00:00Je vous propose d'interroger votre carte d'identité politique.
00:03Vous êtes, à ma connaissance, mais arrêtez-moi si je me trompe, M. De Villepin,
00:06le seul homme politique venu de la droite, venu du camp de la droite,
00:10à avoir été célébré et chaleureusement acclamé à la fête de l'UMA.
00:14C'est quelque chose, reconnaissez-le.
00:15Chez Mediapart, on estime que vous restaurez le gaullisme de résistance.
00:19Et du Plenel parle même de vous comme d'une personnalité hors du commun.
00:24Alors comment le prenez-vous ?
00:25Est-ce que c'est gratifiant pour vous d'avoir une telle onction de l'extrême-gauche ?
00:30Alors, gratifiant, ce n'est pas le terme.
00:35Dites-moi ce que vous en pensez directement.
00:36Oui, voilà, ce n'est pas le terme.
00:40C'est la marque d'un effort que je fais jour après jour
00:45pour essayer, indépendamment de tout calcul politique,
00:50de tracer un chemin d'équilibre entre des exigences
00:54qui peuvent apparaître à bien des égards contradictoires,
00:58défendre l'ordre républicain, défendre la justice sociale,
01:01ce n'est pas quelque chose de simple.
01:02La tentation naturelle d'un parti politique,
01:05c'est d'exploiter son petit marché,
01:09c'est d'exploiter son segment.
01:10Et d'ailleurs, on voit bien que chacun capitalise,
01:12comme le disait Charpassois, sur son petit matelas.
01:16Moi, je n'aime pas le confort,
01:18en tout cas pas ce confort-là.
01:20Et donc, je ne cherche pas à cultiver un matelas,
01:24je n'ai pas de clientèle.
01:25Je cherche à adopter une position
01:28qui permette à notre pays d'être là où on l'attend
01:31et là où il doit être.
01:32On l'attend, on l'attend, on l'attend, on l'attend.