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  • il y a 13 minutes
Vendredi 23 octobre, un homme a ouvert le feu sur des passants à Trappes et La Verrière (Yvelines). Un crime au mobile raciste, dont l’auteur, a priori schizophrène, a été interpellé. De nombreuses marches contre le racisme se sont tenues, en France, à l'occasion d’un dernier hommage ému. Récit.


Crédits. Direction de la rédaction : Pierre Chausse - Rédacteur en chef : Jules Lavie - Production : Thibault Lambert, Clara Garnier-Amouroux, Barbara Gouy - Réalisation et mixage : Marec Panchot - Photo : Sameer Al-Doumy/AFP - Musiques : François Clos, Audio Network. Archives : TRT Français.

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News
Transcription
00:00C'est Thibault Lambert et vous écoutez Code Source, le podcast d'actualité du Parisien.
00:07Le lundi 26 octobre, des rassemblements contre le racisme se sont tenus dans plusieurs villes de France,
00:14notamment à Paris, Lyon ou Marseille, en réaction à l'attentat meurtrier qui s'est produit trois jours plus tôt
00:20dans les Yvelines.
00:22À Trappes et à La Verrière, deux communes de banlieue parisienne,
00:25un homme a ouvert le feu le vendredi matin sur des passants.
00:29Un jeune homme de 26 ans a été tué, quatre autres personnes grièvement blessées, dont une fillette de 12 ans.
00:36L'une des victimes est encore entre la vie et la mort.
00:40Le suspect interpellé après la fusillade, Kevin T, 39 ans, était toujours en garde à vue ce mardi 27 octobre.
00:47Pendant son interpellation, il a déclaré aux policiers qu'il visait, je le cite,
00:51des Noirs et des Arabes. Dans la foulée, le chef de l'État, Emmanuel Macron, a dénoncé un attentat terroriste
00:59raciste.
01:00Que sait-on des faits et des victimes à ce stade ? Quel est le profil du suspect ?
01:04Comment ont réagi les habitants de Trappes et de La Verrière ?
01:08Codesources fait le point avec deux des journalistes du Parisien mobilisés depuis vendredi,
01:13Marie-Briand Locu, reporter en Grande Couronne,
01:16et Manon Oblant du Pôle Actualité, spécialiste police-justice.
01:23Marie, tu es reporter en Grande Couronne pour Le Parisien.
01:26Tu connais bien Trappes et La Verrière, deux communes voisines et reliées par la Nationale 10 dans les Yvelines.
01:33Est-ce que tu peux nous les décrire en quelques mots ? À quoi ça ressemble d'abord Trappes ?
01:37Trappes, c'est une ville de 35 000 habitants qui fait partie de l'agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines.
01:42C'est une ville avec un passé ouvrier.
01:45Dans les années 70, elle connaît des vagues d'immigration.
01:49Et dans les années 80, il y a un fort chômage dû au déclin de l'activité ferroviaire et la
01:55crise industrielle en France.
01:57À partir des années 2000 et encore plus cette année, c'est aussi une ville qui est marquée par des
02:02règlements de comptes,
02:04des rivalités entre quartiers qui concernent la jeunesse.
02:06Moi, j'étais de permanence ce week-end.
02:08Il y a encore un jeune homme dimanche qui s'est pris une balle au niveau du mollet, sur fond
02:12de trafic de stupéfiants.
02:13Et la Verrière ?
02:14La Verrière, c'est beaucoup plus petit.
02:16C'est une ville de 6 000 habitants.
02:18Elle a une très petite superficie de 2 km².
02:21Elle a beaucoup de logements sociaux.
02:23Ça représente 70 % de la ville.
02:25Un secteur plus pavillonnaire et aussi des espaces naturels,
02:29avec l'étang des Noé et le parc du château.
02:33Pareil, c'est une ville qui a une histoire avec l'industrie automobile.
02:37Lors des émeutes, elle a connu malheureusement deux écoles qui ont été incendiées.
02:40Et là où ça s'est produit, j'y étais samedi, c'est une rangée de commerces,
02:45avec une pharmacie, un coiffeur, un fast-food.
02:49D'habitude, le samedi, il y a beaucoup de monde.
02:52M'ont dit les commerçants.
02:54Et quand je suis arrivée, il n'y avait absolument personne.
02:57Le samedi 24 octobre, au lendemain de l'attentat,
03:01tu te rends sur place à la Verrière, mais aussi à Trappes,
03:05où une cérémonie d'hommage aux victimes de cet attentat a lieu.
03:09Les victimes parmi lesquelles figurent Pengo Bossio Wangui,
03:13un jeune homme de 26 ans, c'est le seul qui n'a pas survécu.
03:17Qu'est-ce qu'on sait de lui ?
03:18Pengo, il avait 26 ans.
03:20Il est né à Poissy en 2000.
03:23Il a grandi dans les Yvelines.
03:24Et il a été scolarisé notamment au collège Gustave Courbet à Trappes.
03:29C'est un grand passionné des sports de combat.
03:31Pengo, il est d'origine africaine.
03:33Ses amis le décrivent comme quelqu'un de très proche de sa famille,
03:37de très bienveillant, de très respectueux.
03:40Ça, c'est surtout son entraîneur qui en parle,
03:42parce qu'il était très investi dans ses entraînements au club qui est situé à Aubervilliers.
03:47C'était quelqu'un qui rêvait de devenir professionnel.
03:51Au rassemblement, Marie, tu croises deux personnes
03:53qui ont tenté de porter secours à Pengo Bossio Wangui
03:57au moment où il a succombé à ses blessures.
04:00Qu'est-ce qu'elles te disent ?
04:01Oui, alors moi, j'ai fait cet article avec mon collègue Julien Baudot.
04:05Moi, j'ai croisé Youssef, qui est paysagiste.
04:08Ce jour-là, il était dans son camion.
04:11Il regardait son portable machinalement avant d'aller travailler juste à côté
04:14quand il entend un bruit sourd.
04:16Au départ, il ne comprend pas que c'est une rafale de balles.
04:19Il pense que c'est un bruit de voiture.
04:22Donc, il sort.
04:22Il voit Pengo qui est chancelant.
04:25Il lui demande « Mais qu'est-ce qui vous arrive ? »
04:28Et là, Pengo lui dit « J'ai mal partout. »
04:30Et ensuite, il s'écroule.
04:30Il y a un autre paysagiste qui travaille avec Youssef qui arrive
04:34et aussi une femme.
04:35Et ils essayent de lui porter secours.
04:37Malheureusement, il s'est pris énormément d'un pack de balles.
04:40Donc, c'est assez éprouvant.
04:41Quand il me raconte ça, il est encore complètement sous le choc.
04:44La deuxième personne, c'est mon collègue qui l'a interrogée.
04:46C'est une femme qui croise la route du tueur sur sa voie.
04:51Donc, elle conduit la voiture.
04:53Elle raconte qu'il aurait tiré vers elle des balles.
04:56Donc, elle a la peur de sa vie, évidemment.
04:58On peut l'imaginer.
04:59Ensuite, elle voit Pengo s'écrouler plus loin.
05:02Elle y va.
05:03Elle s'y rend.
05:03Elle reste à ses côtés.
05:05Ce n'est pas elle qui raconte directement.
05:06C'est sa fille qui l'a eue au téléphone qui lui raconte
05:10que sa mère, elle l'a retrouvée dans sa chambre traumatisée,
05:13qui lui dit avec beaucoup d'émotion qu'elle a vu quelqu'un mourir
05:16et qu'elle n'oubliera jamais ses images.
05:18Donc, voilà, c'était les trois personnes qui sont restées au chevet de la victime jusqu'au bout
05:23parce que malheureusement, au bout d'une quinzaine de minutes,
05:26Pengo succombe à ses blessures.
05:28Tu interroges aussi Najia, une aide-soignante de 49 ans
05:31qui a frôlé la mort la veille.
05:35Qu'est-ce qui lui est arrivé à elle ?
05:36Najia, je la croise par hasard au marché.
05:39Elle est avec ses amis.
05:41Elle porte la main à son cœur assez vite quand elle en parle.
05:44Donc, on sent le choc.
05:45Pareil, elle a un visage au trait tiré.
05:47Elle semble complètement bouleversée par ce qui s'est produit.
05:52En fait, Nadia, le vendredi, elle avait rendez-vous à 10h chez son médecin traitant.
05:55Ça se trouve juste à quelques mètres de l'endroit où Pengo s'est effondré au sol.
06:00Il est 10h.
06:02Ce jour-là, elle est légèrement en retard.
06:04Donc, elle gare très rapidement sa voiture
06:06et elle va dans la maison de santé.
06:10Elle est suivie par un jeune homme d'origine maghrébine.
06:13Il ferme la porte qui est vitrée.
06:14Et là, la balle, une seconde plus tard, dès que la porte se ferme, traverse la porte vitrée.
06:19Et une autre balle s'encastre dans le mur du bâtiment.
06:23Donc là, c'est l'effroi.
06:24Dès qu'elle comprend ce qui se passe, elle réalise qu'elle a été ciblée en raison de ses origines.
06:28Quand je la rencontre, elle me dit, je portais mon voile, je portais ma djé là-bas.
06:32J'étais suivie par un jeune homme d'origine maghrébine comme moi.
06:35Elle me dit, je sais que le tireur nous a ciblés en raison de nos origines.
06:39Et qu'est-ce qui se passe une fois qu'elle rentre dans ce centre de santé ?
06:42Dans le centre de santé, c'est la panique, c'est l'effroi.
06:45Ils appellent la police.
06:46La police les encourage à se confiner, à rester enfermés.
06:50Ils attendent une heure dans une atmosphère extrêmement pesante.
06:55Au bout d'une heure, ils apprennent enfin que le tireur a été arrêté.
06:57Ils sortent par derrière.
06:59Et là, en sortant, Najia, en voyant la police, en voyant toute l'émulation dehors,
07:04elle s'effondre, rongée par l'angoisse.
07:07Elle va témoigner en tant que premier témoin au commissariat de Versailles vers 17h.
07:12Et c'est petit à petit, dans la soirée, qu'elle réalise la violence de ce qu'elle a vécu.
07:17Elle me dit, quand je la rencontre, qu'elle n'a pas dormi de la nuit,
07:19qu'elle y repense, qu'elle est traumatisée.
07:22Et elle a cette phrase forte aussi de me dire, moi, je ne me sens plus en sécurité en France.
07:28Manon, on va maintenant faire le point sur ce qu'il s'est passé en détail
07:32et sur ce que l'on sait du tireur.
07:35Le vendredi 23 octobre, sur les coups de 10h du matin,
07:39un homme ouvre le feu sur des riverains, d'abord à Trappes, puis à la verrière.
07:44Manon, est-ce que tu peux nous décrire son parcours meurtrier ?
07:48Alors, son périple meurtrier, il débute à Trappes.
07:53Le tireur part au volant de sa Renault Clio grise.
07:57Il est environ 10h, il est muni d'une arme, un pistolet mitrailleur.
08:02Et il se rend d'abord près du square Van Gogh à Trappes,
08:06où il tire à plusieurs reprises.
08:08Il touche simplement un véhicule sans faire de blessés.
08:12Puis à 700 mètres de là, il s'arrête devant une maison de santé,
08:16la maison de santé Sophie Blanchard.
08:18Il ne fait pas de blessés, mais quelques minutes plus tard,
08:22il fera sa première victime, Pengo Bossio Wangui.
08:25C'est un jeune homme de 26 ans, passionné de MMA,
08:28qui est abattu près du square Louis Pergaud à Trappes.
08:32Puis le tireur reprend la route.
08:34Il se dirige vers une station-service, la station SO de Trappes.
08:38Elle est située sur le boulevard Martin Luther King,
08:41le long de la Nationale 10.
08:43Là, il ouvre le feu sur un homme qui blesse grièvement.
08:47Et il continue son périple encore et encore,
08:49dans une pharmacie de la commune de la Verrière,
08:52une commune toute proche de Trappes,
08:54où là, il fait deux autres blessés.
08:57Moins de deux kilomètres plus loin,
08:59il fait sa sixième et dernière victime,
09:01dans la rue Marcel Rivière,
09:03une petite fille de 12 ans, touchée par 8 balles,
09:06qui a été transportée en urgence à l'hôpital Necker.
09:08Manon, tu as pu consulter des images de la vidéo-surveillance
09:12de la station-service SO de Trappes,
09:14qui a capté le passage du tireur.
09:17À ce moment-là, tu l'as dit,
09:19il a déjà abattu Pengo Bossio Wangui
09:22et il a l'intention de faire d'autres victimes.
09:25Qu'est-ce qu'on voit sur ces images ?
09:27Effectivement, sur les images que j'ai vues,
09:29elles durent à peu près 50 secondes.
09:31On voit d'abord l'intérieur de cette station-service,
09:34la porte d'entrée électronique,
09:38et on voit deux femmes qui se trouvent à l'intérieur.
09:41L'une d'elles est vers l'entrée de cette station-service
09:44et brusquement, elle fait demi-tour,
09:46comme pour se réfugier au fond de la boutique.
09:51Et au passage, elle agrippe le bras de la seconde femme qui est présente.
09:56Pendant quelques secondes, il ne se passe rien.
09:58La boutique, elle est vide, la porte électronique, elle est ouverte.
10:02Mais au bout d'un moment,
10:04on voit un jeune homme en trottinette,
10:06avec un chapeau rouge arrivé,
10:08et il se précipite à l'intérieur de la boutique.
10:11Il a l'air inquiet, il regarde derrière lui,
10:14il regarde tout autour,
10:15et il n'a pas tout à fait passé la porte,
10:18qui s'écroule au sol, la bouche ouverte.
10:21Et on comprendra plus tard, à la lumière des événements,
10:23qu'en réalité, le jeune homme qui vient de s'écrouler,
10:26il vient de recevoir une balle dans le bas du corps.
10:29Quelques secondes plus tard,
10:30on voit de manière très claire
10:31le tireur arriver,
10:33un fusil à la main,
10:35et se diriger vers ce jeune homme qui est au sol.
10:37Et alors là, la scène, elle est glaçante,
10:40parce que, alors que le jeune homme est au sol,
10:43on devine sur son visage qu'il est presque en train de l'implorer.
10:48Le tireur manipule son arme,
10:51et au bout d'un moment,
10:52il change son chargeur,
10:53il lève le fusil,
10:55il le pointe vers ce jeune homme
10:56qui est, encore une fois, recroquevillé au sol,
10:59et il tire dans sa direction une seconde fois.
11:02Le jeune homme se replie sur lui-même,
11:05semble hurler,
11:06et on parvient à distinguer
11:08qu'il est assis dans une mare de sang.
11:10Dans la seconde qui suit,
11:12le tireur quitte les lieux,
11:13dans un calme terrifiant.
11:16Ce jeune homme de 21 ans,
11:18grièvement blessé,
11:19est transporté à l'hôpital.
11:21Le tireur, présumé,
11:23est interpellé à 10h20,
11:25à Coignères, dans les Yvelines.
11:26Après avoir parcouru 12 kilomètres
11:30et tiré 128 munitions,
11:32d'après le parquet national antiterroriste,
11:35il s'appelle Kevin T.
11:37Qu'est-ce qu'on sait de lui ?
11:38On ne sait finalement pas énormément de choses sur lui.
11:41On sait qu'il a 39 ans,
11:43on sait qu'il est né en 1987,
11:46qu'il a grandi à Saint-Cyr-l'École dans les Yvelines,
11:49avant de venir vivre dans une cité de plaisir.
11:52On sait qu'il n'avait ni conjoint ou conjointe,
11:55ni enfant connu.
11:56En tout cas, c'est ce que racontent ses voisins.
11:58On sait aussi qu'il a déjà été condamné 4 fois
12:01pour des faits de vol,
12:03de conduite en état d'ivresse
12:04et d'usage de supéfiants.
12:06On sait aussi,
12:07en tout cas, c'est ce que lui dira devant les enquêteurs,
12:10qu'il est schizophrène et sous-traitement,
12:12mais à ce stade, c'est à peu près tout.
12:15À quoi est-ce qu'il ressemble physiquement ?
12:16Physiquement, c'est un homme assez grand,
12:18assez costaud,
12:19qui a visiblement les cheveux châtains,
12:21coupés assez courts.
12:23Une voisine interrogée par un de nos journalistes
12:26a décrit un homme baraqué.
12:27Comment se passe son arrestation ?
12:30Visiblement, son arrestation se passe dans le calme.
12:33En tout cas, c'est ce que vont raconter
12:35les policiers qui l'ont interpellé,
12:36puisqu'ils vont parler d'un homme stoïque,
12:38très calme,
12:39qui livre des aveux froids,
12:42puisque tout de suite,
12:43quand il est interpellé,
12:44il reconnaît les faits,
12:46il reconnaît avoir tué une personne,
12:47en avoir blessé 5 autres,
12:49et il reconnaît l'intégralité du périple sanglant.
12:52Et d'emblée, il confie aux policiers
12:54ce qui l'a motivé.
12:55Oui, tout de suite,
12:55il met son geste sur le compte
12:57d'une idéologie raciste,
12:59il explique aux policiers
13:00qu'il aurait visé,
13:02là je le cite,
13:03des Noirs et des Arabes,
13:04car il en avait marre d'eux,
13:05là encore je le cite.
13:07Il donne une deuxième raison,
13:08il dit aussi qu'il voulait
13:09venger des commerçants
13:11pillés pendant les émeutes
13:12du week-end dernier,
13:13celle du 17 octobre.
13:14Les policiers fouillent son véhicule,
13:17qu'est-ce qu'ils y trouvent ?
13:18Dans son véhicule,
13:19ils vont effectivement retrouver
13:20sa fameuse arme,
13:22donc son pistolet mitrailleur
13:24de type Sten,
13:25qui est une arme
13:26de la seconde guerre mondiale.
13:28Ils vont aussi retrouver
13:29des bombes lacrymogènes
13:31et de la cocaïne.
13:32D'ailleurs,
13:33les analyses toxicologiques
13:35vont confirmer dès le lendemain
13:37que dans le sang de Kevin T,
13:38il y a bien de la cocaïne
13:40et aussi du cannabis.
13:41Kevin T est placé en garde à vue
13:43et pendant ce temps-là,
13:45les policiers perquisitionnent
13:46et fouillent son domicile
13:48à plaisir dans les Yvelines.
13:50Qu'est-ce qu'ils y trouvent ?
13:51Oui, c'est le cas toujours
13:52dans ce type d'enquête-là.
13:54Les policiers vont évidemment
13:55perquisitionner le domicile.
13:57Donc là,
13:57on parle d'un appartement
13:58situé au troisième étage
14:00d'un immeuble
14:01d'une cité de plaisir
14:02dans les Yvelines.
14:03Et à l'intérieur,
14:04c'est un peu l'effroi
14:05quand ils arrivent
14:06puisque les policiers
14:08découvrent la présence
14:09de trois bonbonnes de gaz
14:11reliée par des fils
14:12à un minuteur,
14:13ce qui peut laisser présager
14:15que Kevin T avait prévu
14:17de piéger son appartement,
14:19de le faire sauter.
14:21Une fois que les policiers
14:22ont désamorcé ce dispositif
14:25avec l'appui du RAID,
14:27ils ont pu fouiller l'appartement
14:29de manière un peu plus précise
14:32et à l'intérieur,
14:33ils ont retrouvé une Bible
14:34et un Coran,
14:35mais surtout un exemplaire
14:36de Mein Kampf,
14:37le livre d'Adolf Hitler.
14:41À ce moment-là,
14:41à la rédaction du Parisien,
14:43toi et tes collègues,
14:44ceux du service police-justice,
14:46ceux de l'édition des Yvelines,
14:47vous cherchez à en savoir plus
14:49sur cet homme.
14:50C'est le début d'une enquête
14:51de voisinage.
14:53Comment est-ce qu'il est décrit
14:54par son entourage
14:55selon les personnes
14:56qui acceptent de témoigner ?
14:58Alors, son entourage,
14:59on n'a pas forcément pu
15:00y avoir accès,
15:01notamment parce que son père,
15:03sa mère et deux de ses amis
15:04ont été placés en garde à vue
15:06dans la foulée.
15:07Mais en revanche,
15:08on a pu accéder à quelques-uns
15:09de ses voisins,
15:11de gens qui habitent
15:12dans le même immeuble que lui.
15:14Tous parlent d'un homme
15:16très discret,
15:17un homme qui dit simplement
15:19bonjour quand on le croise,
15:20mais avec qui
15:21ils n'avaient pas forcément
15:23d'échange.
15:24L'un de nos journalistes
15:25a pu interroger sa voisine
15:27la plus proche.
15:28Elle, elle le décrit
15:29comme un solitaire,
15:31un jeune homme
15:32qui n'accueillait visiblement
15:34pas vraiment de copains
15:36ou de copines chez lui.
15:37Quelqu'un, elle va dire,
15:39d'atypique.
15:40Elle a donné quelques exemples.
15:42Quand il rentre chez lui,
15:43il fait attention
15:43à ne pas faire de bruit.
15:45Il tourne la clé
15:46dans la serrure très doucement.
15:47Il a collé du scotch
15:49sur le Judas
15:49de sa porte.
15:51Enfin voilà,
15:52tout un tas d'éléments
15:53qui laissent penser
15:54à un comportement
15:55assez méfiant.
15:57Et elle,
15:57elle dira même
15:58à notre journaliste
16:00que Kevin T
16:01lui faisait
16:02presque peur en fait.
16:03Le dimanche 25 octobre,
16:06la garde à vue
16:06de Kevin T
16:07qui peut durer
16:08jusqu'à 96 heures
16:09est suspendue
16:10pour qu'il soit soumis
16:11à une expertise psychiatrique.
16:13Pourquoi ?
16:14En fait,
16:15pendant sa garde à vue
16:16et c'est d'ailleurs
16:16le cas
16:17pour toutes les affaires
16:19de ce type,
16:20Kevin T
16:21il a forcément
16:22été vu
16:22par un médecin
16:23et dans ce cas-là
16:24par un médecin psychiatre.
16:26Et ce médecin psychiatre
16:28sur la base
16:29à la fois
16:29de ses observations
16:30mais aussi
16:31des propos
16:32de Kevin T
16:33qui a lui-même
16:34expliqué
16:35être schizophrène
16:36il a jugé
16:37qu'il était peut-être
16:38nécessaire
16:39que Kevin T
16:40soit soumis
16:41à une expertise
16:42psychiatrique
16:43ce qui a donc
16:44été accepté
16:45par la justice
16:46et donc pour ça
16:47il a été
16:48transféré
16:49à l'infirmerie
16:51psychiatrique
16:51de la préfecture
16:52de police de Paris.
16:54Donc en gros
16:54pendant 48 heures
16:56Kevin T
16:57il va être
16:57en observation
16:58psychiatrique
17:00avec un but
17:02qui est
17:03qu'on puisse
17:03déterminer
17:04si son état
17:05de santé
17:05psychiatrique
17:06est compatible
17:07avec la garde à vue
17:08avec les auditions
17:10et dans ce genre
17:11de cas
17:11la garde à vue
17:12elle est levée
17:13le temps
17:14de l'expertise.
17:15Le lundi 26 octobre
17:16en début de soirée
17:17le procureur
17:18du parquet national
17:19antiterroriste
17:20prend la parole
17:21pour faire un point
17:22sur l'enquête
17:22il annonce
17:23que la garde à vue
17:24de Kevin T
17:25a repris
17:25car son état
17:26a été jugé
17:27compatible
17:28avec des auditions
17:29il indique aussi
17:30que le suspect
17:31a finalement
17:32nié
17:33au début
17:33de sa garde à vue
17:34le mobile
17:34raciste
17:35de cet attentat.
17:37Le profil
17:38de la majorité
17:38des victimes
17:39et certains propos
17:40qui auraient été tenus
17:41par le mis en cause
17:42nous ont par ailleurs
17:43conduit à retenir
17:44la circonstance
17:44aggravante
17:45de fait lié
17:47à l'appartenance
17:47vrai ou supposé
17:48à une prétendue race
17:50une ethnie
17:50une nation
17:51ou une religion.
17:52Cette circonstance
17:53aggravante
17:53avait déjà été retenue
17:55en matière de terrorisme
17:56pour les faits commis
17:57par exemple
17:57par Mohamed Mera
17:58à Toulouse
17:59en 2012
17:59ou plus récemment
18:00dans le réquisitoire
18:01ouvrant les informations
18:02judiciaires
18:03des faits commis
18:04à la grande motte
18:05en 2024
18:05ou appuyés sur agent
18:06en 2025
18:07en application
18:08de la loi
18:09du 3 février 2003.
18:10Il doit être précisé
18:12qu'à ce stade
18:12des investigations
18:14Kevin T.
18:15Kevin T.
18:15s'il ne conteste pas
18:16la matérialité des faits
18:17conteste le caractère
18:18raciste de ses crimes.
18:20Manon, en tout cas
18:21ce qui semble avérer
18:22c'est que Kevin T.
18:23est bel et bien
18:23traité depuis plusieurs
18:24années pour
18:25une schizophrénie
18:27c'est ce qu'a confirmé
18:28un proche
18:29au Parisien
18:29c'est un trouble
18:30psychique
18:31qui peut entraîner
18:32des hallucinations
18:33ou des idées délirantes
18:34ça qu'est-ce que ça peut
18:35changer
18:36pour l'enquête ?
18:37Alors en fait
18:38si la schizophrénie
18:40est avérée
18:40va se poser ensuite
18:42la question
18:43de l'irresponsabilité pénale
18:45parce qu'en France
18:47on considère
18:48qu'un trouble psychique
18:49ou neuropsychique
18:50comme la schizophrénie
18:51d'ailleurs
18:52peut avoir
18:53chez quelqu'un
18:54altéré
18:55ou aboli
18:56son discernement
18:57au moment
18:58d'un passage à l'acte
18:59alors
19:00l'abolition
19:01et l'altération
19:02du discernement
19:02ça veut dire quoi ?
19:03L'abolition du discernement
19:05ça veut dire
19:05qu'au moment des faits
19:06ce trouble psychique
19:08ou neuropsychique
19:09nous fait perdre
19:11le contrôle de nos actes
19:12autrement dit
19:13qu'on n'a pas conscience
19:14qu'on est en train
19:14de réaliser cet acte
19:16l'altération
19:17du discernement
19:18en revanche
19:19c'est un petit peu
19:20différent
19:20c'est le fait
19:21que ce trouble psychique
19:22ou neuropsychique
19:24entrave
19:24le contrôle
19:25de nos actes
19:26c'est-à-dire
19:26le limite
19:27en quelque sorte
19:28donc les médecins
19:29psychiatres
19:30qui vont
19:31expertiser
19:32Kevin T
19:32ils vont donc
19:33devoir déterminer
19:35si son discernement
19:36était aboli
19:38ou altéré
19:39au moment
19:39de son périple
19:41sanglant
19:41une fois qu'ils auront
19:43déterminé ça
19:44ils vont rendre
19:44leur conclusion
19:45au juge d'instruction
19:46qui devra prendre
19:48une décision
19:48et c'est lui et lui seul
19:50qui va prendre la décision
19:51c'est pas les médecins
19:52dans ce cas-là
19:53il y a trois scénarios
19:53premier scénario
19:55le juge d'instruction
19:56décide de ne pas suivre
19:57les conclusions du médecin
19:58et de renvoyer
19:59Kevin T
20:01devant la justice
20:02qui sera donc
20:03jugé
20:03de manière
20:04classique
20:05si je puis dire
20:07deuxième scénario
20:08le juge d'instruction
20:09estime qu'il y a
20:09altération
20:10du discernement
20:11là ça veut dire
20:12qu'il sera
20:12bel et bien jugé
20:14mais que son état
20:15au moment des faits
20:16va être pris en compte
20:17et donc
20:18en l'occurrence
20:19qu'il pourrait avoir
20:20une peine
20:21allégée
20:22ou du moins
20:22adaptée
20:23à son état psychique
20:24dernier scénario
20:26le juge d'instruction
20:27retient
20:27l'abolition
20:28du discernement
20:29dans ce cas-là
20:30on va parler
20:31d'irresponsabilité pénale
20:32puisque le suspect
20:33ne pourrait être
20:34ni jugé
20:35ni condamné
20:36mais en revanche
20:37il pourrait être
20:38hospitalisé sous contrainte
20:40il y a une dernière chose
20:41qu'il faut rappeler
20:42pour le cas
20:43de Kevin T
20:44et de l'expertise
20:45psychiatrique
20:46c'est que depuis
20:462022
20:47l'abolition
20:48ou l'altération
20:49du discernement
20:49ne peuvent pas
20:50être déclarées
20:51si la personne
20:52a volontairement
20:53consommé
20:54de la drogue
20:55dans le but
20:56de commettre
20:57l'infraction
20:57ou en tout cas
20:58d'en faciliter
20:59la commission
20:59et ça
21:00ce sera au juge
21:01d'instruction
21:02de le décider
21:04Marie
21:04pendant ce temps-là
21:05le profil
21:06de Kevin T
21:06s'est affiné
21:08qu'est-ce qu'on apprend
21:08de nouveau ?
21:09On apprend
21:10que c'est quelqu'un
21:11d'assez isolé
21:13il aurait été
21:15à un moment
21:16vu être
21:17des manifestations
21:18pro-palestine
21:19ou proche
21:20d'élus de gauche
21:21après
21:22passé la trentaine
21:23il a clairement
21:24eu une dérive
21:26identitaire
21:26raciste
21:27et assumée
21:28ce qu'il aurait
21:29même isolé
21:30de ses amis
21:31et il y a
21:32des voisines
21:33de sa mère
21:34dans l'heure
21:35qui affirment
21:36qu'il répétait
21:37qu'en 2022
21:38il avait voté
21:39Marine Le Pen
21:40et qui l'espérait
21:41que ce parti
21:42arrive au pouvoir
21:43à la présidentielle
21:44Marie
21:45au moment où
21:45on enregistre
21:46ce podcast
21:46qu'est-ce qu'on sait
21:47de la fillette
21:48de 12 ans
21:49d'origine africaine
21:50qui a été
21:51touchée par 8 balles
21:52à la verrière
21:53et transportée
21:54à l'hôpital
21:54parisien Necker
21:55en urgence absolue ?
21:57Alors heureusement
21:58depuis les nouvelles
21:59sont un peu plus
21:59rassurantes
22:00cette petite
22:02elle se rendait
22:03en ce jour
22:04de vacances
22:04à la piscine
22:05du Ménil
22:06Saint-Denis
22:08et en fait
22:08ce qui est triste
22:09c'est que
22:09ce vendredi là
22:10la piscine
22:11était fermée
22:11et la petite
22:12ne le savait pas
22:13donc c'est un malheureux
22:14hasard
22:14qui l'amène
22:15à croiser
22:15la route
22:16de Kevin T
22:17qui froidement
22:20lui assène
22:208 balles
22:22donc c'est une petite fille
22:23qui a reçu
22:238 impacts de balles
22:24il faut un peu
22:24se rendre compte
22:25de ce que c'est
22:25ce qui est assez horrible
22:27heureusement
22:28après un passage
22:29au bloc opératoire
22:30elle a fini par se réveiller
22:32et elle a reconnu
22:33ses parents
22:34donc son état
22:35s'est un peu amélioré
22:36on sait qu'elle va
22:37s'en sortir
22:38après malheureusement
22:39voilà l'histoire se pose
22:40de la rééducation
22:41des séquelles
22:41tu interroges
22:42dans le week-end
22:43le maire de cette commune
22:45la Verrière
22:45Nicolas Dainville
22:46c'est un maire
22:47d'hiver droite
22:47il est dans quel état d'esprit ?
22:49oui je le rencontre
22:50au moment où
22:51il s'apprête justement
22:52à aller voir les commerçants
22:53qui sont juste
22:55face
22:56au lieu
22:57où deux hommes
22:59qui travaillaient
23:00pour une société de ménage
23:01ont été grièvement blessés
23:03lui aussi
23:04il est
23:05il est complètement sonné
23:07par ce qui vient de se passer
23:08là
23:08il est dans une optique
23:09de rassurer
23:11rassurer ses habitants
23:12rassurer les commerçants
23:13aller les voir
23:15il y a une cellule
23:16qui a été mise en place
23:17par la commune
23:19qui a déjà
23:20ce samedi matin
23:21quand je le rencontre
23:22reçu une quinzaine de personnes
23:24il dit que
23:25lorsque ça va mal
23:27les maires sont en première ligne
23:28devant moi
23:29il emploie l'expression
23:30les maires sont un peu
23:31les urgentistes de la république
23:33et il appelle
23:34tous les élus locaux
23:35à travailler à cette unité
23:36dans un pays
23:38où selon lui
23:38la cohésion nationale
23:40se fracture
23:42de son côté
23:43le maire génération
23:44de Trapp
23:45Ali Rabey
23:45a fustigé
23:47juste après l'attentat
23:48les discours
23:49qui incitent
23:50selon lui
23:50à des passages
23:52à l'acte
23:52comme celui
23:53de Kevin T
23:54on l'écoute
23:55les discours
23:56qui consistent
23:56qu'on soit ministre
23:58candidat à la présidentielle
23:59député
24:00à expliquer
24:01que tous les maux
24:02de cette société
24:02sont la responsabilité
24:04des arabos musulmans
24:05ce qu'on a encore entendu
24:06récemment
24:07de la part
24:08d'hommes politiques
24:09condamnés
24:09par la justice
24:10à de nombreux groupes
24:11qui continuent
24:12de sévir
24:12librement
24:14tous ces discours
24:15sont des morts
24:16Marie
24:16pendant l'hommage
24:17rendu samedi
24:18des habitants
24:19de Trapp
24:19t'ont confié
24:20qu'au fond
24:21ils s'attendaient
24:22un jour ou l'autre
24:23à un tel drame
24:24oui
24:25je rencontre
24:26notamment Nancy
24:28qui est une mère
24:28de famille
24:29de 42 ans
24:30qui me dit
24:32que depuis
24:33qu'elle a entendu
24:34Jordan Bardella
24:35comparer la ville
24:36à une ville
24:37de djihadistes
24:38elle s'attendait
24:39à ce qu'un jour
24:40ou l'autre
24:40ça pète
24:41elle est très choquée
24:42elle me dit
24:43moi je suis de couleur noire
24:44comme la petite
24:45qui s'est pris les balles
24:46ça aurait pu être moi
24:47ça aurait pu être mes enfants
24:48ça aurait pu être n'importe qui
24:49et elle dit
24:50que ça lui fait peur
24:51ça l'angoisse
24:52elle a des mots forts
24:53elle dit que si jamais
24:54le RN passe
24:56elle quittera la France
24:58avec sa famille
24:58elle se dit très angoissée
25:00et elle soutient
25:01que depuis quelques années
25:02il y a un racisme
25:04qui monte
25:04avec une parole
25:05qui se décomplexe
25:07de plus en plus
25:08sur les thèses
25:09de l'immigration
25:10et ça l'angoisse profondément
25:15Merci à Manon Oblant
25:17et Marie-Briand Locu
25:18Cet épisode de Codesources
25:20a été produit par
25:21Barbara Gouilly
25:22Clara Garnier-Amouroux
25:23et Antoine Guéguin-Georget
25:25réalisation
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25:49tout ce
25:50estum

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