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  • il y a 2 jours

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Personnes
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00:00...
00:04J'achète des glaces, elle ne voit pas comme elle est déjà,
00:06elle ne pourrait pas l'éviter sa glace.
00:08Les gens n'ont pas de filtre avec les personnes grosses.
00:11Mais tu n'as pas le physique pour ce poste.
00:14Je veux dire, je n'ai pas le physique, mais j'ai peut-être la tête,
00:16j'ai peut-être les compétences, et ça on ne le prend pas en compte.
00:19Elle me filmait, elle me disait que j'étais en direct sur YouTube.
00:21Tu es grosse, tu es dégueulasse, tu me dégoûtes, tu me donnes envie de vomir.
00:25Je n'ai pas envie qu'un jour, on disait à ma fille,
00:27ta maman, elle ressemble à un monstre, et qu'elle rentre à la maison,
00:30elle me dit, mais maman, tu es un monstre, tu es grosse.
00:33Je me faisais livrer les courses, je faisais des crises d'hyperphagie,
00:36je vivais au milieu de mes détritus.
00:38Tous les jours, je me demandais comment j'allais mourir,
00:40comment j'allais me suicider.
00:41Pour moi, c'est un acte politique de montrer mes jambes,
00:44de porter un short.
00:45J'ai le droit des gens, en tant que femme, de porter ce que je veux,
00:48mais en plus de ça, je n'ai pas besoin de l'approbation des autres personnes.
00:52Il n'y a personne qui n'a rien à dire.
01:11Bonjour à tous !
01:14Aujourd'hui, c'est de tolérance dont nous allons parler.
01:17Parce que nos invités sont différentes,
01:20parce que leur silhouette ne correspond pas aux normes de la beauté,
01:23elles souffrent de ce qu'on appelle la grossophobie.
01:26Alors, en préparant cette émission, j'ai réalisé que, consciemment ou non,
01:30on participe tous à ce que nos invités se sentent persécutés.
01:34Même si on ne pense pas à mal,
01:36lequel d'entre nous n'a pas observé l'assiette d'une personne ronde au restaurant,
01:40n'a pas détaillé ses courses au supermarché ?
01:42Qu'est-ce qui nous dérange, en fait ?
01:44Et si on essayait aujourd'hui de mettre des mots sur ce qui nous fait peur,
01:48c'est l'ambition de notre émission aujourd'hui,
01:50se parler, c'est déjà avancer, et ça commence aujourd'hui.
01:59Bonjour, Gabrielle.
02:00Bonjour.
02:01Bonjour, Sabrina.
02:02Bonjour.
02:02Je suis ravie que vous ayez accepté de participer à cette émission
02:06qui nous semble extrêmement importante.
02:08J'oserais même utiliser le mot urgente.
02:10C'est un vrai sujet d'actualité, la grossophobie.
02:13Vous allez nous raconter comment vous vivez ça au quotidien.
02:15Mais d'abord, je voudrais vous présenter Déborah Tellier.
02:19Bonjour, Déborah.
02:20Bonjour.
02:20Vous êtes psychologue clinicienne, docteur en psychologie,
02:24et vous allez nous accompagner aujourd'hui pour nous éclairer sur ce sujet qui est encore assez méconnu.
02:30Gabrielle, d'abord.
02:31Vous souffrez d'obésité, c'est une maladie, il faut le rappeler.
02:34Donnez-nous un exemple concret peut-être du dernier acte de grossophobie dont vous avez été victime, Gabrielle.
02:39Il n'y a pas très longtemps, je suis allée dans une boulangerie, je demande deux croissants,
02:43et il y a une dame derrière moi qui dit à la boulangère « pour moi, un suffira ».
02:51Vous ressentez quoi à ce moment-là quand vous entendez ça, cette grossophobie ordinaire ?
02:54Parce qu'on est vraiment au cœur de votre quotidien.
02:56Je me retiens de l'insulter, en fait.
03:01Vous avez vécu un épisode encore plus violent dans une auberge de jeunesse ?
03:05Oui, c'était en pleine nuit, ce sont des lits-cabines avec des rideaux,
03:10et puis j'entends qu'on tire mon rideau et qu'on crie « Biggie sur YouTube, Biggie sur YouTube,
03:16Biggie », ça veut dire la grosse.
03:20La fille était complètement folle et elle m'insultait.
03:24Elle vous filmait ?
03:25Oui, elle me filmait, elle me disait que j'étais en direct sur YouTube,
03:28et elle me disait en anglais « t'es grosse, t'es dégueulasse, tu me dégoûtes, tu me donnes envie
03:34de vomir ».
03:35Donc ça a duré super longtemps.
03:38Après, ça a fini avec la réception, la fille s'est fait virer.
03:42Et voilà, mais ça a été quelque chose de super violent.
03:45Rien qu'à leur raconter, on en a la gère de poule.
03:50Vous subissez aussi des choses comme ça, Sabrina ?
03:52Ça ne vous étonne pas, en fait, ce qu'elle nous raconte ?
03:53Non, ça ne m'étonne pas.
03:54Parce que nous, on tombe des nues, en fait.
03:55Ça ne m'étonne pas et ça me fait pitié, en fait, de la part des gens.
03:58C'est vraiment horrible d'être comme ça, envers des personnes différentes.
04:02C'est votre maman qui nous a écrit pour nous parler de vous.
04:06C'est une maman qui est très inquiète face à votre souffrance, à la souffrance de sa fille,
04:10qui ne supporte plus les moqueries dont vous êtes constamment victime, Sabrina.
04:13Comment vous avez réagi quand elle vous a parlé de sa démarche ?
04:17Super bien.
04:18Tout de suite ?
04:18Oui, c'était quelque chose que je n'osais pas faire moi-même.
04:23Et du coup, ça m'a fait plaisir et ça m'a mis un coup de fouet pour pouvoir me
04:28lancer dans l'aventure.
04:28Vous en parlez souvent, toutes les deux ?
04:30Oui.
04:30Oui, parce qu'elle a été présente lors de mes plus gros chagrins.
04:35Donc du coup, puis elle-même, étant ronde, entre guillemets,
04:42pas comme on pourrait dire, mais elle se trouve ronde,
04:46elle me dit qu'elle a sa famille, elle a fait sa vie,
04:50et que maintenant, il faut que je prenne soin de moi et que je surmonte ça pour faire la mienne.
04:56C'est courageux de venir parce qu'il faut s'exposer au regard.
04:59Vous allez à la télévision.
05:00Oui.
05:00Donc c'est un vrai grand premier pas ?
05:03Oui, vraiment.
05:04Même si je sais que vous avez ce sourire qui s'affiche,
05:06je sais aussi que vous êtes une femme vraiment blessée.
05:09Oui.
05:10Oui.
05:10C'est un masque.
05:12On va dire que c'est une barrière pour éviter de me blesser encore plus.
05:17Je me protège.
05:18Je me protège contre ce que j'ai pu vivre et ce que je peux vivre encore.
05:23Mais maintenant, voilà, je garde le sourire et j'évite tous ces regards,
05:29toutes ces pensées.
05:30Si vous faites cette démarche, c'est aussi pour votre fille.
05:32Vous avez une petite fille qui a un an, presque un an.
05:34C'est aussi pour elle que vous avez envie d'aller mieux ?
05:36Oui.
05:37Oui, oui, j'ai envie d'éviter toutes ces moqueries que j'ai pu subir en travaillant dans les écoles.
05:43Où j'ai un petit garçon un jour qui me dit « Ah, tu ressembles à un monstre ! »
05:47Et je n'ai pas envie qu'un jour, on disait à ma fille « Ta maman, elle ressemble à
05:51un monstre ! »
05:51Et qu'elle rentre à la maison et qu'elle me dit « Mais maman, t'es un monstre, t
05:54'es grosse ! »
05:55Ça, je n'ai pas envie qu'elle ait un regard comme ça sur moi.
05:57Quand on a préparé cette émission ensemble, Sabrina, notre équipe vous a demandé de vous replonger dans vos photos d
06:03'enfance.
06:03Est-ce que vous l'avez fait avec plaisir ?
06:05Oui.
06:06Ah !
06:07Oui, oui.
06:08J'en ai retrouvé pas mal.
06:09Oui.
06:10D'autres que pas du tout.
06:12C'est là où je me suis rendu compte qu'il y avait des périodes de ma vie, peut-être,
06:14que j'avais voulu effacer.
06:15Quelle période ?
06:16Mon adolescence.
06:18Qui est la période la plus difficile.
06:20Mais d'abord, l'enfance.
06:21L'enfance, j'ai réalisé ma prise de poids, en fait.
06:24Alors, ça a commencé quand, cette prise de poids ?
06:26À 6 ans, à l'âge où ma mère a donné naissance à mon petit frère.
06:30Donc, c'est la jalousie de l'arrivée du petit frère.
06:33Maman va me laisser.
06:34Elle va prendre soin du petit frère et je vais être de côté.
06:37Je suis la plus grande.
06:38Et donc, vous commencez à avoir un rapport biaisé à la nourriture ?
06:41Oui.
06:41Là, je commence à manger, à me lever très tôt le matin.
06:44Oui.
06:44Pour aller prendre des biscuits dans les placards.
06:46Comment réagissait votre maman à l'époque ?
06:49Elle voyait certainement qu'il y avait un rapport...
06:51Au début, elle ne voyait pas.
06:52Puis après, elle m'a vue derrière un fauteuil en train de manger.
06:56Et là, elle m'a grondée.
06:59Elle m'a demandé pourquoi je faisais ça.
07:01Je n'avais pas de réponse.
07:03Je mangeais.
07:04C'était bon.
07:04Et alors, cette adolescence, justement, l'âge de toutes les cruautés,
07:09on le sait, Déborah, vous en gardez quoi comme souvenir de votre adolescence ?
07:12Je suis rentrée au collège, je faisais 65 kilos.
07:15D'accord.
07:17Et je suis sortie du collège, je faisais 75-80 kilos.
07:21J'étais la bonne copine.
07:23La confidante.
07:25A quel âge vous avez eu votre premier petite amie ?
07:2618 ans.
07:28On est resté deux mois, on est resté caché à la vue de personne.
07:31Le temps qu'on apprenne à se connaître et tout ça.
07:34Puis quand on s'est montré à la vue de tout le monde,
07:37ses copains m'ont clairement dit qu'on est choqués.
07:41Mais j'ai mis choquée de quoi ?
07:44Il n'est jamais sorti avec une fille comme toi.
07:47J'ai dit, mais une fille comme moi ?
07:48Oui, ça veut dire quoi ?
07:48Ça veut dire quoi ?
07:50Avec des formes, avec du poids.
07:52Il est tout le temps sorti avec des filles fines, grandes, fines.
07:56Je dis, écoutez, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise ?
07:58Je veux dire, on est ensemble, voilà.
08:01Je ne peux pas être à sa place.
08:02Si on est ensemble, c'est qu'il est bien avec moi.
08:04Puis mon copain de l'époque a bien réagi.
08:06Il m'a dit que c'était déjà loup et qu'il fallait que je laisse parler.
08:09Du coup, j'ai laissé parler.
08:11Ça a duré 7 ans.
08:127 ans, quand même.
08:13Et alors, qu'est-ce qui s'est passé ?
08:14Pourquoi elle s'est terminée, cette jolie histoire de 7 ans ?
08:17Elle s'est terminée 2 mois avant un mariage.
08:20Ah !
08:20L'homme pas prêt.
08:22Après, on cherche tout le temps des excuses, on cherche à comprendre.
08:25Mais bon, à la fin, ça s'est terminé.
08:27Puis, il faut avancer.
08:29Alors justement, il faut avancer parce que dans ce moment très difficile, il y a une lueur
08:32d'espoir.
08:33Je trouve ça très joli.
08:34Il y a eu un déclic au moment où vous avez essayé votre robe de mariée.
08:38Parce que vous aviez été jusqu'à l'achat de la robe de mariée.
08:40Ah oui, oui, tout était fait.
08:41Deux mois avant le mariage, tout était fait.
08:42Oui, tout est fait.
08:43Tout est fait, c'est vrai.
08:43Et alors du coup, vous essayez votre robe et qu'est-ce qui se passe ?
08:46Mais là, la créatrice de la robe, une femme, elle aussi en surpoids, me dit « Mais
08:53tu es magnifique.
08:54As-tu déjà pensé à faire un concours ? »
08:58Un concours de quoi ?
08:59Un concours de quoi ?
08:59Je vais juste me marier.
09:00Ça existe.
09:01Je veux dire concours de quoi ?
09:02Un bébé, il y a le concours Miss Ronde.
09:04Je me dis « Je regarde, mais t'es folle.
09:06Je me dis « Mais t'es complètement folle.
09:08Moi, un concours de beauté. »
09:10J'ai dit non.
09:10Puis les concours pour...
09:11Ce que vous avez vécu, on comprend votre réaction.
09:12Voilà, puis je dis « Les concours pour Ronde, ça n'existe pas. »
09:14Elle me dit « Si, si, je t'assure, le concours Miss Ronde existe bien.
09:18Donc si tu veux te lancer dans l'aventure, je serai là pour toi, pour t'aider. »
09:23Et donc vous défilez ?
09:24J'ai tenté l'aventure le 28 août 2016, où j'ai été titrée Miss Ronde.
09:29Mais je suis très fière d'avoir Miss Ronde 2016 à mes côtés.
09:39Ça, c'est ma robe mariée personnelle.
09:41Vous avez défilé avec votre propre robe de mariée ?
09:44Oui.
09:46Ça ne vous a pas porté malheur ?
09:47Ben non.
09:49Ben non.
09:49En même temps, il fallait bien en faire quelque chose.
09:50Vous l'aviez acheté ?
09:51Je ne voulais pas en faire quelque chose.
09:51Ben oui, il y a l'air bon.
09:52Vous avez raison.
09:52Vous êtes magnifique.
09:53Alors on aurait pu penser qu'après cette expérience épanouissante,
09:57vous laissiez tous ces complexes derrière vous.
09:59Mais non.
10:00Parce que la société, Sabrina, vous rappelle en permanence que vous souffrez d'obésité,
10:04de votre différence.
10:06Exactement.
10:06De quelle manière, justement ?
10:09Quand vous achetez des glaces ?
10:12Quand j'achète des glaces, c'est...
10:14Mais elle ne voit pas comme elle est déjà.
10:16Elle ne pourrait pas l'éviter, sa glace ?
10:18Elle n'est pas assez grosse pour manger une glace ?
10:21Je veux dire, si ça existe, j'ai le droit de la manger ?
10:23Ce n'est pas parce que je fais 52 que je ne peux pas manger une glace ?
10:26Je la rejoins parce que moi, même quand je fais mes courses,
10:29il y a des gens qui me disent
10:30« Ah non, vous ne devriez pas prendre le chocolat, ça ne va pas vous faire du bien. »
10:34Et en fait, les gens se permettent une intrusion.
10:38Il n'y a pas de filtre, en fait.
10:40Les gens n'ont pas de filtre avec les personnes grosses.
10:42Au travail, vous subissez aussi des discriminations, des remarques comme ça ?
10:46Oui, oui.
10:46Dans le cadre professionnel aussi ?
10:47Oui.
10:48Et ça, c'est les 100 jeunes.
10:50Alors, c'est-à-dire ?
10:50Les 100 jeunes.
10:51C'est les collègues de boulot qui nous regardent et qui nous disent
10:53« Oh, mais tu ne devrais pas manger ça, l'été arrive.
10:56Ce n'est pas bon pour la santé. »
10:58Non, mais je me mêle de ce que la personne, elle mange dans son assiette, moi.
11:01Non, pas du tout.
11:02Ou c'est des réflexions, on veut changer de poste et on me dit
11:04« Mais tu n'as pas le physique pour ce poste. »
11:08Je veux dire, je n'ai pas le physique, mais j'ai peut-être la tête,
11:10j'ai peut-être les compétences et ça, on ne le prend pas en compte.
11:13Donc, du coup, oui, c'est en permanence.
11:14Et je vois ce qu'elle dit, c'est que moi, je ne fais plus mes courses dans les magasins.
11:18Je passe par le drive, parce que comme ça, on ne regarde pas ce que j'ai dans mon caddie.
11:22Comme ça, on ne me demande pas de pousser dans les rayons en me disant que je prends de la
11:25place.
11:26Comme ça, j'évite toutes ces réflexions et toutes ces remarques.
11:28Déborah, c'est ça aussi, la grossophobie.
11:30Qu'est-ce qu'on rejette, en fait ?
11:33On rejette la personne qui est hors norme.
11:35Et c'est surtout, c'est que les personnes qui ont des problèmes de poids
11:39véhiculent comme image le fait qu'elles n'ont pas de volonté,
11:42elles sont passives, elles sont dépendantes,
11:44elles sont immatures, elles sont faibles, elles n'ont pas de contrôle.
11:49Mais moi, je fais attention à mon poids, moi, je garde le contrôle,
11:53alors qu'elles, elles ne gardent pas le contrôle.
11:55En fait, il y a plusieurs choses qui se passent.
11:57C'est que dans l'esprit des gens, il y a la bonne grosse et la mauvaise grosse.
12:01La bonne grosse, c'est celle qui serait grosse que parce qu'elle a une maladie de la thyroïde
12:07ou les médicaments, etc.
12:10Et puis, la bonne grosse, elle a aussi des formes féminines.
12:13Donc, c'est celle qui a des seins et des fesses.
12:15La mauvaise grosse, c'est celle qui mangerait, qui se laisserait aller
12:18et qui, en plus, aurait une obésité qu'on appelle androïde,
12:22qui est une obésité...
12:24Sans forme, finalement.
12:25En fait, voilà, avec le haut, tout le haut qui est gros
12:29et des jambes un peu...
12:30On fait des nuances, même dans le terre.
12:31Donc, en fait, ça se joue aussi à ce niveau-là.
12:35Et socialement, la grosse qui a des problèmes hormonaux, par exemple,
12:42elle est quand même vachement plus acceptée que l'autre grosse.
12:44Moi, je l'ai fait moi-même dire que tout venait de mes hormones,
12:47mais parce que je savais que je serais méprisée si je parlais du reste.
12:51Vous savez que dans cette émission, on essaie aussi d'avancer,
12:54de réfléchir ensemble de quelle manière on peut faire bouger les lignes.
12:58Et vous savez que depuis tout à l'heure, je me pose une question
12:59et je vois qu'on tâtonne tous.
13:01Moi, j'avais l'impression, si je dis, ben voilà, vous êtes d'une personne grosse,
13:05j'ai l'impression que c'est un gros mot.
13:06On dit ronde, on dit...
13:07Dites-moi ce qu'il faut qu'on dise, en fait.
13:10Moi, je pense qu'il faut dire grosse.
13:12Parce que vous, je vois que vous utilisez ce mot beaucoup.
13:15Ah, mais je l'utilise quasiment que ce mot.
13:20Obèse, moi, je le laisse au médecin.
13:21C'est un diagnostic.
13:24Au quotidien, moi, je dis grosse
13:26et je pense que les gros doivent dire gros
13:28parce qu'il ne doit pas y avoir
13:30de connotation péjorative sur ce mot.
13:32Oui, c'est une revendication.
13:34Voilà, c'est un qualificatif.
13:36Et il y a des tas de choses qui sont grosses
13:38et que les gens sont contents que ce soit gros.
13:39Ils ont un gros compte en banque, ils sont contents.
13:41Ils ont une grosse voiture, ils sont contents.
13:43On va s'arrêter là, dans le gros.
13:47Petit dos, Déborah.
13:48On est toujours contents d'avoir des sous-gros.
13:50Déborah a raison.
13:51Mais voilà.
13:52Et donc, voilà, moi, je pense que, de toute façon,
13:54on est obligé de s'approprier le mot.
13:57Juste pour que...
13:58Enfin, si moi, je le dis, dans la bouche de l'autre,
14:00ça ne peut pas être une insulte.
14:03C'est une arme qui ne l'aura pas.
14:04Rond, enfin, moi, je trouve que toutes les périphrases
14:06et tous les euphémismes, ils ne confortent...
14:09Enfin, ils ne font que conforter la grossophobie, en fait.
14:11Mais c'est pour ça que je vous pose la question.
14:12Et c'est intéressant que vous nous donniez cette clé.
14:14Parce que j'ai l'impression d'être maladroite
14:16et je ne sais pas quel mot utiliser.
14:17Vous utilisez plus le mot ronde, ronde.
14:21Vous, ça vous correspond mieux, en tout cas ?
14:23Je ne sais pas si ça me correspond mieux,
14:25mais c'est qu'en fait, j'ai tellement été traité de grosse...
14:28Oui, que vous avez fait une allergie au vocabulaire.
14:30Voilà, le mot grosse, je le trouve grossier, en fait.
14:32Donc, du coup, je préfère employer ronde.
14:34Eh bien, je préfère attention à toutes les deux.
14:36Vous, Gabrielle, c'est à 16 ans que les choses ont basculé pour vous.
14:39Qu'est-ce qui s'est passé ?
14:40À 16 ans, je pesais...
14:42J'étais déjà petite, enfin, je...
14:44Déjà ? Ah oui, on est resté.
14:46Quand on est petit, on est petit.
14:47Voilà, je faisais déjà 1m53, ça n'a pas changé depuis.
14:51Je faisais 65 kilos, j'étais hyper sportive.
14:53Je faisais...
14:54Enfin, j'étais dans des clubs de volée, de hand.
14:56Enfin, j'étais hyper musclée.
14:58Et je pesais 65 kilos.
15:00De muscles ?
15:01Voilà, de muscles, ouais, mais vraiment, du muscle.
15:04Et je m'habille en 40, et puis, il y a la rentrée des classes, et avec mon père, on
15:09va acheter...
15:10On va faire les courses.
15:12Et j'achète un jean, et là, le 40, enfin, voilà, c'est un peu juste.
15:16Donc, moi, je ne m'en fais pas trop, je prends le 42, et voilà.
15:20Et puis, je rentre à la maison, et en fait, ma mère, je me souviens qu'elle a été un
15:26peu choquée par le fait que je passe au 42.
15:29Parce que, pour elle, ma mère s'habillait en 34, elle était très très fine, et puis, pour elle, 38,
15:36c'était déjà beaucoup, en fait.
15:39Quelle pression sur vos épaules !
15:40Et voilà, mais donc, le 42, c'était passé vraiment de l'autre côté.
15:45Après, je sais qu'elle avait des craintes, parce qu'elle avait une grande sœur qui était obèse, et qu
15:48'elle a vu souffrir à faire des cures, et des choses comme ça.
15:52Donc, je pense qu'elle avait un trauma vraiment familial à ce niveau-là.
15:56Et donc, j'ai des copines, j'en parle à des copines, et il y en a qui avaient, enfin,
16:00il y avait un couple de jumelles qui avaient perdu 10 kilos.
16:03Et elles m'ont dit, ben, moi, je suis allée voir un docteur pour maigrir, et je dis, bon, ben,
16:08je vais faire pareil.
16:08Donc, vous allez voir un docteur ?
16:10C'est ça.
16:10À 16 ans, pour maigrir ?
16:11Voilà.
16:12Et qu'est-ce qu'il vous dit ?
16:13Alors, donc, moi, j'y vais pour perdre 10 kilos, enfin, je me dis, je fais 65 kilos, si j
16:17'en perds 10, c'est génial.
16:19Et donc, lui, il commence par me dire qu'il faut en perdre 20.
16:22Donc, déjà, vous vous prenez une petite claque ?
16:23Ouais, c'est ça. Et puis, il me fait des bilans, et puis, au rendez-vous d'après, il me
16:27dit que j'ai une maladie de la glande surrénale.
16:29Donc, enfin, j'y pige pas grand-chose, mais il me file un traitement hormonal assez fort.
16:36Et en quelques, en fait, en quelques mois, enfin, en trois mois, pendant l'été, déjà, j'ai une furonculose
16:43qui apparaît.
16:45Donc, enfin, imaginez des furoncles partout, partout, partout.
16:48Ouais, déjà, quand on est bien dans ce dos, ça aide.
16:50Voilà. J'ai de la pilosité qui s'est mise, enfin, je me suis mise à avoir des poils à
16:55des endroits improbables, sur les épaules, sur les seins, sur la barbe.
16:59Enfin, enfin...
17:01Cauchemar.
17:01Voilà. Et j'ai pris 30 kilos.
17:04Et donc, c'est un été particulièrement difficile.
17:07Du à ce traitement, en fait ?
17:09Oui. La deuxième fois que je vais le voir, il me dit que c'est la catastrophe.
17:12Il me met une diète encore plus sévère que la diète qu'il m'avait déjà donnée pour perdre les
17:1810 kilos.
17:18Parce qu'en fait, il pense que vous vous mangez en douce.
17:20C'est ça.
17:21Il ne vous fait pas confiance.
17:22Et en fait, moi, j'arrive à un stade où je continue à grossir avec ces traitements hormonaux.
17:28Je suis au régime, je grossis et je pète un peu les plombs et je me mets à fantasmer la
17:33nuit sur ce qu'il y a dans les placards, en fait.
17:36Et parce que le régime qu'il me donne, c'est de l'eau bouillie, enfin, de la viande bouillie
17:40et des haricots verts.
17:44Et donc, non seulement je ne maigris pas, je grossis.
17:47Et en fait, à partir de ce moment-là, il y a eu un rapport...
17:51Enfin, je suis passée de gourmande à névroser, quoi.
17:55Il y a eu un déclic qui s'est fait dans ma tête.
17:58Ça s'appelle l'hyperphagie, c'est ça ?
17:59Oui. En fait, j'ai fait des crises, oui.
18:02L'hyperphagie, c'est le fait de manger en grande quantité, en peu de temps, et de ne pas se
18:07faire vomir.
18:09Et donc, voilà, j'ai fait des crises comme ça.
18:14Et là, j'ai pris encore du poids.
18:16Et huit mois plus tard, je pesais 120 kilos.
18:18Vous aviez pris le double de votre poids ?
18:20C'est ça. Alors, j'étais partie à 65 pour perdre 10 kilos.
18:24Et là, j'imagine que la tête ne suit pas quand son corps est métamorphosé comme ça.
18:28J'ai 17 ans, je suis en première à l'école.
18:32Je me fais convoquer par les profs parce qu'il y a des camarades qui disent que je sens mauvais.
18:36Donc, il y a l'infirmière de l'école qui me dit, vérifie si tu n'as pas des mycoses
18:41qui puent entre tes bourrelets.
18:43C'est juste super humiliant.
18:46Et du coup, je commence à...
18:48Je somatise beaucoup. J'ai eu plein de maladies imaginaires.
18:52Et puis après, je me mets à prendre goût pour l'école buissonnière.
18:57C'était plus possible pour moi.
19:00J'avais l'impression de devenir un monstre.
19:03Alors du coup, au quotidien, ça ressemblait à quoi, cette vie ?
19:05Vous vous cachiez en permanence ?
19:08En fait, c'était surtout...
19:10J'ai vécu des phases d'agoraphobie
19:14où le simple fait de sortir de ma chambre provoquait de l'angoisse, en fait.
19:19Et voilà, il m'est arrivé pendant des semaines entières
19:22de ne jamais sortir de ma chambre, mais jamais de l'appartement.
19:27Vous regardez dans le miroir ?
19:28Vous vous rendiez compte que vous avez...
19:29J'avais mis un pareo sur le miroir que j'avais dans ma chambre
19:33pour ne pas qu'il y ait de miroir.
19:34Je prenais ma douche dans le noir.
19:36Et le pire, c'est qu'il y a encore pire, en fait.
19:39Il y a encore une goutte d'eau qui va être celle de trop.
19:41Vous pouvez nous la raconter ?
19:42Ah ben oui, j'ai 23-24 ans, je suis à Montpellier, à la fac.
19:47Ça fait longtemps que j'ai arrêté d'aller voir les médecins,
19:48parce que je n'ai plus trop confiance.
19:51Et en fait, je rencontre une médecin qui m'explique, en fait,
19:54la maladie qu'on m'a diagnostiquée quand j'avais 16 ans,
19:57je ne l'avais pas.
19:59Et qu'en fait, j'avais un banal syndrome des ovaires
20:02que 10% des femmes ont, des ovaires polykystiques.
20:06Mais comme on a soigné autre chose...
20:09Ça n'a fait qu'aggraver.
20:10Donc ça fait pas 10 ans, mais ça fait presque 8 ans
20:14que vous êtes soignée pour une maladie que vous n'avez pas ?
20:16C'est ça.
20:16Et qui vous plonge au fond de la piscine, quoi ?
20:19Complètement.
20:20Complètement.
20:21Et elle, en fait, la première chose qu'elle me dit, c'était...
20:24Enfin, voilà, moi, je lui dis...
20:25Ouais, non, je faisais 125 kilos, je m'en rappelle.
20:27Parce qu'elle me demande mon poids, si je le connais.
20:29Et je lui dis, je fais un quintal, un quart.
20:31Et là, elle est choquée.
20:33Parce que c'est ce qu'on utilise quand on pèse les animaux, quoi.
20:36Voilà.
20:36Et vous me parliez de vous comme ça.
20:37Je parlais de moi comme ça, mais parce que les médecins que j'ai rencontrés avant,
20:40ils me parlaient comme ça, en fait.
20:43C'est intéressant ce que vous dites, Gabrielle.
20:44Je me permets juste de vous interrompre.
20:45Mais il y a aussi de la grossophobie dans le milieu médical.
20:47Moi, c'est ce que j'ai appris en préparant cette émission.
20:50C'est que j'avais l'impression qu'on pouvait s'attendre à toute la bienveillance du monde
20:53de la part de ceux qui devraient comprendre, qui devraient comprendre le fonctionnement de nos corps.
20:56Et en fait, non.
20:57C'est parfois ceux les plus violents.
20:59Alors, je vais bien insister sur le parfois.
21:02Parfois.
21:02Non, non, non.
21:03On ne fait pas du tout.
21:03On n'est pas là du tout pour faire de généralité.
21:05Mais en tout cas, il n'y a pas une bienveillance.
21:08Effectivement.
21:08Ce n'est pas la majorité.
21:09On s'attend toujours à une bienveillance.
21:11Mais effectivement, les médecins, ce sont avant tout monsieur et madame tout le monde
21:14avec leur histoire, leurs préjugés, leurs jugements.
21:18Et donc, ils vont, en fait, et leur représentation de l'obésité.
21:22En fait, finalement, comme on l'a dit tout à l'heure, l'obésité, c'est une maladie.
21:25Donc, tous les médecins ne connaissent pas forcément tous les tenants et les aboutissants de l'obésité.
21:30Donc, il y en a quelques-uns qui imaginent que l'obésité est juste due à un problème alimentaire.
21:35Et pour vraiment familiariser, ils n'ont qu'à bouffer moins, ils n'auront plus de problème de poids.
21:40Voire même, j'ai beaucoup de mes patients qui ont entendu qu'il n'y avait pas d'obèse au
21:44retour d'Auschwitz.
21:45Ah, moi, on me l'a dit plusieurs fois, ça.
21:46Donc, vous voyez, c'est un manque de...
21:48Ah oui, il n'y avait pas d'obèse au retour d'Auschwitz.
21:50Ah oui, oui.
21:50Ou je vous enfermerai dans un... Si je vous enfermais dans un placard, vous verrez, vous n'aurez pas de
21:55problème de poids.
21:56C'est attrape.
21:56Donc, effectivement, ces médecins-là, encore une fois, ce sont des hommes avant tout.
22:02Après, c'est vrai qu'ils ont un devoir, effectivement, de soigner, mais aussi un devoir préventif.
22:08Donc, certains vont le faire avec bienveillance, et beaucoup, et heureusement.
22:11Mais, effectivement, certains vont le faire de façon soit au mieux maladroitement, soit très agressivement.
22:18Est-ce que vous, vous avez des trucs horribles dans le milieu médical ?
22:22Qu'est-ce qu'on a pu vous dire ?
22:25Pendant ma grossesse, moi.
22:26Ah, puis c'est bien, c'est le bon moment.
22:28Ah oui, oui, pendant ma grossesse, on m'a demandé de perdre du poids.
22:30La sage-femme, quand elle a vu mon poids, je faisais 125 kilos pendant ma grossesse.
22:35Quand elle a vu mon poids, elle me dit, ouh, 126 kilos, il va falloir penser à maigrir.
22:39J'étais à 7 mois de grossesse.
22:41Je l'ai regardée, je me suis dit, excusez-moi.
22:43C'est pas le moment, ouais.
22:43Je suis à 7 mois de grossesse, j'ai pris un kilo, vous voulez que je perde de quoi ?
22:47En fait, on passe à côté de beaucoup de choses, enfin, les médecins passent à côté de beaucoup de choses
22:51quand on est ronde.
22:53Notamment les gynécologues qui, déjà, sur les questions de contraception, ils se demandent à quoi ça va nous servir.
23:02Et en fait, je connais quelqu'un qui était allé chez le médecin parce qu'elle avait des grosses douleurs
23:07au ventre.
23:08Il lui a dit que c'était une indigestion, c'était une grossesse extra-utérine.
23:11A aucun moment...
23:13Il a eu le bénéfice du doute.
23:14A aucun moment on lui demande si elle a des rapports sexuels, si elle peut tomber, si elle peut être
23:18enceinte ou pas.
23:19Non, parce que pour les médecins, la plupart des médecins, maintenant, on y est ronde.
23:24Donc on est stérile.
23:26Donc vous êtes stérile.
23:26Oui, on aura de grosses difficultés.
23:28Ou alors, on n'a pas de relation sexuelle.
23:30Ou alors, on n'a pas de relation sexuelle.
23:30Ou alors, on n'a pas de relation sexuelle.
23:31On me l'a mis en tête à l'âge de 15 ans que j'étais grosse et que, carrément,
23:35on m'a dit comme ça.
23:36Vous êtes grosse, vous n'aurez pas d'enfant.
23:38Donc moi, j'étais persuadée que je ne pourrais pas avoir d'enfant.
23:42Je veux dire, j'ai mis un mois à avoir ma fille.
23:45Quand on vous entend comme ça et quand on prend en plein fouet tout ce que vous nous racontez,
23:49on se demande jusqu'à quel point, à un moment, on n'a pas des idées vraiment noires.
23:54Ça vous est arrivé, vous ?
23:55Ah oui, mais complètement.
23:58J'ai eu plusieurs stades de dépression, en fait.
24:01Et il y a eu l'adolescence avant la fac où ça a été très, très dur.
24:05Mais il y a eu après la fac, quand je ne trouvais pas de travail et que j'allais à
24:10des entretiens
24:11où on remettait en cause, en fait, ne serait-ce que mon intellect.
24:16Enfin, une fois, j'ai passé un entretien d'embauche où on m'a dit
24:19le QI est inversement proportionnel à l'IMC.
24:23Le QI, donc le quotient intellectuel, et l'IMC, ce qui sert à calculer si on est normal ou pas.
24:30Et donc, il y a eu des moments de ma vie, mais d'ailleurs, l'année dernière,
24:34avant d'écrire le livre, avant que je commence à écrire le livre,
24:37tous les jours, je me demandais comment j'allais mourir, en fait, comment j'allais me suicider.
24:40C'était... J'étais vraiment dans une phase très, très difficile.
24:47J'avais perdu mon... J'avais plus de job, j'avais plus d'appart, j'avais plus rien.
24:50Et il n'y avait pas un jour où je ne me demandais pas quelle solution avoir
24:55parce que je ne voyais pas le bout des choses, en fait.
24:57C'était... Enfin, je ne sers à rien, je ne peux pas m'approprier l'espace public,
25:02je ne peux pas avoir de travail.
25:03Et enfin, voilà. Et ouais, j'ai eu ces idées noires, ouais.
25:08Vous savez que quand on vous entend comme ça, c'est très dur à entendre.
25:11Et en même temps, vous avez ce sourire qui est si étonnant,
25:15qui illumine complètement votre visage.
25:17Et donc, je me demande, est-ce que c'est ce livre qui vous a transformé ?
25:20Bah, il m'a fait beaucoup de bien, oui.
25:22Ouais, mais vraiment.
25:23Alors, vous avez écrit.
25:24Donc, on ne naît pas grosse aux éditions Gouttes d'or.
25:28Qu'est-ce qui a été le déclic pour vous plonger dans l'écriture
25:30de tout ce que vous nous racontez, là, Gabrielle ?
25:32Bah, justement, la dernière expérience de travail que j'ai eue,
25:37c'était dans un collège où j'avais été embauchée
25:39comme assistante de vie scolaire.
25:43C'était une classe pour des élèves qui avaient des troubles cognitifs,
25:46qui étaient en retard, en fait.
25:49Et donc, voilà, j'étais l'assistante.
25:51Il y avait une enseignante, six élèves et moi.
25:55Et, en fait, le premier jour de travail, elle m'a dit,
25:57moi, je ne veux pas travailler avec une grosse.
25:59Donc, je lui ai dit, ça, c'est ton problème.
26:01Enfin, tant pis pour toi, quoi.
26:03Enfin, moi, j'étais embauchée.
26:05Enfin, voilà.
26:06Et puis, en fait, elle m'a fait convoquer par le principal la semaine d'après.
26:11Et il me dit, bon, Madame X a un problème avec vous.
26:13Donc, j'ai un problème avec vous.
26:15Donc, il va falloir trouver une solution.
26:17Enfin, de régler ces problèmes de poids.
26:20Donc, on se revoit à la fin du mois.
26:21Et en espérant que vous ayez commencé à maigrir.
26:25Donc, là, il y a eu...
26:26Enfin, toute l'année, ils m'ont harcelée, en fait.
26:31Et puis, moi, j'ai grossi.
26:33Parce que, enfin, c'est toujours pareil.
26:34À chaque fois que j'ai cette injonction de maigrir,
26:37je me viens grossir.
26:40Et puis, ça en est suivi une période de chômage.
26:43Une période où je n'ai plus payé mon loyer.
26:46Une période où je me suis retrouvée à faire des crises d'hyperphagie
26:51parce que je ne sortais plus de chez moi.
26:53Donc, je me faisais livrer les courses.
26:55Je faisais des crises d'hyperphagie.
26:57Je vivais au milieu de mes détritus.
26:58C'était l'enfer.
27:00C'était la Bordeaux, absolument.
27:01Et puis, j'ai une discussion à un moment
27:06avec celle qui deviendra mon éditrice l'année d'après
27:08où elle, elle avait fait un clip féministe.
27:12Et c'était sur le corps de la femme, en fait.
27:15Et ça m'a beaucoup travaillée.
27:18Et puis, un soir, alors que j'étais vraiment dans cette période très, très noire,
27:22je lui ai dit, est-ce que tu sais ce que c'est la grossophobie ?
27:25Et puis, elle me dit, ben, non.
27:27Et là, je lui raconte des choses comme je suis en train de vous raconter.
27:32Et en juin de l'année dernière, on a décidé qu'on ferait un bouquin, quoi.
27:35Et alors, vous l'avez lu, Sabrina, ce livre ?
27:37Non.
27:38Eh bien, je vous l'offre.
27:39Et alors, on a un autre cadeau.
27:41Enfin, je vous l'ai déjà fait, notre cadeau,
27:42puisqu'il y a une semaine, il y a notre coach, Christelle Albarret,
27:45qui est venue à votre rencontre à l'Est, dans le Gard.
27:49Parce qu'en fait, votre histoire, Sabrina,
27:51c'est que vous vous mettez énormément de barrières au quotidien,
27:54vous empêchez de faire beaucoup de choses tous les jours,
27:57que ce soit aller à la plage, à la piscine,
28:00et pas seulement ça, d'ailleurs, ne serait-ce que marcher dans la rue.
28:03On va regarder ces images, très douces.
28:05Vous allez nous dire ce que vous ressentez en vous regardant.
28:07Et on se retrouve après avec Christelle, en fait.
28:11J'ai 28 ans.
28:12Je pense que les gens se disent, elle ne prend pas soin d'elle,
28:15elle devrait faire un régime célibataire.
28:18Pourquoi ? Parce que, bon, les hommes n'assument pas.
28:21Les mots qui reviennent, c'est, tu es jolie, tu es gentille,
28:25mais ton visage ne va pas avec ton corps.
28:28Donc aujourd'hui, je ne supporte plus cette situation.
28:30J'aimerais avancer, évoluer, marcher à la tête haute.
28:35Je suis Christelle Albarès, je suis thérapeute et coach.
28:38Et je guide les gens à se sentir bien dans leur quotidien.
28:45Bonjour Sabrina, je suis très contente de vous rencontrer.
28:48J'avais hâte d'être là avec vous aujourd'hui.
28:50Vous m'emmenez ? Enfin, tu m'emmènes ?
28:51C'est parti Sabrina.
28:53Pourquoi tu avais eu besoin de m'emmener aujourd'hui comme ça dans les rues d'Alès ?
28:57Qu'est-ce que ça représente pour toi ? Qu'est-ce que ça t'évoque ?
28:59La honte d'entrer dans une boutique par rapport aux vêtements
29:03ou de demander si à ma taille, qu'on me répond de non.
29:08En boutique ?
29:09Oui.
29:11Bonjour.
29:12Bonjour.
29:15Alors, on fait un tour de piste ? On regarde ?
29:18D'accord.
29:24Vous avez des tailles jusqu'à quelle ?
29:26Jusqu'au 56-58.
29:28Tu pensais que dans Alès, il n'y avait pas forcément de boutique sympa
29:32où tu trouverais des choses à ta taille.
29:34Et en fait, là, tu te rends compte qu'il y a même au-delà de ta taille,
29:37il y a toutes les tailles.
29:38J'aurais une tendance à te proposer une tenue assez moderne, facile à porter, que ça soit quotidien et en
29:45même temps très féminin.
29:46C'est beau, mais je ne m'imagine pas dedans. J'adorerais.
29:49Tu vas essayer cette tenue et juste avant ça, je vais te donner un premier exercice à faire.
29:57Tu vas te regarder, toi, dans la glace et tu vas me dire qui est-ce que tu vois, ce
30:01que tu vois.
30:03C'est carrément la grosse, les grosses cuisses, les gros moulets, les gros bras.
30:08Je ne rentrerai jamais dans ce vêtement.
30:11Je te propose de refermer les yeux.
30:12Quand tu vas rouvrir les yeux, tu vas en parler à ton pire ennemi.
30:16Qu'est-ce que tu lui dis ?
30:17Je n'arriverai pas à être très, très méchante.
30:20Juste, voilà, ça ne te met pas en valeur pour ne pas se te tenir.
30:24Ok, je ne sais pas si tu as remarqué, mais en fait, quand tu t'es regardé, toi, toute seule
30:28dans la glace,
30:29tu as été ton pire ennemi parce que même quelqu'un ne t'aime pas, tu ne parlerais pas comme
30:33tu t'es parlé à toi.
30:34Donc la première prise de conscience que j'aimerais que tu fasses, c'est te rendre compte qu'en fait,
30:38la bienveillance, elle est sur toi.
30:40Je voudrais que tu essaies, c'est ensemble et que tu sois ta meilleure amie.
30:51Alors Sabrina, comment tu te sens ?
30:53Franchement, vraiment canon, j'adore.
30:57Tu te rends compte qu'en fait, si déjà, toi, t'es bienveillante envers toi-même, le regard de l
31:01'autre sur toi, il est beaucoup moins puissant.
31:04On va encore passer un cran, bien entendu, et là, je vais donner un antidote à la peur, ok ?
31:08Donc je te laisse te changer et puis je t'emmène à, tu sais où, dans une ganguette, à la
31:16plage, ok ?
31:33Tu sais pourquoi je voulais qu'on soit là aujourd'hui et qu'on vienne sur cette plage ?
31:38Parce qu'en fait, ça fait 8 ans que t'étais pas venue sur une plage.
31:43Je me suis dit, je peux pas te laisser une journée de plus comme ça.
31:45Est-ce que tu peux dépasser cette peur en allant marcher un peu le long de la rivière ?
31:49Et pourquoi pas aller se mettre un petit peu les pieds dans l'eau ?
31:53Allez, on y va.
31:56Tu peux balayer un peu plus ton regard, lever les yeux et puis regarder.
32:01Regarde, est-ce qu'il y a des gens qui te regardent, qui te regardent pas ?
32:04Là, ils s'en foutent, non ?
32:06Ouais.
32:06Totalement ?
32:07Ce que t'es en train de faire là, c'est traverser ta peur.
32:10Ouais.
32:10Tu me ferais confiance pour qu'on essaye de traverser ça ensemble ?
32:13Ouais.
32:14Ok, génial.
32:15Eh bien, écoute, on va lever les peurs et hauts et puis on va aller se baigner.
32:18D'accord.
32:18Ok ?
32:19Allez, on y va.
32:26C'est agréable, hein ?
32:28Ça valait le coup ?
32:29Ah oui, vraiment.
32:30Ouais.
32:32Qu'est-ce que tu te dis là, en fait ?
32:34Je suis en train d'apprécier le moment de présent.
32:36Ah ! Extraordinaire.
32:39Ah, oui.
32:56Mon petit chez moi.
32:58Ok.
32:58Donc ici, tu vis seule ?
33:01Tu vis...
33:02Je vis seule avec ma fille.
33:03Avec ta fille.
33:04D'accord.
33:04Donc, il n'y a pas d'homme ici ?
33:06Non.
33:07Mais c'est vrai que j'aimerais bien rencontrer quelqu'un.
33:08Je suis sur les réseaux sociaux, deux sites de rencontres.
33:11Et c'est vrai que de suite, où on zappe, où on vient me parler pour me demander des choses
33:16qui ne sont pas sérieuses.
33:20Ce que je vois sur la majorité des photos, c'est qu'en fait, t'es coupée là, en fait.
33:26Dans ce dernier exercice que je veux qu'on fasse aujourd'hui, c'est que tu ailles sur une photo
33:31qui soit en cohérence avec le 100% toi.
33:37Elle est superbe, celle-là.
33:39Un regard magnifique.
33:40Tu me regardes, là ?
33:42Maintenant, on y va.
33:44On met ça sur le réseau.
33:46Ok.
33:46Ok.
33:51Qu'est-ce que ça t'évoque quand tu vois ton profil avec cette photo ?
33:56J'ai un beau regard sur cette photo.
33:58Ok.
33:58Donc, du coup...
33:59T'as un beau regard, et puis ?
34:01Parce que là...
34:02Je me sens bien, là.
34:03Puis je suis entière.
34:04Je me trouve belle.
34:05Donc, du coup...
34:07Voilà.
34:07Je suis bien.
34:08Sabrina, je suis super contente de ce que tu me dis.
34:10T'as tout compris.
34:11C'est-à-dire que le regard des autres sur toi, c'est à partir au passé.
34:15Et aujourd'hui, t'as tout ce qu'il faut pour ouvrir ta vie pour toi et pour rencontrer la
34:20personne qui te correspond.
34:22Et puis surtout, au quotidien, pouvoir faire tout ce que tu veux.
34:29Mais que ça me fait plaisir !
34:32Ça me fait plaisir parce que c'est pas facile de se voir à l'image.
34:35Et vous n'avez pas perdu votre sourire, Sabrina.
34:38Non.
34:38Vous avez tout regardé avec un grand sourire et des yeux pétillants.
34:42Christelle m'a beaucoup, beaucoup, beaucoup aidée.
34:44Christelle qui est donc avec nous sur ce plateau.
34:46Bonjour, Christelle.
34:46C'est maintenant un regard totalement différent sur moi-même.
34:50Et vraiment, c'est une expérience que je n'oublierai jamais.
34:54C'est-à-dire que depuis une semaine, vous avez vraiment senti concrètement des choses bouger ?
34:58Oh oui !
34:59C'est-à-dire qu'on se balade un peu en pare-haut toute la journée ?
35:01On se balade en pare-haut.
35:02Et c'est là où on a plus de 100 hommes qui aiment ma page.
35:09Non !
35:09En fait, c'était ma prochaine question, mais je n'osais pas y venir.
35:11Est-ce que vous êtes...
35:12C'est vrai ?
35:13Ah si, si.
35:14Plus de 100...
35:14Il y a 100 mecs qui ont liké.
35:16Ah oui, oui.
35:17Alors liké, c'est quand on dit sur les réseaux sociaux qu'on aime, on apprécie une photo.
35:20Oui, oui.
35:21Donc ils vont apprécier votre photo.
35:23Depuis que je suis arrivée hier soir ici, j'ai une dizaine d'hommes qui sont venus me parler.
35:28Ils disent que j'allais déménager dans le Normand.
35:31Il faut venir chez nous.
35:32C'est ça.
35:33Et qu'est-ce qu'ils vous disent, ces hommes ?
35:34Ah ben, pas plus.
35:35On ne parle pas de physique, on parle de la vie.
35:38On apprend à se connaître tranquillement.
35:40Et contrairement à ce que j'aurais pu faire avant, mettre des barrières sur mon physique,
35:44à dire attention, je suis une femme ronde.
35:49Si tu viens me parler juste pour obtenir quelque chose, un fantasme, quoi que ce soit, sur la femme ronde,
35:55tu n'obtiendras pas ça de moi.
35:57Aujourd'hui, je n'en parle même pas.
35:59Je parle de la pluie, du beau temps, de ce que la personne fait dans sa vie, ce que je
36:04fais dans la mienne.
36:05Quelque chose me dit que vous n'allez pas rester très longtemps célibataire.
36:08On verra bien.
36:08Ah ben, vous viendrez nous le raconter.
36:10Christelle, vous l'avez vue, d'ailleurs, ça se voit aussi dans votre regard,
36:13le regard si bienveillant que vous posez sur elle, qu'elle s'est métamorphosée,
36:17en quelques exercices.
36:18Elle était prête.
36:20Je crois qu'il n'y avait pas grand-chose qui manquait.
36:23C'était vraiment...
36:24C'est comme lorsqu'on est proche de...
36:26On a envie de sauter devant...
36:28On est à la piscine, on a envie, on est tenté.
36:30Mais par contre, on ne sait pas comment y aller.
36:32On a besoin des bons conseils.
36:33Elle s'est sentie en confiance et on a vraiment pu avancer.
36:36Et pour tous ceux qui regardent, justement, qui nous regardent aujourd'hui
36:39et qui sont peut-être dans une situation de complexe extrême comme Sabrina ou Gabriel,
36:44quelles sont les premières choses qu'on peut leur dire à la maison,
36:48leur dire de faire, même des petits exercices ?
36:50Qu'est-ce qu'on pourrait leur conseiller, Christelle ?
36:51La première chose que j'ai envie de dire concrètement,
36:54et c'est ce qu'on a vu dans le sujet avec Sabrina,
36:56c'est en fait défaire les lunettes de jugement, du regard de l'autre sur soi.
37:01Parce qu'en fait, une des premières choses qui nous freine,
37:04qui coupe tout, c'est ce que l'on pense que l'autre pense.
37:09Et on vit là-dedans.
37:10Quand à un moment donné, Sabrina, elle a arrêté de se parler
37:13d'une façon aussi agressive et négative,
37:16et qu'elle a commencé à être un peu plus sympa avec elle,
37:19ça a commencé à changer.
37:21C'est là que ça a basculé de l'autre côté.
37:23Soyons gentils et bienveillants avec nous d'abord.
37:26C'est la première chose.
37:26Je voudrais vous faire une petite surprise.
37:28Il y a votre maman, vous savez que c'est votre maman qui nous a écrit
37:30pour que vous participiez aujourd'hui à ça commence aujourd'hui.
37:33Elle a eu envie de vous laisser un petit message.
37:36Regardez ces images.
37:37Voilà, Sabrina, juste pour te dire que je suis de tout cœur avec toi.
37:42Je te soutiendrai jusqu'au bout.
37:45Garde confiance en toi.
37:48Je sais par où tu es passée, par où tu risques de passer encore.
37:52Donc, prends ta vie en main.
37:54Crois en toi, crois en ta vie.
37:56Et voilà, je te fais de gros bisous.
38:00Crois en toi, crois en ta vie.
38:01Je sais par quoi tu es passée.
38:03Ça vous touche d'entendre ces mots ?
38:04Oui, c'est le premier témoin de mes échecs.
38:08Et ça sera le premier témoin de mes réussites.
38:12Allez, le temps de nous remettre de nos émotions.
38:13On va accueillir Jean-Philippe, qui va vraiment nous expliquer
38:15pourquoi on a voulu traiter de ce sujet aujourd'hui.
38:17On est au cœur de l'actif.
38:25Bonjour, Jean-Philippe Doux.
38:27Alors, la grossophobie existe en France, on l'a vu.
38:30Mais en fait, elle existe partout.
38:32Aux Etats-Unis, eux, ils y vont carrément.
38:34Ça s'appelle le fat shaming.
38:36On n'est plus sur la peur, on est sur l'humiliation.
38:38À l'humiliation.
38:39On assume le fait d'humilier.
38:41Et il y a une tendance qui porte ce nom.
38:43Il y a une vraie tendance.
38:44On n'appelle ça les haters.
38:45Je te hais parce que tu es gros.
38:47Et ça a été le cas pour Rihanna.
38:49Rihanna, c'est une chanteuse mondiale reconnue.
38:52Elle n'est pas ronde du tout, Rihanna.
38:53Elle a des formes, comme on dit.
38:56Comment ?
38:56Elle varie.
38:57Elle varie, voilà.
38:58Oui, mais enfin.
38:58Et après la publication sur les réseaux sociaux de cette photo, il y a un blogueur.
39:05Un blogueur qui s'appelle, je ne vais pas lui en faire de la pub, mais il s'appelle Chris
39:09Paggs.
39:09Il est connu pour sa provocation.
39:11Et là, il dit, est-ce que Rihanna veut faire du gras la nouvelle tendance ?
39:16Vous imaginez la force des mots.
39:20J'imagine que ça fait vraiment écho à ce que vous vivez.
39:23Et Rihanna, elle ne s'est pas démontée.
39:25Et elle a répondu.
39:26Il faut m'aimer tout le temps si vous m'aimez vraiment.
39:29Et ça a été vraiment un buzz très positif.
39:32Il y a une vidéo également qui fait le buzz sur Internet.
39:34Voilà, c'était un bad buzz, comme on dit.
39:36Mais c'est devenu en effet un buzz positif.
39:38Elle s'appelle Nathalie H, l'héroïne de ce buzz.
39:41C'est elle.
39:42C'est une mannequin grande taille qui est vraiment suivie par des milliers et des milliers de personnes aux Etats
39:49-Unis.
39:49Et elle, elle a pris l'avion.
39:51Et elle s'est rendue compte que son voisin, que l'on voit ici en photo,
39:54en fait, il écrivait des messages à un copain.
39:57Et il disait en gros, j'espère qu'elle n'a pas mangé mexicain.
40:00Si l'avion n'arrive pas à décoller, tu sauras pourquoi.
40:02C'est horrible.
40:03Elle, en fait, elle l'a pris en flagrant délicue de grossophobie.
40:06Et elle l'a filmé.
40:07Et là, en fait, elle l'a interpellé en disant, mais qu'est-ce que vous êtes en train de
40:11faire, etc.
40:12Au début, il a nié.
40:13Finalement, il a accepté de reconnaître.
40:15Et il a pris conscience.
40:16Et quand on se rend compte que cet humour-là peut blesser,
40:19eh bien, on n'en est vraiment pas fier.
40:20Et c'était le cas de cet homme.
40:22Il est vraiment honteux de sa grossophobie qu'il n'imaginait même pas.
40:26Moi, j'ai l'impression qu'on parle beaucoup des mannequins grande taille aujourd'hui.
40:28Donc, on n'en a jamais autant parlé, en fait.
40:30Oui.
40:30Aujourd'hui, il y a des vrais stars.
40:32Des vrais stars.
40:33On appelle ça, donc, des mannequins grande taille.
40:35Aux Etats-Unis, on appelle ça les mannequins plus size.
40:38Plus.
40:38C'est une notion aussi.
40:40C'est positif.
40:41C'est plus size.
40:42Oui, c'est vrai.
40:42Et regardez, par exemple, je vous présente Tess Holliday.
40:45Tess Holliday, elle a 32 ans.
40:47Elle est américaine.
40:48Et elle a vécu le mannequinat comme une thérapie.
40:51C'est-à-dire, vraiment, elle était dans un grand malade.
40:53Vous, vous avez pris le...
40:55C'est un peu ce qu'a vécu aussi, Sabrina.
40:56Alors, c'est-à-dire qu'en fait, je trouve ça intéressant.
41:00L'une de nos témoins a décidé d'écrire un livre.
41:04L'autre a décidé de faire du mannequinat, en tout cas, un concours de beauté.
41:09Exactement.
41:09Et c'est exactement ce que ça a fait Tess.
41:11C'est une vraie star.
41:12Et puis, une autre star, on l'appelle la Gisèle Benchen Grandaille.
41:16C'est elle.
41:16Elle est magnifique.
41:17C'est Fluvia Lacerda, brésilienne.
41:19Il y a tous les hommes dans le public qui disent « Ah ouais, je suis vraiment jolie. »
41:22Mais c'est vrai parce que je peux vous donner aussi mon avis en tant qu'homme.
41:25C'est qu'en fait, les hommes aussi peuvent aimer les femmes, bien sûr, en surpoids.
41:29On aime les rondeurs.
41:30Et pas forcément, vous parliez de fantasme tout à l'heure, pas forcément comme quelque chose de fantasmatique.
41:37Mais quelque chose de...
41:38Voilà, on aime tout simplement, sans avoir à mettre de mots dessus.
41:41On vous aime.
41:42Pas forcément pervers.
41:42Exactement.
41:43Pas forcément pervers.
41:44C'est un bon résumé.
41:44C'est ça.
41:45On tournait autour du pot, mais c'est vrai.
41:46On peut aimer juste les rondes pour leur forme sans se dire que c'est pas pervers.
41:49On aime les grandes, les petites, les rondes, les brunes, les rousses, les frisées, les lisses.
41:52Et ces mannequins de grande taille, derrière chacune de ces mannequins, il y a des dizaines, des centaines, voire des
41:58milliers de femmes,
42:00et notamment d'adolescentes, qui se reconnaissent et qui disent, si elle a la réussie, moi aussi, je peux être
42:05ronde, être grosse et être belle.
42:07Et bien justement, une femme qui se sent ronde, grosse, pour utiliser les termes que vous voulez, et belle, on
42:13va en accueillir une maintenant.
42:15Merci Jean-Philippe, elle a suivi attentivement tous nos témoignages.
42:18Elle va vous apporter le sien, c'est Gaëlle qui va arriver, on va l'accueillir.
42:28Vous avez 34 ans, Gaëlle.
42:30Est-ce que je peux me permettre de vous demander vos mensurations ?
42:33Alors, je mesure 1,73 m et je pèse 148 kg.
42:38D'accord. Ça n'a jamais été un tabou pour vous, de dire votre poids ?
42:42Non, aussi longtemps que je me souvienne, non.
42:44Parce que j'ai, moi, toujours été bien dans ma peau.
42:48Je me suis vraiment toujours sentie bien dès le plus jeune âge.
42:51Mais ce sont les adultes qui m'ont toujours envoyée au fait que je suis grosse et qu'en fait,
42:57je ne suis pas normale.
42:58On nous rappelle constamment que nous sommes différents, que nous avons un problème et que c'est de notre faute.
43:05Alors que ce n'est pas toujours le cas.
43:07À quel moment, vous, vous avez décidé justement de revendiquer le fait que vous étiez bien dans votre peau, de
43:14vous assumer complètement ?
43:15Il y a eu un élément déclencheur ?
43:16Oui, ça a été il y a un peu plus de 15 ans, lorsque j'ai fait mon dernier régime,
43:23parce que j'ai fait toute la panoplie de régimes qu'on connaît.
43:27Et à un moment, après avoir perdu 40 kg en 6 mois, pour mes 20 ans, je voulais être mince.
43:34J'avais dit, pour mes 20 ans, je voulais être mince.
43:36Donc pendant 5 mois, j'ai fait un régime.
43:39J'ai perdu 40 kg et dès que cet objectif-là était atteint, j'ai recommencé à prendre du poids.
43:44Et je devais chercher comment m'habiller, etc.
43:47Et je suis tombée sur des sites où je découvrais qu'il y avait des femmes qui se sentaient bien
43:53dans leur peau.
43:54Et donc je me suis dit, si moi aussi j'apprenais à vraiment aimer celle que je suis,
43:58à me regarder avec mon poids, avec mes rondeurs, mes bourrelets.
44:04Et c'est vraiment ce qui m'a aidée, c'est de découvrir qu'il y a d'autres femmes
44:08qui sont grosses,
44:10mais pour qui ce n'est pas une insulte, pour qui c'est juste un fait et qui apprennent à
44:16vivre avec cela.
44:17Alors vous avez deux armes, vous, pour apprendre à vivre avec.
44:20C'est votre blog.
44:21Oui.
44:21Parce que vous avez écrit votre propre blog.
44:23Vous revendiquez les rondeurs, on voit des images.
44:26Et aussi le short.
44:27Oui.
44:28C'est quoi ce rapport avec le short, Gaye ?
44:30Eh bien, c'est tout simplement parce que moi j'ai des très grosses chevilles.
44:36Alors je suis la ronde, on va dire, acceptable par rapport au fait que je suis en morphologie en huit.
44:43Donc on va dire, oui mais toi tu portes bien tes rondeurs, toi tu es plutôt bien proportionnée, je déteste
44:48ça.
44:49Mais en même temps, je suis aussi la ronde qui a des très grosses chevilles.
44:52Je fais de la rétention d'eau, comme beaucoup de personnes.
44:55Et on m'a dit, toi avec des jambes comme ça, tu ne peux pas porter, enfin il faut les
44:59cacher quoi.
45:00Tu ne peux pas porter de short, tu ne peux pas montrer tes jambes.
45:02Et pour moi c'est un acte politique de montrer mes jambes, de porter un short.
45:06Et de montrer qu'en tant que femme, j'ai le droit déjà en tant que femme de porter ce
45:12que je veux.
45:13Mais en plus de ça, je n'ai pas besoin de l'approbation des autres personnes pour juste me faire
45:18plaisir et me faire du bien.
45:19Donc quand j'ai chaud, je porte mon short et il n'y a personne qui n'a rien à
45:23dire quoi.
45:23Vous n'avez jamais eu de problème avec les garçons, vous, dans vos rapports, même physiques, dans votre sexualité.
45:28Votre poids, votre rondeur, vous l'avez toujours assumé, même quand on fait des câlins ?
45:32Oui, toujours.
45:33En fait, à partir du moment où le jeune homme vient me draguer, il est censé savoir à quoi s
45:39'attendre.
45:42Il est censé savoir qu'il y a des bourrelets, qu'il y a du gras, qu'il y a
45:46de la cellulite.
45:48Mais il y a aussi des seins, des fesses, ça ils aiment bien.
45:50Voilà, il y a des formes et en plus, je pense qu'il aime ça aussi.
45:54Et dès l'adolescence, moi je me suis retrouvée dans des phases où tout le monde avait des petits copains,
46:02mais moi je n'en avais pas.
46:03Et effectivement, les garçons à l'adolescence, ils n'ont pas forcément envie d'assumer qu'ils apprécient les rondeurs.
46:09Mais je n'avais pas peur. En fait, quand un garçon me plaisait, je prenais les devants, je lui disais,
46:14j'écrivais des lettres.
46:17Vous draguiez quoi ?
46:18Oui, je draguais.
46:18Vous chantiez aussi ? On me dit que vous chantiez.
46:20Au collège, en fait. Il y a souvent des spectacles en fin d'année.
46:23Oui, c'est ça.
46:24Et moi, j'avais eu un crush pour un jeune homme qui, je savais, serait là.
46:29Et donc, j'avais préparé ma chanson, une chanson de Britney Spears, qui était « I was born to make
46:33you happy ».
46:34Ok.
46:35Donc, je le désignais comme ça avec mon micro.
46:37Il n'a pas craqué, mais moi je me suis vraiment pris un râteau.
46:42En revanche, j'étais fière de moi. J'étais fière d'avoir fait cette démarche-là et de partir au
46:47-delà de ce qu'on attendait, de ce qui pourrait faire que derrière j'aurais pu être triste, etc.
46:54Mais non, j'étais vraiment contente de moi. Et voilà, après on en rigole. Quand on se recroise, on en
46:59rigole.
46:59Alors, vous savez aussi que l'objectif de ce nouveau rendez-vous, c'est de partager avec vous, c'est
47:04d'échanger avec vous.
47:05Je vais donc demander maintenant à Déborah et Christelle de se rapprocher de notre public à qui on va donner
47:09la parole et à Jean-Phi aussi.
47:20Jean-Phi, déjà, est-ce que ce sujet fait beaucoup réagir sur les réseaux sociaux ?
47:23On a recueilli beaucoup de témoignages en préparant cette émission.
47:27Et je vais commencer par le témoignage d'un homme qui s'appelle Philippe.
47:31Il dit « Je suis marié depuis 5 ans à Élise, la plus belle des femmes sur Terre. »
47:36Mais Élise ne voit pas à quel point elle est séduisante.
47:38Elle ne se résume qu'à ses 130 kilos et s'empêche de vivre.
47:41J'aimerais qu'elle apprenne à s'aimer, notamment dans nos rapports intimes.
47:44Comment l'aider à prendre confiance en elle dans l'intimité ?
47:47Alors Christelle, c'est un peu ce que vous avez fait avec Sabrine, à l'aider à prendre confiance en
47:51elle.
47:51Mais alors, dans l'intimité, quand on est un mari aimant et qu'on est tellement chagriné de voir ces
47:57complexes qui handicapent la vie sexuelle aussi,
47:59qu'est-ce qu'on peut répondre à Philippe ?
48:01Déjà, Philippe, il y a quelque chose qu'il fait qui est super, c'est qu'il dit « Je
48:04l'aime, je l'aime comme ça, elle est belle et je lui dis ».
48:07Mais Élise, elle dit toujours « Non, ce n'est pas vrai ».
48:09Mais en fait, j'ai envie d'inviter Philippe à continuer à le faire.
48:12Parce qu'en fait, même si elle dit « Non, je n'ai pas envie que tu me le dises
48:17», ça lui fait énormément de bien.
48:18Et c'est une notion d'entraînement.
48:20C'est-à-dire qu'à force de l'entendre, on va finir par l'accepter et adhérer.
48:24Donc ça, c'est la première chose.
48:26La deuxième, c'est qu'il faut la mettre en confiance.
48:28On est dans l'intimité.
48:30Et j'ai envie de lui dire, commencez à demander à Élise quelles sont les parties d'elle qu'elle
48:34préfère.
48:35Et commencez par celle-ci.
48:37Évitez les parties dans lesquelles...
48:38Attends, attends, attends, attends.
48:40Sabrina, c'est quoi la partie de toi que tu préfères ?
48:42Moi ?
48:43Oui ?
48:43Mes seins ?
48:44Eh bien voilà.
48:46Et vous, Gabrielle, c'est quoi la partie que vous préférez ?
48:48Mes yeux et ma bouche.
48:50Vos yeux et votre bouche qui sont ravissants aussi, Gaëlle ?
48:52Ma bouche.
48:53Votre bouche.
48:53Je suis très pulpeuse.
48:55Non mais je dis ça parce qu'on commence les exercices ici.
48:57Donc d'accord, très bien.
48:58Donc, à partir de là, il y a une confiance qui va s'installer pour Élise.
49:04Et il y a un chemin qui va se parcourir.
49:07On a Rebecca qui est avec nous aussi.
49:09Bonjour Rebecca.
49:10Bonjour.
49:12C'est quoi la partie que vous préférez chez vous, Rebecca ?
49:16Moi, on va dire que ma bouche et ma poitrine.
49:19Moi, je me suis toujours aimée comme j'étais.
49:21Et de toute manière, je me suis toujours dit que si les gens n'aiment pas ce qu'ils voient,
49:24ils regardent à gauche, ce n'est pas mon problème en fait.
49:25Et vous aviez une question, Rebecca ?
49:27En fait, moi, je me suis toujours assumée dans ma vie, dans ma vie professionnelle et dans ma vie intime.
49:34Donc, j'ai été avec des hommes qui appréciaient la femme que j'étais avec mes formes et tout ça.
49:39Mais j'ai quand même rencontré des personnes qui, dans l'intimité, ont été la 8e merveille du monde, les
49:45formes, c'est ce que j'adore, tout ça.
49:47Et dès qu'il s'agit de sortir, donc de ne plus être dans un appartement ou dans une salle
49:51noire de cinéma, là, ça pose problème.
49:53J'aime tes formes dans un lit, mais je ne t'assume pas dans la vie.
49:55Moi, c'est comme ça que je le prends.
49:57Et moi, je ne veux pas du tout ça.
49:59Mais je ne comprends pas pourquoi.
50:01C'est-à-dire que vous, vous l'avez dit très bien, celui qui n'est pas content, il regarde
50:03de l'autre côté.
50:04C'est ce que vous faites.
50:05Mais le problème, c'est que la personne qui vous accompagne, elle peut voir les regards qui sont portés sur
50:10vous.
50:10Elle peut entendre les remarques qui sont faites sur vous.
50:13Et parfois, ils n'ont pas envie de vivre ça.
50:15Ça vaut pour les hommes comme pour les femmes de la même façon.
50:19Mais effectivement, ça peut...
50:20Alors, je ne cautionne pas, on est bien d'accord.
50:23Je ne suis pas en train de dire, c'est génial.
50:26Vivons tous cachés, on va vivre heureux.
50:29Mais voilà, on me demande l'explication, elle est là.
50:31Christelle ?
50:32Moi, quand j'étais petite, on m'a dit un truc.
50:34Tu sais, Christelle, il y a des choses qui ne t'appartiennent pas.
50:36Et ce qui ne t'appartient pas, tu le rends à ton propriétaire.
50:38On est d'accord ?
50:39Vous avez tous peut-être eu ça, très certainement.
50:41Eh bien, sur les jugements et les remarques, c'est la même chose.
50:43Vous êtes avec une personne.
50:45J'ai envie de dire que si pour lui, il n'a pas fait suffisamment de travail sur lui,
50:49ou alors le regard des autres, c'est compliqué, ça lui appartient.
50:52Ce n'est pas à vous.
50:53Ce n'est pas votre sac à dos.
50:54On est bien d'accord ?
50:55Donc, ce qui ne m'appartient pas, je le laisse à l'autre.
50:59Ok ?
50:59J'en fais encore des réactions sur Facebook, sur les réseaux sociaux.
51:02Oui, des réactions de maman, notamment.
51:04On a vu avec le témoignage de Gabriel et de Sabrina l'importance de la maman et de son soutien.
51:09Et là, c'est Soraya qui dit, je suis la maman d'un adolescent de 16 ans.
51:12Mon fils est en surpoids depuis 3 ans environ.
51:15C'est le moment de la puberté.
51:16Son IMC indique même qu'il est en obésité.
51:18J'aimerais lui donner des armes pour qu'il puisse se défendre face aux autres et mieux vivre cette période
51:22compliquée.
51:23Qu'est-ce que vous me conseillez ?
51:24Première chose, il faut changer le regard par rapport au fait de se sentir victime.
51:29Si je ne me sens plus victime, il n'y a plus cette notion d'agresseur.
51:34Donc, c'est vraiment amené à se dire que le pouvoir qu'on donne à l'autre n'existe que
51:39dans l'œil de l'observateur.
51:41Concrètement, si j'arrête de donner le pouvoir à la personne de me persécuter, ce n'est pas compliqué.
51:46Ça va s'arrêter. Et c'est pour ça que c'est un travail qu'on doit tous faire, tous
51:49ensemble.
51:50Merci beaucoup. Je vous invite à nous rapprocher et à nous inviter.
51:55Il se dit beaucoup de choses.
51:57Moi, j'ai envie de savoir, Sabrina, de tout ce que vous avez entendu depuis tout à l'heure,
52:00qu'est-ce qui a eu un écho particulier en vous ? Qu'est-ce que vous allez retenir un
52:03petit peu ?
52:04Que les gens auront un autre regard sur moi.
52:08Quand moi, et maintenant c'est fait, je m'accepterai telle que je suis.
52:12Et maintenant c'est fait, j'ai bien entendu.
52:13Oui, maintenant c'est fait.
52:14Mais j'adore entendre ça.
52:17C'est une petite victoire.
52:19C'est vrai que tout à l'heure, vous nous avez dit une phrase qui nous a vraiment frappées.
52:22Vous nous avez dit, derrière mes sourires, personne ne se rend compte, c'est un masque.
52:25Vous avez même utilisé ce mot-là.
52:26Personne ne se rend compte à quel point je suis blessée.
52:29Est-ce que ce sourire-là que vous affichez est un peu plus en accord avec ce que vous êtes
52:33?
52:33Oui.
52:33Vous savez, si on a ne serait-ce que réussi ça, j'ai envie de vous dire, on a raison
52:37d'être là.
52:39Ne serait-ce que ça.
52:40Il faut en parler, il faut aussi aller voir tous ces blogs, toutes ces femmes qui sont sur Internet
52:45et qui véhiculent une belle image des femmes fortes, ce qui est votre cas, Gaëlle.
52:51Et puis il y a une espèce de truc, il faut qu'on utilise tous la technique du short, quoi.
52:54Oui.
52:55Du coup, je voudrais te proposer, si tu veux bien, un petit défi, Sabrina.
53:01Non, ce serait de porter un short.
53:05Ah !
53:06Non, mais pas là tout de suite, je rassure, Sabrina.
53:10Alors, attention, ce sera un défi pour toi.
53:12Et si jamais tu le souhaites, tu pourras m'envoyer ta photo et on la partagera sur mes réseaux sociaux.
53:18D'accord.
53:18Voilà.
53:18Ah, mais moi, j'ai hâte de voir ces images.
53:20Quelle belle idée.
53:21Oui.
53:24Merci.
53:24Merci.
53:31Attention, Sabrina, vous reviendrez pour...
53:33On veut la photo et vous me direz si vous vous êtes sentie bien et s'il y a eu
53:37encore plus de likes.
53:39Et surtout si vous avez trouvé cet amoureux qu'on a tentant et qu'on a très envie de rencontrer.
53:44Merci à tous.
53:45Merci, Sabrina.
53:45Merci, Gabriel.
53:46Merci, Christelle.
53:47Gaëlle.
53:48Déborah.
53:48Merci infiniment de nous avoir suivis.
53:50On le dit, on n'arrête pas de le dire, ici, on est là pour parler.
53:53Parler, c'est déjà avancé.
53:55Ça commence aujourd'hui.
53:56Tout de suite, vous allez retrouver Daphné Burkis.
53:58Je vous embrasse fort.
53:59Passez une belle après-midi sur France 2, évidemment.
54:01Et moi, je vous embrasse.
54:03Vous aussi venez témoigner dans Ça commence aujourd'hui.
54:06Vous avez une grande différence d'âge avec votre conjoint.
54:09Les opposés s'attirent.
54:11Votre couple le prouve tous les jours.
54:13Votre conjoint vient d'un milieu social très différent du vôtre.
54:16Votre famille l'accepte.
54:18Au contraire, elle vous a tourné le dos.
54:20Si vous êtes concerné ou si vous souhaitez poser des questions à nos experts,
54:23contactez-nous par téléphone au 0153 84 34 20 par mail ou sur le Facebook de notre émission.