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  • il y a 9 minutes
Regardez Un point, c'est tout avec Adeline François du 28 octobre 2026.

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Transcription
00:00C'est votre tablée, on va parler dans un instant de ce coup de pouce pour le SMIC, pour calmer
00:04la colère sociale.
00:06Mais d'abord, Adeline François, question sur la responsabilité de la presse dans l'attaque terroriste de Trappes.
00:12Vous avez décidé de ne pas esquiver la question.
00:14Ouh là là Adeline, t'es sûre que tu veux y aller ?
00:16C'est ce que m'a soufflé une petite voix intérieure hier quand j'ai décidé de vous parler ce
00:19matin de nous, des médias.
00:22Vous avez du sang sur les mains, ont dit des habitants de Trappes à une équipe de journalistes de BFM,
00:26en la prenant d'ailleurs pour une équipe de CNews.
00:28Le maire de Trappes a lui-même accusé les chaînes d'info de laisser prospérer le racisme.
00:33Et hier après-midi, ces mots de Sébastien Lecornu à l'Assemblée Nationale.
00:37Il y a des discours, en tout cas il y a des gens qui portent des discours et des mots,
00:41qui finissent par armer d'autres qui eux, passent à l'acte.
00:45Le Premier ministre visait-il des politiques, des médias ?
00:48Il ne l'a pas dit, mais posons la question, allons-y.
00:51Est-ce qu'on a, nous journalistes, une responsabilité dans la banalisation du racisme ?
00:55Je vais essayer d'apporter de la nuance à ce débat qui n'en a pas,
00:59parce que le racisme est un délit, puni par la loi.
01:02Mais une question me tourmente.
01:03Est-ce que les médias n'ont pas une part de responsabilité dans le déplacement,
01:07ces dernières années, de ce qu'on accepte d'entendre dans le débat public ?
01:11Vous vous souvenez du fameux « on ne peut plus rien dire » ?
01:14A force de vouloir prouver qu'on pouvait encore tout dire,
01:16on a déplacé la frontière de ce qu'on accepte d'entendre.
01:20Les politologues appellent ça la fenêtre d'Overton.
01:23C'est la fenêtre, le périmètre de ce qui est considéré comme acceptable dans le débat public.
01:29Le grand remplacement en est un parfait exemple.
01:32Théorie raciste et complotiste qui restait cantonnée aux marges de l'extrême droite
01:36jusqu'à ce qu'Éric Zemmour l'installe dans la campagne en 2022.
01:40Et regardez le chemin parcouru.
01:42Il y a quelques semaines, la ministre de la lutte contre les discriminations, Aurore Berger,
01:46refusait de qualifier cette théorie raciste et expliquer qu'elle relevait du débat politique.
01:52Voilà une fenêtre d'Overton qui s'est grande ouverte.
01:56Et nous, médias, avons quand même accompagné ce glissement.
01:59Au nom d'une société qu'il faut raconter, au nom du pluralisme,
02:03du respect du temps de parole des forces politiques.
02:05Mais le pluralisme n'oblige pas à banaliser ce que disent ces forces politiques.
02:09Notre métier, c'est de raconter, d'écouter, mais aussi de contextualiser,
02:14de contredire et de rappeler les faits toujours.
02:17Et aussi de maîtriser l'antenne.
02:19L'Arcom, le régulateur, le gendarme des médias est là pour rappeler à l'ordre
02:22et sévir le cas échéant.
02:24La justice est là pour dire quand la loi est bafouée,
02:27pour sanctionner les propos racistes.
02:28Il n'existe, j'ai vérifié, aucune jurisprudence pour le grand remplacement.
02:33Alors, attendre qu'un juge dise qu'une parole est illégale
02:36ne peut pas être notre seule boussole éditoriale.
02:39Oui, on a une responsabilité.
02:41Mais les médias n'appuient pas sur la détente.
02:43Ils contribuent en revanche à régler la température de la pièce
02:46en ouvrant des fenêtres ou en les refermant,
02:49surtout quand le fond de l'air est frais.
02:51En un seul mot.
02:52Un point.

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