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  • il y a 11 minutes
Mercredi 4 novembre 2026, retrouvez Cécile Vandevivere (Directrice générale, France Rein), Arnaud Cluzel (Cofondateur, Graft Smart) et Renaud Snanoudj (Chef du service de néphrologie, Hôpital de Bicêtre) dans SANTÉ FUTURE, une émission présentée par Alix Nguyen.

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00:03Générique
00:04...
00:08Bienvenue dans Santé Futur, votre rendez-vous dédié à l'innovation et à l'avenir de la santé.
00:13Dans cet épisode, on s'intéresse aux dons d'organes.
00:16En France, la grève de reins à partir d'un donneur vivant offre de meilleurs résultats à long terme
00:21et permet parfois d'éviter la dialyse.
00:24Pourtant, elle ne représente qu'environ 16% des transplantations rénales réalisées dans le pays.
00:30Manque de donneur, réticence des patients, mais aussi contrainte hospitalière et lourdeur réglementaire.
00:36Comment lever ces obstacles et quelles innovations pourraient permettre de développer le don vivant en France ?
00:42On en parle avec nos deux invités, Renaud Snanoudj, chef du service de néphrologie au CHU de Bicêtre,
00:48et Cécile Vandeviver, directrice générale de France Rhin,
00:52une fédération d'associations qui représente les personnes atteintes de maladies rénales.
00:57Donner un rein peut transformer la vie d'un proche,
01:00mais pour le donneur, l'après-greffe peut aussi s'accompagner de difficultés inattendues.
01:05Camille a rencontré deux sœurs jumelles, dont l'une a donné un rein à l'autre.
01:10Et puis dans le don d'organes, chaque minute compte.
01:13Comment éviter les pertes de temps entre prélèvements et transplantations ?
01:16C'est ce sur quoi travaille GraftSmart, une start-up française qui développe une plateforme numérique
01:22pour suivre les greffons et fluidifier leur acheminement.
01:31Bonjour à tous les deux, bienvenue dans Santé Futur.
01:33Bonjour.
01:34Renaud Snanoudj, dans quelle mesure la grève de rein, à partir d'un donneur vivant, donne-t-elle de meilleurs
01:39résultats ?
01:40Écoutez, on l'évalue essentiellement par la durée de fonctionnement du rein,
01:45c'est-à-dire la période pendant laquelle le patient qui est transplanté n'a pas besoin de dialyse.
01:51Et on sait que cette durée, elle est relativement longue lorsque la greffe provient d'un donneur vivant.
01:58On dit que la durée moyenne de fonctionnement est d'environ une vingtaine d'années,
02:02alors que quand il s'agit d'un donneur décédé, cette durée est de 12 ans environ.
02:08Donc c'est comme ça que nous on mesure, si vous voulez, cette amélioration des résultats
02:13avec la greffe à partir d'un donneur vivant.
02:16Et dans quelle mesure est-ce que ça permet d'éviter la dialyse véritablement ?
02:19Eh bien, souvent c'est une greffe qui peut être réalisée plus tôt dans la mesure où c'est un
02:25don
02:25qui est dirigé du donneur vers le receveur, et donc le receveur n'a pas à attendre sur la liste
02:31d'attente
02:32qui est, vous le savez, très très longue, très très grande, puisqu'on lui donne un rein.
02:37Et donc si le patient et son donneur sont référés suffisamment tôt à une équipe de transplantation,
02:44cette greffe peut avoir lieu avant que le patient ait besoin d'être dialysé.
02:48Donc c'est un des multiples avantages de la greffe à partir d'un donneur vivant.
02:53Stécile Vandeviver, malgré ces avantages, le don vivant reste minoritaire en France. Pourquoi ?
03:01Il y a plusieurs raisons. Il y a des raisons parfois intrafamiliales,
03:05mais il y a surtout des retards dans la prise en charge de l'insuffisance rénale,
03:09puisque l'insuffisance rénale est une maladie consécutive à d'autres,
03:11notamment à l'hypertension et au diabète.
03:13Et le diagnostic de la maladie rénale n'est pas assez proposé.
03:18Et donc finalement, les patients arrivent en bout de course et finalement en dialyse
03:22sans avoir été diagnostiqués suffisamment tôt pour qu'on puisse en mettre en place une démarche
03:27avec le malade et avec ses proches.
03:31C'est relativement long tout le processus pour un don du vivant.
03:34Il faut faire beaucoup d'examens, il faut s'organiser, il faut parfois persuader ses proches,
03:38le temps que la démarche intellectuelle et émotionnelle se mette en place.
03:43Et ça, quand on s'y prend trop tard, le patient arrive en dialyse
03:45et la démarche ne se met en place qu'après.
03:47Vous avez récemment publié une enquête intitulée « Greffe et tabou ».
03:50Qu'est-ce qu'elle révèle ?
03:52On est allé chercher un peu ce qui se joue pour les individus, pour les familles et pour les proches
03:58parce qu'on sait que globalement, quand on voit les enquêtes de l'agence de la biomédecine,
04:03tout le monde est pour le don d'organes, plus de 80% des gens sont tout à fait favorables
04:07à ça.
04:08Et pour autant, au moment d'un prélèvement, je parle de donneurs décédés,
04:12on a des taux de refus qui sont majeurs, beaucoup plus importants que nos voisins espagnols par exemple.
04:16On oscille entre 39 et 50% pour l'île de France.
04:19C'est un frein culturel ?
04:21Ça peut, mais ce n'est pas la seule raison.
04:23On voit que les refus suivent souvent la courbe de l'insatisfaction sociale.
04:29Donc il y a quelque chose qui va certainement comme ça,
04:31et peut-être dans l'identité nationale, le reflet de ce qu'on reçoit ou pas,
04:35ce qu'on a la perception de recevoir de son pays ou pas en tout cas.
04:40C'est corrélé.
04:41Oui, c'est souvent corrélé effectivement.
04:43Mais on avait envie de savoir ce qui se passe derrière pour les individus
04:46et pour la grève d'honneur vivant, nous on a des retours de patients ou de familles
04:52qui viennent nous voir en disant « c'est compliqué, ce qui se passe dans la famille, ça secoue beaucoup,
04:58je culpabilise parce que j'ai peur » ou « un tel veut donner, mais moi aussi ».
05:01Ça crée beaucoup de remous.
05:03Donc c'est quand même un sujet très difficile à aborder et qu'il faut vraiment anticiper quand il y
05:07a un malade dans la famille.
05:08Vous partagez les mêmes observations sur le terrain, Renaud ?
05:10Oui, oui, tout à fait.
05:12C'est pour ça que le fait de voir les patients suffisamment tôt avant le recours à la dialyse
05:18permet à l'idée du don vivant de cheminer à la fois chez le receveur
05:24et chez les potentiels donneurs dans l'entourage.
05:28Et assez souvent, en fait, dans les consultations où l'on voit les patients qui viennent pour une grève,
05:34certains sont littéralement fermés à l'idée d'accepter le don d'un proche.
05:40Et ça n'est même pas la peine.
05:41D'un enfant, d'un parent ?
05:42Oui, oui, de n'importe qui, en fait.
05:45L'idée n'est même pas abordable.
05:47Pourquoi ces réticences ?
05:48Je pense qu'ils se disent qu'ils ne veulent prendre aucun risque, évidemment pour les donneurs,
05:54quand bien même on leur explique que les risques sont extrêmement faibles
05:58et sont des risques, je dirais, inhérents à toute intervention chirurgicale,
06:03mais vraiment extrêmement faibles.
06:04Mais qu'est-ce que ça représente concrètement en termes de risques ?
06:08Écoutez, les risques à court terme sont vraiment des risques de complications opératoires banales.
06:15On sait que les patients, enfin les donneurs, qui ne sont pas des patients,
06:18ce ne sont pas des personnes malades, reviennent à l'hôpital, par exemple,
06:21pour des complications dans moins de 2% des cas
06:23et sont réopérés pour une complication dans moins de 1% des cas.
06:28Et après, par contre, ce qui est important, c'est le suivi à long cours,
06:32puisque c'est des patients qui ont une toute petite augmentation du risque individuel
06:36d'avoir une insuffisance rénale à leur tour.
06:39Et donc, elle est également très faible, mais on sait qu'un suivi très rapproché,
06:44quand je dis très rapproché, en fait, il n'est pas si rapproché que ça,
06:46c'est en fait, ce qu'on demande, c'est un suivi annuel pour vérifier la fonction rénale,
06:51vérifier que le patient n'a pas développé d'hypertension ou de diabète.
06:55Moyennant ce suivi-là, le risque de développer une insuffisance rénale
06:59pour le donneur a été extrêmement faible,
07:01de l'ordre de 3 cas peut-être pour 10 000 dons.
07:05Vous voyez, donc c'est quelque chose qui est très très faible.
07:06Et ce travail de sensibilisation que vous faites, il est effectif ?
07:10Nous le faisons, évidemment, c'est l'objet des consultations,
07:15mais on constate que lorsque la consultation est faite bien en amont du stade,
07:21C'est déterminant.
07:22Voilà, les patients et leur entourage ont le temps de cheminer.
07:28Je pense que c'est un élément qui est essentiel.
07:30Que peut-on faire lorsqu'un donneur et un receveur ne sont pas compatibles ?
07:34Alors, il y a deux possibilités.
07:37On a maintenant les moyens thérapeutiques, dans bien des cas,
07:41de franchir cette incompatibilité,
07:43c'est-à-dire de faire des grèves à travers des groupes sanguins
07:46ou des groupes tissulaires qui ne sont pas compatibles.
07:49On a des outils thérapeutiques qui nous permettent de le faire maintenant.
07:54Mais des fois, ce risque est trop important pour qu'on le prenne.
07:57Et dans ce cas-là, il a été mis en place ce qu'on appelle le don croisé,
08:00c'est-à-dire, en quelque sorte, l'échange de reins
08:03entre, si on veut schématiser,
08:06deux couples donneurs et receveurs qui sont incompatibles entre eux,
08:09mais dont la compatibilité croisée existe.
08:12Donc, le donneur du premier couple donnera au receveur du second couple,
08:16et vice-versa.
08:17Et dans quelle mesure est-ce que c'est développé en France ?
08:19Ça commence à être développé.
08:20Il y a une certaine lourdeur réglementaire et organisationnelle.
08:24Qui nous est propre ?
08:26Qui nous est propre.
08:27Disons qu'il nous faut du temps pour nous roder.
08:31Et puis, ça demande des moyens.
08:33Ça demande des moyens, à la fois dans les équipes de greffe
08:38et à la fois au niveau de l'Agence de médecine.
08:40Et ces moyens ne sont peut-être pas au rendez-vous de l'ambition
08:44de pouvoir faire ces greffes incompatibles,
08:46qui nous permettraient, là, probablement,
08:49d'augmenter le pourcentage de greffes à partir...
08:51Et quant aux dons croisés, il est un pays dont on peut s'inspirer ?
08:54Alors, il y a des pays, oui, où c'est vraiment développé,
08:57par exemple, en Angleterre,
08:58où ça a remplacé, je dirais, presque les greffes incompatibles.
09:03Parce qu'ils ont réussi à mettre en place un système qui fonctionne
09:07et qui est relativement fluide.
09:10Alors que nous, on n'a pas encore atteint cette fluidité,
09:12mais on ne désespère pas.
09:14Cécile Vandeviver, au-delà du manque de donneurs,
09:17qu'est-ce qui freine les transplantations dans les hôpitaux ?
09:21Comme l'évoquait le docteur,
09:23il y a quand même aussi...
09:25Enfin, l'hôpital est sous tension.
09:26Et donc, c'est vrai que la greffe, en particulier de non-vivant,
09:29n'est pas une urgence,
09:31c'est quelque chose qui se programme sur le long terme.
09:33Et dans l'embolisation des services et des blocs et des plateaux,
09:38on va faire passer d'abord ce qui est urgent,
09:40ça peut alourdir, ralentir.
09:42C'est vrai que pour les établissements,
09:44la greffe, ça a un impact sur l'ensemble,
09:47toute une chaîne de services,
09:48et pas seulement sur ce qu'on imagine comme de la chirurgie,
09:50mais il y a toutes les analyses,
09:51il y a toute une mobilisation d'un établissement autour du projet,
09:55et sous tension, comme le sont les établissements en ce moment,
09:57c'est très très difficile d'arriver à concrétiser sur ces projets-là.
10:02Et puis, pour les donneurs vivants,
10:03effectivement, à aller s'inscrire dans un programme
10:05qui est déjà très chargé,
10:06et pour lequel les médecins ont beaucoup de mal à assurer
10:08l'ensemble de ce qu'on leur demande.
10:09L'accès au bloc opératoire est un problème majeur ?
10:12C'est une véritable difficulté dans beaucoup d'hôpitaux,
10:15dont le mien.
10:16C'est une véritable difficulté,
10:18parce qu'il y a, en quelque sorte,
10:20une mise en compétition des interventions chirurgicales,
10:24des interventions pour des cancers,
10:26des interventions pour de la traumatologie,
10:28des choses comme ça,
10:29et les interventions pour la greffe.
10:31Et donc, c'est extrêmement compliqué,
10:34dans des blocs opérateurs en tension,
10:36de pouvoir, en quelque sorte,
10:38avoir ses places aux blocs opérateurs
10:42pour pouvoir faire les greffes à donneurs vivants.
10:44On prend l'exemple de l'Espagne.
10:46Pourquoi l'Espagne réussit aussi bien
10:49à avoir cette activité de transplantation ?
10:52C'est parce qu'ils en ont fait vraiment une cause nationale,
10:55et parce que tous les hôpitaux sont mobilisés pour la transplantation.
10:58Donc, il y a vraiment une mobilisation,
11:00à la fois pour le prélèvement des donneurs décédés
11:03et aussi pour les greffes à donneurs vivants,
11:05pour que vraiment, au sein des hôpitaux,
11:08ça soit vraiment une priorité
11:10sur laquelle l'hôpital s'engage.
11:12Ce n'est pas juste un service.
11:14C'est un hôpital qui doit s'engager
11:17pour mener à bien cette mission.
11:20Oui, et puis si on dézoome un peu,
11:21la greffe coûte moins cher à notre système de santé
11:24que la dialyse.
11:25C'est des économies qui sont faites.
11:27C'est indéniable.
11:28Et les hôpitaux reçoivent également
11:32une dotation financière pour mener à bien.
11:36Alors, ce n'est jamais assez,
11:36mais il y a quand même quelque chose qui est prévu.
11:38Et dans le plan greffe 2022-2026,
11:40il y a eu pour la première fois
11:42une aide financière pour que les hôpitaux
11:44atteignent les objectifs.
11:45Bon, on a les aides financières,
11:47mais on n'a pas encore le résultat qui va avec.
11:50Cécile, quelles sont les conséquences
11:51de ces difficultés d'organisation pour les patients ?
11:55Comme on le disait,
11:56la greffe est moins chère que la dialyse,
11:59mais elle est moins chère en termes de qualité de vie aussi.
12:01C'est-à-dire que pour le patient,
12:03la qualité de vie,
12:04la dialyse est un traitement extrêmement lourd
12:06qui va impacter son quotidien de façon très violente
12:09avec 4 heures, 3 fois par semaine de traitement
12:11à la suite desquelles ils sont dans un état de fatigue extrême.
12:15Ils rentrent chez eux en ambulance
12:16et il n'y a pas beaucoup de projets de vie autour de tout ça.
12:18Ils basculent dans le handicap,
12:19donc nécessairement avec des soutiens qui sont sociaux,
12:26alors que quand ça se passe bien,
12:28qu'ils sont greffés
12:29ou avec certaines modalités de dialyse
12:30qui sont moins violentes,
12:32ils peuvent continuer à avoir un projet de vie,
12:33avoir une vie sociale, avoir un travail
12:34et finalement le poids de leur maladie
12:38est moins lourd pour eux-mêmes
12:39et pour la société également.
12:41Donc la greffe, quand on arrive à y accéder,
12:43permet de repartir dans une vie plus normale
12:46où on est à nouveau acteur de sa vie,
12:48acteur de la société
12:49et à laquelle on apporte aussi cette contribution.
12:53Le Sénat a adopté une proposition de loi
12:54sur la neutralité financière du don vivant.
12:57Qu'est-ce qu'elle prévoit ?
12:59Alors, on a participé à l'audition
13:01concernant cette question.
13:04L'idée, c'est que désormais,
13:06au lieu que ce soit les établissements
13:08qui gèrent le remboursement des frais avancés par le patient,
13:10il faut déjà pouvoir les avancer,
13:11c'est-à-dire tous les examens qui sont à faire
13:13sont à avancer par le patient,
13:15avec notamment des arrêts de travail
13:17pour pouvoir organiser tout ça.
13:20Et désormais, ce ne seraient plus les établissements
13:21qui le prendraient en charge,
13:22mais la Caisse nationale de l'assurance maladie.
13:25Donc on aurait à travers le système Amélie
13:27une case à cocher
13:28et ça, ça serait vraiment très très bien
13:30parce que ça permettrait aussi d'inscrire sur la longueur
13:33le fait que l'individu est un donneur vivant
13:35et que si un jour il a des séquelles,
13:36même des années après,
13:38son statut de donneur est là
13:40et qu'il pourrait être considéré sur le long terme
13:43alors que pour l'instant,
13:44mis à part le suivi annuel,
13:45d'ailleurs on perd un peu ces patients-là
13:46quand ils vont bien,
13:47là on ne les perd plus de vue,
13:49on peut extraire ces données,
13:50on peut savoir de qui il s'agit
13:51et avoir un suivi plus rapproché
13:53et surtout ça permettrait une organisation
13:55pour eux beaucoup moins complexe
13:57et donc ça favoriserait le donneur vivant
13:59et puis c'est une forme de reconnaissance
14:01qui est nécessaire,
14:01on ne peut pas dire à quelqu'un,
14:03vous avez donné à un individu, oui,
14:05mais vous avez donné à l'ensemble de la collectivité
14:06quand vous avez donné à un organe
14:08parce que l'ensemble de la collectivité
14:10va bénéficier de cette économie
14:11et c'est une organisation qui est bénéfique
14:14pour tout le monde.
14:14Parce qu'aujourd'hui,
14:15et en l'état,
14:15donner un rang
14:17peut encore coûter de l'argent aux donneurs ?
14:19Ah oui, oui, oui.
14:20Il y a, dans les faits,
14:22malgré la loi,
14:23il y a un reste à charge,
14:24il y a des retards de remboursement
14:25qui pénalisent les donneurs.
14:28On a une patiente qui nous a dit
14:30que l'année de son don,
14:31elle n'a pas pu faire de cadeau de Noël
14:32à ses enfants,
14:32c'est quand même pas très chouette.
14:35Et puis c'est vrai que la plupart des donneurs,
14:37enfin la majorité,
14:38sont quand même des donneuses.
14:39Qu'est-ce qui est fait naturellement aussi
14:41pour les aider dans leur retour à domicile,
14:43pour les enfants ?
14:44Non, il n'y a rien.
14:45Donc tout ça...
14:46Non, mais je veux dire,
14:47on explique ce pourquoi
14:48ce sont plutôt des femmes qui...
14:50Les femmes face à la maladie
14:51ou au handicap de leurs proches
14:52sont plus dans le lien
14:54que ces messieurs.
14:57Renaud, un nouveau plan greffe se prépare.
14:59Qu'est-ce qui doit changer concrètement
15:01dans l'organisation des hôpitaux
15:03pour augmenter le nombre de greffes en priorité ?
15:05Il faut que ces moyens
15:07qui sont donnés,
15:08qui sont alloués aux hôpitaux
15:10qui font de la transplantation
15:11soient concrétisés
15:13et se transforment en emplois
15:15pour qu'on puisse avoir les moyens
15:18de nos ambitions.
15:19Je pense que c'est essentiel.
15:21Ce qui freine dans les blocs opératoires,
15:23c'est des problèmes de personnel.
15:26Ce qui freine dans les services
15:28de transplantation,
15:29c'est le manque de coordination,
15:31le manque de médecins
15:32pour organiser toutes ces évaluations
15:34de patients transplantés
15:36et de donneurs,
15:37c'est un temps qui est considérable
15:38et les équipes sont encore
15:40vraiment sous-dimensionnées.
15:43Donc je dirais que les moyens,
15:45en ce qui concerne le non-vivant,
15:47c'est quelque chose d'essentiel.
15:50Et puis les campagnes de sensibilisation,
15:55évidemment, il y en a déjà eu plein,
15:57mais il faut continuer,
15:58il faut trouver des moyens.
15:59C'est comme pour le don d'organes
16:04à partir de donneurs décédés.
16:05Il faut trouver le moyen
16:06de toucher la population.
16:08Il faut continuer à travailler là-dessus
16:10parce qu'on n'a pas trouvé
16:11ce qui permet de déverrouiller,
16:15en quelque sorte,
16:17le don des personnes.
16:19Et il faut s'inspirer,
16:21il faut s'inspirer de nos voisins.
16:22Je pense que vraiment,
16:23l'Espagne, qui n'est pas un pays
16:24si éloigné de nous,
16:26c'est vraiment une mobilisation générale.
16:28Donc il faut réussir à faire ça.
16:31Restez avec nous, chers invités.
16:33On passe tout de suite à la chronique de Camille.
16:39On vient de parler des bénéfices du don vivant,
16:42mais qu'en disent ceux qui en font l'expérience ?
16:44Camille, tu as rencontré deux sœurs jumelles
16:46de 75 ans,
16:47dont l'une a donné un rein à l'autre.
16:50Elles t'ont raconté leur parcours
16:51et notamment les difficultés rencontrées
16:53après la grève.
16:54Oui, alors pour reposer le contexte,
16:56on a détecté à Colette en 2014
16:58un myélome,
16:58donc un cancer de la moelle osseuse,
17:00pour lequel elle a été dialysée
17:02pendant 7 ans.
17:03Elle a subi deux grèves de moelle osseuse,
17:05dont l'une déjà de la part
17:06de sa sœur jumelle Catherine,
17:09jusqu'au jour où le myélome
17:11a été suffisamment endormi
17:12pour pouvoir envisager la grève de rein.
17:14Et à ce moment-là, c'était en 2021,
17:16c'était une évidence pour les deux sœurs,
17:18la candidate idéale
17:19ne pouvait être que Catherine.
17:21C'est un cadeau
17:23inestimable
17:25et que
17:26avant,
17:28pendant et après,
17:29je n'ai eu de cesse
17:31que de faire des cadeaux à ma sœur.
17:32Rien que pour ce cadeau
17:35et pour ma sœur,
17:37je me dois
17:39de toute façon
17:41de soigner ce rein
17:42et de faire tout
17:43pour qu'il marche très bien.
17:46Mais bon,
17:47comme on a le même ADN,
17:50son rein
17:51et mon rein,
17:52c'est la même chose.
17:54Il n'a pas changé de maison,
17:56il a juste changé de chambre.
17:59Il est très bien.
18:01Donc, j'ai trois reins,
18:02elle n'en a plus qu'un.
18:03Donc, cet acte d'amour
18:05a évidemment provoqué
18:06un grand soulagement
18:07pour les deux sœurs,
18:08mais pour Catherine,
18:10il y a eu autre chose,
18:11un grand vide
18:12pour la cité,
18:14une bonne dépression.
18:15Elle me confie ainsi
18:16le manque d'accompagnement
18:18pour les donneurs
18:19après le don
18:20et selon elle,
18:21les donneurs
18:22semblent un peu
18:23laissés aux oubliettes
18:24après avoir fait cet acte
18:26qui n'est pas anodin,
18:28sans compter l'impact
18:29des coups cachés
18:30et des démarches
18:31parfois lourdes à supporter.
18:33C'est une petite bataille
18:35administrative
18:36dont on se passerait bien.
18:38C'est-à-dire que
18:39tous les coups
18:40qu'on génère
18:41pour cet accompagnement
18:43jusqu'à la greffe,
18:44il faut les garder de côté,
18:47il faut envoyer
18:48ses factures
18:50au service
18:51pour se faire rembourser
18:52et après coup,
18:54donc on est suivi
18:55une fois par an
18:56et donc tous les coups
18:57pareils
18:59du suivant
19:01on devrait avoir
19:02une carte
19:03je pense
19:04une carte
19:04d'honneur
19:05avec la gratuité
19:07de toutes ces choses
19:08parce qu'on ne peut pas
19:09se les faire rembourser
19:10ou alors
19:11c'est mal remboursé
19:12ou là
19:13j'essaye de me faire rembourser
19:15une échographie
19:16où j'ai
19:18payé 78 euros
19:19de reste à charge
19:21ça fait deux ans
19:22et je n'y arrive pas
19:23et je sais que
19:23la sécurité sociale
19:25n'a pas beaucoup de moyens
19:27donc je vais finir
19:28par abandonner
19:28mais ça c'est compliqué
19:31ça peut être compliqué
19:32pour des gens
19:33qui n'ont pas
19:33beaucoup de moyens
19:34les deux sœurs
19:35plaident donc
19:36pour un meilleur
19:36accompagnement
19:37après le don
19:38et aussi pour
19:39cette fameuse carte
19:41de gratuité des soins
19:42comme évoquait Catherine
19:43elle raconte d'ailleurs
19:44leur combat
19:45dans un livre
19:45Deux reines
19:46pour un rein
19:48et justement
19:50pour rebondir
19:51sur la question
19:52que pose Catherine
19:53à la fin
19:53sur cette fameuse
19:54gratuité des soins
19:55mais aussi
19:56sur le manque
19:56d'accompagnement psychologique
19:58est-ce qu'on peut dire
19:58je me tourne vers vous
20:00Cécile
20:00est-ce qu'on peut dire
20:01qu'il y a véritablement
20:02un vrai manque
20:03de ce niveau-là
20:04c'est certain
20:05il y a un vrai manque
20:05parce que là encore
20:07la famille de Colette
20:08et Catherine
20:09est particulière
20:10c'est une famille
20:11qui est extrêmement soudée
20:13qui a beaucoup soutenu
20:15Colette
20:15dans les premières parties
20:16de son myelome
20:17etc
20:17donc ça accentue encore
20:19le vide pour Catherine
20:20quand tout s'arrête
20:20pour que ceux qui nous regardent
20:22comprennent
20:22vous les connaissez
20:23oui bien sûr
20:24elles sont bénévoles chez nous
20:25puis j'ai connu
20:25j'ai eu la chance
20:26de connaître aussi Colette
20:27dans une autre vie professionnelle
20:28donc c'était étonnant
20:29de la retrouver là
20:31mais on a d'autres cas
20:32de patients
20:33dont la famille
20:34a complètement explosé
20:35après parce qu'il y avait
20:36une demande
20:37de retour financier
20:39plus ou moins explicite
20:40ou parfois un combat
20:42pour donner
20:42c'est toi qui as donné
20:43c'est moi qui voulais donner
20:44enfin bref
20:44et c'est vrai que
20:47globalement
20:47il y a un vrai manque
20:48pour le suivi médical
20:51accompagné de façon financière
20:52et correctement
20:53avec des facilités
20:54pour leur faciliter la vie
20:56je pense qu'on leur doit bien ça
20:58je dis on
20:58à la fois le patient
20:59mais aussi la société
21:00à laquelle ils font faire une économie
21:01et puis
21:03un accompagnement psychologique
21:04pour leur permettre
21:05de reprendre
21:07un cours normal de vie
21:08et puis
21:09d'accepter quand même
21:10une situation
21:11où ils se sentent
21:12parfois un peu diminués
21:13ou parfois
21:14il y a une forme de
21:15le don contre don
21:17de se sentir redevable
21:18l'un envers l'autre
21:18etc.
21:19leur permettre de repartir
21:20dans une vie plus normale
21:21oui
21:24vous confirmez ça
21:25finalement
21:25à l'hôpital aussi
21:26tous les donneurs
21:27sont évalués psychologiquement
21:28avant
21:29mais c'était un parcours
21:31très long
21:31on l'a déjà dit
21:32et moi
21:32ça me fait toujours penser
21:34à une espèce de baby blues
21:35une fois que
21:36le don
21:37a été fait
21:38c'est à dire que là
21:39tout d'un coup
21:39le donneur se retrouve
21:41un peu désemparé
21:42il a fait
21:43ce qu'il avait à faire
21:44et c'était un geste magnifique
21:45puis tout d'un coup
21:46c'est le vide
21:46et il y a un passage à vide
21:48psychologique
21:49dans les semaines
21:50qui suivent
21:51le don d'organes
21:52qui est noté
21:53par plusieurs personnes
21:54beaucoup
21:55beaucoup
21:57récupèrent
21:57et vont mieux après
21:58mais c'est vrai que
21:59c'est là aussi
22:00les moyens dont on parlait
22:01tout à l'heure
22:02c'est aussi pour qu'on puisse
22:03offrir à ces donneurs
22:04un soutien psychologique
22:05le temps
22:06le temps que c'est nécessaire
22:07parce que
22:07c'est vraiment fréquent
22:09qu'il y ait ce passage à vide
22:10après cet acte
22:12merci beaucoup
22:12merci Camille
22:13merci à nos deux invités
22:15Cécile Vandevivert
22:16directrice générale
22:17de France Rhin
22:17merci à vous
22:19Renaud Stanouj
22:20chef du service
22:20de néphrologie
22:21du CHU de Bicêtre
22:23on passe tout de suite
22:24à la pépite santé
22:29entre le prélèvement
22:30d'un organe
22:31et sa transplantation
22:32chaque minute compte
22:33pour mieux organiser
22:35cette chaîne logistique
22:36la start-up française
22:37GraphSmart
22:39développe
22:40FlowGraft
22:40une plateforme numérique
22:41destinée aux équipes médicales
22:43pour en parler
22:44je reçois son fondateur
22:45et président
22:46Arnaud Cluzel
22:47bonjour
22:47bienvenue Arnaud
22:48merci
22:48bonjour
22:49Arnaud
22:50qu'est-ce qui complique
22:50le transport des organes
22:52destinés à la greffe ?
22:54la complexité
22:55est multiple
22:57elle vient
22:58en fait
22:59dans le fait
22:59qu'il faut organiser
23:00l'arrivée
23:01de différentes équipes
23:01ce qu'il faut comprendre
23:03c'est que quand il y a
23:03un prélèvement d'organes
23:04souvent les équipes
23:06qui viennent
23:06pour prélever les organes
23:08viennent de partout en France
23:09parce que seuls les reins
23:10sont en général
23:10prélevés par les équipes locales
23:12donc il faut organiser l'arrivée
23:13des différentes équipes
23:14et ensuite
23:15au bloc opératoire
23:16les différentes équipes
23:17interviennent à différents moments
23:19et les organes partent
23:20à différents moments
23:20donc il faut organiser
23:21ces transports
23:22et aussi organiser
23:23leur arrivée
23:24aux hôpitaux greffeurs
23:27et alors
23:27que change votre plateforme
23:29pour les équipes médicales ?
23:30nous en fait
23:31on était créé
23:32à Montpellier
23:34il y a un peu plus de deux ans
23:36en fait
23:36ça fait plus de dix ans
23:37que le terrain
23:38cherche à créer un outil
23:39pour répondre à les problématiques
23:41dont ils sont bien au courant
23:43surtout ils ont vu
23:44tout un tas d'outils
23:45sur la gestion de la logistique
23:46que ce soit
23:46dans la livraison de colis
23:48avec Amazon
23:49ou que ce soit
23:50avec Uber
23:51que ce soit la nourriture
23:52ou les transports
23:53ils ont dit
23:54qu'il pourrait y avoir
23:54une plateforme centralisée
23:56pour en fait
23:56l'ensemble des acteurs
23:57un modèle transposable
23:58en fait
23:58un modèle transposable
23:59qui permette
24:00à tout le monde
24:01d'avoir les mêmes systèmes
24:02et surtout d'avoir
24:02des estimations de temps
24:03parce que
24:04pour que les équipes
24:05soient plus réactives
24:06et pour pouvoir gérer
24:06justement cette gestion
24:07des blocs opératoires
24:08comme on l'a pu le voir
24:09avec les intervenants précédents
24:11qui est
24:13qui est en fait
24:13donc
24:14le bloc opératoire
24:15une denrée rare
24:16en laquelle on est en pénurie
24:17oui
24:17on l'a évoqué
24:18dans la séquence précédente
24:19effectivement
24:19tout à fait
24:20avoir des meilleures estimations
24:21de temps
24:22permet une meilleure gestion
24:23de toutes ces ressources
24:23alors on ne se réglera pas
24:25tous les problèmes
24:25parce que
24:26le manque de ressources
24:27sera toujours un problème
24:28mais avoir plus d'informations
24:30pour mieux gérer ces ressources
24:31permet d'améliorer
24:32la gestion des reins
24:34et de tous les organes
24:35concrètement
24:36quel délai
24:36votre solution
24:37permet-elle de réduire ?
24:38alors pour l'instant
24:39on est en phase de test
24:40donc je ne vais pas m'avancer
24:42parce qu'on fait de la recherche
24:43donc il faut
24:43il faut rester humble
24:45et modeste
24:46et surtout
24:47garder l'esprit ouvert
24:48sur les potentielles
24:50les potentielles choses
24:51qu'il faudrait changer
24:51en revanche
24:52vous testez votre solution
24:53dans une trentaine d'hôpitaux
24:54quels sont les premiers retours ?
24:57alors les premiers retours
24:57c'est qu'ils attendent
24:58qu'on puisse le faire
24:59entre différents établissements
25:00parce que d'abord
25:01nous avons fait
25:02les tester
25:02dans chaque établissement
25:04ce qu'il faut comprendre
25:05c'est que
25:05chaque établissement
25:06a sa propre organisation
25:07alors il y a des choses
25:08qui sont similaires
25:09mais comme chacun
25:10est responsable
25:10de ses équipes
25:11et de ses soins
25:14l'organisation
25:15peut être différente
25:16surtout qu'il y a
25:16beaucoup d'acteurs
25:17que ce soit
25:18entre les infirmières
25:18de coordination
25:19de prélèvement
25:20qui font un travail
25:22exceptionnel
25:22avec l'approche
25:24des familles
25:24l'approche du don
25:25les chefs d'orchestre
25:26de toute cette organisation
25:27du bloc opératoire
25:29des prélèvements
25:29les IBOD
25:30qui sont essentiels
25:31donc les infirmières
25:32diplômées d'état
25:33de bloc opératoire
25:34pour justement
25:34cette gestion
25:35des blocs opératoires
25:36les chirurgiens forcément
25:38et donc
25:39il fallait d'abord
25:41qu'on fasse un système
25:41qui puisse s'adapter
25:42donc c'est l'organisation
25:43de toutes ces équipes
25:44change en fonction
25:45des établissements
25:45donc il fallait qu'on trouve
25:46un système
25:47qui soit à la fois
25:47flexible
25:51et standardisé
25:52et donc ce qu'on a fait
25:53avec l'ensemble
25:54des établissements
25:54de France
25:55ce qui n'est pas
25:56une mince affaire
25:57et maintenant
25:57il faut qu'on essaye
25:59de faciliter
26:00la communication
26:01entre deux établissements
26:02différents
26:02et alors quel est votre modèle
26:03économique ?
26:04Qui finance l'utilisation
26:05de votre plateforme ?
26:06Alors pour l'instant
26:06nous sommes une start-up
26:08qui donc
26:10travaille avec des fonds privés
26:11d'investissement
26:11mais donc à terme
26:12le but c'est de commercialiser
26:14avec les hôpitaux
26:14ou avec l'agence
26:15de la biomédecine
26:16et alors c'est quoi
26:17la prochaine étape ?
26:18La prochaine étape
26:19c'est d'avoir
26:21une équipe complète
26:22de chirurgiens
26:23et d'infirmières
26:24qui utilisent l'application
26:25dans le cadre
26:26d'un prélèvement d'organes
26:27et de revoir
26:28les premiers résultats
26:29et de voir à quel point
26:29est-ce qu'on arrive
26:30à faciliter la communication
26:31la collecte de données
26:32ou l'organisation
26:34des transports ?
26:35Merci beaucoup
26:36merci Arnaud Cluzel
26:38fondateur et président
26:39de Grafsmart
26:40merci à vous
26:42de nous avoir suivis
26:43à très bientôt
26:43sur Bsmart
26:44Sous-titrage Société Radio-Canada
26:49Sous-titrage Société Radio-Canada
26:53Sous-titrage Société Radio-Canada
26:54Sous-titrage Société Radio-Canada
26:54Sous-titrage Société Radio-Canada
26:55Sous-titrage Société Radio-Canada

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