Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 heures

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Le carrefour de l'info sur Arabelle.
00:07Je vous le disais il y a quelques instants dans les titres à l'occasion de sa 60e édition.
00:11L'opération 1111 mobilise une nouvelle fois des milliers de citoyens pour soutenir des projets de développement auprès des populations
00:17les plus vulnérables dans le monde.
00:20Avec nous pour en parler aujourd'hui Nicolas Van Neuffel, directeur de la recherche et du plaidoyer du CNCD. Bonjour.
00:26Bonjour.
00:26Merci d'être avec nous sur Arabelle. Également avec nous Hassan Daphil qui est coordinateur de l'IFAP. Bonjour.
00:32Bonjour.
00:33Merci d'être avec nous sur Arabelle. L'IFAP je rappelle que c'est l'initiative des formations et d
00:37'accompagnement des acteurs de proximité.
00:39Une organisation basée à Casablanca. On en parlera dans quelques instants.
00:43Nicolas Van Neuffel tout d'abord. Cette opération qui célèbre donc ses 60 bougies.
00:48Si vous avez un bilan à tirer de ces six décennies de mobilisation citoyenne, quelles avancées concrètes cette solidarité finalement
00:56a-t-elle permis de soutenir les pays partenaires ?
00:59Alors c'est difficile de résumer 60 ans en quelques secondes mais je dirais que s'il faut résumer 60
01:05ans d'Opération Zonzonze, c'est 60 ans où nous sommes aux côtés de celles et ceux qui en Afrique,
01:11en Asie, en Amérique latine se battent pour un monde meilleur, se battent pour changer la vie des gens.
01:15Avec des grandes histoires de succès. On a participé à la lutte contre l'Apartheid dans les années 80.
01:22Moi j'ai travaillé dans une ONG brésilienne qui était financée par l'Opération Zonzonze et qui avait vu Lula
01:26et ses camarades sur les bancs pour se former quand ils étaient dirigeants syndicaux.
01:32L'Opération Zonzonze a contribué à faire revenir la démocratie en Amérique latine.
01:36Et puis encore au cours des 10-15 dernières années, on a été aux côtés de la société civile marocaine,
01:40de la société civile tunisienne,
01:42dans le combat pour la dignité, dans le combat pour les droits à travers toutes ces années.
01:48On va revenir à la réalité d'aujourd'hui.
01:51Cet anniversaire intervient dans un contexte marqué aussi par des coupes budgétaires importantes dans la coopération et au développement, notamment
01:58chez nous.
01:59Quelles sont les conséquences palpables, concrètes de ces décisions pour ces populations les plus vulnérables et pour les organisations qui
02:06travaillent justement sur le terrain ?
02:08Alors en effet, le gouvernement a annoncé avant même les négociations budgétaires qui sont en cours ou à moitié en
02:14cours, comme vous le savez.
02:15L'accord de gouvernement prévoit 25% de coupes dans les budgets de la coopération.
02:21Et pour les organisations qui sont soutenues par le CNCD 1111, ces coupes vont arriver au début du mois de
02:26janvier.
02:27On va faire tout ce qu'on peut pour impacter le moins possible les premières personnes concernées avec lesquelles travaillent
02:32nos partenaires.
02:33Mais ces organisations, elles vont se retrouver, et je pense que Hassan en parlera beaucoup mieux que moi, contraintes à
02:38des choix très difficiles.
02:40Parce que quand on a un quart de son argent en moins, il faut mettre fin à certains types d
02:45'activités.
02:45On ne peut pas se contenter de faire tout avec un peu moins d'argent.
02:48Alors face à cette multiplication des crises, pourquoi c'est essentiel aujourd'hui de maintenir, voire de renforcer les moyens
02:55consacrés à cette coopération internationale ?
02:58La raison principale, c'est justement de continuer à permettre à des organisations comme l'IFAP à Casablanca de faire
03:05leur travail,
03:06qui est fondamentalement un travail qui permet à des citoyens et des citoyennes, dans un tas de quartiers du monde,
03:11notamment à Casablanca,
03:12de mettre en place des initiatives qui leur permettent d'avoir un revenu décent,
03:17et puis de dialoguer avec les autorités pour que leurs initiatives soient soutenues, qu'elles aient un accès à la
03:22protection sociale, qu'elles aient un accès au travail décent.
03:25Ce dont on va parler qui se passe à Casablanca, ça se passe aux quatre coins du monde.
03:30Je reviens de RDC, du Congo, où j'ai été visiter une série de projets entre Kinshasa et l'océan,
03:36dans le Congo central, qui est la bande de terre qui relie Kinshasa à l'océan.
03:41On est face à la même réalité de gens qui, dans des provinces parfois très éloignées, très délaissées par les
03:47pouvoirs publics, se battent pour vivre mieux.
03:50Je pense que c'est la spécificité du travail des ONG, donc de l'opération Zonzon, c'est ça.
03:55C'est d'être aux côtés des gens qui sont les plus délaissés.
03:57Alors, pour comprendre justement ce que représente concrètement cette solidarité internationale,
04:03il est important de donner la parole à ceux et celles qui la font vivre sur le terrain.
04:08Hassan Dhafir, vous êtes coordinateur de l'IFAP, l'initiative des formations et d'accompagnement des acteurs de proximité à
04:14Casablanca, au Maroc.
04:15Alors, une première question, si vous le voulez bien, Hassan Dhafir, peut-être nous présenter l'IFAP et nous expliquer
04:21comment vous travaillez concrètement avec les associations et les coopératives dans les quartiers populaires de Casablanca.
04:27Alors, notre travail avec les associations et les coopératives à Casablanca,
04:33c'est renforcer les capacités des couches vulnérables pour avoir un revenu stable
04:41et avoir un espace d'échange et de discussion entre eux pour revendiquer leurs droits.
04:52Et dans ce cas-là, nous sommes en train de faire, dans les quartiers populaires,
04:57là où il y a plus de couches vulnérables, un espace d'échange entre eux pour échanger avec les institutions
05:04et revendiquer certains droits, notamment la question de la protection sociale,
05:09la question d'avoir un emploi décent, trouver des solutions pour les infrastructures au niveau des quartiers.
05:18Et dans ce cas-là, notre travail, c'est renforcer les capacités de ces acteurs-là
05:23pour avoir des projets concrets et des propositions concrètes
05:29et renforcer leur position par rapport à des institutions officielles.
05:33Alors, quelles sont les principales difficultés auxquelles vous êtes confrontés
05:38et quels besoins vous identifiez aujourd'hui importants sur le terrain ?
05:42Le terrain, dans le quartier, c'est le résultat de plusieurs politiques,
05:48plusieurs choix politiques.
05:50Et dans ce cas-là, je trouve, il y a l'économie informelle,
05:54il y a les petits artisans qui ont vécu dans des situations un petit peu difficiles,
06:00il y a des jeunes nets qui ne suivent ni formation, ni emploi et sont dans la rue.
06:10Et il y a quand même la question de la protection sociale,
06:12là où il y a les femmes qui subissent beaucoup de difficultés
06:16parce qu'il y a l'élargissement de la protection sociale,
06:20mais on cherche une effectivité de la protection sociale
06:23pour avoir des crèches pour libérer les femmes de s'autonomiser économiquement.
06:29Et dans ce cas-là, nous sommes dans le dialogue avec les institutions
06:33d'avoir des crèches pour les femmes,
06:36d'avoir des espaces pour les femmes qui travaillent à domicile
06:43et avoir des espaces de commercialisation des coopératives et des petits artisans.
06:48Alors la coopération internationale permet notamment de soutenir,
06:52de renforcer ce genre d'organisation concrètement.
06:54Qu'est-ce que cet accompagnement peut changer dans le quotidien de ces associations
06:58et de ces coopératives qui travaillent dans ces quartiers à Casablanca ?
07:04Vraiment cet accompagnement, c'est parce qu'on travaille avec les couches vulnérables
07:10et dans ce cas-là, ils sont à peu près des analphabètes.
07:16Et dans ce cas-là, pour avoir des démarches administratives,
07:22il faut quand même un certain compétence.
07:24Et dans ce cas-là, on appuie des jeunes pour renforcer mutuellement ces coopératives,
07:31d'avoir les démarches administratives, d'avoir les bilans financiers,
07:36faire la gestion des coopératives.
07:39Et dans ce cas-là, notre travail, c'est renforcer ces compétences
07:42pour que sortir de l'informel vers une version formelle
07:47et accueillir leur place dans l'économie du pays.
07:52Alors avant de me tourner vers vous, Nicolas Van Nuffel,
07:54j'ai encore une question pour vous, Hassan Daffer.
07:56L'un des objectifs de l'IFAP, c'est aussi de donner davantage de visibilité,
08:02de donner la parole à des habitants.
08:04Pourquoi c'est important aux populations des quartiers
08:07de participer aux décisions qui concernent leur avenir finalement ?
08:11Alors maintenant, c'est qu'on voit les résultats,
08:16la situation maintenant que des jeunes qui se lèvent et qui revendiquent.
08:20Maintenant, on est d'ici un an, il y a le Gen Z qui est sorti dans la rue.
08:26pour revendiquer la santé, la dignité, l'emploi et la lutte contre la corruption.
08:34Et dans ce cas-là, ces jeunes-là, ils revendiquent une situation de mécontente,
08:40des inégalités sociales.
08:43Et dans ce cas-là, notre travail, c'est ramener ces revendications
08:49pour les rendre, pour les impliquer dans les politiques publiques.
08:54Et s'il y a des politiques publiques qui sont élaborées à là-bas,
09:02elles ne prennent pas en considération les aspirations et les besoins des populations de quartiers.
09:09Et dans ce cas-là, on est dans cette démarche de ramener ces couches-là,
09:14de visibiliser leur point de vue et leur aspiration
09:17pour que le modèle de développement doit répondre à leurs besoins.
09:23Alors, Nicolas Vannefeel, à travers le témoignage de Hassan Zafel,
09:26on voit que la coopération, elle ne se limite pas simplement au transfert de financements.
09:30C'est précisément cette approche partenariale durable qu'il faut défendre aujourd'hui ?
09:34J'y crois beaucoup, et c'est ce qui me fait me lever tous les matins.
09:38Je pense que j'ai eu l'occasion de me rendre dans différents pays.
09:43Je l'ai expliqué tout à l'heure, moi-même travaillé dans une organisation brésilienne.
09:47Je dirais que ce qui fait le point commun de tous ces projets,
09:50qui sont à la fois des projets dans l'éducation, des projets dans la santé,
09:52des projets dans l'agriculture,
09:54j'ai envie de dire que ça commence par le regard des gens.
09:56Moi, je vois le regard de personnes qui se relèvent et qui prennent confiance en elles
10:00et dans leur capacité à défendre leurs droits.
10:02Ça vaut à Casablanca, ça vaut en Palestine, ça vaut au Cambodge,
10:06ça vaut aux quatre coins du monde.
10:08C'est le premier élément.
10:09Et le deuxième, c'est que si on veut un monde qui soit plus juste,
10:12qui soit plus durable, y compris pour nous, bruxelloises et bruxellois,
10:16on doit prendre conscience qu'on est très dépendants les uns des autres.
10:19Et que donc, si on veut résoudre le problème du climat,
10:22si on veut prendre en compte la question des migrations
10:26pour que les migrations soient abordées de façon positive pour tout le monde,
10:29on ne pourra le faire qu'en coopérant et pas en se repliant chacun sur nous-mêmes.
10:33Alors, depuis 1966, des milliers de volontaires se mobilisent chaque mois de novembre
10:37pour cette opération 11-11-11.
10:40Comment justement les bruxelloises et les bruxellois peuvent-ils
10:43ou peuvent-elles prendre part à cette mobilisation au-delà du simple don financier ?
10:48Alors, le simple don financier, c'est déjà très important.
10:51Donc, il est possible d'une part de nous faire un don à travers un virement
10:55ou de même le faire de façon régulière.
10:57Et puis, les bruxelloises et les bruxellois, ils vont rencontrer devant les magasins
11:00dans plein de supermarchés de la région bruxelloise dans les jours qui viennent
11:03des volontaires qui se seront levés tôt le matin au nom de la Solidarité Internationale.
11:08Acheter un petit chocolat, voire même un beau calendrier,
11:11c'est une bonne façon de soutenir l'opération 11-11.
11:14Il est évidemment possible d'aller plus loin dans son engagement et de nous rejoindre.
11:18Il suffit de nous envoyer un message via notre site www.cncd.be.
11:23Si vous avez quelques heures à nous consacrer, on recrute encore des gens
11:28pour venir porter haut et fort cette solidarité internationale.
11:31Hassan Daffer, quel message vous souhaitez adresser aux citoyens belges
11:35qui participent donc à cette campagne ?
11:37Pourquoi c'est important, d'après vous, de maintenir ces liens de solidarité
11:40finalement entre les citoyens et les organisations de différents pays
11:43comme le Maroc par exemple ?
11:45Oui, c'est très important de contribuer dans le 11-11-11 parce que c'est déjà
11:50la question de solidarité, c'est une valeur humaine et tout le monde se solidarise.
11:58Et dans ce cas-là, la contribution avec 11-11-11, ce n'est pas une contribution
12:04pour soutenir des projets qui ne se limitent pas dans le temps.
12:08Elle s'inscrit dans la construction d'un projet de développement démocratique égale
12:14et pour soutenir les populations.
12:20Et dans ce cas-là, ce n'est pas une contribution, c'est un engagement
12:25pour un autre monde possible.
12:27Nicolas Van Nuffel, peut-être pour conclure notre entretien à l'occasion
12:31de cette 60e édition, quel message vous souhaitez adresser aux citoyens et citoyennes
12:36qui pourraient douter de l'utilité de leur contribution ?
12:40Et comment leur rappeler que la solidarité internationale reste finalement
12:43un levier essentiel de transformation sociale ?
12:46Je reviens à ce que j'ai exprimé il y a quelques minutes.
12:49Je peux témoigner qu'à travers le monde, la solidarité internationale,
12:55elle permet à des gens de se tenir debout, même dans des contextes parfois extrêmement difficiles.
13:00En soutenant l'opération 11-11, on soutient les organisations qui,
13:04quand toutes les lumières semblent éteintes, gardent cette petite flamme
13:08qui permet d'avancer.
13:09Et je vais vous donner un exemple très concret, c'est la Palestine.
13:12Aujourd'hui, je ne dois pas longuement vous l'expliquer,
13:15la Palestine en général et Gaza en particulier sont sous le feu des bombes,
13:19de l'occupation, etc.
13:21L'opération 11-11, elle soutient les organisations palestiniennes
13:24qui, à travers tout, y compris à Gaza,
13:26continuent à s'organiser non seulement pour apporter une aide humanitaire
13:31à l'immense majorité de la population de Gaza qui se retrouve sans toit,
13:35mais aussi de leur permettre de se tenir debout, de s'organiser
13:38et de défendre une Palestine qui soit libre de l'occupation.
13:43Voilà, c'était la conclusion de Nicolas Van Neufel.
13:45Je rappelle que vous êtes directeur de la recherche et du plaidoyer au CNCD 11-11-11.
13:50Également avec nous, Hassan Dhafir, coordinateur de l'IFAP,
13:53l'initiative des formations et d'accompagnement des acteurs de proximité de Casablanca.
13:57Merci, messieurs, d'avoir été avec nous.
13:59Merci pour l'invitation.
14:00Merci beaucoup.
14:00Et on se retrouve dans quelques instants pour la suite de votre Carrefour de l'Info.
14:07Le Carrefour de l'Info sur Arabelle.
14:12Et tout de suite, donc, la deuxième partie de votre Carrefour de l'Information.
14:16Je vous les ai dans les titres.
14:18Derrière, chez nous, les boîtes de thé Bourza,
14:19se cache une belle success story bruxelloise,
14:22celle de Mia Trading, entreprise familiale fondée en 1995
14:26par Mohamed Meshbel, aujourd'hui dirigée par sa fille Ilham Meshbel.
14:30Le groupe qui poursuit son développement tout en gardant un ancrage très fort à Bruxelles.
14:34Rencontre donc aujourd'hui avec une entrepreneuse qui incarne la toute nouvelle génération.
14:38Ilham Meshbel est avec nous. Bonjour.
14:40Bonjour.
14:41Merci d'être avec nous sur Arabelle.
14:43Alors, on va commencer par le commencement, si vous le voulez bien,
14:45parler un petit peu de votre histoire personnelle.
14:47Depuis vos 20 ans, vous avez occupé pratiquement tous les postes au sein de Mia Trading.
14:51Pourquoi avoir choisi de rejoindre l'entreprise familiale
14:55et qu'est-ce que ces années de terrain vous ont finalement appris ?
15:00Alors, moi, j'ai eu un cursus scolaire plus ou moins normal.
15:05Puis, je me suis retrouvée à l'université pendant deux années.
15:08J'avoue que ça ne m'a pas parlé plus que ça.
15:11Et donc, en voulant faire une année sabbatique,
15:13je me suis retrouvée dans l'entreprise familiale
15:15et je suis venue découvrir un peu l'univers de mon père.
15:18Et mon papa, c'est quelqu'un que je ne voyais pas très souvent.
15:20Donc, j'avoue que c'était du pur bonheur de non seulement découvrir son univers de travail,
15:25mais aussi de pouvoir passer du temps avec lui.
15:28Et en vrai, ça fait une vingtaine d'années,
15:30puisque finalement, je suis restée là.
15:32Et effectivement, je suis passée par tous les départements.
15:35J'ai fait de la préparation de commandes, j'ai fait de la livraison.
15:38Je me suis retrouvée dans le département achat, commercial.
15:42J'ai fait de l'administratif.
15:44Et puis, c'est vrai que je me suis trouvée...
15:46Allez, j'ai beaucoup aimé la partie communication,
15:50même si à l'époque, on n'était pas du tout...
15:52Il n'y avait pas encore les réseaux sociaux, etc.
15:54Mais j'aimais beaucoup cette partie-là de la communication,
15:57tout ce qui était marketing, création de packaging, etc.
16:03Et donc, là, ça m'a donné un petit coup de boost pour reprendre mes études.
16:07J'ai repris mes études à ce moment-là
16:10pour finir ma formation, finalement, scolaire
16:13et pour que ça puisse m'aider sur le terrain.
16:17Et voilà.
16:18Et puis, j'ai gravi les échelons tranquillement.
16:20J'ai pris ma place aujourd'hui.
16:23Tout naturellement au sein du groupe.
16:25Alors justement, Elam Chumel,
16:26comment on peut expliquer aujourd'hui l'identité
16:28et le métier, quelque part, de Mia Trading
16:30à quelqu'un qui ne connaît pas
16:32cette fameuse boîte de thé vers Borza ?
16:34Alors, effectivement, les gens connaissent Borza, le thé vert.
16:39Mais Borza est une marque du groupe Mia Trading.
16:43Donc, nous, on fait de l'import-export en agroalimentaire
16:46à la base ethnique.
16:49Donc, on ramène des produits du monde entier.
16:52On les exporte plutôt en Europe pour l'instant.
16:54Oui, on va y revenir dans quelques instants en détail.
16:57Je voudrais mettre une parenthèse sur votre père,
17:00Mohamed Meshbel, qui a fondé l'entreprise, je le disais,
17:02en 1995, ici à Bruxelles.
17:05Quel regard vous portez sur son parcours
17:07et quelle valeur entrepreneuriale vous a-t-il finalement transmise ?
17:11Alors, évidemment, pas parce que c'est mon papa,
17:13mais j'ai beaucoup d'admiration pour mon papa.
17:16C'est quelqu'un qui est quand même...
17:17qui est parti de rien
17:19et qui a tout créé par lui-même.
17:23Et clairement, je le vois comme un mentor
17:25parce que finalement, je n'ai connu que Mia Trading.
17:27Donc, c'est lui qui m'a vraiment tout appris sur le terrain.
17:30C'est lui qui m'a tout transmis,
17:32que ce soit les valeurs entrepreneuriales
17:35ou d'autres types de valeurs plus sociales.
17:38Donc, je lui dois beaucoup à mon papa.
17:40Je suis très admirative de son parcours.
17:42Reprendre les rênes d'une entreprise familiale
17:44représente une responsabilité assez particulière.
17:47Comment vous avez vécu justement cette transmission
17:48et à quel moment vous avez senti que vous étiez finalement prête
17:52à prendre les décisions finales ?
17:54Vous vous êtes dit, bon, c'est le moment, j'y vais.
17:57Ça s'est fait très naturellement.
17:58Donc, comme je vous dis, ça fait une vingtaine d'années
18:00et au bout, je dirais déjà de peut-être 7-8 ans,
18:05il a commencé vraiment à me faire confiance.
18:07Il a compris que j'avais compris les rouages du métier.
18:10Donc, il m'a laissé de plus en plus de place,
18:12de plus en plus de responsabilités.
18:14Il partait de plus en plus à l'étranger.
18:16Donc, c'est là que j'ai compris que ça y est,
18:19il me laissait les rênes.
18:21Et puis, il n'est jamais réellement parti parce qu'il est toujours là.
18:25C'est quelqu'un que je considère comme mon conseiller.
18:28Donc, dès qu'il y a de grosses décisions à prendre,
18:31c'est à lui que je demande conseil.
18:34Mais voilà, il y a déjà une dizaine d'années
18:36qu'il m'a laissé vraiment l'entreprise.
18:39Alors, on va parler de développement.
18:40Vous avez récemment franchi une nouvelle étape
18:42avec l'installation d'un nouveau site à St. Peter's Lue.
18:45Alors, qu'est-ce que représente cet investissement pour Mia Trading ?
18:48Et quelle ambition se cache derrière justement ce nouvel outil logistique ?
18:52Alors, nous, ça faisait déjà quelques années
18:54qu'on cherchait à agrandir l'entreprise.
18:57Malheureusement, ça n'a pas été possible
18:58sur le site du marché matinal où nous étions précédemment.
19:01Et puis, c'est offert une opportunité à nous.
19:06Et c'est vrai qu'ici, on passe de 3 000 m² à 10 000 m².
19:11Donc, le but, c'était clairement de pouvoir s'agrandir,
19:13de pouvoir avoir de nouveaux produits,
19:15de pouvoir mieux servir nos clients,
19:17d'avoir plus de clients,
19:18de pouvoir évoluer dans ce milieu de l'agroalimentaire.
19:22Alors, le marché de la distribution alimentaire
19:24est justement particulièrement concurrentiel.
19:27Quels sont aujourd'hui, disons, vos principaux défis ?
19:29C'est la grande distribution, la concurrence internationale,
19:31les prix, les exigences réglementaires
19:34ou un petit peu tout cela à la fois ?
19:35Franchement, il y a un peu de tout.
19:36Les réglementations, c'est très compliqué
19:38si on prend juste ce point-là.
19:40Aujourd'hui, quand tu importes du thé de Chine,
19:44tu dois respecter tout un tas de réglementations européennes.
19:48Forcément, ça joue aussi sur les prix.
19:50Donc, on est dans un univers assez compliqué au niveau des prix.
19:54L'univers concurrentiel, parce qu'on a quand même
19:56pas mal de concurrentes, que ce soit en Belgique ou en Europe.
19:59Donc, voilà, il faut toujours avoir les meilleurs produits,
20:03la meilleure qualité, le meilleur service.
20:05Donc, il faut faire attention à tout ça.
20:07Alors, Mia Trading travaille avec des clients dans de nombreux pays.
20:10Vous avez cité la Chine, par exemple.
20:13Il est même, je m'appelle, comment une entreprise familiale
20:15qui est née donc chez nous a-t-elle réussi à développer
20:17une telle présence sur la scène internationale ?
20:19Et surtout, quel marché vous souhaitez encore conquérir aujourd'hui ?
20:23Donc, il est vrai qu'on était une petite entreprise bruxelloise,
20:28mais on était parmi les premiers grossistes en alimentation ethnique.
20:34C'est ça.
20:35Donc, c'est ce qui a favorisé aussi notre présence à l'international.
20:38Donc, les clients venaient de Hollande, d'Allemagne, de France.
20:40Et c'est comme ça qu'on arrive très vite dans plus de 90 pays,
20:44que ce soit à l'import ou à l'export.
20:46Alors, votre parcours, c'est aussi celui d'une femme
20:48qui dirige une entreprise dans un secteur
20:51où les postes de direction, on le sait, sont largement masculins.
20:55Avez-vous parfois dû faire davantage vos preuves ?
20:58Le regard porté sur une femme dirigeante,
21:00est-ce qu'il a quelque part évolué, justement, dans le monde des affaires ?
21:03Oui, je pense qu'il a clairement évolué.
21:06Alors oui, ce n'est pas toujours facile de se retrouver
21:08dans un univers aussi masculin.
21:11Mais je pense qu'encore une fois, c'était tout naturel.
21:13Quand je suis arrivé là, il y a 20 ans,
21:15bon ben ok, on est un peu étonné de se retrouver
21:18au milieu d'une trentaine d'hommes
21:20et d'être dans un marché où il n'y a vraiment que des hommes.
21:23Mais j'avoue que voilà, j'ai fait ma place.
21:26C'est une histoire de compétences plus que de genre.
21:29Et je suis très respectée, que ce soit au sein de l'entreprise
21:32ou dans ce marché en général.
21:35Il n'y a pas de problème.
21:36Alors, une autre facette, entreprendre en famille,
21:39c'est aussi composé avec les émotions,
21:42les désaccords et les responsabilités.
21:43Comment vous arrivez, M. Bell, à trouver cet équilibre
21:47entre les liens familiaux et les exigences,
21:50on le sait, très importantes, de la gestion d'une entreprise ?
21:53Du coup, c'est 20 ans de travail.
21:55Donc, au début, forcément, c'est très compliqué
21:58parce qu'on ne fait pas la distinction entre le travail et la famille.
22:02Donc, ton père et ton patron,
22:05ton frère et ton collègue, ton cousin et ton vendeur.
22:08Donc, c'est très difficile.
22:09Et puis, effectivement, il y a quand même ce côté homme-femme
22:13qui joue aussi, surtout dans notre communauté.
22:16Mais, voilà, avec le temps, on a appris vraiment à scinder les deux.
22:19La famille, c'est une chose et le business, c'est autre chose.
22:21Et finalement, ça fait aussi notre force.
22:23Alors, on parle beaucoup aujourd'hui de responsabilité sociétale
22:26des entreprises ou RSE.
22:28Chez MIA Trading, cet engagement se traduit notamment par la fondation Bourza.
22:32Alors, pourquoi cette dimension sociale occupe une place aussi importante
22:35dans votre vision de l'entreprise ?
22:37Écoutez, encore une fois, la fondation,
22:39donc, mon père, il fait du social depuis plus de 45 ans.
22:42Et c'est quelque chose qui nous a transmis
22:45et qui nous a touchés depuis notre plus jeune âge.
22:46Donc, c'était normal qu'aujourd'hui, cette fondation,
22:48elle a été créée il y a trois ans avec ma fratrie.
22:51C'était pour continuer les œuvres sociales
22:54que mon père avait mis en place.
22:56Et c'est important pour nous de pouvoir aider,
23:00parce que c'est surtout porté vers la jeunesse,
23:03que ce soit en Belgique ou dans le monde,
23:05au Maroc, au Sénégal, peu importe.
23:07Mais c'est important pour nous de pouvoir...
23:08On a reçu, donc c'est à notre tour maintenant de donner.
23:11Donc, on est là et on essaye de donner à notre manière,
23:15de pouvoir aider la jeunesse, en particulier bruxelloise,
23:18à travers l'insertion de ses jeunes dans le sport, etc.
23:21Mais justement, le sport fait également partie de cet engagement
23:25avec le Bursa Futsal, qui évolue en D1.
23:28Pourquoi avoir choisi ce Futsal comme vecteur de proximité,
23:30d'accompagnement et d'encadrement de la jeunesse bruxelloise ?
23:35Je pense que le Futsal, ce n'est pas ma passion.
23:38Encore une fois, je reprends ce qu'on m'a légué
23:41et je prends plaisir à reprendre ce pôle-là.
23:44Mais le Futsal, je pense que c'est un sport
23:47dont les jeunes sont friands aujourd'hui.
23:49Donc, ça a démarré par là assez naturellement
23:51avec le Bursa Médina Forêt à l'époque, il y a 20 ans.
23:55Mais aujourd'hui, il n'y a pas que du Futsal.
23:58Il y a de la boxe, il y a des activités culinaires,
24:01des activités d'apiculture.
24:04Voilà, on essaie un peu de se diversifier à ce niveau-là.
24:07Alors, on parlait d'autre chose à présent.
24:08Notre radio, Arabelle, accompagne Mia Trading
24:11depuis de nombreuses années
24:12en tant que l'un des partenaires publicitaires historiques.
24:16Alors, qu'est-ce que représente cette relation de confiance
24:19avec une radio bruxelloise qui s'adresse notamment
24:22aux communautés et aux entrepreneurs de la capitale ?
24:25Justement.
24:26D'ailleurs, Arabelle, c'est bien plus qu'un partenaire.
24:29C'est un partenaire de longue date.
24:32C'est une amitié.
24:34Il y a quelque chose d'assez fort derrière ce partenariat
24:36qui dure déjà depuis aussi une bonne vingtaine d'années.
24:40Et Arabelle, elle a toujours fait un travail incroyable
24:43avec la communauté maghrébine, si je puis dire.
24:46C'est une radio qui est très proche des Bruxellois.
24:49Donc, pour nous, c'était tout bénef, évidemment,
24:51parce que c'était notre cible.
24:54Mais voilà, ça a été un partenaire très fort
24:58pour Mia Trading.
24:59Et c'est toujours un partenaire très fort.
25:01Alors, une dernière question.
25:02Avant de conclure, si vous le voulez bien,
25:04on va se tourner un petit peu vers demain,
25:06vers l'avenir, dans 5, 10 ans, même plus.
25:09Quel Mia Trading vous souhaitez voir construire ?
25:13Et personnellement, quel héritage vous aimeriez laisser
25:16à la prochaine génération ?
25:19On aimerait, évidemment, dans les années à venir,
25:22surtout avec ce nouveau bâtiment qu'on a construit,
25:26j'aimerais voir un Mia Trading plus fort, plus solide,
25:31avec une véritable expansion,
25:33que ce soit plus de clients en Belgique,
25:36dans le monde, on voudrait atteindre de nouveaux marchés,
25:38on voudrait avoir de nouveaux produits,
25:41on voudrait surtout créer...
25:42Allez, j'aimerais pouvoir créer une société forte,
25:46comme l'a fait mon père ces 35 dernières années.
25:49Il a créé une entreprise qui a été en constante expansion.
25:52Donc, j'espère qu'elle continuera sur cette voie-là
25:56avec de nouvelles personnes à la tête.
25:59Et j'espère que, oui, incha'Allah,
26:02on est toujours là d'ici 10, 15, 20, 30 ans
26:06et encore plus fort sur le marché et à l'international.
26:08Être toujours là, être encore plus fort,
26:10c'est la conclusion d'Ilham Meshbel,
26:12entrepreneuse qui incarne cette nouvelle génération
26:14chez Mia Trading.
26:16Merci, en tout cas, d'avoir été avec nous.
26:17Merci à vous.
26:18On se retrouve dans quelques instants
26:19pour la dernière partie de votre carrefour de la fois.
26:21A tout de suite.
26:21A tout de suite.

Recommandations