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  • il y a 2 heures
Avec Yassin El Kdim, Co-fondateur et porte-parole du collectif "Nous Carcassonne

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##LES_LEVE_TOT_DU_WEEK_END-2026-10-24##

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Transcription
00:03Et nous sommes avec vous pour débuter cette matinée, Yacine El-Kadim. Bonjour !
00:11Bonjour, merci de m'inviter.
00:13C'est un plaisir, nous sommes avec vous à Carcassonne, vous êtes cofondateur et porte-parole du collectif Nous Carcassonne,
00:21mouvement citoyen qui veut combattre les idées d'exclusion.
00:26C'est un petit peu comme ça qu'on pourrait vous définir Yacine El-Kadim ?
00:31Oui, tout à fait, c'est un mouvement citoyen qui rassemble celles et ceux qui se retrouvent sous les bannières
00:37de certaines grandes valeurs,
00:38l'humanisme, le progressisme, la lutte contre toutes les formes de discrimination,
00:42et puis cette idée qu'en société il y a certaines libertés, certains droits auxquels on ne s'attaque pas.
00:47Vous êtes un mouvement lycéen, étudiant, mais au-delà, non ?
00:51Alors c'est un mouvement qui est administré par des jeunes, des lycéens, des étudiants,
00:57mais auxquels peuvent contribuer des citoyens plus largement.
01:01Yacine El-Kadim, malgré tout il y a un principe de réalité, vous appelez à nouveau à manifester aujourd'hui,
01:06après les violences survenues le 17 octobre, il y a une semaine,
01:09est-ce que vous ne craignez pas que la situation dégénère une nouvelle fois ?
01:15Alors deux choses, d'abord nous dans mon département, dans l'eau et à Carcassonne, on n'a pas connu
01:20de violences.
01:21En réalité ces violences elles sont marginales en l'espèce, c'est-à-dire qu'elles ne touchent pas l
01:25'ensemble du mouvement.
01:26Certes il y a eu des violences, il faut les condamner, on les condamne,
01:28mais elles n'ont pas touché l'ensemble du territoire, l'ensemble des mobilisations,
01:32et l'ensemble des manifestants ne sont pas des casseurs et des pires.
01:34Donc nous on n'a jamais eu de problème de violences sur notre territoire,
01:38et c'est logique que l'appel à la mobilisation se poursuive.
01:41Par ailleurs, nous on met tout en place aussi pour que le dialogue puisse avoir lieu.
01:45C'est-à-dire qu'on a appelé les autorités à ouvrir le dialogue,
01:47le gouvernement a refusé d'ouvrir le dialogue pendant de très nombreuses semaines,
01:51je vous rappelle qu'il y a mis 10 jours avant de recevoir les organisations syndicales et lycéennes,
01:55et puis maintenant on est entré dans un jeu où en fait c'est la politique répressive et autoritaire
02:00qui cherche à faire taire un mouvement, un mouvement qui ne fait que grandir par la colère sociale.
02:04Maintenant si on a les travailleurs, si on a les agriculteurs et les retraités à nos côtés,
02:08c'est parce qu'il y a une vraie colère sociale dans le pays,
02:10et parce qu'il y a des gens qui n'arrivent plus à vivre dignement dans ce pays.
02:13Bien sûr.
02:14Yacine El-Kadim, est-ce que vous ne pensez pas que cette mobilisation arrive un peu tard,
02:20dans le quinquennat, et c'est un double quinquennat je vous le rappelle,
02:24alors que nous avons une élection présidentielle dans moins de 6 mois ?
02:28Vous savez le calendrier des élections, des échéances électorales,
02:31il ne concerne pas directement les mouvements sociaux,
02:34ça c'est une affaire de parti, quand on travaille pour l'intérêt général...
02:38Je vous arrête Yacine El-Kadim, il faut vous laisser dire ça.
02:41Vous avez 42 millions d'électeurs, c'est une affaire de citoyens plus que de partis.
02:46Oui, mais ce que je veux dire c'est que quand on travaille pour l'intérêt général,
02:49quand on est responsable politique et qu'on travaille pour l'intérêt général,
02:52et que nous en tant que citoyens, on voit que la seule réponse face à ce mouvement social
02:56qui est d'une ampleur historique,
02:58la seule réponse c'est en fait une dispute entre candidats, entre partis
03:01qui ne cherchent pas à répondre de façon politique en fait à ce mouvement social,
03:07mais qui cherchent en fait à jouer en quelque sorte un premier tour d'élection présidentielle.
03:12Alors on nous parle d'instrumentalisation, on nous parle de programmes qu'on va mettre en place...
03:16Je ne voulais parler, je ne disais pas que vous étiez instrumentalisé,
03:18je vous crois sincère Yacine El-Kadim, il n'y a pas de soucis là-dessus.
03:22Ma question c'était juste le tempo de ces manifestations,
03:25je m'interroge, c'est légitime, il y a un débat à avoir aujourd'hui
03:30sur quel choix de société pour après 2027,
03:34puisqu'il y a une élection majeure, celle du prochain ou de la prochaine présidente de la République.
03:39C'est pour ça que je vous permettez de poser la question.
03:41Oui, bien sûr, mais excusez-moi, mais d'ici là,
03:44on a encore 6 mois, 8 mois avant l'élection présidentielle,
03:46nous on a un budget, il y a un budget qui arrive dans quelques semaines,
03:49le mouvement social il ne va pas attendre encore une fois 8 mois
03:52pendant que les gens vivent dans la misère constante,
03:54pendant qu'on a des étudiants qui vivent dans une angoisse,
03:56une précarité constante, des lycéens qui n'ont pas de professeur
03:58alors qu'il y a le bac à la fin de l'année.
04:00On ne peut pas constamment remettre à plus tard des mobilisations sociales.
04:03La mobilisation est arrivée maintenant, elle est légitime,
04:05elle est juste, elle porte des revendications claires.
04:07Il y a un budget dans quelques semaines, c'est aux politiques de s'en saisir.
04:10Qu'est-ce que vous attendez concrètement du gouvernement ?
04:14D'abord qu'ils ouvrent la discussion,
04:16qu'ils prennent part aux négociations,
04:18mais vraiment, c'est-à-dire qu'ils se mettent autour de la table.
04:21Certains représentants par le Président de la République
04:24au terme de premières rencontres,
04:27ça ne vous convient pas ?
04:29Il est question de réformer Parcoursup assez rapidement,
04:32c'est ce qu'a dit Sébastien Lecornu.
04:33Est-ce que c'est un premier pas à vos yeux ?
04:35Alors, d'abord, il a mis, je vous le rappelle,
04:37trois semaines avant de faire des premières propositions.
04:40Ce qui est inacceptable,
04:41quand on a autant de personnes dans la rue,
04:43on ne met pas autant de temps avant d'ouvrir les discussions.
04:45Par ailleurs, Parcoursup,
04:46ce n'est qu'une seule des revendications
04:47sur une liste beaucoup plus large.
04:51Et puis, je vous rappelle qu'il n'a parlé que de réformer,
04:52que de revoir certains points sur la plateforme Parcoursup.
04:55C'est encore très flou, on ne sait pas où est-ce qu'on va.
04:57Et concrètement, il n'y a rien, en fait, à l'horizon actuel.
05:01Vous souhaitez, puisqu'on parle de ça,
05:02la suppression de Parcoursup vous-même ?
05:06Le problème de Parcoursup aujourd'hui,
05:07c'est qu'il met en place,
05:09qu'il reproduit cette ségrégation et socio-spatiale
05:11et cette discrimination sociale dans la société.
05:14C'est-à-dire que, selon le niveau social,
05:17le revenu, l'origine familiale
05:20ou géographique de l'individu,
05:22évidemment qu'il va y avoir des discriminations
05:23dans la sélection de Parcoursup.
05:25Cette sélection discrimination...
05:27Donc, il faut remplacer Parcoursup par quoi, au juste ?
05:31Ça, c'est aux responsables politiques
05:34de s'en saisir de cette question.
05:35Nous, on pose sur la table des problématiques.
05:37Ce n'est pas à nous de mettre en place l'action publique.
05:39Vous n'avez pas d'idée, de vision particulière là-dessus ?
05:42Ce qui est certain, c'est qu'il faut revoir
05:43ce principe de sélectivité
05:46et la question de l'humanisation derrière de la plateforme,
05:48de la transparence de la plateforme,
05:50la question des places aussi dans l'université,
05:53des places dans le supérieur.
05:55Quand on manque entre 120 000 et 200 000 places
05:58dans le supérieur tous les ans,
05:59c'est bien qu'il y ait un problème structurel.
06:01Nous, ce qu'on revendique,
06:02c'est une refonte de l'ensemble du système
06:04de l'éducation en France.
06:06Il y a un problème qui est structurel,
06:08qui nécessite une refonte totale du système.
06:10C'est beaucoup plus large en fait.
06:11Parcours sub, ce n'est qu'un problème symbolique.
06:13J'entends le message, Yacine El-Kadim.
06:14Pour finir, comment est-ce que vous voyez,
06:16vous, cette journée du 24 octobre ?
06:20Comment elle se profile à vos yeux ?
06:22Écoutez, moi j'espère que la mobilisation
06:24va se poursuivre,
06:26va grandir davantage,
06:27mais toujours dans un cadre
06:28qui, je l'espère, sera pacifiste.
06:31J'espère que pour une fois aussi,
06:32on va mettre l'accent sur les mobilisations
06:34qui se déroulent bien
06:35et on va sortir de ce prisme
06:38qui veut simplement réduire le mouvement
06:40à des violences urbaines pour certains.
06:42Ce n'est pas un prisme.
06:42C'est pas un prisme.
06:44Vu ce qui s'est passé la semaine dernière,
06:45c'est plus qu'un prisme
06:47avec 3500 commerces ravagés
06:49et des édifices brûlés.
06:52Bien sûr.
06:52Ce n'est pas un autre cas.
06:53On l'a dit, on condamne les violences.
06:56On est en solidarité
06:57avec toutes celles et ceux
06:58qui ont perdu leur commerce et autres.
07:00Mais il ne faut pas oublier aussi
07:01cette violence répressive,
07:02ces gamins qui ont été mutilés.
07:04Et quand on a des mineurs
07:05qui sont mutilés dans la République,
07:07c'est bien aussi qu'il y a un souci.
07:08Donc on condamne toutes les formes de violences
07:09et il faut condamner
07:10toutes les formes de violences.
07:11Merci à vous, Yacine El-Kadim.
07:13Je rappelle,
07:14co-fondateur et porte-parole
07:15du collectif Nous Carcassonne.
07:18Première intervention ce matin
07:19dans cette matinée spéciale
07:22consacrée à cette journée
07:24du 24 octobre.

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