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Dans son édito du 30/10/2026, Paul Sugy revient sur la nomination, en février prochain, d'un nouveau président pour la Banque centrale européenne.

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Transcription
00:00Voilà, Christine Lagarde devait partir, son mandat se terminait, mais en octobre,
00:03dans effectivement un peu plus, enfin ce sera octobre 2017, un peu plus de huit mois,
00:09après le terme qu'elle a décidé de se fixer à elle-même, c'est-à-dire qu'elle va
00:12partir en février,
00:13et donc que, en effet, comme vous le dites bien, le président de la République actuelle, Emmanuel Macron,
00:18sera chef de l'État en France au moment où tous les chefs d'État européens vont se mettre autour
00:24de la table
00:24pour décider du nom de son successeur. Alors ça fait réagir la France insoumise.
00:28Jean-Luc Mélenchon a tempété sur X en nous comparant notamment le départ anticipé de Christine Lagarde
00:34avec celui de François Villeroy de Gallo, gouverneur de la Banque de France,
00:38qui avait lui aussi amputé d'environ un an la fin de son mandat.
00:42Il avait démissionné à l'hiver dernier, il avait permis à Emmanuel Macron de nommer à sa suite Emmanuel Moulin,
00:47qui avait été secrétaire général de l'Élysée, autant dire un très très proche conseiller du président de la République,
00:52nommé à un poste stratégique, à un poste surtout, parce que le gouverneur de la Banque de France,
00:56c'est quelqu'un qui est aux responsabilités au sommet de l'État, mais bien après le départ d'Emmanuel
01:01Macron.
01:01Et donc c'est une manière de prolonger le mandat d'Emmanuel Macron après son départ.
01:05Et puis Jean-Philippe Tanguy, pour le Rassemblement National, a dénoncé une dérive illibérale de Macron et du système.
01:12Alors pourquoi est-ce que le RN et la France insoumise ont l'impression que cela commence à former un
01:16système ?
01:17Parce que ces nominations de proches ou de très proches à des postes stratégiques dans les très hautes institutions de
01:22l'État,
01:23Emmanuel Macron nous y a habitués. Il a nommé par exemple récemment au Conseil constitutionnel Richard Ferrand,
01:29qui est lui aussi un de ses premiers soutiens de la campagne en 2016.
01:32Et à la Cour des comptes, c'est Amélie de Montchalin, qui a été dans quasiment tous ses gouvernements depuis
01:362019
01:37et qui était elle aussi un de ses premiers soutiens.
01:39Est-ce qu'Emmanuel Macron va pouvoir vraiment nommer un de ses proches, faire nommer un de ses proches à
01:46la tête de la BCE ?
01:47Alors nommer un de ses proches, c'est de toute façon exclu.
01:49Maintenant, la France pourrait proposer un candidat à la tête de la BCE.
01:53La réalité, c'est qu'il est très peu probable que la France parvienne à l'imposer.
01:56Ce pour plusieurs raisons. D'abord parce que Christine Lagarde était déjà française.
01:59Donc qu'un même pays au sein des grands pays européens puisse avoir deux mandats de suite
02:04à un président français de la Banque Centrale Européenne.
02:06Surtout que la France en plus avant avait déjà un autre français, c'était Jean-Claude Trichet,
02:11qui avait été présent aussi de la BCE avant Christine Lagarde.
02:14Ça commencerait à bien faire.
02:15Par ailleurs, la France n'est pas en position de force au milieu de ses partenaires en ce moment.
02:18On est un des pays les plus dépensiers et celui dont le déficit public est le moins bien géré.
02:24Or le but de la Banque Centrale Européenne, c'est de prendre des décisions
02:26qui vont justement peser ensuite sur le niveau d'endettement en déterminant le niveau des taux d'intérêt.
02:32Donc c'est vrai que ça paraît très mal embarqué.
02:33Alors, en revanche, c'est quand même un poste stratégique, la BCE.
02:37Et ce qui est vrai, c'est qu'Emmanuel Macron, qui est un Européen convaincu,
02:40va peser de toutes ses forces pour que, de nouveau,
02:43on ait quelqu'un qui soit vraiment convaincu de l'importance des institutions européennes.
02:47Et ça, avant une élection présidentielle où la place de ces institutions pour la France va se poser
02:52et est posée déjà par la France Insoumise et par le Rassemblement National,
02:55c'est déjà une manière de faire de la politique avec les nominations très stratégiques de l'UE.
02:58Sous-titrage Société Radio-Canada
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