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Jean-Marie Rouart, académicien, auteur de "Paris est un roman" est revenu sur sa vie : «L'humiliation est extrêmement positive».

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Transcription
00:00de l'humiliation, qui est un moteur.
00:03L'humiliation, je crois que c'est extrêmement positif.
00:06Je crois que si j'ai réussi à me sortir de la misère dans laquelle j'étais...
00:10Arrêtez avec la misère, là.
00:12Arrêtez, franchement.
00:13Quoi ?
00:13Jean-Marie, arrêtez le violon avec la misère.
00:15Pourquoi ?
00:16Mais parce que vous êtes dans une famille de riches,
00:18où il y a des tableaux, vous vous habitez dans 120 mètres carrés,
00:23boulevard Montparnasse.
00:24Moi, je vais vous en parler de la misère.
00:26Je vais vous en parler, moi, je sais d'où je viens.
00:28Mais arrêtez, là, vous nous jouez Caliméro à chaque fois sur ce sujet.
00:32Vous êtes déclassé, ce qui est différent.
00:34Oui, mais c'est pire.
00:35C'est pire quand vous êtes déclassé.
00:39Quand vous partez de rien.
00:40Je ne partais pas de rien.
00:43Vous ne parlez pas de la famille comme ça, s'il vous plaît.
00:47J'étais au milieu des toiles de manettes vertement iso, de coraux,
00:52et moi, j'étais dans ma chambre de bonne, et je n'avais pas un rond.
00:55Oui, parce que vous vouliez être dans l'appartement familial.
00:57Non, mais la chambre de bonne, pardonnez-moi, la chambre de bonne,
01:00elle est dans l'appartement familial, elle est au-dessus,
01:02mais il y a l'appartement familial, et c'est vous qui dites,
01:05j'ai envie d'aller voir dans la chambre de bonne parce que je suis tranquille.
01:08Ce n'est pas la petite chambre de bonne, vous voyez ?
01:10Oui, enfin, c'est quand même une chambre de bonne, mais ce n'est pas la question.
01:13Pour moi, c'était une libération, cette chambre de bonne.
01:15Je ne veux pas faire.
01:16Ah ben oui, c'est ce que vous dites en bouquin.
01:17C'était une libération parce que j'étais avec mes livres,
01:20j'étais seul, et je pouvais rêver ma vie.
01:22Moi, ça a été mon activité principale, c'est de rêver ma vie.
01:24Je continue d'ailleurs, je continue parce que, comme je vous l'ai dit,
01:27au fond, un écrivain, c'est un adolescent qui est monté en graines
01:32et qui continue à faire des rêves.
01:34Et c'est ça qui est formidable, sinon il cesserait d'écrire.
01:37Richard Millet, qui est écrivain aussi.
01:38Vous aimez Jean-Marie Roy ?
01:42Je n'ai pas beaucoup lu, disons.
01:43J'ai lu surtout Le Journaliste, mais ses livres...
01:46Et vous vous aimez bien, Richard Millet ?
01:47Je ne sais pas qui je suis.
01:48Moi, j'aime beaucoup.
01:49Moi, j'aime tous les écrivains.
01:50Mais vous avez un livre que vous avez particulièrement écrivé de...
01:53Monsieur Roy, depuis que je vous écoute,
01:56vous avez un art merveilleux, c'est celui de la dérobade.
01:59Toutes les questions de Pascal, vous les avez esquivées.
02:02Et notamment celles sur Jackie Kennedy et Les Misérables.
02:07Répondez.
02:08Jackie Kennedy ou Les Misérables ?
02:10Mais non.
02:11Il ne veut pas, mais ce n'est pas grave.
02:12C'est ce qu'il y a de merveilleux dans le roman.
02:14Ça ne me gêne pas.
02:15Vous verrez, quand vous écriverez les romans,
02:16vous verrez, ce qu'il y a de merveilleux,
02:18c'est qu'on peut cumuler les choses.
02:19C'est un écrivain.
02:20On peut cumuler à la fois les contraires.
02:23C'est ça.
02:24Non, non, non.
02:24Les romans, ce sont des contraires.
02:26Regardez, Guérepay, c'est à la fois le prince André
02:29et ses pierres.
02:30C'est deux personnages complètement différents
02:32qu'Otol Stoy a réunis.
02:34Ce sont...
02:35Moi, si j'aime les romans,
02:37c'est que justement, je peux intégrer toutes mes contradictions.
02:40Je suis d'accord avec vous, mais est-ce que, au fond...
02:42L'histoire de Jacques Indiquané dit,
02:43franchement, c'est une question...
02:45Mais c'est pour dire, bien sûr.
02:46Ah non, mais est-ce que j'aime chez vous, c'est que vous...
02:48Sous-titrage Société Radio-Canada

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