00:00On a un problème aujourd'hui, c'est qu'on a une économie à deux vitesses et qu'on a
00:03un salariat du coup à deux vitesses.
00:05Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que les grandes entreprises comme Total captent en vérité la plus-value.
00:10Elles la sucent comme des vampires. Elles en laissent très peu à leurs sous-traitants, leurs sous-traitants et ainsi
00:15de suite.
00:15Donc ça veut dire les PME, les TPE. Et c'est pareil chez Total.
00:18Mais ça veut dire quoi des salariés à deux vitesses ? Ça veut dire quoi ? Il y aura des
00:20bons salariés, des mauvais salariés ?
00:21C'est-à-dire que le salarié de Total, c'est quoi ? C'est un bourgeois ?
00:24Vous avez de chez Total à chez RMC un salariat à deux vitesses. Ça veut dire quoi ?
00:29Ça veut dire quoi ?
00:29Je vais vous expliquer. Ça veut dire que ceux qui sont salariés directement de RMC ou salariés directement de Total...
00:36Vous parlez de la question des sous-traitants.
00:37Ils en vivent...
00:38Donc François Ruffin, quand ils disent chez Total et quand ils vous répondent la partage de la valeur avec nos
00:42salariés,
00:43intéressement, participation, prime de partage à valeur, ça vous le balayez d'un...
00:47Non, je le dis...
00:48Ce sont des travailleurs, ce sont des salariés.
00:50Soit, soit.
00:50Ils se lèvent le matin pour aller bosser dans l'entreprise Total.
00:53D'une part, regardons ce qui se passe pour les sous-traitants de chez Total.
00:56Et je le sais parce que j'ai été sur les sites.
00:58Ceux qui ont les tâches les plus plénibles à effectuer,
01:01et y compris des tâches qui peuvent être mortelles,
01:03qui peuvent permettre d'avaler des cochonneries,
01:06eh bien, ce sont très souvent les sous-traitants qui le font.
01:09Et pourtant, eux, il n'y a pas de treizième mois.
01:11Eux, il n'y a pas de chèque.
01:12Voilà comment ça fonctionne.
01:13Chez Total, comme chez RMC, la personne qui passe vers le ménage ici le matin...
01:17Ce que vous êtes en train de nous dire, c'est que dans toutes les entreprises,
01:19il y a les salariés de l'entreprise, et puis il y a les sociétés auxquelles on fait appel.
01:22Vous avez une captation de la plus-value qui se fait par les plus grandes entreprises,
01:26et qui, d'abord, distribue d'abord à leurs actionnaires,
01:29parce que, je veux dire, l'objectif...
01:30Mais le constat que vous faites ne devrait pas mépriser autant
01:35le fait qu'un certain nombre de salariés qui restent des salariés,
01:37vous pouvez parler des autres également,
01:38mais les salariés de Total, lorsque Total vous dit
01:40on partage la valeur avec nos salariés pour l'intéressement,
01:44la participation, la prime de partage de la valeur...
01:46Excusez-moi, Madame de Malheur, mais moi, mon intérêt,
01:48je ne suis pas le syndicaliste de chez Total.
01:52Je suis aux côtés des salariés de chez Total
01:54quand ils font grève devant leur entreprise,
01:56et j'y vais aussi en parlant des sous-traitants...
01:58Mais est-ce que vous ne pouvez pas être aussi à leur côté
01:59quand ils se réjouissent des résultats de leur entreprise ?
02:03Vous avez un gavage comme jamais.
02:05Le taux de marge des raffineurs, ce n'est pas Total seulement,
02:08c'est Exone, c'est Shell, ce sont toutes les entreprises.
02:10Ils ont multiplié leur taux de marge par quatre.
02:13Et c'est de la spéculation,
02:15puisque ça n'a pas de rapport direct avec la demande.
02:17Ce sont des profiteurs de guerre.
02:19Et en fait, moi, mon problème, ce n'est pas M. Pouyanné.
02:22Mon problème, c'est le gouvernement.
02:23Ce sont les gouvernements qui sont complices de ça,
02:26qui laissent faire, qui laissent faire un gigantesque gavage.