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  • il y a 9 minutes
Avec Aurélie Santiago, déléguée syndicale FO IKEA
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##PARLONS_CASH-2026-10-22##

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News
Transcription
00:00Le Grand Matin Sud Radio, Parlons Cash.
00:03Le climat social se dégrade et on en parle dans Parlons Cash ce matin.
00:07Deux enseignes sont en grande difficulté.
00:09IKEA prévoit de supprimer 303 postes en France.
00:12Mais ce n'est pas la seule en difficulté en ce moment.
00:15Clément Barguin, vous nous avez rejoint et on fait le point avec vous.
00:17La réalité sociale nous rattrape et c'est un mouvement de fond auquel on assiste.
00:21Oui, IKEA, Jiffy, Brande, Sodexo, des noms très différents avec une même tendance
00:26des suppressions de postes, des plans de restructuration.
00:29C'est une accumulation qui commence à peser lourd.
00:32IKEA France a annoncé la suppression d'environ 300 postes.
00:35Jiffy est en grande difficulté également.
00:37Le groupe est pris en étau entre la concurrence des discounters
00:41et une baisse de fréquentation durable dans ses magasins.
00:44Brande dans l'électroménager, Sodexo dans la restauration collective.
00:48Chacun a ses raisons mais tous voient leur modèle bousculé par les mêmes forces.
00:52La pression sur les prix, la baisse du pouvoir d'achat des ménages
00:55et la concurrence du numérique.
00:57Et à chaque fois, ce sont des milliers de salariés qui sont concernés.
01:00Et souvent des salariés peu qualifiés avec des emplois peu mobiles,
01:04des caissiers, des manutentionnaires, des agents de service dans des bassins d'emploi
01:07où les alternatives sont rares.
01:09Ce qui est frappant dans ces plans, c'est qu'ils arrivent dans un contexte
01:13où la consommation des ménages est déjà fragilisée.
01:15L'inflation a absorbé les hausses de salaires, les arbitrages se durcissent.
01:20Quand une enseigne ferme, on coupe des postes, elle aggrave la spirale.
01:25Moins d'emplois locaux, moins de pouvoir d'achat, moins de fréquentation dans les commerces alentours.
01:29Alors, est-ce que les salariés sont suffisamment protégés dans ces procédures ?
01:34Et qu'est-ce qu'on peut encore exiger des entreprises qui restructurent ?
01:37Eh bien, c'est ce que l'on va voir avec notre invité, Aurélie Santiago.
01:41Vous êtes déléguée syndicale FO IKEA. Bonjour.
01:45Bonjour.
01:45Soyez la bienvenue sur Sud Radio.
01:47Est-ce que vous estimez que ce plan social est paradoxal ?
01:53Alors, oui, parce qu'effectivement, vous avez en France des sociétés
01:57qui sont avec des manques à gagner.
02:00Aujourd'hui, chez IKEA France, notre chiffre d'affaires est quand même de 3,5 milliards
02:05sur le dernier exercice fiscal.
02:06Donc, ce n'est pas comme si on était avec un chiffre d'affaires négatif.
02:11On est aujourd'hui rentable.
02:14Là, ce vers quoi on va aller, c'est simplement essayer d'être de plus en plus rentable et à
02:21tout prix.
02:22Et le tout prix, c'est aussi sur le dos des salariés.
02:26Alors, effectivement, comme vous le disiez très justement,
02:29on a des concurrents qui sont de plus en plus attractifs sur les prix,
02:36qui sont, voilà, on a de plus en plus recours au numérique et puis à des ventes à distance.
02:43Mais aujourd'hui, IKEA et IKEA Monde aussi a la possibilité, a les moyens de pouvoir faire face à tout
02:50ça.
02:51Là, ce qu'on est en train de voir chez nous, c'est effectivement une baisse de chiffre d'affaires,
02:57mais on reste encore très compétitif, très rentable.
03:00Et l'idée d'IKEA, c'est de moins perdre d'argent.
03:07Mais tout ça, ça se fait sur le dos des salariés.
03:11On a, par exemple, des charges de travail qui sont déplacées, notamment dans d'autres pays,
03:18comme par exemple la Pologne et l'Inde.
03:22Voilà, c'est ça aussi qu'il faut...
03:25Enfin, il ne faut pas tout le prisme, en fait, et ne pas se focaliser uniquement sur ça.
03:31Mais oui, vous faites bien de le rappeler, IKEA, il faut le dire, emploie dans l'hexagone 12 000 personnes.
03:37L'enseigne a donc réalisé un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros sur l'exercice 24-25.
03:42Évidemment, c'est considérable.
03:44Alors, il y a ces 303 emplois qui sont promis d'être perdus.
03:47Et parallèlement, on va engager, IKEA va engager 100 postes, créer 100 postes,
03:52mais cette fois-ci, ce ne sont pas du tout les mêmes.
03:53Il s'agit de renforcer les expertises essentielles, dit le groupe, au développement de l'entreprise.
03:59C'est-à-dire, ce sont des expertises numériques, en réalité ?
04:02Alors, normalement, ça devrait être ça, mais ça, c'est pareil.
04:05Nous, ce qu'on nous a annoncé, c'est un PSE qui concerne 303 personnes.
04:10Aujourd'hui, si vous supprimez 303 postes qui sont, par exemple, un plan de sauvegarde de l'emploi,
04:18c'est-à-dire que la société IKEA considère qu'il y a 303 salariés
04:23qui, entre guillemets, ne sont plus utiles au bon fonctionnement de l'entreprise.
04:28et ils vont recréer parallèlement 100 autres postes.
04:32Mais si je supprime 303 salariés à 35 heures pour recréer 100 postes à 20 heures, par exemple,
04:41j'ai quand même une perte considérable de travail.
04:48Donc, du coup, les personnes qui vont arriver, pour l'instant, on n'a pas de garantie sur ces 100
04:54postes.
04:54On ne sait pas exactement quel est le cadre.
04:56Dernière question, Aurélie Santiago, déléguée générale FOIKEA.
05:00Est-ce que les Français, aujourd'hui, achètent moins de meubles que ça a pu se faire ces derniers temps
05:07?
05:07Il y a peut-être aussi un peu plus de concurrence avec de l'occasion,
05:12avec des gens qui essayent de se débrouiller tout seuls,
05:14et puis, bien sûr, les enseignes concurrentes via le numérique, via les plateformes ?
05:18Oui, oui, tout à fait. Et puis, le climat social, que ça soit au niveau national,
05:24on sait qu'on est, cette année, dans une élection présidentielle.
05:28On sait qu'obligatoirement, les quantités d'achat de meubles,
05:33enfin, tout ce qui est achat immobilier, donc d'appartements, baissent.
05:36Donc, les meubles, tout ce qui a à voir avec le mobilier, effectivement, est en baisse.
05:42C'est logique, c'est normal. Au vu du climat local, national ou international, c'est logique.
05:49Mais pour autant, nous sommes encore très compétitifs, très rentables.
05:53Et là, il y a juste du cynisme derrière pour les personnes à qui on avait garanti le « ne
06:00vous inquiétez pas,
06:01vous conserverez votre emploi il y a encore trois mois et on vous utilisera,
06:06mais on vous déplacera peut-être de poste ».
06:08De là à dire que c'est une sorte d'abus de confiance des salariés qui ont parfois 30 ans
06:14d'ancienneté,
06:15excusez-moi, mais il n'y a pas loin.
06:16Oui, je peux comprendre, effectivement, l'amertume et la volonté pour vous de défendre ces salariés très, très rapidement.
06:24Que se passe-t-il lorsque l'on est en plan de sauvegarde de l'emploi ?
06:27C'est le chômage assuré ou bien est-ce qu'il peut y avoir d'autres accompagnements ?
06:32On va essayer de voir comment on va pouvoir mettre un cadre, donc un PSE,
06:37donc le plan de sauvegarde de l'emploi, c'est un dispositif légal.
06:42Nous, derrière, en tant que syndicat, on va évidemment suivre, voire pour demander des formations,
06:49parce que ces 303 personnes qui vont se retrouver dans la nature, il va falloir les accompagner.
06:55On va essayer d'aller petit à petit gratter tout ce qu'on peut pour qu'au moins,
07:01ils puissent derrière retrouver de l'employabilité.
07:04C'est évidemment le but.
07:06Exactement, et avec derrière l'intelligence artificielle qui est là, malheureusement,
07:11et qui n'est plus au service de l'humain, mais qui est en réalité en train de remplacer l
07:18'humain.
07:19Et là, on part aussi sur des questions éthiques et morales.

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