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  • il y a 3 heures
Un déjeuner partagé avec le député Écologiste du Rhône Boris Tavernier pour parler de la production française de maïs qui pourrait chuter de 35 % cette année. Sécheresses et canicules ont mis à l'épreuve la culture de cette céréale. Comment répondre à la détresse des producteurs ? Reportage en Bretagne près de Vannes.
Au menu également les algues. Les Japonais en consommeraient depuis la préhistoire. En France, c'est plus récent mais avec notre immense littoral, on les retrouve de plus en plus souvent dans nos assiettes ! Reportage à la Plaine-sur-Mer, en Loire-Atlantique.

Carole Tolila et Jean-Pierre Montanay partagent un repas avec une personnalité : politiques, chefs cuisiniers, artistes.... L'occasion d'aborder un thème d'actualité, autour de reportages et d'un menu élaboré avec des plats typiques de leur région, souvenirs d'enfance ou qu'ils apprécient particulièrement. Comment le contenu de nos assiettes impacte-t-il nos modes de vie ? Tout en parlant gastronomie, c'est l'avenir de notre société et les enjeux de demain qu'ils questionnent.

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Transcription
00:03Générique
00:19Bonjour à tous, bienvenue dans Politique à table, votre rendez-vous pour apprendre à connaître vos députés autrement, le temps
00:25d'un repas filmé.
00:27Et aujourd'hui, nous avons plaisir d'accueillir à notre table Boris Tavernier, député de la deuxième circonscription du Rhône,
00:34groupe écologiste et social.
00:35Bonjour.
00:36Bonjour.
00:36Bonjour Boris Tavernier.
00:37Bonjour.
00:37Et nous avons donc Jean-Pierre Montané pour vous cuisiner, mais surtout pour vous offrir un amuse-bouche.
00:42Bonjour Carole, oui, un amuse-bouche, un peu l'ancêtre du snacking.
00:45Vous, le lyonnais d'adoption, vous connaissez sans doute.
00:49Regardez, c'est à la table, à l'apéro, dans les bouchons lyonnais.
00:53Le graton.
00:54Le graton.
00:55Ah, il connaît, il connaît.
00:56On vous laisse goûter, puis on en parle tout à l'heure.
00:58Appréciez tranquillement, voici le sommaire pour cette émission.
01:00Le menu que vous avez choisi, un welsh avec des frites, ça dit beaucoup déjà de vous.
01:06Et en dessert, une religieuse au chocolat.
01:08Pour notre rubrique, le dessous des plats, nous allons faire le constat que dans les champs, l'impact de la
01:14sécheresse.
01:15Et nous avons donc traversé ces derniers mois, notamment pour la culture du maïs.
01:20Dans les pieds, dans le plat, vous reprendrez bien une petite algue ?
01:22Elles sont de plus en plus présentes dans nos assiettes.
01:24C'est l'aliment du futur, bourré de vitamines et de minéraux.
01:28Reportage, les pieds dans l'eau, à suivre.
01:30Est-ce que vous avez aimé le petit graton ?
01:32Oui, oui, oui.
01:33Évidemment, il y a la version aussi sud-ouest, qu'on appelle les fritons, avec le gratte canard.
01:38Parce que moi, je ne connais pas, parce que là, vous êtes entrelyonnais, là.
01:41Ce n'est pas complètement végétal, je préfère vous le dire.
01:44Je sais, je sais, je sais.
01:45En fait, Carole...
01:46C'est un repas tout gras, c'est le concept de cette émission, aujourd'hui.
01:50C'est des tout petits bouts de porc gras, cuit, longuement dans leur propre graisse.
01:56Le mot vient de l'action de gratter le fond de la marmite, où l'on faisait fondre du porc
02:01avec le sein doux.
02:02Et on récoltait les petits morceaux grillés et collés au fou, d'où le nom de graton.
02:06Ils sont à la fois croustillants à l'extérieur, un peu moelleux à l'intérieur, simplement assaisonnés de sel.
02:11C'est un peu la cacahuète lyonnaise.
02:13Et on partage ça avec un petit verre de vin local, notamment au moment du Beaujolais Nouveau.
02:18Moi, ça me rappelle des souvenirs.
02:19On ne mange pas tout le bol, mais c'est très bon.
02:22C'est vrai que c'est croustillant et fondant.
02:24C'est quand même assez étonnant dans la texture.
02:26Vous avez aimé ?
02:27Oui, j'ai aimé, bien sûr.
02:28Ça m'a apporté la anis, cette recette du graton.
02:31Et Boris, vous avez aimé ?
02:32Oui, oui, c'est excellent.
02:34Il est obligé de dire qu'il a aimé.
02:35Mais ça a été un choc, la première fois que vous avez mangé des gratons, vous, le Nordis, ou pas
02:38tellement ?
02:39C'est assez surprenant, la cuisine lyonnaise, quand on ne la connaît pas et qu'on la découvre.
02:44Et tout de suite, nous allons découvrir Cuisine et Confidence.
02:53Boris Tavernier, Wesh Wesh.
02:54Lorsque j'ai appris qu'à la question essentielle de cette émission, quel est le menu du jour, vous aviez
02:59répondu Wesh, me suis dit ça y est, on vous a perdu.
03:02Vous êtes inspiré par la jeunesse et les lycéens de ce pays qui ne savent plus ouvrir la bouche sans
03:06répéter Wesh Wesh à tout bout de champ, aussi bien pour dire salut que alors quoi.
03:10Alors je ne comprenais pas vraiment ce que vous comptiez nous faire partager avec ce Wesh, mais comme cette expression
03:14vient des quartiers, j'ai imaginé que vous alliez nous proposer, pourquoi pas, un sandwich grec avec cette fameuse sauce
03:21blanche.
03:22Non, pas du tout, Boris Tavernier, mais Alcupa, c'est pas le Wesh des quartiers qui est votre ref, non,
03:28c'est le Wesh avec un L, nuance, une seule lettre et tout change.
03:32Ce mot veut dire gallois, Carole.
03:35Il désigne une recette de fromage, du cheddar gratiné, né au Pays de Galles, devenu un plat totem du Nord
03:41et des ch'tis, donc à déguster avec une belle portion de frites après les gratons.
03:44Bonjour, avec Carole, on adore, mais attention, je ne suis pas sûr que votre bombe calorique soit remboursée par votre
03:50sécurité sociale alimentaire, qu'en dites-vous ?
03:53Oui, je suis d'accord, je suis d'accord avec vous, en termes de nutrition, ça se discute.
03:57J'avais à cœur de partager ce plat, parce que ça fait longtemps que je ne suis pas remonté dans
04:01le Nord et que j'avais envie de manger un Wesh Frites, donc j'ai profité de l'émission pour
04:04ça.
04:05Et puis pour moi, le Wesh Frites, c'est la famille et les amis.
04:08Les frites, c'est mes parents, c'est ma mère qui épluche les frites au couteau à 6h du matin,
04:13avant d'aller au travail, et mon père qui lance la pré-cuisson, pareil, avant de partir.
04:16À 6h du matin ?
04:17Oui, oui.
04:17Avant de partir travailler, oui, j'ai lu ça.
04:19Mon père m'a toujours dit, pour faire des bonnes frites, il faut se lever à 6h du matin.
04:22Et donc, il faisait, ma mère et mon père préparaient les frites, et comme ça, quand on rentrait le midi
04:25après l'école, on lançait la deuxième cuisson à 180 degrés, un peu croustillante, et là, on avait des super
04:31frites le midi.
04:31Bon, on va goûter quand même.
04:32Et le Wesh, c'est plutôt 5h du matin, quand on sort avec les copains, on va à la Chicorée
04:37à Lille, et on s'envoie à un Wesh avant d'aller se coucher.
04:40Alors, goûtons-le, c'est le restaurant Le Bourbon qui l'a cuisiné pour nous, et on les remercie.
04:44Mais c'est vrai que les frites, c'est important.
04:46Là, vous venez d'expliquer avec votre père cette tradition familiale, mais quand même, j'aimerais que vous me disiez
04:50le rapport que vous entreteniez avec les frites.
04:53Est-ce que vous en mangez toutes les semaines, du coup ? Parce que, apparemment, c'est un souvenir qui
04:56est important.
04:57Dans le Pas-de-Calais, on grandit avec la pomme de terre. C'est vraiment l'aliment de base, c
05:01'était le moins cher.
05:02Quand j'étais gamin, c'était 1 franc le kilo.
05:04Donc, quand on est issu, comme moi, d'une famille ouvrière, et qu'on compte chaque sou, la pomme de
05:09terre, c'est à tous les repas, au beurre, à l'eau.
05:12Mais les frites, c'était ce qu'on préférait avec mon petit frère.
05:14Et encore aujourd'hui, oui, j'en mange régulièrement.
05:17Après, j'aime bien les vraies frites, double cuisson, et c'est aussi important.
05:21Il y a de plus en plus de frites surgelées, mais les frites fraîches reviennent de plus en plus dans
05:25les restaurants.
05:26Quelle variété de pommes de terre vous aimez ?
05:27Dans le Nord, c'est la binge, ou la binge, comme on dit, plutôt, à Lyon, qui est vraiment la
05:31pomme de terre parfaite pour les frites.
05:32À Lyon, j'utilise la marabelle aussi, qui fonctionne très bien.
05:35C'est intéressant, parce que moi, ça m'intéresse de faire les frites.
05:37Moi, je ne pensais pas qu'il pouvait y avoir un si grand écart entre la première et la deuxième
05:40cuisson.
05:40Moi, je croyais qu'il fallait que ça soit assez rapproché.
05:42Non, elle peut complètement refroidir, se ramollir, j'allais dire, et repartir dans un deuxième bain.
05:46Oui, complètement, complètement.
05:47C'est bon à savoir.
05:48Après, il y a plusieurs écoles.
05:49Je sais que Thierry Marx, lui, il les blanchit d'abord avant de les faire frire.
05:53Moi, j'avoue, j'aime bien.
05:55Et à l'huile de tournesol dans le Pas-de-Calais, plutôt la graisse de bœuf dans le Nord.
05:58Ah oui, en Belgique, c'est la graisse de bœuf.
05:59La graisse de bœuf.
06:00Vous ne préférez pas ?
06:02C'est différent.
06:03Moi, je suis très habitué à l'huile de tournesol.
06:06Mais j'ai découvert au Québec, il y a quelques temps, des frites à l'huile d'arachide.
06:10Et c'était hyper intéressant aussi, en termes de goût.
06:13Votre welch refroidit.
06:14Oui, oui, oui.
06:15Il est fondant, il est très bon.
06:17Jean-Pierre, c'est une première pour Jean-Pierre.
06:19Pour une fois, on a réussi à surprendre Jean-Pierre.
06:21Il n'avait jamais goûté de welch de sel.
06:22Alors, je ne sais pas s'il est fait dans les règles de l'art.
06:23J'attends le verdict de Boris Savernier.
06:25En tous les cas, bravo au Bourbon qui sait s'adapter à ses recettes un peu exotiques.
06:30Écoutez, ça ressemble un peu à un croque-monsieur du Nord, non ?
06:33C'est le croque-galois, c'était le repas du pauvre, en fait.
06:37Le welch rabbit, comme on appelait ça au Pays de Galles.
06:39Alors, ça, c'était marrant parce que ça voulait dire qu'on nous vendait du lapin avec des arzats.
06:43C'est pour ça qu'on...
06:44Oui, c'est exactement ça.
06:45C'était vraiment un peu un plat de peste, un plat de pauvre.
06:47Moi, je trouve ça pas mauvais.
06:49Et dans l'absolu, ça baigne dans le cheddar fondu.
06:52Oui, c'est-à-dire que là, il a été un peu victime du réchauffement climatique et du micro-ondes.
06:57On a dû réchauffer avant de commencer l'émission.
06:58Et vous, Carole, vous avez...
06:59Moi, je trouve ça très bon, mais c'est vrai que la portion, elle est très généreuse.
07:03Je pense que je ne vais pas arriver au bout, très clairement.
07:05Moi, j'aimerais quand même revenir sur vos racines, Chti.
07:08Vous l'avez dit, votre mère, elle était couturière en usine.
07:12Vous disiez une famille ouvrière.
07:13Et votre père fabriquait des radiateurs.
07:15Qu'est-ce qu'il y avait dans cette maison, dans cette table ?
07:19Je crois que votre père avait un potager aussi.
07:20Oui.
07:21Donc, la nourriture, ça avait l'air d'être quand même assez fondateur chez vous,
07:24même si c'est une famille ouvrière.
07:25Oui, bien sûr, c'est important le temps de se retrouver à table,
07:28de partager le repas, d'échanger sur nos journées respectives.
07:31C'est beaucoup mon père qui cuisine encore aujourd'hui beaucoup de plats,
07:34de plats en sauce, qui nous permettent d'accommoder les restes le lendemain.
07:39Et je fais toujours ça aujourd'hui.
07:40Et aujourd'hui, quand je cuisine pour mes enfants,
07:42je vais faire, je ne sais pas, une joue de porc à la bière, par exemple.
07:47Et le lendemain, avec plein de petits légumes,
07:49et le lendemain, je vais rebalancer juste un peu de riz,
07:51et ça fait un deuxième plat.
07:53Les plats du lendemain, il faut les anticiper la veille.
07:55C'est souvent les meilleurs.
07:57Donc, je garde ce côté-là, de rien gaspiller.
07:59Et mon père, oui, produisait...
08:00C'est un peu schizophrénique.
08:02Mes parents sont nés après-guerre,
08:04donc il y a aussi cet essor des supermarchés.
08:06Donc, chez mes parents, on pouvait à la fois avoir un jardin très bio,
08:10avec mon père qui fait son purin d'ortie,
08:13sa bouillie bordelaise,
08:14des récupérateurs d'eau de pluie très proche de la nature.
08:18Et on était capable quand même d'avoir des tomates au mois de janvier dans le frigidaire.
08:21Donc, c'était quand même un peu fou.
08:24Mais voilà, en tout cas, ça cuisinait,
08:26et ça, c'est important. On n'a jamais eu de surgelés, de boîtes, très rarement.
08:30Et vous cultivez, vous aussi, vos légumes ?
08:31À Lyon, c'est difficile.
08:33Non, je n'ai pas de jardin, non.
08:35Mais j'ai des très bons maraîchers, donc ça va.
08:37Je reviens un peu sur la frite, mais pas sur son côté cuisine,
08:39sur son côté un peu politique, entre guillemets, politique à table.
08:42C'est un identitaire très fort.
08:44On voit du Nord les frites, les ch'tis, les tuches qui tapent sur la table.
08:48Est-ce que vous êtes fier de cette identité, de ce marqueur identitaire ?
08:52Après, ça dépend de où on parle, si on est français ou si on est belge.
08:55Non, je parle de vous, je parle du ch'ti que vous êtes en France.
08:59Oui, mais c'est vrai.
09:00Est-ce que ça vous embête qu'on vous ramène à tout ça ?
09:01Ou au contraire, vous êtes fier que cette pomme de terre simple,
09:04cultivée par tout le monde, soit l'emblème de cette région ?
09:06Moi, ça me convient.
09:07On aurait pu parler des chicons aussi,
09:09mais la patate, tout le monde en mange.
09:10Enfin, la frite, tout le monde en mange.
09:12Tout le monde, tous les jours, tout le temps.
09:13Donc, non, je n'ai aucun problème à être identifié à ça.
09:16J'en ai joué aussi, de parler des frites de mon père régulièrement.
09:20Même dans des articles de presse, parfois.
09:22Et non, c'est une partie de moi, en fait.
09:24Donc, j'assume complètement ça, sans aucun problème.
09:27Vous parliez de récupérer les restes,
09:28mais alors, vous êtes aussi un expert du batch cooking.
09:30C'est-à-dire que le dimanche, vous préparez le repas pour la semaine.
09:33Qu'est-ce que vous préparez pour vos enfants ?
09:36Vos plats signatures.
09:37Moi, j'ai rarement de plats en tête.
09:41Je ne vais pas partir faire des courses en disant
09:42« J'ai envie de faire ce plat. »
09:44Parce que s'il te manque quelque chose,
09:45tu dois faire 15 magasins.
09:47C'est pénible.
09:48Je vais sur le marché, je vois ce qu'il y a.
09:49Et c'est là où les idées vont venir.
09:51Donc, si je vois des beaux céleri, du panais ou du retabaga
09:55qui commencent à arriver,
09:56c'est là où je vais avoir envie de cuisiner.
10:00Plutôt végétarien le soir, en grande partie.
10:04Mais j'aime bien quand même les plats en sauce.
10:06Quand je vous parlais de la joue tout à l'heure,
10:07c'est un de mes plats préférés aussi.
10:10Et les carbonades, les blanquettes.
10:11Le coq à la bière.
10:12Le coq, c'est plus rare quand même.
10:14J'en ai rarement fait.
10:16Mais tous ces plats familiaux en sauce,
10:18ancestraux qui nous viennent de nos grands-mères,
10:20moi, je continue de les transmettre.
10:22Je continue de les faire.
10:23Parce qu'il ne faut pas qu'on oublie d'où on vient.
10:26Donc voilà, une cuisine à la fois à l'inspiration
10:28avec ce que je vais trouver, notamment sur le végétal.
10:31Et puis les plats de mamie.
10:33Et vous avez eu un restaurant aussi.
10:36Alors ça, il faut qu'on en parle.
10:37Ça s'appelait « De l'autre côté du pont ».
10:38On en est en 2004.
10:39Un bar-restaurant avec des amis.
10:41Ça devait être quand même très sympa, cette période-là.
10:43J'ai vu quelques photos.
10:44C'était délicieux.
10:46Alors que vous aviez grandi dans le Pas-de-Calais,
10:47vous avez vraiment changé de ville.
10:49Vous êtes allé à Lyon.
10:50Qu'est-ce qu'il y avait à la carte ?
10:51Quelle était la carte de ce restaurant ?
10:53Je crois que c'était bar, restaurant, spectacle.
10:54Oui, on est effectivement au début des années 2000.
10:58Je remonte un petit peu plus loin.
10:59On est en 1999, quand José Bové détruit le McDo de Milho.
11:03Ça, c'est un acte fondateur pour vous ?
11:04Oui, il y a une vraie prise de conscience.
11:05On m'a dit que c'était vous ça qui vous avait donné l'idée de construire le restaurant.
11:08Avec ses deux amis, Jérôme et Rexel, on a fait un pèlerinage.
11:12On est partis à pied de Lyon jusqu'au McDo de Milho en 2002.
11:15Et c'est là où on a commencé à cogiter.
11:17On avait cette volonté de monter un bistrot,
11:18mais on voulait que ce soit cohérent avec nos idées,
11:20avec ce qu'on portait politiquement.
11:21Et à l'époque, il n'y avait pas beaucoup de restos en circuit court
11:24avec des produits paysans, des produits bio.
11:27Ça n'existait pas.
11:28Donc, on a été quasiment les premiers sous forme d'entreprises,
11:31de coopératives à développer ça à Lyon.
11:33Avec le soutien de l'agriculture paysanne,
11:35l'agriculture biologique d'un côté,
11:37et la démocratisation de montrer qu'on pouvait consommer des bons produits,
11:40que ce n'était pas si difficile que ça.
11:41Et on était les premiers.
11:42On avait systématiquement un plat du jour carné
11:45et toujours une assiette végétarienne
11:47avec six ou sept préparations différentes.
11:49En 2004, avoir un plat végétarien quotidien,
11:51dans les restos, c'était assez rare.
11:54Et le soir, c'était plutôt bière, évidemment,
11:57concert, débat.
11:58Donc, oui, j'ai fait ça dix ans.
12:00Ça a été une super expérience.
12:02Mais on n'était pas cuistot quand on avait ouvert le resto.
12:04Donc, on avait créé un resto clandestin
12:06avant notre ouverture, dans notre colocation.
12:10Et on faisait à manger à prix coûtant.
12:12À l'époque, l'entrée plat dessert était à 3,50 euros.
12:14Et vous cuisiniez temps en temps.
12:14Et on a pris dans ce resto clandestin à cuisiner.
12:18On appelait, moi, j'appelais ma grand-mère
12:20pour avoir des recettes, ou mon père.
12:22Et on faisait à manger d'abord pour les copains.
12:24Et puis, quand on s'est sentis prêts,
12:25on a ouvert le resto.
12:25Alors, le modèle économique, il existait ?
12:27Dans le resto clandestin, non.
12:29Non, mais après, l'entreprise, oui.
12:31Après, vous savez très bien
12:32que les marges dans la restauration sont plus faibles.
12:34Quand vous avez des très bons produits,
12:36c'est encore le cas.
12:37À titre d'exemple, à l'époque,
12:39si j'achetais de l'agneau qui venait de l'un,
12:42d'un éleveur,
12:45ça devait être 11 euros le kilo, la bête entière.
12:48Mais si vous alliez acheter de l'agneau de Nouvelle-Zélande,
12:50c'était 6.
12:50Donc, on avait beaucoup moins de marge.
12:52Et effectivement, c'est la bière
12:53qui était le meilleur outil de redistribution économique,
12:56qui nous finançait le soutien aux paysans
12:58et qui nous finançait la culture.
12:59Et vous aviez une conscience tout de suite, en fait.
13:01Et vous avez même créé une AMAP,
13:02la première à Lyon.
13:03Alors, comment vous êtes forgé cette conscience écologique,
13:06ce goût des produits locaux de saison ?
13:09Alors qu'on le dit, au départ,
13:09on n'en parlait pas autant qu'aujourd'hui.
13:11Oui, oui.
13:11C'est vraiment, à cette époque,
13:13c'est le mouvement intermondialiste.
13:15Je ne sais pas si vous vous souvenez,
13:17où on a envie d'un autre monde est possible.
13:20Il y avait Attaque, la Confédération Paysanne,
13:22des structures qui étaient assez fortes,
13:24en tout cas dans mon milieu de l'époque.
13:26Et on a vraiment appris comme ça.
13:27On a appris en cheminant.
13:29On découvre ces AMAP qui viennent du Japon
13:32dans les années 70.
13:33Et la première qui a été développée en France
13:35en 2001 ou 2002 à Aix-en-Provence,
13:37on se dit, mais c'est quand même pas mal ça.
13:38On peut directement soutenir un paysan
13:41en achetant par avance sa production.
13:43On vient récupérer son panier toutes les semaines.
13:44Donc voilà.
13:45Et petit à petit,
13:45on a développé plein de projets comme ça.
13:48Et on a pu développer notre conscience politique
13:50autour de l'alimentation,
13:51parce que l'alimentation, c'est politique.
13:53Et le réseau VRAC aussi.
13:54Comme ça, je termine le CV.
13:56Vous avez vraiment initié plein de projets.
13:59Vous avez milité pour une justice alimentaire.
14:01Expliquez-nous le fonctionnement du réseau VRAC.
14:03VRAC, oui, c'est né en 2014.
14:05Après de 10 ans de bistrot,
14:07où j'étais cuistot, serveur,
14:09on faisait tous les métiers,
14:10on était interchangeable.
14:12Je m'étais rendu compte
14:14qu'on touchait comme un public
14:14qui était sensibilisé à la question d'alimentation,
14:17qui avait aussi les moyens de se l'offrir.
14:19Et je pensais beaucoup aux personnes
14:21qui ne pouvaient pas,
14:21et notamment dans les quartiers populaires,
14:23où on a vraiment cette double peine.
14:25Soit on n'a pas les moyens pour bien se nourrir,
14:27soit on n'a pas d'offre du tout.
14:29Donc VRAC, c'est né de discussions
14:30avec la Fondation pour le logement des défavorisés.
14:33À l'époque, ils finançaient pas mal de projets
14:35de lutte contre l'isolement
14:36et avec des bailleurs sociaux
14:37qui voulaient amener un nouveau service dans les quartiers.
14:39Le principe, c'était simple.
14:41J'allais dans les quartiers,
14:42je ramenais plein de bons produits paysans
14:44au pied des immeubles,
14:45je faisais goûter aux habitants.
14:47Une fois que c'était validé en termes de goût,
14:48j'ai dit, si vous voulez,
14:50on pourrait faire nos courses ensemble,
14:51ça nous coûterait moins cher,
14:52on pourrait avoir des meilleurs prix
14:53et on pourrait soutenir des paysans.
14:55Et c'est né vraiment de ça,
14:56c'est né comme ça.
14:58Et là, on se rend compte,
14:59contrairement aux préjugés,
15:00dans les quartiers populaires,
15:02même quand on n'a pas beaucoup d'argent,
15:03on a envie de bien se nourrir,
15:04on a envie de bien nourrir ses enfants.
15:05C'est pas le royaume de la malbouffe.
15:07Sauf qu'il n'y avait pas cet accès physique ou économique.
15:10Donc on créait des épiceries éphémères,
15:12beaucoup dans les centres sociaux.
15:14C'est pas des bénévoles extérieurs qui venaient,
15:16c'est les habitants eux-mêmes
15:17qui s'auto-organisaient,
15:18qui s'auto-organisent toujours d'ailleurs.
15:21Et on jouait à l'épicier,
15:22tout simplement,
15:23pour des kilos de farine,
15:24de l'huile d'olive.
15:25Et ça permettait, en tout cas,
15:26un peu d'améliorer
15:28l'environnement alimentaire du quartier.
15:30Et puis aussi,
15:31socialement, c'est important.
15:32La précarité alimentaire,
15:33il ne faut pas oublier
15:33qu'elle génère aussi de la solitude.
15:35Quand vous n'avez pas les moyens
15:37de bien vous nourrir,
15:37vous refusez les invitations
15:39parce que vous ne pouvez pas les rendre,
15:40vous n'allez pas au restaurant.
15:41Donc ça, c'est aussi important
15:43de rendre une bonne alimentation accessible.
15:44Ça nous permet de nous retrouver aussi à table.
15:47Donc ça a fait des petits.
15:47Ça s'est développé un peu partout en France.
15:50On a organisé aussi
15:50beaucoup de rencontres à la campagne
15:52pour refaire lien avec nos paysans.
15:54C'est pas seulement les quartiers
15:55effectivement défavorisés.
15:56Il faut aussi parler de la campagne
15:57et aussi des universités.
15:59Je crois que vous avez des expérimentations.
16:01En 2019, j'ai créé Vrac Université
16:02suite à un étudiant
16:04qui s'était immolé
16:05devant le Crous à Lyon.
16:06Ça m'avait choqué.
16:07Je me suis dit
16:07mais comment on peut
16:08en arriver là en 2019
16:09parce qu'on a faim ?
16:10Donc j'avais créé Vrac Université.
16:12Et plus récemment,
16:13la maison de l'alimentation à Lyon,
16:15la MESSA,
16:15maison engagée,
16:16solidaire d'alimentation,
16:17c'est un bar, restaurant,
16:19épicerie,
16:19100% vieux,
16:20ou quasiment,
16:22avec une triple tarification
16:23dans un quartier populaire.
16:24Finalement, l'alimentation,
16:25c'est votre école politique.
16:26Oui, oui,
16:27on peut tirer tous les fils.
16:28On parle de tout.
16:28Quand on parle de l'alimentation,
16:30on peut parler évidemment d'agriculture,
16:32on peut parler de biodiversité
16:34et puis on peut parler
16:35de plaisir et de partage.
16:36Alors, le restaurateur,
16:38avec vos initiatives associatives,
16:39mais aussi,
16:39maintenant que vous êtes
16:40dans cette grande maison,
16:41l'Assemblée,
16:41à l'origine d'une PPL
16:43qui vise à encadrer
16:44la grande distribution,
16:45dont on accuse souvent
16:46de tous les mots,
16:46pour un accès
16:47à une alimentation plus saine.
16:49Quelles sont les principales
16:50mesures de ce texte
16:51et qu'est-ce que ça pourrait
16:52changer concrètement
16:53et pour la grande distribution,
16:54mais surtout pour les gens
16:55qui sont un peu démunis
16:56lorsqu'il s'agit de se nourrir ?
16:57C'est une vraie réponse
16:59à l'urgence sociale,
17:01à la crise du pouvoir d'achat
17:02et à l'inflation.
17:03C'est contraindre la grande distribution
17:05à proposer un panier
17:07de 80 sans produits sains
17:08à prix coûtant.
17:09Prix coûtant de distribution,
17:11on prend évidemment en compte
17:12les salaires,
17:14la logistique,
17:15la mise en rayon.
17:16L'objectif,
17:16ce n'est pas que
17:17la grande distribution
17:18ne vende à perte.
17:19Ils vont moins gagner d'argent,
17:20mais ils n'en perdront pas.
17:21Pourquoi sur des fruits et légumes ?
17:23Parce que les fruits et légumes
17:25sont souvent victimes
17:26de cette fameuse
17:27péréquation des marges.
17:28C'est-à-dire que la grande distribution
17:29aujourd'hui va très peu marger
17:31sur les produits
17:32fortement marketés,
17:33les produits très connus
17:35comme le Coca
17:36ou le Nutella par exemple.
17:37On va retrouver ces produits
17:38dans toutes les grandes surfaces
17:39à peu près au même prix
17:40avec des marges vraiment micro.
17:42Alors que pour gagner de l'argent,
17:43on va marger
17:44sur les produits sains,
17:45sur les fruits et légumes
17:46avec des marges
17:47qui empêchent certaines personnes
17:48de pouvoir les consommer.
17:50Donc nous,
17:50on veut juste renverser
17:51cette logique qui est un peu absurde
17:52et d'au moins proposer
17:5480 produits.
17:55Alors sur les milliers
17:56de références
17:56de la grande distribution,
17:57je pense que c'est très raisonnable
17:58et très proportionné
18:00pour que les gens
18:01puissent s'en sortir.
18:01Aujourd'hui,
18:02plus personne ne peut acheter
18:03des fruits et légumes.
18:04On va toujours avoir
18:04cette injonction
18:05manger, bouger,
18:065 fruits et légumes par jour,
18:07mais si on ne peut pas
18:08se les acheter,
18:08comment on fait ?
18:09On les incantations.
18:10Et aujourd'hui,
18:12en tout cas,
18:13réchauffer un plat
18:14ultra transformé
18:15dans un micro-ondes,
18:15ça coûte moins cher
18:16que de cuisiner.
18:17Donc il faut pouvoir
18:18permettre au plus grand nombre.
18:19Aujourd'hui,
18:20vous avez Action contre la faim
18:22qui a sorti une étude
18:24il y a quelques jours
18:24et qui montre encore une fois
18:26que 10 millions de Français
18:27sont en précarité alimentaire.
18:29Ce n'est pas possible.
18:30Et vous avez d'ailleurs déposé
18:31en 2025 une proposition de loi
18:33pour réformer le système
18:34des titres restaurants.
18:36Je sais que ça vous tient à cœur.
18:37Que souhaitez-vous faire
18:39et où en sommes-nous ?
18:40Moi, je me suis rendu compte
18:41que sur les titres restaurants,
18:42il y avait quatre gros émetteurs
18:45en oligopole,
18:46d'ailleurs condamnés
18:47à des dizaines de millions d'euros
18:49pour entente illicite.
18:51Et je voyais des restaurateurs
18:53en souffrance,
18:53comme moi j'ai pu l'être,
18:54avec des commissions
18:55de plus en plus élevées.
18:57On est autour de 5% la commission
18:58où tu passes un temps fou
19:00à devoir tamponner,
19:01découper,
19:02amener ton ticket resto
19:02à l'autre bout de la ville
19:03pour être remboursé
19:04trois mois plus tard.
19:05Enfin, c'est en marché sur la tête.
19:06Et je voyais d'un côté
19:07les chèques vacances
19:08qui fonctionnent bien,
19:08qui sont un établissement
19:09public de l'État,
19:11autonome financièrement,
19:12et dont les bénéfices
19:13sont reversés
19:14pour que des enfants
19:15puissent partir en vacances.
19:16C'est quand même pas mal.
19:17Donc je voulais créer
19:17l'Agence nationale
19:18du ticket restaurant
19:19sur le même modèle
19:19et puis de pouvoir financer
19:21la lutte contre la précarité alimentaire.
19:23Alors évidemment,
19:24on m'a beaucoup rionné
19:25à l'époque,
19:25notamment la ministre en place,
19:27on dit,
19:27mais monsieur Tavernier,
19:28au moment où on sabre
19:30les agences de l'État,
19:31on ne va pas en créer une nouvelle.
19:32J'ai dit,
19:32mais c'est quand même dommage,
19:33les tickets restaurants,
19:34c'est 10 milliards de chiffres d'affaires,
19:35dont 1,5 milliard de défiscalisation.
19:39Donc je pense
19:39qu'on pourrait être
19:39un peu plus ambitieux,
19:40qu'on pourrait par exemple
19:42utiliser les tickets restaurants
19:43dans les grandes surfaces,
19:44mais uniquement
19:44sur des produits sains
19:45ou même uniquement
19:47chez des restaurateurs
19:47qui cuisinent pour de vrai.
19:49Donc malheureusement,
19:51on n'a pas gagné grand-chose.
19:52J'ai gagné un amendement
19:53pour permettre
19:55de garder les tickets restaurants
19:57pendant les congés maternités.
19:58On verra si ça reste
19:59au Sénat et à la fin,
20:00mais on tente quelque chose.
20:02Je reviens sur votre parcours de vie
20:04qui est aussi un parcours de cuisine
20:06parce que le ch'ti est devenu Ghosn.
20:07Ghosn, c'est les Lyonnais.
20:09Ça a été un choc pour vous
20:10parce que vous avez parlé
20:12avec beaucoup d'émotion
20:13de tous vos plats
20:13du terroir du Nord.
20:15Vous arrivez à Lyon,
20:15capitale de la gastronomie.
20:17Ça a été brutal ?
20:18Oui.
20:18On a parlé des gratons déjà.
20:19Dans le Nord,
20:20on mangeait quand même un peu.
20:21Il y a des tripes,
20:22il y a l'andouillette d'Arras aussi.
20:24À Lyon,
20:24la première fois
20:25que je mets les pieds
20:25dans un bouchon,
20:26je suis assez surpris.
20:27C'est quoi cette cervelle de canut ?
20:30Vous connaissez l'origine
20:30de la cervelle de canut ?
20:31Non, je ne la connaissais pas.
20:32Je vous écoute.
20:34L'encyclopédie.
20:35Non, mais parce que
20:36c'est devenu un plat très cher,
20:38la cervelle.
20:39Vous savez,
20:39c'est un abat,
20:40enfin, c'est un cerveau blanc.
20:42Et quand il y avait des crises
20:44où les gens n'avaient plus d'argent,
20:46on avait fabriqué
20:47avec du fromage blanc
20:47en mélangeant
20:48avec des échalotes
20:49et un peu d'herbe
20:49quelque chose
20:50qui pouvait ressembler
20:51à de la cervelle.
20:53Comme les canuts
20:53étaient le symbole
20:54de la prolétarisation
20:55de la ville de Lyon
20:57puisque c'était eux
20:57qui travaillaient
20:57dans les métiers à tisser.
20:58On a appelé ça
20:59la cervelle de canut.
21:00C'est la cervelle du pauvre.
21:01On ne peut pas se payer
21:01une cervelle d'agneau
21:02donc on mange
21:02un peu de fromage blanc.
21:04Vous le saurez.
21:04Donc vous allez aimer
21:05maintenant la cervelle de canut.
21:06Je l'aime.
21:07La cervelle de canut,
21:07ça va.
21:07C'était le plus accessible
21:08quand on arrive à Lyon.
21:10Après, effectivement,
21:10quand tu découvres
21:11le gras double
21:12tablier de sapeurs,
21:13j'espère qu'on ne mange pas ça
21:14tous les jours quand même.
21:15Sinon, ça va être difficile.
21:17On a mangé les quenelles
21:17il n'y a pas longtemps
21:18à cette table.
21:18Les quenelles dans le Nord,
21:28ça n'existe pas.
21:29Et puis les bouchons,
21:30l'ambiance de la gastronomie
21:30lyonnaise.
21:32Je suis encore,
21:33il y a très peu de temps
21:34dans un bouchon lyonnais
21:35et oui,
21:37rien que l'ambiance
21:38est assez folle.
21:39Ça mâchonne encore
21:40le matin aussi.
21:41Ah oui, oui.
21:41Il faut avoir quand même
21:42le cœur et l'estomac
21:43bien accrochés.
21:45C'est sûr.
21:46Alors justement,
21:46on voit que vous êtes
21:47passionné d'alimentation.
21:48Il y a un combat récemment
21:49que j'ai vu sur vos réseaux sociaux,
21:50c'est le Nutri-Score.
21:51Oui.
21:52Et vous étiez très en colère.
21:53Est-ce que vous pouvez
21:54nous expliquer pourquoi
21:55c'est important de le mettre
21:56de manière obligatoire
21:57aujourd'hui en France ?
21:58Parce qu'il faut arrêter
21:59de demander gentiment
22:00à la grande distribution
22:02de faire des choses.
22:02Elle ne le fait pas.
22:03Donc à un moment donné,
22:04il faut contraindre,
22:04il faut passer par la contrainte,
22:05par l'obligation.
22:06On le voit bien,
22:07certains industriels
22:07ont enlevé le Nutri-Score,
22:09d'autres ne l'ont jamais appliqué.
22:10J'interromps,
22:11mais c'est la grande distribution
22:11ou les bars qui mettent
22:12le Nutri-Score ?
22:13Non, non,
22:14c'est les industriels,
22:15c'est les marques.
22:16C'est vraiment l'industriel.
22:18Pour l'instant,
22:19donc 60% le font.
22:20Il faudrait que tout le monde
22:21puisse le faire.
22:22C'est l'outil le plus simple,
22:24un code couleur des lettres.
22:26C'est qui a été très accepté
22:27par la population.
22:27Mais bien sûr,
22:28la majorité,
22:2880% de la population
22:29est en faveur du Nutri-Score.
22:31Des milliers de scientifiques
22:31ont bossé dessus.
22:32Le professeur Ergberg,
22:33en France,
22:34ça fait 12 ans
22:35qu'il se bagarre
22:35pour le Nutri-Score.
22:36Chaque année,
22:37dans l'hémicycle,
22:38ça passe,
22:38ça disparaît,
22:39ça repasse,
22:39ça disparaît.
22:40Donc oui,
22:40je trouve ça fou
22:41qu'on ne puisse pas aujourd'hui
22:43savoir ce qu'on mange.
22:44Il y a Nick Noder,
22:51on doit,
22:52à défaut de choisir
22:53ce qu'on met dans nos assiettes,
22:54on devrait pouvoir
22:54au moins savoir,
22:55avoir vraiment
22:56la connaissance fine
22:57de ce qu'on va pouvoir
22:58mettre dans notre corps.
22:59J'ai une petite question
23:00parce que ça m'intéresse,
23:01parce que parfois,
23:01moi, je vois des marques
23:02qui affichent le Nutri-Score E.
23:04Elles l'affichent.
23:04Bien sûr.
23:05Alors, il y a forcément,
23:06ils ont en parlé entre eux.
23:07Est-ce que ce souci de transparence
23:09leur permet d'être crédible
23:11auprès du consommateur ?
23:12Je pense que c'est mieux
23:13d'avoir un Nutri-Score E
23:14sur un emballage
23:14plutôt que de ne pas l'avoir.
23:16Tu ne sais pas du tout.
23:17Et puis, ça pousse
23:18les industriels
23:18à changer leurs recettes.
23:19Il y en a énormément
23:20qui ont retravaillé leurs recettes,
23:21qui vont mettre moins de sucre,
23:22moins de produits français.
23:22Ça fait bouger les choses.
23:23Donc, c'est vraiment important.
23:25Il y a eu des applications
23:26qui ont pu faire le travail
23:26comme l'Unica à l'époque.
23:28Mais là, le Nutri-Score,
23:29si c'est partout,
23:30tout le temps,
23:31franchement,
23:31ça peut vraiment changer les choses.
23:33Ça ne demande pas d'argent,
23:34ça demande juste
23:35un peu de courage politique.
23:36Mais on va y arriver.
23:37Apparemment, de toute façon,
23:38vous êtes tenace.
23:39On ne lâche pas.
23:39On passe aux trois choses
23:41à savoir de Jean-Pierre.
23:42Alors, trois choses à savoir.
23:43C'est pour nous, Carole.
23:44Avant de se lancer
23:45dans un Welch.
23:46D'accord.
23:47Vous comptez le faire.
23:47Bien sûr.
23:48Alors, donc, ça signifie...
23:49J'avoue que ça a l'air quand même,
23:50même si ça a l'air simple à faire,
23:52il n'y a que l'air
23:53d'avoir de la préparation.
23:54Oui, oui.
23:54Ça signifie gallois,
23:55car oui, le pays de Galles
23:56est donc le berceau
23:57de cette recette au fromage cuit.
23:58On l'appelle aussi Welch Rabbit,
23:59on en a parlé.
24:00Alors, comment cette recette
24:01s'est retrouvée dans le Nord ?
24:02C'est assez intéressant.
24:03Une légende urbaine
24:04raconte qu'elle serait arrivée
24:06en 1544
24:07grâce à une garnison galloise
24:08en poste près de Boulogne.
24:10Il existe plusieurs variantes
24:11et versions de ce Welch,
24:12dont une britannique
24:13et une française.
24:14Là, on a mangé la française.
24:15La version britannique
24:16ressemble à une tartine
24:17recouverte de sauce,
24:18tandis que la française
24:19apparente à une sorte
24:20de cassolette
24:21complètement intégrée
24:21à la culture culinaire
24:22du Pays-de-Calais
24:24et de la Côte d'Opale
24:24où elle est servie
24:25dans la plupart des brasseries.
24:26Là, il y a quand même
24:27un peu de pain,
24:28une tartine, là.
24:29Elle est un peu entre les deux.
24:30Oui, ça ressemble plus
24:31au creux gallois, celui-ci.
24:32Maintenant que je suis en train
24:34de le déguster,
24:35je me dis qu'elle est plus
24:37proche de la...
24:37Vraiment, la version
24:39du Dune en Pays-de-Calais
24:40est vraiment cool.
24:41Le cheddar dégouline de partout.
24:42On ne voit même pas le pain.
24:44Oui, parce qu'il faut
24:46dans une casserole
24:46faire fondre du cheddar
24:47avec de la bière
24:48et de la moutarde,
24:48ça a été fait,
24:49jusqu'à obtenir
24:50une pâte bien lisse,
24:52inhiber quelques tranches
24:53de pain et de bière,
24:54puis les tremper
24:55dans les ramequins,
24:56déposer une tranche de jambon,
24:57elle est là,
24:57la tranche de jambon,
24:58puis napper avec le cheddar fondu
25:00et faire gratiner
25:0110 minutes à four,
25:02au four à 180 ans.
25:03Les plus gourmands
25:04rajoutent un oeuf aussi
25:05par-dessus, c'est vrai ?
25:06Oui, oui, ça,
25:06c'est le Welch Royal.
25:07Ah, le Welch Royal.
25:08Avec l'oeuf en plus.
25:10Et de la moutarde aussi.
25:11Moi, je tartine...
25:12Là, il y a de la moutarde.
25:12Oui, moi, je tartine...
25:14Non, non, c'est bien,
25:14c'est plutôt bon.
25:15Et il faut toujours garder
25:17un peu de fromage
25:18quand vous mélangez
25:19justement le fromage
25:20et la bière.
25:21Gardez un peu de bière,
25:21un peu de fromage
25:22pour justement avoir la pâte.
25:24Parfois, elle peut être
25:25trop liquide
25:25si vous avez mis trop de bière.
25:26Donc, là, vous pouvez...
25:27Donc, ne mettez pas
25:28tout le fromage,
25:29ne mettez pas toute la bière
25:29dans la casserole.
25:30Gardez-en un peu
25:31pour pouvoir améliorer
25:32le plat à la fin.
25:33C'est le conseil
25:33de Boris Tavernier.
25:34Mais c'est vrai que d'habitude,
25:35les frites trempent aussi
25:36dans le fromage.
25:37Ah oui, c'est ça.
25:37Il y a vraiment...
25:38Là, ça fait un peu croque,
25:39monsieur.
25:39C'est encore plus gourmand.
25:40Ça sent pas trop le graillon
25:41quand on fait du Welch à la maison ?
25:42Moins que le maroil.
25:46Sur une échelle,
25:47effectivement,
25:47ch'ti.
25:48Alors, pour accompagner ce plat,
25:50vous nous avez choisi
25:51un jus de pomme.
25:52Vous avez été sobre.
25:53Je m'attendais à une bière.
25:54Et heureusement,
25:55vous en avez amené une.
25:56Mais vous,
25:56vous ne buvez pas d'alcool.
25:57Non, je ne buvez pas d'alcool
25:58depuis plusieurs années.
25:59J'ai amené un jus de pomme framboise
26:00qui vient d'un producteur
26:04pas très loin de Lyon.
26:05Vous connaissez bien le producteur.
26:06Oui, Régis Réciko.
26:08Et c'est quelqu'un
26:08avec qui je travaille
26:09depuis mon bar
26:10et avec qui j'ai travaillé
26:11ensuite avec Vrac.
26:13Et c'est juste...
26:14Voilà, moi,
26:14ça me tenait à cœur
26:15parce qu'on peut travailler
26:17avec des paysans
26:18pendant des années
26:19sans négocier les prix,
26:21sans avoir de contrat,
26:22juste en se faisant confiance.
26:23Et c'est une belle histoire.
26:25Ça fait plus de 23 ans
26:26que Régis travaille
26:27sur les projets
26:28que j'ai pu construire
26:29et est fidèle au poste.
26:31C'est toujours adapté
26:32pour aussi accueillir
26:34des habitants
26:34des quartiers populaires
26:35adhérents de Vrac
26:37pour venir visiter sa ferme.
26:38Et voilà.
26:39Donc, c'est un petit clin d'œil
26:40à Régis.
26:41C'est pour alléger le plat ?
26:42Oui, oui.
26:43Après, vous pouvez boire une bière
26:44mais ça vous fait gonfler
26:46après avec le welshuit.
26:47Mais sinon,
26:47on peut prendre du vin blanc.
26:48Est-ce que vous êtes vin nature ?
26:50Vous ne buvez jamais,
26:51jamais d'alcool ?
26:52Non, je ne buve pas du tout
26:52d'alcool.
26:53Mais le vin nature,
26:54dans mon bar de l'autre côté du pont,
26:55à l'époque, je buvais.
26:56Et on a organisé
26:57le premier salon du vin nature,
26:59le salon des débouchés à Lyon.
27:00Donc, on avait beaucoup
27:01de producteurs
27:02qui travaillaient là-dessus.
27:03Je ne vais pas vous mentir,
27:04au début des années 2000,
27:06ce n'était pas encore top top
27:07et il y a eu
27:08une énorme progression.
27:10Les viticulteurs
27:11sont vraiment montés
27:14en compétence
27:14et on a des super produits
27:16aux quatre coins de France.
27:17Mais vous avez arrêté de boire.
27:19Et là,
27:20on continue avec les anecdotes
27:21parce que vous vous plongez
27:22dans vos souvenirs
27:23et on a très envie de continuer.
27:24C'est la brève de comptoir.
27:31En 2021,
27:32vous avez coordonné
27:33et publié un livre
27:34qui s'appelle
27:35Ensemble pour mieux se nourrir,
27:37un livre aux éditions
27:38Actes Sud,
27:39collection Domaine du possible.
27:41Et il y a un souvenir
27:42que vous voulez partager
27:43avec nous suite à ce projet.
27:44Alors oui,
27:44c'était avec mes compères
27:46Alexis Génie
27:46et Frédéric Dané.
27:49Donc, on commence
27:51juste avant le tournage,
27:53avant la tournée.
27:55on réfléchit
27:55à qu'est-ce qu'on a envie
27:57de mettre en avant,
27:58on a envie de parler
27:59d'alimentation,
28:00qu'est-ce qu'on veut
28:01de ce livre.
28:02Et on a décidé
28:02de faire un tour de France
28:03et d'aller rencontrer
28:04ceux qui font,
28:05qui ont décidé
28:05de reprendre un peu
28:06leur alimentation en main
28:08pour pouvoir mieux se nourrir.
28:09Et j'ai vraiment
28:11un souvenir assez ému
28:12d'une expérience
28:13à Soumoulou,
28:14dans le sud-ouest,
28:16où un petit village
28:17où les habitants
28:18et le secours catholique local
28:20avaient réussi
28:21à récupérer
28:21un bout de jardin
28:23et à produire
28:24eux-mêmes
28:24leurs propres légumes.
28:25C'était des personnes
28:25qui étaient bénéficiaires
28:27de l'aide alimentaire
28:28et qui ne supportaient pas
28:30ce qu'on pouvait leur donner
28:31parce qu'il faut quand même
28:31être conscient
28:33qu'aujourd'hui,
28:34dans l'aide alimentaire,
28:35on a les restes,
28:35en fait,
28:36on a les restes
28:36des grandes surfaces.
28:37Les structures
28:38de l'aide alimentaire
28:39vont jeter une partie
28:40de ce qui a été donné
28:41et défiscalisé
28:41parce que ça va être
28:42impropre à la consommation.
28:44Et l'association caritative
28:45va faire la même chose.
28:46Et au final,
28:46c'est 13 000 tonnes
28:47chaque année
28:48de produits défiscalisés
28:49qui sont jetés.
28:50et puis on se retrouve
28:51avec un panier
28:51qu'on n'a pas choisi
28:53et qui ne correspond pas
28:55forcément à notre culture.
28:56Et puis au niveau du goût,
28:57ce n'est quand même
28:58pas toujours terrible
28:58et notamment les produits
28:59issus du Fonds européen
29:01d'aide aux plus démunis.
29:03Et je me souviens de Jordan
29:04qui était paysagiste,
29:05accident de la vie,
29:06qui se retrouve contraint
29:07d'aller frapper
29:08à la porte de l'aide alimentaire.
29:09Et on lui a proposé
29:11ces fameuses barquettes
29:12de produits transformés
29:13à réchauffer au micro-ondes.
29:14Et lui, il nous disait,
29:16on nous dit toujours,
29:17mais oui,
29:18mais il vaut mieux ça que rien.
29:19Et bien non, en fait,
29:20je ne préfère rien que ça.
29:21Ça, ce n'est pas possible.
29:23Ce n'est pas possible.
29:24Ce n'est pas digne
29:25de pouvoir accepter
29:26cette nourriture.
29:27Et voilà.
29:27Et ils se sont plutôt
29:28que de critiquer.
29:29Ils se sont mobilisés.
29:30Ils ont fait leur jardin.
29:31Ils ont pu nourrir le village
29:32avec des fruits et légumes.
29:34Et des expériences comme ça,
29:35il y en a partout en France,
29:36des épiceries sociales et solidaires,
29:38des magasins collaboratifs.
29:40Donc, il y a plein de personnes
29:41qui veulent reprendre en main
29:42leur alimentation,
29:43qui veulent mettre
29:44plus de démocratie dans l'assiette.
29:45Et c'était une super expérience
29:46que faire ce tour de France.
29:48Pour reprendre en main
29:49son alimentation,
29:50il faut aussi se tourner
29:51vers nos producteurs.
29:52Et c'est ce qu'on fait
29:53avec le Dessous des Plats.
29:59Le géant vert broie du noir.
30:02Sècheresse, canicule,
30:03la culture du maïs
30:04est de plus en plus
30:05mise à l'épreuve.
30:06Cette année,
30:07la production française
30:08du maïs grain
30:09pourrait chuter de 35%.
30:12Etat des lieux
30:12sur le terrain
30:13en Bretagne,
30:14près de Vannes,
30:15avec un producteur
30:15de maïs en détresse,
30:17Maït et Frémont
30:17et Juliette Prunier.
30:20Je m'appelle Benoît Tassé,
30:22j'ai 35 ans.
30:23J'ai repris l'exploitation
30:24d'un oncle et une tante.
30:25Donc, il y a un peu plus
30:26d'un an et demi,
30:26ça fera deux ans
30:27au mois de février.
30:28Dans le champ de Benoît,
30:30aucune goutte de pluie
30:31depuis des mois.
30:33Résultat,
30:33rien n'a poussé.
30:34Les épis de maïs
30:35ne sont pas mûrs.
30:37Voilà un peu
30:37ce que ça donne.
30:41Des épis de maïs
30:43qui contiennent
30:43environ entre 200
30:45et 250 grains de maïs,
30:46alors qu'habituellement,
30:47on est entre 500 et 600.
30:48Et la qualité du grain
30:50aussi,
30:51ça en ressent
30:52avec un grain
30:54qui est quand même
30:54beaucoup plus petit
30:55que d'habitude.
30:58Benoît constate
30:59un peu désœuvrer
30:59toute sa production
31:01décimée par la chaleur.
31:03On ne dort pas.
31:06tous les jours,
31:06on y pense,
31:07on passe devant
31:08en permanence.
31:08Donc,
31:09on regarde le maïs évoluer
31:10et pas de la bonne façon.
31:12Elle est toute nos cultures.
31:14On a fait un business plan,
31:15on fait une étude
31:16sur 5 ans
31:17et la sécheresse,
31:19elle n'était pas
31:19dans l'étude.
31:20Elle n'était pas
31:21dans l'étude
31:21et là, du coup,
31:22tu as la trésorerie
31:23qui prend un coup.
31:24Ce producteur
31:25de maïs
31:25ne sait pas encore
31:26combien se chiffrera
31:27sa perte,
31:28sans doute plus
31:29de la moitié.
31:30Son maïs vendu
31:31à la tonne
31:32était de 1100 euros
31:33l'hectare
31:34l'année dernière.
31:35Cette année,
31:36il ne dépassera
31:37pas 400 euros.
31:38C'est quand même
31:39dommage de regarder
31:39la pluie tomber
31:40pendant 4 mois
31:41et l'attendre
31:41les 8 mois
31:43qui restent.
31:44C'est un peu ça.
31:46Donc,
31:46il faudrait peut-être
31:47penser à la stocker
31:50quand elle tombe.
31:52Alors,
31:52le stockage de l'eau
31:53est-il la solution
31:54pour sécuriser
31:55les productions
31:56de maïs,
31:57très gourmande
31:58en eau,
31:59mais indispensable
32:00aujourd'hui
32:01à l'élevage.
32:03Benoît réfléchit
32:04à des solutions
32:05pour continuer,
32:07notamment,
32:08à nourrir
32:08ses 13 000 canards.
32:11Alors,
32:12Boris Tavernier,
32:12quoi répondre
32:13à Benoît Tassé
32:14que l'on voit
32:15dans le reportage ?
32:16Quand l'eau vient
32:17à manquer,
32:17comment produire
32:18pour les agriculteurs ?
32:19La question,
32:21si on veut parler
32:22du stockage de l'eau,
32:23il faut qu'on puisse
32:24parler de la production
32:25et de ce qu'on en fait.
32:26La question du maïs,
32:27le maïs vient
32:28d'Amérique du Sud
32:29et plutôt
32:29dans des régions tropicales.
32:32Donc,
32:32l'été,
32:32là-bas,
32:33il pleut,
32:33donc il n'y a pas
32:34de problème.
32:34Sauf que,
32:35chez nous,
32:35le maïs va pousser
32:36l'été,
32:38au moment où
32:38c'est le plus sec
32:39et où là,
32:40il y a d'énormes
32:41besoins en eau.
32:42Donc,
32:43qu'est-ce qu'on fait de ça ?
32:45Il faut savoir aussi
32:46que sur le maïs,
32:4760% de la production
32:48de maïs
32:49est pour nourrir
32:50les animaux.
32:51Donc,
32:52peut-être aussi
32:52qu'on peut réfléchir
32:54à adapter
32:54nos régimes alimentaires.
32:56Si on mange
32:57moins de viande,
32:58on a besoin
32:59de moins de maïs
33:00et aussi
33:01de moins d'eau.
33:02C'est quasiment
33:0525%
33:06ou entre 20-24%
33:07de la consommation
33:09d'eau
33:09uniquement pour le maïs
33:10en France.
33:11Donc,
33:11c'est énorme.
33:13Les variétés
33:14qui sont utilisées
33:14sont très consommatrices
33:15d'eau.
33:16Il y a d'autres variétés
33:17comme le maïs
33:19population,
33:19ce qu'on appelle
33:20le maïs population,
33:21qui va demander
33:22moins d'eau
33:22mais qu'il y aura
33:23moins de rendement.
33:24Donc,
33:24on peut aussi réfléchir
33:25à ça.
33:28Il y a aussi
33:28la question
33:28des méthaniseurs.
33:29Aujourd'hui,
33:30on produit du maïs
33:31pour faire du gaz.
33:33au détriment
33:33de l'alimentation humaine.
33:35Il y a quand même
33:35pas mal de questions
33:36qui se posent,
33:36ne serait-ce que sur le maïs
33:37avant d'imaginer
33:39la question du stockage
33:40de l'eau.
33:40Au-delà du maïs,
33:41il y a aussi
33:41les fraises,
33:42le blé.
33:43Bien sûr qu'il faut
33:44de l'eau dans certaines cultures.
33:45Comment on la partage ?
33:45Comment on le fait ?
33:46Comment on la partage ?
33:47C'est vrai qu'il y a forcément
33:48on pense au débat
33:49des méga-bassines
33:50et c'est vrai
33:51que c'est encore
33:52un sujet inflammable
33:53mais comment vous
33:54vous positionnez
33:55et comment on peut
33:56réfléchir à notre modèle ?
33:58Je pense que de penser
33:59directement aux méga-bassines
34:00c'est être dans le déni.
34:03Il faut qu'on adapte
34:05notre agriculture
34:05au changement climatique.
34:06On a vu l'ONU encore
34:08tirer la sonnette d'alarme
34:09il y a quelques jours,
34:11quelques heures même.
34:13Le plus 1,5 degrés,
34:14c'est fini,
34:14on n'y arrivera pas.
34:15Donc là on est plutôt
34:16comment on s'adapte
34:17à 2,5 ?
34:192,5 ça veut dire
34:2050 degrés à l'ombre
34:21en Belgique.
34:22Donc quelles que soient
34:23nos cultures,
34:24il n'y a plus rien
34:24qui fonctionnera.
34:24Donc il faut qu'on ose
34:25se poser ces questions
34:26comment on arrive
34:29à changer notre modèle
34:30agricole aujourd'hui.
34:31Et est-ce qu'on stocke
34:31l'eau l'hiver alors ?
34:32Et sur le stockage de l'eau,
34:33non, on peut le voir
34:34en Espagne, ça ne marche pas.
34:35Il y a énormément
34:36d'évaporation.
34:36Puis là aujourd'hui
34:37nos nappes elles sont vides.
34:38Donc est-ce qu'on va être capable,
34:39est-ce qu'elles vont se remplir
34:40d'ici le mois de février ?
34:41Le remplissage des nappes
34:42c'est vraiment entre septembre
34:43et février.
34:45Si ce n'est pas le cas,
34:45les méga-bassines
34:46elles seront vides.
34:47Et puis encore une fois
34:48avec les chaleurs exceptionnelles
34:49qu'on va avoir
34:51de plus en plus les étés,
34:53l'eau à 50 degrés,
34:54on ne peut pas l'utiliser
34:56pour irriguer.
34:57Donc ça pose aussi
34:58cette question-là.
34:59Et je reprendrai un peu
35:00une blague
35:01qu'avait fait mon collègue
35:02Jean-Claude Raud
35:03à la ministre Gennevard.
35:05Comment on fait
35:06vos méga-bassines
35:07pour les refroidir ?
35:07On met des méga-glaçons dedans ?
35:09Je pense que c'est
35:10une fausse réponse
35:11à un vrai problème.
35:12Donc on peut travailler
35:13sur les semences,
35:14on peut essayer de trouver
35:15des produits,
35:16en tout cas des semences
35:17qui sont moins demandeuses d'eau,
35:18mais il faut surtout
35:20adapter notre consommation
35:21de viande.
35:21Je pense que c'est déjà
35:22aussi une bonne réponse.
35:23Vous avez une réflexion globale
35:24à long terme
35:25d'écologistes un peu militants,
35:27parfois radicales,
35:28je ne sais pas,
35:28mais il faut se mettre aussi
35:30à la place de ce cultivateur,
35:32de cet éleveur.
35:33Complètement.
35:33Ils voient de l'eau tomber,
35:35elle part dans la terre,
35:36elle ne peut pas profiter
35:37à ses bassines.
35:38Est-ce qu'il n'y a pas
35:38un côté quand même
35:39parfois sectaire
35:40dans cette opposition
35:41aux méga-bassines ?
35:43Ça ne peut pas sécuriser
35:44quelques récoltes,
35:45quelques revenus ?
35:46Est-ce qu'il y a tout acheté
35:47dans les méga-bassines ?
35:48C'est ce que je voulais dire.
35:48Je pense que c'est vraiment
35:51une fausse réponse.
35:53Évidemment qu'il y a besoin d'eau,
35:54mais à ce moment-là,
35:55les maraîchers,
35:56on en fait quoi ?
35:56Les maraîchers,
35:56ils n'auront pas le droit
35:57parce qu'on va prioriser
35:58les céréaliers.
36:00Sur des territoires
36:01comme en Nouvelle-Aquitaine,
36:03l'été,
36:03c'est 90% de l'eau
36:05est uniquement utilisée
36:06pour les céréaliers.
36:08Ce n'est pas possible en fait.
36:09On en a besoin aussi
36:10pour nous,
36:11on en a besoin aussi
36:12pour l'industrie.
36:13Donc il faut qu'il y ait
36:14une vraie réflexion
36:15et pourquoi pas
36:15un grenelle de l'eau ?
36:17Je ne sais pas,
36:17mais il faut qu'il y ait
36:18une réflexion poussée.
36:19Dès qu'on parle de l'eau,
36:21quand on parle de zones humides,
36:22quand on essaye
36:22de les protéger,
36:23on perd tout,
36:24en tout cas nous,
36:25dans cet hémicycle.
36:26Mais il faut qu'il y ait
36:27une vraie discussion sereine.
36:29Là-dessus,
36:29à chaque fois,
36:30c'est fait dans l'urgence.
36:31Donc évidemment,
36:31il y a une crise,
36:32une canicule,
36:33on va essayer de trouver
36:34tout de suite
36:34une réponse d'urgence
36:35qui va être un pansement
36:35sur une jambe de bois.
36:37Donc prenons le temps
36:38de réfléchir,
36:38de mettre tous les acteurs
36:39autour de la table
36:40et aussi de faire confiance
36:42au territoire et au local.
36:44Parfois,
36:44on pense des choses de Paris
36:45qui sont un peu hors réalité.
36:47Il y a des spécialistes,
36:49il y a des comités de sages
36:50de l'eau dans plein de régions.
36:52Faisons leur confiance aussi.
36:54Et c'est sûr que c'est
36:54quelque chose
36:55qu'il faut aborder
36:55parce que vous parliez
36:56tout à l'heure
36:57pour les personnes
36:57qui ont besoin de se nourrir,
36:58d'avoir accès
36:59à de la bonne nourriture
37:00à un prix accessible.
37:01Et là,
37:02avec les sécheresses,
37:03il va y avoir
37:03l'inflation sur les prix.
37:05On y est prêt,
37:06on le sait déjà.
37:08Et il ne faut pas
37:09que cette inflation
37:10soit faite
37:10au détriment
37:11des agriculteurs aussi.
37:12C'est un des enjeux majeurs,
37:14la guerre de l'eau ?
37:15La guerre de l'eau,
37:15évidemment.
37:16On le voit,
37:17il y a même des grosses industrielles
37:18qui utilisent des quantités
37:19d'eau astronomiques
37:21et pompées dans nos nappes.
37:22Moi,
37:22je m'inquiète aussi
37:23beaucoup des data centers.
37:24L'intelligence artificielle
37:26qui se développe énormément
37:28et qui est ultra consommatrice
37:30en eau.
37:30Donc,
37:31à un moment donné,
37:31je me questionne
37:32est-ce qu'on peut utiliser
37:33tous ces mètres cubes
37:33pour juste
37:35de l'intelligence artificielle ?
37:37Il y a la question
37:38des centrales nucléaires aussi.
37:39On est obligé
37:39de fermer certains réacteurs
37:40quand il fait trop chaud
37:41parce que même avec l'eau,
37:42on n'arrive pas...
37:42Donc oui,
37:44la guerre de l'eau,
37:45si on veut l'éviter,
37:46il faut vraiment
37:47qu'on se pose
37:47et qu'on en discute
37:48et qu'on trouve des solutions
37:48dès aujourd'hui.
37:50Et c'est ce qu'on essaie
37:51de faire dans cette émission,
37:52de commencer à y réfléchir
37:54et peut-être d'y réfléchir
37:55au sein de l'Assemblée.
37:56On va passer au quiz,
37:57quelque chose de plus léger,
37:58mais on va tester
37:59vos connaissances.
37:59Aïe, aïe !
38:06Boris Tavernier,
38:07vous partagez le nom
38:08avec un illustre cinéaste
38:10lyonnais,
38:10Bertrand Tavernier,
38:11connu pour aimer
38:12évoquer la cuisine
38:13dans ses films,
38:14souvent la cuisine lyonnaise
38:15d'ailleurs.
38:16Alors,
38:16sauriez-vous nous dire
38:17si ces affirmations
38:18sont vraies ou fausses ?
38:18Pas facile.
38:19La scène d'ouverture
38:20du film
38:21L'horloger de Saint-Paul
38:22avec Philippe Noiret
38:23est tournée en 1973
38:25au Café des Fédérations,
38:27un bouchon lyonnais
38:28qui existe toujours.
38:29Vrai ou faux ?
38:31Ah, il me semble
38:31que c'est vrai.
38:33Alors, non,
38:33c'est tourné au Garay.
38:35C'est un autre bouchon.
38:35Ah, je suis allé
38:36la semaine dernière
38:37au Garay en plus.
38:38Je vais avoir
38:39des gros problèmes.
38:41Vous n'êtes pas excusable
38:42parce que je crois
38:42qu'au Garay,
38:43il y a une petite plaque
38:44pour dire que...
38:44Il y a 200 plaques au Garay.
38:46Ah oui.
38:47Il y a celle de Jean Moulin,
38:48notamment.
38:48Oui, pardon.
38:50Toujours dans cette scène,
38:51les convives boivent du Beaujolais
38:52pour accompagner
38:54un tablier de sapeur.
38:55Est-ce que c'est vrai
38:55ou est-ce que c'est faux ?
38:56Vous avez revu le film
38:57récemment, vous, quand même.
38:59J'ai zappé un peu.
39:02Ce ne serait pas déconnant
39:03qu'ils boivent un coup
39:04de Beaujolais
39:05avec le tablier de sapeur.
39:06Moi, je dirais
39:06que c'est vrai, quand même.
39:07C'est vrai.
39:07Alors, le Beaujolais
39:08en était sûr,
39:09mais c'était bien
39:09ce plat iconique
39:10de la cuisine lyonnaise.
39:11Dans Capitaine Conan,
39:12que j'ai regardé,
39:13c'est pas mal, d'ailleurs,
39:13je l'ai revu.
39:14Je ne me suis payé
39:16que les scènes
39:17de festin
39:18et de cuisine
39:19qui se passent
39:20dans les Balkans
39:20en 1918.
39:21Les soldats français
39:22ont chassé un sanglier
39:24et le général Pitard,
39:25joué par Claude Riche,
39:26demande au cuistot
39:27de lui cuisiner
39:28la hurre,
39:30c'est-à-dire la tête.
39:31Est-ce que c'est vrai
39:31ou est-ce que c'est faux ?
39:32Pointu, quand même.
39:33Allez-y, lancez-vous.
39:35Je pense qu'en 14,
39:37on a faim,
39:37dans les tranchées,
39:38on mange tout.
39:39Mais oui, vrai.
39:39Et on le voit hurler
39:41à l'écran.
39:41La hurre, la hurre !
39:43Dans ce même film,
39:44lors d'une scène
39:45dans les tranchées,
39:46le cuisinier propose
39:47au lieutenant Norbert,
39:48incarné par Samuel Lebihan,
39:50du rab,
39:51du rab dans les tranchées,
39:52on est content,
39:53avec une lichette
39:54de poule au pot.
39:55Est-ce que c'est vrai
39:56ou est-ce que c'est faux ?
39:59S'ils sont sangliers,
40:00ils n'ont pas en plus
40:00de la poule au pot,
40:01quand même.
40:01Donc, je dirais que c'est faux.
40:02Mais bravo !
40:04C'était une lichette
40:05de civet de chevreuil.
40:06On comprend mieux,
40:07c'était peut-être plus facile
40:07de chasser le chevreuil
40:08avec les fusils de guerre
40:10plutôt que les poules.
40:11On passe à un autre quiz
40:13et cette fois-ci,
40:13vous allez être très à l'aise
40:15parce que c'est un épisode
40:16de votre vie
40:16que vous connaissez très bien.
40:17Vous êtes parti,
40:18vous l'avez dit tout à l'heure,
40:19en pédirinage à Millau
40:21lors de ce fameux épisode
40:23du McDo saccagé en 1999
40:25par José Bové.
40:26Donc, vous étiez là
40:27quand il y a eu cette action
40:28contre le fast-food
40:29pour échapper aux arrestations.
40:31José Bové s'est-il caché
40:32dans les cuisines ?
40:33Vrai ou faux ?
40:34Je ne me souviens pas.
40:35Je n'étais pas là en 1999.
40:36Moi, j'avais fait le pèlerinage
40:37en 2000.
40:37Vous avez fait le pèlerinage, pardon.
40:39J'avoue, je ne me souviens pas.
40:40Je me souviens des images
40:43avec les menottes
40:44mais non, j'avoue, je ne sais pas.
40:46Eh bien, c'est faux.
40:47Il n'était pas sur place
40:48lui aussi, le jour de l'action.
40:50Au cœur de cette bataille,
40:51une taxe de 100%
40:52imposée sur les exportations
40:54de camembert aux Etats-Unis.
40:55Est-ce que c'est vrai
40:56ou est-ce que c'est faux ?
40:57Alors, c'était à l'époque, ça
40:58ou c'était aujourd'hui ?
41:00Non, non, c'était à l'époque.
41:01Ce qui avait déclenché
41:03la bataille contre le McDo.
41:04Je pense que les Américains
41:04sont complètement capables de ça, oui.
41:06Eh bien, c'est faux,
41:07c'était sur Roquefort.
41:09Oui, mais le fromage,
41:10le bouche chipotée.
41:11Oui, oui.
41:12On est bien chipotés dans ces quiz.
41:14Cette action avait mobilisé
41:15300 militants et agriculteurs.
41:16Oui, ça, c'est vrai.
41:17Vrai au fond.
41:18Oui, oui, ça, c'est vrai.
41:18C'est vrai, tout à fait.
41:19Et les renseignements généraux
41:20auraient proposé aux militants
41:23de démonter un faux McDo.
41:25Est-ce que c'est vrai ?
41:25J'ose espérer que ce soit faux, quand même.
41:27Mais non, c'est vrai.
41:28Vous s'agirez-vous
41:32mais ils ont refusé.
41:32Mais les militants, disons.
41:33Nous, on veut s'attaquer au vrai.
41:36Bon, il y a eu pas mal de pièges,
41:37mais c'était très sympathique.
41:38Non, mais c'est hyper intéressant.
41:39J'ai une question plus facile.
41:40Combien de calories
41:40sont-vous dans un Welch ?
41:42Je pense que ce ne serait pas raisonnable
41:44de le donner ce chiffre.
41:45Si, si, moi, j'ai regardé avant
41:46de commencer à manger
41:47entre 800 et 1000 calories.
41:49C'est beaucoup trop.
41:50C'est beaucoup, quand même.
41:51Après, on est très actifs
41:52dans l'hémicycle.
41:53On monte, on descend.
41:54Et Z au Nutri-Score.
41:56Z au Nutri-Score.
41:57Oui, mais rien n'est interdit.
41:58Et quand je défends
42:00la notion d'alimentation choisie,
42:01on doit pouvoir tout manger.
42:03Là, je choisis de manger
42:04quelque chose de gras.
42:05J'ai les moyens
42:05et l'offre alimentaire
42:07de pouvoir le faire.
42:08Donc, j'en profite.
42:09Après, évidemment,
42:09que tous les jours
42:10seraient un chouïa excessif.
42:11Et ce soir, ce sera salade.
42:13On monte le pied dans le plat.
42:20Et si le slogan aujourd'hui,
42:22c'était plus manger des pommes,
42:23mais manger des algues,
42:24l'aliment du futur.
42:25Les Japonais ont été les pionniers.
42:27Et ils en consommeraient
42:28depuis la préhistoire.
42:29C'est dingue.
42:30Chez nous, c'est plus récent.
42:31Mais avec notre immense littoral,
42:33on les retrouve de plus en plus souvent
42:35dans nos assiettes.
42:36Alors, direction la Plaine-sur-Mer,
42:37en Loire-Atlantique,
42:38où Julie Enfant
42:39organise des dégustations
42:41d'algues sauvages
42:42les pieds dans l'eau.
42:43C'est un reportage
42:44de Maïté Frémont,
42:45d'Alicia Rotgeu
42:45et d'Eva Billion.
42:47Donc, celle-ci,
42:48c'est ce qu'on appelle
42:48le fucus.
42:50F-U-C-U-S.
42:51Fucus.
42:52D'accord ?
42:52C'est une pêche un peu particulière
42:54que propose Julie, la guide.
42:56Ce qui intéresse
42:57la dizaine de participants,
42:59ce n'est pas les bigorneaux,
43:01mais les algues.
43:02Ce que je vais vraiment manger,
43:04c'est les 2-3 derniers centimètres,
43:05tu vois,
43:06c'est cette partie-là.
43:07Parce qu'après,
43:08plus tu t'approches
43:09du crampon,
43:10du pied de l'algue,
43:12en fait,
43:12plus ça va être caoutchouteux
43:13en bouche, quoi.
43:14D'accord ?
43:14Donc, c'est vraiment toujours
43:15les jeunes pousses
43:16qu'on consomme.
43:17Première découverte,
43:18cette algue
43:19qui recouvrait
43:20et protège les rochers
43:21se déguste.
43:22Et ce n'est pas la seule.
43:24Alors nous,
43:25sur notre plage
43:25d'ici en Loire-Atlantique,
43:26on est sur une petite
43:27dizaine d'espèces comestibles.
43:29Mais il faut savoir
43:30qu'en France,
43:30il y en a à peu près
43:3123-24.
43:33Julie est cueilleuse
43:34depuis 10 ans
43:35et elle est devenue
43:36au fil du temps
43:37experte de ce légume
43:38de la mer.
43:39Il faut farfouiller
43:40un petit peu.
43:40Pour récolter l'algue,
43:42seul le couteau de poche
43:43et les ciseaux
43:44sont autorisés.
43:45Coupés au lieu d'arracher,
43:47on cherche sur les rochers
43:49et dans les flaques.
43:50Alors, c'est comment ?
43:53C'est croquant et bon.
43:56Je m'attendais
43:56à ce que ce soit plus salé
43:57et finalement,
43:57ça ne l'est pas.
43:58L'iode ressort beaucoup.
44:00Je savais que ça se mangeait,
44:01mais peut-être plutôt cuisiné
44:02ou des choses comme ça.
44:03Mais même le rocher,
44:04non, c'est surprenant même.
44:06Fucus,
44:06mais aussi l'étude de mer,
44:08algues de poivre.
44:10Certaines algues rouges
44:10contiennent jusqu'à 30%
44:12de protéines.
44:13En France,
44:14une vingtaine d'algues
44:15sont autorisées
44:16à la consommation
44:17et ce depuis seulement
44:18les années 80.
44:20Mais 145 espèces
44:22sont aujourd'hui
44:22régulièrement consommées
44:24dans le monde,
44:25en particulier
44:25dans les pays asiatiques.
44:29Alors,
44:29j'aime bien les caricatures
44:31ici dans cette émission.
44:32J'allais dire,
44:32comme vous êtes un écolo,
44:33vous avez forcément
44:33déjà mangé des algues.
44:34Je me trompe ou pas ?
44:35J'ai déjà mangé des algues.
44:37Alors,
44:37votre première algue,
44:38vous avez un souvenir particulier ?
44:39C'était où ?
44:40C'était laquelle ?
44:41Non, je n'ai pas de souvenirs.
44:41C'était avec une autrice
44:44qui s'appelle
44:45Régine Keva
44:45dans un salon du livre
44:47qui avait même monté
44:47un restaurant
44:48à base d'algues.
44:50J'ai plus le nom d'en tête
44:51parce qu'il y a plusieurs variétés
44:52des plus ou moins
44:53salées, sucrées
44:54ou en tout cas
44:54qui se marient différemment.
44:55Vous l'avez mangé
44:56en tout cas qui se marient mieux
44:57avec le sucre ?
44:57Parce qu'elles sont iodées souvent.
44:58Vous l'aviez mangé
44:59sous quelle forme ?
44:59J'avoue,
45:00c'était dans un plat
45:02où on retrouvait des algues
45:03en forme de salade plutôt.
45:05Vous avez déjà goûté
45:0640 ans ?
45:06Moi, j'ai déjà goûté
45:07des algues
45:07et j'aime bien.
45:08Franchement, j'aime beaucoup.
45:09Je ne saurais plus vous dire
45:10tous les noms pareils.
45:11On les oublie vite.
45:12Oui, on a oublié
45:13un peu les noms.
45:13On est curieux.
45:14Moi, je trouve que c'est chouette.
45:15Est-ce que c'est pour vous
45:16un aliment d'avenir ?
45:17Ça peut en tout cas.
45:18De toute façon,
45:19on doit continuellement réfléchir
45:20à comment on se nourrit.
45:22Il y a parfois
45:23des questionnements
45:23sur les insectes.
45:25Les algues,
45:25c'est en milieu naturel.
45:26Ça a des excellentes vertus
45:29nutritives.
45:30En termes de goût,
45:31ça amène des nouvelles choses aussi.
45:32Je sais qu'il y a
45:33de plus en plus
45:34de chefs
45:34qui utilisent des algues
45:35parce que tu vas avoir
45:36des goûts
45:37que tu ne connaissais pas.
45:39Je pense que c'est hyper intéressant.
45:40De toute façon,
45:40vous faites curieux
45:41et on l'est tous
45:41autour de cette table.
45:42Parce que dans les épiceries
45:43japonaises,
45:43on peut en trouver
45:44plus facilement des sèches
45:45par exemple
45:45pour les daichi japonais,
45:46etc.
45:47Sur l'économie haki,
45:49la tomlette japonaise
45:50où on peut saupoudrer
45:51un poids de poisson séché
45:52de quelques algues.
45:54Je tenterai dès ce week-end.
45:56Est-ce que vous les imaginez
45:57dans les cantines scolaires ?
45:58Parce que c'est un sujet
45:59qui est important chez vous.
46:03Si on leur montre,
46:04ils les mangeront
46:05et ils les aimeront.
46:06En fait,
46:06c'est juste des fois
46:07parfois la méconnaissance
46:08ou des petits préjugés
46:10qu'on peut avoir.
46:11Vous emmenez les enfants
46:12au bord de la mer
46:13et vous leur faites goûter
46:14les algues
46:14qui sont collées aux rochers,
46:15mais ça marchera,
46:16c'est sûr.
46:17Et derrière,
46:17on pourra les faire à la cantine.
46:19Ça se trouve dans les cantines
46:19de Quimper.
46:20Oui, certainement.
46:22En tout cas,
46:23j'aimerais quand même
46:23vous entendre sur un autre point
46:24parce que tout à l'heure
46:24on a bien vu
46:25que vous aimiez
46:26les combats politiques
46:27autour de l'alimentation.
46:28Est-ce que vous avez l'impression
46:29d'être entendu à l'Assemblée ?
46:30Est-ce que c'est des sujets
46:31qui vous intéressent
46:33au-delà des crises agricoles
46:34et des débats sur les prix ?
46:35Clairement,
46:36il n'y a pas eu de texte
46:38sur l'alimentation
46:39à l'Assemblée.
46:40Effectivement,
46:40soit on parle d'agriculture
46:42et ça divise.
46:43Alors que je suis persuadé
46:44que si on parle d'alimentation,
46:45on se retrouverait
46:46plus facilement
46:47autour de l'assiette.
46:48Non, il n'y a pas eu de texte
46:48hormis les tickets restos.
46:50Donc,
46:51il y a très peu d'occasions.
46:52Moi,
46:52quand je suis arrivé à l'Assemblée,
46:53la première chose que j'ai fait,
46:54c'est déposer une résolution
46:55pour inscrire
46:56l'alimentation,
46:57le droit à l'alimentation
46:58dans la Constitution
46:59et demander une grande loi cadre.
47:00Après,
47:01j'ai vite revu
47:02mes ambitions à la baisse
47:03en voyant que ce serait compliqué
47:05de faire avancer les sujets.
47:06Mais je continue régulièrement
47:07de faire des propositions de loi.
47:09J'en ai fait une
47:09pour améliorer
47:10l'environnement alimentaire
47:11des grandes surfaces aussi
47:12pour les contraindre
47:14à avoir au moins 12%
47:15de produits bio
47:16dans les grandes surfaces.
47:17Mes propositions de loi
47:18sont là-dessus.
47:19Là,
47:19je travaille sur l'alimentation
47:20à l'hôpital
47:20et je ne désespère pas.
47:22J'espère que là,
47:23dans la niche,
47:23on aura un texte
47:24sur l'alimentation
47:24dans la niche écolo
47:25au mois de décembre.
47:26Parce que c'est fidèle
47:26à ce combat.
47:27C'est vraiment quelque chose
47:28qui vous habite,
47:29comme je le disais.
47:30C'est vraiment un combat précis.
47:32Et en fait,
47:32vous n'avez pas envie
47:33de vous éparpiller
47:33dans les autres combats
47:34de société ?
47:35Alors,
47:36je travaille,
47:36évidemment,
47:37on s'intéresse
47:37à d'autres choses.
47:39Moi,
47:39je travaille beaucoup
47:39aussi sur les questions
47:40de logement,
47:40mais pour moi,
47:41c'est lié.
47:42Le logement,
47:42c'est ce qui empêche
47:43les gens de bien manger.
47:45Quand tu mets 40%
47:46de tes ressources
47:48dans le loyer,
47:48l'alimentation est toujours
47:49la variable d'ajustement
47:50et tu vas renier là-dessus.
47:52Donc,
47:52l'alimentation,
47:53ça touche tellement à tout
47:53que moi,
47:54c'est vraiment...
47:55Effectivement,
47:55je n'ai pas envie
47:56de me disperser,
47:57je n'ai pas envie
47:57d'être commentateur politique.
47:59Ce n'est pas mes compétences.
48:01Je ne vais pas être...
48:02faire des grands discours
48:04théâtrales...
48:06Je ne sais pas faire.
48:07Je ne sais pas faire.
48:07Moi,
48:07je sais travailler
48:08sur ce sujet-là.
48:09C'est là où j'ai aussi
48:10beaucoup d'experts
48:11qui travaillent avec moi,
48:11beaucoup d'ONG,
48:12d'associations,
48:13et je construis
48:14tous mes textes
48:15avec ceux qui savent.
48:16Et ça,
48:16c'est vraiment
48:16le cœur de mon mandat.
48:18En deux mots,
48:18j'ai une petite piste pour vous.
48:19C'est comment expliquer
48:20le retard extraordinaire
48:21pris par la production
48:22d'algues en France
48:22alors qu'on a un immense littoral.
48:24Vous pouvez plancher
48:24sur ce sujet, non ?
48:25Eh bien, allons-y.
48:26Je vais aller voir
48:26mes collègues bretons.
48:27Non, mais c'est vrai.
48:28Oui, oui,
48:28mais c'est clairement...
48:29Des milliers de kilomètres
48:30de littoral
48:30et on n'est pas capable
48:31de produire
48:31ou de cultiver des algues.
48:33Si c'est l'aliment du futur,
48:34il faut peut-être y aller.
48:46Avec une religieuse au chocolat.
48:48C'est une grande création
48:48pasticière
48:49qui a fait son apparition
48:50à la fin du 19e siècle
48:51à Paris
48:51dans le célèbre glacier
48:53et café napolitain
48:55Frascati,
48:56réputé pour ses desserts
48:57de haute volée.
48:58Frascati baptise ce gâteau
48:59composé de choux
49:00garnis de crème pâtissière
49:01au chocolat de religieuse
49:02car sa forme
49:03rappelait leurs habits.
49:05Mais alors,
49:05il faut bien comprendre.
49:06Il faut dire que
49:07depuis cette époque,
49:08les choux se sont arrondis.
49:09Avant,
49:09ils étaient un peu carrés
49:10parce qu'on les façonnait
49:11avec la main.
49:12Donc,
49:13ça ressemblait effectivement
49:14à un habit de religieuse
49:15mais ensuite,
49:16il y a eu l'invention
49:16de la douille
49:17et avec la douille,
49:18on fait des choux
49:19qui sont très ronds
49:20et on ne comprend pas bien
49:21pourquoi ça s'appelle
49:22une religieuse aujourd'hui
49:23ici en la regardant.
49:24Boris,
49:25il faut vous goûter
49:28pendant que Jean-Pierre parle
49:30parce qu'il va vous poser
49:30une question
49:31et là,
49:31vous allez avoir la bouche pleine.
49:32Il faut la goûter.
49:34Il faut nous dire
49:34si elle convient
49:35à votre choix de dessert.
49:37Si elle est aussi bonne
49:39que celle que vous connaissez.
49:40Bonne, hein ?
49:42La pâte à choux,
49:42elle est super.
49:43Alors,
49:43pourquoi cette attirance
49:44vers le religieux
49:45et la religieuse ?
49:46Alors,
49:47c'est pas vers le religieux
49:48mais pareil,
49:49c'est vraiment
49:50souvenir d'enfance.
49:51Comme je vous le disais,
49:52je suis issu d'une famille
49:53assez populaire
49:55et sans gros moyens.
49:56Donc,
49:57les desserts,
49:57c'était assez rare
49:59et on avait le droit
50:00un dimanche par mois
50:02d'aller à la pâtisserie
50:04et à l'époque,
50:05c'était la religieuse
50:06parce que c'était grosse,
50:08c'était énorme,
50:09c'était très grosse
50:09ces religieuses.
50:10Elle a coûté 5 francs.
50:11Je me souviens,
50:12j'ai encore ce prix en tête
50:13à 5 francs à l'époque
50:14et c'était le dessert du mois.
50:16Donc, évidemment,
50:17ça reste bien ancré
50:19et j'avais envie
50:20de partager ça avec vous
50:21et surtout d'en remanger une
50:22parce que j'en mange
50:22beaucoup moins
50:23que dans mon enfance.
50:24Et le chocolat à l'intérieur,
50:26il est délicieux
50:28et il y en a beaucoup.
50:29Donc, on ne nous a pas
50:31triché sur...
50:32Ça va être terrible
50:33pour les spectateurs.
50:35Vous léchez peut-être
50:35votre télé.
50:36Ça ressemble beaucoup,
50:37un éclair quand même.
50:38Pourquoi vous pouvez
50:38faire la religieuse
50:39et pas l'éclair ?
50:40Ça, c'est l'enfance
50:41parce qu'à l'époque,
50:42vous mangez...
50:42Parce que pour moi,
50:43il y en a plus.
50:45Vous aimez aussi
50:46la gaufre sèche du Nord.
50:48Oui, ça, c'est ma grand-mère
50:49et ma mère qui font ça.
50:50Et vous la faites, vous aussi ?
50:52Non, pas encore.
50:52Il faut encore
50:54acquérir un peu
50:55d'expérience.
50:56Parce que moi,
50:57ma grand-mère,
50:57c'est vraiment ma grand-mère.
50:58Ma mère a attendu
50:59très très très très longtemps
51:00avant de reprendre la recette.
51:02C'est vraiment
51:02des gaufres sèches,
51:03très sèches
51:04qu'on fait pour les fêtes
51:05entre Noël et Nouvel An.
51:08C'est composé, je pense,
51:10essentiellement que du beurre.
51:12Mais c'est tellement bon
51:13et c'est vraiment...
51:14On sort ça
51:15au moment des étrennes,
51:16des fameuses étrennes de janvier.
51:17Vous avez la boîte métallique
51:18et vous en avez dedans
51:19et vous distribuez ?
51:20On a la boîte.
51:20Quand je remonte
51:21chez mes parents,
51:22je repars avec des boîtes
51:23à Lyon.
51:24Et généralement,
51:25quand j'arrive à la gare,
51:26il n'y en a déjà plus.
51:27Je sais que vous avez envie
51:29de déguster votre dessert.
51:30Donc on va faire
51:30une petite pause musicale
51:32et écouter ce que vous avez choisi.
51:33Comme ça,
51:33vous pouvez déguster
51:34tranquillement et en musique.
51:35On écoute Arnaud
51:36et Sophia Pamar
51:37« Je veux vivre ».
51:40Je veux vivre dans un monde
51:43sans jalousie,
51:45sans amant
51:46et où les pessimistes
51:50sont contents.
51:54Je veux vivre dans un monde
51:56sans... »
51:59« Quelle voix ? »
52:00« La voix d'Arnaud ».
52:01C'est un album
52:01qu'il a fait
52:03juste avant de nous quitter
52:04le 23 avril 2022.
52:06C'est magnifique.
52:08Et c'est surtout,
52:09moi,
52:09ça m'a interloqué
52:09quand même ce choix.
52:10Je me suis dit,
52:11vous trouvez que notre monde actuel
52:13est très difficile
52:14et c'est difficile de vivre.
52:16Là,
52:17effectivement,
52:17il a quand même écrit
52:18cette chanson
52:18avant de mourir
52:19où il était malade.
52:21C'était à la fois
52:22pour faire un clin d'œil
52:23à la Belgique
52:24et au nord de la France
52:26et à cette voix,
52:27effectivement,
52:28qu'on n'entend pas assez.
52:30J'ai beaucoup aimé Arnaud.
52:33Il m'a accompagné
52:34pendant des années.
52:35J'ai des super souvenirs
52:36de concerts avec lui.
52:38Et je trouve
52:38que cette chanson
52:38est très, très belle
52:39avec Sophia de Pamar
52:39au piano.
52:42Elle est quand même positive,
52:43cette chanson.
52:44Elle n'est pas que...
52:44Ah oui, oui, non,
52:45c'est de l'espoir.
52:46Mais c'est vrai que le titre...
52:48Moi, depuis deux ans,
52:50ce que je peux vivre
52:50ici dans cette hémicycle,
52:51c'est parfois très difficile
52:53d'avoir des motifs d'espoir
52:55et en même temps,
52:56il ne faut pas lâcher.
52:56Parce que si on ne fait rien,
52:57ça sera pire.
52:58Donc, on continue de se battre,
53:00on continue de porter nos sujets
53:03et puis on y arrivera un jour.
53:05Je veux vivre et combattre.
53:06Merci d'avoir été avec nous,
53:08Boris Tavernier.
53:09Merci à Maison du Monde,
53:10notre partenaire d'écho
53:12et merci à vous
53:13de nous avoir suivis
53:14sur LCP.
53:15...comme poisson
53:17dans l'eau
53:18et dans ma bouche
53:21pas d'amour.
53:25Je veux vivre
53:26dans ce monde
53:28sans cholestérol.
53:32Sous-titrage Société Radio-Canada
53:33Sous-titrage Société Radio-Canada

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