00:00Oui, rien d'anodin, une illustration très concrète finalement de ce à quoi ressemblerait le second tour s'il avait
00:06lieu demain, front contre front.
00:08Tout le NFP d'ailleurs, à gauche, réuni avec le RN comme meilleur ciment électoral en un claquement de doigts,
00:13les voilà tous réunis à nouveau.
00:15C'est la magie de la politique avec ses vertus réconciliatrices, parfois même si elles ne durent que le temps
00:20d'un cortège.
00:20Ça permet de relativiser les enjeux, me dit un cadre socialiste, et pour le coup la menace du RN est
00:26plus concrète que jamais.
00:27Et pourtant, Loïc, personne n'en sort vraiment grandi.
00:29D'abord la gauche, on est en pleine mobilisation sociale pour l'éducation et le pouvoir d'achat, et elle
00:33déplace son combat contre le RN.
00:35Protester contre la tenue du congrès d'un parti, c'est contesté jusqu'à son droit de fonctionner, assumé même
00:41par certains, parce que le RN n'est pas un parti comme les autres.
00:44Les idées qu'il porte mettraient à mal, la République me dit un cadre du parti communiste, combattre les idées
00:50d'un parti.
00:51Ça s'est déjà vu très légitimement, notamment en 2002, on se souvient de ces grandes manifestations contre Jean-Marie
00:56Le Pen.
00:56C'est bien le droit de la démocratie, mais vouloir empêcher son fonctionnement interne, là on met le doigt dans
01:01un engrenage qui peut être dangereux.
01:03Il ne faut pas s'étonner ensuite si certains commencent à dire qu'il faudrait interdire la France insoumise, par
01:07exemple, avec les mêmes arguments d'ailleurs.
01:09Et puis ce que ça dit, enfin, c'est quand même encore une fois qu'une partie de la gauche
01:12estime la présidentielle perdue d'avance,
01:14en voyant déjà Marine Le Pen à l'Elysée et la rue comme dernier recours, ce qui fait dire au
01:19ministre de l'Intérieur que ce n'est pas tout à fait normal.
01:21Ça appelle à une réflexion sur le fonctionnement de notre vie démocratique.
01:24Du côté du Rassemblement national, pourquoi ce n'est pas aussi positif que ça ?
01:27Parce qu'à la fin, ça peut quand même interroger certains sur ce que ça donnerait si ce parti était
01:31aux manettes des tensions permanentes dans la société.
01:34C'est pour ça aussi que Marine Le Pen va d'ailleurs insister sur un discours positif, me dit-on.
01:40Demain, la France apaisée, c'est son slogan ressuscité.
01:42Mais à l'extérieur, le drame de trappe manifestement raciste va forcément s'immiscer aussi dans les slogans des manifestants
01:49de la gauche.
01:49Aujourd'hui, le week-end dernier, a réveillé l'ultra-droite dans une ambiance très préoccupante, me dit un proche
01:55du Premier ministre.
01:55Et au final, cette image donc d'un front contre front, qu'est-ce que ça donne ?
01:59Une polarisation absolue, pas de dialogue possible.
02:01Cette présidentielle annoncée, espérée comme une soupape indispensable après la dissolution et le blocage législatif.
02:07On nous promettait ce remède indispensable, l'antidote au mal français.
02:11Mais à six mois du résultat, on voit que cette élection pourrait ne pas apporter de consensus, de la violence,
02:18des tensions finalement, comme si aujourd'hui il n'en était qu'un avant-goût.