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Découvrez le métier d’entraîneur en Para triathlon à travers le parcours de Nicolas Pouleau, entraîneur au sein de la Fédération Française de Triathlon et de l’Équipe de France. Entre accompagnement humain, préparation à la performance et gestion de projet sportif, plongez dans les coulisses du haut niveau, avec ses deux athlètes : Alexis Hanquinquant et Zoé Réveillon.
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00:01Musique
00:26Salut, c'est Alexian Quincan, champion d'Europe, champion du monde,
00:28champion paralympique de paratriathlon et je vais vous présenter mon entraîneur.
00:34Nicolas est devenu mon entraîneur depuis 2017.
00:36Au départ, c'était une collaboration assez éloignée et puis de plus en plus,
00:40il était au bord du bassin avec moi et on a commencé à s'entraîner à vélo et en course
00:43à pied ensemble.
00:44Et puis voilà, tout ça nous a mené à une belle réussite.
00:47Bonjour, moi c'est Nicolas Poulot, je suis entraîneur au sein de la Fédération française de triathlon sur le secteur
00:52paratriathlon.
00:53Mon rôle vraiment au sein des sportifs de haut niveau, parce qu'on parle là de sportifs de haut niveau,
00:58c'est de comprendre leur projet, leurs besoins.
01:02Et au-delà d'être l'entraîneur qui planifie, c'est aussi de mettre en place tout ce qui est
01:07autour
01:07pour qu'il puisse réussir l'objectif à atteindre.
01:10Ça veut dire comprendre l'histoire aussi de la personne.
01:13Vous avez l'environnement, le bien de cerner et être toujours à l'écoute
01:17et sentir les vrais besoins de l'athlète pour réussir son projet.
01:21J'ai plutôt commencé comme un rôle d'entraîneur, effectivement, au début avec Alexis,
01:24pour ensuite être dans un rôle de coach, ça veut dire être présent sur les compétitions,
01:27au contact, avant la course, quelques jours avant.
01:30C'est aussi des moments très importants pour les athlètes d'avoir leur entraîneur ou coach à leur côté.
01:35Et puis finalement, on évolue toujours, puisque aujourd'hui, je partage à 100% la réussite de son projet global
01:42qui va maintenant beaucoup plus loin aussi.
01:44De tout ce qui va être autour, ça veut dire aussi les médias, les partenaires.
01:48Ça vient aussi impacter forcément le travail de l'entraîneur au quotidien.
01:53Bonjour, je m'appelle Zoé Réveillon, je suis bara-triathlète en équipe relève
01:57et je vais vous présenter mon entraîneur.
01:59Alors Nicolas est devenu mon entraîneur après l'avoir contacté personnellement.
02:03J'avais suivi ses résultats via Alexis notamment, aux Paralympiques de Paris et de Tokyo.
02:08Et reprenant le triathlon à la suite de mon amputation,
02:10j'avais besoin de retrouver ce cadre d'entraînement avec un suivi important.
02:16D'autant plus que je reprends le triathlon depuis un arrêt de 5 ans.
02:20Le suivi est d'autant plus important pour me retrouver, dire ce dont je suis capable,
02:27retrouver des sensations, reprendre du plaisir dans le sport.
02:31Nicolas est important dans ma réussite puisqu'il planifie toutes mes semaines d'entraînement.
02:35Il arrive à vraiment charger au maximum et à élaborer la meilleure semaine type
02:40entre la natation, le vélo et la course à pied.
02:42C'est souvent ça un peu le danger du triathlon.
02:44Il faut réussir à mixer sur ces trois disciplines.
02:47Et c'est vrai qu'on le fait vraiment très bien depuis de nombreuses années maintenant.
02:51Alors son rôle au quotidien, c'est de m'accompagner un maximum sur les séances de natation,
02:55de me donner les chronos, etc.
02:57Une fois sur deux, il vient m'accompagner sur les séances de course à pied.
03:00Alors des moments, il met les baskets et puis des moments, il prend la crousinette
03:02parce que ça peut aller un peu trop vite.
03:04Et en vélo, on essaie de rouler deux fois par semaine ensemble.
03:06Donc voilà, on a une collaboration assez étroite.
03:09On se voit assez souvent et du coup, on peut assez facilement échanger sur l'état de forme
03:15et sur les choses à évoluer ou pas.
03:18Nicolas, il a un grand rôle de soutien moral, notamment par le fait qu'avant, j'étais valide
03:22et j'ai du mal des fois à me retrouver en tant que para, à beaucoup comparer par exemple.
03:28Sauf que j'ai besoin de retrouver vraiment des repères sur moi-même,
03:31au fait de découvrir une nouvelle pratique.
03:35Et du coup, Nicolas, il est là pour vraiment me le faire comprendre,
03:39me le faire intégrer et bien expliquer que le plus important, c'est moi et pas les autres.
03:46Alors un soutien moral et psychologique, oui, forcément, il me pousse dans mes retranchements.
03:51On a souvent fait des séances assez dures, en thermoroume notamment,
03:54avec des conditions assez extrêmes.
03:56Donc ça, forcément, c'est un soutien important et puis ça évite aussi que je tombe dans les pommes
04:01puisqu'il y a aussi un rôle aussi de secouriste en cas de problème.
04:08Donc oui, non, franchement, c'est important.
04:10Et puis maintenant, ça fait quand même quelques années qu'on se connaît, on se connaît bien
04:13et je sais que je peux attendre de lui.
04:16Lui, il sait ce qu'il peut attendre de moi et c'est comme ça que ça m'a rejoué
04:18en fait.
04:20Alors mes missions, elles sont variées et c'est ça qui est bien.
04:22Et j'ai plutôt un vrai temps au contact de l'athlète et des athlètes,
04:26plus précisément sur Rouen effectivement avec Alexis au quotidien.
04:30C'est un athlète que je vois tous les jours.
04:32Donc forcément, on gagne du temps, on construit beaucoup de choses
04:34et c'est aussi ce qui crée la continuité de la performance.
04:38Après, j'ai aussi évidemment dans mes missions la possibilité d'entraîner d'autres athlètes
04:43comme je le fais avec Zoé, mais là du coup plus à distance.
04:46Donc ça, ça va être surtout le volet entraînement perso des athlètes.
04:49Et puis de l'autre côté, effectivement, j'ai une mission au sein du staff
04:52qui est d'être entraîneur et d'accompagner les collègues.
04:55On sera trois à quatre staffs sur l'Olympiade vraiment dédiés sur le paratriathlon
05:00pour pouvoir préparer les stages tout simplement, les regroupements,
05:03le projet para dans sa globalité pour pouvoir se répartir les tâches
05:07et construire un collectif dynamique, performant pour la prochaine Olympiade.
05:13Alors c'est pareil, les formations que j'ai pu faire, elles ont été crescendo.
05:17J'ai commencé par d'abord être éducateur sportif aux activités de la natation
05:22avant de continuer à me former aussi autour des diplômes du triathlon.
05:26J'ai très très rapidement finalement été entraîné en natation
05:29et puis au fur et à mesure du temps, j'ai ramené, construit, rajouté des diplômes à titre personnel.
05:37J'ai validé un DEGEPS natation court, j'ai validé un BF4 triathlon avant 2007
05:43donc qui me donne évidemment les mêmes prérogatives que le DEGEPS actuel.
05:46Puis j'ai aussi dans mon parcours réintégré l'université des STAPS
05:51en étant en parallèle aussi salarié.
05:54Donc j'ai essayé de construire un petit peu tout ça
05:57tout en allant chercher de l'expérience sur le terrain.
06:02La meilleure formation aussi quelquefois c'est quand on rencontre les gens.
06:06Le premier abord est peut-être un peu compliqué, on a un peu peur,
06:09on se demande si on va y aller, comment on va y aller, on se questionne
06:11mais ça fait partie du rôle de l'entraîneur de se questionner
06:13et comment accompagner un athlète dans cette situation-là.
06:17Après on comprend vite qu'il y a une démarche de performance
06:20mais ceci dit, il faut quand même s'adapter
06:21et donc s'adapter au handicap, s'adapter au fait qu'il y ait une prothèse
06:25par exemple pour Alexis, mais je pense qu'on est tous en capacité
06:27de pouvoir s'adapter au handicap, il faut des infrastructures c'est sûr
06:31mais en tant qu'entraîneur, on doit être en capacité de pouvoir s'adapter
06:35et au fil du temps finalement, se faire notre propre formation
06:38ça c'est une chose, mais aussi aller chercher autour de nous
06:41voir quels sont les autres entraîneurs d'endostructures
06:43qui ont déjà rencontré ça pour aller chercher les informations
06:46et nous faire gagner du temps.
06:53C'est vrai que les athlètes, il ne faut pas oublier que finalement
06:55ils ont quand même un handicap
06:57j'entraîne deux athlètes qui sont avec des prothèses
06:59donc j'ai une certaine expérience aussi dans ce milieu-là
07:02mais en étant staff équipe de France, il ne faut pas oublier
07:04qu'il y a plusieurs autres handicaps
07:05et que j'ai par expérience aussi beaucoup travaillé avec les déficients visuelles
07:09j'ai entraîné aussi Ahmed Andalousie
07:11qui était cinquième des Jeux de Tokyo
07:13qui était en fauteuil
07:14donc c'est tout ça qui nous amène à augmenter notre compétence
07:19et si on en revient sur les prothèses
07:20effectivement il faut être vigilant
07:22parce qu'on sait que malgré le fait que les athlètes ont la capacité de s'entraîner
07:27au niveau physiologique
07:28on est obligé de garder en tête que courir cinq fois la semaine de suite
07:32avec une prothèse c'est compliqué
07:33donc il faut jongler sur l'évolution aussi du moignon
07:37qui va plus ou moins grossir
07:39voire s'affiner en fonction de l'entraînement
07:41et de toutes ces évolutions
07:44donc on doit toujours garder ça en tête dans l'entraînement
07:46vis-à-vis et en comparaison avec des athlètes valides
08:22Quand on est entraîneur il faut avoir le sens du détail
08:26de l'anticipation aussi
08:28parce que finalement on se rend compte que une médaille d'or
08:30en titre c'est être prêt le jour J
08:32c'est chaque petit point, petit détail qu'il faut bien anticiper
08:36donc cette capacité à tout anticiper au bon moment
08:39à se projeter pour que le jour J
08:42on n'est pas un grain de sable qui va nous empêcher
08:44que l'athlète surtout réalise la paire
08:46donc il y a ça, il y a être à l'écoute de l'athlète
08:49à l'écoute des autres
08:51à l'écoute de tout ce qui peut nous éveiller
08:54pour se dire que le jour J
08:56ça va bien se passer
08:57et puis il y a ce côté d'être tout le temps
08:59dans cette adaptation à tout ce qui peut arriver
09:01à tout ce qu'on peut faire quand on est dans un métier
09:04comme entraîneur
09:06Mon parcours professionnel il est d'abord d'un entraîneur de club
09:09au sein d'un club de triathlon de cinéma Rouen
09:11et puis après les choses de la vie vous font évoluer
09:14puisque à un moment j'ai même été directeur technique du club
09:16à ce moment là effectivement je rencontre Alexis Anquinquan
09:19et c'est le moment où on va dire je touche vraiment le très haut niveau
09:23il est temps de tourner la page et de rejoindre ensuite la fédération
09:27dans une autre approche professionnelle
09:29et forcément de monter sur un cran au-dessus
09:31parce que c'est aussi l'évolution d'un entraîneur
09:34pour moi ça a été aussi une chance d'évoluer
09:36et d'aller travailler dans un autre challenge aussi finalement
09:39avec la fédération
09:41Au fur et à mesure j'ai pris un peu plus de place
09:43dans l'environnement du staff du paratriathlon
09:45pour vivre à 100% l'aventure Tokyo
09:47au sein du staff de l'équipe de France
09:49Depuis après Tokyo en 2021
09:51j'ai encore grandi dans cet environnement
09:54avec un peu plus de missions au sein de l'équipe de France de paratriathlon
09:58pour à nouveau vivre l'aventure Paris
09:59au contact pas simplement d'Alexis
10:01mais de l'ensemble du collectif para
10:03pour aller à la quête de résultats et de médailles
10:06Il m'a aidé à atteindre bien sûr tous mes objectifs
10:11ils ont même été dépassés à ce que j'attendais
10:13j'attendais de faire les Jeux de Tokyo
10:15et je n'ai pas fait les Jeux de Tokyo
10:16je les ai gagnés
10:17j'ai gagné Sous de Paris
10:18j'ai été plusieurs fois champion d'Europe et champion du monde
10:19donc c'est vrai que notre collaboration
10:21elle a commencé en tâtonnant un petit peu
10:24parce que lui il n'avait jamais entraîné d'athlète paralympique
10:26donc c'était un peu ça aussi l'inconnu pour lui
10:28et moi très vite je lui ai dit qu'en fait
10:31je n'étais pas un athlète paralympique
10:32j'étais un athlète
10:32et qu'il ne fallait surtout pas prendre de pincettes
10:34et au contraire je ne demandais rien du tout
10:36pas d'adaptation
10:36et que de l'entraînement pur
10:39donc c'est vrai que tous les deux
10:40on s'est inventé
10:42on s'est réinventé dans ce sport là
10:44avec cette différence de faire du triathlon avec une prothèse
10:48mais en fait ça a très vite matché
10:50et franchement
10:52je pense qu'on a encore de belles choses à prouver
10:54et en ligne de mire forcément Los Angeles quoi
10:57ma relation avec Alexis et avec Zoé elle est différente
11:00forcément
11:00donc c'est vrai qu'avec Alexis on se connait depuis plus de dix ans
11:03donc au fur et à mesure
11:04c'est une collaboration qui s'est fait un peu à distance
11:07un peu proche
11:08et puis au fur et à mesure
11:09on passe un peu plus de temps
11:11on va dans l'environnement familial
11:12on comprend aussi ce qui se passe dans l'entourage
11:16et ce qui nous permet d'améliorer forcément
11:18notre façon de penser
11:19notre façon de construire l'entraînement
11:20et on vit une aventure exceptionnelle à Tokyo
11:24avec une première médaille
11:25c'était son rêve
11:26et puis après vous entrez dans une autre dimension
11:29celle d'un athlète qui a déjà gagné
11:30qu'il faut à nouveau gagner
11:32et ça se construit aussi avec les Jeux de Paris
11:36qui étaient très attendus
11:38sous une forme de haute pression
11:40avec l'envie d'être point de drapeau
11:41donc là on est dans une autre approche
11:43être performant
11:44mais aussi être présent médiatiquement
11:46être présent avec de la fraîcheur
11:48dans un événement très attendu
11:50en France
11:51ce qui nous a aussi permis de réussir à Paris
11:53c'était forcément l'expérience de Tokyo
11:56et puis comme on se connaissait très bien
11:58finalement
11:59il y a beaucoup de choses
12:00qui passent beaucoup plus facilement
12:01on a réalisé ensemble
12:03des performances
12:04qui restent à mon sens exceptionnelles
12:06je crois que
12:07et ça, ça s'est marqué à vie
12:09et ça fait partie de l'histoire
12:10et donc du coup
12:11même si l'histoire n'est pas encore terminée
12:14ça c'est sûr
12:15et puis après Zoé
12:16c'est une autre aventure
12:18c'est une aventure qui va commencer aussi
12:19mais qui est forcément liée aussi au fait que
12:22elle arrive dans le paratriathlon
12:23et donc du coup moi j'y suis depuis un moment
12:25donc c'est l'aider aussi à se construire
12:28dans l'environnement paratriathlon
12:30et donc du coup
12:31l'amorce, le partage
12:34l'accompagnement sera différent
12:35et comme tout
12:36il faudra apprendre aussi à se connaître
12:39pour construire le projet
12:40qui je l'espère nous mènera
12:42à quelque chose de grand à Los Angeles
12:48les évolutions dans mon métier
12:49elles sont surtout
12:52à force d'avancer finalement
12:53on rencontre du monde
12:55on construit un palmé reste
12:57à titre personnel
12:58aujourd'hui j'ai plus l'impression
12:59d'être que un entraîneur
13:01j'ai aussi l'impression d'être un manager
13:03de gérer tout un projet
13:04autour des athlètes
13:05parce qu'on se rend compte
13:06qu'il y a beaucoup de choses
13:06qui viennent permuter
13:07dans l'environnement
13:08et donc il faut être aussi
13:09bien concentré sur tout ce qui va arriver
13:11donc le métier change
13:12d'un coach
13:13on devient un entraîneur
13:14on devient ensuite derrière
13:15un gestionnaire de projet d'athlète
13:16et c'est ça qui est aussi intéressant
13:18après notre métier
13:19il est en constante évolution
13:20et c'est parce que finalement
13:21le sport de haut niveau
13:22nous apprend
13:23nous fait évoluer
13:24je ne suis pas dans la démarche
13:26à ce jour
13:26de finir ma vie professionnelle
13:28en étant entraîneur
13:29je pense que derrière
13:29j'ai aussi envie de transmettre
13:30et j'espère que j'aurai cette opportunité
13:33quel que soit le lieu
13:34et l'endroit
13:34de pouvoir partager mon expérience
13:36que j'aurais eu
13:37avec des athlètes
13:38comme j'ai pu croiser
13:41sur mon chemin
13:47si j'ai des conseils
13:48à donner aux gens
13:48c'est surtout
13:49quand on a envie
13:50de faire ce type de métier
13:52si vous êtes passionné
13:53allez-y à fond
13:54parce que forcément
13:55c'est des vraies aventures
13:57personnelles
13:57humaines
13:58qui sont gravées à jamais
13:59donc il ne faut rien s'interdire
14:01il faut bosser
14:02par contre c'est sûr
14:03il faut bosser avec ses athlètes
14:04il faut avoir envie
14:05mais je crois qu'à un moment
14:07quand on a envie
14:08quand on est passionné
14:09on rencontre aussi des gens
14:10qui nous amènent là où on est
14:12ces gens-là
14:13c'est forcément
14:14à un moment
14:14les athlètes qu'on croise
14:15mais aussi
14:16tellement de personnes
14:17qui nous accompagnent
14:18pour réaliser ces choses-là
14:20et des souvenirs
14:22qui sont gravés
14:23forcément à jamais
14:24des émotions aussi
14:25et donc
14:27je pense qu'il faut
14:28il ne faut pas trop
14:29se poser de questions
14:30il faut y aller à fond
14:31et puis
14:31quand on bosse un jour
14:32on est récompensé
14:33c'est quoi ?