00:00Cette nouvelle journée de mobilisation entre les violences et la manifestation, le gouvernement sait qu'il joue gros lui.
00:07Oui, ce n'est pas anodin si le gouvernement estime que ce samedi est une journée à haut risque, presque
00:11un aveu risque sécuritaire,
00:13bien sûr, au vu des menaces décelées par les renseignements.
00:16Risque élevé aussi pour lui, tout simplement, avec l'enjeu de démontrer que le pouvoir existe encore,
00:21malgré sa course contre le temps, où chaque jour qu'il le rapproche du moment où il faudra partir,
00:25érode un peu plus sa puissance et aux yeux de certains même jusqu'à sa légitimité.
00:28Voilà pourquoi assurer l'ordre est devenu la priorité de l'exécutif.
00:32Montrer tout simplement qu'il a encore une raison d'être, on est extrêmement attaché à ce que l'ordre
00:38républicain puisse être garanti
00:39pour pouvoir apporter une réponse politique, me dit une source gouvernementale.
00:43Qu'est-ce qui se joue politiquement derrière tout ça ?
00:45Un moment de bascule, le politologue Jérôme Fourquet l'explique très bien.
00:48Chaque crise est le moment d'une grande clarification du paysage politique.
00:51Eh bien, nous y sommes, ce moment où deux lignes émergent face à un mouvement social,
00:55le parti de la rue et le parti de l'ordre.
00:57Pour le premier, je ne vous fais pas de dessin, il est évident incarné aujourd'hui par Jean-Luc Mélenchon
01:01et la France Insoumise.
01:02Quant au second, le parti de l'ordre, par nature, il est censé être incarné par le pouvoir, en temps
01:07normal en tout cas.
01:08Tout ce qui a été en contact avec le pouvoir macroniste de près ou de loin depuis dix ans est
01:12discrédité, reconnaît un cadre renaissance.
01:15On le voit d'ailleurs dans les sondages, tous les partis concernés sont en chute libre.
01:18Et qu'importe, le tour de vie sécuritaire depuis un mois, les consignes données face au blocus des lycéens,
01:23les interdictions de manifester les couvre-feux et les autres demandes lancées aux réseaux sociaux.
01:28Mais ça ne lui est pas reconnu comme tel ?
01:30Il fait tout pour, mais en effet, c'est fragile.
01:32L'État a failli, enfonce même cette semaine Édouard Philippe dans le point.
01:36Mais la nature a horreur du vide.
01:38L'ERN, sans rien faire, se positionne comme ce parti de l'ordre,
01:41ce prévalant d'avoir toujours fait de la sécurité l'une de ses priorités.
01:45Traduction directe dans les intentions de vote, avec ce duel entre deux camps
01:48et le sentiment de vivre un interminable second tour de présidentiel.
01:52Pour autant, la messe n'est pas dite.
01:53Et on comprend mieux pourquoi cette journée sera décisive,
01:56tant pour le commerçant qui craint pour son activité
01:58que pour le contribuable qui rage de devoir payer encore les dégâts d'une violence
02:02que son État n'arrive pas à enrayer
02:04et que le pouvoir pour tenter de prouver qu'il n'en a pas que le nom.
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