00:00Quand j'entends une maman me dire « Mon enfant avait été agressé sexuellement, je ne le savais pas. »
00:04Et quand je lui donnais son bain, je me demandais pourquoi est-ce qu'il avait de la colle dans
00:07les cheveux.
00:08C'est dégoûtant. Il faut que les Français entendent cette réalité.
00:11Parce que beaucoup ont envie de détourner le regard.
00:13En France, il faut savoir qu'il y a 76 départements aujourd'hui concernés par ces violences dans le périscolaire.
00:1967 sur 101 départements, ça dit tout.
00:20Non, non, mais les autres, c'est parce qu'on ne le sait pas encore.
00:24Moi, je reçois des centaines de courriels et de lettres.
00:27Il se trouve que moi, mon métier m'amène à avoir des horreurs depuis que j'ai commencé à faire
00:31ce métier, c'est-à-dire il y a 40 ans.
00:33Mais même là, j'avoue qu'il m'arrive encore d'avoir un petit haut le cœur de temps en
00:38temps dans des lettres personnelles écrites par des parents ou d'anciennes victimes.
00:42Parce que le problème des victimes, c'est qu'elles posent trois problèmes.
00:45D'abord, elles sont victimes. 5 millions et demi ou peut-être 6 millions et demi, parce qu'on ne
00:49sait pas, de personnes.
00:51Elles somatisent, donc elles vont mal.
00:53Elles surconsomment tous les produits possibles et imaginables.
00:56De temps en temps, elles s'effondrent.
00:58Vous voyez, Colosse d'Argile, cette espèce de grand rugbyman qui vous explique qu'un jour, il s'est effondré
01:04devant son fils, puisque tout d'un coup, ça lui a été remonté.
01:07J'ai une collègue journaliste qui me dit, j'étais devant ma vieille institutrice.
01:12Tout d'un coup, au milieu du repas, elle se met à pleurer en me disant, je viens de me
01:14rappeler que j'ai été violée.
01:16C'est un sentiment de malaise général.
01:19Et puis, il y a la reproduction.
01:21Je rappelle que la quasi-totalité des pédocrimines en prison vous explique qu'ils ont d'abord été victimes avant
01:25d'être auteurs, pour reprendre le contrôle, pour assurer...
01:27Le crayon