- il y a 8 minutes
Pascal Praud revient pendant deux heures, sans concession, sur tous les sujets qui font l'actualité. Une émission durant laquelle VOUS avez la parole. Vous pouvez réagir en appelant le 01.80.20.39.21 (appel non surtaxé) ou sur les réseaux sociaux d'Europe 1 (Facebook , X et Instagram).
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00:00Il est 16h45 et nous sommes toujours avec Augustin Yvan, directeur du développement de la Fondation pour l'école.
00:06Moi j'ai l'impression qu'on dit toujours la même chose, ça fait plusieurs fois aussi que je le
00:08répète,
00:09moi-même je dis toujours la même chose, et qu'on a tous le même constat, et manifestement ça n
00:13'avance pas.
00:14Et notamment sur la sélection. Et c'est pas la sélection demain, elle sera pas là demain.
00:17Parce que Parcoursup, on peut, comment dire, résoudre le problème en deux minutes.
00:24C'est-à-dire que vous mettez un bac infiniment plus rude, sans doute, ou infiniment plus exigeant, et puis
00:34voilà.
00:36Le problème c'est que les gens vont venir se fracasser contre ça, parce que ça se prépare.
00:40Il y a eu tellement une dévaluation des savoirs qu'aujourd'hui les élèves sont fragiles.
00:46C'est Jérôme Fourquet qui en parle dans son livre qui est sorti récemment.
00:49C'est très intéressant de se dire, il y a un nouveau régime psychique en place,
00:52ce qui fait qu'ils ne savent pas assumer la contradiction.
00:55Alors après, pour avoir été professeur de collège en point de vue...
00:58Pardonnez-moi, mais dans le domaine du sport, il l'accepte très bien.
01:01Il faut arrêter ça.
01:02Pourquoi il l'accepte dans le domaine du sport de haut niveau ?
01:05Je pense que l'objectif est très clair.
01:08C'est une école de dépassement de soi, et c'est quelque chose de très concret, le sport.
01:11Là où les apprentissages, le passage à l'abstraction, c'est plus flou, et ils ont plus de mal.
01:16Par ailleurs, c'est beaucoup moins valorisé, on en parlait tout à l'heure.
01:18Le sport, c'est extrêmement valorisé, et une de mes collègues qui est professeure dans le public me disait,
01:24les élèves, ils en ont marre de leurs emplois du temps, parce qu'en fait, sur les réseaux sociaux,
01:28ils voient la culture du sport, ils veulent tous sortir faire du sport, aller à la salle, se développer,
01:32et donc ils râlent dès qu'ils ont des options, dès qu'ils ont des spécs sur telle ou telle
01:35heure.
01:35Donc, je vous rejoins sur le fait que le sport est très valorisé par la société,
01:39donc ils ont envie de le faire, l'école ne l'est pas.
01:41Pourquoi ? Parce qu'on l'a bien vu, tout ce qui est de l'ordre de la transmission des
01:44savoirs,
01:45on a parlé du salaire des professeurs, on pourrait parler du caractère très éphémère et matérialiste des réseaux sociaux.
01:53Les élèves ne sont pas du tout encouragés à développer l'intellect, l'esprit critique,
01:57toutes ces choses qui font qu'ils réussissent dans la vie plus tard.
02:00Je remercie Sylvie, Sylvie qui était à Bordeaux.
02:04Merci Sylvie, vous êtes en vacances en ce moment ?
02:06Oui, je suis en vacances, mais je voulais rajouter une chose.
02:09Moi, ce que je pense, c'est deux choses.
02:12D'une part, l'école est devenue bienveillante, mais vraiment sur-bienveillante, d'une part.
02:18Tant mieux, ça, qu'elle soit bienveillante.
02:20Il faut mieux qu'elle soit bienveillante.
02:22Ah non, non, non, sur-bienveillante.
02:25Écoutez, moi, par exemple, lorsque je fais passer le bac,
02:30mes épreuves, l'inspectrice me demande de rajouter,
02:32si j'ai une moyenne de 7, il faut que je passe à une moyenne de 8.
02:36Si j'ai une moyenne de 8, il faut que je passe à une moyenne de 9.
02:38Voilà.
02:39Les commissions d'harmonisation, c'est la catastrophe.
02:41Oui, voilà.
02:43Et donc, la deuxième chose que vous vouliez rajouter ?
02:45Et les parents, et les parents surprotecteurs,
02:49et négociateurs, négociateurs, ce sont des négociateurs,
02:53ils négocient la note de leurs enfants auprès des profs.
02:57Voilà, donc on a affaire, en fait, à un manque de repères,
03:02un manque de repères qui fait que l'école, c'est un espèce de fourre-tout
03:09où on n'a que des droits.
03:10On n'a plus d'obligations, on n'a que des droits.
03:12Voilà, les élèves ont des droits, que des droits,
03:15les parents n'ont que des droits vis-à-vis de l'école,
03:18et c'est une école, et c'est une école qui ne fonctionne plus.
03:23Le sujet des manifestations, ce n'est pas tellement Parcoursup,
03:28enfin, Parcoursup est derrière,
03:29mais ce que veulent avant tout les manifestants, les lycéens,
03:32c'est passer à la fac,
03:35passer à la fac, voilà, sans sélection,
03:38on n'accepte plus, on n'accepte plus de challenge,
03:41on n'accepte plus la compétition,
03:42on n'accepte plus de mériter,
03:44de mériter, de mériter des études supérieures,
03:49et donc on se retrouve avec une fac de toute façon
03:53qui ne peut plus accueillir autant d'étudiants,
03:55voilà, donc bien sûr que Parcoursup peut connaître des défaillances,
04:01mais voilà, et bien voilà, et bien merci, merci à vous.
04:05Je vous presse un peu Sylvie, je vais vous dire pourquoi,
04:07c'est parce qu'Emma est là, et Emma voulait prendre la parole,
04:10et Emma habite l'Indre-et-Loire.
04:12Bonjour Emma !
04:14Bonjour !
04:15Et comme il nous reste simplement quelques minutes,
04:17vous appelez d'où en Indre-et-Loire ?
04:18Je vais faire vite, près de Tours,
04:21et je voulais intervenir en fait,
04:23parce qu'il faut quand même être un petit peu optimiste,
04:26et je me dis qu'en fait, on a beau mettre les profs,
04:30les meilleurs profs du monde, les meilleurs outils,
04:33et en fait on accompagne le pain d'élèves,
04:35à la fois en 3ème, en 6ème,
04:37pour lui expliquer ce qu'est le monde du travail,
04:39quels sont les métiers en tension,
04:41pourquoi c'est bien de faire du travail manuel,
04:44et bien c'est comme quand vous allez au restaurant,
04:46si vous n'avez pas le menu,
04:47vous n'avez pas forcément envie de travailler,
04:48d'y aller, et bien c'est pareil,
04:50je pense qu'il faut susciter l'envie,
04:52et accompagner ces jeunes à découvrir quels sont les métiers,
04:55et je pense qu'il y aurait moins de problèmes,
04:58et on aurait moins de personnes qui veulent passer le bâche.
05:00Vous avez des enfants ?
05:01Oui, absolument !
05:03Et qu'est-ce qu'ils font comme études ?
05:05Alors moi j'ai ma fille aînée qui a fait de la gestion hôtelière,
05:08qui est gouvernante générale,
05:11et puis ils vont s'installer bientôt prendre un hôtel,
05:14et puis j'ai mon fils qui a fait un parcours en terminale,
05:19il voulait faire orthophonie,
05:23et puis à la fin il a fait poncée de Paris,
05:27et puis aujourd'hui il a fini sa formation de soudeur.
05:31– Le plus important c'est d'avoir un job,
05:34et un métier plus exactement,
05:35pas un job, un métier.
05:37– Un métier !
05:38– Voilà, un métier,
05:38moi je vous assure c'est le plus important.
05:40Et alors là vous avez parfaitement raison,
05:42parce qu'être premier tout ça c'est des bêtises,
05:44on s'en fiche d'être premier, d'être machin, d'être bidule,
05:47ce qu'il faut c'est,
05:50voilà, pardonnez-moi,
05:51il faut faire ce qu'on a envie.
05:54– Voilà.
05:54– Ça n'a pas de prix,
05:56c'est trop dur de traverser la vie
05:57avec quelque chose qui ne nous plaît pas,
05:59et vraiment je comprends des gens parfois
06:01qui ont envie de partir à la retraite
06:02si vraiment leur métier ne leur plaît pas.
06:04Et je comprends moins ceux qui ne veulent pas partir,
06:07parce que leur métier leur plaît trop.
06:09Non mais c'est vrai, par exemple dans nos métiers,
06:11personne ne veut…
06:11– Nous on a de la chance de faire un métier passion.
06:13– Évidemment, personne ne veut partir dans nos métiers,
06:15c'est pas toi qui décides,
06:17c'est toujours où tu meurs, où t'es viré.
06:20Je le dis sans arrêt, mais c'est la base,
06:21c'est la base de nos métiers,
06:22où tu meurs, où t'es viré.
06:23– C'est une longue vie alors.
06:24– Je ne sais pas ce qu'il faut, ce qui est préférable.
06:27– Mais j'ai vu que Michel Drucker, c'est formidable d'ailleurs,
06:30on lui a posé la question,
06:31quand est-ce que vous voulez partir ?
06:33Je crois que c'est dans un des derniers numéros
06:36de Vivement Dimanche,
06:37il a dit, maintenant il a dit, je ne partirai pas.
06:39– Maintenant, les choses sont claires,
06:41je ne partirai pas.
06:43Il a raison.
06:44Bon, il est 16h52, merci Emma.
06:46C'est un joli prénom Emma.
06:48– Eh, Emma.
06:51– Qu'est-ce que vous faites dans la vie Emma ?
06:51– Ah oui, je me suis tombée de vous sentier un peu.
06:53– Qu'est-ce que vous faites ?
06:54– Moi, j'ai travaillé dans un grand groupe
06:56en tant que RH, Développement RH.
06:59Et j'ai monté ma boîte.
07:00– Eh bien, écoutez, les RH, nous, on aime ça les RH,
07:04les ressources humaines.
07:06Et je vois qu'Anissa Dali est en régie,
07:07elle est en train de s'entraîner,
07:09de se préparer pour le match,
07:10parce qu'elle est venue à Anissa,
07:12qui a dû se lever à 2-3h du matin,
07:14et qui est encore là à 17h.
07:16Et elle est avec Olivier Guenet,
07:17et Olivier Guenet qui va exploser face au puzzle,
07:20je pense, face à...
07:22Et puis de toute façon, moi je serai avec Anissa.
07:23Donc comme ça...
07:26Merci beaucoup Emma !
07:27Catherine ou Jean-Luc,
07:29peut-être avant de nous dire au revoir
07:31dans cette première partie d'émission,
07:33est-ce que Catherine et Jean-Luc, non ?
07:35Non ?
07:35Alors on termine avec Augustin, Yvan.
07:38Est-ce que vous pensez que tout ça est possible ?
07:39Parce qu'une fois qu'on a dit ça,
07:42par exemple, la sélection,
07:44l'examen à la fin de la 6ème,
07:45bon, c'est peut-être trop tôt,
07:47examen à la fin du CM2,
07:49c'est peut-être trop tôt là,
07:51mais à la fin de la 3ème,
07:52t'as 14 ans,
07:53tu sais tout à 14 ans de ton niveau,
07:56hélas ou pas,
07:58tu peux revenir bien sûr,
08:00mais tu sais si tu ne peux pas faire
08:02des études supérieures sans doute.
08:05Mais ça ne veut pas dire que t'es pas intelligent d'ailleurs.
08:07C'est tout à fait possible,
08:08ça a d'ailleurs longtemps existé,
08:09le certificat d'études c'est une réalité,
08:11quand on voit les cahiers de nos grands-mères,
08:12je peux vous dire,
08:12elles écrivaient beaucoup mieux que nous.
08:14Donc je pense que c'est tout à fait possible,
08:15il faut réintroduire une culture de l'évaluation progressive
08:18pour que l'enfant différencie ma note et ce que je suis,
08:21ça évitera les traumas et puis les difficultés avec les parents.
08:24Et puis surtout, il faut encourager la société civile.
08:27Je vous donne un exemple,
08:27la Fondation pour l'école,
08:29pour laquelle je travaille,
08:30encourage les 2000 écoles indépendantes de France.
08:32Elles, elles choisissent leur pédagogie,
08:34c'est les parents qui viennent,
08:35il n'y a pas un euro de l'État,
08:36et pourtant il y a des écoles à très bas coût
08:38pour les familles en difficulté.
08:39Elles développent des pédagogies sport, nature,
08:43bilinguisme, HPI, dyscalculitis, dyspraxie, etc.
08:46Bref, une diversité pédagogique qui est approuvée,
08:49on l'a vu dans un sondage IFOP qu'on a commandité,
08:51par 64% des Français.
08:52En fait, ce qui tue l'éducation nationale,
08:54c'est l'éducation nationale,
08:56c'est le monopole étatique
08:58de ce qu'on veut être une éducation.
09:00La réalité, c'est qu'il faudrait un ministère de l'instruction publique
09:03qui rende aux parents la première place,
09:05ce sont les premiers éducateurs,
09:06l'école est déléguée à l'instruction sur le temps scolaire.
09:09Parce que j'en veux beaucoup à l'État
09:11qui oppose les familles, les élèves, les professeurs.
09:14En réalité, si on remettait tout le monde à sa place,
09:16ce que ces écoles font,
09:18elles sont issues de la société civile,
09:20il y aurait un climat beaucoup plus pacifique.
09:21Et pour en avoir dirigé une, une école comme ça,
09:23j'ai constaté que le lien avec les familles
09:24était beaucoup plus clair,
09:25parce que c'est contractuel.
09:26Moi, je les ai accueillis, je leur disais
09:27voilà notre projet,
09:29vous êtes d'accord, vous n'êtes pas d'accord,
09:30ok, vendu, et on avance.
09:31Il faut construire un projet ensemble,
09:32pour son enfant.
09:34Tout à fait.
09:35Non mais oui, c'est la base.
09:37Il n'y a plus qu'à.
09:38Tout à fait.
09:38Eh bien, je vous remercie beaucoup,
09:40c'était comme toujours,
09:41c'est toujours intéressant ces sujets
09:44évidemment sur l'école.
09:46Alors que je suis en train de ramasser mes feuilles
09:48qui sont en train de tomber par terre,
09:50et on va marquer une pause,
09:51puisqu'il va y avoir ce débat
09:54qui va nous passionner.
09:55On va parler de ça pendant une longue demi-heure,
09:57sans doute.
09:58En fonction des échanges.
10:00Oui, et puis je pense qu'il y aura des gens
10:01qui vont vouloir intervenir.
10:03Oui, appelez-nous.
10:05Faites l'arbitre, pourquoi pas.
10:06Là, nous sommes en train d'enjamber,
10:09disons-le.
10:09Jusqu'à 17h.
10:10Jusqu'à 17h,
10:11puisque nous allons parler,
10:13restez vraiment avec nous,
10:14parce qu'on va parler du ballon d'heure.
10:17Est-ce que c'est une honte
10:18de ne pas l'avoir donné à Mbappé,
10:21comme le dit Olivier Guenet,
10:23qui est particulièrement agacé,
10:25ou est-ce que ça correspond ?
10:26Choqué, choqué, choqué.
10:27Choqué, bon.
10:28Non, est-ce que vous aimez le football ?
10:31Alors, je suis un éneur en la matière.
10:33Bon, moi aussi, paraît-il,
10:36mais il ne faut pas le dire.
10:37Il est 16h56, je blague.
10:38A tout de suite.
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