00:02Là, pareil, il y a quelques semaines, j'ai dû refaire ma carte d'identité.
00:04Je ne savais même pas qu'on devait refaire une carte d'identité.
00:06Je te jure, je l'ai retourné, j'ai dit, putain, il y a une date d'opération,
00:08ça fait six mois que je n'existe plus, en fait.
00:10Il y a tout un protocole à faire quand tu refais une carte d'identité.
00:13J'ai dû d'abord refaire ma photo d'identité, voilà, il faut aller au photomaton.
00:16Et il te demande, il dit, merci de ne pas sourire.
00:18Je ne sais pas pourquoi, il faut faire la gueule, je prends une photo vidéo.
00:20Pour faire peur aux autres pays, peut-être.
00:23Donc moi, je fais ma tête menaçante française.
00:30Baguette.
00:33J'ai fait la photo, elle s'est imprimée, c'est écrit photo non conforme.
00:37Je suis allé à la mairie, j'ai dit, pourquoi elle fait photo non conforme ?
00:39Elle m'a dit ça, c'est la coupe de cheveux.
00:43Il y avait plein de choses à ramener à la mairie.
00:45Tu sais, il m'a demandé de ramener un justificatif de domicile.
00:47Je ne sais pas si vous connaissez le justificatif de domicile.
00:49C'est un truc qui prouve que tu habites bien chez toi.
00:52Bah, j'ai ramené mes clés, moi, directement.
01:02J'avais tout fait pour la carte d'identité.
01:04La dame de la mairie, elle m'a dit, si vous voulez, on peut la dématérialiser.
01:07Je dis, c'est-à-dire ?
01:08Elle me dit, si vous voulez, tout ce que vous venez de faire, ça ne sert à rien.
01:14Vous avez vu les images des deux flics ?
01:16Ils ont volé les baskets, là.
01:18J'ai dit, non, non, ce n'est pas ça.
01:20Ça peut être, il faut néoncer, les gars, ce n'est pas ça.
01:22C'est ça, parce que voilà, moi, j'étais le week-end.
01:24Et je comprends les flics, je les comprends.
01:26Tu vois, il y avait une petite ambiance de convoitise.
01:31Je te jure, il y avait une ambiance, une petite atmosphère.
01:34Fais-toi plaisir, frérot.
01:35Vas-y.
01:36Voilà, les tentations.
01:37Il y avait une vraie atmosphère de tentation.
01:39Moi, je suis un musulman, j'ai des valeurs.
01:41Je ne vole pas.
01:42Et c'était dur pour moi, le parcours.
01:44Voilà, c'était le parcours du combattant.
01:46Sur la vie de ma mère, j'arrive devant Carrefour.
01:48Elle commence à dire, non, Starfur-là, jamais.
01:50Tu vois, après, il y a une voix qui me dit, oui, mais c'est cher la vie, les courses
01:53et tout ça.
01:53Je te jure.
01:54Et plus ça avance, plus ça se complique.
01:56Il y avait une voix qui commentait, les anciennes.
01:58Il dit, là, t'es Zara.
01:59Là, c'est Zara.
02:00Après, elle me dit, là, c'est Sephora.
02:02Il y a du parfum.
02:02Je te jure, après, elle commençait à 200 mètres à droite, il y a Lacoste.
02:06Il y a Lacoste.
02:07Je te jure.
02:07Et en certain moment, le plus dur, j'arrive, il y avait Apple, frérot.
02:10Apple.
02:11La voix, elle monte, je l'entends.
02:12Elle commence à négocier clairement avec moi.
02:14Elle me dit, un petit Typhon 18 Pro Max, frérot.
02:18Ça fait plaisir à tout le monde, tu vois.
02:19Et moi, j'ai dit, non, c'est affreux à la haram.
02:22Et le plus dur, j'arrive, je me trouve devant Louis Vuitton, frérot.
02:25Louis Vuitton, c'était l'unier, c'était eux, c'était énorme.
02:28L'unier, les gens sortaient avec des sacs de luxe, des ceintures, des objets de valeur.
02:32Et là, j'ai commencé, moi, à négocier avec la voix.
02:38Je dis, c'est pas pour moi.
02:41Pour faire plaisir à ma femme, petit cadeau.
02:45Et quand je l'ai vu, je devenais trop fragile.
02:47J'ai dit, oh Allah, rentre, rentre, rentre.
02:48Ressaisis-toi, rentre.
02:49Je suis rentré chez moi, je suis fermé la porte, je suis regardé les infos
02:51et j'ai vu qu'ils ont pété, pillé, Rolex, zippé.
02:57Je me suis dit, putain, t'es rentré trop tôt !
03:01Là, Macron, il a plein d'allocution.
03:03En fait, il n'a rien dit de spécial, il n'a pas d'état d'urgence.
03:07Il n'en a un peu rien à barrer, quoi.
03:09Comme à son habitude.
03:10Mais là, il a dit quoi ?
03:11Le fou, il a dit, j'entends que les revendications des manifestants et des lycéens sont légitimes.
03:19Donc, je vais les recevoir dans la semaine, les syndicats des lycées, les syndicats des profs.
03:24Et il va les recevoir dans la semaine.
03:26J'ai l'impression que Macron, c'est moi, enfant.
03:29Tu vois ce qu'il veut dire ?
03:30C'est genre mon daron, c'est le manifestant.
03:32Il rentre dans ma chambre, il me dit, s'il te plaît, mon poussin, range ta chambre.
03:37Première.
03:38Première fois, il me le dit.
03:40Deuxième fois, il arrive, s'il te plaît, quand même, il faudrait ranger ta chambre.
03:43D'accord ?
03:43S'il te plaît, là, il faut ranger ta chambre.
03:45Je ne range pas ma chambre.
03:47Troisième fois, il rentre dans la chambre, il dit, allez, là, il faut ranger la chambre.
03:51Je ne range pas ma chambre.
03:54Quatrième fois, il arrive, il prend ma chambre, il les jette sur le mur, il encule tout le bureau, il
03:59retourne mon lit, tu vois.
04:00Et moi, je suis là, bah, écoute, papa, tes revendications sont légitimes.
04:06Je vais ranger ma chambre.
04:08C'est important, le vocabulaire.
04:10Et ça, c'est la technique des racistes.
04:12Tu sais, ils ne veulent pas dire qu'ils sont racistes, qu'ils n'aiment pas les noirs et les
04:14arabes, donc il faut des mots compliqués.
04:16Oui, là, des choses nationales.
04:17Alors que nous, on a raison.
04:19Tu l'as dit, quoi ?
04:19T'es un raciste ?
04:20Il va dire que ta mère.
04:21Et voilà, frère.
04:23Pas la peine de dire des gros mots, frère, on les aime pas.
04:25On n'est pas les racistes.
04:27Mais ouais.
04:29Mais eux, c'est comme ça, ils ont toujours des bons mots et tout.
04:31C'est pour ça que moi, je ne parle pas politique avec des inconnus.
04:33Parce que je ne sais jamais, si ça va trop loin, comment m'en sortir.
04:36Maintenant, après, j'ai une solution.
04:39De dire un truc complotiste de con, après, il arrête de me parler.
04:41Tu vois ce que je veux dire ?
04:42Je suis là, il me dit des trucs, je suis là.
04:44Ouais, ouais, ouais.
04:45Mais en vrai, Brigitte, c'est un gars, et frère, je me casse, gros.
04:49C'est bon, ça me donne les couilles, gros.
04:50Donc voilà.
04:51C'est comme ça que je fais.
04:52J'y crois pas, mais c'est une bonne manière de partir, gros.
04:56Très content d'être là.
04:57En plus, c'est trop bien, moi, c'est ma reprise, là.
04:58Donc je suis contente d'en venir.
04:59J'ai accouché, là, il y a bientôt deux mois.
05:00Physiquement, on me dit souvent, c'est bien, t'as l'air d'être, voilà, t'as l'air d
05:03'être en forme, t'as retrouvé la ligne.
05:04Non, mais attention.
05:05C'est comme les monuments qui sont en travaux.
05:07Vous savez, quand ils sont en travaux, il y a des belles bâches devant.
05:09Les bâches Louis Vuitton, quartier, c'est une bâche, bien sûr.
05:14À l'intérieur, les canalisations sont déglinguées.
05:17Il y a des fuites de partout.
05:19À des moments où tu t'y attends pas, hier, j'ai une pote au téléphone, elle m'annonce un
05:23potin.
05:23Moi, plein d'enthousiasme, je lui dis, mais non !
05:25Deux gouttes de pipi, trois gouttes de lait.
05:28Je me dis, qu'est-ce que c'est que ce corps, là ? Je ne maîtrise plus rien.
05:32Aujourd'hui, il ne me reste qu'une seule grand-mère, 83 ans, et elle m'impressionne, en vrai.
05:35Parce qu'elle vit toute seule depuis des années, elle regarde beaucoup la télé,
05:38elle regarde énormément les chaînes d'information, et elle n'est pas raciste.
05:41Et ça, je trouve ça imprenant.
05:43Franchement, ça en dit long sur l'état de la France.
05:50Quand on vient applaudir quelqu'un qui n'est pas raciste, c'est une catastrophe.
05:54Ah, bravo, il aime les gens, bravo.
05:56Elle ne pourrait pas ne pas aimer la différence, parce qu'elle aussi, elle est différente.
05:59Elle habite en France, mais elle est luxembourgeoise, elle aussi.
06:02Et du coup, je...
06:03Je sens que j'ai déçu, là, un peu.
06:05Avec ma tête, je n'allais pas dire Cameroun, réfléchis un peu, aussi.
06:09C'est juste qu'elle n'est pas arrivée en bateau, mais en première classe.
06:11C'est la différence.
06:12Seul immigré qui est arrivé en disant, oh, la clim est un peu fraîche, quand même.
06:14C'est magnifique.
06:16Autant, France vers Luxembourg, je comprends.
06:18Mais j'avoue, Luxembourg vers France, franchement, c'est de l'humanitaire.
06:23Le SMIC, chez eux, est à 2700 euros par mois.
06:25Je ne sais pas si vous vous rendez compte.
06:27Au Luxembourg, tu croises un gars, tu lui dis SMICARB.
06:29Il te dit, oui, j'ai réussi.
06:30Oui, oui.
06:32Et il faut savoir que les luxembourgeois nous prennent en France pour des pouilleux.
06:36J'ai été une fois au Luxembourg, une fois.
06:37Une semaine, je ne vois pas un SDF.
06:39Dernier jour, j'en vois un.
06:40Je suis tellement choqué de le voir.
06:41Je me dis, il faut que je lui donne un truc.
06:42Ce mec, il est en galère.
06:43Je vais le voir, je lui tend une pièce.
06:44Je lui dis, tenez.
06:45Et là-bas, il parle un peu français.
06:46Il me dit, ah, français ?
06:48Il me dit, non, regarde-la, t'en auras peut-être besoin.
06:52Mais c'est vrai que Luxembourg, ce n'est pas une origine que je mets beaucoup en avant.
06:54Moi, je suis un quart italien, un quart luxembourgeois, je préfère mettre l'italien en avant.
06:57Parce que Luxembourg, ce n'est pas une origine qui te permet de serrer quelqu'un en soirée.
07:02Non, mais jamais tu n'as entendu une fille, elle te dit, moi, mon style de mec, espagnol,
07:06martiniquais, luxembourgeois.
07:07Moi, je ne sais pas, j'aime bien quand il défiscalise, il y a un truc.