08:21mois.
08:22Elle a accepté beaucoup de choses.
08:23Mais là, la séparation, elle est tactée.
08:25Le divorce est d'actualité.
08:28Donc, au moment des faits, ça n'est pas un couple qui va bien.
08:31C'est un couple qui est en train de se séparer.
08:33Et pourtant, il continue à se voir.
08:34La veille du drame, il dîne avec son épouse et les enfants.
08:40Il continue à se voir.
08:41Ça fait très peu de temps que M. Rabouin a vraiment déménagé.
08:44Il a pris un petit appartement vraiment à proximité du domicile familial.
08:48Et en effet, il se voit régulièrement.
08:51Il vient dîner au domicile pour passer du temps avec ses filles.
08:54Et d'ailleurs, le lendemain, il devait revenir pour fêter l'anniversaire d'une de ses deux filles.
09:00Donc, c'est sur le papier un couple en instance de séparation,
09:04mais qui est censé bien s'entendre dans l'intérêt des enfants.
09:07C'est ça, de manière intelligente, comme on peut dire.
09:09Adrien Luneau, on entend ce que dit Maître Mathilde Livnet.
09:13Le coming out de Mickaël, il est gay.
09:15Donc, ce coming out a bouleversé la vie de ce couple.
09:19Oui, et pour être précis, on a l'impression que Béatrice Nancel le sait depuis un certain temps
09:24que Mickaël Rabon est homosexuel.
09:26Et en fait, c'est l'officialisation, quelque part, de cette orientation
09:30qui va vraiment bouleverser les choses et qui, elle, est très récente.
09:33Parce qu'on se rend compte qu'elle, elle ne supporte pas le fait qu'il l'acquitte.
09:37Le fait qu'il aime les hommes, moi, j'ai l'impression qu'elle arrive à s'en accommoder
09:40à partir du moment où il reste à la maison.
09:42Il y a une de ses amies, j'ai lu le dossier, qui dit une phrase que j'ai trouvée
09:46frappante.
09:46Elle dit, en parlant de Béatrice Nancel, qu'elle n'avait plus rien si Mickaël partait.
09:51Oui, c'est ça. Donc, elle est vraiment très accrochée à son mari.
09:54Encore une question pour vous, Adrien Luneau.
09:56Les menaces reçues par la victime, ça l'obsède, Mickaël.
09:59On le saurait à moins, d'ailleurs, parce que ce sont des menaces de mort.
10:03Exactement. Ça fait partie, un petit peu, de manière moins littérale, mais du décor qui est planté.
10:08Depuis plusieurs mois, Mickaël Rabon reçoit des SMS de menaces de mort qui sont très inquiétantes.
10:12Il va déposer plainte deux fois à la gendarmerie.
10:15Il va également avoir les pneus de sa voiture qui seront crevés.
10:18Un peu dans ce cadre-là, dans les mêmes moments.
10:22Et Mickaël Rabon, c'est quelqu'un qui a peur.
10:24Il s'est acheté un taser qu'il a avec lui, parce qu'il a peur de se faire agresser.
10:28Sauf que, dans les toutes dernières semaines, derniers jours,
10:32il va se confier à des proches, parce qu'en fait, il a un doute.
10:35Il se demande si ce n'est pas sa femme qui serait derrière ses menaces,
10:39parce qu'on est au moment où Mickaël Rabon prend un appartement
10:42et envisage, dit qu'il veut quitter Béatrice Tancel.
10:46C'est une hypothèse, évidemment.
10:48Du sang dans l'allée des Thuyas.
10:51Mickaël Rabon, vengeance au pied de biche.
10:54J'ai été surpris par son SMS juste avant de disparaître.
10:57Il n'y avait aucune faute d'orthographe, alors qu'il en fait toujours.
11:00L'enquête de l'heure du crime, on se retrouve dans un instant sur RTL.
11:15L'heure du crime, consacrée au meurtre de Mickaël Rabon.
11:23Ce livreur de journaux, 34 ans, a été frappé à mort en novembre 2016
11:27dans un village du Maine-et-Loire.
11:29Cet homme marié avait révélé son homosexualité.
11:32Il était depuis menacé.
11:33Les enquêteurs cherchent à savoir qui lui en voulait, au point de le tuer.
11:41Les gendarmes examinent les messages anonymes adressés à Mickaël Rabon.
11:45Des mises en garde, des menaces de mort.
11:48Depuis le mois de mai, le corbeau a utilisé plusieurs numéros de téléphone.
11:52Il fréquente aussi des forums de rencontres homosexuelles
11:56auxquels Mickaël est abonné.
11:57L'expéditeur y répand la rumeur
12:00qu'il est porteur d'infections, malade, contagieux.
12:04L'autopsie a pourtant démontré que Mickaël Rabon ne souffrait d'aucune pathologie.
12:08Le corbeau affirme que Mickaël met en danger les uns et les autres.
12:12Et il fait tout ça dans le dos de sa femme,
12:14qui ne mérite pas un tel traitement.
12:16Un mystérieux correspondant vraiment très bien informé.
12:19Il sait tout du couple, leurs habitudes, leur lieu de travail.
12:23Lui, livreur de journaux, elle, maraîchère, saisonnière.
12:26L'endroit où ils gardent leur véhicule, etc., etc.
12:28Les parents de Mickaël témoignent de l'inquiétude de leur fils,
12:32d'autant plus que son couple volait un éclat.
12:35Un divorce que son épouse n'acceptait pas, affirment les parents.
12:38Béatrice avait même un jour brandi un couteau devant lui lors d'un repas.
12:46Les enquêteurs passent au peigne fin la maison des Anglais,
12:49la masure abandonnée où le corps a été découvert.
12:52Quelqu'un y était entré en traversant l'allée de Thuyas.
12:56Des traces de sang sont repérées.
12:58On a traîné le corps dans la végétation.
13:00Dans le jardin, en friche, on retrouve un collier couleur argent ensanglanté.
13:05Il appartient à Mickaël Rabon.
13:07Dans les jours qui suivent, les experts de la gendarmerie passent les lieux au Blue Star.
13:12Du sang est découvert au pied du portail de la propriété de Béatrice Dancel.
13:16Chez l'épouse, on saisit une rampe lumineuse à LED
13:19qui comporte de minuscules traces rougeâtres.
13:23C'est bien du sang de la victime.
13:24Également saisi un téléphone portable de marque Wico.
13:28Les enquêteurs parviennent à récupérer une série de SMS qui ont été supprimés.
13:32Et surprise !
13:33Il s'agit des fameux messages de menaces adressés à la victime par le corbeau.
13:39SMS envoyé en avril, mai, juillet, octobre.
13:43Les investigations montrent que l'épouse avait créé plusieurs comptes pour diffuser des rumeurs
13:47sur des sites de rencontres fréquentés par le mari.
13:51On lit ce message du corbeau adressé aux abonnés.
13:55« Désolé, je ne suis pas là pour des plans, mais pour prévenir que ce mec a le sida. »
14:04De nombreux témoins sont discrètement interrogés.
14:07La fille aînée de Béatrice Dancel reconnaît que c'est bien sa mère qui jouait les corbeaux.
14:12Elle voulait persuader Mickaël de laisser tomber ses relations homosexuelles, de ne pas divorcer.
14:17William et Cédric, deux amis de la victime, avaient été surpris par le message de Mickaël la veille de sa
14:23disparition.
14:23Il n'y avait aucune faute d'orthographe, alors qu'il en faisait toujours.
14:27À ses proches, le défunt répétait en boucle qu'il en avait ras-le-bol de son épouse.
14:32Sept ans plus tôt, il avait déjà voulu demander le divorce.
14:35Il y avait renoncé car le couple venait de perdre leur troisième enfant.
14:39« Une mort subite du nourrisson ».
14:43Et bien sûr, Béatrice Dancel va être placée en garde à vue.
14:45Que va-t-elle raconter sur la mort de son époux ?
14:48Quel scénario forcément stupéfiant va apparaître ?
14:51Et puis est-ce que c'est elle ?
14:52Effectivement, c'est elle qui aurait tué son mari ?
14:55C'est elle qui serait le corbeau ?
14:56On va voir tout ça dans la suite de l'heure du crime.
14:58Les investigations avancent.
15:01Maître Mathilde Livnet, vous êtes avec nous dans cette heure du crime.
15:04Mickaël Rabouin, la victime, était harcelée par les messages de menaces.
15:09Ces intimidations, ça n'arrêtait pas au sein de ce couple ?
15:13Non, c'est vrai qu'il y a plusieurs plaintes qui évoquent ces menaces et ces intimidations
15:21dont était l'objet Mickaël Rabouin.
15:23Il y avait aussi également eu des dégradations sur son véhicule.
15:28Et donc, ils étaient tous les deux.
15:30En tout cas, Mickaël Rabouin authentiquement et Béatrice Nancel
15:33donnaient à voir qu'ils étaient très inquiets tous les deux.
15:37La fille est née de Béatrice Nancel, c'est votre cliente.
15:39Vous êtes son avocate, maître Mathilde Livnet.
15:42Et finalement, elle donne une partie de la...
15:45Elle vend un petit peu la mèche parce qu'elle va être interrogée par les gendarmes.
15:49Et elle va dire, oui, ma mère, c'est le corbeau.
15:53C'est elle qui écrivait tout ça.
15:55Tout à fait.
15:55Il faut se souvenir de l'âge de cette jeune fille au moment des faits.
15:59Elle a un peu plus de 15 ans lorsqu'elle est entendue par les enquêteurs
16:03dans un climat, évidemment, de suspicion, dans un climat où son beau-père est décédé.
16:09Et en fait, elle ne va pas chercher à dissimuler.
16:11Elle va tout de suite dire ce qu'elle sait.
16:14Et qu'en effet, sa mère, pour pouvoir garder Mickaël, a envoyé un certain nombre de messages.
16:20Qu'elle a même utilisé un téléphone appartenant à une amie de sa fille
16:25pour vraiment essayer de brouiller les pistes et qu'on ne puisse pas remonter jusqu'à elle.
16:30Donc la stratégie, elle était quand même assez élaborée.
16:32Et en l'état, quand elle a été entendue, cette jeune fille, elle a dit tout ce qu'elle savait.
16:37Oui, c'est ça. Elle a été franche. Elle a donné sa vérité.
16:41Et sans doute, elle a bien fait.
16:42Ça a permis d'avancer l'enquête, de faire un grand bond à l'enquête.
16:45Justement, cette enquête, on en parle avec vous, Adrien Luneau.
16:48À l'époque, vous êtes substitut du procureur de la République d'Angers.
16:50Vous connaissez effectivement toute cette affaire. Vous l'avez suivie.
16:53Alors, il y a l'enquête sur le terrain. C'est important.
16:55On suit d'abord les traces de sang, parce que ces traces de sang,
16:57elles mènent à la maison de l'épouse. C'est bien ça ?
17:00Oui, évidemment. C'est le point de bascule de l'enquête, ces traces de sang.
17:04En fait, si vous voulez, les techniciens de la gendarmerie vont passer le terrain
17:09à ce qu'on appelle le Blue Star.
17:10C'est un produit qui va révéler les traces de sang invisibles à l'œil nu.
17:14Ils vont voir des traces de sang et puis ils vont les remonter.
17:17Et en fait, on n'est pas très loin de la dépendance et du jardin
17:21et d'une haie de Thuya qui finissent jusqu'au portail du terrain de Béatrice Nancel.
17:28Ces traces de sang, on va aussi en retrouver sur une petite lampe,
17:32une lampe à l'aide, une sorte de lampe de poche.
17:34Qu'on va découvrir sur la table de nuit de Béatrice Nancel.
17:38Elle est tachée du sang de Michael.
17:40La grande surprise à Deyane Luneau, quand les gendarmes travaillent,
17:45Béatrice l'épouse.
17:47C'est elle le corbeau ?
17:48C'est elle qui a envoyé tous ces messages insultants et menaçants ?
17:51Alors là, ça change effectivement toute l'enquête.
17:54Eh bien oui, ça change absolument tout.
17:56On s'intéressait déjà à Béatrice Nancel.
17:58On va maintenant faire plus que s'y intéresser.
18:01On va exploiter ces téléphones, on va récupérer des SMS dans un de ces téléphones
18:04qui ont été effacés et on retrouve les menaces.
18:07Les fameuses menaces qu'elle avait elle-même envoyées.
18:09On y retrouve les faux comptes, parce qu'il y a des faux comptes de réseaux sociaux
18:13qui viennent d'elle.
18:14Donc il y a les codes d'accès et on se rend compte, c'est ce que je vous disais
18:18tout à l'heure,
18:18que les menaces dont elles-mêmes se plaignaient,
18:21elles étaient envoyées par Béatrice Nancel, elle-même.
18:24Elle-même.
18:25Maître Mathilde Dillivnet, effectivement, elle ne supportait pas que son mari s'anaille.
18:30Peut-être qu'elle acceptait les relations homosexuelles de son mari.
18:34Le fait est, c'est qu'elle est impliquée dans ce crime.
18:38On va voir ce qu'elle va raconter.
18:40Depuis des années,
18:42Mickaël Rabouin avait en tête de se séparer, de partir du foyer.
18:45C'est exact.
18:47Oui, oui, tout à fait.
18:48Comme je le disais tout à l'heure,
18:50très peu de temps avant son décès,
18:53Mickaël Rabouin s'était installé dans son propre logement.
18:57Néanmoins, ça n'allait plus depuis plusieurs années.
19:00Moi, je ne suis pas certaine que Mme Nancel,
19:02elle acceptait vraiment les relations qu'avait pu avoir auparavant Mickaël Rabouin,
19:07en disant qu'elle les tolérait.
19:09Parce qu'il faut se mettre quand même à la place de cette femme
19:12dont le mari vient avoir des relations extra-conjugales dans le domicile du couple.
19:18C'est quand même quelque chose de très compliqué.
19:20Elle a accepté énormément de choses.
19:22Et puis, finalement, elle pense que si elle accepte,
19:26il va finir par renoncer à la quitter,
19:30renoncer à se séparer.
19:31Elle le souhaite, et son souhait désespéré,
19:34j'ai envie de dire, c'est de faire famille
19:36et de maintenir cette famille coûte que coûte.
19:40Alors même que rien ne va plus,
19:41parce que je pense qu'on y viendra tout à l'heure,
19:43il y a énormément de disputes,
19:45des disputes très violentes au sein du couple.
19:47Et donc, les enfants en pâtissent énormément,
19:49et ce, depuis plusieurs mois.
19:51Adrien Luneau, cette femme,
19:53il y a tout un montage autour d'elle.
19:55Sa manipulation, les messages, etc.,
19:57les mensonges, ça a duré des mois ?
20:00Exactement.
20:02Cette préparation, ça dure pendant des mois.
20:04En fait, elle va inventer de toute pièce
20:05un personnage menaçant,
20:06une sorte d'amant qui veut se venger de Mickaël Rabouin,
20:09qui est quelqu'un qui n'existe pas.
20:10Avec ce décor qu'elle a planté minutieusement,
20:13pierre par pierre et brique par brique,
20:15on se demande si elle n'est pas en train
20:16de préparer un coupable idéal qui n'existe pas,
20:19qui permettrait de laisser son crime impuni.
20:21Oui, a priori, ça a failli marcher.
20:24Encore une petite question pour vous, Mathilde Livnet.
20:27Est-ce que les enfants...
20:28Alors, la fille aînée, elle dit,
20:29j'étais au courant que ma mère était un peu le corbeau,
20:32qu'elle envoyait ses messages,
20:34mais est-ce qu'elle était au courant
20:35que sa mère aurait pu tuer son mari ?
20:39Non, honnêtement,
20:40elle n'était absolument pas au courant
20:41et d'ailleurs, quand elle est entendue,
20:43elle dit, bon, je vais vous dire la vérité,
20:46ma mère est en effet à l'origine de messages,
20:48elle raconte comment ça s'est fait matériellement,
20:51mais elle dit, en revanche,
20:52je vous assure, c'est impossible,
20:54elle n'a pas pu tuer Mickaël,
20:57même si le quotidien était devenu infernal,
20:59elle le dit et elle n'y croit absolument pas.
21:02L'épouse va être interrogée.
21:05Mickaël Rabouin, vengeance au pied de biche,
21:08je me suis laissé emporter par toute la haine qui ressortait.
21:11L'enquête de l'heure du crime,
21:13que va raconter Béatrice qui voulait à tout prix éviter ce divorce ?
21:16Avait-elle préparé son geste ?
21:17A suivre, dans un court instant, sur RTL.
21:34Rebondissement dans l'affaire Mickaël Rabouin,
21:36dans le Maine-et-Loire,
21:37ce père de famille retrouvait tabassé à mort
21:39dans le village de Vernoil-le-Fourrier.
21:41Son épouse étant garde à vue,
21:43elle aurait avoué être le corbeau
21:45qui insultait et menaçait la victime.
21:47Le couple était en plein divorce.
21:50Retour dans l'heure du crime sur l'affaire Mickaël Rabouin.
21:53Un père de famille du Maine-et-Loire,
21:55tabassé à mort en novembre 2016,
21:57il venait de déclarer son homosexualité,
22:00il s'apprêtait à divorcer.
22:01Il recevait des menaces de mort.
22:03Son épouse est démasquée comme étant le corbeau.
22:05Elle est interpellée.
22:10Mardi 6 décembre 2016,
22:12Béatrice Nancel est placée en garde à vue.
22:14Après les dénégations,
22:15elle finit par reconnaître qu'elle est bien le corbeau.
22:17C'est elle qui adressait les messages de menace
22:20à Mickaël Rabouin.
22:21Elle le dénigrait sur des sites de rencontres homosexuelles.
22:25Elle ne supportait pas qu'ils puissent la quitter.
22:27Mais elle affirme qu'elle ne l'a pas tué.
22:29Au deuxième jour de garde à vue,
22:31elle livre un tout autre scénario.
22:33Elle raconte avoir fumé une cigarette
22:35et arrête avec Mickaël après le dîner.
22:36Il a voulu aller récupérer des meubles
22:39entreposés dans la dépendance abandonnée.
22:41Elle l'a suivi.
22:42Il faisait nuit.
22:43En chemin, elle a récupéré un pied de biche
22:45qui traînait près d'une poubelle.
22:47Elle lui a porté un premier coup à l'arrière du crâne,
22:50juste après le portail.
22:51Il s'est effondré.
22:52« Je l'ai frappé plusieurs fois.
22:54Je ne sais pas combien.
22:55J'ai traîné le corps dans la maison »,
22:57déclare-t-elle.
22:58Sa main était tachée de sang.
22:59Elle est retournée chez elle
23:01chercher une lampe LED.
23:02Elle a déshabillé la victime.
23:04Elle nie avoir voulu exhiber son sexe.
23:07Elle a caché les vêtements sous les tuiles de la maison.
23:10Puis elle est rentrée.
23:11Elle s'est douchée.
23:12Il n'était pas tout à fait 21 heures
23:14quand elle s'est installée dans le salon
23:16pour regarder la télé.
23:18Elle avait, avec elle,
23:20le téléphone de son mari.
23:21Et c'est elle qui a envoyé,
23:23un peu plus tard,
23:24des messages à William.
23:29Béatrice Nancel explique son geste fatal.
23:32Ce soir-là, elle a pris conscience,
23:34dit-elle,
23:34que Mickaël allait vraiment la quitter.
23:36Il ne supportait plus personne,
23:38elle-même et les filles.
23:40Je me suis laissé emporter
23:41par toute la haine
23:42qui ressortait,
23:43témoigne-t-elle,
23:44par la souffrance
23:45que j'endurais.
23:46Elle nie la préméditation.
23:48La juge d'instruction d'Angers,
23:50Morgan Martin,
23:51considère au contraire
23:53que les faits témoignent
23:55d'une préparation,
23:56rapidité d'exécution,
23:58sang-froid,
23:59scénario réfléchi.
24:00Béatrice Nancel
24:01est donc mise à l'examen
24:03pour assassinat.
24:05Des aveux tardifs
24:07qui se sont faits en deux temps.
24:09Ça n'a pas été simple,
24:10évidemment,
24:10pour les gendarmes
24:11d'obtenir ces explications
24:13un peu plus précises,
24:14il faut bien dire,
24:14même si on n'a pas encore
24:15tous les détails.
24:16Maître Mathilde Delivenez,
24:17vous êtes avec nous
24:18et je vous remercie encore
24:19d'être en direct
24:20dans l'heure du crime.
24:20Vous êtes l'avocate
24:21de la fille aînée
24:22de Béatrice Nancel.
24:24Ces aveux,
24:25ce que raconte Béatrice Nancel,
24:26est-ce que c'est compatible
24:27déjà avec les constatations
24:28des légistes ?
24:29C'est important.
24:31Alors,
24:31ces aveux tardifs,
24:33en effet,
24:34sont partiellement compatibles
24:35avec les constatations
24:36des médecins légistes
24:37parce que finalement,
24:38quand Béatrice Nancel
24:40va finir par reconnaître
24:41qu'elle est à l'origine
24:43de la mort de Mickaël Rabouin,
24:44elle va décrire des coûts
24:46pour l'essentiel
24:47des coûts portés
24:48avec un pied de biche
24:49au niveau du haut du corps
24:51pour l'essentiel.
24:53Elle reconnaît plusieurs coûts,
24:54en revanche,
24:55notamment dans le rapport
24:56d'autopsie,
24:56l'effet état
24:57de manœuvre de strangulation
24:59puisque comme vous l'indiquiez
25:00tout à l'heure,
25:01il y a notamment
25:02une fracture de l'osioïde
25:03et ça,
25:04elle le contestera toujours.
25:06Donc,
25:07ça n'est que seulement
25:08compatible
25:08avec les conclusions
25:10médico-légales.
25:11Un petit point étonnant,
25:12Maître Livenet,
25:13n'est pas d'empreinte
25:14de l'épouse
25:14sur le pied de biche.
25:15Ça,
25:16ça m'a frappée.
25:17Ça veut dire quoi ?
25:17Elle portait des gants ?
25:19Alors,
25:20les gants n'ont...
25:21Sans doute,
25:22elle portait des gants
25:23et aucun gant
25:24n'a jamais été retrouvé
25:25et c'est vrai
25:26que c'est ce qui participait
25:27dans l'esprit
25:28du juge d'instruction
25:29en tout cas
25:31à l'idée
25:32qu'une préméditation
25:33avait été mise en œuvre
25:35parce que c'était
25:36très surprenant
25:36en effet
25:37qu'on ne retrouve pas
25:39d'ADN
25:39sur l'arme du crime,
25:41qu'on ne retrouve pas
25:41de gants non plus.
25:43Alors après,
25:43on sait que Béatrice Nancel,
25:45elle a caché
25:45plusieurs éléments
25:47dont certains
25:48ont été retrouvés
25:49très tardivement
25:50puisque j'ai le souvenir
25:51qu'il y a même
25:52des éléments
25:52qui ont été retrouvés
25:53le jour de la reconstitution.
25:55Donc voilà,
25:55cette question-là
25:56demeure un mystère
25:57mais en tout cas,
25:58c'était un des éléments
25:59du faisceau d'indices
26:00allant vers
26:01une préméditation.
26:02Adrien Luneau,
26:03vous étiez à l'époque
26:04substitut du procureur
26:05de la République d'Angers.
26:06Question pour vous,
26:07les enquêteurs
26:08vont être surpris
26:09par la rapidité
26:10d'exécution
26:10une dizaine de minutes
26:11pour tuer,
26:12dissimuler le corps,
26:13déshabiller la victime.
26:15C'est troublant ?
26:17Oui,
26:18c'est un point
26:18qui est très étonnant
26:19parce que cette femme
26:20qui n'est avant cette histoire
26:21pas du tout une criminelle,
26:22qui n'est pas une délinquante,
26:23va faire preuve
26:24d'une rapidité d'exécution
26:26et d'une capacité
26:27de dissimulation
26:28et de mise en place
26:29qui est glaçante
26:29entre 20h15 et 21h.
26:31Elle va tuer
26:32Mickaël Rabouin,
26:33traîner son corps,
26:34le déshabiller,
26:35elle va ensuite
26:35cacher l'arme et les vêtements,
26:37elle va retrouver
26:37une clé perdue,
26:38elle va répondre à un SMS,
26:39elle fait une foultitude
26:40de choses
26:41et pas des actes anodins.
26:43On parle d'un crime,
26:43on parle de dissimulation
26:44de corps
26:46en une demi-heure,
26:47trois quarts d'heure.
26:48C'est presque du travail
26:49de professionnel,
26:50entre guillemets,
26:51si je peux dire.
26:52Si vous voulez,
26:53on a des erreurs grossières
26:54parce que Béatrice Nancel
26:55n'est pas quelqu'un
26:56qui a l'habitude
26:56de commettre des crimes.
26:57Donc effectivement,
26:58on va avoir des traces de sang,
26:59on va avoir de la téléphonie
27:01qu'on va réussir à remonter.
27:02Mais en tout cas,
27:02dans ses capacités à elle
27:04de se projeter
27:04et d'essayer de dissimuler
27:05son crime,
27:06elle va très loin
27:07et elle est extrêmement efficace.
27:08C'est très remarquable.
27:10Efficace et remarquable.
27:12Maître Mathilde Livenet,
27:13il y a une zone d'ombre
27:14aussi qui est étonnante,
27:15c'est que personne
27:16ne voit revenir Béatrice
27:18dans la maison.
27:20Sa fille aînée,
27:20vous la défendez,
27:21sa fille aînée,
27:22elle était là,
27:23elle est plus petite aussi,
27:24personne ne l'a vue rentrer
27:25ou sortir ?
27:26Alors en effet,
27:28les filles
27:28ne se sont rendues compte
27:29de rien.
27:30Elles n'ont...
27:31et en réalité,
27:32ce qu'on a pu constater,
27:35c'est qu'au moment
27:36où ça se passe,
27:36on est en fin de journée,
27:38c'est après le dîner.
27:39Vous avez rappelé
27:39la chronologie tout à l'heure
27:40et en fait,
27:41très clairement,
27:42les filles,
27:42elles sont toutes les trois
27:43devant un écran
27:45et on sait à quel point
27:46les enfants,
27:47quand ils sont devant un écran,
27:48peuvent être totalement imperturbables.
27:50Et ce qui est vrai,
27:51c'est qu'ils ne se rendent pas compte
27:52ni de l'absence de Béatrice
27:54ni de son retour à la maison.
27:56Ils ne verront pas,
27:57notamment,
27:58qu'elle avait éventuellement
27:59du sang sur la main.
28:00s'est passé totalement inaperçu.
28:02Aucune des trois enfants
28:03n'était moins de quoi que ce soit.
28:04Et vous confirmez,
28:05elles ont regardé la télé ensemble.
28:07Il faut un certain sang froid.
28:10Elles sont ensemble de mémoire.
28:11Oui, oui.
28:12Alors,
28:12il a fallu un sang froid incroyable
28:14à Mme Nancel
28:16et vous parliez tout à l'heure
28:17notamment du très court laps de temps
28:19qui a interrogé
28:21et les enquêteurs
28:22et le jus d'instruction.
28:24et je me souviens
28:25qu'au moment de la reconstitution,
28:26le médecin légiste
28:27notamment avait dit
28:28mais l'adrénaline fait que
28:31on peut être amené
28:33à faire des choses
28:34très très vite,
28:35à avoir une force décuplée
28:36parce qu'il fallait aussi se dire
28:37mais comment cette femme,
28:38cette petite femme
28:39a pu tirer le corps
28:41de son mari
28:43jusqu'à la maison des Anglais.
28:44Et sans doute
28:45que l'adrénaline
28:46a aussi mené
28:47Mme Nancel
28:48dans ses actes
28:48de cette soirée-là.
28:49Adrien Luneau,
28:50encore une question pour vous.
28:51Il n'y a pas de contexte
28:52de violence conjugale
28:53dans ce couple.
28:55Rabouin,
28:55la victime est décrite
28:56comme gentille,
28:57elle est douce.
28:58On ne peut pas expliquer
28:59cet accès de violence ?
29:02Vraiment pas.
29:03Il y a souvent
29:04les dossiers de meurtres conjugaux
29:06où c'est la femme
29:08qui tue le mari
29:09sont très souvent
29:10dans un contexte
29:11de violence conjugale
29:11du mari contre la femme.
29:13Là, on n'est pas du tout là-dedans.
29:14Vous l'avez dit,
29:14Miquel Rabouin,
29:15c'est quelqu'un
29:15qui est décrit comme gentil,
29:16discret, serviable
29:17mais qui est homosexuel
29:19et qui veut depuis
29:20en réalité des années
29:21quitter son épouse.
29:22Et c'est vraiment ça
29:23qui va être le déclencheur
29:24de toute cette histoire.
29:26L'épouse va être jugée.
29:28Miquel Rabouin,
29:30vengeance aux pieds de biche,
29:31je regrette.
29:32Si je pouvais revenir en arrière,
29:34je prendrais mes enfants
29:34et je partirais.
29:35L'enquête de l'heure du crime,
29:37on se retrouve
29:37dans un instant sur RTL.
29:42Bonne journée.
29:46Sur RTL.
29:49L'heure du crime,
29:50présentée par Jean-Alphonse Richard
29:52sur RTL.
29:54Au programme de L'heure du crime,
29:55l'affaire Miquel Rabouin,
29:57père de famille,
29:58livreur de journaux
29:59dans le Maine-et-Loire,
30:0034 ans,
30:01mortellement frappé
30:02à coups de pied
30:03et de biche en 2016.
30:04Il venait de révéler
30:05son homosexualité,
30:06il voulait divorcer.
30:07Sa femme a décidé
30:08de le tuer.
30:09Elle est jugée
30:10quatre ans plus tard.
30:14Mercredi 24 juin 2020,
30:169h30.
30:17Béatrice Nancelle,
30:1842 ans,
30:19est devant la cour d'assises
30:20du Maine-et-Loire,
30:21à Angers.
30:22En raison de la pandémie
30:24de Covid,
30:25l'accès à la salle d'audience
30:26est limité.
30:27L'accusé,
30:27petite taille,
30:28cheveux courts,
30:29s'exprime d'une voix
30:30presque éteinte.
30:31Je regrette ce que j'ai fait.
30:33Si je pouvais revenir en arrière,
30:35je prendrais mes enfants
30:36et je partirais,
30:37dit-elle.
30:37Le président de la cour
30:39remarque que l'ex-épouse
30:40n'avait formulé jusque-là
30:42que peu de regrets.
30:43Il lit l'enquête
30:45de personnalité.
30:46Femme autoritaire,
30:47avec du caractère,
30:49ne se laissant pas faire.
30:50L'expert psychiatre,
30:52le docteur Jean-Pierre Lullier,
30:53souligne l'enfance meurtrie
30:55de Béatrice Nancelle.
30:57Son avocat,
30:57maître Loïc Cabioche,
30:58va encore plus loin.
31:00Enfant et adolescente,
31:02Béatrice a selon lui
31:03connu l'enfer,
31:04traversé une rivière
31:06de souffrance.
31:06Des photos
31:08et un scanner du crâne
31:09de Mickaël Rabouin
31:10sont projetés dans la salle.
31:11La famille a du mal
31:13à regarder.
31:13Béatrice Nancelle
31:14préfère baisser les yeux.
31:20Béatrice Nancelle
31:21confie qu'elle n'a pas eu
31:22la force de partir
31:23quand elle a appris
31:24l'homosexualité de Mickaël.
31:25Elle a fermé les yeux
31:27sur les hommes
31:28que son mari recevait
31:29à la maison.
31:29Elle a parfois accepté
31:30de participer
31:31à des jeux sexuels,
31:32par peur d'être abandonnée
31:34par ce mari
31:35qu'elle aimait
31:36par-dessous tout.
31:37L'avocat général
31:38reste perplexe.
31:39Il recense
31:39les actes préparatoires
31:41du geste fatal.
31:42Pendant des semaines,
31:43l'épouse a envoyé
31:44des messages anonymes
31:45de menace,
31:46comme si elle préparait
31:47le terrain
31:48pour que tout le monde
31:49soit au courant
31:50de ce qu'il risquait
31:51d'arriver,
31:51dit l'accusation.
31:52Maître Paul Hugo,
31:54avocat de la famille
31:55de la victime
31:55et sur la même
31:56longueur d'onde,
31:57si elle n'avait
31:58pas tout préparé,
31:59comment aurait-elle
32:00pu commettre
32:01autant de choses
32:02en si peu de temps,
32:03remarque-t-il ?
32:05Remarque effectivement
32:06judicieuse,
32:07et effectivement,
32:07on tourne autour
32:08de la préméditation
32:08dans cette histoire.
32:09Est-ce qu'elle aurait
32:10tout préparé ?
32:11Ça, on va effectivement
32:11le voir par la suite
32:13et puis on verra
32:13ce que va donner
32:15le verdict.
32:16Maître Mathilde Livnet,
32:18vous êtes l'avocate
32:18de la fille aînée
32:19de Béatrice Nancel
32:20et vous êtes avec nous
32:21dans cette heure du crime.
32:23À quoi ressemble
32:24cette accusée
32:25qui fait face
32:26au juré ?
32:27Comment s'exprime-t-elle ?
32:29Est-ce qu'elle est
32:29sur la défensive ?
32:31Est-ce qu'elle est
32:31dans le regret,
32:32dans le remord ?
32:35Vous l'avez indiqué
32:36au moment d'audience,
32:37Béatrice Nancel,
32:38c'est une femme
32:39d'une quarantaine d'années.
32:40Elle est habillée
32:42simplement,
32:43c'est une femme
32:45à l'allure simple.
32:46Elle donne à voir
32:47en tout cas
32:48au début d'audience
32:48qu'elle souhaite
32:50s'exprimer,
32:51qu'elle souhaite
32:52s'expliquer
32:52sur les faits
32:53qui lui sont reprochés.
32:55même s'il y a
32:56un certain moment
32:57de l'audience
32:58où elle indiquera
33:00qu'elle ne se rappelle pas
33:01précisément
33:01de certaines choses
33:02lorsque les questions
33:03sont un peu plus
33:05ennuyeuses,
33:05si je peux me permettre
33:06l'expression.
33:07Les filles sont là ?
33:09La fille aînée,
33:10est-ce qu'elle est là ?
33:12Cette fille aînée
33:13que vous défendez ?
33:14Oui, oui.
33:14Ma cliente est présente,
33:16elle assistera
33:17à l'audience,
33:18elle veut comprendre
33:19et surtout,
33:20elle est dans un positionnement
33:21un petit peu particulier
33:22parce qu'à la fois,
33:23elle est constituée
33:24partie civile
33:25parce qu'elle a été élevée
33:26par cet homme
33:27depuis qu'elle avait
33:28l'âge de 3 ans
33:29et elle ne s'en cache pas,
33:31elle est également là
33:31au soutien de sa mère
33:33qui est son seul parent
33:34encore présent pour elle,
33:36nonobstant l'incarcération.
33:38Donc,
33:38elle est là
33:38et elle sera amenée
33:39à déposer pendant l'audience.
33:41En revanche,
33:41les deux plus jeunes filles,
33:43elles sont absentes,
33:44elles sont très jeunes
33:44encore au moment des faits
33:46et donc,
33:46elles sont représentées
33:47par leur administrateur ad hoc.
33:50Adrien Luneau,
33:51je viens vers vous,
33:52vous avez dit
33:53de traiter cette affaire
33:54au début de l'enquête,
33:55vous étiez substitut
33:56du procureur
33:56de la République d'Angers.
33:58C'est vrai que cette femme,
34:00Béatrice Nancel,
34:01elle traîne
34:02un passé très familial,
34:04très compliqué,
34:04très déchiré.
34:06C'est une enfance
34:07qui est terrible.
34:08Elle le rendit
34:09dans des conditions
34:09très très difficiles.
34:11Dès 17 ans,
34:11elle doit travailler
34:12dans les champs.
34:14ça explique sans doute
34:15son caractère
34:16extrêmement rigide
34:17et peut-être aussi
34:19son absence d'empathie
34:20à certains moments.
34:21En revanche,
34:22l'expertise psychiatrique
34:23est très claire.
34:24C'est quelqu'un
34:25qui est totalement responsable.
34:26Elle n'a pas de maladie mentale.
34:28Elle n'est totalement responsable
34:29de ses actes.
34:29La seule explication
34:30qu'on peut avoir
34:31sur cet acte
34:33qui est complètement
34:34hors du commun
34:34pour une personne
34:36qui n'a pas de maladie mentale,
34:37c'est de constater
34:39qu'on a un effondrement
34:40dans sa vie
34:40et que ça l'amène
34:41à commettre des actes
34:42qui sont impensables.
34:43On écoutait tout à l'heure
34:45Maître Mathilde Livnet
34:46qui est à ce procès.
34:48Elle a du mal
34:49un peu à s'exprimer
34:50cette femme Béatrice Nancel.
34:51Parfois,
34:52elle dissimule
34:52certaines choses.
34:54Quelle est sa version finalement ?
34:56Béatrice Nancel,
34:57si vous voulez,
34:58elle raconte
34:58quelque chose
34:59qui est des choses
35:00très lapidaires.
35:01Elle va effectivement
35:02expliquer
35:02qu'elle va avoir
35:03une altercation
35:04avec Miquel Rabouin
35:05qui va se finir
35:06par des actes de violence
35:08qui vont entraîner la mort.
35:09Mais elle dira
35:09qu'à aucun moment
35:10elle n'a voulu le tuer,
35:11que tout ça est
35:12d'une certaine manière
35:13une sorte d'accident
35:14qui intervient
35:16dans une crise de couple
35:17qui dégénère
35:17avec des violences.
35:18Maître Mathilde Livnet,
35:20est-ce que cette femme
35:21qui est là,
35:21qui est en train
35:22d'être jugée
35:22devant la cour d'assises,
35:23elle risque
35:24la perpétuité ?
35:26Est-ce que cette femme
35:27est une dissimulatrice ?
35:30Alors, je pense que ce serait
35:31un petit peu un raccourci
35:33que de la définir
35:34uniquement par cet adjectif-là.
35:37Certes, Béatrice Nancel,
35:38elle a beaucoup dissimulé,
35:40M. le procureur vient
35:41de le rappeler,
35:42au cours de l'enquête
35:43et même, je dirais,
35:44également au cours
35:45de l'instruction,
35:46cela étant,
35:47au-delà d'être
35:48une dissimulatrice,
35:50potentiellement une manipulatrice,
35:52je crois que c'est aussi
35:53une femme amoureuse,
35:55une femme blessée,
35:56une femme un peu désespérée
35:58et qui va aller jusqu'à
36:01oublier le bien-être
36:02de ses enfants
36:03et oublier le sens commun
36:05et elle va commettre
36:07l'irréparable
36:08par désespoir,
36:10je le crois vraiment.
36:11Elle était tellement attachée
36:12à cette notion de famille,
36:14à ce qu'elle va tout faire
36:17pour garder Michael Rabouin
36:19et n'y arrivant pas,
36:20elle va finir par le supprimer.
36:22Alors, une femme dévastée,
36:23nous disait Adrien Luneau
36:25il y a un instant,
36:25Maître Livnet,
36:26il y a eu une mort
36:28dans ce couple,
36:29au sein de ce couple,
36:30un bébé,
36:31la mort subite du nourrisson,
36:32ça a causé un gros traumatisme
36:34à l'époque ?
36:35Ça a causé
36:36un énorme traumatisme
36:38et je crois que
36:39sans se le dire,
36:41l'un comme l'autre
36:41se sont presque
36:42à un moment donné
36:43reprochés
36:44la mort de cet enfant,
36:46on peut l'entendre
36:47sur des audios
36:48de dispute,
36:50ce sujet-là
36:50il revient,
36:52à la fois
36:52c'est quelque chose
36:53de très présent
36:54et je pense que
36:54c'est malgré tout
36:55quelque chose
36:55qui n'a pas été
36:58travaillé entre guillemets
36:59c'est-à-dire
36:59qu'ils n'ont pas non plus
37:00cherché à se faire aider
37:02pour traverser
37:02cette épreuve
37:03et que
37:05en parallèle
37:06les attermoiements
37:08de M. Rabouin
37:09qui finalement
37:10fait son coming out
37:12donne à voir
37:12qu'il veut
37:13se séparer
37:14en tout cas
37:14avoir d'autres relations
37:15et bien ça a créé
37:17un marasme
37:18irréversible
37:18au sein de cette famille.
37:20Trois jours de procès
37:21puis le verdict.
37:22M. Rabouin
37:23vengeance au pied de biche
37:25elle voulait faire peur
37:26à son mari
37:26pour le ramener
37:27à la maison
37:28mais pas pour le tuer
37:29l'enquête
37:30de l'heure du crime
37:30je vous retrouve
37:31tout de suite
37:32sur RTL
37:41Dans l'heure du crime
37:42l'affaire Michael Rabouin
37:49ce père de famille
37:49du Maine-et-Loire
37:50a été tué
37:51à coups de pied
37:51de biche
37:52en 2016
37:53son épouse a avoué
37:54elle le menaçait
37:55secrètement
37:56depuis des mois
37:56il avait révélé
37:57son homosexualité
37:59elle refusait le divorce
38:00jugé quatre ans plus tard
38:01le verdict tombe
38:06Vendredi 26 juin 2020
38:08Béatrice Nancel
38:09est condamnée
38:09par les jurés
38:10de la cour d'assises d'Angers
38:11à 16 ans
38:12de réclusion criminelle
38:13pour le meurtre
38:14de son mari
38:14Michael Rabouin
38:15la cour
38:16n'a finalement pas retenu
38:18le scénario
38:19de l'assassinat
38:19à savoir
38:20celui d'un geste pensé
38:22organisé
38:23depuis des semaines
38:24dissimulé
38:25pour échapper
38:26à toute poursuite
38:31Béatrice Nancel
38:32accepte le verdict
38:32elle ne fait pas appel
38:34lors des débats
38:35son avocat
38:35Loïc Cabioche
38:36n'avait cessé
38:37de dire
38:38que tous les agissements
38:39de cette femme
38:40n'avaient depuis le début
38:41qu'un seul objectif
38:42faire peur
38:43à Michael Rabouin
38:44le ramener
38:45à la maison
38:46mais certainement
38:47pas le tuer
38:48ce qui me marque
38:49c'est pas tant
38:50qu'une femme
38:50soit capable
38:50de mettre en place
38:51un scénario criminel
38:52mais c'est que
38:52c'est déjà une affaire
38:53peu courante
38:54parce que c'est une femme
38:55qui tue son mari
38:55et ensuite
38:56femme ou pas
38:57c'est vraiment
38:57le côté
38:58une personne
38:59sans antécédent judiciaire
39:00qui va de manière
39:01méthodique
39:02mettre en scène
39:02un crime
39:03et tenter d'échapper
39:05à ses responsabilités
39:05ce scénario
39:06avec cette anticipation
39:07c'est quelque chose
39:08qu'on retrouve à savoir
39:10la voix d'Adrien Luneau
39:11à l'époque
39:12substitue du procureur
39:13de la république
39:13à Angers
39:14il avait mené
39:14une partie de cette enquête
39:15et bien Adrien Luneau
39:16il est avec nous
39:16dans cette heure du crime
39:19monsieur Luneau
39:20je sais que c'est pas vous
39:21qui avez requis
39:22évidemment à ce procès
39:23aux assises
39:25vous n'étiez pas
39:26évidemment impliqué
39:27dans ce verdict
39:28mais un mot tout de même
39:29sur ce verdict
39:29qu'en pensez-vous ?
39:31écoutez la portée
39:32du verdict
39:33ça dépend pour qui
39:34je pense que pour
39:35les proches de la victime
39:37quelle que soit la peine
39:38on retrouve pas son père
39:39on retrouve pas son frère
39:40on retrouve pas son fils
39:42ça n'enlève rien
39:43maintenant je remarque
39:44qu'il n'y a pas eu d'appel
39:46ça signifie peut-être
39:47que ce verdict
39:48finalement
39:49de 16 années
39:49de réclusion criminelle
39:50était celui
39:51qu'il fallait prononcer
39:52pour mettre un terme
39:52à cette histoire
39:53c'est une possibilité
39:54effectivement
39:55maître Mathilde Dillivnet
39:57vous êtes l'avocate
39:57de la fille aînée
39:58de Béatrice Nancel
39:5916 ans de prison
40:01pour Béatrice Nancel
40:02vous attendiez
40:03à ce verdict
40:05à cette peine ?
40:08dire qu'on s'y attendait
40:09je ne sais pas
40:10puisque comme vous l'avez
40:12indiqué tout à l'heure
40:12il y avait cette question
40:13de la préméditation
40:14qui était en balance
40:15donc de toute façon
40:16le maximum légal
40:17était assez différent
40:18qu'on retienne
40:19ou non la préméditation
40:21après vous l'avez rappelé
40:22moi je suis l'avocat
40:23de la fille aînée
40:24de Madame Nancel
40:25son positionnement
40:27c'est qu'elle
40:27elle souhaitait
40:28indépendamment
40:29de l'extrême gravité
40:31des faits
40:31qu'avait commis sa mère
40:32elle souhaitait
40:33la retrouver au plus vite
40:34au moment de l'audience
40:36c'est une jeune adulte
40:37de seulement 19 ans
40:38donc cette peine
40:40elle a été acceptable
40:42en tout cas
40:42pour cette jeune fille
40:43que je représentais
40:44comment est-ce que
40:45la décision a été accueillie
40:47en général
40:47par la famille
40:49plutôt favorablement
40:50c'est-à-dire
40:51comment ça nous permettait
40:52comme dit
40:53monsieur le procureur
40:54de mettre en terme
40:55à cette histoire
40:57alors pour chacun
40:59évidemment
40:59l'audience
41:00et le verdict
41:01c'est en tout cas
41:03un point d'étape
41:04dans une histoire
41:05c'est un point d'étape
41:06dans un deuil
41:07parfois compliqué
41:09j'étais l'avocat
41:10uniquement
41:11de la fille aînée
41:12de Madame Nancel
41:13je crois savoir
41:15néanmoins
41:16que pour la famille
41:16de monsieur Rabouin
41:18ça a été un peu difficile
41:19que la préméditation
41:20n'ait pas été retenue
41:21parce que
41:22vous avez cité
41:23tout à l'heure
41:23quelques propos
41:24de maître Hugo
41:25et du côté
41:26de la famille
41:26de monsieur Rabouin
41:27on était persuadés
41:28de cela
41:28et je pense
41:29qu'on s'attendait
41:30de leur côté
41:30en tout cas
41:31à une peine
41:31plus importante
41:33cela étant
41:34voilà
41:34la justice est passée
41:35et ça permet
41:36à chacun
41:37de pouvoir
41:38continuer à avancer
41:39un mot là-dessus
41:41Adrien Luneau
41:43elle est condamnée
41:44à 16 ans
41:44on vient de le dire
41:44avec maître Mathilde Livnet
41:47comment expliquer
41:49cette clémence
41:49entre guillemets
41:50des jurés
41:51parce qu'il y avait
41:51la porte ouverte
41:52à l'après-méditation
41:53quand même
41:53dans cette histoire
41:54on peut peut-être
41:55imaginer que si les rôles
41:56avaient été parfaitement inversés
41:57c'est-à-dire qu'on avait
41:58une femme
41:59qui avait quelqu'un d'autre
42:00dans sa vie
42:01qui voulait quitter son mari
42:01et qu'on avait eu un mari
42:03qui avait mis en scène
42:05des menaces
42:05pendant des mois
42:06et qui avait ensuite
42:06tué son épouse
42:07à coups de pied de biche
42:08et qui avait ensuite
42:09dissimulé le corps
42:10peut-être
42:11je n'en sais rien
42:11c'est putatif
42:12mais c'est aussi
42:13le magistrat
42:14qui a été en cours d'assises
42:15à plusieurs reprises
42:16qui parle
42:16mais peut-être
42:18que la peine
42:18aurait pu être différente
42:19peut-être qu'on a
42:21humainement
42:22quand je dis on
42:23c'est les jurés
42:24c'est le public
42:25on n'a pas la même
42:26appréciation
42:26de la gravité des faits
42:28lorsque les rôles
42:30les plus courants
42:31sont inversés
42:31entre le mari et la femme
42:32dans une affaire criminelle
42:33mais oui effectivement
42:34c'est une mécanique subtile
42:36la mécanique des assises
42:38avec les jurés
42:39les partis civils
42:41etc
42:41c'est toujours assez compliqué
42:43maître Mathilde Livnet
42:44est-ce que Béatrice Nancel
42:45est toujours détenue
42:46aujourd'hui ?
42:48je n'ai pas la réponse
42:49à votre question
42:50monsieur Richard
42:51je l'ignore
42:52cela étant
42:53pour ce que j'en sais
42:55en tout cas
42:55au moment de l'audience
42:56en 2020
42:57c'est une détenue
42:58qui ne pose strictement
42:59aucune difficulté
43:00sur son lieu de détention
43:02c'est une détenue
43:03qui travaille en détention
43:04qui se soigne
43:05donc avec le jeu
43:07des remises de peine
43:07si sa détention
43:08s'est poursuivie
43:10comme elle se déroulait
43:11au moment de l'audience
43:13il est possible
43:14qu'elle ne soit plus détenue
43:15mais je ne peux pas
43:16assumer quoi que ce soit
43:17à ce sujet
43:18juste un tout petit mot
43:20on sait qui est
43:22aujourd'hui
43:22Béatrice Nancel
43:25machiavélique
43:25ou bien alors
43:25dépassée par sa colère
43:28je pense que
43:29c'est un petit peu
43:30tout cela à la fois
43:32la psyché humaine
43:34est complexe
43:35et dans ce dossier
43:36on le disait tout à l'heure
43:37on voit que tout à la fois
43:38Béatrice Nancel
43:39elle a pu dissimuler
43:40elle a pu manipuler
43:42elle a pu mettre en place
43:43des stratagèmes
43:45mais que
43:46au-delà de cela
43:47les éléments de personnalité
43:48et puis ce qu'on sait
43:49du fonctionnement
43:50de ce couple
43:50et de cette famille
43:51c'est que c'était une femme
43:52extrêmement malheureuse
43:53une femme désespérée
43:55submergée par sa colère
43:57et par sa haine
43:57lorsqu'elle a compris
43:58que M. Rabouin
43:59allait définitivement partir
44:01C'est ça
44:01qu'il allait partir
44:03Adrien Luneau
44:03je termine cette émission
44:04avec vous
44:05qu'est-ce qui vous a marqué
44:06le plus dans cette affaire
44:07vous étiez à l'époque
44:09substitut du procureur à Angers
44:11Lors de la reconstitution
44:12moi j'ai été marqué
44:12par le
44:13vraiment le sang froid
44:15et même la froideur
44:16humaine
44:17de Béatrice Nancel
44:18qui désigne
44:19les endroits
44:19où elle a craigné le corps
44:21etc.
44:21de manière assez mécanique
44:22sans montrer d'humanité
44:24réellement
44:24de manière très froide
44:25alors qu'elle a tué son mari
44:27il y a des enfants
44:28donc oui oui
44:29ça remonte à 10 ans
44:30mais c'est une affaire
44:31c'est une de mes premières affaires
44:32criminelles en tant que magistrat
44:34et c'est une affaire
44:35qui m'a réellement marqué
44:37Merci beaucoup
44:37Adrien Luneau
44:38et Maître Mathilde Livnet
44:40d'avoir été les invités
44:41de l'heure du crime
44:41merci à l'équipe de l'émission
44:43rédactrice en chef
44:43Justine Vigneault
44:44préparation Marie Bossard
44:45Lily Labeilly
44:46réalisation en direct
44:47Jonathan Griveaux
44:48Merci à mes Tipeurs