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  • il y a 7 minutes
Charlotte d’Ornellas, journaliste le JDD, a témoigné, dans l'Heure des pros, son inquiétude vis-à-vis du climat social en France : «On a tous les ferments de la guerre civile sous les yeux.»

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Transcription
00:00Dans les circonstances, moi ce qui m'a le plus choquée c'est le président de la République
00:03qui est quand même garant de l'unité du pays.
00:07Honnêtement, les quelques jours qui viennent de se passer sont inquiétants.
00:11On ne peut pas dire autre chose, on ressent physiquement une espèce de tension angoissante.
00:17Je ne peux pas dire autre chose, on sent une haine monter des uns contre les autres.
00:21Tout le monde a une bonne raison de haïr son voisin et de justifier la haine de son voisin
00:25par les mots d'un tiers.
00:28On fait quoi avec ce dispositif ?
00:30Franchement, je veux dire, ça fait des années que certains craignent la guerre civile.
00:34On a tous les ferments sous nos yeux et vous avez des adultes qui se comportent de manière irresponsable.
00:41Le président de la République, j'attendais de lui, franchement, qui dise au lendemain de cet attentat
00:47qu'il se félicite par exemple de l'unanimité de la condamnation,
00:51que pour une fois devant le cadavre d'un jeune homme, il n'y ait pas de relativisation,
00:56il n'y ait pas d'attaque sur la victime, il n'y ait pas d'explication oiseuse sur
01:03ici la situation sociale, là-bas la situation économique de sa famille.
01:07Non, tout le monde a dit que c'était abominable, que c'était une horreur,
01:11que c'était un crime raciste.
01:12Tout a été reconnu.
01:13Peut-être qu'Emmanuel Macron aurait pu prendre acte de l'intervention de la soi-disant police raciste,
01:19l'intervention salutaire dans cette histoire.
01:22Il aurait pu prendre acte de l'unanimité de l'Assemblée d'un pays soi-disant raciste
01:27pour faire une minute de silence en hommage à ce jeune homme.
01:32Il aurait pu prendre acte aussi de la mobilisation immense des services d'enquêteurs.
01:39Le procureur antiterroriste nous a expliqué hier qu'il y avait 200 enquêteurs
01:43qui travaillaient sur le dossier, qu'il y avait 7 magistrats antiterroristes mobilisés dans ce dossier.
01:48Donc le racisme systémique est un petit peu relativisé par cette mobilisation de tous
01:52pour faire la lumière sur cette horreur.
01:55J'aurais attendu d'Emmanuel Macron qu'il soit ce ferment d'unité dans une période
02:00franchement angoissante, je le dis avec beaucoup de peine.
02:02Je vois sous mes yeux se dérouler en effet une espèce...
02:07Je ne sais pas, tout le monde a dit...
02:09Alors non, Emmanuel Macron préfère rentrer dans le jeu électoral
02:12en disant que le Rassemblement national est responsable.
02:15Il ne peut pas le croire.
02:16Une seconde.
02:17Qu'il soit en désaccord total avec toutes les propositions du Rassemblement national.
02:21Très bien, évidemment.
02:22Mais Emmanuel Macron se souvient-il que lui-même a été accusé de racisme,
02:27que lui-même a été collé en une d'un journal avec des barbelés autour du visage
02:31quand il proposait sa loi immigration.
02:34Parce que le seul fait de se pencher sur la politique d'immigration
02:38et d'avoir des désaccords avec celle-ci
02:40fait de vous un homme d'extrême droite, raciste, opposé aux droits de l'homme
02:44depuis maintenant des années.
02:45C'est ce narratif qui prépare cette haine.
02:47Cette gamine sur le plateau, elle est absolument persuadée
02:50d'avoir un danger mortel en face d'elle.
02:54Et d'ailleurs, elle ne dit pas juste, je voudrais un parti mort,
02:57sous-entendu, je vais le combattre politiquement.
02:59Elle dit, je vais en découdre avec le Rassemblement national.
03:01Et là, honnêtement, sur le plateau, la réaction est à la hauteur.
03:04Il y a une réaction adulte par rapport à son propos.
03:08Mais elle est le fruit, je pense, d'une société,
03:12et notamment médiatique et politique, qui n'a pas pris au sérieux,
03:15qui n'a pas pris au sérieux la menace d'un recours assumé
03:20à la violence politique du côté de l'extrême gauche.
03:23On s'est focalisé sur d'autres menaces qu'on a d'ailleurs anéanties,
03:26mais celle-ci n'a pas été prise au sérieux.
03:32Et certains ne la voient toujours pas, par ailleurs.
03:33Sous-titrage Société Radio-Canada
03:35Sous-titrage Société Radio-Canada

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