00:00C'est comme ça qu'on transforme un méchant en anti-héros qu'on a presque honte d'aimer.
00:03Les effets, c'est probablement l'une des propositions les plus rafraîchissantes du cinéma de super-héros depuis un bon
00:08moment.
00:08Et surtout, c'est une utilisation particulièrement intelligente des pouvoirs du personnage qui exploite à fond son potentiel horrifique.
00:14Ce que je trouve le plus intéressant dans le film, c'est sa capacité à nous faire ressentir de l
00:18'empathie pour quelqu'un qui, sur le papier, devrait nous inspirer de la méfiance.
00:23Pendant tout le film, j'avais vraiment de la peine pour Matagan.
00:25J'explore vraiment la question de, qu'est-ce qui est le plus destructeur entre la douleur physique et la
00:29souffrance psychologique ?
00:31Le vrai cauchemar là, c'est de voir un homme perdre progressivement tout ce qui lui donnait une raison d
00:35'exister.
00:36Le film fonctionne aussi grâce à son rythme.
00:38On prend le temps d'expliquer les situations, on prend le temps d'être avec les personnages.
00:41L'horreur camporelle est vachement réussie.
00:43Chaque transformation a vraiment un côté franchement dérangeant.
00:46La mise en scène mérite aussi d'être saluée.
00:48Le montage, les mouvements de caméra, ça participe intelligemment à la tension, notamment pendant les scènes les plus dérangeantes.
00:55En fait, le film sait qu'on nous montrait quelque chose et quand il nous le montre, il ne le
00:58fait pas à moitié.
00:59On voit comment la souffrance, la colère, le sentiment d'avoir tout perdu peuvent progressivement faire basculer quelqu'un.
01:05Et j'adore parce que le film joue avec nos émotions.
01:08Il y a des moments où on sait pertinemment qu'on ne devrait pas l'encourager,
01:11mais on le fait quand même parce qu'on a envie qu'il ait sa vengeance, on a envie qu
01:14'il y ait justice.
01:15La principale réserve concerne la représentation des gangsters et des flics corrompus.
01:19Là où le Gotham de Matrice, par exemple, donne vraiment l'impression d'être une ville gangrénée par la violence,
01:23la corruption, la misère,
01:25mais là, le Gotham de KF se manque un peu parfois de cette noirceur et de cette cohérence.
01:30J'ai notamment apprécié la conclusion, notamment ce dernier plan qui laisse une impression durable sans avoir besoin de tout
01:36expliquer.
01:36Merci.