00:00Je ne peux pas les revoir.
00:01Je les aime pas.
00:02Chaque fois, je vois, oh là là, c'est raté.
00:05Quand ça a marché, les gens ont été gentils.
00:07Et puis on pense avec Acharnement au prochain, qui est la prochaine fuite.
00:10On va pouvoir se réfugier dans une autre façon d'affronter la réalité.
00:12Là, j'ai un nouveau projet, donc je m'accroche à ça désespérément.
00:15Tout ce que ce film m'a frustré, je me vends le prochain.
00:19Il y aura 14 caméras, plein de valeurs d'angle, il n'y aura plus de pensée quand c'est
00:24terminé.
00:25Et vous regardez les mêmes équipes à chaque fois pour chaque film ?
00:28Oui, c'est 20 ans que je bosse avec les mêmes.
00:29Ça, j'y tiens énormément.
00:30S'ils ne sont pas dispo, je les attends.
00:31J'ai deux cadreurs, Stéphane Martin, François Comparo, également machiniste.
00:35J'ai un chef-fop, Alexis, qui des fois peut toujours être avec moi,
00:37mais là, il a fait deux films de suite qu'avec lui.
00:39Il y a vraiment des gens dont j'ai vraiment besoin.
00:40Et puis la même productrice depuis maintenant 15 ans.
00:42C'est très important.
00:43Non, c'est très important.
00:44Vraiment, j'ai besoin de ses appuis, j'ai besoin de ses regards, j'ai besoin de...
00:47Et je sais quand ça ne va pas.
00:49Ils vont me le dire, ils sont honnêtes.
00:50Ils n'ont pas la mentalité intermittent.
00:52Si ça ne va pas, ils vous le disent.
00:55Des fois, quand le rapport est employé-employé, le rapport est faussé.
00:58C'est vraiment des gens, d'abord, ils peuvent travailler sans moi, il n'y a aucun problème.
01:01Ils lisent le scénario, ils donnent leur avis sur les scènes.
01:03Je me rappelle des essais avec Sandrine Kiberlin sur 9 mois ferme.
01:06J'étais un peu perplexe, super actrice, mais j'étais perplexe.
01:09Ce n'est pas ce que je cherchais du tout.
01:10Et à un moment donné, mon cadreur qui était là, qui faisait les essais,
01:12m'a dit, tu vois, cette fille, quand elle est en colère, elle reste sympathique.
01:15Je dis, pour le rôle de 9 mois, ça va être parfait.
01:17Mais c'est lui qui l'a formulé.
01:18C'est rigolo.
01:19Il y a un gag très connu comme ça dans Chaplin, le charlot, le masque de fer.
01:24Et on annonce à Charlot qui, pour une fois, n'est pas en vagabond,
01:27il est en smoking, machin.
01:28On lui amène un mot et sur le mot, on voit, je te quitte.
01:31Il se tourne dans la caméra et on a les épaules comme ça.
01:33Alors, on s'y va, il pleure.
01:34Puis, il se revient.
01:35En fait, il est en train de déboucher une bouteille de champagne.
01:37Voilà, c'est un gag super.
01:39Et un jour, il lui a dit, mais comment tu as eu ce gag ?
01:40Il dit, c'est quelqu'un sur le plateau qui me doit donner l'idée, j'ai pris.
01:43Et ça, c'est super.
01:44L'intelligence collective, j'y crois beaucoup.
01:45Voilà.