00:00Je le redis, le bilan de la journée du 17 octobre est un échec, à partir du moment où la
00:06sécurité de bâtiments publics, de commerces, n'a pu être assurée et que dans le même temps, les forces de
00:11sécurité intérieure ont été confrontées à une violence inouïe.
00:14Mais soyons clairs, l'échec constaté ne présume pas en soi une faute des services de l'État. Pour prendre
00:20un parallèle, un attentat est toujours un échec, toujours un échec.
00:23Cela ne veut pas dire pour autant qu'il était nécessairement imputable un manquement des services de renseignement.
00:28Il y a des passages à l'acte violent qui sont objectivement indétectables ou qui le sont très difficilement.
00:34De même, il y a des comportements sédicieux, sporadiques et spontanés de voie publique qui ne peuvent être précisément anticipés,
00:40au moins dans leur niveau de violence et de détermination.
00:43Je reviendrai précisément sur les caractéristiques de ce qu'a été le défaut d'anticipation de ce 17 octobre. Je
00:50reviendrai dans quelques instants.
00:52Les services de renseignement ont été pointés du doigt pour avoir sous-estimé le nombre de personnes attendues sur cette
00:58journée de mobilisation.
00:59Cela fait partie des questions que vous me posez, d'ailleurs, M. le Président.
01:03C'est sans doute vrai, mais cette sous-estimation est très loin d'être le nœud du problème.
01:07On ne peut pas résumer tout cela à un simple sujet de chiffre, un chiffre prévisionnel plus proche de la
01:14réalité n'aurait pas permis en soi d'éviter les débordements constatés.
01:18En réalité, un nombre important de paramètres sont également à prendre en compte et j'aurai l'occasion d'y
01:22revenir.
01:23Voilà pourquoi, d'ailleurs, j'ai pu répondre au Sénat, à l'occasion d'une des nombreuses questions d'actualité
01:27au gouvernement qui m'ont été posées sur le dimensionnement du dispositif du 17 octobre.
01:33En l'occurrence, le delta, j'ouvre les guillemets, ne se jouait pas tant dans la prévision du nombre de
01:38participants attendus que dans l'intensité des violences de ce jour-là.
01:43C'est aussi pourquoi un dispositif policier plus étoffé en volume d'effectifs déployés n'aurait sans doute pas permis
01:49à lui seul d'empêcher les incidents constatés,
01:52notamment les exactions commises avant même le lancement des cortèges, ni les très nombreux pillages commis simultanément en divers points
02:00du territoire.
02:01De la même manière, ce n'est pas l'augmentation du volume d'effectifs déployés le 24 octobre par rapport
02:07au samedi précédent qui a permis à lui seul de garder la maîtrise des événements lors de cet acte 2.