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La journaliste de CNews Régine Delfour raconte dans « 24h en France » sa violente agression

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00:00avec nous cet après-midi. Bonjour Régine.
00:02Bonjour Nelly.
00:02Merci beaucoup d'avoir accepté de venir.
00:04On rappelle que votre agent de sécurité vous a sans doute sauvé la vie.
00:08On va évidemment reparler de son état de santé, de ce qui lui est arrivé.
00:11Mais comment vous allez, vous, après ce traumatisme psychologique aussi que vous avez subi ?
00:17Non, ça va, moi. C'est vrai que quand c'est arrivé, en fait, ça va très vite.
00:22On a du mal à comprendre ce qui se passe.
00:25Et quand je vois, en fait, ces jeunes, en fait, on est pris à partie.
00:31Mon agent se rapproche parce que les jeunes se rapprochent de moi et, en fait, ils s'interposent.
00:35Et je le regarde et je le vois tomber avec une vingtaine de jeunes.
00:40Il y a des barres de fer et, en fait, je le vois qu'il me dit de partir.
00:43Et, en fait, pendant tout le moment qui dure peut-être quelques minutes.
00:46On voit la séquence de ce jeune casseur qui met le feu aux poudres, en fait.
00:51Il essaie de taper avec un marteau sur un porte-fenêtre et vous le filmez à ce moment-là.
00:57En fait, l'objectif, là, c'est de casser le rebord de la fenêtre pour prendre les pierres et pour
01:01pouvoir les jeter sur les forces de l'ordre.
01:03Et votre présence dérange à ce moment-là.
01:05Parce qu'on est là avec des... On voit des marteaux, on voit des armes et on voit ce qu
01:09'ils sont en train de faire.
01:10Et là, c'est clairement de la violence dirigée vers les forces de l'ordre.
01:13On est en train de le filmer. Donc ça, ça dérange.
01:16Et alors, qu'est-ce qui se passe à ce moment-là ?
01:18Il y a un groupe qui fond sur vous. Ils sont nombreux, je crois.
01:20Mais avant que les forces de l'ordre... En fait, les forces de l'ordre sont dans une rue.
01:25Et elles ne sont pas nombreuses.
01:28Donc les jeunes arrivent très, très vite.
01:30Il y a des échanges avec des grenades de tir de gaz lacrymogènes.
01:36Pour eux, les policiers, partir.
01:38Mais à un moment donné, quand ils partent, en fait, nous, on reste.
01:40Et les jeunes m'avaient déjà visé parce qu'ils utilisent des lasers.
01:43Le laser, en fait, vous permet... Quelqu'un me cible avec le laser.
01:47Et les autres sont autour, me lancent des pierres.
01:49Donc il y a un faisceau vert qui est pointé sur vous.
01:51Et c'est le signal pour que les autres puissent vous jeter des pierres.
01:53Et c'est ce qui se passe à ce moment-là.
01:55C'est ce qui se passe à ce moment-là.
01:55Et au début, je ne comprends pas.
01:56Je me dis, mais en fait, les forces de l'ordre sont en face.
01:58Pourquoi je reçois des pierres ?
01:59Le temps que vous savez, ça monte comme ça, qu'on réalise ce qui se passe.
02:04Et à ce moment-là, les policiers, eux, partent.
02:07Et nous, on se retrouve tout seuls.
02:08Donc mon agent voit la scène, voit ce que je vais être vraiment prise à partie.
02:12On a vu des marteaux, on a vu aussi des barres de fer.
02:15Donc en fait, il fait tampon.
02:18Voilà, il fait tampon.
02:19Il tombe.
02:20Et dans son regard, je vois qu'il me dit de partir.
02:23Parce qu'en fait, moi, je ne sais pas pourquoi.
02:25Ce n'est pas moi qui vais protéger mon agent.
02:27Mais quelque part, je me dis, je dois rester pour l'aider.
02:28C'est complètement inconscient de ma part.
02:30Mais c'est comme ça, c'est sur le moment.
02:32Et donc, je pars.
02:33Et pendant le moment, les quelques minutes où je peux rejoindre une rue,
02:35je suis là en train de me dire, ils l'ont tué, ils l'ont tué.
02:37Ils l'ont tué.
02:38Et puis moi, j'ai perdu mon caméraman.
02:39Parce qu'au moment où vous le quittez, lui, il est déjà par terre en train de se faire taper.
02:43Par une bataille de jeûne.
02:44Et ils se sont acharnés sur lui.
02:46C'est ce qu'il vous racontera plus tard.
02:48Comment il y va aujourd'hui ?
02:49Là, ça va.
02:50Hier, en fait, dès quand on le retrouve, on voit aux urgences.
02:54Il passe plusieurs radios.
02:56Après, on porte plainte.
02:57On voit au commissariat pour qu'il porte plainte.
02:59Mais le lendemain, il m'appelle.
03:01Donc hier, il m'appelle et il me dit qu'il a un traumatisme crânien quand même.
03:04Et il me dit, en fait, j'ai eu des vomissements.
03:07Je dis, mais c'est extrêmement dangereux.
03:08Appelle tout de suite le 15 et va aux urgences.
03:10Donc il a refait un scanner.
03:12Donc apparemment, là-bas, on lui a dit que ça allait.
03:15Mais il a rendez-vous demain pour voir un médecin.
03:19Vous savez, un médecin légiste qui soit habilité à prescrire des jours d'ITT.
03:24Alors évidemment, on a une pensée.
03:25Et on espère qu'il nous regarde.
03:27En tout cas, il sait que vous prenez faite et cause pour lui.
03:29On a une pensée pour lui.
03:31Et bravo à lui parce que, vous le dites, quand on s'est croisés tout à l'heure,
03:34il vous a sauvé la vie.
03:35Sur ça, vous pourriez potentiellement être pensé.
03:38Je ne serais pas là.
03:39Je ne serais certainement pas là en train de vous parler.
03:41Et c'est pour ça que, oui, j'ai beaucoup...
03:44Enfin, je ne sais pas comment exprimer ce que je ressens pour lui.
03:48Je n'ai pas envie de donner non plus son prénom.
03:49Mais voilà, je reste évidemment très, très proche de lui.
03:53Il m'a sauvé la vie.
03:55Il a fixé l'attention aujourd'hui.
03:56Docteur Clerget, il faut qu'elle aille consulter quand même, Régine,
04:00pour voir quelqu'un, un psychologue en ce moment.
04:03Oui, parce que le ça va, ça va immédiatement après tel traumatisme.
04:07Il faut qu'il vous en laissez, là, directement.
04:09Et les choses peuvent malheureusement apparaître.
04:11En tout cas, il faut être vigilant s'il y a des troubles du sommeil,
04:14s'il y a des angoisses anormales,
04:16s'il y a des reviviscences de ce qu'on a vécu.
04:20Si on commence à avoir des symptômes comme ça,
04:21il ne faut pas hésiter à consulter.
04:23Parce que c'est souvent a posteriori qu'on commence à en avoir.
04:26Et il vaut mieux les prendre en charge le plus rapidement possible.
04:28Mais comme vous le savez, je ne sais pas si vous le savez,
04:30mais je suis grand reporter, je pars sur beaucoup de théâtres de guerre.
04:33Donc je suis suivie d'une façon régulière.
04:35C'est quelque chose que j'arrive à évacuer,
04:37même si parfois j'ai quand même certains traumatismes par certains théâtres
04:40qui ont été particulièrement compliqués.
04:43Mais je suis suivie d'une façon régulière.
04:45Il y a autre chose qui m'a frappée.
04:46Et puis après, je suis sûre qu'il y a beaucoup de questions pour vous
04:48de la part des invités.
04:51Vous dites, les confrères sur le terrain,
04:53ils nous lâchent tout le temps.
04:55Il n'y a pas grand monde pour nous soutenir
04:57ou pour nous envoyer des messages de soutien quand ces choses-là se passent.
05:00En fait, c'est pour ça qu'hier, j'ai pris la parole
05:02parce que j'ai été ciblée.
05:04Bon, je n'avais pas de micro avec la bonnette CNews.
05:07On a été ciblées parce qu'on était journalistes, on était une caméra.
05:09Mais de toute façon, pendant toute la manifestation,
05:11depuis plusieurs semaines, on nous demande si c'est CNews.
05:14On nous demande...
05:14Mais il n'y a pas que nous.
05:15Moi, hier, je n'ai pas prêché que pour ma paroisse, que pour CNews.
05:18J'ai prêché aussi pour les confrères,
05:20puisque c'est compliqué samedi soir.
05:22On sait qu'à Marseille, une équipe de LCI a été visée.
05:24On sait que BFM a eu aussi des problèmes sur Paris.
05:26Les équipes.
05:27Et on doit être solidaires.
05:28Sauf que depuis l'attentat raciste à Trappes,
05:32depuis le 23 octobre,
05:33où tout a été soi-disant de la faute de CNews,
05:35considéré comme une chaîne raciste,
05:37tout serait à cause de nous.
05:39Et désormais, on a vu une journaliste politique
05:42qui a été écartée de l'Assemblée nationale.
05:45On a vu nos journalistes aussi être écartés
05:47par un syndicat d'étudiants,
05:49filmés à leur insu, mis sur les réseaux sociaux,
05:52repris par certains médias,
05:54likés par certains de nos confrères.
05:56Et donc, il y a un silence malaisant qui s'est installé.
05:58Oui.
05:59Et puis moi, j'ai posté.
06:00Donc hier, j'ai parlé de BIR.
06:01Dans la journée, j'ai quand même posté
06:03quelque chose sur les réseaux sociaux
06:04où j'ai énormément de confrères qui me suivent.
06:07Je n'ai pas eu de message.
06:08En fait, j'ai eu trois personnes qui m'ont appelée.
06:11C'est tout.
06:12Mais maintenant, depuis mon intervention ce matin...
06:15Un peu plus déjà.
06:16Un petit peu plus.
06:17Amory, vous voulez lui dire un truc ?
06:18Oui, j'ai une question.
06:20Vous expliquez donc que vous n'étiez pas identifiable
06:22comme journaliste de CNews.
06:24Néanmoins, c'est quoi ?
06:26C'est le fait que vous ayez un caméraman,
06:27que vous vous soyez avec lui,
06:29qui fait que vous étiez identifié
06:31comme journaliste d'une chaîne d'infos.
06:33Parce qu'on voit beaucoup de journalistes,
06:35entre guillemets, autoproclamés
06:36dans ces manifestations,
06:37un peu tout seuls.
06:38Est-ce qu'eux aussi sont préhensibles
06:39ou c'est le côté institutionnel ?
06:41En fait, non.
06:42C'est que ce qui est pour les chaînes,
06:46on va dire un peu institutionnelles,
06:47c'est-à-dire qu'on a des agents de sécu,
06:49nous, tous.
06:50Toutes ces chaînes-là.
06:51Les indépendants n'ont pas d'agent de sécu.
06:53Ils sont généralement plutôt aussi à l'iPhone,
06:55mais on pourrait être avec un iPhone.
06:57Mais on a ces agents de sécu,
06:58donc on est assez quand même reconnaissables.
07:00Et puis, il y a cette caméra.
07:01Cette caméra qui permet d'être,
07:03quand on est un peu plus loin,
07:04de pouvoir zoomer,
07:05de pouvoir avoir d'autres images.
07:07Donc, tout de suite.
07:07Et puis, ce qui gêne là,
07:09ce qui gêne,
07:09c'est qu'on a cette image
07:11de cet homme avec son marteau.
07:12C'est ça qui gêne le plus.
07:13Ils ont dit des choses en vous agressant ?
07:14Est-ce qu'ils ont eu des propos particuliers ?
07:16Ils nous ont dit de baisser la caméra,
07:18ils nous ont dit de dégager,
07:19et puis ça a commencé,
07:20ça va très très vite.
07:21Ils ne nous ont pas dit
07:22vous êtes CNews ou quoi que ce soit,
07:23c'est pas ça.
07:24Non, on est des journalistes,
07:25de toute façon...
07:26Donc, vous vous dites,
07:27si c'était vous,
07:28si ça avait été une autre,
07:29ça aurait été pareil.
07:29À partir du moment où vous étiez
07:31en train de filmer,
07:31ce sont ces images-là.
07:33Leur méfait,
07:33c'est-à-dire le fait
07:34qu'ils étaient en train de préparer
07:35des parpaings à envoyer
07:36sur les policiers, sans doute.
07:37Parce que ce qu'on a vu,
07:38cette violence qu'on a vue le 31,
07:41c'est ce que j'ai connu,
07:42moi, à Sainte-Soline,
07:44quand j'étais aussi,
07:45moi j'étais au niveau
07:46avec les gendars,
07:48sur les bassines,
07:49où ça avait été un week-end
07:50extrêmement compliqué.
07:52C'était exactement les mêmes.
07:53Ce ne sont pas les casseurs-pilleurs
07:55que nous avons vus le 17 octobre.
07:57Ce ne sont pas les mêmes.
07:58C'est les Black Blocs.
07:59Voilà.
07:59Et d'ailleurs,
08:00quand on voit ce cocktail de Molotov
08:02qui a été lancé sur le gendarme,
08:03c'était exactement les mêmes
08:04qui ont été lancés à Sainte-Soline.
08:06Alors, on voulait vous partager...

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