- il y a 11 heures
À LA UNE / La France, un pays plus que jamais fracturé ?
Derrière le récit d'une nation unie, les chiffres dessinent une réalité plus contrastée : fractures sociale, territoriale, générationnelle, scolaire... En 2024, 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France métropolitaine. À l'école, les inégalités persistent : 83 % des enfants de cadres âgés de 25 à 34 ans sont diplômés du supérieur, contre 37 % des enfants d'ouvriers. Dans les territoires ruraux dispersés, la moitié des ménages juge insuffisante la proximité des services médicaux. Face à ces constats, les responsables politiques invoquent régulièrement les principes d'égalité des chances, de justice sociale et de cohésion nationale. En croisant données statistiques, témoignages de terrain et analyse des choix politiques, comment analyser les fractures françaises ? Quels leviers mobiliser pour dépasser ces clivages ?
Invités :
- Jean-Laurent Cassely, essayiste, co-auteur de « Nous les Français » (Robert Laffont),
- Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l'Ifop,
- Emmanuelle Anizon, grand reporter au « Nouvel Obs ».
Chroniqueurs :
- Nicolas Domenach, journaliste politique,
- Eva Roque, journaliste.
LA QUESTION QUI FÂCHE / Parcoursup : une machine à exclure ?
Alors que le baccalauréat affiche un taux de réussite de 91,4 % en juin 2026, l'accès aux études supérieures reste marqué par une forte sélection. En effet, le diplôme ouvre les portes de l'enseignement supérieur, mais ne garantit ni la formation souhaitée ni la réussite à l'université. En 2025, 980 000 candidats ont utilisé Parcoursup pour postuler auprès de 25 000 formations. Si 94 % des nouveaux bacheliers inscrits ont reçu au moins une proposition, l'accès aux filières les plus demandées reste très limité. De plus, la sélection se poursuit en licence : en première année, entre 50% à 60% des étudiants ne passent pas directement en deuxième année. Entre formations sélectives, licences en tension et inégalités d'accompagnement, l'orientation devient un moment décisif du parcours scolaire. Le système français démocratise-t-il réellement l'accès aux études supérieures ?
Invités :
- Rayan Nezzar, professeur associé à la Sorbonne Paris Nord, ancien conseiller au ministère de l'Éducation Nationale,
- Laurent Marcangeli, député de Corse-du-Sud et Président du groupe « Horizons » à l'Assemblée Nationale,
- Danielle Simonnet, députée « écologiste et social » de Paris.
Derrière le récit d'une nation unie, les chiffres dessinent une réalité plus contrastée : fractures sociale, territoriale, générationnelle, scolaire... En 2024, 9,8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France métropolitaine. À l'école, les inégalités persistent : 83 % des enfants de cadres âgés de 25 à 34 ans sont diplômés du supérieur, contre 37 % des enfants d'ouvriers. Dans les territoires ruraux dispersés, la moitié des ménages juge insuffisante la proximité des services médicaux. Face à ces constats, les responsables politiques invoquent régulièrement les principes d'égalité des chances, de justice sociale et de cohésion nationale. En croisant données statistiques, témoignages de terrain et analyse des choix politiques, comment analyser les fractures françaises ? Quels leviers mobiliser pour dépasser ces clivages ?
Invités :
- Jean-Laurent Cassely, essayiste, co-auteur de « Nous les Français » (Robert Laffont),
- Frédéric Dabi, directeur général Opinion de l'Ifop,
- Emmanuelle Anizon, grand reporter au « Nouvel Obs ».
Chroniqueurs :
- Nicolas Domenach, journaliste politique,
- Eva Roque, journaliste.
LA QUESTION QUI FÂCHE / Parcoursup : une machine à exclure ?
Alors que le baccalauréat affiche un taux de réussite de 91,4 % en juin 2026, l'accès aux études supérieures reste marqué par une forte sélection. En effet, le diplôme ouvre les portes de l'enseignement supérieur, mais ne garantit ni la formation souhaitée ni la réussite à l'université. En 2025, 980 000 candidats ont utilisé Parcoursup pour postuler auprès de 25 000 formations. Si 94 % des nouveaux bacheliers inscrits ont reçu au moins une proposition, l'accès aux filières les plus demandées reste très limité. De plus, la sélection se poursuit en licence : en première année, entre 50% à 60% des étudiants ne passent pas directement en deuxième année. Entre formations sélectives, licences en tension et inégalités d'accompagnement, l'orientation devient un moment décisif du parcours scolaire. Le système français démocratise-t-il réellement l'accès aux études supérieures ?
Invités :
- Rayan Nezzar, professeur associé à la Sorbonne Paris Nord, ancien conseiller au ministère de l'Éducation Nationale,
- Laurent Marcangeli, député de Corse-du-Sud et Président du groupe « Horizons » à l'Assemblée Nationale,
- Danielle Simonnet, députée « écologiste et social » de Paris.
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NewsTranscription
00:00:06Générique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP.
00:00:26Je suis ravie de vous retrouver pour une heure de décryptage de l'actualité et de débats.
00:00:30En direct de l'Assemblée Nationale avec pour m'accompagner ce soir Eva Roch.
00:00:34Bonsoir Eva.
00:00:34Bonsoir Adine, bonsoir à tous.
00:00:36Et Nicolas Domenak est là, bonsoir Nicolas.
00:00:38C'est parti pour le sommaire avec à la une cette France en ébullition.
00:00:42Mouvement lycéen qui ne s'éteint pas, mobilisation contre la vie chère,
00:00:46violence du 17 octobre, attentat raciste de trappe et chaos à l'Assemblée Nationale.
00:00:51En moins d'un mois, les colères et les violences se sont accumulées.
00:00:54Que disent-elles de nous ? Que disent-elles de nos fractures ?
00:00:58Comment aboutiront-elles dans les urnes dans six mois ?
00:01:01Qu'est-ce qui peut encore nous rassembler ?
00:01:03Tout ça sera dans la première partie de Chaque Voix Compte.
00:01:06A suivre ensuite Nicolas Domenak.
00:01:08Quoi de neuf ce soir Nicolas ?
00:01:09Quoi de neuf ? Une loi anti-casseur.
00:01:11Une nouvelle loi parce qu'elle est des calques de celle qui avait déjà été promulguée en 1970
00:01:15puis abrogée par François Mitterrand en 1981.
00:01:171970, vous nous raconterez tout ça tout à l'heure.
00:01:20Dans la deuxième partie de Chaque Voix Compte, place à la question qui fâche.
00:01:23La question c'est la sélection est-elle devenue un tabou ?
00:01:27On en parle alors que se tient ce soir un débat sans vote sur Parcoursup dans l'hémicycle.
00:01:32On en débattra tout à l'heure avec nos invités que vous pouvez vous aussi interroger.
00:01:36Vous pouvez aussi nous faire part de vos réflexions.
00:01:38Vous flashez ce QR code qui est là.
00:01:40Et c'est Eva Rock ce soir qui gère la tablette avec tous vos messages.
00:01:44Elle nous les transmet en direct, c'est promis.
00:01:45Voilà pour le menu de ce soir.
00:01:47Installez-vous confortablement à Chaque Voix Compte.
00:01:49C'est parti.
00:01:58Aujourd'hui, on vit côte à côte.
00:01:59Je crains que demain, on vive face à face.
00:02:01Cette phrase de Gérard Collomb prononcée en 2018.
00:02:04Vous l'avez forcément entendue cette semaine dans la bouche de nombreux responsables politiques
00:02:08après l'attentat terroriste raciste de Trappes.
00:02:11Beaucoup se demandent si la prophétie de l'ex-ministre de l'Intérieur a fini par se réaliser.
00:02:17Thibaut Henoch.
00:02:23Ce sont des images issues de l'actualité qui décrivent une France divisée.
00:02:29Les manifestations du 17 octobre et leur scène de chaos.
00:02:34L'attentat raciste de Trappes.
00:02:39Enfin Orléans, une ville coupée en deux politiquement le week-end dernier.
00:02:45Trois événements distincts, mais qui tous disent un pays fracturé.
00:02:51Colère sociale, violence, polarisation du débat politique dominé par les extrêmes
00:02:58et enfin la haine qui frappe au cœur de la République.
00:03:03Derrière cet attentat, c'est aussi une certaine idée de la France qui est ciblée.
00:03:07Je vous invite à observer une minute de silence.
00:03:13Un moment d'hommage vite éclipsé par les divisions politiques hier à l'Assemblée.
00:03:17Les propos racistes, islamophobes, négrophobes.
00:03:22Le déshonneur et la honte, on est loin du pas d'amalgame.
00:03:25Tout marque une forme d'indignité.
00:03:28Et cette ambiance, particulièrement nauséabonde, laisse présager de rien de bon.
00:03:34Un moment symbolique d'une France en mal d'unité.
00:03:37C'est pas normal qu'à six mois d'une élection présidentielle, notre pays soit dans cet état d'ébullition.
00:03:41Un sentiment dénoncé par le chef de l'État aujourd'hui encore.
00:03:45Avec le drame de Trappes, il a insisté sur le fait que la très faible compassion
00:03:48qu'il y a eu dans les heures qui ont suivi était de nature à inquiéter.
00:03:53Une inquiétude sur une France désunie à six mois de l'élection présidentielle
00:03:58que des chiffres viennent confirmer.
00:04:00Premier élément, une défiance généralisée, partagée par près de 80% des Français.
00:04:06Une fracture notamment identitaire où les deux tiers du pays
00:04:10dit ne plus se sentir chez lui comme avant.
00:04:13Un grand écart social aussi, mais en outre une fracture territoriale.
00:04:1867% des Français en zone rurale disent avoir du mal à accéder aux services publics
00:04:23contre 22% des urbains.
00:04:25Enfin, les divisions sont aussi générationnelles avec un sentiment de déclassement de la jeunesse.
00:04:31Seuls trois Français sur dix estiment que les jeunes bénéficient d'une meilleure situation
00:04:35que les générations précédentes.
00:04:39Et j'accueille sur le plateau de chaque voix compte Jean-Laurent Casselli.
00:04:42Bonsoir.
00:04:43Bonsoir.
00:04:43Vous êtes l'un des co-auteurs de Nous les Français.
00:04:46Un ouvrage qui propose une radiographie très originale de la société française.
00:04:51Et je suis très heureuse que vous ayez accepté notre invitation pour parler des fractures françaises
00:04:55parce que précisément, votre livre n'en parle pas.
00:04:58Votre livre s'intéresse à tout ce qui fait encore du commun.
00:05:01Et c'est précisément ce qu'on a envie d'entendre ce soir, Jean-Laurent.
00:05:04Frédéric Dhabi, bonsoir.
00:05:06Bonsoir.
00:05:06Directeur de l'IFOP.
00:05:07Merci également d'être là.
00:05:09Et bonsoir Emmanuel Anizon, grand reporter au Nouvelle Obs.
00:05:12Merci de votre présence également Emmanuel.
00:05:15Frédéric Dhabi, j'avais vraiment une question à poser ce soir d'abord aux sondeurs.
00:05:18Quand Emmanuel Macron s'étonne lundi à Marseille d'un pays en ébullition à six mois d'une présidentielle,
00:05:24est-ce que ça vous étonne vous ?
00:05:25Ou est-ce que vous avez envie de l'appeler pour lui en parler ?
00:05:29Un peu des deux, mon général, si je puis dire.
00:05:32Il a raison.
00:05:33Il a raison.
00:05:33Ce qui se passe est complètement inédit.
00:05:36On vit des temps nouveaux.
00:05:37Jamais vu.
00:05:39Traditionnellement, six mois avant un scrutin présidentiel, la France se calme.
00:05:43La France s'apaise.
00:05:44Pas de mouvements sociaux.
00:05:45La France entre en conclave pour regarder des candidats qui vont regarder la France au fond des yeux,
00:05:50qui vont proposer une offre programmatique.
00:05:52Et traditionnellement, l'optimisme remonte fortement.
00:05:54On n'est pas dans ce schéma-là.
00:05:57Dans une enquête IFOP faite à la rentrée, une question qu'on pose depuis tout simplement 31 ans,
00:06:01jamais la part de pessimiste a été aussi forte.
00:06:04Et c'est pour soi et ses enfants.
00:06:05Il y a un pessimisme de projection.
00:06:07Et puis, ce qui est absolument fou,
00:06:10on peut être surpris que le président fasse ce constat.
00:06:13Est-ce qu'il est là pour faire des constats ou pour présider et trouver des solutions ?
00:06:17C'est qu'on a une concurrence, une coexistence, comme vous voulez, entre deux scènes.
00:06:22L'arène présidentielle, traditionnelle, où les candidats cherchent à convaincre les Français,
00:06:27même si on est quand même très loin de l'échéance du 18 avril.
00:06:32Le temps médiatique n'est pas le temps des Français en termes de choix,
00:06:35en termes de décantation de l'offre électorale.
00:06:37Et une arène sociale en ébullition qui est soutenue par les Français sur leurs revendications sur la vie chère,
00:06:46qui est complètement rejetée sur l'idée que, depuis 10 ans, depuis la loi travail,
00:06:51les manifestations, il n'y a pas un mouvement social qui ne s'arène pas par des émeutes, du pillage,
00:06:56par le fait que les victimes, outre quelques manifestants,
00:06:59soient des personnes qui ont une part réelle ou symbolique d'autorité de l'État.
00:07:04Je pense à un pompier empêché de travailler, à des policiers, bien sûr.
00:07:07Et tout cela, c'est, si je puis dire, l'acmé de ce que l'on vit depuis plus de
00:07:12deux ans et demi,
00:07:13ce que j'appelle l'éclipse du politique, cette crise politique et parlementaire
00:07:16qui a suivi la dissolution, cette assemblée introuvable, ingouvernable,
00:07:21j'ai envie de dire même indémerdable, pour reprendre le propos d'une Française interrogée par l'IFO,
00:07:25qui fait que le politique n'est plus dans son rôle.
00:07:28Il n'est plus là, il n'écoute plus, il est autocentré, ce n'est plus là que ça se
00:07:32passe,
00:07:32et il ne change plus la vie des Français.
00:07:34Et la conséquence aussi, j'en aurais fini, c'est que, alors qu'on est sur une élection présidentielle de
00:07:39renouvellement,
00:07:39le président sortant ne peut pas se représenter, comme en 1995, fin de l'ère Mitterrand,
00:07:44comme en 2007, fin de l'ère Chirac, où il y avait un enthousiasme, un espoir pour des candidats,
00:07:50Saint-Louis Royal Bayrou, en 2017, pour François Fillon, le jeune Emmanuel Macron ou d'autres,
00:07:56il y a clairement, chez les Français, une insatisfaction.
00:07:59C'est quand même incroyable que le débouché de la colère, de l'inquiétude,
00:08:03ne soit pas la scène présidentielle, mais aujourd'hui, ici et maintenant, la rue.
00:08:07La rue.
00:08:08Jean-Laurent Cassédy, vous avez sillonné la France avec vos co-auteurs pour écrire Nous, les Français.
00:08:13Est-ce que cette ébullition, vous l'avez pressentie en menant votre enquête ?
00:08:19En fait, ce qu'on avait pressenti, c'est que notre livre allait arriver à la rentrée fin août, début
00:08:25septembre,
00:08:27c'est qu'une pré-élection présidentielle serait dans l'air du temps
00:08:30et que, probablement, que les raisons de se diviser allaient être très nombreuses.
00:08:34Et donc, on s'était dit, ce n'est pas qu'on va faire contre-pied,
00:08:37mais on va contrebalancer avec ce fameux Nous, qui est presque une déclaration, en fait.
00:08:41C'est plus qu'un titre de livre.
00:08:44La division, elle se constate, en fait.
00:08:46Il suffit de lire la presse pour la constater.
00:08:48Le Nous, c'est une projection.
00:08:50Je ne dis pas que c'est un discours présidentiel,
00:08:52mais c'est une projection qui se décrète,
00:08:54mais qui n'est pas évidente à voir, je suis d'accord,
00:08:57dans le quotidien, dans la revue de presse qu'on fait toutes et tous ces derniers jours.
00:09:00Eva ?
00:09:00La division se constate, mais cette fracture, elle est de quelle nature, selon vous ?
00:09:04Est-ce qu'elle est une fracture territoriale, sociale ?
00:09:07On a longtemps parlé de la diagonale du vide.
00:09:08Cette taxe du nord-est, sud-ouest, territoire marqué par l'exode rural,
00:09:14par un vieillissement de la population, une disparition au fur et à mesure du service public.
00:09:18On a l'impression qu'aujourd'hui, c'est plus ça qui fracture le pays,
00:09:22mais plus grande agglomération contre le reste de l'État.
00:09:25Est-ce que c'est ce que vous constatez ?
00:09:26Moi, ce qui m'a beaucoup marqué dans les précédents jours, les précédentes semaines,
00:09:30c'est qu'on a tous eu collectivement, je pense qu'il faut le dire avec humilité,
00:09:33du mal à comprendre.
00:09:34On a été un peu dans le brouillard.
00:09:35Et moi, le premier.
00:09:36Je pense que ce qui s'est passé, en écoutant les uns les autres,
00:09:40en refaisant le match, entre guillemets,
00:09:42c'est qu'il y a eu probablement...
00:09:43On a beaucoup comparé les colères et les manifestations aux Gilets jaunes.
00:09:48On s'est vite rendu compte que ça ne ressemblait pas.
00:09:50Et en fait, de même qu'on a été surpris par les Gilets jaunes,
00:09:53parce que ce n'était pas, vous parliez de la diagonale du vide,
00:09:54ce n'était pas la géographie qu'on attendait, c'était celle des périphéries, des ronds-points.
00:09:58Et puis, ce n'étaient pas les modes d'action qu'on attendait,
00:10:00ce n'étaient pas des cortèges bien organisés.
00:10:02En fait, ce qui se passe là, en 2026, c'est qu'il y a une sorte de Gilets jaunes
00:10:06x 10,
00:10:06c'est-à-dire qu'il y a plusieurs sociologies, il y a plusieurs géographies,
00:10:10il y a plusieurs modes d'action.
00:10:12Parce qu'on a beaucoup dit, oui, les renseignements se sont plantés,
00:10:14ils n'ont rien vu venir.
00:10:15Mais en fait, je pense que c'était quasi impossible de voir venir,
00:10:17parce qu'il y avait en plus, rappelez-vous, les Gilets jaunes,
00:10:20on en a beaucoup parlé, comme la révolte Facebook.
00:10:22En fait, il y a aujourd'hui une multiplicité même de réseaux sociaux.
00:10:25Et donc, c'est très difficile de voir dans cette juxtaposition
00:10:29une cohérence politique, en fait, sociale, médiatique.
00:10:32Et donc, un peu tout arrive en même temps,
00:10:33même si on peut, je pense, tirer des sons politiques de tout ça, évidemment.
00:10:36Mais c'est ma première réaction, c'est plutôt celle-là, quoi.
00:10:38Emmanuel Hannaison, je vous vois.
00:10:39Oui, parce que c'est-à-dire qu'il y a une addition, en fait, de ces colères cercles.
00:10:44Il y a eu les Gilets jaunes, il y a eu les émeutes en 2023,
00:10:48avec cette explosion qui avait aussi existé des jeunes de quartier
00:10:52qui n'avaient pas rejoint les Gilets jaunes en 2018.
00:10:55Et finalement, là, ce qu'on voit, c'est que ces populations
00:10:58qui ont déjà, depuis 10 ans, marqué des colères, des explosions
00:11:02qui n'étaient pas maîtrisées et de moins en moins,
00:11:05finalement, se rejoignent aujourd'hui sur le terrain.
00:11:08Et c'est ça qui est nouveau.
00:11:08Mais au fond, les Gilets jaunes, il y avait eu une étincelle.
00:11:11Les Gilets jaunes, c'était la taxe sur le gasoil,
00:11:14c'était le prix de l'essence, il y avait quelque chose.
00:11:16Là, est-ce que l'étonnement d'Emmanuel Macron ne vient pas aussi du fait
00:11:19qu'il cherche un élément déclencheur qu'il ne trouve pas ?
00:11:22En fait, l'élément déclencheur, il est là, sous ses yeux, depuis 10 ans.
00:11:27Simplement, il ne les voit pas.
00:11:28C'est-à-dire que le problème d'Emmanuel Macron,
00:11:30c'est qu'à chaque fois qu'il a dit « je vous écoute »,
00:11:32on a fait les cahiers d'oléances, on a fait la convention pour le climat,
00:11:36et finalement, à chaque fois, il n'en tire pas de leçons,
00:11:41il n'y a pas de vrai échange.
00:11:42Il est arrivé avec une promesse de démocratie participative aussi,
00:11:45qui n'a jamais été finalement développée et instaurée réellement.
00:11:50Et je pense qu'aujourd'hui, c'est le fruit de ce divorce.
00:11:54Et ce qui est terrible, c'est que ces divisions dont on parle,
00:11:57aujourd'hui, elles font union contre quoi ?
00:11:59Contre un État, contre une représentation politique,
00:12:03contre des élus dont les gens estiment qu'ils ne le représentent plus.
00:12:05– Mais qui ne seront plus là dans six mois, pardon.
00:12:07– Mais si, parce qu'en fait, c'est bien ça ce qui est nouveau, je pense.
00:12:10Ce qu'ils expriment là, c'est qu'ils n'y croient plus au renouvellement dans six mois.
00:12:14La colère, si elle est aujourd'hui, si elle explose de cette manière,
00:12:17c'est qu'effectivement, l'espoir qu'avant il y avait,
00:12:20que quelque chose change, n'existe plus.
00:12:22Moi, je trouve que ce que ça montre, c'est un divorce profond
00:12:26avec le système politique tel qu'il existe, tel qu'il représente les citoyens.
00:12:29Et je trouve ça d'autant plus inquiétant, en fait,
00:12:32que justement, ça explose malgré la présidentielle.
00:12:35– On est sur LCP, et au début de votre livre, Jean-Laurent Cassélie,
00:12:38vous écrivez que si la France était comme l'Assemblée nationale,
00:12:41elle compterait 4 millions d'avocats et 343 000 ouvriers.
00:12:45Est-ce qu'au fond, cette fracture dont on parle depuis quelques minutes,
00:12:48elle ne repose pas notamment sur cette représentation
00:12:53qui est finalement tronquée de la population française ?
00:12:55– Alors, ce n'est pas tout à fait ça.
00:12:58C'est vrai que, c'est tout à fait classique,
00:13:00qu'une Assemblée ne soit pas complètement sociologiquement à…
00:13:05comme la population, l'Assemblée des profs en 81 sous François Mitterrand,
00:13:09les entrepreneurs et les jeunes macronistes en 2017.
00:13:13Moi, c'est ce que je viens de dire, ce que vous venez de dire
00:13:14est très, très intéressant.
00:13:15La crise du politique que l'on voit à travers des dizaines de manifestations,
00:13:21sondagières qui valent ce qu'elles valent.
00:13:23Le baromètre Paris Match Sud Radio, la question est très, très gentille,
00:13:26bonne mauvaise opinion.
00:13:28Il y a 15 ans, on avait 27 personnalités qui avaient une majorité de bonnes opinions.
00:13:32En 2017-7, aujourd'hui, une.
00:13:34Et Michel-Édouard Leclerc, qui n'est pas vraiment un personnage politique.
00:13:39Moi, je crois qu'au-delà de la crise du résultat,
00:13:41pour d'une multiple raison, le politique ne change plus la vie,
00:13:44c'est une crise de l'écoute.
00:13:46Et c'est vrai qu'Emmanuel Macron a toujours été jugé faible là-dessus,
00:13:50mais ça a commencé même avant son accession à l'Élysée.
00:13:54Sa première prise de parole sur Europe, après l'affaire des ouvrières de Gade,
00:13:59traité maladroitement d'illettré.
00:14:01Il y a cette idée qu'il ne nous connaît pas, qu'il ne nous comprend pas,
00:14:04qu'il ne nous écoute pas.
00:14:05Et cette crise de l'écoute, elle remonte très, très loin.
00:14:07Le 29 mai 2005, le référendum, les Français et les Justes,
00:14:10on n'a pas été écouté.
00:14:11A tort aura raison, notre champ n'a pas été respecté.
00:14:14Les gilets jaunes, le Covid, la réforme des retraites,
00:14:17qui a été rejetée sans que ça bouge jamais,
00:14:19par deux tiers des Français et trois quarts des actifs.
00:14:22Et même du côté des électeurs acquis ou potentiels de Marine Le Pen,
00:14:25la favorite du premier tour, voire du second tour.
00:14:28Il y a cette idée aussi, on a failli nous enlever Marine
00:14:30de la compétition électorale, on n'a pas été écouté.
00:14:33Je crois que c'est moins une question de représentation
00:14:35que cette question de...
00:14:37Quand j'ai vu votre thème, la principale fracture pour moi,
00:14:41c'est la fracture entre les représentants et les représentés,
00:14:45alors qu'il y a énormément de communs et de constats proches entre les Français.
00:14:49Les représentants, mais en fait, est-ce que le poisson politique
00:14:51n'a pas pourri par la tête ?
00:14:52C'est-à-dire, on a un système monarcho-républicain
00:14:55qui dépend d'abord du président de la République
00:14:56à partir du moment où son autorité magique, magistrale disparaît.
00:15:01Tout fout le camp.
00:15:02La crise d'autorité, elle se répand partout.
00:15:05Je partage complètement ce que vous dites.
00:15:08Surtout qu'il y a des acteurs qui sont complètement préservés.
00:15:11Les élus locaux gardent toujours cette capacité
00:15:14à réenchanter les politiques.
00:15:16Ils sont sur le terrain, ils écoutent et ils transforment.
00:15:18Mais regardez, de qui parle-t-on ?
00:15:20Depuis 10 jours, on parle du maire de Limoges.
00:15:22On parle du maire de Trappes.
00:15:23Bien sûr.
00:15:25C'est vrai que pour répondre à la question des fractures,
00:15:29en fait, on a l'impression qu'il y a deux pays.
00:15:31C'est-à-dire, il y a le pays qu'on voit sur les chaînes d'info
00:15:33et sur les réseaux sociaux,
00:15:34et que le monde entier voit comme étant à feu et à sang.
00:15:37Et dès que vous zoomez à l'échelon local,
00:15:39mais que ce soit dans un quartier populaire ou dans un village,
00:15:41c'est pareil, il y a des associations, des clubs de foot,
00:15:44des gens qui prennent l'apéro, qui vont faire leurs courses.
00:15:46Donc, il y a un calme relatif aussi qui cohabite avec cette explosion.
00:15:51Et il y a aussi un truc qui est très marquant,
00:15:53c'est que depuis quelques semaines, on voit...
00:15:55Pardon ?
00:15:56Non, vous disiez, vous avez l'air de...
00:15:58Mais je vous laisse réagir après.
00:16:00Mais en tout cas, je trouve aussi que ça cohabite avec...
00:16:03Il ne faut pas obliger qu'il y a toute une France
00:16:04qu'on ne voit pas aussi depuis quelques semaines à la télé,
00:16:07qui est celle qui est un peu hors champ des manifs, des cortèges,
00:16:10qui a été sidérée, c'est le verbe qu'on emploie souvent.
00:16:13C'est la France silencieuse ?
00:16:14Oui, ce que j'appelle la France hors champ,
00:16:16parce qu'elle n'est pas sur les vidéos, elle n'est pas dans les cortèges.
00:16:19Et elle, je pense que...
00:16:20C'est qui ?
00:16:21Je pense que pour une partie, c'est une France qui est encore paisible,
00:16:24parce que ça existe, et on en parle aussi dans le livre,
00:16:27il y a une partie de la population, des catégories moyennes ou populaires,
00:16:32des retraités, qui a encore cet espoir de ne pas être dans la polarisation,
00:16:36de ne pas être dans un pays qui est en guerre civile, j'ai envie de dire.
00:16:39Et puis il y a aussi la France hors champ qui va s'exprimer dans les urnes,
00:16:43et on voit tous les sondages, et je parle sous le contrôle de Frédéric,
00:16:47tous les sondages montrent que l'élection présidentielle
00:16:50suscite pas mal d'engouement, d'intérêt et d'espoir,
00:16:54et probablement qu'il y aura aussi une mobilisation, je pense, forte.
00:16:57Mais ce sont les retraités, on peut leur rendre hommage,
00:16:59parce qu'ils font vivre un réseau social.
00:17:03Oui, c'est du corporatisme à ce niveau-là, Nicolas Doména.
00:17:06J'assure ma clientèle.
00:17:08De même qu'on a beaucoup parlé de la jeunesse de gauche qui s'est mobilisée,
00:17:12mais il y a aussi une jeunesse de droite et d'extrême droite aussi
00:17:14qui est beaucoup plus présente que chez les fameux boomers.
00:17:17Donc cette polarisation, c'est aussi celle des jeunes générations.
00:17:20On va revenir à la présidentielle,
00:17:21mais je voulais d'abord revenir aussi sur ce qui s'est passé hier après-midi
00:17:24à l'Assemblée nationale, la séance de questions au gouvernement
00:17:26qui a tourné à la foire d'Empoigne.
00:17:28Il y a eu une minute de silence,
00:17:30donc tout s'est bien passé pendant une minute, on va dire,
00:17:32et ensuite deux heures de chaos.
00:17:36Que vous a inspiré le spectacle des députés hier après-midi ?
00:17:40Je vous pose la question à tous les trois,
00:17:42je ne sais pas si vous avez bien suivi la séance d'hier après-midi.
00:17:45Frédéric Dhabi ?
00:17:46C'est tout ce que les Français ne veulent pas.
00:17:49La scène parlementaire est moins visible que par le passé,
00:17:52alors que dans un sens, du fait de l'absence de majorité absolue,
00:17:55voire relative, elle devrait beaucoup plus intéresser les Français.
00:17:58C'est parce que cette séance d'infective,
00:18:02avec la tenaille et les filles d'un côté et reine de l'autre,
00:18:06n'est pas ce que veulent les Français.
00:18:07Et les députés dans ce cadre-là,
00:18:09même si vous connaissez mieux que moi la séance des questions au gouvernement,
00:18:15en interrogeant un ministre, on essaie de parler aux Français.
00:18:18Et là, on n'est pas du tout là-dessus.
00:18:19Et je pense que, j'entends ce qu'a dit Jean-Laurent sur,
00:18:22effectivement, une présidentielle, traditionnellement,
00:18:24ça produit de l'espoir et donc une très forte participation.
00:18:28Attention, est-ce qu'on est sûr que dans ce contexte actuel,
00:18:30avec la scène sociale, la scène parlementaire,
00:18:33cette scène présidentielle, il y aura une participation très très forte ?
00:18:35Vous avez un doute sur l'abstention dès maintenant ?
00:18:37Je crois beaucoup aux cycles électoraux.
00:18:39Et on sort d'élections municipales,
00:18:41où si je mets de côté les municipales de 2020,
00:18:45sous Covid, très très étranges,
00:18:46on n'a jamais aussi peu voté depuis 1945 à des élections municipales.
00:18:50Est-ce que ça ne veut pas dire un record d'abstention à la présidentielle
00:18:53et dans une forme d'exit ou d'exil électoral de beaucoup de Français ?
00:18:58Ce matin, le gouvernement a annoncé qu'un hommage national
00:19:00serait rendu après l'attentat terroriste raciste de Trappes
00:19:03qui a coûté la vie à Pengo Bossio Wangui.
00:19:05C'est un hommage, on ne sait pas encore quand il aura lieu,
00:19:07on sait juste qu'il sera présidé par Sébastien Lecornu.
00:19:11Emmanuel Macron, on l'a entendu dans la voix de Maude Bréjon tout à l'heure dans le sujet,
00:19:14a appelé à l'unité, à la dignité.
00:19:16Il a insisté sur le fait qu'il y avait eu une très faible compassion
00:19:20dans les heures qui ont suivi.
00:19:22Et ça a continué cet après-midi à l'Assemblée nationale.
00:19:25Il y avait une nouvelle séance de questions au gouvernement.
00:19:27Écoutez cet échange entre la députée écologiste Sabrina Sébahi
00:19:30qui reproche au gouvernement d'avoir évoqué hier le meurtre de Quentin Deranque
00:19:34après la minute de silence.
00:19:37Et c'est Laurent Nunez qui lui a répondu.
00:19:39Regardez cet échange.
00:19:41Hier, la famille de Pengo Bossio Wangui était ici en tribune.
00:19:44Une famille endeuillée s'est déplacée et c'était le moment
00:19:47pour que la République leur donne du réconfort.
00:19:49Mais vous avez abattu leur fils une deuxième fois.
00:19:52Pengo n'est pas mort dans une bagarre.
00:19:54Il est mort parce qu'il était noir.
00:19:55Et pour la première fois, un Premier ministre a banalisé un acte terroriste
00:20:00ayant tué un de nos compatriotes.
00:20:01Vous êtes les artisans du chaos.
00:20:04Et puisque vous êtes incapables de protéger tous nos concitoyens,
00:20:07quelle que soit leur couleur de peau ou leur religion,
00:20:09vous n'êtes plus digne de représenter le pays.
00:20:11Partez !
00:20:12Pardon, mais votre charge est d'une violence inouïe.
00:20:16Qui ne correspond pas, qui ne correspond absolument pas
00:20:19à ce qu'a dit le Premier ministre hier.
00:20:21A ce qu'a été la position du gouvernement
00:20:23dès que nous avons eu connaissance de cet acte
00:20:25qui a tout de suite été qualifié d'attentat.
00:20:28Madame la députée, je ne vous reconnais pas
00:20:29dans cette charge extrêmement violente.
00:20:32Extrêmement violente.
00:20:33Et la colère qui est la vôtre, on peut la comprendre.
00:20:35Mais pardon, pardon, ne portez pas un coup de canif
00:20:37qu'il faut vivre ensemble et la cohésion nationale.
00:20:39Ce gouvernement a toujours démontré son engagement
00:20:42contre le racisme et contre le terrorisme.
00:20:44D'où qu'ils viennent.
00:20:45Tout est fort dans cet échange, à la fois dans les mots de la députée
00:20:49et dans la réponse du ministre de l'Intérieur.
00:20:51Attention au coup de canif, au vivre ensemble.
00:20:53C'est ce que dit Laurent Nunes, Frédéric Dhabi.
00:20:56Oui, tout à fait.
00:20:57C'est vrai qu'on est dans quelque chose d'extrêmement dur.
00:21:01Traditionnellement, après un attentat, quel qu'il soit,
00:21:03il y a quand même la production de consensus.
00:21:06On se revient qu'une personnalité aussi clivante
00:21:08que Manuel Valls avait été saluée par une assemblée debout
00:21:11après Charlie Hebdo, Clarisse-Agent-Philippe et l'hyper cachère,
00:21:16ça montre aussi qu'on est dans une logique de concurrence victimaire
00:21:20que ne supportent plus les Français.
00:21:22Qu'est-ce qu'il y a à faire l'affaire Quentin de Ranck
00:21:23avec le drame qu'a touché ce monsieur ?
00:21:26Sébastien Lecornu n'aurait pas dû égrener hier les victimes ?
00:21:29Ce n'est pas du tout à moi de le dire,
00:21:31mais il y a beaucoup de personnes,
00:21:32on a entendu ce matin Sarah Knafo
00:21:34dans une interview un peu controversée sur France Info
00:21:36qui a cité toutes les victimes de terrorisme.
00:21:39Je pense que les Français sont très marqués
00:21:42quand on leur demande de parler du pays depuis 10-12 ans.
00:21:45Le mot qui sort le plus, c'est le mot choc.
00:21:47Et ça commence par le choc du terrorisme, 2015, 2016.
00:21:50Et ils ne sont pas du tout dans une logique
00:21:53entre de fracturation, de concurrence, de préférence.
00:21:56Il ne faut plus se rendre hommage à telle ou telle victime.
00:21:59Les fractures, elles ne sont pas entre les Français.
00:22:01Là, elles sont complètement dans cette assemblée.
00:22:03Mais je ne vous apprends rien.
00:22:05Et pourtant, vous nous dites à travers vos sondages
00:22:07que la préoccupation première, c'est le pouvoir d'achat.
00:22:10Alors, c'est quoi la vérité ?
00:22:12C'est quoi ce qui meut les Français, ce qui les mobilise ?
00:22:16Il n'y a pas une préoccupation qui l'en pense.
00:22:19Le pouvoir d'achat est extrêmement fort.
00:22:21Et ça fait descendre des gens dans la rue.
00:22:23Le chômage, alors qu'il remonte, est toujours dans les limbes
00:22:25de la hiérarchie des préoccupations des Français.
00:22:28L'injustice, ce n'est pas être au chômage,
00:22:29c'est le travail qui paye mal.
00:22:30Mais il ne faut pas oublier,
00:22:31quand on parlait des services publics, la santé.
00:22:34L'accès aux soins devient une question absolument fondamentale.
00:22:36Et là, il y a des concurrences très originales
00:22:40entre les territoires.
00:22:42Il y a des ruralités qui vont très bien sur l'accès aux soins.
00:22:45Et il y a des métropoles qui sont absolument
00:22:46dans une sélection catastrophique.
00:22:47Je parlais des municipales tout à l'heure.
00:22:49Je rappellerai que le premier déterminant du vote
00:22:51aux municipales, il y a quelques mois,
00:22:53ça a été l'insécurité.
00:22:54Le cinquième, le narcotrafic.
00:22:56Et le dernier scrutin où ça a été en tête, l'insécurité,
00:22:59si je mets de côté les régionales de 2015 post-attentat,
00:23:01ce n'est pas n'importe quelle élection,
00:23:04c'est le 21 avril 2002.
00:23:05Jean-Laurent Casselli.
00:23:07C'est vrai que dans le livre, on a un article
00:23:09qui a été écrit par mon camarade Gérald Andrieux
00:23:12sur les martyrs politiques.
00:23:13Et en fait, ce qu'il dit, c'est que Clément Méry,
00:23:17que Gisèle Pellicot, des gens qui, malgré eux,
00:23:20représentent quelque chose en tant que victime.
00:23:22Et en fait, on s'est rendu compte,
00:23:23et je pense que ce qu'on a vécu depuis Trappes
00:23:26et aussi depuis quelques semaines le montrent et le confirment,
00:23:29il y a une sorte d'empathie sélective.
00:23:32On l'a vu aussi vis-à-vis des policiers
00:23:34ou des manifestants, des commerçants.
00:23:35Les commerçants ont été cette figure d'un moment de concorde
00:23:38pour quelque chose qui n'est pas du tout
00:23:40effectivement du même ordre de gravité
00:23:41de ce qui a été vécu évidemment ces derniers jours.
00:23:44Mais c'est vrai qu'on sent ce malaise depuis hier
00:23:46par rapport aux images que vous avez montrées de l'Assemblée,
00:23:48du fait qu'il n'y ait pas, comme disait Frédéric,
00:23:50une concorde.
00:23:51On pourrait s'attendre à ce qu'il y ait une concorde civile
00:23:52et qu'il y ait quand même au moins quelques heures,
00:23:54voire quelques jours quand même de consensus
00:23:56autour de la mort de quelqu'un.
00:23:58Emmanuel ?
00:23:58Parce qu'effectivement, cette concorde, elle n'existe plus.
00:24:01Elle n'existe, et même, enfin, on l'a vu avec l'histoire Palestine-Israël,
00:24:06on a vu à quel point ça avait divisé les pays, les familles.
00:24:12On est dans une France qui est de plus en plus communautarisée,
00:24:15dans une France qui est polarisée.
00:24:16Et donc, il y a d'un côté cette fracture verticale
00:24:20vis-à-vis du pouvoir qui, temporairement,
00:24:22réunit des gens qui ne se parlent pas en temps normal.
00:24:25Et il y a aussi cette archipelisation,
00:24:29c'est ce que disait Fourquet, mais c'est vraiment ça,
00:24:32et qu'on ressent terriblement dès qu'on parle aux gens.
00:24:37C'est-à-dire que chacun est dans sa bulle,
00:24:38dans son réseau social, dans ses revendications,
00:24:41et y compris avec ses victimes identitaires.
00:24:46Et cette concorde autour des attentats d'il y a quelques années,
00:24:50je pense qu'aujourd'hui, elle est très mise à mal.
00:24:52Et en fait, ce qu'on a vu à l'Assemblée illustre ça.
00:24:56L'une des équipes de LCP s'est rendue aujourd'hui à Trappes.
00:24:59On est mercredi, et à Trappes, c'est jour de marché.
00:25:01C'était le premier marché depuis l'attentat raciste de vendredi dernier.
00:25:06Regardez ce reportage de Dario Borgogno et Johanna Beckmann.
00:25:12La vie semble avoir repris son cours en ce jour de marché.
00:25:15Mais l'attentat raciste reste présent dans tous les esprits.
00:25:19J'étais là, après j'ai vu les pompiers, j'ai vu toute la police.
00:25:24Après, mon fils est ici au collège, au lycée.
00:25:29Donc j'appelle mon fils, t'es où, t'es où ?
00:25:33Amid Malouli est médiateur depuis 5 ans dans la ville.
00:25:36Jamais avec un tel soleil, il n'avait vu le marché aussi vite.
00:25:40Les gens, ils ont peur.
00:25:41Ils ont l'impression d'avoir une cible dans le dos.
00:25:43Parce que le terroriste, quand il est rentré dans la ville,
00:25:45il a tiré sur des gens.
00:25:47C'était pas au hasard.
00:25:48Et il s'est dit, si je fais un attentat,
00:25:51il faut que je le fasse à Trappes,
00:25:52parce que c'est une ville qui est médiatisée,
00:25:54et il y aura plus d'impact.
00:25:55Juste à côté, cet étudiant déplore surtout la couverture médiatique.
00:26:00Cet incident s'est passé à Trappes.
00:26:01Si cet incident s'était passé, je ne sais pas,
00:26:03à Paris, en pleine capitale,
00:26:05là c'est sûr que ça aurait fait plus de bruit et plus longtemps.
00:26:09Cet air de jeu est aussi déserte.
00:26:10Les parents refusent d'y laisser leurs enfants.
00:26:13En face des toboggans,
00:26:14c'est là que Pengo Bossio Vangui a été tué.
00:26:17Marissa était présente lors de l'attaque.
00:26:19Ces jeunes de 26 ans,
00:26:21qui ont été morts devant nos yeux,
00:26:22devant notre bâtiment,
00:26:24que chaque fois qu'on va descendre,
00:26:25on va se rappeler.
00:26:26On va se rappeler, on va avoir peur.
00:26:29On ne va pas se mentir.
00:26:31Je suis noire.
00:26:32Oui, je suis africaine.
00:26:33Est-ce que demain, ce n'est pas moi ?
00:26:36Un sentiment partagé par de nombreux riverains de ce quartier.
00:26:39Même quand je marche,
00:26:41je vérifie autour de moi,
00:26:44dans les voitures,
00:26:45ou même je ne vois pas un truc tout bel,
00:26:47je veux voir un camion blanc passer.
00:26:49Ça ne veut rien dire.
00:26:50Mais je veux regarder à l'intérieur.
00:26:52J'ai peur.
00:26:53Ces gens-là, ils sont en train de détruire,
00:26:56abîmer la devise de la République française.
00:26:59Les valeurs fondamentales,
00:27:00le socle de la nation,
00:27:03la fraternité, c'est quoi ?
00:27:04C'est l'esprit de la solidarité, de l'union.
00:27:07Des valeurs qui seront portées par les habitants de Trappes
00:27:10dans un rassemblement contre le racisme ce vendredi.
00:27:14Emmanuel Anison, c'est terrible ce que disent
00:27:16les habitants de Trappes quatre jours plus tard.
00:27:18C'est effrayant, mais je trouve que c'est hélas
00:27:20à l'image de...
00:27:22Il y a quelques ans, on faisait des reportages
00:27:25sur ces juifs qui ont peur.
00:27:27Là, on fait des reportages
00:27:28sur ces habitants de Trappes racisés
00:27:31qui ont peur.
00:27:31Et puis, en fait, ça illustre bien
00:27:34cette société dans laquelle, maintenant,
00:27:36les gens se regardent en chien de faïence.
00:27:39Et quand, en plus, on a affaire à quelqu'un
00:27:40qui, manifestement, est quand même aussi un peu dérangé.
00:27:43Enfin, il faut aussi...
00:27:44La personnalité du tueur,
00:27:47elle reste quand même un peu encore à questionner.
00:27:50Mais en tout cas, ce que ça provoque,
00:27:54ces réactions qui sont vraiment des réactions de...
00:27:58Ce qu'il pourrait dire, finalement,
00:27:59c'est un agresseur
00:28:03dont on ne sait pas s'il n'est pas complètement
00:28:06schizophrène et un peu...
00:28:07Mais non, s'il y a une telle réaction,
00:28:09c'est parce qu'en fait,
00:28:10derrière, il y a une vraie peur qui est profonde,
00:28:13qui s'installe.
00:28:14Et évidemment que l'arrivée
00:28:16d'un rassemblement national d'un côté
00:28:18ne n'aide pas à la concorde,
00:28:21que des propos qui ont été quand même aussi
00:28:23très violents du côté des Léphi
00:28:25ne n'aident pas non plus.
00:28:26Donc, en fait, il n'y a plus aucune sérénité
00:28:28nulle part dans ce pays.
00:28:31Mais Jean-Laurent Casselli,
00:28:32c'est un effet loupe sur Trappes aujourd'hui.
00:28:35Est-ce que, quand vous entendez, par exemple,
00:28:37cet habitant qui dit « la fraternité »,
00:28:40on a l'impression que, quand on les interroge,
00:28:42les habitants de Trappes,
00:28:43elle est là, leur unité.
00:28:44Elle est de se dire « oui, on a peur,
00:28:46mais on n'oublie pas ce que c'est la dévise de la France,
00:28:50liberté, égalité, fraternité ».
00:28:52Oui, tout à fait.
00:28:53Et puis, je ne veux pas forcément là commenter à chaud
00:28:55parce que je n'aurais pas grand-chose de plus à apporter,
00:28:57mais ça me rappelle ce qu'on a écrit sur l'association,
00:29:01le réseau, vous savez, Voisins Vigilants,
00:29:02qui est un réseau qui a…
00:29:04J'y repense parce que c'est une appli
00:29:07que nous, on voit, les Parisiens,
00:29:09parfois comme un truc un petit peu
00:29:10de gens qui sont des miliciens…
00:29:12Oui, comme des milices de quartier
00:29:14qui surveillent la rue.
00:29:16Voilà, caricaturales,
00:29:18de gens qui ont peur de tout.
00:29:20Et en fait, on s'est rendu compte,
00:29:21Raphaël Lercard, en l'occurrence,
00:29:23mon autre camarade, qui a écrit cet article,
00:29:25qu'en fait, il y avait beaucoup d'alertes
00:29:28Voisins Vigilants qui étaient liées à,
00:29:29par exemple, une personne âgée
00:29:30qui erre parce qu'elle a atteint d'Alzheimer.
00:29:34Et qu'en fait, il y avait pas mal d'alertes
00:29:35qui n'étaient pas liées à des questions
00:29:36de sécurité directe.
00:29:37Il y a les rôdeurs, les cambrioleurs
00:29:39qui font peur aux gens, c'est normal.
00:29:41Mais il n'y a pas que ça.
00:29:42Et en fait, on s'est rendu compte
00:29:42qu'un outil sécuritaire,
00:29:44en fait, de manière très paradoxale,
00:29:46recréait du lien social
00:29:47dans des lieux qu'on a dit isolés,
00:29:49dans lesquels on ne connaît pas ses voisins.
00:29:51Et donc, oui, les gens ont peur
00:29:53et attrapent, ils ont peur
00:29:54et ils ont raison d'avoir peur
00:29:55après ce qui est arrivé.
00:29:57Et en même temps, la peur,
00:29:58en politique, on va dire qu'elle est mauvaise conseillère.
00:30:00Et en même temps,
00:30:01elle permet aussi aux gens de se ressouder.
00:30:03Il y a probablement qu'on va vivre maintenant
00:30:05dans les jours qui viennent.
00:30:06Enfin, je pense, c'est ce moment quand même
00:30:08de recueillement et d'apaisement
00:30:10autour du drame qui a eu lieu.
00:30:12En fait, on se dit,
00:30:13est-ce que le face-à-face,
00:30:14ce n'est pas plutôt qu'on ait une multitude de France
00:30:17et que ce qui nous manque,
00:30:18c'est peut-être des espaces de rencontres ?
00:30:20Dans un des chapitres formidables de votre livre,
00:30:23il y a celui sur le bénévolat.
00:30:2624% des Français s'engagent comme bénévoles
00:30:28dans une association.
00:30:29Ça fait 12,5 millions de personnes.
00:30:32Oui, c'est énorme, c'est énorme.
00:30:33Et là, on n'est plus du tout dans la fracture.
00:30:35Et là, si je voulais être taquin,
00:30:37dans les 12 millions,
00:30:37il n'y a pas que des gens qui votent comme vous.
00:30:39Je veux dire, forcément, il y a un peu de tout.
00:30:41Et si on prend les Français par ce prisme-là,
00:30:44on peut se dire, finalement,
00:30:44c'est un peuple partageur, altruiste, alors que...
00:30:49Non, je pense complètement à ce qui vient d'être dit.
00:30:52À côté de cet éclipse du politique dont je parlais,
00:30:55il y a des acteurs de confiance très forts.
00:30:57Je parlais des maires, des élus locaux,
00:30:58même s'ils ont payé un tribut assez fort
00:31:00à cette défiance inattendue qui leur est tombée dessus.
00:31:03Ils ont été attaqués, même physiquement,
00:31:05parce qu'on n'avait pas vu...
00:31:06Exactement, et quand on voit les déterminants du vote
00:31:09aux élections municipales, santé, sécurité,
00:31:11pouvoir d'achat, des enjeux nationaux
00:31:13qui redescendent à l'échelle locale
00:31:14parce qu'ils sont mal traités.
00:31:16L'entreprise a aussi une cote d'enfer
00:31:17et on a changé d'époque en termes de regard sur l'entreprise.
00:31:20Et il y a également le milieu associatif
00:31:22qui, entre parenthèses, a été assez tétanisé
00:31:24par une une récente du journal du dimanche
00:31:26qui disait le coût des associations.
00:31:28Ce coûtent les associations.
00:31:2964 ou 53, je n'ai pas exactement le chiffre en tête,
00:31:31vous me corrigerez, milliards d'euros
00:31:32que ça coûte à l'État.
00:31:34Il y a des craintes, mais c'est vrai aussi
00:31:35que le commun, on le voit.
00:31:38Est-ce qu'il ne se construit pas
00:31:42contre la défiance qu'il peut y avoir
00:31:44à l'égard du politique aussi, ce commun-là ?
00:31:46C'est clair.
00:31:46Pourquoi les associations apprennent le relais ?
00:31:48On a l'impression qu'elles apprennent le relais
00:31:49parce qu'elles ne croient plus dans la politique.
00:31:50Les régions, l'échelon régional,
00:31:52ça pose aussi.
00:31:53On vient de publier notre enquête annuelle
00:31:54pour Régions Peuples et Solidaires.
00:31:57On voit que même dans des régions
00:31:58où il n'y a pas une tradition d'identité très forte,
00:32:00on a plus confiance dans sa région
00:32:02que dans l'État central.
00:32:03Cette absence du politique
00:32:05a des conséquences multiples.
00:32:06Dans un contexte où, je le répète,
00:32:08les Français expriment du commun
00:32:10sur des thèmes qui font l'objet
00:32:11de clivages très forts à l'échelle nationale,
00:32:13social, sécurité, même immigration,
00:32:16services publics,
00:32:17on a beaucoup moins de fractures qu'on ne pense.
00:32:19Reste à trouver un réceptacle
00:32:21et c'est ce qu'on attend pour cette présidentielle.
00:32:22La France ne sera donc pas archipélisée
00:32:24comme on le dit nous-mêmes ?
00:32:25Non, je ne vais pas me fâcher
00:32:26avec mon camarade de 30 ans.
00:32:28Jérôme Fourquet va vous aider.
00:32:29Attention Frédéric David, attention.
00:32:31Je crois que ce n'est pas l'un ou l'autre,
00:32:34c'est et et, il y a bien sûr une archipélisation.
00:32:36C'est et en même temps ?
00:32:37C'est dû en même temps, de ce point de vue-là.
00:32:40Il ne faut pas mettre de côté le commun
00:32:41sur toute une série de sujets.
00:32:43Et est-ce que la crise du politique
00:32:44dont je parlais, c'est bien sûr
00:32:46ce qui s'est passé après la dissolution,
00:32:48mais le fait que les politiques
00:32:50ne parlent pas la même langue que les Français
00:32:52sur toute une série de sujets ?
00:32:54Tenez, je voulais vous interroger sur une une.
00:32:56La une du Parisien aujourd'hui en France ce matin.
00:32:58Puisqu'on se demande ce qui nous tient encore ensemble.
00:33:01C'est Héros qui nous inspirent,
00:33:02titre le Parisien ce matin,
00:33:04alors que sort aujourd'hui en salle Moulin,
00:33:05le film sur Jean Moulin, incarné par Gilles Lelouch.
00:33:08Bon, avant lui, on a eu la bataille de Gaulle.
00:33:10On a eu notre salut.
00:33:13Je vous vois dire oui, Jean-Laurent Cassédi.
00:33:15Vous vous parlez de Netflix, par exemple, dans votre livre.
00:33:18Il est là, le commun ?
00:33:19Il est dans le passé, en fait ?
00:33:20Je ramène tout à mon livre,
00:33:21mais je trouve qu'à la fin...
00:33:23Mais c'est aussi pour ça que vous êtes là.
00:33:24Il y a quand même 100 articles.
00:33:26Donc forcément, de temps en temps,
00:33:27on est là où il faut.
00:33:29Et en fait, on termine ce livre
00:33:30par le centième article qui est consacré à la nostalgie.
00:33:33Et on dit qu'en fait, la nostalgie,
00:33:34c'est une passion française qui est hyper fédératrice.
00:33:37Les jeunes, les moins jeunes,
00:33:39les gens de gauche, les gens de droite.
00:33:40Je vous donne des exemples récents.
00:33:42La grande émission du service public,
00:33:43politique de la rentrée, c'est l'heure de vérité.
00:33:46Émission de 1982,
00:33:47avec le générique mythique de Paul McCartney.
00:33:51La Deux-Chevaux vient d'être...
00:33:53On vient d'annoncer la réédition,
00:33:54Citroën vient d'annoncer la réédition
00:33:55au sein de l'auto de La Deux-Chevaux.
00:33:58Et effectivement, on voit tous ces films,
00:33:59toute cette pop culture qui s'empare
00:34:01de nos personnages historiques.
00:34:02C'est un peu triste de se dire
00:34:03qu'on est comme ça englués dans notre nostalgie.
00:34:04Par exemple, l'exemple de De Gaulle est intéressant.
00:34:06On est allé chercher,
00:34:07on est épuisé dans les racines, en fait,
00:34:09de l'histoire contemporaine française.
00:34:11Le mythe parmi tous les mythes,
00:34:12c'est le général De Gaulle.
00:34:13Il était, pendant longtemps,
00:34:14il était intouchable,
00:34:15voire il était peut-être un peu...
00:34:16On s'y est intéressé un peu moins.
00:34:17C'est un peu poussiéreux.
00:34:18Et là, il ressort.
00:34:18En plus, c'est De Gaulle, notamment, jeune.
00:34:20Et des gens, encore une fois, de tous âges,
00:34:23se prennent de passion pour ce personnage historique,
00:34:25se disent que finalement,
00:34:26il y a peut-être une leçon encore à tirer.
00:34:28Alors, est-ce que ce qui fascine,
00:34:29est-ce que c'est l'esthétique rétro-vintage
00:34:31dans la nostalgie ?
00:34:32Parce qu'en fait, on a l'impression
00:34:33que dans les années 50, 60, 70,
00:34:34peut-être qu'on vivait mieux,
00:34:36peut-être qu'aussi qu'on refait le passé après coup.
00:34:38Mais je pense qu'il y a aussi
00:34:45qu'ils écoutent de la musique des années 80,
00:34:46peut-être parce que...
00:34:47Alors, je fais une digression.
00:34:48Parce que c'était mieux, aussi.
00:34:51Non, mais il y avait des repères, en fait.
00:34:54Il y a cette recherche de repères
00:34:55qu'on va chercher de figures morales,
00:34:57d'autorité, etc.
00:34:59Il y a une certaine rassurance
00:35:00et on pourrait se dire...
00:35:02Enfin, je ne sais pas si le général de Gaulle,
00:35:03aujourd'hui, candidat à la présidentielle,
00:35:04aurait ses 500 signatures
00:35:05et sans même parler d'accéder au deuxième tour,
00:35:07mais c'est tout le paradigme.
00:35:08Imagine-t-on que le général de Gaulle
00:35:09ne pas avoir ses 500 signatures ?
00:35:10Mais en tout cas, on voit bien
00:35:11que faute de candidats qui s'imposent
00:35:14de part son discours,
00:35:16sa droiture, son charisme.
00:35:17Mais on va chercher, effectivement,
00:35:18des modèles dans notre passé commun.
00:35:20Oui, il y a Céline Dion, quand même.
00:35:21Et puis, il y a Céline Dion, bien sûr.
00:35:22Pour citer un très, très vieille auteur,
00:35:24Raoul Girardet l'avait montré
00:35:25dans « Mythe et mythologie et politique »,
00:35:27aussi bien le commandeur
00:35:29que la nostalgie et l'âge d'or.
00:35:31Il ne faut pas oublier,
00:35:31notre salut de Gaulle et Moulin,
00:35:34ça part d'abord du plus grand cataclysme
00:35:37qu'a connu la France,
00:35:37la défaite de mai-juin 1940
00:35:39et ce qui s'est passé après.
00:35:41Merci infiniment à tous les trois
00:35:42d'être venus en parler ce soir
00:35:43sur le plateau de chaque voix-compte.
00:35:45Voilà, c'était noir,
00:35:45mais il y avait de la lumière à la fin.
00:35:46C'est aussi ça qui compte.
00:35:48Merci, Jean-Laurent Casselli.
00:35:49Je rappelle donc votre livre
00:35:50« Nous, les Français »
00:35:51chez Robert Laffont.
00:35:53Combien d'exemplaires vendus, déjà ?
00:35:54À peu près 30 piles.
00:35:56Et Emmanuel Léison,
00:35:57je vous publieais la toile
00:35:59« Enquête sur une famille rongée
00:36:00par l'inceste »
00:36:00à Séchet Tribu Édition.
00:36:02Merci d'avoir été avec nous.
00:36:03Merci également à Frédéric Dhabi.
00:36:05À très vite, évidemment,
00:36:06dans chaque voix-compte.
00:36:08Dans un instant, la question qui fâche,
00:36:09tiens, on va parler
00:36:10de notre fracture,
00:36:11sur Parcoursup,
00:36:12débat aujourd'hui à l'Assemblée nationale,
00:36:14débat sans vote,
00:36:15mais où chaque parti, finalement,
00:36:16a pu avancer ses pions
00:36:17sur ce que sera l'orientation
00:36:19et le système d'orientation
00:36:21de nos lycéens
00:36:22dans les prochains mois
00:36:23et les prochaines années,
00:36:24avec quand même un débat dans le débat.
00:36:26Est-ce que la sélection,
00:36:27c'est devenu un tabou ?
00:36:28On en parle dans un instant,
00:36:29mais avant cela,
00:36:30c'est quoi de neuf ?
00:36:30Et c'est Nicolas Domenac.
00:36:40Quoi de neuf, Nicolas ?
00:36:41Eh bien, vous vouliez nous parler
00:36:42du projet de loi
00:36:43dit « casseur-payeur »
00:36:44qui a été adopté
00:36:45la nuit dernière au Sénat.
00:36:47Les sénateurs l'ont d'ailleurs
00:36:48singulièrement durci.
00:36:50Mais ce texte,
00:36:51pour vous, Nicolas,
00:36:52ce n'est pas du neuf.
00:36:53C'est une reprise
00:36:54d'une loi dite « anti-casseur »
00:36:56qui, dans les années 70,
00:36:58avait déjà provoqué
00:36:59bien des remous.
00:37:00– Eh oui, jusqu'à son abandon
00:37:02en 1981
00:37:03par François Mitterrand,
00:37:05président chez Fou,
00:37:06mais on a l'impression
00:37:06d'avancer aujourd'hui
00:37:08en marche arrière.
00:37:09La peur nous pousse sans doute
00:37:10d'aller toujours plus loin
00:37:12et au fond, c'est vrai,
00:37:13de ressusciter cette période.
00:37:15Nous voilà donc en 1970,
00:37:18deux ans après mai 68,
00:37:21deux années de soubresaut,
00:37:22de manifestations violentes.
00:37:23On a oublié ça,
00:37:24mais vraiment,
00:37:25il y avait déjà des casseurs
00:37:26qui faisaient mal.
00:37:27On les appelait à ce moment-là
00:37:28les autonomes.
00:37:29C'était aussi
00:37:29une partie des trotskistes
00:37:31de l'ultra-gauche de l'époque,
00:37:32les maoïstes très, très, très forts,
00:37:34très virulents aussi.
00:37:35Et donc,
00:37:36on a cherché à enrayer
00:37:37cette violence
00:37:39en voulant punir collectivement
00:37:41tous ceux qui participeraient
00:37:42de manifestations
00:37:43et entraîner la casse,
00:37:44y compris les organisateurs.
00:37:46Et voilà, comment ?
00:37:47Vous allez voir,
00:37:48écoutez plus exactement,
00:37:50c'est en noir et blanc,
00:37:50mais on dirait que ça,
00:37:51c'est en couleur.
00:37:52Comment Léo Hamon,
00:37:53surnommé alors,
00:37:54le porte-parole du gouvernement,
00:37:55surnommé alors Léo Parleur.
00:37:57Léo Parleur, très bon.
00:37:58Très joli.
00:37:59Vendez ce texte sécuritaire.
00:38:02Écoutez, regardez.
00:38:03Les chefs et organisateurs
00:38:06de ce rassemblement
00:38:08qui, à partir du moment
00:38:10où les désordres commencent,
00:38:12n'auront pas donné
00:38:13l'ordre de dislocation,
00:38:16seront punis de six mois
00:38:18à trois ans de prison.
00:38:20Pour paraphraser le mot
00:38:21du Premier ministre,
00:38:23les casseurs auront compris
00:38:24qu'ils risquaient d'être le payeur,
00:38:26ils nous annonceront
00:38:27à être les casseurs.
00:38:28C'est le bien que je leur souhaite.
00:38:30C'est un discours
00:38:31qu'on aurait pu entendre
00:38:31au Sénat la nuit dernière.
00:38:33Et à l'époque,
00:38:34le texte provoque aussi
00:38:35de vives oppositions.
00:38:37C'était vraiment très très dur.
00:38:38Les gauches, notamment,
00:38:39se sont déchaînées,
00:38:40y compris le patron
00:38:41du Parti Socialiste de l'époque,
00:38:42François Mitterrand,
00:38:43qui stigmatisait l'atteinte
00:38:45aux libertés,
00:38:46l'atteinte à ce principe de droit
00:38:48toujours actuel,
00:38:49selon lequel on ne peut être
00:38:50pénalement tenu,
00:38:52individuellement responsable
00:38:53de dégradation de fautes
00:38:54commises par d'autres.
00:38:55Exactement ce qui insurge
00:38:56aussi aujourd'hui.
00:38:57Mais écoutez,
00:38:58t'en as François Mitterrand
00:38:59qui a été avocat.
00:39:01On l'écoute.
00:39:01Et en réalité,
00:39:03nos lois,
00:39:04notre code pénal,
00:39:05permettent de répondre
00:39:06à cette question.
00:39:07En vérité,
00:39:08le gouvernement a saisi
00:39:09l'occasion,
00:39:10comme s'il avait voulu
00:39:11profiter des circonstances.
00:39:13C'est ainsi que,
00:39:14en fait,
00:39:15il interdit désormais
00:39:17le droit de manifester,
00:39:18le droit de se réunir.
00:39:19En vérité,
00:39:20le gouvernement fait
00:39:21une loi de police.
00:39:22Et dès 1981,
00:39:24quand il sera élu,
00:39:25il s'empressera
00:39:26d'abroger cette loi
00:39:28anti-casseur
00:39:29pour la plus grande
00:39:29satisfaction des avocats
00:39:30qui supportaient mal,
00:39:31et des magistrats d'ailleurs
00:39:32en général,
00:39:33qui supportaient mal
00:39:34ce qu'ils appelaient
00:39:35une usine à contentieux,
00:39:36qui ne donnaient jamais
00:39:37de grands résultats
00:39:38et apportaient
00:39:39des contestations sans fin.
00:39:40C'est incroyable
00:39:41de voir parfois
00:39:42comment l'histoire
00:39:42bégaye, Nicolas.
00:39:43La nouvelle loi
00:39:44va provoquer
00:39:46autant de remous
00:39:46qu'à l'époque ?
00:39:47Plus encore peut-être,
00:39:49car au désaccord de fond
00:39:51que j'ai évoqué,
00:39:52il y a eu de nouveaux textes,
00:39:54de nouvelles inflexions
00:39:55qui ont été apportées
00:39:55après les journées
00:39:56du 17 et du 18,
00:39:58les journées de casse,
00:39:59et donc le Sénat
00:40:00a apporté des innovations
00:40:01qui indignent par exemple
00:40:03Sacha Houillet,
00:40:04futur porte-parole du PS.
00:40:05Pour lui,
00:40:05ce texte qui arrive
00:40:06à l'Assemblée nationale
00:40:07constitue,
00:40:08je le cite,
00:40:09un cocktail Molotov
00:40:11liberticide,
00:40:12car il prévoit,
00:40:12c'est qu'un exemple,
00:40:13la suspension
00:40:14des réseaux sociaux,
00:40:16ce qui avait été fait
00:40:17en Nouvelle-Calédonie,
00:40:17avait été ensuite
00:40:18retoqué par le Conseil d'État.
00:40:20Et en plus,
00:40:21ça dépend de l'Europe.
00:40:22Enfin bref,
00:40:22on verra bien.
00:40:23Le texte pourrait cependant
00:40:24être voté par une majorité
00:40:25droite, droite extrême,
00:40:27s'appuyant sur l'exaspération
00:40:28de leurs électeurs.
00:40:28Mais sera-t-il appliqué
00:40:30ou rejoindra-t-il
00:40:31au fond le cimetière
00:40:32des lois inutiles ?
00:40:33Un exemple,
00:40:34Nicolas Sarkozy
00:40:35avait fait voter en 2010
00:40:36une loi prévoyant
00:40:37la suspension
00:40:38d'allocations familiales
00:40:39en cas d'absentéisme scolaire.
00:40:41La loi a été abrogée
00:40:42en 2013
00:40:43sans jamais avoir été
00:40:45vraiment appliquée.
00:40:46Merci beaucoup, Nicolas.
00:40:48On passe à la question
00:40:49qui fâche.
00:40:57Ni fleurs ni couronnes,
00:40:59Parcoursup,
00:41:00un des emblèmes
00:41:00des années Macron,
00:41:01ne survivra sans doute pas
00:41:03à la présidentielle 2027.
00:41:05Le gouvernement promet
00:41:06des évolutions fortes
00:41:07dès cette année scolaire.
00:41:08Avant un remplacement
00:41:10de Parcoursup
00:41:11dès 2028,
00:41:12les députés
00:41:13en ont donc débattu
00:41:14cet après-midi
00:41:15à l'Assemblée nationale.
00:41:16Et alors,
00:41:16il y a un mot,
00:41:17c'est un peu
00:41:18Voldemort dans ce débat,
00:41:19c'est sélection.
00:41:21Faut-il l'imposer
00:41:22ou l'abolir ?
00:41:23Eh bien,
00:41:24on en parle ce soir
00:41:24avec vous,
00:41:25Laurent Marc-Angéli.
00:41:25Bonsoir.
00:41:26Bonsoir.
00:41:26Député et président
00:41:27du groupe Horizon
00:41:28de Corse du Sud,
00:41:29merci d'être là.
00:41:30Bonsoir,
00:41:31Daniel Simonnet.
00:41:31Bonsoir.
00:41:32Député écologiste de Paris,
00:41:33merci également
00:41:34de votre présence.
00:41:35Et bonsoir,
00:41:36Ryan Nezard.
00:41:37Bonsoir.
00:41:37Professeur associé
00:41:38à la Sorbonne-Paris-Nord,
00:41:39ancien conseiller
00:41:40au ministère
00:41:41de l'Éducation nationale.
00:41:42Vous avez connu
00:41:42deux ministres
00:41:43de l'Éducation,
00:41:44Anne Janté
00:41:45et Gabriel Attal.
00:41:46Merci d'être là.
00:41:47C'est Maïté Frémont
00:41:48qui vous pose
00:41:49la question qui fâche.
00:41:53La parole
00:41:53est à monsieur
00:41:54le Premier ministre.
00:41:55Sur les bancs
00:41:56de l'hémicycle
00:41:57cet après-midi,
00:41:58les députés
00:41:59ont débattu
00:41:59sur l'avenir
00:42:00de Parcoursup.
00:42:01Parcoursup
00:42:02sera remplacé
00:42:03pour la campagne
00:42:042028,
00:42:05c'est entendu.
00:42:05Que voulons-nous vraiment ?
00:42:07Une sélection
00:42:08assumée
00:42:08ou une absence
00:42:10totale de sélection.
00:42:11Derrière la fin
00:42:11annoncée de ce
00:42:12totem politique
00:42:13se cache un autre débat,
00:42:15celui sur la sélection.
00:42:17Je n'ai pas
00:42:17et je n'ai jamais eu peur
00:42:18du mot sélection.
00:42:19Rappelez-vous,
00:42:20le 30 octobre 2017,
00:42:22alors Premier ministre,
00:42:24Edouard Philippe
00:42:24présente la plateforme
00:42:26Parcoursup
00:42:26et déclare.
00:42:28L'objectif,
00:42:29ce n'est pas
00:42:30que l'université
00:42:31dise non.
00:42:31Dans la plupart des cas,
00:42:33elle dira oui.
00:42:34Et dans certains cas,
00:42:36elle dira
00:42:36oui,
00:42:38si.
00:42:39Si quoi ?
00:42:40Si le candidat accepte
00:42:41un parcours adapté
00:42:42qui lui permet justement
00:42:43de réussir
00:42:43dans la filière
00:42:44qu'il a choisie.
00:42:45Neuf ans plus tard,
00:42:46forcée de constater
00:42:47que le ressenti
00:42:48des jeunes
00:42:48est tout autre.
00:42:50Ça fait des années
00:42:50qu'on lutte pour inscrire
00:42:51des jeunes
00:42:52qui sont refusés
00:42:52des universités,
00:42:53des années qu'on voit
00:42:54des avenirs brisés
00:42:55parce qu'on refuse
00:42:56l'entrée à l'université.
00:42:57On a un système
00:42:57d'orientation post-bac
00:42:59Parcoursup
00:42:59qui est vraiment
00:43:01désastreux,
00:43:01qui fait un tri social
00:43:03en fait dès les 18 ans.
00:43:04Cette année,
00:43:05le taux de réussite
00:43:06au bac général
00:43:06dépasse les 95%.
00:43:08Pourtant,
00:43:09en première année
00:43:10de fac,
00:43:11un étudiant
00:43:11sur cinq redouble,
00:43:1315% abandonne.
00:43:15Alors,
00:43:15notre question
00:43:16qui fâche ce soir
00:43:17la voici.
00:43:18Sélectionner les étudiants,
00:43:19est-ce un tabou
00:43:20aujourd'hui en France ?
00:43:22Est-ce que c'est tabou
00:43:23la sélection,
00:43:24Danielle Simonnet ?
00:43:25Vous demandez d'ailleurs
00:43:26la fin de Parcoursup
00:43:26ou la fin de la sélection ?
00:43:28Mais ce n'est pas un tabou,
00:43:29c'est un désaccord.
00:43:30Vous savez,
00:43:31je pense qu'un des premiers
00:43:33actes politiques
00:43:34dans ma vie,
00:43:35ça a été de participer
00:43:36aux manifestations
00:43:37contre la loi de Vaquet
00:43:38en 86.
00:43:39Donc désolée,
00:43:40je ne suis pas toute jeune.
00:43:41Et à ce moment-là,
00:43:43c'était donc sous Chirac,
00:43:44président de la République,
00:43:46et 86,
00:43:47la loi de Vaquet...
00:43:4886,
00:43:49c'était le premier ministre.
00:43:50La loi de Vaquet,
00:43:51pardon,
00:43:51la loi de Vaquet
00:43:53décidait à la fois
00:43:54d'instaurer une sélection,
00:43:56d'augmenter les frais
00:43:56d'inscription
00:43:57et de mettre en concurrence
00:43:58les universités.
00:43:59Il y a eu une mobilisation
00:44:00historique,
00:44:00il y a eu la terrible mort
00:44:02de Malik Osekin
00:44:02et tuée par la police
00:44:04et le gouvernement
00:44:05a retiré la réforme
00:44:07et le ministre
00:44:08de l'Éducation nationale
00:44:09a démissionné.
00:44:10En vrai,
00:44:11le problème de Parcoursup,
00:44:12c'est surtout le problème
00:44:13du manque de place
00:44:14dans l'enseignement supérieur.
00:44:15Vous avez une augmentation
00:44:18des élèves
00:44:19dans leur demande
00:44:20d'aller dans l'enseignement supérieur
00:44:22très conséquence,
00:44:23plus 66 000 en un an
00:44:25et dans le même temps,
00:44:27vous avez une diminution
00:44:28des places
00:44:29dans l'enseignement supérieur
00:44:30à raison de 10 300 places
00:44:33en moins
00:44:33à la rentrée 2026,
00:44:3543 000 places
00:44:36en moins
00:44:37à la rentrée 2025.
00:44:38Donc, en fait,
00:44:38le vrai problème,
00:44:40il est que ce gouvernement
00:44:41et ces gouvernements,
00:44:43je dirais,
00:44:44en 10 ans de Macronie,
00:44:45eh bien,
00:44:45les politiques d'austérité
00:44:47ont plutôt cassé
00:44:47l'enseignement supérieur
00:44:48et réduit les places
00:44:50dans l'enseignement supérieur
00:44:51pour le bonheur
00:44:52de l'enseignement privé
00:44:52où il y a eu une augmentation.
00:44:54Maintenant,
00:44:54on en est à 25 %
00:44:56d'étudiants
00:44:57dans l'enseignement supérieur
00:44:58qui vont dans le privé
00:44:59et donc tout ça,
00:45:00c'est un projet politique
00:45:01et moi,
00:45:01ça n'est pas le mien.
00:45:02Moi, je souhaite
00:45:04une société
00:45:04qui permet à la fois
00:45:05d'émanciper
00:45:06et qui construit
00:45:07son développement économique
00:45:09sur l'avenir
00:45:10qui le permet
00:45:10à la jeunesse
00:45:11et donc ça passe
00:45:12par ce principe de base
00:45:14tout titulaire
00:45:15du baccalauréat
00:45:16doit avoir le droit
00:45:17de s'inscrire
00:45:17dans la filière
00:45:18de son choix
00:45:19et donc c'est au moyen
00:45:20de suivre
00:45:21ce besoin
00:45:22pour l'ensemble
00:45:23de nos sociétés
00:45:23l'émancipation
00:45:25de nos jeunes
00:45:25et l'intérêt
00:45:26de notre développement économique.
00:45:27Laurent Marcangeli.
00:45:29Je ne vais pas vous surprendre,
00:45:30je suis totalement
00:45:31en désaccord
00:45:32avec ma collègue
00:45:32Daniel Simonnet
00:45:33et je vais vous expliquer
00:45:34pourquoi.
00:45:36Je pense que d'abord
00:45:37on a fait
00:45:37de parcours sup
00:45:38depuis plusieurs semaines
00:45:39une forme de totem
00:45:41médiatique,
00:45:42politique.
00:45:43D'ailleurs les...
00:45:44Alors médiatique,
00:45:45je me permets
00:45:45de vous contredire,
00:45:47c'est par totem médiatique.
00:45:48Vous ne vous sentez pas visé.
00:45:48De suite,
00:45:49je vois que quand on parle
00:45:50des médias...
00:45:50Non, non,
00:45:51mais ce que je veux dire
00:45:52c'est que le parcours sup
00:45:53c'est d'abord dans la rue
00:45:54que ça a été contesté,
00:45:55ce n'est pas dans les médias.
00:45:5622% des lycéens
00:45:59sondés
00:45:59citent parcours sup
00:46:00comme tête de gondole
00:46:01de leurs revendications.
00:46:02Donc en réalité
00:46:03ce n'est pas ça
00:46:04le premier problème.
00:46:05Le premier problème
00:46:05c'est les calendriers,
00:46:08les agendas à trous,
00:46:09c'est les conditions
00:46:10dans lesquelles
00:46:11ils sont reçus
00:46:13dans leur établissement.
00:46:15Il y a eu
00:46:15d'autres sujets
00:46:16par rapport à la pression
00:46:17effectivement
00:46:18qu'ils peuvent avoir
00:46:19par rapport à la sélection.
00:46:21Ça c'est un vrai sujet
00:46:22mais ce n'est pas que
00:46:23parcours sup
00:46:23qui est à l'origine
00:46:25de tout ça
00:46:25même si parcours...
00:46:26C'est pour ça
00:46:26qu'on n'est pas là
00:46:27pour parler de parcours sup.
00:46:28On est là
00:46:29pour parler de la sélection.
00:46:30Et là où j'ai
00:46:31le véritable désaccord
00:46:32avec ma collègue
00:46:34c'est la chose suivante.
00:46:35Ce que vous proposez
00:46:36c'est que tout le monde
00:46:38en réalité
00:46:39peut avoir accès
00:46:40à la formation
00:46:41de son choix
00:46:42du moment
00:46:43qu'il en fait la demande.
00:46:44Une fois le baccalauréat
00:46:45obtenu
00:46:46le baccalauréat obtenu
00:46:47de manière
00:46:48beaucoup plus large
00:46:50le pourcentage à l'appui
00:46:51au cours des 10,
00:46:5315, 20 dernières années
00:46:54on peut s'inscrire
00:46:55où on veut
00:46:55c'est-à-dire
00:46:56un élève
00:46:57qui a un bac
00:46:58avec plutôt
00:46:59une spécialité littéraire
00:47:01même si ça a changé
00:47:02depuis les réformes
00:47:03successives
00:47:04peut aller en médecine
00:47:06peut candidater
00:47:07pour aller en médecine.
00:47:08Moi je pense
00:47:09que ce n'est pas
00:47:09la bonne méthode
00:47:10et je vais vous dire
00:47:11pourquoi
00:47:11parce qu'il n'y a pas
00:47:12de place pour tout le monde.
00:47:12Je pense qu'il y a une place
00:47:13pour tout le monde
00:47:14dans l'ensemble
00:47:15mais pas sur certaines spécialités.
00:47:18Et je pense
00:47:18qu'à un moment
00:47:18pour déterminer
00:47:19qui à un moment
00:47:21peut accéder
00:47:22à tel niveau d'études
00:47:23il faut bien
00:47:23qu'il y ait une sélection
00:47:24parce que
00:47:24s'il n'y a pas de sélection
00:47:26c'est soit le hasard
00:47:27soit le piston
00:47:28parce qu'on ne pourra pas
00:47:29créer de la place
00:47:30pour tout le monde
00:47:30dans certaines facultés
00:47:32parce qu'il n'y a pas la place
00:47:34parce que tout simplement
00:47:35si tout le monde
00:47:35à un moment
00:47:35veut être
00:47:38vous allez pousser les murs
00:47:40vous allez mettre
00:47:41tout le monde
00:47:41au même endroit
00:47:42Je trouve ça plus intéressant
00:47:43de créer des places
00:47:45dans l'enseignement supérieur
00:47:46que de courir
00:47:46à construire
00:47:47de nouvelles prisons.
00:47:48Là on ne se pose pas de questions
00:47:50Là on ne sait rien
00:47:51de notre sujet
00:47:53Victor Hugo avait des belles phrases
00:47:55à ce sujet
00:47:57qui peuvent être utiles
00:47:58dans une dissertation
00:47:58du baccalauréat
00:47:59Ce qu'il faut dire
00:48:00à notre jeunesse
00:48:01ce n'est pas qu'elle n'aura pas
00:48:02sa place dans la société
00:48:03et dans l'élévation
00:48:05par le travail
00:48:06par le mérite
00:48:07par le talent
00:48:08qu'elle va pouvoir développer
00:48:10par contre
00:48:10en revanche
00:48:11tout le monde ne sera pas
00:48:12amené à faire
00:48:13les mêmes études
00:48:14tout le monde ne pourra pas
00:48:15aller au même endroit
00:48:16tout le monde ne pourra pas
00:48:17candidater aux mêmes formations
00:48:19à la même responsabilité
00:48:21Pourquoi ?
00:48:21Parce qu'à un moment
00:48:21nous avons tous
00:48:22toutes
00:48:23quelle que soit
00:48:24notre issue sociale
00:48:26quel que soit
00:48:26nos talents
00:48:28une prédisposition
00:48:29des prédispositions
00:48:31spécifiques
00:48:32et je pense que
00:48:32là où on a vraiment
00:48:34un vrai débat
00:48:35contradictoire de fond
00:48:36c'est que
00:48:37il y a une sélection
00:48:38à un moment
00:48:39qui doit déterminer
00:48:39qui peut
00:48:40qui va être le mieux placé
00:48:42et c'est là
00:48:43où nous sommes
00:48:43en échec
00:48:44en France
00:48:44je pense qu'on a
00:48:45un problème
00:48:45au niveau
00:48:46de l'orientation
00:48:47au niveau
00:48:48du fait
00:48:48de pouvoir
00:48:49débusquer
00:48:50de pouvoir
00:48:51savoir
00:48:52ce qu'un élève
00:48:53va pouvoir développer
00:48:54comme talent personnel
00:48:56comme qualité personnelle
00:48:57en vue de sa formation
00:48:58et c'est ça
00:48:59c'est ça
00:48:59qui à mon avis
00:49:00fait défaut
00:49:01aujourd'hui
00:49:01Donc mettre le paquet
00:49:02aussi sur l'orientation
00:49:03Ryan Nezard
00:49:03quand dites-vous
00:49:04la sélection
00:49:05bon
00:49:07les chiffres
00:49:08disent
00:49:0991,5%
00:49:10des lycéens
00:49:11qui avaient formulé
00:49:12un vœu
00:49:12des vœux
00:49:13sur Parcoursup
00:49:14en juin dernier
00:49:15ont reçu au moins
00:49:16une proposition d'admission
00:49:1791,5%
00:49:18donc
00:49:20alors c'est moins
00:49:21dans le lycée professionnel
00:49:22parce qu'il y a
00:49:22plus de 20%
00:49:24des élèves
00:49:24en lycée professionnel
00:49:25n'ont pas eu de proposition
00:49:27Ryan Nezard
00:49:28la sélection
00:49:29puisqu'on ne la fait plus
00:49:30au niveau du bac
00:49:31on la fait à quel niveau ?
00:49:33En réalité pour moi
00:49:34c'est un débat
00:49:34qui est un tout petit peu hypocrite
00:49:36non pas qu'il soit pas intéressant
00:49:37ou pas pertinent
00:49:38et je le trouve très intéressant
00:49:39et il reflète
00:49:40des lignes politiques
00:49:40qui sont évidemment pertinentes
00:49:41mais c'est un débat
00:49:42de mon point de vue
00:49:43hypocrite
00:49:44parce que notre système
00:49:45sélectionne déjà
00:49:46mais ne le dit pas
00:49:47vous parliez de tabou
00:49:48je trouve que c'est
00:49:49assez révélateur
00:49:50il sélectionne à trois niveaux
00:49:51le premier c'est que
00:49:53on le dit assez peu
00:49:54mais sur Parcoursup
00:49:55la majorité des formations
00:49:57sont sélectives
00:49:58les BTS sont sélectives
00:50:00les prépas sont sélectives
00:50:02donc vous avez
00:50:0257%
00:50:04de l'offre de formation
00:50:05sur Parcoursup
00:50:06qui d'ores et déjà
00:50:07est sélective
00:50:07et même pour les formations
00:50:08qui ne sont pas sélectives
00:50:09vous avez repassé
00:50:10Edouard Philippe
00:50:11quand il était premier ministre
00:50:12qui mentionnait
00:50:13le fameux dispositif
00:50:14oui-si
00:50:15alors ça ne dit pas
00:50:16forcément grand chose
00:50:17à celles et ceux
00:50:18qui nous regardent
00:50:18ce que ça veut dire
00:50:19c'est qu'aujourd'hui
00:50:20une formation non sélective
00:50:22concrètement
00:50:22une licence à la fac
00:50:23moi j'ai des étudiants
00:50:24de licence 2
00:50:25licence 3
00:50:25on n'est pas une licence sélective
00:50:28dans ma faculté
00:50:30on va classer
00:50:31on va classer les dossiers
00:50:32des bacheliers
00:50:33qui candidatent
00:50:34pour la première année
00:50:35mais néanmoins
00:50:36on ne va effectivement
00:50:37pas accueillir tout le monde
00:50:38j'y reviens juste après
00:50:39mais à la fin
00:50:40il va y avoir
00:50:41de toute façon
00:50:42une capacité d'accueil
00:50:43qui déterminera
00:50:44le fait qu'on ne va pas
00:50:45encore une fois
00:50:46accueillir tout le monde
00:50:46je prends l'exemple
00:50:47de la licence de physique
00:50:48au Havre
00:50:48il y a 20 places
00:50:49il y a 270 candidats
00:50:51il n'y aura que 20 personnes
00:50:52qui seront admises
00:50:53la deuxième manière
00:50:54de sélectionner
00:50:54dans le système actuel
00:50:55sans le dire
00:50:56c'est ce que vous évoquez
00:50:57madame la députée
00:50:57ce sont les capacités d'accueil
00:50:59qui ne sont pas du tout
00:51:00rigides
00:51:01les capacités d'accueil
00:51:01on peut bâtir
00:51:02des universités
00:51:03on peut bâtir des locaux
00:51:04il y a eu des plans
00:51:05ces dernières années
00:51:05on peut dire
00:51:06qu'ils sont insuffisants
00:51:07mais en tout cas
00:51:07c'est tout à fait possible
00:51:09d'élargir les capacités d'accueil
00:51:11preuve en est
00:51:12le gouvernement
00:51:12vient d'annoncer
00:51:1315 000 places de plus
00:51:14en 2027
00:51:15alors que vous avez
00:51:16raison là-dessus
00:51:17en 2026
00:51:17il y avait moins de places
00:51:18qu'en 2025
00:51:20néanmoins
00:51:20les capacités d'accueil
00:51:21aujourd'hui
00:51:22je prends l'exemple des BTS
00:51:23puisque vous parlez
00:51:23des bacheliers professionnels
00:51:27bacheliers qui demandent
00:51:28une place en BTS
00:51:29et il y a 117 000 admis
00:51:31donc on voit bien
00:51:32qu'il y a un problème
00:51:33de capacité
00:51:33et c'est aussi la raison
00:51:35pour laquelle
00:51:35je pense que le gouvernement
00:51:36a voulu ouvrir des places
00:51:37en BTS
00:51:38et ça ça me semble
00:51:38être une bonne idée
00:51:39et j'en termine enfin
00:51:41il y a aussi une forme
00:51:42de sélection par l'échec
00:51:43il y a un élément
00:51:45qu'on n'a pas encore abordé
00:51:46dans notre discussion
00:51:47c'est le taux d'échec
00:51:49il y a eu une étude
00:51:50qui a été réalisée
00:51:51sur la génération
00:51:52des bacheliers de 2019
00:51:53qui a montré
00:51:54que 4 ans après le bac
00:51:55vous aviez 50%
00:51:57de ces bacheliers
00:51:58qui étaient rentrés
00:51:59dans l'enseignement supérieur
00:51:59qui n'avaient pas eu de diplôme
00:52:01moi j'avais 47%
00:52:02des étudiants
00:52:03n'ont pas de diplôme
00:52:04au bout de 5 ans d'études
00:52:04j'ai arrondi à 50%
00:52:06mais c'est exactement
00:52:06la même étude
00:52:08on peut regarder aussi
00:52:09le taux d'échec en licence
00:52:10moins d'un étudiant sur 3
00:52:11valide sa licence
00:52:12en 3 ans
00:52:13tout à fait
00:52:13alors après
00:52:14c'est pas dramatique
00:52:16de ne pas la valider
00:52:16en 3 ans
00:52:17et d'avoir 4 ans
00:52:18des réorientations
00:52:19ou des redoublements
00:52:19c'est pas un problème en soi
00:52:21simplement
00:52:21le problème c'est qu'on a
00:52:22aujourd'hui un système
00:52:23qui est un tout petit peu hypocrite
00:52:25même beaucoup
00:52:25et qui sélectionne
00:52:27par l'échec
00:52:27et donc face à cela
00:52:28il y a effectivement
00:52:29je trouve un beau débat politique
00:52:31sur l'orientation
00:52:32enfin aussi
00:52:32sur l'orientation
00:52:33et sur la sélection
00:52:35je sais pas si je parle
00:52:36trop longuement
00:52:36mais de mon point de vue
00:52:37je vais te dire en une fois
00:52:39on va passer le bâton de parole
00:52:40à Daniel Simon-Emmanuel
00:52:40en tout cas de mon point de vue
00:52:42la question qui va être posée
00:52:43pour les prochains mois
00:52:44et les prochaines années
00:52:44pour notre jeunesse
00:52:45c'est comment est-ce qu'on oriente
00:52:46beaucoup mieux
00:52:47avec une vraie égalité des chances
00:52:48aujourd'hui c'est pas du tout le cas
00:52:49en fonction du capital social
00:52:51des parents
00:52:51des moyens que mettent les lycées
00:52:52qui sont assez inégalitaires
00:52:53pour l'accompagnement humain
00:52:55à l'orientation
00:52:56c'est vraiment
00:52:56c'est le jour et la nuit
00:52:57et deuxièmement
00:52:59comment est-ce qu'on réforme aussi
00:53:00on n'en a pas parlé
00:53:01toute la procédure
00:53:02avant Parcoursup
00:53:03c'est-à-dire
00:53:03qu'est-ce qu'on met dans le dossier
00:53:04et de mon point de vue
00:53:06est-ce qu'on anonymise
00:53:07par exemple
00:53:08le lycée d'origine
00:53:09c'est dans les tuyaux
00:53:10je trouve que c'est une mauvaise réponse
00:53:12à un vrai problème
00:53:13mauvaise réponse
00:53:13bonne réponse pour vous
00:53:15Daniel Simon-Emmanuel
00:53:15vous y étiez favorable
00:53:16alors moi oui bien sûr
00:53:17mais je maintiens
00:53:19que le premier problème
00:53:20c'est les capacités d'accueil
00:53:21après le bac
00:53:22c'est ça le premier problème
00:53:23sinon vous pourrez
00:53:24inventer tout ce que vous voudrez
00:53:26revenir au tirage au sort
00:53:28avant
00:53:28complètement arbitraire
00:53:29sur l'orientation
00:53:29vous pensez qu'il n'y a pas
00:53:30de difficulté sur l'orientation
00:53:31sur l'orientation
00:53:31ça tombe bien
00:53:32je suis psychologue
00:53:33de l'éducation nationale
00:53:34c'est-à-dire les anciens
00:53:34conseillers d'orientation
00:53:35et on en manque
00:53:36ce qui est très amusant
00:53:38c'est que tout le monde
00:53:38commence enfin à reconnaître
00:53:39qu'on en manque
00:53:40comme tout le monde
00:53:41commence à reconnaître
00:53:42qu'il y a un problème
00:53:42de santé mentale
00:53:43dans notre société
00:53:44tout particulièrement
00:53:45de la jeunesse
00:53:45mais on l'entendait encore
00:53:47au débat tout à l'heure
00:53:48dans l'hémicycle
00:53:49que finalement
00:53:50bon il y avait des fillières
00:53:51où ce n'était pas la peine
00:53:52de recruter
00:53:52et notamment en psychologie
00:53:53ben non
00:53:54il faut être un minimum cohérent
00:53:55vous avez des jeunes
00:53:56qui souhaitent faire psychologie
00:53:57ils ne peuvent pas
00:53:58parce qu'ils n'ont plus de place
00:53:59alors que ça correspond
00:54:00à une vraie demande
00:54:00à la société
00:54:01mais bien souvent
00:54:02les discours néolibéraux
00:54:03qu'on entend dans l'hémicycle
00:54:05et bien c'est de dire
00:54:06il faut avoir une vision
00:54:08adéquationniste
00:54:09par rapport au monde
00:54:10au débouché
00:54:11au débouché professionnel
00:54:13prenons la question
00:54:13de la psychologie
00:54:14est-ce qu'on a besoin
00:54:15ou pas de psychologues
00:54:16pourquoi alors
00:54:17est-ce qu'on n'ouvre pas
00:54:17suffisamment de place
00:54:18est-ce qu'on a besoin
00:54:19de plus de médecins
00:54:20il y a vraiment des difficultés
00:54:21en ce moment
00:54:21pour obtenir une place
00:54:22oui vous avez des étudiants
00:54:23qui n'arrivent pas
00:54:24à trouver de place
00:54:25en psychologie
00:54:26donc il faut absolument
00:54:27d'abord créer ces places
00:54:29et le problème
00:54:30c'est que les 15 000 places
00:54:30d'enseignement supérieur
00:54:32qui ont été promis
00:54:32par le ministre
00:54:33c'est quoi
00:54:34c'est 10 000 places en BTS
00:54:354 000 en IUT
00:54:36et 1 000 en santé
00:54:37donc zéro
00:54:38dans les autres formations
00:54:39universitaires
00:54:39vous prenez ensuite
00:54:40la question des BTS
00:54:42le ministre regrettait
00:54:44que finalement
00:54:45il y avait des places
00:54:47en BTS
00:54:48qui n'étaient pas pourvues
00:54:50notamment
00:54:5073 000 places
00:54:52restaient vacances
00:54:53mais c'était dans les BTS
00:54:54en apprentissage
00:54:55et là en fait
00:54:55on manque de 5 000 entreprises
00:54:58enfin de 5 000 places
00:54:59en apprentissage
00:55:00avec un autre problème derrière
00:55:02c'est qu'on a quand même
00:55:03plus de 30%
00:55:05des contrats d'apprentissage
00:55:06qui sont rompus
00:55:07avant leur terme
00:55:07que là où il y a une explosion
00:55:09des accidents de travail
00:55:10c'est dans la jeunesse
00:55:11et notamment
00:55:12dans l'apprentissage
00:55:14parce qu'on ne s'est pas donné
00:55:15les moyens
00:55:15de garantir
00:55:16qu'il y ait des encadrants
00:55:18qu'il y ait des maîtres
00:55:19d'apprentis
00:55:20bon donc
00:55:21il ne faut pas faire n'importe quoi
00:55:22il faut créer d'abord
00:55:23des places
00:55:24dans l'enseignement supérieur
00:55:25et ensuite se dire
00:55:26que dans la licence
00:55:28et bien
00:55:28l'orientation
00:55:29c'est un processus continu
00:55:31vous avez des jeunes
00:55:32qui vont savoir
00:55:33dès le collège
00:55:34ce qu'ils vont vouloir faire
00:55:35mais d'ailleurs
00:55:35Sébastien Lecornu
00:55:36l'a dit en introduction
00:55:37du débat tout à l'heure
00:55:37à la Chambre nationale
00:55:38il a dit qu'il fallait aussi
00:55:39un droit à l'erreur
00:55:41exactement
00:55:41c'est dans une licence
00:55:42avec des premières années
00:55:44plutôt pluridisciplinaires
00:55:46que vous pouvez construire
00:55:47de manière progressive
00:55:48votre choix d'orientation
00:55:49et être dans un rapport
00:55:50à la réussite
00:55:51mais qu'est-ce qui cause l'échec
00:55:53c'est également
00:55:54le fait qu'on a
00:55:55énormément de jeunes
00:55:56qui sont dans une précarité totale
00:55:58et qu'il n'y a pas
00:55:58d'allocation d'autonomie
00:55:59de la jeunesse
00:56:00qu'il faut mettre les moyens
00:56:01j'entends bien
00:56:02j'entends bien
00:56:02Danielle Simone
00:56:03vous parlez pas du niveau
00:56:05qu'est-ce qui cause l'échec
00:56:06quand on rate
00:56:08quand on rate ses études
00:56:09oui il peut y avoir
00:56:11des questions de précarité
00:56:12pour les financer
00:56:13voilà
00:56:14pas de place
00:56:15pas de place
00:56:17il faut quand même
00:56:18faire le lien
00:56:18est-ce que la première raison
00:56:19de l'échec
00:56:20en fac
00:56:21bien sûr
00:56:22la première raison de l'échec
00:56:23c'est que vous avez des jeunes
00:56:24qui sont obligés
00:56:25d'être salariés
00:56:26excusez-moi
00:56:27d'être salariés
00:56:28à mi-temps
00:56:28voire à plein temps
00:56:29qui font la queue
00:56:32à l'aide alimentaire
00:56:33dans une situation
00:56:33de précarité catastrophique
00:56:34pour avoir le droit
00:56:35à une chance équitable
00:56:37ma chère collègue
00:56:38dans l'expression
00:56:40moi ce que je pense
00:56:41c'est qu'il y a aussi
00:56:41un problème de niveau
00:56:43et que de ne pas le poser
00:56:44c'est imposer
00:56:46à cette jeunesse
00:56:48une forme de sentiment
00:56:49de rejet
00:56:50encore plus violent
00:56:50au moment où
00:56:52l'échec parviendra
00:56:53et c'est ça
00:56:54en réalité
00:56:56l'une des différences
00:56:57majeures que nous avons
00:56:58je prends un exemple simple
00:56:59que je décorèle
00:57:00des études
00:57:03le sport
00:57:05le sport
00:57:05le sport
00:57:06qui est aujourd'hui aussi
00:57:07pour beaucoup
00:57:07de nos concitoyens
00:57:11qui parviennent
00:57:12à un niveau sportif
00:57:13de haut niveau
00:57:14un moyen
00:57:15de sortir
00:57:16d'une condition
00:57:16parfois
00:57:18difficile
00:57:19financièrement
00:57:19c'est le niveau
00:57:20qui fait la différence
00:57:21c'est à dire
00:57:22qu'aujourd'hui
00:57:22tous les jeunes
00:57:23de ce pays
00:57:24sont fans
00:57:25d'un sportif
00:57:26de haut niveau
00:57:26basket
00:57:26foot
00:57:28natation
00:57:28ce que vous voulez
00:57:29à un moment
00:57:30ce qui va venir
00:57:31déterminer
00:57:32la réussite
00:57:32du sportif
00:57:33ou de la sportive
00:57:34c'est son niveau
00:57:35et je pense
00:57:36qu'au niveau
00:57:37de l'étude
00:57:38aujourd'hui
00:57:38le fait d'inculquer
00:57:39à la jeunesse
00:57:40que le niveau
00:57:42ne vaut pas
00:57:43qu'à un moment
00:57:44on peut tous
00:57:45prétendre
00:57:45à la même réussite
00:57:47au même résultat
00:57:48à la même formation
00:57:49au même parcours
00:57:50alors que le niveau
00:57:51n'est pas le même
00:57:52c'est mentir
00:57:53et c'est mentir
00:57:54d'autant plus
00:57:54qu'aujourd'hui
00:57:55nous sommes dans un monde
00:57:56bien ou mal
00:57:57ça c'est un débat
00:57:58qu'on pourrait avoir
00:57:59sur une autre question
00:58:01ultra compétitif
00:58:02où la France
00:58:03où la France
00:58:04n'est pas
00:58:04on a presque fini
00:58:05je la connais
00:58:06je la connais
00:58:07et je peux
00:58:07la jeunesse
00:58:08quand elle va dans la rue
00:58:09c'est qu'elle ne veut pas
00:58:09cette société là
00:58:10elle est seule
00:58:11aujourd'hui
00:58:11elle n'est pas seule
00:58:12elle est rejoint
00:58:13elle est rejoint
00:58:14par le monde du travail
00:58:17le problème
00:58:18je l'ai déjà dit
00:58:18sur notre plateau
00:58:19nous ne sommes pas
00:58:20totalement isolés
00:58:20du reste du monde
00:58:21nous ne sommes pas unis
00:58:22même si j'en suis issu
00:58:23et le monde autour de nous
00:58:25c'est un corps qui nous le dit
00:58:27c'est un monde particulièrement compétitif
00:58:29et aujourd'hui
00:58:30ça va très vite
00:58:30et aujourd'hui
00:58:31le fait de nier
00:58:32aux Français
00:58:33aux jeunes Français
00:58:34le fait que nous sommes
00:58:35entrés dans un monde compétitif
00:58:36où ça va se jouer
00:58:37très durement
00:58:38et où le niveau
00:58:39le niveau
00:58:40va beaucoup compter
00:58:41je pense que c'est une erreur
00:58:42que nous sommes en train de commettre
00:58:43je ne dis pas qu'il faille
00:58:44que nous nous alignions
00:58:45sur un certain nombre
00:58:47d'éléments
00:58:48aujourd'hui
00:58:48à l'oeuvre
00:58:49en Chine
00:58:49où les droits de l'homme
00:58:51ne sont pas respectés
00:58:51soit dit en passant
00:58:52dans des plaisirs
00:58:53certains aujourd'hui
00:58:54puisque
00:58:55vous exagérez
00:58:56vous digressez
00:58:57vous empêchez
00:58:57Ryan Lazare
00:58:58d'avoir le mot de la fin
00:58:59le mot de la fin
00:59:0130 secondes
00:59:02alors 30 secondes
00:59:03je ne peux pas
00:59:03je suis désolée
00:59:04moi j'ai une citation
00:59:05mais moi aussi
00:59:05je sélectionne
00:59:07je suis désolée
00:59:08je suis obligée
00:59:09de sélectionner
00:59:09la minute à laquelle
00:59:11on accueille Marc
00:59:12je pense que vous avez
00:59:12tous les deux raisons
00:59:13c'est à dire que d'une part
00:59:14il y a un vrai problème de niveau
00:59:15et que ça
00:59:15une partie du spectre politique
00:59:17ne veut pas le voir
00:59:17je le vois en tant qu'enseignant
00:59:18ça fait 10 ans que j'enseigne
00:59:20très clairement
00:59:21les étudiants
00:59:22comme les élèves
00:59:22dans le secondaire
00:59:23ont perdu plusieurs années
00:59:24d'enseignement
00:59:25en termes de niveau
00:59:25depuis 20 ans
00:59:26c'est une réalité
00:59:26c'est pas un truc
00:59:27de conservateur réac
00:59:29que de constater ça
00:59:29on le voit dans les évaluations
00:59:31nationales faites chaque année
00:59:32et dans les évaluations
00:59:33internationales
00:59:34mais il y a aussi
00:59:34un problème de précarité
00:59:35vous n'avez plus d'un étudiant
00:59:36sur deux qui doit travailler
00:59:37pour financer ses études
00:59:38et on sait que ça a un impact
00:59:39sur la réussite scolaire
00:59:40et donc quand on dit
00:59:41il faut sans doute
00:59:42mettre le paquet
00:59:43sur une revalorisation
00:59:44des bourses
00:59:44mais il faut aussi
00:59:46redonner une valeur
00:59:47au diplôme
00:59:47qui est le baccalauréat
00:59:48sans doute faire reculer
00:59:49la part du contrôle continu
00:59:50qui honnêtement
00:59:51c'est ce qu'a indiqué
00:59:52Sébastien Lecornu
00:59:53aussi en introduction
00:59:54du débat tout à l'heure
00:59:55moi ce que j'attendrais
00:59:56c'est qu'on nous dise
00:59:57très concrètement
00:59:58demain dans le dossier
00:59:59de parcours sub
00:59:59le contrôle continu
01:00:00c'est terminé
01:00:01hormis sur les épreuves
01:00:02de spécialité
01:00:03mais le français
01:00:04les maths
01:00:04c'est des épreuves nationales
01:00:05il n'y a pas de raison
01:00:06d'avoir
01:00:06parce que vous parliez
01:00:07du lycée d'origine
01:00:09vous êtes une université
01:00:10vous recevez des candidatures
01:00:11vous avez des notes
01:00:11sur le dossier
01:00:12qui ne valent pas du tout
01:00:13la même chose
01:00:13d'un lycée à l'autre
01:00:14et donc le fait de redonner
01:00:15une vraie égalité des chances
01:00:17et d'élever le niveau
01:00:18avec une exigence
01:00:19vis-à-vis des élèves
01:00:20et des étudiants
01:00:25contre la précarité étudiante
01:00:26pour donner cette chance
01:00:26à tous les étudiants
01:00:27Merci à tous les trois
01:00:28le débat reste évidemment
01:00:30entièrement ouvert
01:00:31merci d'y avoir participé
01:00:32ce soir
01:00:33vous pouvez rester là
01:00:33tout de suite
01:00:34Bourbon Express
01:00:35Marco Pommier
01:00:41Bonsoir Aline
01:00:42Bonsoir Marco
01:00:43une maille à l'envers
01:00:44une maille à l'endroit
01:00:45les députés poursuivent
01:00:47l'examen du budget
01:00:48et hier soir
01:00:48ils ont détricoté quoi ?
01:00:50La surtaxe
01:00:50sur les grandes entreprises
01:00:51Et ça s'est joué
01:00:52à deux voix près
01:00:5379 voix pour
01:00:5577 contre
01:00:56un revers pour le gouvernement
01:00:58qui voulait reconduire
01:00:59cette contribution exceptionnelle
01:01:01sur les bénéfices
01:01:02des grandes entreprises
01:01:03Oui mais voilà
01:01:04hier soir
01:01:04les députés de droite
01:01:05du RN
01:01:06et même du Bloc Central
01:01:07ont fait front commun
01:01:09pour supprimer
01:01:10cette contribution
01:01:10et ils ont réussi
01:01:11L'environnement fiscal français
01:01:14est déjà très haut
01:01:16au niveau de la fiscalité
01:01:17notamment celui qui pèse
01:01:18sur les entreprises
01:01:19cet impôt
01:01:20est un boulet au pied
01:01:22des entreprises
01:01:23dans la compétition
01:01:25internationale
01:01:26et européenne
01:01:27Monsieur le ministre
01:01:28écoutez
01:01:28cet article témoigne
01:01:30de l'impossibilité
01:01:32que vous avez
01:01:32à mener une politique
01:01:33fiscale
01:01:34cohérente
01:01:35en envoyant des signaux
01:01:36économiques
01:01:36pour que les entreprises
01:01:38investissent ou non
01:01:39pour que les investisseurs
01:01:40choisissent la France
01:01:40ou non
01:01:41pour que nos compatriotes
01:01:43puissent investir ou pas
01:01:43dans des actions françaises
01:01:45de nos multinationales
01:01:46ou non
01:01:46bref
01:01:47on comprend rien
01:01:47à gauche
01:01:49les députés
01:01:50étaient opposés
01:01:51à la suppression
01:01:52de cette surtaxe
01:01:53tout en dénonçant
01:01:54une contribution
01:01:55insuffisante
01:01:56car le gouvernement
01:01:57voulait la faire passer
01:01:58de 7 milliards d'euros
01:01:59en 2026
01:02:00à 5 milliards
01:02:01en 2027
01:02:02Une majorité
01:02:04du bloc central
01:02:06allié avec le Rassemblement
01:02:07National
01:02:07a décidé d'augmenter
01:02:09le déficit
01:02:10de 5 milliards
01:02:10Vous décidez
01:02:11d'augmenter
01:02:12les cadeaux fiscaux
01:02:14des grandes entreprises
01:02:15des ultra riches
01:02:16et de faire en sorte
01:02:17que le reste du pays
01:02:18continue à payer pour eux
01:02:20Aujourd'hui vous avez perdu
01:02:215 milliards
01:02:215 milliards
01:02:22c'est la moitié
01:02:23des 10 milliards
01:02:24que réclament les étudiants
01:02:25et les lycéens
01:02:25par rapport à leurs conditions
01:02:27d'études
01:02:28Et pourtant
01:02:29ce vote
01:02:29pourrait ne pas changer
01:02:30grand chose
01:02:31au budget final
01:02:32L'examen
01:02:33est loin d'être terminé
01:02:34et faute d'accord
01:02:35dans l'hémicycle
01:02:35sur l'ensemble du texte
01:02:37le gouvernement
01:02:38pourrait finir
01:02:38par recourir
01:02:39en 49.3
01:02:40ou aux ordonnances
01:02:41On poursuit
01:02:42avec cette proposition
01:02:43de loi transpartisane
01:02:45oui ça arrive encore
01:02:46pour autoriser
01:02:47le DPIA
01:02:48le dépistage préimplantatoire
01:02:49à Neuploïdi
01:02:50de quoi s'agit-il
01:02:52exactement Marco ?
01:02:53Oui chez vous
01:02:53vous n'en avez peut-être
01:02:54jamais entendu parler
01:02:55en fait c'est un test génétique
01:02:57qui permet de vérifier
01:02:58si un embryon
01:02:59possède
01:03:00le bon nombre
01:03:01de chromosomes
01:03:02avant son implantation
01:03:03lors d'une fécondation
01:03:04in vitro
01:03:05objectif
01:03:06repérer
01:03:07certaines anomalies
01:03:08comme celle
01:03:08à l'origine
01:03:09de la trisomie 21
01:03:10Constance de Pellichy
01:03:12députée
01:03:12Liot
01:03:13veut autoriser
01:03:14ce diagnostic
01:03:15pour toutes les femmes
01:03:16ce n'est pas le cas
01:03:16actuellement
01:03:17elle a présenté
01:03:18aujourd'hui
01:03:18sa proposition
01:03:19de loi transpartisane
01:03:20à ses côtés
01:03:21Juliette Eskenazy
01:03:22du collectif BAMP
01:03:24qui accompagne
01:03:24les personnes
01:03:25confrontées à l'infertilité
01:03:27écoutez son témoignage
01:03:28on est malheureusement
01:03:30nombreux et nombreux
01:03:31à partir à l'étranger
01:03:32pour pouvoir bénéficier
01:03:34de ce diagnostic
01:03:35qui est le DPIA
01:03:37et moi-même
01:03:38vous voyez
01:03:39ici
01:03:39j'ai un enfant
01:03:41dans le ventre
01:03:42qui a été conçu
01:03:43en Espagne
01:03:44ça n'a pas de sens
01:03:45en réalité
01:03:46et c'est un système
01:03:48de soins
01:03:48qui doit changer
01:03:50parce que
01:03:52si je suis partie
01:03:53en Espagne
01:03:53c'est parce que
01:03:54j'ai pu financer
01:03:55aussi cela
01:03:56et donc
01:03:57non seulement
01:03:58le système
01:03:59de soins français
01:04:00crée des souffrances
01:04:01physiques
01:04:02et mentales
01:04:02mais il crée
01:04:03des inégalités sociales
01:04:04terribles
01:04:05puisque
01:04:07en trois mois
01:04:08je suis tombée
01:04:09enceinte en Espagne
01:04:10et en trois ans
01:04:11j'ai vécu
01:04:12des terribles souffrances
01:04:13en France
01:04:14sans jamais
01:04:15aucune réussite
01:04:16Voilà Juliette Eskenazy
01:04:18vous l'avez peut-être
01:04:18reconnu
01:04:19juste à côté
01:04:20il y a Romain Eskenazy
01:04:21député socialiste
01:04:22c'est son frère
01:04:22maintenant il faudra voir
01:04:23s'il y a de la place
01:04:24dans l'agenda parlementaire
01:04:25pour cette proposition de loi
01:04:26C'est touchant
01:04:27parce qu'elle était venue
01:04:27témoigner de ses problèmes
01:04:28sur le plateau
01:04:29de chaque voix compte
01:04:30et de la voir aujourd'hui
01:04:31dans l'attente de ce bébé
01:04:32c'est assez touchant
01:04:34Hier soir dans chaque voix compte
01:04:35on se posait une autre question
01:04:36faut-il avancer les dates
01:04:37de la présidentielle
01:04:38bon bah le gouverneur
01:04:39a répondu ce matin
01:04:41Oui c'est la porte-parole
01:04:42du gouvernement
01:04:42Maude Bréjon
01:04:43qui visiblement
01:04:44vous a répondu
01:04:44ça ne va pas changer
01:04:46pas besoin de changer
01:04:47les dates dans votre calendrier
01:04:48Alors elle n'a pas écouté
01:04:49l'émission d'hier
01:04:50les 18 avril
01:04:51et les 2 mai
01:04:52Et Benjamin Moral disait
01:04:54que ça peut encore être modifié
01:04:55jusqu'en février
01:04:56tant que les décrets
01:04:56ne sont pas pris
01:04:57donc on surveillera
01:04:58Merci Marco
01:04:59Merci Elie
01:05:00Merci d'être venu ce soir
01:05:01dans chaque voix compte
01:05:01Merci Eva et Nicolas
01:05:02Et merci à vous
01:05:03chez vous de nous avoir suivis
01:05:05Chaque voix compte revient demain
01:05:06en direct à 19h30
01:05:07sur la 8
01:05:08Passez une excellente soirée
01:05:10A demain