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  • il y a 6 minutes
Franz-Olivier Giesbert, journaliste, écrivain et auteur de "Histoire intime de mes chefs-d'œuvre préférés" chez Gallimard, répond aux questions de Laurence Ferrari.

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Transcription
00:00La grande interview Europe 1 C News, Laurence Ferrari.
00:04Et notre invité ce matin dans la grande interview sur C News et sur Europe 1, c'est Franz Olivier
00:08Gisbert.
00:09Bonjour à vous mon cher Franz.
00:10Bonjour Laurence.
00:11Journaliste, écrivain, histoire intime de mes chefs-d'oeuvre préférés chez Gallimard.
00:14La France est-elle un pays communiste, j'aime beaucoup, aux éditions Plon ?
00:17Franz, vous êtes américain par votre père.
00:19Les américains ont voté hier.
00:20Je ne suis pas américain, je suis français.
00:21Non, vous êtes français bien entendu, par votre père.
00:24Ils ont infligé un véritable camouflet à Donald Trump qui perd la majorité au Congrès,
00:28mais également au Sénat.
00:30Il reconnaît bien sûr l'impact de la guerre en Iran.
00:32Il affirme qu'il va travailler avec les démocrates.
00:34Qu'est-ce que ça symbolise pour vous et quel impact pour nous autres Français, Franz ?
00:37D'abord pour relativiser, parce que c'est régulièrement comme ça.
00:40Vous avez des présidents américains qui étaient extrêmement populaires.
00:43Je pense à Barack Obama, qui l'est toujours.
00:45Ronald Reagan, dans les années 80, qui est devenu un mythe.
00:49Bon, ils sont perdus aussi des mid-terms.
00:51C'est des élections.
00:52Ça s'appelle les mid-terms, c'est l'élection de...
00:55Mi-mandat.
00:56Mi-mandat qui tombent comme ça.
00:58Régulièrement.
00:59Et qui cassent les pattes des présidents.
01:01Et c'est arrivé pour un nombre de présidents absolument incroyable.
01:05C'est régulier.
01:06C'est-à-dire qu'on perd soit la Chambre des représentants,
01:08parce qu'elle est renouvelée complètement.
01:11Les 435 représentants sont renouvelés tous les deux ans.
01:15Et puis, il y a le Sénat.
01:17C'est un tiers du Sénat.
01:19Un petit tiers ou un gros tiers, ça dépend.
01:20Et là, c'est perdu aussi.
01:20Et là aussi, il a perdu.
01:22Et puis, les gouverneurs, parce que là, il prend des claques aussi.
01:25Il y a 50 gouvernements.
01:26Là, c'est une majorité des gouverneurs qui renouvelaient.
01:28Donc, vous voyez, c'est le système de la démocratie américaine très différent de la nôtre.
01:33Elle respire tout le temps.
01:34Et c'est lui qui est sanctionné.
01:35Elle respire sans arrêt.
01:35Il faut bien voir, elle est vivante.
01:36Mais c'est lui qui est sanctionné personnellement ou c'est sa politique ?
01:40Évidemment.
01:40Non, mais c'est lui.
01:41D'abord, c'est la personnalité.
01:43Parce que Trump, il souffre quand même d'un trouble de la personnalité narcissique.
01:48Ça, c'est dans tous les bouquins de psychologie ou de psychiatrie.
01:52Vous voyez, très bien.
01:53C'est d'abord le manque total d'empathie, un sentiment de supériorité,
01:58l'impression qu'on fait des choses extraordinaires.
02:00D'ailleurs, vous savez, on en a un autre magasin en France.
02:03Du même genre.
02:04Qui ça ?
02:04Oui, le président de la République.
02:06Emmanuel Macron.
02:06Oui, il y a aussi un narcissisme complètement dingue.
02:09Les deux ne sont pas censés se ressembler.
02:11C'est très intéressant.
02:12Ils s'apprécient.
02:12Ils s'apprécient d'ailleurs, mine de rien.
02:14Il y a quelque chose de semblable.
02:16Pourquoi ?
02:16Il y a aussi un autre point qui est important.
02:18C'est le court-termisme.
02:19C'est-à-dire, on fait tout.
02:21Je veux dire, ces gens-là ne pensent pas ni en siècle, ni en décennie, ni en année.
02:24Ils pensent en seconde, même pas des bouts de seconde.
02:27Vous voyez, tellement ça va vite.
02:29Et en fait, il n'y a plus de politique parce que ça va dans tous les sens.
02:32C'est ça le problème de Trump.
02:33Plus, je pense qu'il y a quelque chose qui joue aussi.
02:36Les Américains, globalement, quand on en fréquente, on voit bien qu'ils ont honte de ce président.
02:40Il y a une forme de vulgarité.
02:42C'est un peu Uburoa, quoi.
02:43Vous savez, Uburoa, c'est la pièce d'Alfred Jarry.
02:46C'est ce personnage qui règne et qui dit tout le temps, d'ailleurs, foutre de merde.
02:51De merde.
02:52Des gros mots absolument horribles.
02:54Et il y a ça chez Trump, vous voyez.
02:56Donc, alors, ça a amusé les Américains pendant un temps.
02:58Il a progressé beaucoup grâce au wokisme et à tout ça.
03:02Puis maintenant, c'est une sorte de retour de balancier tout à fait naturel.
03:05Bien sûr.
03:06Notamment sur le coût de la vie, sur la vie chère.
03:08Il n'a pas tenu ses promesses.
03:09Bien sûr.
03:09Le prix de l'essence a doublé à cause de la guerre en Yann.
03:12Et ça, c'est des préoccupations qu'on voit aussi en France.
03:14Non, mais ce n'est pas une si mauvaise affaire pour les Républicains
03:16parce que ça va permettre à ses éventuels successeurs.
03:19Parce que ce n'est pas joué, la présidentielle.
03:22Je pense à J.D. Vance, le vice-président,
03:25et surtout à Marco Rubio, qui est encore un peu derrière,
03:27mais à mon avis, qui a tout le potentiel pour arriver devant Vance,
03:31à un moment donné.
03:32Mais d'avoir, voilà, pour Trump, maintenant, d'avoir un successeur républicain.
03:37Même si dans les deux cas, ce sont des personnes qui ont beaucoup bavé sur Trump
03:41il y a quelques années.
03:42Il y a aussi quelque chose, il y a une polarisation de la vie politique
03:45qu'on retrouve et aux Etats-Unis et aux France.
03:47Les démocrates sont de plus en plus à gauche,
03:49les républicains de plus en plus à droite.
03:50Ça aussi, c'est commun avec notre pays ?
03:52Ah oui, oui, mais c'est tout l'Occident.
03:54C'est-à-dire, on voit très bien, il y a une espèce de...
03:55C'est un cadar sans tête, aujourd'hui, à peu près partout.
03:58Alors, il ne faut pas exagérer non plus,
04:00parce que vous avez vu, par exemple, le candidat musulman du Michigan.
04:06Abdoul Al-Sayed.
04:07Oui, Abdoul Al-Sayed, c'est quelqu'un de tout à fait, comment dire...
04:10Il est assez posé, quand même.
04:11Il se prononce pour un capitalisme,
04:13contre les monopoles, comme tous les démocrates depuis toujours.
04:16Très différent, ceux-là, du maire de New York, Mme Danny,
04:19qui lui est un peu spécial, quoi.
04:21Et puis, d'ailleurs, qui se dit carrément collectiviste, presque.
04:23Enfin, c'est très étrange.
04:25Donc, si vous voulez, il y a ce côté aux Etats-Unis,
04:28c'est clair, mais que nous avons aussi en France,
04:29avec des gens qui ne se supportent plus.
04:32Vous avez vraiment une fracture, maintenant, vertigineuse
04:36entre la gauche et la droite,
04:38et en France, d'ailleurs, entre l'extrême-gauche et l'extrême-droite.
04:41On va parler de ce jeudi 5 novembre,
04:43parce que le mot d'ordre de ce qui va se passer jeudi,
04:46c'est la vie chère.
04:47Et là encore, il y a une grogne des Français
04:48par rapport à la hausse des prix de la vie.
04:52Est-ce que, encore une fois,
04:53un million de personnes attendues dans la rue,
04:55des syndicats qui sont ultra mobilisés,
04:58est-ce qu'on a tiré les leçons du fiasco sécuritaire du 17 octobre,
05:01François-Olivier Gisberg, à votre avis, dans notre pays ?
05:04J'ai l'impression, parce qu'il y a eu quand même,
05:06vous avez eu une sorte de mea culpa de Laurent Nunes.
05:10Bon, dans une démocratie normale,
05:11il aurait dû se démissionner après.
05:13Le 17 octobre, j'imagine que Emmanuel Macron n'a pas voulu,
05:17parce que c'est un peu son âme sur place.
05:18Je pense que l'erreur de Nunes a été d'écouter un peu trop le président,
05:22qui disait qu'il faut être gentil,
05:23qu'il faut faire attention, etc.
05:24Il faut avoir de l'empathie.
05:25Il faut avoir de l'empathie,
05:26mais avoir de l'empathie devant les pilleurs,
05:29c'est quand même très compliqué.
05:30Il y a beaucoup de Français qui en volent aujourd'hui au pouvoir
05:33pour ce qui s'est passé,
05:34parce qu'ils ont été ruinés.
05:36Et l'argent ne reviendra pas.
05:37Ce n'est pas parce qu'ils recevront quelques milliers d'euros
05:41dans deux ans ou dans un an,
05:43qu'ils pourront repartir.
05:44Leur commerce, c'est fini.
05:45Ils ont fermé.
05:46Donc, je pense qu'il y a une espèce de violence aussi souterraine
05:51à cause de cette gestion, en tout cas, du 17 octobre,
05:56et aussi un peu de ce qui suit.
05:57Donc, Nunes, en plus, moi, j'ai trouvé très digne, quand même,
06:00hier, dans sa prestation.
06:03Il était à l'Assemblée nationale.
06:04Oui, à l'Assemblée nationale.
06:05Il fait d'abord mea culpa sur le 17 octobre
06:09en disant que les services de renseignement ne s'étaient pas trompés,
06:12contrairement à ce qu'a dit le président.
06:13Parce que, vous savez, le président de la République,
06:15on a quand même un type qui dit,
06:16la dette, ah ben non, mais Bruno, je ne sais pas ce qu'il a fait.
06:19Parce que comme si c'était le maire,
06:20enfin, personne ne peut croire à ces bêtises.
06:22Comme les services de renseignement,
06:24personne ne peut croire à ces bêtises.
06:25Est-ce que c'est les services de renseignement qui ont merdé ?
06:28Enfin, c'est impossible.
06:29Vous savez comment ils se sont faits en France ?
06:31Je veux dire, on le sait.
06:32Alors, il y a peut-être une note par-ci, par-là,
06:34qui était un petit peu plus positive.
06:35Mais enfin, je ne pense pas qu'ils annonçaient,
06:37ça va être gai.
06:38Parce que ce n'est jamais le cas.
06:39Parce que, notamment sur l'ultra-gauche,
06:41ils sont très bien informés.
06:43Évidemment.
06:43Et l'ultra-gauche sera présente aussi
06:46dans les cortèges du 5 novembre.
06:47Donc, les syndicats doivent canaliser tout ça ?
06:49Oui, enfin, merci, en tout cas,
06:51Minesse, d'avoir rectifié le mensonge de Macron.
06:54D'accord.
06:54Un mot des forces de l'ordre,
06:55attaquer systématiquement,
06:56cible dans le dos,
06:58vraiment les pires slogans qui les accablent.
07:00Jusqu'à quand ils vont tenir,
07:01François-Livier ?
07:02C'est la preuve, s'il vous plaît,
07:03que vous pouvez faire croire n'importe quoi
07:05aux gens quand vous répétez les mensonges.
07:07Les mensonges, à force d'être répétés,
07:09c'est la même phrase de Napoléon,
07:10mais c'est vrai, ça devient des vérités.
07:12Et les Français, il y a beaucoup de Français,
07:13hélas, qui croient qu'en France,
07:15la police tue,
07:16mais ils n'ont qu'à regarder ce qui se passe ailleurs.
07:18Enfin, c'est dément.
07:19Je veux dire, même en France,
07:21on a pratiquement institutionnalisé aujourd'hui
07:23le refus d'obtempérer.
07:25C'est un truc de fou.
07:26C'est-à-dire, la police,
07:27si vous arrêtez, vous continuez.
07:29Et même, vous accélérez.
07:31Il y en a comme ça,
07:33plus de...
07:33Enfin, c'est 25 000 par an
07:36qui font ça.
07:37C'est-à-dire, c'est tous les soirs,
07:39il y a des tas de gens comme ça
07:40qui...
07:41C'est ce qu'on appelait autrefois
07:42le délit de fuite.
07:43Mais c'est complètement aberrant.
07:44Ça n'existe pas à ce point
07:46dans les autres pays.
07:47Il y a eu aussi,
07:48François-Olivier Gisberg,
07:49une polémique autour du profil des casseurs
07:51qui a opposé Édouard Philippe
07:52à Jean-Luc Mélenchon.
07:53Édouard Philippe,
07:54candidat à l'élection présidentielle,
07:56dit que, dans certains cas,
07:58il y avait des Français
07:59issus de l'immigration.
08:00Le ministère de la Justice
08:02le confirme.
08:03Parmi les mises en cause,
08:04il y avait 95 % d'hommes,
08:06deux tiers de 18 à 25 ans
08:07et 30 % d'étrangers.
08:09Est-ce qu'on a le droit
08:10de dire ces chiffres-là
08:12ou est-ce qu'on est taxé tout de suite
08:13de racisme lorsqu'on le dit,
08:14François-Olivier Gisberg ?
08:16C'est l'évidence.
08:17Il faut dire les évidences.
08:20Vous parliez tout à l'heure
08:21de l'histoire intime
08:22de mes chefs-d'oeuvre préférés.
08:24J'ai mis, par exemple,
08:24ce n'est pas le meilleur livre.
08:25C'est Don Quichotte
08:27de Cervantes.
08:28C'est le grand livre,
08:30c'est le premier roman,
08:30on peut dire, vraiment.
08:32Et ça dit quoi ?
08:33Parce que c'est un peu répétitif.
08:34C'est le déni de réalité
08:35qui est une grande maladie
08:36des humains.
08:37C'est-à-dire, bon, d'ailleurs,
08:38Trump, il a ce déni de réalité
08:40et Macron aussi.
08:41Ça, c'est encore une ressemblance.
08:42Et donc, c'est de ne pas voir
08:43la réalité.
08:44La réalité est comme ça.
08:45Et ça ne veut pas dire
08:46que c'est du racisme.
08:47Alors, il y a des propos,
08:48parfois, à propos de ceux-là
08:50qui sont,
08:51qui relèvent du racisme.
08:52J'en ai entendu
08:52chez les uns,
08:53chez les autres.
08:54Mais ce n'était pas
08:54le cas d'Édouard Philippe.
08:56En plus, le pauvre,
08:57il baudouillait.
08:57Il n'arrivait pas vraiment
08:58à dire les trucs.
08:59Même les pilleurs,
09:00ça l'embêtait.
09:00Même de prononcer le mot,
09:01on voyait bien.
09:02Bon, donc,
09:03mais il faut dire la réalité.
09:05Si on veut régler les problèmes,
09:07il faut voir les choses
09:08et puis ne pas avoir peur
09:09de voir ce qu'on voit.
09:10Oui, mais ça,
09:11il y a une partie
09:12de la fiasse politique
09:12qui veut occulter ce débat-là,
09:14qui veut le confisquer.
09:15Vous êtes bien d'accord ?
09:15C'est le grand problème de la France.
09:16C'est le, vous savez,
09:17un des problèmes principaux,
09:24c'est de pire en pire.
09:25Et puis la dette
09:26qui ne cesse de gonfler,
09:27etc.
09:28Je dis toujours
09:29d'aller faire un tour
09:29du côté de l'horloge
09:30de la dette publique.
09:31C'est un site absolument incroyable.
09:32C'est votre dada, ça.
09:33Oui, mais vous voyez,
09:34mais c'est vertigineux.
09:353 620 milliards aujourd'hui.
09:37Voilà, mais on ne veut pas voir.
09:39Et c'est ça.
09:39Et pendant des années,
09:40on ne veut pas voir.
09:41Mais la réalité,
09:42quand on fait le déni de réalité,
09:43elle finit toujours,
09:44la réalité,
09:45par nous rattraper.
09:45Et c'est ce qui se passe
09:46d'ailleurs aujourd'hui.
09:48Donc, il faut voir les choses
09:50et puis les régler.
09:54Et c'est ce qui se passe
09:54aujourd'hui.
09:55Vous avez une espèce
09:56de jouement-foutisme
09:58à tous les niveaux
09:59de l'État.
09:59Il n'y a plus personne
10:00qui ne tient rien.
10:01Et puis, ça a commencé
10:04déjà bien avant Macron.
10:06Mais enfin, c'est vrai
10:07qu'il a sacrément
10:08accéléré la chose.
10:09Et dans les propositions
10:09des candidats
10:10que vous observez de près,
10:11François-Olivier Gisbert,
10:12est-ce que vous voyez
10:13des gens qui ont
10:14cette réalité vraiment
10:16prise en compte
10:16et qui proposent
10:17des choix durs
10:18qui vont nous dire
10:19que ce sera du sang et des larmes.
10:20Attention,
10:21pour redresser
10:21l'État de la France.
10:22Ce n'est pas comme ça.
10:23Moi, je ne crois pas
10:23aux sangs et aux larmes.
10:25D'ailleurs, ce n'est pas
10:26très bon comme thème
10:27de campagne, si vous voulez.
10:28Ah oui, on n'est pas élus
10:29en général.
10:30Souvent, il faut faire rêver.
10:31Mais ce n'est pas ça.
10:32Seulement, c'est que la réalité,
10:33si vous voulez,
10:33la situation de la France
10:34est épouvantable.
10:35On a 57% de dépenses publiques
10:38et on a 46%
10:40de prélèvements obligatoires.
10:4246%, d'après l'INSEE
10:43qui est très gentil
10:43avec le gouvernement,
10:44c'est 43%.
10:45Moi, je dis 46%,
10:46c'est Eurostat,
10:47je crois aux statistiques
10:48d'Eurostat.
10:48Bon, 46%.
10:49C'est un record.
10:51C'est un record.
10:52De toute façon,
10:52c'est un record européen
10:53et c'est aussi un des...
10:56Enfin, on voit très bien
10:57que, comment dire,
10:58c'est notre drame,
10:59c'est notre tragédie.
11:00C'est-à-dire,
11:01on ponctionne de plus en plus,
11:02les services publics
11:04dégringolent,
11:04enfin, rien ne marche plus.
11:06C'est-à-dire,
11:06il faut tout reprendre.
11:08Et c'est ça.
11:09Et si vous voulez,
11:10le sujet,
11:11parce qu'il y a quand même,
11:12évidemment,
11:12le gros problème,
11:13c'est la dette.
11:14On sait très bien
11:14que c'est une dette sociale.
11:15Très souvent,
11:16c'est pour payer les retraites,
11:17notamment les retraites
11:17des fonctionnaires.
11:18Donc, c'est ça
11:19qui nous endette
11:20et c'est un système
11:21complètement dément
11:22de penser qu'on s'endette
11:23non pas pour,
11:24comment dire,
11:25pour préparer l'avenir,
11:26pour investir.
11:27On s'endette, en fait,
11:27pour payer des retraites.
11:29Donc, ce sujet des retraites,
11:31moi, j'en veux beaucoup
11:32au président de la République
11:32de ne pas avoir essayé
11:34de le mener jusqu'au bout.
11:35Il a tout lâché
11:36parce qu'il n'a pas le courage.
11:38C'est-à-dire,
11:39on dit qu'il est intelligent,
11:40peut-être,
11:41mais en tout cas,
11:42l'intelligence,
11:43sans courage et sans volonté,
11:44ça ne sert absolument à rien.
11:45On en a eu la preuve.
11:47Parce que là-dessus,
11:48on dit toujours
11:49que c'est la faute des Français.
11:50Moi, je vois ce sondage
11:51dans le Figaro d'aujourd'hui,
11:52sondage IFOP.
11:53Qu'est-ce qu'il dit ?
11:54Il dit que 9 Français sur 10
11:56sont très inquiets
11:57pour la dette.
11:57Eux, au moins,
11:58ils voient.
11:59Donc, on ne pourra pas
11:59trop le raconter
12:01de sornettes.
12:02Mais,
12:03la seule façon
12:04de s'en sortir,
12:04on le sait,
12:05c'est un prix Nobel,
12:06d'ailleurs,
12:06qui l'a dit,
12:07un prix Nobel d'économie,
12:08Philippe Aguillon,
12:10français,
12:10qui dit
12:11qu'il faut élargir le gâteau.
12:13C'est-à-dire,
12:13il faut avoir
12:14une sorte de choc
12:15de croissance,
12:17arrêter avec cette politique
12:18stupide
12:18menée par le gouvernement,
12:20par les derniers gouvernements,
12:21menée surtout
12:22depuis d'ailleurs 10 ans
12:22avec une explosion
12:24des déficits budgétaires.
12:25Qu'est-ce que ça fait,
12:26déficit budgétaire ?
12:27Ça empêche la croissance.
12:29On sait très bien
12:29d'où cette histoire
12:30de règles dehors
12:31de 3%,
12:31mais on peut la baisser encore
12:34parce que ce déficit budgétaire,
12:36il peut émettre de 0%
12:37et ça fait une croissance
12:38comme De Gaulle,
12:39c'est-à-dire de 6-7% en moyenne
12:41et parfois même
12:42avec des pics
12:43à 8% de croissance.
12:45Même les Chinois
12:45n'arrivent pas à ça.
12:478% de croissance en 1962.
12:49C'était la France.
12:50Elle est capable.
12:51Elle a de l'énergie.
12:52Mais la France
12:53est un pays communiste,
12:53selon vous ?
12:54Mais non,
12:55parce que je pose la question.
12:56Elle y va.
12:57Si vous voulez,
12:58il y a un côté,
12:58on voit très bien,
12:59rien ne marche plus.
13:00Ça ressemble beaucoup
13:01à l'Union soviétique.
13:03Vous avez appelé
13:04les services d'État.
13:06Ça tourne.
13:07À la limite,
13:08il n'y a que les impôts.
13:09ça marche bien.
13:09Le prélèvement de l'impôt
13:11fonctionne bien.
13:11Non, non.
13:11Et puis ça fonctionne bien.
13:13Il n'y a rien à redire.
13:14Mais on a l'impression
13:14que tout le reste
13:15se casse la gueule.
13:16C'est effrayant.
13:17On est à 5 mois,
13:18François-Louis Gillesberg,
13:19de cette présidentielle.
13:20Est-ce que le duo,
13:21maintenant,
13:22duel RN et les filles
13:23est inéluctable ?
13:24Est-ce qu'il n'y a rien
13:25qui peut se mettre
13:25en travers de ce ticket
13:27du second tour
13:28qui s'annonce ?
13:29Moi, je ne dirais pas ça.
13:30Parce que tout peut encore changer
13:33dans les mois qui viennent.
13:34Notamment s'il y a une primaire
13:35de la droite et du centre.
13:37Ça peut changer un peu.
13:38Bruno Rotailleur
13:39remet la pression
13:39sur Edouard Philippe.
13:40Oui, d'ailleurs,
13:40c'est un homme d'État.
13:42Il voit l'intérêt général.
13:43L'intérêt de la droite
13:44et du centre,
13:45c'est de faire,
13:46effectivement,
13:46une primaire.
13:47On aimerait bien
13:48que tout le monde
13:48soit comme lui.
13:49Ce n'est pas le cas
13:50d'Edouard Philippe.
13:50J'espère qu'il n'y a pas.
13:51Ce n'est pas un homme d'État
13:51pour vous ?
13:52Non, là,
13:53il n'est pas clairement
13:54parce qu'il devrait...
13:55Oui, puis si vous voulez,
13:57on l'a vu à chaque fois.
13:58C'est-à-dire,
13:59qu'est-ce que ça fait
13:59une primaire ?
14:00Quand vous l'avez gagné,
14:02vous êtes sacré
14:02d'une certaine manière.
14:04Il se passe quelque chose
14:04dans le pays
14:05et vous créez une dynamique.
14:07Donc, c'est très important.
14:08Bien sûr.
14:09Donc, ça veut dire
14:09que cette dynamique,
14:10elle pourrait bénéficier
14:12peut-être à David Lysnard
14:13s'il était candidat
14:14dans cette primaire
14:14qui aurait lieu quand ?
14:15Là, janvier, février ?
14:16Ce n'est pas un peu tard quand même
14:17alors que l'élection
14:18est au mois d'avril ?
14:19Non.
14:19Non, ce n'est pas trop tard.
14:21Mais ça peut être David Lysnard,
14:22ça peut être quelqu'un d'autre.
14:23Ça peut être Bruno Retailleau,
14:25ça peut être, je ne sais pas,
14:26Gabriel Attal.
14:27Enfin, tout est possible.
14:27Peut-être Edouard Philippe
14:28s'il décide finalement
14:29d'être candidat.
14:30Mais enfin, là, c'est vrai
14:31qu'il n'a pas pris très bien
14:32le tournant.
14:33Je pense que peut-être
14:34qu'il se retirera d'ailleurs.
14:35Mais...
14:35Et Mélenchon est surcoté pour vous ?
14:37L'histoire de Mélenchon,
14:38c'est très important.
14:39Moi, je pense que...
14:40Vous avez un problème
14:41dans les médias
14:41qui croient toujours que...
14:44C'est pour ça qu'il se trompe
14:45d'ailleurs régulièrement.
14:46Moi, j'ai appris ça
14:46il y a très longtemps
14:47quand j'ai commencé
14:47dans le journalisme.
14:49Le journaliste moyen,
14:50il croit toujours que
14:52l'avenir, c'est du présent
14:53qui continue.
14:54Ou du passé qui continue
14:55et c'est comme ça.
14:56Non.
14:56On voit dans une campagne
14:58présidentielle,
14:58il y a toujours des ruptures.
15:00Et moi, j'ai toujours dit d'ailleurs
15:03Mélenchon ne va pas s'écrouler
15:04quand vous expliquez ça.
15:05Il y a un an, c'est fini.
15:06Mélenchon...
15:06Mais non, il ne va pas s'écrouler.
15:08Moi, je dis même
15:08qu'il a une petite chance.
15:10Si vous avez une crise financière,
15:12tout le monde deviendra fou.
15:14Si Macron a tout fait
15:15pour qu'on ait une crise financière,
15:16il a géré ce pays
15:17n'importe comment,
15:19c'est l'attilaire
15:20des finances publiques.
15:20Et si vous avez
15:22une crise financière,
15:23et c'est pour ça
15:23que j'en veux beaucoup,
15:24si vous avez créé une crise financière,
15:25je pense que Mélenchon
15:27a vraiment des chances.
15:28Pourquoi ?
15:29Parce que quand vous avez
15:31une crise financière,
15:32vous regardez l'histoire
15:33du monde,
15:34vous voyez que,
15:35par exemple en Allemagne,
15:36les Allemands sont devenus fous
15:38en 1930.
15:39Et qu'est-ce que ça a donné ?
15:40Vous connaissez la suite.
15:43Qu'est-ce qui s'est passé partout ?
15:45En Grèce,
15:45ça a été la même chose aussi.
15:47C'est-à-dire que
15:48les Français,
15:49le jour où il y aura
15:49la crise financière,
15:50on ne sait pas
15:51comment ça peut tourner.
15:52Donc, je pense qu'il ne faut pas dire
15:55que...
15:55En plus, vous voyez très bien
15:56qu'il y a une dynamique
15:57en ce moment.
15:58C'est incroyable.
15:59Moi, je pensais,
15:59on pouvait penser,
16:00en tout cas,
16:01qu'avec les affaires
16:02de casseurs,
16:03de pilleurs,
16:05par exemple,
16:05après le 17 octobre,
16:06il perdrait quelques plumes.
16:07Il n'en perdait aucune.
16:08Je dirais même,
16:09il en a gagné.
16:10Pourquoi ?
16:10Parce qu'il est très souple.
16:12On voit très bien,
16:12il a l'habitude des campagnes,
16:14il fait des volte-face,
16:17il avance,
16:18il aura toujours des propositions.
16:19Donc, il a des chances.
16:21Et il hystérise
16:22à la fois le débat politique
16:23et le débat médiatique.
16:24Hystérise, bien sûr.
16:24C'est de compter Trump.
16:26Vous retrouvez du Trump
16:27un peu partout en France.
16:28Et notamment chez Jean-Luc Mélenchon.
16:29Je parlais du président de la République
16:31et, ben oui,
16:32chez Mélenchon,
16:33c'est très bien.
16:34Vous savez,
16:34la grande phrase de Trump,
16:35enfin, c'était son attaché de presse
16:37sur les faits alternatifs.
16:39Mais vous en avez
16:40dans la presse d'extrême-gauche aussi,
16:41tout le temps,
16:41sans arrêt,
16:42les alternatifs.
16:43On dit des trucs
16:44parce que ça vous arrange.
16:45Mais ce n'est pas la vérité,
16:46ce n'est pas grave.
16:46On va la répéter
16:47et le mensonge deviendra...
16:48Je parlais du débat médiatique
16:49parce que la France Insoumise
16:50demande, vous le savez,
16:51l'interdiction de CNews.
16:53Il va y avoir un débat
16:54à l'Assemblée nationale.
16:55Est-ce que c'est un débat honteux
16:57parce que c'est un débat
16:57sur la censure, au fond,
16:59François-Olivier Gébert ?
16:59Qu'est-ce que vous en pensez ?
17:00C'est dégoûtant.
17:01Moi, j'ai très peur
17:02quand je vois justement
17:03des débats de ce type.
17:06C'est l'idée qu'on va s'en sortir,
17:07justement,
17:08on revient dans le déni de réalité,
17:10en étayant tout ce qui gêne.
17:12Parce que,
17:13qu'est-ce que c'est la presse ?
17:14La presse,
17:15c'est d'essayer de chercher
17:15les informations
17:16qu'on veut vous cacher.
17:17C'est ça, c'est l'enquête,
17:18c'est la base même.
17:19Donc, la presse, forcément,
17:20elle gêne.
17:22Et là, l'idée que
17:23on va s'en sortir,
17:25ça ira beaucoup mieux
17:26quand on aura cassé le thermomètre
17:28ou qu'on aura éteint
17:30l'écran de télévision.
17:31Mais enfin, c'est idiot.
17:33Et si vous voulez,
17:33c'est le problème
17:34de la liberté d'expression.
17:35Il ne faut pas oublier
17:35que c'est l'un des biens
17:37les plus précieux
17:38que nous avons.
17:39C'était écrit
17:40dans la déclaration de l'homme
17:41de 1789.
17:43C'est là-dedans,
17:44c'est inscrit.
17:44Mais en fait,
17:45il y a beaucoup de gens
17:45qui veulent en finir
17:47avec la liberté d'expression.
17:49Et vous savez,
17:49si on enlève
17:50la liberté d'expression,
17:51ce n'est pas moi
17:51qui disais ça,
17:52c'est George Washington,
17:54le premier président
17:56des Etats-Unis,
17:57fondateur de la démocratie américaine.
17:59Il disait,
18:00si on enlève
18:01le droit d'expression,
18:02on deviendra tous
18:05des personnes,
18:06comment dire,
18:07muettes et silencieuses
18:08qu'on emmène
18:10à l'abattoir.
18:11Voilà.
18:12Comme des brebis.
18:13Comme des brebis.
18:13Et les journalistes
18:15qui sont désormais chassés
18:16comme des proies
18:16dans les manifestations,
18:17ça aussi,
18:18c'est un signe
18:19de l'hystérisation du débat
18:20contre la presse ?
18:21Oui, c'est parce que
18:22on revient toujours
18:23déni de réalité.
18:24On a d'ailleurs
18:25le champion du déni
18:27de réalité,
18:27ce n'est pas
18:27le président de la République
18:28qui, quand les comptes publics
18:29se cassaient la gueule,
18:30faisait sans arrêt
18:31des émissions de télé
18:32pour expliquer
18:32qu'il avait sauvé
18:33la France économiquement,
18:35ça repartait
18:35avec des noms anglais,
18:37les Startup Nation,
18:38Shoes France,
18:39toutes ces conneries.
18:40Et on voit très bien
18:41la réalité aujourd'hui.
18:42C'est pas,
18:43comment dire,
18:43la réalité,
18:44ce sont les chiffres.
18:46Vous voyez,
18:47ce n'est pas juste
18:48les discours.
18:49Mais ça,
18:49c'est le côté Trump,
18:50effectivement,
18:51de certains
18:52de nos dirigeants français
18:53ou des aspirants
18:55à la présidence
18:56de la République.
18:56Parce que je trouve,
18:57de ce point de vue,
18:57il y a vraiment
18:58une ressemblance
18:59entre Emmanuel Macron
19:01et Jean-Luc Mélenchon.
19:01Un dernier mot,
19:02François-Olivier Gisbert.
19:02Est-ce que la France
19:03va dans le mur ?
19:04Est-ce que vous attendez
19:04le sursaut ?
19:06Évidemment,
19:06valeur au combien ?
19:07Moulienne.
19:08Non,
19:08ce n'est pas ça.
19:09On ne peut pas dire
19:10que la France est foutue,
19:11c'est ridicule.
19:11Il y a beaucoup d'énergie
19:12dans ce pays.
19:13Oui,
19:13mais attendez,
19:14elle va dans le mur.
19:15Mais il faut trouver
19:16les dirigeants
19:17et ce n'est pas forcément
19:19le général de Gaulle
19:20qui va ressortir,
19:22comment dire,
19:23revenir de son cimetière.
19:24Il faut trouver
19:25quelqu'un
19:26de normal
19:28qui est juste
19:29et de qualité essentielle.
19:31Oui,
19:32parce que le président normal,
19:33ce n'est pas con du tout.
19:33Ça change un peu.
19:34Non,
19:35mais ce n'est pas con.
19:35C'est un bon slogan.
19:37Mais juste qu'il est
19:38du courage
19:38et de la volonté.
19:39Et il en faudra
19:40pour redresser le pays.
19:41Mais le pays ne demande que ça.
19:43Et les Français,
19:43je suis désolé,
19:44ils sont conscients.
19:45Il faut arrêter de dire
19:45que ce sont des imbéciles.
19:46C'est que c'est de leur faute
19:47si on en est là.
19:48Ce n'est pas vrai.
19:49Vous savez,
19:49les grands dirigeants
19:52qui ont changé,
19:53réformé leur pays
19:54comme Margaret Thatcher
19:56à droite
19:56ou Gérard Schröder
19:58à gauche,
19:59ils ont des manifestations
20:01monstres
20:02d'un million de personnes.
20:03Ils n'avaient pas peur,
20:04eux.
20:05Voilà.
20:05Merci beaucoup,
20:06François-Olivier Gisberg.
20:07Histoire intime
20:07de mes chefs-neufs préférés
20:08chez Gallimard.
20:09C'est votre dernier livre.
20:10Merci d'être venu sur CNews
20:11et sur Europe 1.
20:12Bonne journée à vous.
20:12Merci,
20:13François-Olivier Gisberg.
20:14Merci,
20:14Laurence Ferrari.
20:15Dans un instant,
20:15restez avec nous sur Europe 1,
20:17vos signatures du mercredi.
20:18A commencer par Charlotte Dornelas.
20:20A tout de suite.

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