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00:00A Marseille, le président de la République face à la Marianne vandalisée.
00:05Une pièce au mur couvert de boiserie claire, au centre, posée sur une console en bois,
00:11un buste en marbre blanc, celui de Marianne, symbole de la République française.
00:16Elle porte un bonnet phrygien, ses cheveux ondulent sur ses épaules,
00:20et son visage est serein, tourné vers l'objectif.
00:24De part et d'autre du buste, deux hommes en costume bleu marine se font face, de profil.
00:29A gauche, le maire de Marseille, Benoît Payan, cheveux bruns, barbe de quelques jours, vue presque de dos.
00:36A droite, le président de la République Emmanuel Macron, cheveux grisonnants, chemise blanche, cravate sombre, une petite épingle rouge au
00:45revers.
00:45Leurs regards sont concentrés, graves, comme s'ils échangeaient à voix basse.
00:50Cette scène date du 26 octobre 2026, à l'hôtel de ville de Marseille.
00:55Le samedi 17 octobre, lors d'une mobilisation contre la vie chère, partie de lycéens en colère,
01:01des manifestants ont fait irruption dans l'hôtel de ville de Marseille et renversé un buste de Marianne.
01:07La ville a connu violence et pillages.
01:10Benoît Payan a alors dénoncé le manque de policiers et réclamé des comptes à l'État.
01:15Ce lundi 26 octobre, Emmanuel Macron venait constater le retour à l'ordre républicain et remercier les forces de l
01:23'ordre.
01:23À Paris, les commerces sinistrés, un samedi après l'autre.
01:28Sur un trottoir parisien, parsemé de feuilles mortes, une jeune femme passe d'un pas pressé, silhouette un peu floue.
01:36Bonnet noir, cheveux roses, veste sombre, sac en bandoulière, bottine, derrière elle, la devanture d'un opticien.
01:44À gauche, la vitrine brisée et condamnée par un grand panneau de bois brut sur lequel est peint en orange,
01:50il n'y a plus rien.
01:51À droite, un rideau de fer baissé, l'affiche de deux hommes élégants en lunettes de soleil et à leurs
01:58pieds, des éclats de verre tagués de jaune.
02:01Au-dessus, l'enseigne promet une nouvelle vision de la vie.
02:06Nous sommes le 25 octobre.
02:08Depuis le 17, les samedis de mobilisation laissent derrière eux vitrines brisées et pillages.
02:14Environ 3000 commerces ont été touchés lors des premières violences, selon le ministre du Commerce.
02:21Pour attraper leurs pertes, les commerçants réclament, à titre exceptionnel, une ouverture facilitée le dimanche jusqu'à Noël, une demande
02:31encouragée par le gouvernement.
02:34Casseur-payeur, le Sénat s'empare de la loi.
02:37Gros plan sur un bureau de bois vernis au plateau recouvert de cuir vert brodé d'or.
02:43Posé en biais, un épais dossier cartonné bleu fermé par un ruban beige noué.
02:49Sur la couverture, une étiquette blanche porte l'emblème du Sénat et un titre « Projet de loi relatif à
02:56la réparation des dommages résultant de violences ou de dégradations dans l'espace public »
03:02Puis, texte de la commission.
03:04A l'arrière-plan, une moquette rouge.
03:07Ce dossier, c'est la loi dite « Casseur-payeur ».
03:11Conçue cet été, après les débordements qui ont suivi le sacre européen du Paris Saint-Germain,
03:17elle est devenue éminemment politique depuis le 17 octobre,
03:21quand plus de 2200 entreprises ont été vandalisées selon les chambres de commerce.
03:27Ce 27 octobre, le Sénat l'examine.
03:30Elle prévoit de faire payer jusqu'à 10 000 euros les personnes restées sur place après un ordre de dispersion.
03:38Les sénateurs l'ont adoptée dans la nuit sous une forme durcie.
03:41Elle part désormais à l'Assemblée nationale.

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