00:00Oui, Anthony, en effet, rien n'est réglé. Alors effectivement, et on s'en félicite, il y a eu beaucoup
00:04moins de casse, et en tout cas, il n'y a quasiment pas eu de pillage hier, et ça, c
00:09'est évidemment une excellente nouvelle.
00:11On craignait une catastrophe après le 17 octobre, qui avait été un moment paroxystique. On n'a pas eu la
00:16catastrophe, et c'est tant mieux.
00:17Mais la réalité, c'est que fondamentalement, la base du problème, la mobilisation sociale et politique, elle ne baisse pas.
00:24Il y a certes 410 000 manifestants au lieu de 550 000 la semaine dernière, c'est-à-dire une
00:29baisse de 20 %, c'est significatif, mais elle s'explique par différents facteurs objectifs.
00:34D'abord, il y a les vacances dans les trois zones, donc il y a fatalement, mécaniquement, moins de gens
00:39disposés ou disponibles pour manifester.
00:43Deuxièmement, il y a eu toute une série d'interdictions de manifestés qui ont pu décourager certains, dans certaines villes,
00:49interdictions totales ou partielles.
00:52Troisièmement, mobilisation policière importante, et crainte pour certains d'être pris certainement dans de nouvelles bagarres, dans de nouveaux affrontements,
00:59comme il y a une semaine, et puis le choc moral pour certains de ce qui s'était passé le
01:0517, et donc l'envie de ne pas être mêlés à ce genre d'incident.
01:09Ce qui manquait hier, et c'est tant mieux, c'était les casseurs pire opportunistes, mais le mouvement social, lui,
01:15est toujours là,
01:16et va continuer, on va voir en tout cas la semaine prochaine, et dans les semaines qui suivent, quelle tournure
01:21il prend.
01:22Alors pardonnez-moi, mais j'insiste Claude, il n'est pas contestable qu'il y a eu moins de casses
01:28et moins de pillages hier.
01:30Oui, non, vous avez tout à fait raison, il y a eu surtout beaucoup moins de pillages.
01:33Rappelez-vous, la semaine dernière, c'était 3000 magasins détruits ou partiellement détruits, pillés partout en France.
01:40C'est un chiffre inimaginable, gigantesque, et ça, heureusement, on ne l'a pas vu.
01:44Mais je le répète, on ne l'a pas vu parce que les grands absents, c'était fort heureusement les
01:49pilleurs opportunistes venus de certains quartiers, les casseurs opportunistes.
01:53En revanche, des affrontements, ils ont été un peu moins violents et moins longs, mais des affrontements, il faut quand
02:00même dire qu'il y en a eu partout.
02:02On a eu des affrontements à Paris, à Lyon, à Bordeaux, à Marseille, à Nice, à Rennes, à Nantes, à
02:07Annecy, à Chambéry, à Grenoble, à Toulouse, à Clermont-Ferrand, à Strasbourg, à Limoges.
02:11Donc on ne peut pas dire que c'était une journée quand même absolument calme.
02:16La satisfaction des autorités me fait un peu penser à ces fameux communiqués du 1er janvier où on nous dit,
02:21mais ça s'est très bien passé.
02:22La nuit dernière, il n'y a eu que 500 voitures brûlées, alors que normalement, la norme, c'est zéro
02:27voitures brûlées.
02:28On est un peu dans ce contexte-là. Il y a eu, partout où c'était possible, il y a
02:33eu hier des affrontements, pas de la casse sur des magasins, ou très très peu,
02:37mais des affrontements avec la police, avec l'autorité, et ça c'était toujours l'ultra-gauche et en partie
02:42les black blocs qui étaient à la manœuvre, et eux, ils sont toujours dans la rue.