00:00Madame la Présidente de l'Assemblée Nationale, Mesdames et Messieurs les députés, Madame la Présidente Châtelain,
00:07chère famille, Monsieur le maire de Trappes, permettez-moi avec la même gravité les mots que vous avez employés,
00:15les mots que la Présidente de l'Assemblée Nationale a employés très justement en ce début de séance,
00:21de redire l'ensemble de l'émotion profonde qui traverse le pays, on le sent tous et on le sait
00:26tous depuis plusieurs jours,
00:27face à ce drame absolument épouvantable, avec une pensée évidemment et des condoléances pour la famille de la victime,
00:36une pensée pour les familles éprouvées par le nombre de blessés, y compris les blessés psychologiques,
00:44avec un suivi important que nous devons que la nation et les pouvoirs publics doivent à ces blessés,
00:51mais également pour votre territoire, Monsieur le maire, et plus encore pour tous nos compatriotes
00:56qui, au moment où on se parle, ont peur, peur pour leur intégrité physique,
01:01peur d'être pris pour cible par une violence aveugle, par une haine aveugle.
01:07Et au fond, et je vais redémarrer par là, Madame la Présidente,
01:11quand les choses sont peut-être confuses dans l'esprit de certains, je pense qu'il faut faire preuve de
01:15clarté.
01:16Et au fond, un acte qui a été minutieusement préparé et planifié, dans lequel des armes de guerre,
01:27une arme de guerre a été employée, 128 cartouches, ça a été rappelé à l'instant par la Présidente de
01:33l'Assemblée nationale,
01:34avec un ciblage délibéré d'un profil de victime, ça s'appelle du terrorisme.
01:40Et l'enquête le montre déjà, dans l'expression du procureur national antiterroriste,
01:46la nature même de cette planification.
01:49Les premiers propos qui ont été recueillis par les forces de l'ordre sur le procès verbal d'interpellation
01:54et, évidemment, le profil des victimes, ça porte un mot, et il faut qu'on l'assume tous ensemble,
02:00dans la plus grande des clartés, c'est non seulement un attentat terroriste,
02:04mais c'est un attentat terroriste raciste.
02:07Et si on ne s'accorde pas sur les mots, si on ne met pas les mots sur ce qui
02:10s'est passé,
02:11on rentre évidemment dans une confusion qui est, à mon avis, dangereuse pour la République.
02:16La deuxième des choses, et vous l'avez fait, c'est saluer le sang-froid de la brigade anticriminalité,
02:21des forces de l'ordre, le bilan est lourd, il est épouvantable,
02:25mais de ce qu'a dit le procureur national antiterroriste, on le sait bien,
02:28il aurait pu être encore beaucoup plus grave qu'il ne l'est déjà.
02:31Et saluer aussi l'action de la justice, sur laquelle beaucoup trop de personnes, malheureusement,
02:35la remettent en cause, et regarder la rapidité avec laquelle le procureur est en train de mener cette enquête,
02:41est en train de faire la transparence, y compris parce que les familles,
02:45les élus du territoire réclament cette vérité et cette transparence.
02:49La troisième chose, c'est quand les choses sont confuses,
02:53c'est aussi d'être clair sur le rejet de toute forme de violence.
02:57Le maire de Trappes a répété de nombreuses reprises depuis plusieurs jours,
03:01une phrase que je trouve juste, et M. le maire, je me permets de la reprendre à mon compte,
03:05c'est qu'il y a des discours, en tout cas il y a des gens qui portent des discours
03:09et des mots,
03:09qui finissent par armer d'autres qui, eux, passent à l'acte.
03:14Je fais mienne complètement cette phrase, et ça nous rappelle donc aussi
03:18qu'il faut lutter de la manière la plus claire qu'il soit devant toute forme de recours à la
03:24violence,
03:24devant toute forme de racisme, devant toute forme d'antisémitisme,
03:30devant toute forme de discrimination, d'homophobie.
03:34Bref, dans la République, le combat pour ses valeurs, il ne se fait pas à la carte.
03:38Et c'est le message que j'essaie de déployer depuis que je suis Premier ministre,
03:43y compris dans cette Assemblée, lorsqu'on était tous bouleversés
03:47par cet affrontement entre ultra-gauche et ultra-droite avec la mort de Quentin,
03:53et dans lequel j'avais rappelé ici qu'on ne pouvait pas opposer un mort à un autre mort.
04:05Et cette réalité, je le redis, dans la République, on ne peut pas opposer un mort à un autre mort.
04:12Et donc, le rejet de cette violence, le rejet de cette ambiguïté,
04:17dont je vois quelques remous ici ou là, n'est pas supportable et n'est pas tolérable, je le dis
04:24aussi.
04:27Enfin, puisque la lutte contre le racisme et l'antisémitisme de nous mobiliser,
04:31vous le savez que le gouvernement a proposé un projet de loi
04:34qui vient durcir justement un certain nombre de choses en matière de racisme.
04:38Ce projet de loi, il n'a rien à voir avec le terrorisme,
04:41mais il participe très clairement au combat politique et culturel
04:43qu'il faut mener contre l'antisémitisme et contre le racisme.
04:46Et donc, il a été présenté en Conseil des ministres au mois de juillet dernier.
04:49Et donc, nous aurons l'occasion de l'inscrire rapidement,
04:52à l'ordre du jour du Parlement.
04:53Parce que, là aussi, ce combat culturel et politique,
04:56il doit être mené au-delà des paroles,
04:58il doit aussi être mené dans les actes et notamment dans les votes.
05:03Merci, Madame la Présidente.