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Raphaël Glucksmann, candidat PS-Place publique à la présidentielle, était l’invité du Face-à-Face sur BFM et RMC ce lundi 2 novembre. Il a notamment été interrogé sur le prix des carburants, sur le mouvement lycéen, sur les dates du second tour de la présidentielle ou encore sur la primaire proposée par Gabriel Attal. 

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Transcription
00:00Il est 8h29 et vous êtes bien sûr RMC et BFM TV. Bonjour Raphaël Luxman.
00:04Bonjour.
00:04Merci de répondre à mes questions ce matin. Vous êtes candidat à l'élection présidentielle, candidat PS Place Publique.
00:09Vous êtes également député européen. Très nombreuses questions à vous poser à l'aube de cette semaine,
00:14qui sera une semaine sociale, une semaine de mobilisation. On l'a vu à l'instant sur les images de
00:19BFM TV,
00:19des tentatives de blocage devant quelques lycées.
00:23Est-ce que vous estimez que ces blocages, que ces mobilisations, elles sont nécessaires
00:28ou est-ce qu'elles sont excessives aujourd'hui ?
00:30Moi, j'estime que les lycéens sont mobilisés depuis des semaines et des semaines
00:35et que le gouvernement a tenté pendant plus d'un mois et demi le pourrissement,
00:40de ne pas répondre aux revendications et finalement d'espérer que les vacances de la Toussaint
00:44allaient répondre à sa place à ce que demandent les jeunes Français.
00:49Et franchement, les demandes sont parfaitement légitimes.
00:51C'est pouvoir aller étudier sans avoir des rats dans les toilettes des lycées.
00:55C'est pouvoir avoir un professeur, un enseignant face à soi quand on veut passer le bac.
01:01C'est donc qu'il y ait des remplacements.
01:02C'est pouvoir simplement vivre sa vie de lycéen.
01:06Mais il y a eu un début de réponse.
01:07Oui, il y a eu un début de réponse.
01:07Et d'ailleurs, c'est tout à fait reconnu par les lycéens.
01:10Un mec qui dit qu'il faut maintenir le rapport de force.
01:13Trop tard, trop tard et surtout encore trop flou.
01:15Moi, j'ai été à Matignon avec un plan de sortie de crise.
01:18Et dans les points que nous avons proposés, certains ont été repris par le gouvernement.
01:23C'était bienvenu.
01:24Ça vient trop tard.
01:25Mais maintenant, il faut voir si dans les faits, c'est vraiment inscrit au budget, par exemple.
01:29Tout est resté très flou.
01:31Encore faudrait qu'il y ait un budget.
01:32Oui, d'accord.
01:32Mais là, le gouvernement peut faire un geste et montrer que ce ne sont pas des promesses en l'air.
01:37Et que finalement, il y a l'inscription au budget des promesses faits aux lycéens.
01:44Qu'est-ce que vous leur dites aux lycéens ?
01:48Moi, c'est ce que je leur dis, c'est très simple.
01:49Vous avez obtenu beaucoup.
01:52Eh bien, désormais, faites attention à ce que vous obtenez et que vous l'obteniez réellement.
01:56Et donc, je comprends tout à fait l'attitude qui consiste à continuer la mobilisation.
02:00Après, oui, il va falloir un moment retourner en cours.
02:02Mais retourner en cours en ayant été entendu par le gouvernement.
02:04On a notamment des proviseurs.
02:07Je recevais l'une des proviseurs d'un lycée parisien qui avait été pris pour cible,
02:12qui dit « Moi, je m'inquiète désormais aussi pour les élèves les plus en difficulté,
02:16qui sont privés de cours depuis un bon bout de temps,
02:19et qui pourraient se retrouver avec une incapacité ensuite à prendre le train en marche
02:23quand les cours vont reprendre. »
02:25Est-ce qu'il faut, malgré tout, entendre aussi cette question-là et la prendre en compte ?
02:28Il faut totalement l'entendre et totalement la prendre en compte.
02:31Et c'est pour ça que les lycéens qui, aujourd'hui, sont mobilisés,
02:34je suis sûr, ont des discussions entre eux sur comment on fait pour ne pas sacrifier cette année,
02:39tout en obtenant réellement...
02:41Et encore une fois, ça ne vient pas de nulle part.
02:43On a des lycées, des collèges partout où je vais.
02:46Moi, je vais voir les collèges publics, les lycées publics.
02:48Et je suis scandalisé, par exemple, par l'état du bâti.
02:51On a 30% des lycées français qui sont délabrés ou insalubres.
02:56On est dans une situation où la République française invite ses enfants dans des conditions absolument inqualifiables à étudier.
03:05Mais au-delà de ça, il y a désormais les étudiants également, avec un mot d'ordre, notamment, c'est
03:09la fin de la sélection.
03:10Est-ce que c'est souhaitable une société dans laquelle il n'y aurait plus de sélection ?
03:16Ce qui est souhaitable, c'est une société dans laquelle chaque enfant de France a une formation qualifiante.
03:23Et donc, peut aller soit à l'université, soit obtenir une formation professionnelle.
03:27Tout le monde n'ira pas à l'université.
03:29Mais par contre, ce qui est certainement...
03:31Vous savez que ce mouvement, c'est important de le noter.
03:33C'est une question presque philosophique.
03:35Est-ce qu'il faut, à un moment ou à un autre, faire sauter l'idée même de sélection ?
03:38C'est ce que certains des représentants des étudiants demandent.
03:41Ce qu'il ne faut pas faire sauter, c'est l'idée d'orientation.
03:44C'est-à-dire que tout le monde n'a pas vocation à aller en fac.
03:48Et il y a nécessité d'avoir des formations professionnelles.
03:52Et vous noterez que ce mouvement, ce n'est pas anodin et ce n'est pas fréquent,
03:55est parti d'abord des lycées professionnels.
03:58Et des lycées professionnels des quartiers populaires.
04:00C'est-à-dire les lycées qui sont aujourd'hui les voies de garage,
04:02qui sont complètement abandonnées dans les politiques publiques.
04:05Et donc, il faut partir de l'origine de ce mouvement
04:08et répondre d'abord à ces questions des lycées improfessionnels.
04:11Mais vous n'avez pas répondu à ma question sur la sélection.
04:13Est-ce que la sélection, malgré tout, ça reste nécessaire ?
04:16Est-ce qu'il faut continuer à avoir des sélections ?
04:17Le but, je vous l'ai répondu, le but, c'est d'avoir une orientation.
04:21Une orientation bien en amont.
04:22Et le but, c'est que finalement, quand on choisit une voie professionnelle,
04:25on ne soit pas considéré comme absolument les déshérités de la République.
04:29Moi, ce que je crois, c'est que comparé aux voisins européens qui sont les nôtres,
04:32eh bien, en France, on a sacrifié la voie professionnelle,
04:35on a sacrifié la formation professionnelle.
04:37Et que donc, il va falloir aujourd'hui faire un effort massif sur les questions de formation.
04:41Vous avez par exemple un sujet qui nous arrive en pleine tête et personne n'y fait attention.
04:45C'est l'intelligence artificielle.
04:47Comment ça en parlez quand même ?
04:48Oui, mais dans l'éducation nationale, on vous est dans une situation où, en réalité,
04:52on a une institution qui n'est pas prête à faire cette...
04:55Mais est-ce qu'on va jusqu'au bout de la logique de l'intelligence artificielle ?
04:57Quand on regarde en Chine, par exemple, désormais, ils ont carrément supprimé une partie des formations
05:03estimant qu'à l'heure de l'intelligence artificielle, ça n'a plus de sens.
05:06Est-ce qu'il faut aller jusque-là ?
05:07Est-ce qu'il faut en réalité devenir dans une forme de lecture presque d'efficacité des filières ?
05:12En se disant, celle-là, on la supprime parce que, je ne sais pas, diplôme plus 5,
05:15vous n'avez personne qui a trouvé du boulot.
05:18Est-ce qu'il faut rentrer dans cette logique-là ?
05:20Non, ce qu'il faut, c'est se saisir de cette révolution technologique,
05:23cet outil, et le placer au cœur du contrat social.
05:25Et donc, ce qu'il faut, c'est former nos jeunes,
05:27former nos jeunes à l'utilisation de l'intelligence artificielle.
05:29À partir de quand ?
05:30Il faut une UNIA souveraine, et ça, ça se décidera à l'échelle européenne.
05:33Je reprends l'exemple de la Chine, à partir de la sixième en Chine,
05:36on vous parle d'intelligence artificielle, et il y a des formations sur l'intelligence artificielle.
05:39Est-ce qu'il faut le faire ?
05:40Eh bien, l'éducation numérique, l'éducation à l'intelligence artificielle,
05:43je ne sais pas si c'est depuis la sixième, je ne me suis pas plongé suffisamment dans le dossier,
05:47mais c'est sûr que ça devra être une composante essentielle de la formation de nos jeunes.
05:51Parce qu'en réalité, aujourd'hui, vous avez une IA qui n'est pas souveraine en Europe.
05:55Vous êtes dominé par la Chine et par les États-Unis.
05:58Vous êtes menacé de devenir une colonie américaine et chinoise.
06:01Donc, il faut une IA souveraine.
06:02Et derrière, ce qu'il faut, c'est ensuite un plan Marshall de la formation,
06:04pour que nos jeunes, puis nos travailleurs, tout au long de leur carrière,
06:09soient formés à l'utilisation d'une intelligence artificielle.
06:12Et ça, c'est un effort qui n'est pas aujourd'hui produit et qui sera clé dans le débat
06:16présidentiel qui nous attend.
06:17Dans le débat présidentiel qui nous attend, il ne faut pas qu'on fasse comme si
06:20on n'était pas dans une période de mutation extrêmement profonde.
06:23Et moi, je m'étonne que, par exemple, ce ne soit pas un débat qui mobilise aujourd'hui l'opinion.
06:28Mais chiche, mais chiche.
06:29Raphaël Gluck-Span, il y a la mobilisation des lycéens,
06:30il y a la mobilisation de l'intersyndicale, avec un appel à une grève générale jeudi.
06:34Est-ce que vous soutenez ?
06:36Moi, je soutiens et je serai dans la rue, aux côtés des syndicats et de l'intersyndicale,
06:40parce que les Français n'en peuvent plus, en fait.
06:41On est dans une situation où on n'arrive plus à boucler sa fin de mois,
06:45où des gens qui se tuent au travail n'arrivent plus à vivre dignement de leur salaire.
06:49Et donc, il y a une question en France qui est la question de la vie chère,
06:52mais qui est la question des bas salaires.
06:53Vous savez, en France, on est dans une situation où vous travaillez
06:57et vous ne touchez pas assez pour pouvoir vivre dignement.
06:59Et ça, c'est quelque chose auquel le gouvernement doit répondre de manière urgente.
07:03Il a répondu à une partie des demandes lycéennes,
07:06mais rien n'est arrivé sur le pouvoir d'achat.
07:09Rien n'est arrivé encore sur le SMIC.
07:10Rien n'est arrivé sur la question des salaires au-delà du SMIC.
07:12Les prix à la pompe qui, ce matin, dans certaines stations, ont baissé de 21 centimes.
07:16Avec l'utilisation des stocks stratégiques.
07:18Moi, j'étais pour.
07:18Je trouve que c'est un pas positif.
07:21Et vous savez, quand il y a des pas positifs, il faut savoir le dire aussi.
07:23Mais ce n'est pas suffisant.
07:24Ce n'est pas suffisant dans l'aide sur l'énergie.
07:26Ce qu'il faut, c'est augmenter le chèque énergie.
07:28Il faut le monter à 500 euros pour les 6 millions de foyers qui en bénéficient.
07:31Il faut l'étendre aux classes moyennes.
07:32Il faut aussi poser la question, qui est une question centrale, qui est celle des salaires.
07:36Et moi, j'ai une solution que j'ai proposée au gouvernement.
07:39Vous baissez la CSG sur les salaires.
07:42Vous la rendez progressive.
07:43Et vous financez ça par la taxation des plus hauts patrimoines.
07:47Ce que vous faites, c'est que vous taxez...
07:48Alors, je n'ai pas compris si c'était 100 euros par an, par mois.
07:52Il y a eu un doute là-dessus.
07:53Ça représente combien par personne ?
07:55Ça représente 100 euros par mois pour un salarié qui est au salaire médian.
08:00Ça représente 83 euros si vous êtes au SMIC.
08:03Ce que ça représente, c'est finalement un 13e mois à la fin de l'année.
08:07Et qu'est-ce qui se passe ?
08:08C'est qu'aujourd'hui, nous sommes devenus une société d'héritiers.
08:10Donc, il faut taxer les plus grands héritages.
08:12Il y a 50 ans, les deux tiers de la fortune des Français, c'était le produit de leur travail.
08:17Et un tiers seulement, le produit de leur héritage.
08:18Aujourd'hui, c'est l'exact inverse.
08:20On est en train de devenir une société de privilégiés.
08:23Une politique fiscale intelligente, c'est une politique qui oriente la société.
08:27Est-ce qu'on veut être une société de privilégiés ?
08:29Est-ce qu'on veut que les inégalités se transmettent de génération en génération ?
08:32Ou est-ce qu'on veut être une société de travailleurs qui valorise le mérite,
08:36qui fait que quand vous allez travailler, vous pouvez vivre dignement ?
08:40Et finalement, les plus grands héritiers, ils héritent.
08:43Mais qu'ont-ils fait pour bénéficier de cette pension ?
08:45Mais je vous repose la question de la sélection.
08:46On en arrive toujours à ça, en fait.
08:47C'est-à-dire, est-ce que vous venez de me dire le mot du mérite ?
08:51Est-ce qu'il faut aussi envisager, tiens, une rémunération au mérite ?
08:54Ceux qui utilisent le mérite aujourd'hui en permanence sont ceux précisément qui refusent la taxation des plus grands héritages.
09:01Ce sont ceux qui acceptent le fait que la France soit un des seuls pays d'Europe à ne pas
09:05taxer les plus-values latentes.
09:06Ce sont ceux qui font qu'on puisse faire de l'optimisation fiscale sur les grandes successions
09:10en transmettant son yacht via le pacte d'Utreil.
09:13Et nous, ce que nous promettons et ce que nous voulons porter,
09:15c'est justement une société du mérite.
09:17C'est-à-dire une société où les travailleurs sont replacés au cœur du contrat social.
09:21À la fois sur la question des salaires, sur la question des conditions de travail.
09:23Il faut qu'on remette les travailleurs au cœur de notre projet de société.
09:26Et c'est ce que la gauche n'a pas fait pendant trop longtemps.
09:28Et c'est surtout ce que les politiques qui se calent successives ne font pas.
09:31Vous avez dit, j'y serais le 5 dans la rue.
09:35Est-ce que vous dites que vous allez devoir faire attention, réfléchir à l'avance à où est-ce que
09:39vous allez aller ?
09:40Est-ce que vous pensez que vous serez bien accueillis ?
09:41Est-ce que désormais, c'est des questions que vous êtes obligés de vous poser dans le climat ambiant ?
09:45Oui, parce qu'on a un climat de violence, parce qu'on a une brutalisation du débat public,
09:50parce qu'on a des campagnes de harcèlement.
09:52Mais moi, ce que je veux dire, c'est que les brutos ne m'impressionnent pas.
09:55Je serai partout, je ferai campagne partout dans le pays.
09:57Et j'irai oui le 5 en manifestation, parce que je soutiens les revendications des syndicats sur la vie chère.
10:03Je rappelle que vous et les partis socialistes, par exemple,
10:05lors de l'hommage, le premier, après le dramatique attentat terroriste raciste à Trappes,
10:15ont été hués.
10:16Le maire de Paris a été hué à Stalingrad.
10:20Dans un moment d'hommage.
10:21Par des militants insoumis.
10:22Par des militants à la France insoumise.
10:24Par des militants insoumis.
10:25Et oui, et quand on organise des événements, ils viennent à l'entrée pour nous invectiver, pour nous bloquer.
10:30C'est quoi des méthodes comme ça ?
10:32On n'a jamais vu un militant socialiste ou place publique aller troubler un événement de la France insoumise
10:38ou de n'importe quel autre parti, d'ailleurs.
10:39Donc, ils installent une atmosphère, via leur propagande haineuse,
10:44ils installent une atmosphère qui est détestable.
10:46Et moi, je vous le dis, mais simplement, ils ne font pas peur.
10:49C'est-à-dire qu'on ira partout.
10:50Vous trouvez qu'ils ne font pas peur, en vrai ?
10:51Est-ce que finalement, vous n'allez pas quand même être obligés, vous, peut-être vos porte-parole,
10:58de faire attention aux endroits où ils vont, de faire attention en permanence, de s'auto-censurer ?
11:03Non.
11:03Alors, l'auto-censure, certainement pas.
11:05Je vais vous dire, je n'ai pas changé mon discours, je n'ai pas changé mes positions
11:07parce qu'il y a des gens violents en ligne ou physiquement.
11:11Et quitte à prendre de la farine sur la tête,
11:13moi, je pense que ça discrédite plus celui qui lance la farine que celui qui la reçoit, vous savez.
11:18Et donc, à la fin, moi, je ferai campagne partout.
11:21J'irai partout porter ce message simple que la gauche démocratique se refonde,
11:25qu'elle est aujourd'hui en mesure de gouverner le pays.
11:28Comment on fait, pardon, mais comment on fait pour tenir jusqu'à la campagne,
11:31jusqu'à là, jusqu'à les six mois de campagne ?
11:34Comment on fait dans ce climat dont vous dites que c'est devenu un climat de haine
11:37à votre encontre, à l'encontre des journalistes ?
11:39Ma consoeur, Anne-Claire Coudray, du 20h de TF1,
11:43s'est faite insulter ce matin ou hier soir par Jean-Luc Mélenchon
11:47qui annonce qu'il n'ira plus aux 20h de TF1.
11:50C'est-à-dire qu'en fait, on a l'impression que désormais,
11:52que ce soit un jour M6, un jour BFM, un jour TF1,
11:55que ce soit vous les politiques, on est dans un climat vraiment de quoi ?
11:59De violence ? De haine ?
12:01On est dans un climat de détestation.
12:04De détestation les uns des autres.
12:06Et je pense que ce climat est extrêmement dangereux.
12:08Je pense que la France, aujourd'hui, est menacée de dislocation.
12:11Si vous revoyez la séquence qu'on vient de vivre,
12:13le 17 octobre, tous ces commerçants qui se sont vus pillés,
12:17cette violence dans les rues de nos métropoles,
12:21si vous considérez l'attentat raciste de Trapp,
12:26un homme qui vide son chargeur sur une fillette de 12 ans
12:29parce qu'elle n'a pas la bonne couleur de peau,
12:31et si vous constatez de manière générale
12:33l'augmentation des discours de haine et des invectives partout, tout le temps,
12:38eh bien moi j'en ai marre de ce climat-là.
12:40J'en ai marre.
12:40Et je pense que la France a besoin d'être apaisée, réconciliée, transformée.
12:44Mais je pense que le changement profond qu'on porte,
12:47la rupture nette avec les dix années de macronisme,
12:49tout ça doit se faire pour réconclier les Français.
12:52Vous estimez que tout cela, c'est un même climat de haine ?
12:56Je pense que nous sommes dans une société qui se polarise de plus en plus.
12:59Pourquoi ?
12:59Parce que nous n'avons plus de projet commun.
13:01Parce que la République ne fait plus sens.
13:03Parce que nous sommes devenus une forme de constellation,
13:07de ghettos, de groupes qui ne se parlent plus les uns les autres
13:12et qui ont peur les uns les autres.
13:13Et comment on sort de ça ?
13:14Eh bien, on sort de ça par un grand projet républicain.
13:17Moi je porte un nouveau contrat.
13:18Est-ce qu'il faut interdire certaines choses ?
13:20Le maire de Trappes, que je recevais ici même la semaine dernière,
13:23Ali Rabet, estime désormais qu'il y a un certain nombre de propos
13:27qui ne doivent plus même être débattus ou exprimés.
13:31Il parle par exemple de la théorie du grand remplacement
13:33qui a fait mal à notre société, je le cite,
13:35et qui arme idéologiquement de potentiels terroristes.
13:38Est-ce qu'il faut désormais considérer qu'il y a des propos qu'on n'a plus ?
13:42Déjà, permettez-moi de dire que j'ai été à Trappes vendredi dernier
13:46et que j'ai regretté.
13:47J'ai regretté qu'il n'y ait pas ce moment d'unité nationale.
13:51C'était une cérémonie extrêmement digne.
13:52Mais il n'y avait que des dirigeants de gauche à Trappes.
13:55Pourquoi ?
13:55Où était le gouvernement ?
13:58Où était la droite ?
13:58Pourquoi il n'y avait pas les ministres ?
13:59Pourquoi il n'y avait pas les représentants de la droite républicaine ?
14:02Pourquoi la droite libérale n'est pas venue ?
14:04Pourquoi il n'y a pas eu, là, d'unité nationale ?
14:08On a l'impression que c'était un peu chacun dans son coin.
14:10Certains ont été à un hommage, mais qui lui étaient à la ferrière.
14:12Pourquoi ? Parce que les victimes étaient noires et arabes ?
14:15Vous pensez que c'est ça ?
14:16Je ne sais pas.
14:17Ce n'est pas à moi qu'il faut poser la question.
14:18Moi, j'étais à Trappes.
14:19Moi, ce que je vous dis, c'est que c'était un moment important
14:21et qu'il fallait qu'on soit tous là
14:24pour réaffirmer la République une et indivisible et antiraciste.
14:27Et que je m'étonne de cette incapacité
14:30à faire ces moments d'unité nationale
14:32dans une période aussi grave et face à un attentat aussi abjecte.
14:35Et donc, il y a la nécessité, oui, de combattre le racisme
14:39mais finalement qui devient quasiment naturel dans la société.
14:43Est-ce qu'il faut le combattre en en parlant, y compris en débattant ?
14:48Moi, je me souviens de Jean-Luc Mélenchon débattant avec Éric Zemmour.
14:52C'était sur BFM TV et c'était d'ailleurs la volonté de l'un comme de l'autre.
14:55Jean-Luc Mélenchon, à l'époque, voulait débattre avec Éric Zemmour.
14:59Est-ce qu'aujourd'hui, il faut débattre ou il faut l'interdire ?
15:01L'interdire de parole ?
15:02C'est très compliqué d'interdire une idée aussi abjecte soit-elle
15:07ou une idéologie.
15:08C'est à peu près la même chose quand on disait
15:10il faut interdire l'idéologie des frères musulmans
15:12ou interdire l'idéologie salafiste.
15:14C'est très compliqué.
15:15Par contre, ce qui est certain, c'est qu'il faut faire en sorte
15:19que ceux qui sont condamnés pour injure raciale
15:22ou incitation à la haine raciale ou pour antisémitisme
15:26ne puissent plus être élus.
15:28C'est finalement la république exemplaire qu'on doit créer.
15:32Le racisme n'est pas une opinion qui porte.
15:34Et ce sont les gens qui font, les élus qui tiennent des propos racistes
15:38qui doivent être sanctionnés.
15:41Raphaël Glucksmann, il est temps d'être tous responsables.
15:43Voilà ce que dit Gabriel Attal.
15:44Il appelle à l'organisation d'une grande primaire des démocrates.
15:47On n'a pas tout à fait compris d'ailleurs si ça allait jusqu'à vous ou pas.
15:50Mais enfin, en gros, il vous propose, y compris à vous,
15:53de participer à cette grande primaire démocrate.
15:55Qu'est-ce que vous répondez ?
15:56Mais cette primaire, c'est la primaire de ceux qui assument le bilan du macronisme,
16:01de ceux qui ont été premiers ministres d'Emmanuel Macron,
16:03de ceux qui ont été ministres d'Emmanuel Macron.
16:06Et donc, ce n'est pas mon histoire.
16:07Et puis, je vais vous dire une autre chose.
16:10Au fond, moi, je n'ai jamais cru au macronisme, notamment pour ça.
16:13Cette idée que Raphaël Glucksmann et Bruno Rotaillot,
16:17c'est soluble l'un dans l'autre.
16:19Qu'on peut faire du « et en même temps » entre la gauche et la droite.
16:22Je n'y crois pas.
16:23Je n'y croyais pas.
16:23Hier, je n'y crois pas.
16:25Aujourd'hui.
16:26Enfin, en même temps, à un moment, vous dites toujours « il ne faut pas les extrêmes ».
16:28Enfin, à un moment, si vous ne vous mettez pas ensemble, ce n'est pas très cohérent.
16:31Non.
16:31La droite et la gauche, ce n'est pas la même chose.
16:33Et vous savez, depuis dix ans, je pense qu'Emmanuel Macron a créé un mythe.
16:39Un mythe politique que les commentateurs et les journalistes
16:43ont complètement acheté et que les politiques eux-mêmes ont fini par acheter.
16:46C'est le mythe de la tripartition.
16:48Il y aurait le centre rationnel, tous les gens rationnels qui sont réunis dans un même espace.
16:53Et face à cela, il y aurait deux populismes, celui de Mélenchon et celui de Le Pen.
16:58Cette tripartition, je n'y ai jamais cru.
17:02Moi, je crois qu'il y a une gauche démocratique qui existe et que nous allons, nous, remporter les choix.
17:06Mais est-ce qu'à la fin ?
17:07À la fin, vous nous remercierez tous d'avoir refusé les sirènes du macronisme,
17:11d'être resté dans l'opposition.
17:13Parce qu'aujourd'hui, il y a une alternative démocratique, rationnelle, crédible
17:17à ces dix années de gabegie, à ces dix années d'impuissance et à ces dix années d'injustice.
17:22Nous sommes, nous, l'alternative.
17:24Nous pouvons sauver la démocratie justement parce que nous n'avons pas participé au gouvernement
17:28ces dix dernières années, parce que nous ne portons pas ce bilan.
17:30En gros, vous dites, Gabriel Attal et Edouard Philippe, ils sont le prolongement du macronisme.
17:34Ils sont, de facto, le prolongement du macronisme.
17:36Et je suis convaincu, moi, qu'il n'y aura pas de majorité de Français
17:39pour élire un ancien communiste d'Emmanuel Macron et continuer exactement les mêmes politiques.
17:43Parce que si nous sommes dans cette situation, c'est parce que depuis dix ans,
17:46des politiques injustes qui ont conduit à l'impuissance de l'État,
17:49comme on a pu le constater dans les rues de Paris et d'ailleurs,
17:52eh bien ces politiques ont mené à une forte, forte volonté de changement profond,
17:57de rupture nette.
17:58Hier soir, Emmanuel Grégoire, qui est maire de Paris et qui est votre soutien,
18:05il estime que vous êtes son candidat, mais il dit, je pense que ce serait une très mauvaise idée
18:10d'avoir une candidature commune avec le socle commun, comme vous.
18:12Mais voilà ce qu'il ajoute.
18:14Ça n'interdit pas, quand on sait que personne n'est assez fort pour gouverner le monde tout seul,
18:19de s'imposer après des négociations intelligentes,
18:23de la même façon qu'il faudra sans doute le faire avec la gauche LFI,
18:29écologiste, communiste et avec le Bloc central.
18:31Est-ce que vous reprenez ces mots ? Il faudra sans doute le faire,
18:36ces négociations, y compris avec la gauche LFI, écologiste, communiste.
18:40Mais j'ai une élection présidentielle à gagner.
18:44Mais est-ce que c'est ça que vous préparez finalement derrière ?
18:46Et c'est la gauche démocratique qui va la gagner.
18:49Ensuite, je m'adresse à tous les électeurs,
18:51qu'ils aient choisi Jean-Luc Mélenchon ou qu'ils aient choisi Emmanuel Macron.
18:55Et je leur dis, nous sommes l'alternative crédible,
18:57nous sommes la rupture tranquille, si vous voulez.
19:00Et nous sommes la rupture réaliste.
19:02Et nous allons remporter cette élection.
19:05Et cette élection, elle ne repose pas sur des négociations.
19:08Il y a des offres politiques concurrentes.
19:10En gros, il y a Jean-Luc Mélenchon.
19:11Si vous voulez voter pour Jean-Luc Mélenchon, votez pour Jean-Luc Mélenchon.
19:14Il y a l'offre que moi je porte.
19:16Il y aura une offre de droite libérale, héritière du macronisme.
19:20Et il y aura l'offre de l'éclat.
19:21Et ce sont les quatre grandes familles
19:23qui en réalité structureront la vie politique.
19:25Et ensuite, les électrices et les électeurs feront leur choix.
19:27Et bien sûr que moi j'espère qu'il y a des gens qui ont choisi Mélenchon
19:30et qui ont choisi Macron et qui viendront sur nous.
19:32Deux questions encore ?
19:32Et qui se diront une chose simple.
19:34En fait, on n'a plus besoin de sacrifier une partie de nous-mêmes pour voter.
19:37On peut voter en adéquation avec l'ensemble des principes qu'on porte.
19:39C'est notre faiblesse, la faiblesse de la gauche démocratique
19:42qui a fait l'émergence de Mélenchon et de Macron.
19:57C'est une journée traditionnellement très forte pour l'ERN
19:59avec leur rassemblement autour de Jeanne d'Arc.
20:02Et une journée évidemment des travailleurs et des mobilisations.
20:04Est-ce qu'il faut se dire, on sort la présidentielle de ça
20:06et on la met une semaine avant ?
20:07Je pense que ce serait intelligent, oui.
20:08Vu l'état de polarisation, vu l'état de détestation,
20:12vu l'état de violence dans la société,
20:13je pense que ce serait intelligent effectivement
20:14de changer la date de l'élection.
20:16Deuxième question, la Pologne.
20:17Est-ce qu'il s'agit d'un coup d'État ?
20:19Est-ce qu'aujourd'hui, ce qui est en train de se passer,
20:22coup d'État, c'est ce qu'estime être cette situation en Pologne
20:26aux yeux de Marine Le Pen ?
20:27Je rappelle, c'est un peu complexe,
20:29mais qu'en gros, on a un président de la République d'extrême droite,
20:32on a un Premier ministre qui, lui, est progressiste
20:35et qui aujourd'hui voudrait pouvoir changer
20:38les juges du Conseil constitutionnel polonais,
20:40sauf que cette procédure, elle est bloquée en ce moment même
20:43par le Président.
20:45Et le Président bloque toute nomination de nouveaux juges
20:48et le tribunal constitutionnel a été utilisé
20:51par les ultraconservateurs, les amis de Marine Le Pen,
20:53au pouvoir pendant dix ans auparavant en Pologne
20:55pour finalement politiser la justice.
20:58Et donc, ce que fait le Premier ministre polonais aujourd'hui,
21:00c'est qu'il remet de l'État de droit
21:03dans un pays qu'il n'en connaissait plus.
21:04Et il faut le soutenir.
21:06Moi, je vous le dis, j'ai vu le soutien absolu
21:08de Marine Le Pen et de Jordan Bardella
21:11aux ultraconservateurs polonais.
21:13Et je vois à quel point et Poutine et Trump
21:17soutiennent ces ultraconservateurs polonais
21:19pour démanteler l'Union européenne.
21:20Eh bien, il faut tenir bon, il faut tenir ferme.
21:22Et ce que montre ce soutien de Marine Le Pen
21:24et de Jordan Bardella...
21:25Au Président, donc, qui bloque la transformation
21:28ou l'évolution de la Conseil constitutionnelle.
21:31C'est qu'ils ont choisi leur camp.
21:31Et le camp opposé à l'Union européenne,
21:33le camp de la déconstruction du projet européen,
21:35le camp de la déconstruction de l'État de droit.
21:37Et en agissant ainsi,
21:39eh bien, ils prouvent une fois de plus
21:40qu'ils sont les valets serviles de Trump et de Poutine.
21:43Et en 2027, la France ne peut pas s'offrir
21:46à des gens qui sont si peu patriotes
21:48et qui sont si proches des idées trumpistes
21:51et des intérêts poutiniens.
21:52Merci Raphaël Luxman d'avoir répondu
21:54à mes questions ce matin.
21:56Je rappelle que vous êtes le candidat
21:57à l'élection présidentielle.
21:58PS et place publique.
22:00Il est 8h51 sur RMC et BFM TV.
22:02Sous-titrage ST' 501 sur RMC et BFM TV.
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