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  • il y a 14 minutes
Alors que de nouvelles manifestations sont organisées ce samedi dans toute la France, faut-il craindre une nouvelle fièvre ?  Le ministre de l'Intérieur a annoncé un dispositif de sécurité renforcé mais les commerçants en particulier redoutent de nouvelles violences lors de cette journée qui s'annonce sous haute tension... Manifestations du 24 octobre, la peur d'une nouvelle fièvre, un document Ligne Rouge signé Stéphanie Zenati, Raphaël Redon, Maël Jeanthon, Clément Granon, Sophie Herbé et Bertrand Séguier. 

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00:03Sur ce grand boulevard parisien, Raphaël prend la direction ce vendredi matin de sa concession de motos et de scooters.
00:12Non pas pour ouvrir la boutique, comme d'habitude, mais plutôt pour tenter de ne pas tout perdre.
00:19Je suis en train de me préparer à la journée qui s'annonce demain.
00:23Comme vous pouvez le voir, je suis en train de déplacer les véhicules, de les mettre en sécurité dans un
00:29lieu sûr.
00:30On s'est déjà fait piller un magasin un samedi dernier. On n'a pas envie que ça recommence.
00:35Le week-end dernier, lors de la manifestation, son autre magasin non loin d'ici est entièrement cassé et pillé,
00:43comme on le voit sur ces images filmées par des voisins.
00:50Des dizaines de motos et de scooters sont volées.
00:55L'un de ses employés lui envoie cette vidéo.
01:00Tournée quelques minutes après.
01:02Les 13 MP3 et les 13 à 0. Le reste, ils ont tout volé.
01:07On prend notre disposition. On préfère vider nos showrooms, perdre une journée de chiffre d'affaires et d'exploitation parce
01:13qu'on n'aura rien à vendre aujourd'hui.
01:15Et que notre stock soit au moins protégé pour demain.
01:18On en est où pour pouvoir se retrouver à faire ce type de déménagement alors que de base, ces motos,
01:27je suis censé les vendre et pas les cacher et pas les mettre en sécurité.
01:31Je ne comprends pas comment c'est possible qu'on puisse en arriver là dans notre pays. Je suis très
01:36contrarié.
01:37Pour ce commerçant installé depuis près de 10 ans, les pertes se chiffrent déjà à plusieurs dizaines de milliers d
01:44'euros.
01:46On est à bout entre toutes les charges, les difficultés financières, la difficulté économique, le contexte actuel.
01:56Et là, on a le sentiment de se laisser abandonner par le pouvoir public.
02:01Donc franchement, je suis abattu.
02:03J'ai peur, je pense, comme tous les commerçants, comme tous les citoyens.
02:06Et je pense que personne n'a envie que ça recommence.
02:09Donc oui, évidemment que j'ai peur, bien sûr.
02:12Comme lui, ils sont des milliers de commerçants encore traumatisés par ce qu'ils ont vu et vécu le week
02:17-end dernier.
02:18C'était quoi ? 100, 200 ou peut-être 300 ? Je n'en ai aucune idée.
02:22Mon mari, il a fait la garde toute la nuit le samedi.
02:25Il va refaire la même chose ce samedi ?
02:28Bah ouais.
02:28On prie pour pas que ça soit aussi dégénérant que le samedi dernier.
02:33L'objectif ? Éviter les pillages, les saccages ou les incendies qui, la semaine dernière, ont ravagé la France
02:40au cours d'un week-end qui devait être celui de manifestations pacifiques.
02:48Mais qui s'est transformé en émeutes urbaines.
02:57C'est une parole rare.
02:58Celle d'un homme qui, samedi dernier, a assisté presque impuissant à la vague de violence qui a déferlé dans
03:05certains quartiers de la capitale.
03:08Steve est policier, régulièrement déployé sur des opérations de maintien de l'ordre.
03:14Je n'ai jamais vu ça.
03:16Pour moi, ça fait déjà plus de 10 ans que je suis ce métier.
03:21Sincèrement, c'est quelque chose d'inédit, d'inédit en France.
03:26La journée du 17 octobre, considérée par ce policier comme une journée d'une intensité sans précédent.
03:32Pendant des heures, il a été confronté aux casseurs et aux pilleurs.
03:37Dès les premières heures, on a constaté qu'il y avait plusieurs groupes qui se formaient.
03:44Pas forcément des black box, mais des individus issus en fait des quartiers.
03:52Et la particularité, ces groupes qui sont facilement modulables, qui se détachent, ils ne se reconnaissent pas forcément, mais ils
04:01s'habillent en noir, ils sont gantés, cagoulés pour la plupart.
04:05Et moi, j'ai quand même remarqué avec mes collègues que c'était beaucoup plus des émeutiers qui étaient là
04:12pour profiter de la situation.
04:13Des émeutiers de très jeune âge, 16, 17, 18 ans.
04:19Une tension extrême. Et aujourd'hui, il le reconnaît, la peur a changé de camp.
04:27On a tous peur. Moi, personnellement, c'est une peur qui est mesurée.
04:30Je ne sais pas si quoi. Ils n'ont plus peur d'attaquer la police.
04:35Quand on est désarmé juridiquement, quand on est désarmé sur le plan matériel, sur le plan humain,
04:42c'est des jets de projectiles, c'est des pierres, c'est des chemins qui sortent des trois.
04:50C'est des mortiers qui ont une capacité de plus de 300 coups à la seconde.
04:57Et nous, en face, les forces de police ou le gendarmerie, ça nous déstabilise, ça nous met en danger.
05:06D'autant qu'il se prépare déjà à la prochaine mobilisation annoncée pour samedi.
05:12Samedi qui arrive. On pense que ça va être de la même intensité.
05:16On va être mobilisés. On va se serrer les coudes.
05:19Parce que si on abandonne, sincèrement, il n'y a plus personne.
05:25Là, je constate que les commerçants, ils essayent de s'organiser pour défendre leur commerce.
05:32Ils se mettent dans l'enjeu.
05:34Ils ne sont mieux pas le paquet.
05:36On peut avoir des blessés graves.
05:39On peut même risquer.
05:41J'espère que ça n'arrivera pas.
05:44Mais un mort, ça sera regrettable.
05:49Une crainte qui a poussé le gouvernement à mettre en place un dispositif de sécurité massif dans l'ensemble du
05:56pays.
05:56On sera intraitable avec les casseurs, avec les pilleurs et avec tous ceux qui iront commettre des exactions.
06:03Donc on mobilisera 70 000 personnes sur la gestion de ces différents événements.
06:08J'ai évidemment une pensée pour les fonctionnaires de police, les militaires de la gendarmerie qui vont se mobiliser demain
06:14et dont une partie, d'ailleurs, était en congé et sont donc revenus pour pouvoir encadrer, gérer ces événements
06:20et surtout, surtout, contenir les troubles à l'ordre public.
06:25Des moyens conséquents pour éviter le chaos de la semaine dernière.
06:34Tout a commencé samedi après-midi, avec d'abord les symboles de l'État qui sont directement visés par les
06:40casseurs.
06:44Ici, à Lyon, c'est l'office du tourisme qui est incendié sous les acclamations de certains manifestants.
06:57À Bordeaux, la maison préfectorale est retrouvée entièrement saccagée.
07:01Par là, par là. Reste là, reste là, reste là.
07:04Allez, merci.
07:07Et à Marseille, certains casseurs parviennent même à pénétrer à l'intérieur de l'État.
07:13Allez, allez, allez, allez.
07:18Je ne comprends pas comment toute impunité des personnes ont pu, pendant des heures, massacrer ma vie sous les yeux,
07:26sous les yeux, de personnes qui auraient dû intervenir.
07:30Je veux là aussi avoir la vérité sur ce qui s'est passé.
07:33Une chose est sûre, c'est que la manifestation du 17 octobre avait été identifiée comme une manifestation qui allait
07:40amener beaucoup de personnes appartenant à la mouvance de l'ultra-gauche.
07:44Ils sont environ 5000 à pouvoir agir comme ça en France, après le renseignement territorial.
07:50Et ils ont été présents dans la manifestation samedi.
07:52Et on sait très bien que les symboles de l'État, les mairies, parfois les banques, parfois les grandes entreprises,
07:58sont des cibles privilégiées pour les personnes d'ultra-gauche.
08:01À Marseille, la police est aussi ciblée.
08:06D'abord ce commissariat.
08:11Puis ces véhicules et leurs occupants.
08:17Qui ici, semblent même devoir battre en retraite.
08:25À l'intérieur du fourgon, les policiers filment la scène.
08:51Des violences, des dégradations qui ne reflètent qu'une seule facette de cette journée de mobilisation nationale contre la vie
08:59chère.
09:01Une journée gâchée pour ce manifestant marseillais.
09:05C'est parti totalement en bris.
09:06On n'a même pas eu justement le temps de venir et de commencer notre manifestation.
09:10C'était déjà parti dans un chaos.
09:14Un chaos qui se poursuit le lendemain, dimanche, en plein centre-ville de Paris.
09:20Les mêmes scènes de vol et d'émeutes sont filmées par des riverains sidérés.
09:28Au pied des immeubles, des dizaines de personnes habillées en noir, souvent cagoulées et masquées des angles.
09:37Avec des barrières et des barres de fer qu'elles trouvent en chemin, elles montent des barricades.
09:41D'après des sources policières, il y a eu une alliance, je cite, inédite entre d'un côté l'ultra
09:51-gauche et l'autre des jeunes de quartier populaire.
09:54Tout au long de la journée, les membres de l'ultra-gauche ont en quelque sorte reçu des renforts des
09:58jeunes de quartier populaire
09:59qui, peut-être voyant derrière leur téléphone ou la télévision qu'il y avait de la casse, en ont profité
10:04par opportunité pour venir aussi casser dans des magasins et voler des marchandises.
10:09Ces groupes, venus de toutes parts, s'empruntent aux magasins qu'ils croisent sur leur route.
10:16Ici, c'est cette boutique de téléphonie mobile qui est prise pour cible.
10:22Là, c'est enseigne d'électroménager.
10:25Les pilleurs ont réussi à lever suffisamment le rideau de fer pour s'infiltrer à l'intérieur.
10:45En quelques secondes, les voleurs ressortent avec d'immenses cartons
10:49et n'hésitent pas à se filmer en direct sur les réseaux sociaux.
10:54Troutinette électrique ! Troutinette électrique ! En direct, les gars ! En direct !
11:03Au même moment, dans les rues voisines, les forces de l'ordre se déploient.
11:08Attention, ça va être le fight. Attention !
11:14Et progressent pas à pas au milieu des feux de poubelle.
11:24Dans le quartier des Halles, entre jets de mortiers et gaz lacrymogènes,
11:32ces compagnies de CRS chargent à plusieurs reprises pour tenter de disperser les pilleurs.
11:38Des chasses aux rieurs qui tentent à chaque fois, toutes les 5-10 minutes, d'entrer dans des commerces.
11:51Des casseurs qui vont de magasin en magasin.
11:54La boutique de boxe où travaille Julien Sapena n'a pas été épargnée.
11:59En fait, ils ont cassé le rideau métallique. Ils ont réussi à allumer la lumière de la boutique et pourtant
12:05caché la lumière.
12:06Donc ils ont cassé. Pendant 3 heures, il y a eu des va-et-vient pour les gens lambda qui
12:11ont pris déjà.
12:12Plus, dans la rue derrière, il y a deux voitures qu'on a en photo avec les paniers de matriculation
12:16pour remplir les produits qu'il y avait de la boutique.
12:19On les voit sortir avec des sacs remplis, des sacs de sport, des...
12:22Même, ils en prenaient tellement, ça tombait par terre.
12:25Donc ils ont tout, tout dévalisé pendant 3 heures tranquillement, même pas en courant, sans stress, sans rien, en marchant
12:30tranquillement.
12:32Certains voleurs se font même passer pour les gérants du magasin et organisent un péage à l'entrée.
12:38Viens, viens, tu peux voir. Je suis pas, je vous dis tout.
12:41Tu es bon ? Vas-y, tu me payes, hein. C'est mon magasin.
12:46Lorsque Julien Sapenat et ses collègues arrivent sur place, il est 2 heures du matin.
12:51Les pilleurs sont partis. Les rayons de la boutique sont totalement vides.
12:56Ils nous ont tout volé. Ils ont tout cassé. Il n'y a plus rien. Il n'y a plus
13:02rien. Il n'y a plus rien, les gars.
13:05Les boîtes à chaussures par terre, les meubles, la télé que vous voyez, la cassée, ils ont arraché.
13:11Tout ça, c'est cassé. Et après, ils ont voulu aussi plein de produits.
13:16Il a 30 ans de souvenirs. Des gants dédicacés par Mohamed Ali, qu'on nous a voulu avec un certificat.
13:22Des gants dédicacés par des très grands champions de boxe.
13:25Et aussi, il avait une collection de statuettes, d'une vingtaine de statuettes, de 30 ans de pertes, en fait,
13:31de souvenirs.
13:32Un choc et un préjudice financier qu'il chiffre à hauteur de 70, voire 100 000 euros.
13:39Avec son patron, il tente le tout pour le tout.
13:42Pour retrouver la marchandise volée, ils épluchent les sites de revente sur Internet, jusqu'à trouver cette photo.
13:50C'est la photo des shorts avec nos cintres, nos étiquettes avec nos prix, sur le bon coin.
13:55C'était comme ça, en fait.
13:56Des gants, des chaussures, des protège-dents, des coquilles.
13:59Il y a même une paire de chaussures au pied, comme vous pouvez voir, de boxe, qu'il a pris
14:03ici en même temps.
14:04Donc, on a contacté la police.
14:07C'était passé en banlieue parisienne.
14:08Ils sont venus les chercher à 6h du matin, le lendemain.
14:11Et justement, quand ils ont été les chercher, en fait, ils ont aperçu que c'était une fratrie de frères,
14:18que leur téléphone embornait au même endroit par ici, et les trois avaient des produits.
14:22Un maigre lot de consolation, car de nombreux pilleurs restent insaisissables.
14:29Juste à côté de la boutique de boxe saccagée, un établissement très connu dans le quartier République, la Barrique.
14:36Sur ces images, les assaillants ravagent le bar-restaurant, puis finissent par y mettre le feu.
14:46Un cauchemar qu'a vécu Aline Lui.
14:49Donc là, ils vont attaquer toutes les portes, en même temps, après, on regarde, on regarde, c'est pas un
14:56assaut, ça ?
14:56Mais moi, je le voyais pas, ça.
14:57Moi, je le voyais pas, ça.
14:59Deux jours après les faits, la patronne de cette institution peine encore à réaliser.
15:04C'était quoi, 100, 200, peut-être 300, j'en ai aucune idée.
15:09On a laissé piller parce qu'on n'a pas le choix, on est monté en haut,
15:13et on savait pas qu'il y avait une incendie, on s'était réfléchié parce qu'on pouvait pas sortir.
15:17Il y a beaucoup aux voisins qui sortent.
15:19Après, on a vu la fumée, donc on s'est échappé.
15:22En quittant son bar, cette gérante est agressée physiquement par les casseurs.
15:27Sur son visage, les traces de cette attaque sont encore visibles.
15:32Il y avait des jeunes, des très très jeunes, mais c'est quand même des barbares et des animaux.
15:40Je vois pas de sens humain, je vois pas de quelqu'un qui soit vraiment humain pour faire ça et
15:46pour détruire comme ça.
15:49Des bars, des magasins dévastés, les uns après les autres, en quelques minutes seulement.
15:57En plein cœur du marais, au milieu de la rue Rambuteau à Paris,
16:02Cyril fait les 100 pas devant ce qu'il reste de son magasin.
16:06J'attends la police depuis maintenant 3 heures.
16:08Je les ai eus en ligne, ils m'ont dit, touchez surtout à rien, on arrive.
16:12Ça fait 3 heures, j'attends.
16:14Il se passe rien.
16:15Une patience mise à rude épreuve.
16:18Alors qu'il vient de découvrir l'état de sa boutique d'achat d'or, entièrement vandalisée par les casseurs.
16:24C'est du pillage, c'est du pur pillage.
16:26C'est des gens qui viennent là pour piller, voler.
16:29Et de toute façon, ils les attrapent, ils les font sortir.
16:31J'ai vu une vidéo à la télé, ils étaient dans des habitations, dans des couloirs.
16:35Qu'est-ce qu'ils ont fait ?
16:36Les policiers se sont mis en ligne, sortaient, dégagés.
16:39Tu viens de les attraper, allez c'est fini, tu les prends, c'est fini.
16:42Non, les ordres c'est laisser les filer.
16:44Ça devient du délire.
16:45Donc ils vont recommencer, ils ont raison même.
16:48Allez-y, cassez tout.
16:49Allez-y, cassez tout.
16:50C'est la déliquescence d'un état qui est complètement à côté de la plaque aujourd'hui.
16:55Complètement.
16:57Après plusieurs heures d'attente, lassé de rester là sans rien faire,
17:02Cyril décide finalement de prendre les choses en main.
17:05Je suis obligé de prendre des mesures parce que des plaques,
17:07il n'y en a plus tellement de disponibles partout,
17:09elles font un 2,50 m sur un 22.
17:11Donc il faut que je calcule, il faut que je laisse ça d'ouvert pour pas qu'il recasse,
17:14parce que si je mets du bois, ils vont croire que c'est précieux à l'intérieur si je suis
17:18en même temps.
17:18Donc je suis obligé de laisser à moitié ouvert et de me fermer à moitié
17:21pour sécuriser que les gens s'abîment pas.
17:26Il prend alors la direction d'un magasin de bricolage à proximité.
17:30Nous le retrouvons quelques minutes plus tard, bien équipé avec ses haches.
17:35Un kit visseuse, des embouts, des planches.
17:39Ils les ont coupés à la bonne taille, en tout cas j'espère.
17:42Et on y va.
17:43C'est parti.
17:44Plus de choix.
17:45On s'improvise.
17:48Le système des dons, faute de mieux.
17:54Mais pour certains commerçants,
17:56ce barricadé ne semble même plus suffisant
17:58pour espérer pouvoir sauver leur entreprise.
18:02Cédric travaille dans cette boutique de vélo.
18:05Et la semaine dernière, il a vu défiler les casseurs.
18:09On était là samedi, on était là.
18:11On était en confrontation.
18:13On essayait de sauver ce qui était sauvable.
18:16A la veille de cette nouvelle journée de mobilisation,
18:20Cédric ne compte pas se laisser faire.
18:23On en a parlé avec mes collègues de travail.
18:25Ils viendront.
18:26On sera là.
18:27On sera nous à l'intérieur.
18:28Si ça dégénère, ils rentreront à la maison.
18:31Et je resterai certainement seul pour essayer d'éviter le pire.
18:35Si ma vie est en danger, j'irai au combat.
18:37J'irai au combat si je vois que je risque d'y laisser ma peau.
18:42Ça veut dire quoi aller au combat ?
18:45J'irai à la confrontation.
18:46Si je suis acculé dans un coin, je ne peux pas m'enfuir ou autre.
18:49Je ne vais pas me laisser démonter sans réagir.
18:52Je préfère couler avec mon magasin.
18:53Je veux le voir.
18:54Je ne veux pas le voir décrépire de chez moi ou à la télévision.
18:58Je veux être là.
19:00Comment en est-on arrivé là ?
19:02Y a-t-il eu un raté ?
19:04Le gouvernement avait pourtant été alerté par les services de renseignement français.
19:09Alors comment expliquer ce manque d'anticipation la semaine dernière ?
19:15Ce qui s'est passé samedi est un fiasco à plusieurs titres
19:19parce que des notes de renseignement que d'ailleurs BFM a pu pour certaines consulter
19:24annoncer du monde dans les rues, annoncer le profil de ceux qui allaient se trouver dans la rue,
19:29annoncer aussi que des lieux de pouvoir allaient être pris pour cible.
19:32Mes fiascos parce que dans les chiffres annoncés, les participants annoncent 800 000 personnes.
19:37Au final, il y en a 550 000 sur tout le territoire.
19:40Les renseignements en annoncés entre 180 000 et 200 000.
19:43Moins de deux fois moins.
19:46Conséquence, un dispositif policier sous-dimensionné.
19:50Et en marge des cortèges, des affrontements qui se poursuivent samedi soir jusque tard dans la nuit
19:56et qui recommence dès le lendemain.
19:59Au fur et à mesure des heures, il y a une cellule de crise à Matignon.
20:03En lien direct, évidemment, le Premier ministre, le ministre de l'Intérieur,
20:07qui voit ces images, qui ont des remontées de terrain et qui se disent,
20:11et ils le disent d'ailleurs, ils le formulent comme ça, il y a une perte de contrôle.
20:16Immédiatement, l'exécutif est pointé du doigt,
20:19considéré comme responsable de cet échec sécuritaire.
20:23Laurent Nunez remet sa démission au président qui la refuse.
20:27Évidemment que ça n'est pas un succès, je ne vais pas vous dire le contraire.
20:30Je veux bien qu'il y ait eu évidemment des failles, qu'il y ait des responsabilités.
20:33J'assume la mienne en premier, mais ne dites pas que nous avons laissé faire.
20:37Ça n'est pas acceptable, ça n'est pas acceptable.
20:40Sébastien Lecornu, lui, tente d'esquisser un mea culpa.
20:44On a l'humilité d'aller devant le peuple français en disant,
20:47voilà ce qu'on a réussi et voilà ce qu'on a merdé.
20:50Parce que comme dans toutes les opérations difficiles,
20:52il y a des choses qu'on réussit et il y a des choses qui merdent.
20:54Voilà, il faut le dire avec beaucoup de sang-froid
20:57et beaucoup de respect pour celles et ceux qui rendent le service de l'État.
21:00D'autant que le Premier ministre estime que les responsabilités sont partagées.
21:05Alors à l'Assemblée nationale, lorsqu'il est pris à partie par la France insoumise,
21:10il ne mâche pas ses mots et l'échange est tondu.
21:13Monsieur le Premier ministre, vous êtes dangereux pour la démocratie.
21:17Vous ne gouvernez pas, vous vous contentez de durer.
21:21Quand on n'a plus rien à dire au pays, quand il ne vous reste que la répression,
21:25c'est le signe qu'il faut partir.
21:26– Toujours la même rhétorique, celle qui consiste à semer le chaos
21:33et ensuite à se victimiser par le mensonge ou l'anathème.
21:38Madame la Présidente Pannot, je ne cherche pas à vous interdire.
21:43Personnellement, je veux vous combattre politiquement, dans les urnes,
21:47dans le cadre d'un exercice démocratique, comme je le fais à chaque fois avec vous.
21:51Je ne m'abrite pas derrière les services de l'État.
21:54Je vous réponds à chaque fois, droit dans les yeux, pour une simple et bonne raison.
21:58C'est que nous n'avons pas peur. Vous ne nous faites pas peur.
22:01– Mais là, on arrive à aussi l'expression de ce qui est le climat ambiant.
22:07– De ce qui est une classe politique ultra divisée, ultra polarisée.
22:13Et ça s'exprime dans cet échange, en fait.
22:15Il y va parce que publiquement, les Insoumis accusent le gouvernement et inversement.
22:23Et donc oui, il y a une forme, une volonté de mettre les points sur les « i » des
22:28deux côtés.
22:29– Une clarification avec en ligne de mire, au plus haut sommet de l'État,
22:34la journée du samedi 24 octobre.
22:36Et signe de fébrilité, c'est le président lui-même qui reprend la main.
22:41– Partout où il y a une volonté de manifester, de se regrouper,
22:45des demandes qui sont faites par des gens qui n'ont aucune légitimité pour cela,
22:48elles seront interdites par les préfets.
22:50Parce que ce n'est pas le moment, parce que nous voulons le retour au calme.
22:54Partout où des organisations syndicales déposeront ces demandes.
22:57Elles seront examinées conformément à notre droit par les préfets.
23:00Mais on leur proposera des tracés alternatifs pour protéger nos centres-villes,
23:06et en particulier nos commerces et nos bâtiments publics.
23:09L'État est garant de la liberté de manifestation, c'est inscrit dans notre constitution.
23:15Mais est-ce qu'au vu des risques, au vu des remontées, au vu des renseignements,
23:20il est prudent de laisser manifester, de laisser ces cortèges s'élancer ?
23:25C'est une vraie question de droit.
23:27Et alors qu'on sait que vous avez des individus qui veulent encore semer le désordre.
23:33C'est un équilibre très complexe.
23:37Des individus qui, samedi dernier, ont ravagé le magasin de scooters de Raphaël.
23:46Ce jeudi soir, nous retrouvons ce commerçant à son arrivée devant le commissariat,
23:50où il vient porter plainte.
23:54Je vais porter plainte, premièrement, pour l'assurance,
23:57parce que c'est obligatoire pour faire l'inventaire de ce qui a été volé,
24:00de ce qui a été volé, de ce qui a été volé, de ce qui a été volé du vice.
24:02Et également pour une notion de justice, quand on a pu l'évoquer,
24:06parce qu'aujourd'hui, j'ai le sentiment de m'être fait vraiment dépugner.
24:12Et c'est un sentiment que je n'accepte pas,
24:14et j'ai besoin de raconter ce qui s'est passé aux forces de l'ordre
24:17et qu'ils puissent tout mettre en oeuvre pour essayer de retrouver ces auteurs.
24:23Par chance, il a récupéré des vidéos précieuses,
24:26où l'on voit les pilleurs s'en prendre à son magasin.
24:31Des scènes filmées par sa voisine.
24:57Sur d'autres vidéos publiées sur les réseaux sociaux,
25:00certains partent eux-mêmes avec l'un des scooters volés.
25:06Je vais leur apporter des images que j'ai réussi à me procurer
25:09via les réseaux, via les voisins.
25:12Je vais leur apporter le témoignage de ce que j'ai pu constater.
25:16Et j'espère que ça aboutira à quelque chose
25:19avec les agents qui ont visiblement été mis sur le sujet des vidéos,
25:24notamment prises par les commerçants, par les voisins
25:27et par les gens, même dans les manifestations.
25:30Comme ce commerçant, ils sont nombreux à avoir déposé plainte depuis samedi.
25:36Dans le même temps, plus de 200 enquêteurs planchent
25:39sur des milliers d'heures de vidéos internet ou caméras de surveillance.
25:43Sur celles-ci, ils vont tenter d'identifier des visages et des noms
25:47de ceux qui ont semé le chaos lors des manifestations.
25:56En tout, 500 personnes ont été interpellées depuis la semaine dernière.
26:00Des casseurs, des pilleurs qui, ces derniers jours,
26:03ont été entendus au palais de justice de Paris.
26:07Dans 4 salles d'audience du tribunal,
26:09les comparutions immédiates s'enchaînent.
26:12Parmi les dossiers examinés ce jour-là,
26:15celui d'un jeune homme de 21 ans,
26:17défendu par Tristan Lolles,
26:19avocat au barreau de Melan.
26:20C'est quelqu'un qui a été interpellé
26:22parce qu'il était dans la manifestation,
26:25il est venu dans la manifestation avec sa copine.
26:26C'est un étudiant de 21 ans,
26:28en BTS audiovisuel, il veut devenir réalisateur de films.
26:31Et il a été interpellé
26:32parce qu'il s'est retrouvé au mauvais endroit,
26:34au mauvais moment, très clairement.
26:35On lui a reproché d'avoir lancé des pierres
26:37sur des policiers,
26:39ce qui, moi, il me dit, il ne l'a jamais fait.
26:40On lui a reproché d'avoir mis une planche
26:43sur une barricade en bois.
26:44Il me dit qu'effectivement, il l'a fait,
26:45mais c'est parce qu'il y avait une poubelle
26:46qui cramait à côté,
26:47alors il l'a lancé sur la barricade
26:48pour éviter que ça flambe.
26:49Et les CRS ou les policiers ont chargé
26:52et malheureusement, il a couru moins vite que les autres.
26:55Il a été interpellé.
26:56Et il a été interpellé sauvagement.
26:59À la barre, le jeune homme qui se présente
27:01avec un cocard à l'œil gauche s'avance
27:04et n'y les faits qui lui sont reprochés.
27:06Mais la procureure, elle, insiste,
27:09parle de violence d'une particulière intensité
27:12et requiert cinq mois de prison ferme
27:15avec mandat de dépôt.
27:17Il est finalement condamné à six mois avec sursis.
27:21Pour moi, je pense qu'il n'aurait même pas dû
27:22être déclaré coupable des faits qu'on lui reprochait
27:23parce que sur un dossier comme ça,
27:25en temps normal, je lui aurais dit
27:27que je plaiderais à la relaxe
27:28et j'aurais cru à la relaxe.
27:30Moi, je trouve que c'est sévère
27:31par rapport à ce qu'on voit habituellement
27:32dans les tribunaux
27:33pour parfois des gens qui ont commis des infractions
27:36qui sont bien plus graves que celles
27:37qu'on reprochait à la motion.
27:39Ce même jour, deux pilleurs ont eux été condamnés
27:42à des peines de dix mois de prison
27:44en semi-liberté
27:45ou six mois sous bracelet électronique.
27:50Une réponse judiciaire à Limoges aussi
27:53pour ceux qui s'en sont pris
27:54au symbole de la République.
27:57Samedi après-midi, en marge du cortège
28:00des manifestants, des individus s'introduisent
28:02dans la mairie de la ville
28:03et décident de mettre le feu à l'édifice.
28:07Les flammes gagnent la toiture
28:10puis c'est le beffroi qui s'embrase
28:12avant de s'effondrer.
28:28Le lendemain matin,
28:30les habitants découvrent effarés
28:32leur mairie ravagée,
28:36entièrement calcinée.
28:38J'aime le patrimoine,
28:40j'aime la démocratie,
28:41c'est un emblème fondamental
28:43de la République
28:44et je suis très attristé.
28:46Je me suis marié ici
28:47comme de nombreux limougeaux
28:48et je suis très triste,
28:50une colère froide.
28:52Ça fait 22 ans que j'habite Limoges,
28:54ça fait 22 ans que je passe
28:55pratiquement tous les jours
28:56devant cette mairie
28:56et aujourd'hui, c'est désolant
28:58de l'avoir dans cet état.
28:59C'est un monument historique.
29:01Je ne m'attendais pas à voir
29:03une scène de violence comme ça
29:04ici dans ma ville à Limoges.
29:06Une violence inouïe,
29:08des casseurs ultra déterminés
29:11qui ont totalement défiguré les lieux.
29:15À l'intérieur,
29:16il ne reste plus rien,
29:18un champ de ruines
29:19que le maire de la ville
29:20n'a pas pu éviter.
29:23Les policiers municipaux,
29:24vous savez,
29:26tout courageux qu'ils sont,
29:27ils n'ont pas les moyens
29:28et les équipements
29:28pour lutter contre 250,
29:30300, 400 excités
29:32qui ont des mortiers,
29:33qui ont un bélier de 200 kilos
29:34pour enfoncer la porte.
29:36C'est une scène de guerre urbaine
29:38auxquelles on a assisté.
29:39Et d'ailleurs,
29:39quand une partie de ces gens
29:41sont rentrés dans l'hôtel de ville,
29:43ils ont menacé de mort
29:44les agents qui étaient là.
29:45On dit à l'agent de la loge
29:46qui gagne 1 500 euros par mois,
29:48on va te crever.
29:49Voilà, donc il y avait
29:49une volonté de tuer.
29:51Pour certains d'entre eux,
29:52il y avait une volonté de tuer.
29:53L'un des suspects de l'incendie
29:55a ce mardi été interpellé.
29:57Un homme de 34 ans.
29:59C'est une personne
30:00qui est fichée S,
30:02fichée S comme appartenant
30:03à la mouvance de l'ultra-gauche,
30:05qui serait déjà connue
30:06des services de police
30:07pour violences sur personnes
30:09dépositaires de l'autorité publique.
30:10C'est l'antenne des policiers
30:12du raid de Bordeaux
30:13qui a été mobilisée
30:14pour l'interpeller.
30:15Et généralement,
30:16quand on mobilise le raid,
30:17c'est parce qu'on a des personnes
30:18qu'on considère comme dangereuses,
30:20peut-être armées,
30:20et donc qu'on veut mettre
30:22le maximum de chances
30:23de notre côté
30:23pour l'interpeller
30:24dans de bonnes conditions.
30:26La sous-direction antiterroriste
30:28a été saisie.
30:29Un second suspect,
30:30âgé lui de 66 ans,
30:32a également été arrêté.
30:34Une information judiciaire
30:35est désormais ouverte
30:37notamment pour tentative
30:38de meurtre
30:38sur personnes dépositaires
30:40de l'autorité publique.
30:45Ces émeutes
30:46et ces condamnations
30:47ont offert
30:48un triste visage
30:49à une manifestation
30:50qui se voulait
30:51au départ pacifique.
30:53Pour éviter
30:54de revivre cela,
30:55le gouvernement
30:56a repris les rênes
30:57et la préfecture
30:58de police de Paris
30:59a proposé
31:00un itinéraire différent
31:02de celui choisi
31:03initialement
31:03par les manifestants.
31:05Un changement
31:06qui ne décourage pas
31:07les plus engagés,
31:08prêts à poursuivre
31:09leur combat
31:10pour la jeunesse.
31:11On n'acceptera pas
31:12de ne pas pouvoir manifester.
31:14On n'acceptera pas
31:14que le gouvernement
31:15nous empêche
31:15de manifester.
31:17On a gagné
31:18l'autorisation
31:19de cette manifestation
31:20et ça,
31:21ça a été grâce.
31:22Alors,
31:22c'est un des étudiants
31:23à étudiants
31:23et des syndicats
31:24qui nous ont aidés là-dessus.
31:27À l'arrière
31:28d'un camion
31:29en même temps,
31:29Copélia Moreau,
31:30militante du parti NPA
31:32se réjouit.
31:37Après de nombreuses
31:38tractations,
31:39le gouvernement
31:40vient d'autoriser
31:41ce jeudi
31:41la manifestation
31:42Interfac,
31:43d'abord annulée
31:44par la préfecture.
31:47Alors que le gouvernement
31:48essaye de nous dire
31:49que la mobilisation
31:50dans la jeunesse
31:50s'essoufflerait,
31:51nous,
31:51on montre qu'au contraire,
31:53loin de s'essouffler,
31:54en fait,
31:54on est en train
31:54de nous organiser surtout,
31:56organiser les suites.
31:57Il y a une prochaine
31:58manifestation samedi,
31:59évidemment,
31:59que l'Interfac
32:00en sera.
32:03En attendant
32:04la mobilisation
32:04de ce samedi,
32:06c'est devant l'hôpital
32:07de la Pitié-Salpêtrière
32:08que des centaines
32:09d'étudiants
32:10ou membres
32:10du personnel médical
32:12ont organisé
32:13ce rassemblement.
32:15Comme une répétition générale
32:17avant le grand mouvement
32:18du week-end.
32:21On est étudiants
32:21en soins infirmiers,
32:22donc en fait,
32:23on est payés
32:24un euro de l'heure
32:24pendant nos stages
32:26dans des hôpitaux,
32:27des EHPAD
32:28qui sont totalement délaissés.
32:29On en a marre.
32:30Donc on a mis
32:31tout le monde
32:31à nous rejoindre samedi.
32:32Et même si,
32:33évidemment,
32:34le gouvernement
32:34et l'État,
32:35ils veulent absolument
32:36nous faire peur
32:37avec beaucoup de policiers
32:38partout,
32:38on continuera,
32:39on ira jusqu'au bout.
32:41Des jeunes déterminés.
32:43Mais combien seront-ils
32:44à se rassembler ce samedi ?
32:46C'est l'une des inconnues
32:47de cette nouvelle journée
32:48de manifestation
32:50placée sous haute tension.

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