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  • il y a 3 heures

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Transcription
00:00Ici matin, le début de Movember pour lever les tabous sur le cancer de la prostate.
00:05Movember c'est un mois pour sensibiliser au dépistage des cancers masculins et plus précisément du cancer de la prostate.
00:11On en parle avec notre invité, bonjour Hervé Lang.
00:13Bonjour, merci pour votre invitation.
00:15Vous êtes chef de pôle d'urologie aux hôpitaux universitaires de Strasbourg.
00:19Alors Movember c'est une opération de sensibilisation qui est encore un peu dans l'ombre d'octobre rose
00:24et pourtant le cancer de la prostate est le premier cancer chez les hommes.
00:27Est-ce que c'est un peu une anomalie ?
00:30Non, pas tout à fait.
00:32Il est bien évident qu'octobre rose avec le cancer du sein, c'est un dépistage de masse qui est
00:39proposé à l'ensemble des femmes
00:41alors que le cancer de prostate c'est un dépistage individuel qui est proposé par les médecins traitants aux patients
00:48en expliquant l'intérêt et les bénéfices du dépistage.
00:52Pas de dépistage massif, pas de courrier, mais donc l'acteur essentiel c'est le médecin généraliste.
00:57C'est lui qui est en première ligne ?
00:58Absolument, c'est la pierre angulaire de ce dépistage.
01:01Qu'est-ce qu'on fait ? On fait une prise de sang ?
01:03Alors deux choses pour ce dépistage.
01:05Le premier c'est la prise de sang comme vous le dites sur un dosage du PSA qui est un
01:10marqueur biologique.
01:11Il est important de prendre en considération que ce marqueur est un marqueur spécifique de la prostate
01:16mais non spécifique du cancer de la prostate.
01:19ça veut dire que ce marqueur peut être augmenté dans d'autres circonstances que le cancer de prostate
01:25pour une hypertrophie bénigne, une prostate qui est plus grosse qu'habituellement
01:29ou lorsqu'il y a une infection au niveau de la prostate.
01:32Le dépistage il est préconisé, recommandé entre 50 et 75 ans
01:37mais il reste encore des tabous selon vous ?
01:40Alors il reste des tabous oui puisque si je vous dis tout sur le dépistage
01:45il y a le dosage du marqueur dont on vient de parler mais il y a également le toucher rectal
01:49et c'est clair que c'est un examen clinique qui est des fois redouté par les hommes
01:55et c'est sûr que ça n'améliore pas la publicité pour ce dépistage.
02:01Il y a des symptômes qui doivent alerter les hommes qui nous écoutent entre cette tranche d'âge ?
02:06Non absolument pas, il n'y a pas de marqueur spécifique, il n'y a pas de signe spécifique pour
02:12le cancer de prostate
02:13c'est totalement aspécifique et ça peut être lié à l'augmentation de volume de la prostate
02:19mais qui n'est pas du tout lié au cancer.
02:22L'association nationale des malades du cancer de la prostate milite pour des dépistages sanguins généralisés
02:27sur le cancer de la prostate pour les hommes des 45 ans, vous y êtes favorable, c'est nécessaire ?
02:32Alors très clairement et comme vous l'avez dit juste à l'instant
02:36le dépistage c'est 50-75 ans mais dans certaines circonstances on peut être amené à avancer ce dépistage à
02:4445 ans
02:45dans deux circonstances essentiellement, les patients d'origine afro-antillaise
02:50et les patients qui ont des antécédents familiaux de cancer de prostate qui sont suspects de cancers familiaux
02:57et donc là on préfère leur proposer un dépistage à partir de 45 ans.
03:02Alors nous avons parlé du dépistage, c'est bien le but de Movember, alors est-ce que le cancer de
03:07la prostate se soigne bien ?
03:09Parce que c'est votre rôle notamment ?
03:11Absolument, le cancer de prostate, surtout quand il est dépisté, c'est-à-dire au stade localisé, il est pris
03:17en charge de manière efficace.
03:20Alors différentes possibilités, il y a des cancers qui sont diagnostiqués, qui sont des cancers indolents
03:26et pour lesquels on peut proposer de la surveillance.
03:30A l'inverse, il y a des cancers plus agressifs et c'est l'intérêt du dépistage, c'est de
03:35retrouver ces cancers agressifs
03:37pour lesquels il faudra proposer un traitement curateur, c'est-à-dire que les patients auront après ce traitement
03:44la même durée de survie que les mêmes patients sans cancer de prostate.
03:48Il y a 60 000 nouveaux cas par an de cancer de la prostate en France, près de 9 000
03:54décès par an.
03:56Pourquoi ça reste le premier cancer masculin ?
04:00Alors très clairement, quand moi j'étais jeune et j'étais interne, on dépistait peu le cancer de prostate.
04:06Maintenant c'est clair qu'avec le dépistage, on retrouve beaucoup.
04:09Et un des facteurs qui est lié au diagnostic de cancer de prostate, c'est l'âge.
04:16Et avec l'âge, il y a un développement de ces cancers qui est de plus en plus fréquent,
04:22ce qui explique également l'augmentation de l'incidence du nombre de cas détectés par an.
04:29Dernière question, au-delà de ce mois de sensibilisation où certains d'ailleurs vont porter une moustache,
04:34est-ce qu'il y a d'autres actions de sensibilisation à faire selon vous ?
04:37Alors d'autres, comme vous l'avez dit et je reviendrai à ce que vous avez dit tout au début,
04:42je pense que c'est dans une conversation singulière avec le médecin traitant
04:47qu'il faudra trouver la solution et qu'il faut proposer ce dépistage.
04:54Et ces patients nous seront adressés le plus souvent avec une élévation du PSA.
04:59A nous ensuite de faire le diagnostic et de faire les examens satisfaisants
05:05pour diagnostiquer ou non un cancer de prostate.
05:08Ce sera vous ensuite en première ligne.
05:10Merci professeur Hervé Lang.
05:11Je rappelle que vous êtes le chef de pôle d'urologie et responsable de la filière onco-urologie
05:17aux hôpitaux universitaires de Strasbourg.
05:19Merci de vous être déplacé dans le studio d'ici Alsace.
05:21Merci.

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