- il y a 2 jours
À LA UNE / Crise démocratique : nos institutions sont-elles responsables ?
Crise politique, Assemblée nationale sans majorité, défiance envers les autorités politiques : le fonctionnement de nos institutions est de plus en plus questionné. Près de 70 ans après la naissance de la Ve République, les appels à une réforme se multiplient. Faut-il rééquilibrer les pouvoirs entre le président et le Parlement, introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives, faciliter le recours au référendum ou donner davantage de responsabilités aux citoyens ? Certains, à l'instar de « La France Insoumise », réclament même le passage à une VIe République. Derrière ces propositions institutionnelles, une question centrale demeure : les Français ont-ils encore le sentiment d'être réellement représentés et entendus ? Pour en débattre, « Chaque Voix compte » invite des salariés, étudiants ou acteurs de la vie locale. Leurs témoignages permettront de confronter les principes démocratiques aux réalités du quotidien. Comment réinventer nos institutions pour que les citoyens retrouvent davantage de confiance dans la démocratie ?
Invités :
- Erwan Balanant, député « les démocrates » du Finistère,
- Léa Balage El Mariky, députée « écologiste et social » de Paris.
Crise politique, Assemblée nationale sans majorité, défiance envers les autorités politiques : le fonctionnement de nos institutions est de plus en plus questionné. Près de 70 ans après la naissance de la Ve République, les appels à une réforme se multiplient. Faut-il rééquilibrer les pouvoirs entre le président et le Parlement, introduire une dose de proportionnelle aux élections législatives, faciliter le recours au référendum ou donner davantage de responsabilités aux citoyens ? Certains, à l'instar de « La France Insoumise », réclament même le passage à une VIe République. Derrière ces propositions institutionnelles, une question centrale demeure : les Français ont-ils encore le sentiment d'être réellement représentés et entendus ? Pour en débattre, « Chaque Voix compte » invite des salariés, étudiants ou acteurs de la vie locale. Leurs témoignages permettront de confronter les principes démocratiques aux réalités du quotidien. Comment réinventer nos institutions pour que les citoyens retrouvent davantage de confiance dans la démocratie ?
Invités :
- Erwan Balanant, député « les démocrates » du Finistère,
- Léa Balage El Mariky, députée « écologiste et social » de Paris.
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00:00:05Musique
00:00:23Bonsoir à tous et bienvenue dans Chaque Voix Compte sur LCP, c'est vendredi.
00:00:27Et comme chaque vendredi, puisque Chaque Voix Compte, c'est à vous que nous donnons la parole pour une émission
00:00:32consacrée ce soir à un défi majeur, la crise démocratique.
00:00:37Jamais le fossé n'a paru aussi grand entre les citoyens et ceux qui les gouvernent.
00:00:43La défiance à l'égard de la classe politique et des institutions n'a cessé de s'amplifier.
00:00:47Et pourtant, les initiatives démocratiques ne manquent pas pour encourager justement la participation citoyenne.
00:00:53Et on va le voir tout au long de cette émission, les citoyens peuvent-ils sauver la démocratie ?
00:00:58C'est le titre de Chaque Voix Compte ce soir et on va en parler ce soir avec vous, Erwan
00:01:02Balanant. Bonsoir.
00:01:03Bonsoir.
00:01:03Vous êtes députée modem du Finistère et vous venez de publier un rapport dans lequel vous réclamez un choc démocratique
00:01:11pour la France.
00:01:12Vous nous expliquerez pourquoi et comment.
00:01:15Et bonsoir, Léa Balagel-Mariki.
00:01:17Bonsoir.
00:01:17Merci d'être là, députée écologiste de Paris. Vous êtes aussi membre de la commission des lois à l'Assemblée
00:01:22nationale et également l'une des porte-paroles de Marine Tondelier, candidate écologiste à la présidentielle.
00:01:28Merci sincèrement à tous les deux d'avoir accepté le jeu des questions-réponses avec notre public.
00:01:33On va parler de participation, de représentation, de référendum aussi, du vote blanc également.
00:01:40On va parler de toutes ces voix qui ont l'impression finalement de ne pas toujours compter.
00:01:46On va parler de nos colères, mais sans se fâcher, d'accord ?
00:01:50Je compte sur vous. Cette émission, c'est vous qui allez la faire avec moi, mais c'est surtout vous
00:01:53qui la faites.
00:01:54Et chez vous, installez-vous confortablement parce que chaque voix compte plus que jamais. C'est parti.
00:02:07Tiens, et si on commençait en rappelant l'article 3 de la Constitution, la souveraineté nationale appartient au peuple.
00:02:15C'est donc une garantie en quelque sorte. Et pourtant, les Français sont de plus en plus gagnés par un
00:02:20sentiment de dépossession.
00:02:22Ils ne se sentent plus ni représentés, ni écoutés. Et c'est aussi l'un des moteurs de la colère
00:02:28qui s'exprime dans la rue cet automne.
00:02:31Hélène Bonduelle.
00:02:38Partout, dans les cortèges depuis un mois et demi, la même impression des Français qui se sentent ignorés.
00:02:45La question que je passe, c'est où sont les cahiers de doléance des Gilets jaunes ?
00:02:49Enterrés sous pieds sous terre sur la préfecture en train de prendre de la poussière.
00:02:51Eux, battez pour le prix de l'essence. Regardez le prix de l'essence aujourd'hui.
00:02:55La contestation des ronds-points et les manifestations tous les samedis.
00:03:00Des centaines de milliers de Gilets jaunes réclamaient plus de justice fiscale.
00:03:05C'était il y a 8 ans. Dans la plupart des villes de France, des cahiers de doléance dans les
00:03:10mairies pour recueillir la parole des citoyens.
00:03:13Ce cahier de doléance se remplit de jour en jour.
00:03:15Il est important que toutes les revendications du peuple soient aujourd'hui mises sur écrit.
00:03:20Après deux mois de mobilisation, Emmanuel Macron lance un grand débat national.
00:03:25Toutes les questions sont ouvertes. Il ne doit pas y avoir de tabou au moment où on se parle.
00:03:29On doit essayer de traiter en l'état ces sujets pour revenir sur ces grandes fractures.
00:03:34De ce grand débat naîtront les premières conventions citoyennes.
00:03:37D'abord celles sur le climat fin 2019.
00:03:41150 citoyens volontaires chargés de formuler des propositions.
00:03:45Donc rendre accessible aux consommateurs les engagements de la neutralité carbone.
00:03:49Ça c'est par rapport au CO2 score qu'on voudrait faire apparaître sur le matériel numérique.
00:03:54Trois ans plus tard, c'est sur la fin de vie que les citoyens débattent.
00:04:0575% disent oui à l'aide active à mourir.
00:04:10Quant aux 20 000 cahiers de doléances rédigés il y a 8 ans,
00:04:15ils dorment toujours dans les archives départementales.
00:04:19Numérisés, ils devraient être rendus publics en 2027.
00:04:25Je voudrais d'abord vous poser une question à tous les deux,
00:04:28Léa Balagel-Mariqui et Erwann Balanant.
00:04:30Est-ce que vous considérez que nos institutions
00:04:32sont aujourd'hui responsables de la crise politique que traverse la France ?
00:04:36Léa Balagel-Mariqui.
00:04:38C'est une bonne question parce que vous parlez de la question des institutions
00:04:41et pas la question dans la manière dont on fait vivre ces institutions.
00:04:47Je pense qu'il y a des institutions qui sont peut-être un peu datées
00:04:52et qui ne fonctionnent plus comme on pourrait l'espérer
00:04:55parce qu'elles ne remplissent plus leur office.
00:04:56Mais c'est aussi la manière dont on a traité nos institutions
00:04:59qui nous font aujourd'hui penser que nous sommes véritablement
00:05:05dans une crise démocratique.
00:05:06Vous avez illustré deux conventions citoyennes.
00:05:09Il y en a une troisième sur les rythmes scolaires,
00:05:12le temps de l'enfant, qui a conclu ses travaux au printemps
00:05:15et on n'en parle pas du tout actuellement.
00:05:17Alors que c'est au cœur de l'actualité de la mobilisation des lycéennes et lycéens.
00:05:21Cette convention citoyenne, c'est une forme d'institution
00:05:24sous l'égide du Conseil économique et social.
00:05:27Et c'est une formidable institution, mais qui a été complètement abîmée
00:05:31parce qu'on n'en a pas repris les revendications,
00:05:34parce qu'on ne met pas à l'ordre du jour les textes
00:05:37qui nécessiteraient de pouvoir l'être.
00:05:39Et puis il y a aussi une manière dont les institutions
00:05:41n'ont pas permis de transformer le réel.
00:05:44Et ça, je crois que c'est le deuxième élément
00:05:45qui explique la fracture démocratique dans notre pays.
00:05:48c'est une forme d'impuissance politique
00:05:50qui est parfois volontaire, et souvent c'est volontaire,
00:05:53et parfois des accidents électoraux
00:05:55ou bien une configuration électorale qui émerge.
00:06:00Erwann Balanant, qu'en dites-vous ?
00:06:02Moi je suis beaucoup plus radical sur cette question.
00:06:04On est presque à front renversé, Léa.
00:06:07Étonnez-moi !
00:06:08Je pense que nos institutions, elles ne permettent plus
00:06:12un fonctionnement démocratique.
00:06:14Pour plein de raisons, on va en revenir,
00:06:17elles ne sont plus adaptées à l'état de notre société,
00:06:21elles ne sont plus adaptées à nos façons de vivre,
00:06:24elles ne sont plus adaptées à tout simplement
00:06:27le monde dans lequel nous vivons.
00:06:28Voilà.
00:06:29C'est aussi simple que ça, et c'est normal.
00:06:32La vie change, les choses changent.
00:06:35La France d'aujourd'hui n'est pas la France de 1958.
00:06:39Les citoyens que vous êtes, que nous sommes,
00:06:42ne sont pas les mêmes citoyens qu'en 1958.
00:06:44Et c'est un bénéfice de la démocratie, d'ailleurs.
00:06:48Avoir ce degré de connaissance, de conscience
00:06:51et d'envie de prendre des responsabilités élevées,
00:06:54c'est un des fruits de la démocratie.
00:06:56Donc réjouissons-nous.
00:06:58Mais partout dans le monde, on voit que...
00:07:00Quand je vous écoute, j'entends qu'il y a une maturité
00:07:02chez les citoyens, qui n'a plus dans les institutions, en fait.
00:07:05Alors moi, je pense qu'aujourd'hui,
00:07:06on est un peu avec des citoyens qui ont envie de participer,
00:07:12mais ça ne leur suffit plus, et c'est légitime, je trouve,
00:07:17de voter tous les cinq ans pour un président de la République.
00:07:21Il faut qu'on travaille, et on va en parler,
00:07:23parce que ce qui pourrait être très inquiétant,
00:07:28et on partage pas mal de choses sur le sujet, je pense,
00:07:31c'est qu'on pourrait se dire,
00:07:33les démocraties partout dans le monde,
00:07:35elles sont attaquées.
00:07:37Il n'y a rien de plus simple qu'attaquer une démocratie.
00:07:39Il y a plein de raisons d'attaquer une démocratie.
00:07:41C'est très simple et simpliste.
00:07:43Par contre, ce qui est génial, en fait,
00:07:46c'est que, et moi, c'est ce que j'ai vu en faisant ce travail,
00:07:49c'est que la démocratie a des multiples ressources.
00:07:52Et elle a des ressources par le ressort des citoyens,
00:07:55mais elle a aussi des ressources parce qu'on a inventé
00:07:57tout un tas de choses qui peuvent la régénérer profondément.
00:08:00Et donc, il faut le faire maintenant.
00:08:01Et je pense qu'on a quelques-unes de ces ressources
00:08:03sur ce plateau ce soir.
00:08:05Je vais me tourner, tiens, d'abord vers Florian et Alexandra.
00:08:07Je vais vous demander à tous les deux de prendre un micro.
00:08:10Florian et Alexandra.
00:08:10Alors, Florian, d'abord vous, Florian, vous avez 31 ans.
00:08:14Vous n'avez pas manqué une seule élection depuis vos 18 ans.
00:08:19Mais vous avez toujours glissé le même bulletin dans l'urne.
00:08:21Lequel ?
00:08:23Un bulletin blanc.
00:08:24Et d'ailleurs, à chaque élection présidentielle,
00:08:27on est entre 2 et 3 millions de Français à voter blanc
00:08:32et à voir notre bulletin littéralement jeté à la poubelle.
00:08:36Mais comme vous êtes jeune,
00:08:37vous avez connu peu de scrutins présidentiels pour le moment.
00:08:40À chaque fois, vous avez voté blanc.
00:08:41Mais pourquoi ?
00:08:43Parce qu'aucun des candidats ne vous correspondait,
00:08:47ne vous plaisait ?
00:08:47Ou parce que, en fait, c'est le fonctionnement
00:08:49de notre système politique qui ne vous convient pas ?
00:08:52Pour moi, une démocratie saine,
00:08:54dans une démocratie saine,
00:08:55on doit voter par conviction.
00:08:57Et moi, la chose politique m'a toujours intéressé.
00:09:00Et je ne me reconnaissais pas dans l'offre électorale
00:09:02qu'on me proposait.
00:09:03C'est le vote et, pour moi, un devoir.
00:09:08Donc, oui, je me retrouvais dans cette frustration
00:09:12de ne soutenir aucun candidat
00:09:18et de ne voir dans leur projet
00:09:22majoritairement aucune des idées
00:09:25que je pense.
00:09:29Et donc, du coup, j'ai cette frustration,
00:09:31comme je pense, 3 millions, peut-être plus,
00:09:35de Français qui s'apprêtent à voter blanc
00:09:36à la prochaine élection présidentielle.
00:09:40Cette frustration de voir notre vote
00:09:42jeter à la poubelle.
00:09:44Du coup, ce que je constate à travers ça,
00:09:48moi, c'est qu'il y a une réelle défiance.
00:09:51Vous en avez parlé,
00:09:52de défiance à la fois politique et sociale.
00:09:57On constate aussi une bipolarisation
00:09:59de la vie politique.
00:10:01Et la conséquence que ça a,
00:10:03c'est que les Français, aujourd'hui,
00:10:04ils se réfugient soit dans l'abstention,
00:10:06soit dans le vote par défaut,
00:10:09ou soit dans le vote contre.
00:10:11Mais pas le vote d'adhésion, en fait.
00:10:13C'est ça que vous constatez.
00:10:13Une démocratie saine, pour moi,
00:10:15c'est une démocratie où on vote
00:10:16par conviction.
00:10:17Et donc, il y a un sondage récent de l'IFOP
00:10:21qui nous apprend que 36% des Français
00:10:25souhaiteraient voter blanc
00:10:26au premier tour de l'élection présidentielle
00:10:28si le vote blanc était considéré
00:10:32comme un vote exprimé.
00:10:35Et je vais même aller plus loin,
00:10:36puisque ce même sondage que vous citez
00:10:37a aussi sondé les intentions de vote
00:10:39au second tour.
00:10:40Et en cas de duel Mélenchon-Le Pen,
00:10:4319% des Français interrogés
00:10:45ont l'intention de mettre un bulletin blanc
00:10:46dans l'urne.
00:10:47Vous, ce que vous dites ce soir,
00:10:48c'est que vous voulez que ce soit
00:10:49réellement comptabilisé, c'est ça ?
00:10:51Oui, que ces 36% de Français potentiels
00:10:56qui souhaiteraient exprimer
00:10:58le fait de ne pas se reconnaître
00:11:03dans l'offre électorale
00:11:04puissent avoir une forme de dignité,
00:11:06qu'on puisse les écouter
00:11:07et qu'ils puissent avoir un choix réel
00:11:10autre que l'abstention
00:11:12ou le vote par défaut
00:11:14ou le vote contre.
00:11:16Erwan Balanant,
00:11:17lors des auditions que vous avez menées
00:11:19pour votre rapport,
00:11:20le vote blanc,
00:11:21c'est une revendication
00:11:22qui est revenue
00:11:23dans la page de ceux
00:11:25que vous avez interrogés ?
00:11:25Oui, mais c'est pas...
00:11:28Moi, je comprends.
00:11:29J'ai longtemps été
00:11:30pour la reconnaissance du vote blanc.
00:11:32Maintenant, on le compte.
00:11:33Avant, on ne le comptait même pas.
00:11:34Avant, il était compté
00:11:35dans les nuls.
00:11:36Vous imaginez ?
00:11:37Il n'y a pas si longtemps que ça.
00:11:38Oui, mais il n'influit toujours pas
00:11:39sur les résultats.
00:11:40Vous voudriez que ça aille
00:11:42jusqu'à une influence
00:11:44comme en Colombie, par exemple,
00:11:45où, en cas de vote blanc majoritaire,
00:11:48l'élection est annulée ?
00:11:49Vous voyez, 36%,
00:11:50ça ne serait pas un vote blanc majoritaire.
00:11:53Non, mais on se rapproche.
00:11:54On était à 40% il y a 10 ans.
00:11:55Je vais essayer de vous donner
00:11:56quelques éléments de réponse
00:11:57parce que si vous ne choisissez personne
00:12:00alors que l'offre est importante,
00:12:03c'est pas tant parce que vous ne vous y...
00:12:06À mon sens, je veux peut-être...
00:12:08C'est pas tant parce que vous ne vous y retrouvez pas
00:12:10dans l'offre,
00:12:11c'est parce que vous vous dites
00:12:12que l'offre que je pourrais choisir
00:12:13ne servira à rien.
00:12:14Parce qu'on est dans le fait majoritaire.
00:12:16Vous voyez, ce que je veux dire,
00:12:17c'est que le fait majoritaire,
00:12:19et ça, c'est le drame de notre démocratie,
00:12:20et je rappelle, je vous le dis,
00:12:22vous le savez,
00:12:22on est le seul pays en Europe
00:12:24à encore fonctionner
00:12:25sur le fait majoritaire.
00:12:26Ça devrait nous poser quelques questions.
00:12:28Parce qu'on est quand même
00:12:29le seul pays aussi en Europe
00:12:30à avoir un peu raté
00:12:32un certain nombre de réformes
00:12:34et à avoir une vie
00:12:35un peu plus sereine qu'ailleurs.
00:12:38Aujourd'hui,
00:12:38si vous aviez la possibilité
00:12:40d'être sûr que votre vote
00:12:43serve à quelque chose,
00:12:44vous auriez beaucoup moins
00:12:45de tentation de voter blanc
00:12:47parce que parfois,
00:12:48vous votez blanc
00:12:48parce que vous dites
00:12:49que ça ne sert à rien.
00:12:51Et c'est pour ça que moi,
00:12:52je prône comme premier point
00:12:55la mise en place
00:12:55de la proportionnelle.
00:12:56Il faut qu'on sorte dans ce pays
00:12:58du fait majoritaire,
00:12:59du fait majoritaire
00:13:00avec une hyper-présidentialisation
00:13:02où vous avez un président,
00:13:04pour l'instant,
00:13:05que des présidents,
00:13:07peut-être un jour une présidente,
00:13:09peut-être pas le prochain coup,
00:13:10j'espère.
00:13:10Enfin, ça, c'est mon avis politique.
00:13:14Peut-être que vous ne partagez pas
00:13:15et on pourra en discuter.
00:13:17Mais l'hyper-présidentialisation
00:13:20fait qu'on a une concentration
00:13:22des pouvoirs,
00:13:23que celui qui gagne
00:13:25prend tout et dirige tout
00:13:26et on se retrouve
00:13:27dans des situations
00:13:28de crispation.
00:13:29et je pense justement
00:13:31que la maturité
00:13:32d'une démocratie,
00:13:33c'est d'être en capacité
00:13:35de travailler
00:13:35sur des compromis.
00:13:37Vous voyez,
00:13:37avec les écologistes,
00:13:38on est parfois en querelle,
00:13:40mais il y a plein de sujets
00:13:40sur lesquels
00:13:41on pourrait travailler ensemble.
00:13:42Et si on n'était pas toujours
00:13:43dans cette opposition,
00:13:44parce que c'est l'homme
00:13:46ou la femme du président,
00:13:47on est contre,
00:13:48on s'en sortirait beaucoup mieux
00:13:50et votre vote
00:13:51deviendrait non plus
00:13:53un vote,
00:13:53un vote de conviction,
00:13:55parce que vous savez
00:13:56qu'il va servir
00:13:57à quelque chose.
00:13:57dans notre système,
00:13:59quand vous votez
00:13:59aux législatives en particulier,
00:14:02la plupart du temps,
00:14:02votre vote de premier tour,
00:14:04il ne sert à rien.
00:14:05Les abalages,
00:14:06vous êtes d'accord
00:14:06avec ce que dit Erwan Balanant ?
00:14:07Vous êtes plus proportionnel
00:14:08que prise en considération
00:14:10du vote blanc ?
00:14:11Les deux, mon capitaine.
00:14:12Mais les deux, mon capitaine.
00:14:13Oui, mais c'est...
00:14:15Sincèrement,
00:14:15les écologistes,
00:14:16même dans nos votes internes,
00:14:17alors les gens
00:14:17n'y comprennent rien,
00:14:18mais nous,
00:14:18on comptabilise le vote blanc
00:14:20pour avoir l'ensemble
00:14:21des suffrages exprimés
00:14:22et déterminer la majorité.
00:14:24Mais, du coup,
00:14:25pardon,
00:14:25je voudrais comprendre,
00:14:26quand vous le prenez en compte,
00:14:27c'est-à-dire ?
00:14:28C'est-à-dire que ça fait partie,
00:14:30c'est comme une couleur électorale,
00:14:32si vous voulez.
00:14:32Et donc,
00:14:33pour exprimer une majorité,
00:14:34il faut qu'elle puisse
00:14:34être comptabilisée
00:14:36en prenant en compte
00:14:37les votes qui se sont exprimés
00:14:38à travers le vote blanc.
00:14:39Et ça fait longtemps
00:14:40qu'on est pour le vote blanc,
00:14:41les écologistes,
00:14:42et pour la proportionnelle également.
00:14:44J'avais une question,
00:14:45c'est sur la question
00:14:47du vote blanc.
00:14:47Est-ce que vous le faites aussi
00:14:48pour les élections locales ?
00:14:50Ou est-ce que vous votez
00:14:51une couleur politique
00:14:52ou un candidat
00:14:53ou une candidate ?
00:14:54Oui, oui, oui.
00:14:55Vous votez blanc
00:14:56à tous les scrutins ?
00:14:57Pour le moment,
00:14:58oui,
00:14:58je regarde
00:14:59toutes les propositions,
00:15:01toutes...
00:15:02Mais c'est l'offre...
00:15:03Moi,
00:15:03je me permets
00:15:04de vous poser cette question
00:15:06parce qu'il y a
00:15:07plusieurs éléments
00:15:09de réponse
00:15:09à cette question
00:15:10de pourquoi est-ce
00:15:11qu'on n'arrive pas
00:15:11à se retrouver
00:15:12dans des candidatures
00:15:13qui existent.
00:15:14Je pense qu'Erwan
00:15:14a raison de dire
00:15:16que parce qu'on a
00:15:17sacralisé
00:15:18l'élection présidentielle
00:15:19comme si elle constituait
00:15:20l'alpha et l'oméga
00:15:21de notre vie politique
00:15:22et donc c'est normal
00:15:23de ne pas s'y retrouver
00:15:23parce que personne
00:15:25n'est jamais d'accord
00:15:26à 100%
00:15:26avec le programme
00:15:27de quelqu'un.
00:15:28Enfin,
00:15:28moi,
00:15:29si,
00:15:29avec le programme
00:15:30des écolos,
00:15:30mais voilà,
00:15:31c'est mon rôle
00:15:31et c'est mon taf.
00:15:32Mais sinon,
00:15:33c'est normal
00:15:33de trouver quelque chose
00:15:34à redire,
00:15:35etc.
00:15:35Et donc,
00:15:36c'est compliqué
00:15:37parfois de se dire
00:15:38je fais la démarche
00:15:39d'aller voter
00:15:39malgré,
00:15:40en dépit d'eux,
00:15:41etc.
00:15:42Sur la question
00:15:43du vote blanc,
00:15:44c'est aussi
00:15:44parce que l'élection,
00:15:47c'est toujours
00:15:47le moment démocratique
00:15:49par excellence.
00:15:50Mais quand on a
00:15:51la possibilité
00:15:51de participer
00:15:52à la vie de sa société
00:15:53à travers d'autres moyens,
00:15:55eh bien,
00:15:55en fait,
00:15:55on peut s'exprimer
00:15:56à travers le vote blanc,
00:15:57s'exprimer à travers
00:15:58la participation citoyenne
00:15:59locale ou nationale,
00:16:00etc.
00:16:00Et donc,
00:16:02si vous voulez,
00:16:02le vote blanc est un indicateur
00:16:04politique d'un moment,
00:16:05mais ça ne veut pas dire
00:16:06que c'est un désengagement
00:16:07pour la chose publique,
00:16:07au contraire.
00:16:08Ça veut pouvoir dire
00:16:09moi,
00:16:09je n'ai pas d'avis
00:16:10sur ce moment,
00:16:11mais je peux en avoir un
00:16:12sur un projet local
00:16:13ou national.
00:16:14Et ça,
00:16:14c'est aussi important.
00:16:15Et donc,
00:16:15c'est comment est-ce
00:16:16qu'on redonne aussi,
00:16:17j'allais dire...
00:16:19L'envie d'adhésion.
00:16:20Mais ce n'est pas
00:16:21qu'une question
00:16:21d'envie d'adhésion,
00:16:22c'est aussi comment est-ce
00:16:23qu'on redort
00:16:24de la République
00:16:25tous ces moments politiques
00:16:26de consultation
00:16:28qu'on a un peu abîmées,
00:16:30je le disais en introduction,
00:16:31et comment est-ce
00:16:32qu'on leur redonne
00:16:32une légitimité équivalente
00:16:34que celle de l'élection politique ?
00:16:36Une légitimité
00:16:37dans la participation,
00:16:38dans la capacité d'expression
00:16:39et dans son esprit
00:16:41aussi délibératif.
00:16:42Parce que quand on vote
00:16:43à la fin d'une convention citoyenne,
00:16:44c'est un vote
00:16:44comme le vote
00:16:45d'une élection législative
00:16:46ou municipale.
00:16:47Oui, on est d'accord.
00:16:49Pour résumer,
00:16:50il faut voter par conviction.
00:16:53Et oui,
00:16:54évidemment qu'on ne peut pas
00:16:55être d'accord à 100%
00:16:56avec un programme.
00:16:58Mais pour moi,
00:16:59il faut au moins
00:17:00s'y retrouver
00:17:01en grande majorité
00:17:02dans une démocratie.
00:17:03C'est plutôt pratique,
00:17:04c'est idéal.
00:17:06Alexandra,
00:17:06ça vous parle,
00:17:07forcément,
00:17:08tout ce qu'on est en train
00:17:08de se dire ?
00:17:09Oui, bien sûr.
00:17:10Vous êtes avec nous ce soir
00:17:11parce que vous,
00:17:12ce sentiment de blocage,
00:17:14cette colère citoyenne,
00:17:15vous la percevez
00:17:16chaque jour
00:17:17et c'est ce qui fait
00:17:18que vous avez tenu.
00:17:18Et dans différents milieux.
00:17:19Dans différents milieux.
00:17:20Oui, ce n'est pas droite,
00:17:21gauche, centre.
00:17:23Non.
00:17:23Vous, vous adhérez
00:17:24depuis peu à l'association
00:17:26du référendum citoyen.
00:17:28Oui, enfin,
00:17:28je l'ai découverte
00:17:29d'une façon tout à fait
00:17:31amusante
00:17:31parce que j'allais voir
00:17:33autre chose
00:17:33et je me suis retrouvée
00:17:34dans cette présentation
00:17:36qui a été faite
00:17:37par Alexandre Jardin
00:17:38et j'ai trouvé
00:17:39que c'était
00:17:40un outil pragmatique,
00:17:42simple
00:17:43et on est dans une époque
00:17:45où tout est archi compliqué.
00:17:47Là, c'est une application.
00:17:49D'ailleurs,
00:17:50il y a une autre application
00:17:50du même type
00:17:51qui s'appelle Praxis.
00:17:53Donc, il y en a deux.
00:17:54Référendum citoyen
00:17:56et Praxis.
00:17:57Et j'ai trouvé
00:17:57que c'était vraiment intéressant.
00:17:59C'est-à-dire que ça laisse
00:18:00la possibilité
00:18:00aux citoyens
00:18:02de proposer
00:18:04et de voter
00:18:05pour des initiatives,
00:18:07des projets,
00:18:08des lois
00:18:09qui leur semblent
00:18:10importantes.
00:18:11Mais,
00:18:12c'est-à-dire que vous ne faites
00:18:14plus confiance aux élus
00:18:15pour porter ces idées ?
00:18:17Oui.
00:18:18Oui.
00:18:18Moi, personnellement, oui.
00:18:20Mais je pense que
00:18:21beaucoup de gens
00:18:22ne se sentent pas entendus.
00:18:24Et vraiment,
00:18:25on aimerait que
00:18:26vous,
00:18:27comment vous comptez
00:18:30intégrer
00:18:31les citoyens ?
00:18:32Quel rôle
00:18:33vous comptez
00:18:34leur offrir
00:18:36pour leur permettre
00:18:37d'être entendus
00:18:38et de reprendre
00:18:40d'une certaine façon
00:18:41le pouvoir ?
00:18:42Alors, on peut se dire
00:18:42moi, je suis élue,
00:18:44je ne sais pas,
00:18:45c'est un peu
00:18:45scié la branche
00:18:46sur laquelle je suis assise.
00:18:47Vous êtes élue ?
00:18:49Non, non, pas du tout.
00:18:50Non, non, mais vous auriez pu
00:18:51être élue conseillère municipale ?
00:18:53Non, elle essayait
00:18:53d'imaginer votre réponse,
00:18:55je pense, n'est-ce pas ?
00:18:56Voilà, c'est ça.
00:18:57Quel rôle pourriez-vous
00:19:00redonner au peuple ?
00:19:02Madame a bien fait
00:19:03de rappeler la Constitution.
00:19:04C'est la Constitution.
00:19:06On a eu le RIP,
00:19:07mais qui ne marche absolument pas.
00:19:09Là, on a des solutions.
00:19:10Le RIC,
00:19:11qui vient,
00:19:12qui a été émis...
00:19:13Le référendum
00:19:13d'initiative citoyenne.
00:19:14Voilà,
00:19:15notamment qui a été porté
00:19:16par les Gilets jaunes,
00:19:17qui est repris
00:19:18par Alexandre Jardin
00:19:20et par François Boulot.
00:19:22Et je trouve que c'est
00:19:22vraiment pragmatique,
00:19:25simple.
00:19:26Ça peut être sécurisé
00:19:27si on a accès au code...
00:19:29Voilà,
00:19:30il y a des méthodes
00:19:30pour le faire.
00:19:32Comment vous...
00:19:33Est-ce que vous seriez prêt
00:19:34à le faire ?
00:19:35Et pas une réponse
00:19:36oui, etc.
00:19:37Et puis,
00:19:38concrètement,
00:19:38dans les faits.
00:19:39C'est dans son rapport.
00:19:42Moi,
00:19:42je vais vous proposer
00:19:43deux choses.
00:19:44Une,
00:19:44qui est issue
00:19:45d'un travail
00:19:46que fait la collègue
00:19:47de Léa
00:19:48qui s'appelle
00:19:48Marie Pochon.
00:19:49Marie Pochon,
00:19:50elle a travaillé
00:19:52sur l'idée
00:19:53d'avoir des conventions
00:19:54citoyennes
00:19:55et qui pourraient déboucher
00:19:56sur des référendums.
00:19:58Ces conventions citoyennes,
00:19:59et c'est là
00:19:59ce qui est intéressant,
00:20:01elles pourraient être
00:20:01mises à l'agenda
00:20:03politique
00:20:03par, justement,
00:20:05l'émergence
00:20:06de pétitions
00:20:07ou l'émergence
00:20:08de, comment dire,
00:20:10dans la société,
00:20:11des gens qui disent
00:20:12et qui deviennent nombreux
00:20:12à dire
00:20:13on a un sujet
00:20:13avec cette question.
00:20:15Et moi,
00:20:15ça, je trouve
00:20:15très intéressant.
00:20:17Je pense que,
00:20:18moi, je développe,
00:20:20et un corollaire
00:20:21de cette idée,
00:20:22c'est que moi,
00:20:22je développe l'idée
00:20:23dans ce rapport,
00:20:24j'appuie cette idée
00:20:26de référendum
00:20:27liée à des conventions
00:20:28citoyennes,
00:20:29mais je pense
00:20:30qu'il faut aussi
00:20:30avoir la capacité
00:20:32pour les citoyens
00:20:33de mettre à l'agenda
00:20:34des sujets.
00:20:35Et, par exemple,
00:20:36ce que je propose,
00:20:37c'est que les citoyens
00:20:39puissent être associés
00:20:40à ce qui est
00:20:41un travail
00:20:41des parlementaires,
00:20:42normalement,
00:20:43c'est l'évaluation
00:20:44des politiques publiques
00:20:45et qu'il y ait
00:20:46la capacité
00:20:46de faire des évaluations
00:20:48citoyennes
00:20:48des politiques publiques
00:20:49en lien avec
00:20:50les parlementaires
00:20:51pour faire émerger
00:20:52des sujets
00:20:52et puis pour,
00:20:54entre guillemets,
00:20:55juger, noter
00:20:56des politiques publiques
00:20:57existantes
00:20:58dont on voit
00:20:59qu'elles fonctionnent.
00:21:00On se dit,
00:21:00ça fonctionne,
00:21:01amplifions le,
00:21:02amplifions le processus,
00:21:05développons-le encore plus
00:21:06et puis,
00:21:07sur d'autres sujets,
00:21:08dire,
00:21:08mais attendez,
00:21:09ça, ça ne marche pas
00:21:10et il faut que ça change.
00:21:12La Cour des comptes
00:21:13fait des rapports
00:21:14qui sont souvent
00:21:14très riches,
00:21:15très nourris.
00:21:17On a l'impression,
00:21:18en tout cas...
00:21:18Non, ça ne sert pas à rien.
00:21:19Ça sert.
00:21:20On aimerait le savoir
00:21:22parce que,
00:21:23dans nos vies quotidiennes,
00:21:25on est écrasé,
00:21:26on reçoit des lois,
00:21:27on ne sait même pas
00:21:28qu'on est dans un espèce
00:21:30de labyrinthe
00:21:32de lois invisibles
00:21:33et qui entraîne
00:21:35des tonnes
00:21:35de démarches administratives
00:21:37et on est saturé
00:21:39financièrement
00:21:40en temps,
00:21:41en temps,
00:21:42beaucoup,
00:21:43et comment on peut
00:21:44rendre les choses
00:21:45simples,
00:21:46simples,
00:21:47simples.
00:21:48C'est intéressant
00:21:49parce qu'Erwan,
00:21:50tu as deux doigts
00:21:51de devenir porte-parole
00:21:51des écologistes,
00:21:52tu as très bien
00:21:53présenté la proposition
00:21:55qu'on porte.
00:21:56Non mais moi je suis ouvert
00:21:57contrairement à d'autres.
00:21:59Il n'est pas vert,
00:22:00ce n'est pas ce qu'il a dit.
00:22:01Il a dit qu'il est ouvert.
00:22:02Il n'y a pas de problème.
00:22:03Je suis assez vert aussi
00:22:04sur le sujet.
00:22:06Mais ce qui est intéressant
00:22:08dans le référendum
00:22:09d'initiative citoyenne,
00:22:11c'est que vous voyez
00:22:11contrairement à ce qui est
00:22:13actuellement écrit
00:22:13dans la Constitution
00:22:14où c'est le président
00:22:15qui décide toute seule
00:22:16de la question qui est posée,
00:22:18la question elle vient
00:22:18des citoyennes et des citoyens.
00:22:20Moi je crois beaucoup à ça,
00:22:21de faire émerger
00:22:22dans le débat public
00:22:23une question.
00:22:24Après la manière
00:22:25de traiter la question
00:22:26compte autant
00:22:26que la question qui est posée.
00:22:28C'est-à-dire que si c'est juste
00:22:29oui ou non,
00:22:30ce n'est pas très intéressant.
00:22:31Si ça devient délibératif,
00:22:33qu'on a un vrai espace
00:22:34pour construire
00:22:35la question ensemble
00:22:36et la manière
00:22:36dont on va y répondre.
00:22:38Est-ce qu'il y a
00:22:38plusieurs options ?
00:22:39Est-ce que c'est...
00:22:40Vous voyez,
00:22:41il y a des tiroirs
00:22:41si vous votez cette option,
00:22:42voici les conséquences,
00:22:43etc.
00:22:44Bref,
00:22:44que les choses soient
00:22:45expliquées et simples.
00:22:47Et pas binaires en fait,
00:22:48d'une certaine façon.
00:22:49En fait,
00:22:49on arrive à un référendum
00:22:51d'initiative citoyenne
00:22:52dont tout le monde
00:22:53peut se saisir
00:22:53parce qu'on en a compris
00:22:54les enjeux,
00:22:55les conséquences
00:22:56et qu'on a même parfois
00:22:57participé à l'élaboration
00:22:58de cette question.
00:22:59Et c'est pour ça que moi,
00:23:00je suis même favorable
00:23:01à ce qu'on le pose
00:23:02en matière constitutionnelle.
00:23:04Je voudrais vous opposer
00:23:06un traumatisme.
00:23:07Avant qu'on continue,
00:23:08parce que là,
00:23:09on est en train de parler
00:23:09du référendum.
00:23:10Vous conviendrez avec moi
00:23:11qu'il y a quand même
00:23:12un petit traumatisme
00:23:13autour du référendum.
00:23:14C'est le dernier.
00:23:15C'est 2005.
00:23:16C'est le traité constitutionnel européen
00:23:18rejeté à 54,67% des voix.
00:23:22Vous vous souvenez
00:23:23de ce que dit Jacques Chirac
00:23:24ce soir-là à la télévision ?
00:23:25On est le 29 mai 2005.
00:23:28Il intervient à la télévision
00:23:29au moment où les résultats
00:23:30sont publiés.
00:23:31Regardez.
00:23:33Vous avez majoritairement
00:23:36rejeté la constitution européenne.
00:23:39C'est votre décision souveraine
00:23:42et j'en prends acte.
00:23:45Pour autant,
00:23:46nos intérêts et nos ambitions
00:23:48sont profondément liés à l'Europe.
00:23:52La France,
00:23:53pays fondateur de l'Union,
00:23:56reste naturellement dans l'Union.
00:24:00Et je tiens à vous dire,
00:24:01à dire à nos partenaires européens
00:24:04et à tous les peuples de l'Europe
00:24:06que la France continuera
00:24:09à y tenir toute sa place
00:24:11dans le respect de ses engagements.
00:24:14J'y veillerai.
00:24:16Et deux ans plus tard,
00:24:17un texte sera donc adopté...
00:24:19Mais qui n'est pas du tout le même texte.
00:24:21Qui n'est pas le même.
00:24:22Donc ça veut dire qu'on avait posé la mauvaise question.
00:24:26Politiquement, on a abîmé cet outil de référendum.
00:24:27Tout à fait.
00:24:28Non, mais je partage et...
00:24:29Et on arrive à cette conséquence
00:24:31où quand on parle de référendum,
00:24:33Emmanuel Macron a proposé,
00:24:35lors de ses voeux de janvier 2026,
00:24:38qu'une question référendum
00:24:39allait être posée pendant cette année.
00:24:41Oui, il n'y en aura pas.
00:24:41Il n'y aura pas de questions
00:24:42et peut-être tant mieux.
00:24:44Parce que je crois que l'état du débat politique
00:24:46ne permettrait pas d'avoir un débat serein
00:24:49autour d'une question référendaire.
00:24:50Par contre, qu'on ait un débat
00:24:51sur comment est-ce qu'on met en place
00:24:52le référendum après la prochaine présidentielle
00:24:55et un référendum citoyen et pas autoritaire,
00:24:59pas autocratique comme celui
00:25:00qui est proposé par Marine Le Pen,
00:25:02eh bien là, c'est un débat intéressant
00:25:04pour cette élection présidentielle.
00:25:07Sachant que sur le référendum,
00:25:08il faut faire très attention.
00:25:10Et Léa, qui travaille beaucoup
00:25:12sur la question de l'état de droit
00:25:13et qui a fait aussi un rapport
00:25:15sur l'état de droit,
00:25:18la façon dont Marine Le Pen,
00:25:19dans une volonté autoritaire,
00:25:24plébiscitaire de faire des référendums
00:25:27à la suite de son élection...
00:25:28J'allais vous poser la question.
00:25:29Il trouve qu'il n'y a pas de député RN
00:25:30pour se défendre,
00:25:31mais moi, j'allais vous poser la question autrement.
00:25:32Est-ce qu'il y a des sujets interdits ?
00:25:34Oui, il n'y a pas...
00:25:36Non, il n'y a pas des sujets interdits.
00:25:39Non, mais c'est des garanties
00:25:41autour du référendum.
00:25:41Il ne faut pas qu'une question
00:25:43qui soit posée dans le cadre d'un référendum
00:25:45puisse être attentatoire
00:25:46à la dignité de la personne,
00:25:48au caractère démocratique.
00:25:49Par exemple, en Allemagne,
00:25:51traumatisée après le nazisme,
00:25:53et le Troisième Reich,
00:25:54ils ont décidé
00:25:55qu'un certain nombre de choses
00:25:56dans leur constitution
00:25:57ne pouvaient pas être modifiées.
00:25:59Ne pouvaient pas être modifiées.
00:26:00Le caractère républicain,
00:26:01démocratique de l'Allemagne,
00:26:03ça ne peut pas être modifié.
00:26:04Parce qu'il y a un consensus politique
00:26:05pour dire que c'est inviolable.
00:26:07Mais alors, Alexandra,
00:26:09quel sujet mériterait, selon vous,
00:26:11d'être soumis à un référendum ?
00:26:13Dites-moi une ou deux idées.
00:26:15L'exemplarité.
00:26:16Je trouve que c'est une question
00:26:17vraiment importante
00:26:18parce qu'on a le sentiment
00:26:19qu'il n'y a pas de contre-pouvoir
00:26:24et que nos représentants,
00:26:26par exemple,
00:26:28nous, on nous demande des efforts
00:26:29sans arrêt.
00:26:30Il y a des taxes.
00:26:31Je crois que c'est presque tous les jours.
00:26:33Mais on les paye aussi, ces taxes.
00:26:35Oui, oui.
00:26:37Alexandra, je me permets
00:26:38de vous interrompre,
00:26:38mais si on fait un référendum
00:26:40pour ou contre l'exemplarité,
00:26:42j'ose espérer que ce sera 100%.
00:26:44Oui, mais comment on peut organiser ça ?
00:26:47Parce que l'idée de modifier,
00:26:49enfin, moi, l'idée de départ,
00:26:50c'était comment ?
00:26:52Faut-il modifier les institutions ?
00:26:54Est-ce qu'elles sont toujours valables ?
00:26:56Je pense qu'on doit travailler
00:26:57sur l'exemplarité.
00:26:59En Suède, il y a des lois.
00:27:00Au Danemark, il y a des lois.
00:27:02C'était encadré.
00:27:03Il y a des règles.
00:27:04Et je trouve que c'est un sujet important
00:27:05parce que les gens ont l'impression
00:27:06que tout se fait dans un entre-soi,
00:27:09que tout est décidé.
00:27:12Vous avez les nominations
00:27:15à la Cour des comptes,
00:27:16au Conseil d'État,
00:27:18sont faites par le président
00:27:20et par les présidents des chambres.
00:27:24Donc, vous retombez sur des gens
00:27:26qui ont été,
00:27:27il y en a un, notamment l'un d'eux,
00:27:29qui étaient quand même déclarés responsables,
00:27:34mais pas coupables.
00:27:35Donc, on tombe dans des...
00:27:37Et du coup, il y a une décrédibilisation
00:27:39de ces fonctions-là.
00:27:41Il faut des personnes...
00:27:42C'est remonté dans vos auditions
00:27:43pour votre rapport ?
00:27:46C'est ce que je dis
00:27:46autour du fait majoritaire.
00:27:48C'est ce que je dis
00:27:49autour du fait du majoritaire.
00:27:50Celui qui gagne tout,
00:27:51prend tout et dirige tout.
00:27:53Et nomme tout.
00:27:53Et ça, c'est un vrai sujet.
00:27:54Moi, je suis pour qu'on sorte
00:27:56des nominations,
00:27:57toutes ces nominations
00:27:58article 13
00:28:00qui existent aujourd'hui,
00:28:01qui sont article 13,
00:28:02alors qui sont quand même
00:28:03soumises à des règles.
00:28:04Il ne faut pas non plus croire.
00:28:05Et sur l'exemplarité,
00:28:06ne faisons pas croire non plus
00:28:08que les élus feraient
00:28:10ce qu'ils voudraient.
00:28:11Je voudrais donner
00:28:11le bâton de parole
00:28:12à François
00:28:13qui est juste derrière
00:28:13Alexandra.
00:28:14François, alors,
00:28:15votre visage sera peut-être
00:28:16familier à de nombreux
00:28:18téléspectateurs
00:28:18puisque vous avez été
00:28:19un des porte-parole
00:28:20du mouvement des Gilets jaunes
00:28:22en 2018.
00:28:23Et vous en avez fait
00:28:24plusieurs livres,
00:28:25ainsi qu'un site en ligne
00:28:26qui s'appelle Praxis
00:28:27dont a parlé Alexandra tout à l'heure.
00:28:29On se souvient que le RIC,
00:28:30le référendum d'initiative citoyenne,
00:28:32c'était une des grandes revendications
00:28:34des Gilets jaunes.
00:28:35Huit ans plus tard,
00:28:36quel regard vous portez,
00:28:38François,
00:28:39sur la façon
00:28:39dont on a considéré
00:28:41et dont on considère
00:28:42aujourd'hui
00:28:42la parole citoyenne ?
00:28:45J'entends beaucoup de choses
00:28:46depuis tout à l'heure
00:28:47sur le plateau
00:28:47qui sont intéressantes,
00:28:48qui sont des bons arguments,
00:28:50mais je voudrais essayer
00:28:50de les ancrer un peu
00:28:51dans le réel
00:28:51parce que j'ai peu entendu
00:28:52parler d'histoire,
00:28:53d'histoire récente
00:28:54de ce qui s'est passé
00:28:55dans ce pays,
00:28:55notamment sur les dix dernières années.
00:28:57J'étais donc à l'époque
00:28:58Gilets jaunes,
00:28:58j'étais avocat aussi,
00:28:59je ne le suis plus,
00:29:01notamment parce que
00:29:02l'état de la justice
00:29:03s'est tellement dégradé
00:29:04que je ne trouvais plus de sens.
00:29:05Vous n'êtes plus avocat
00:29:06parce que vous avez été radié
00:29:07ou parce que vous-même
00:29:08vous avez rendu la robe ?
00:29:09Voilà,
00:29:10j'ai moi-même rendu la robe,
00:29:11non, non,
00:29:11il n'y a pas d'infamie.
00:29:13Je pourrais réexercer
00:29:14si je le demandais.
00:29:16On se dit tout ici,
00:29:16vous savez bien.
00:29:16Mais bien sûr,
00:29:17mais je ne trouvais plus de sens
00:29:18à mon travail
00:29:20parce que l'état
00:29:21du service public de la justice
00:29:22est en ruine,
00:29:23mais comme les hôpitaux,
00:29:24comme l'école,
00:29:25c'est pour ça qu'on a
00:29:25le mouvement des lyciens,
00:29:26etc.
00:29:27En fait,
00:29:27il y a beaucoup de gens
00:29:28qui ne trouvent plus de sens.
00:29:29C'est pour ça,
00:29:30notamment,
00:29:30je m'étais engagé
00:29:31dans le mouvement
00:29:31des Gilets jaunes.
00:29:32Le reportage
00:29:33de début d'émission
00:29:34montrait qu'il y a eu
00:29:34un grand débat,
00:29:36des cahiers de doléances.
00:29:37tout ça a été mis à la poubelle.
00:29:38Vous vous rappelez
00:29:38à juste titre
00:29:39qu'il y a eu le référendum
00:29:40de 2005
00:29:41qui n'a pas été respecté,
00:29:42les élections législatives
00:29:43de 2024
00:29:44qui n'ont pas été respectées
00:29:45non plus.
00:29:46Emmanuel Macron
00:29:46n'a même pas fait l'effort
00:29:47de faire semblant.
00:29:48Il a nommé
00:29:49des premiers ministres
00:29:50qui sont à sa main
00:29:51alors qu'ils sont arrivés
00:29:52troisième aux élections.
00:29:53Il aurait pu faire semblant
00:29:54au moins d'essayer
00:29:55de nommer un premier ministre
00:29:56de gauche
00:29:56ou un premier ministre
00:29:57du Rassemblement national.
00:29:59Peu importe.
00:30:00Soit la force politique
00:30:01qui avait gagné au premier tour,
00:30:02soit la force politique
00:30:02qui avait gagné au deuxième.
00:30:03Il aurait pu au moins essayer.
00:30:05Sans doute,
00:30:05il y aurait-il une censure.
00:30:06Ce que vous décrivez là,
00:30:07c'est tout ce qui a abîmé
00:30:09à la fois la représentativité
00:30:10de la classe politique
00:30:11et à la fois la valeur
00:30:13de la parole citoyenne.
00:30:14Oui, bien sûr,
00:30:15mais je voudrais même
00:30:16aller plus loin.
00:30:16C'est qu'en fait,
00:30:18j'ai lu rapidement le rapport
00:30:19parce qu'on m'a invité
00:30:20il y a trois heures
00:30:21et donc j'ai pris connaissance
00:30:22Oui, parce que si vous l'avez lu
00:30:23en trois heures,
00:30:24j'ai lu les mesures.
00:30:25Moi, ça m'a pris plus de temps.
00:30:26J'ai lu les mesures,
00:30:27c'est ça qui est intéressant,
00:30:28c'est les solutions
00:30:28qu'on propose.
00:30:31Votre approche,
00:30:32elle me paraît,
00:30:32comment dire,
00:30:33je ne suis pas du tout d'accord
00:30:34et je vais être assez sévère
00:30:35avec vous,
00:30:36monsieur le député,
00:30:37mais pas dans un esprit
00:30:38de polémique.
00:30:39Vraiment,
00:30:39ce n'est pas ça
00:30:39qui m'intéresse.
00:30:41C'est simplement que
00:30:43ce que vous construisez,
00:30:44en gros,
00:30:44c'est l'idée
00:30:44que les élus feraient
00:30:45de leur mieux
00:30:46mais qu'on n'a pas le temps,
00:30:48on ne comprend pas bien.
00:30:49On voit que vous ne l'avez pas
00:30:51vraiment lu.
00:30:52Si, si, j'ai vu.
00:30:52Non, non, non.
00:30:54Mais allez-y, allez-y.
00:30:55Je vous dis,
00:30:56je ne m'exprime pas
00:30:57dans un esprit polémique,
00:30:58j'essaye juste.
00:30:59À mon avis,
00:30:59on n'est pas d'accord
00:31:00de manière assez tranchée
00:31:01sur certains points.
00:31:02Ça ne veut pas dire
00:31:02qu'on ne peut pas trouver
00:31:03des points d'accord non plus
00:31:04et qu'on ne peut pas
00:31:05s'écouter respectueusement.
00:31:07Grosso modo,
00:31:08vous ne donnez pas
00:31:08la décision aux gens.
00:31:09Grosso modo,
00:31:10vous les faites participer,
00:31:11vous les informez mieux,
00:31:12etc.
00:31:12Vous n'avez définitivement
00:31:14pas lu mon rapport.
00:31:15On va laisser François
00:31:16aller au bout
00:31:16et comme ça,
00:31:17Erwann Bannan
00:31:18pourra vous répondre.
00:31:18Notamment,
00:31:19les Gilets jaunes,
00:31:19ce qu'il réclamait,
00:31:20c'était le référendum
00:31:21d'initiative citoyenne,
00:31:22c'est-à-dire sans filtre
00:31:23des députés,
00:31:24sans aucun fil
00:31:25pour pouvoir poser
00:31:25des questions,
00:31:26reprendre la main.
00:31:27Mais pourquoi il le demandait ?
00:31:28C'est ça qu'il faut comprendre.
00:31:30Parce que c'est un désastre
00:31:31la situation actuelle,
00:31:33économique.
00:31:33Les gens ne peuvent plus vivre,
00:31:35ils ne font que survivre.
00:31:36C'est pour ça que vous avez
00:31:37aujourd'hui des gens dans la rue.
00:31:38Vous voyez,
00:31:38quand on essaie
00:31:38d'ancrer le discours
00:31:39dans le réel,
00:31:40ils n'en peuvent plus.
00:31:40Si les élites
00:31:41avaient gouverné
00:31:42sans le peuple,
00:31:43mais qu'elles avaient
00:31:43réussi leur mission,
00:31:45qu'elles avaient servi
00:31:45d'intérêt général,
00:31:46qu'on avait de la croissance,
00:31:47qu'on avait des emplois,
00:31:48qu'on avait du pouvoir d'achat,
00:31:49qu'on avait des bonnes
00:31:50conditions de travail,
00:31:51les gens ne seraient pas en colère
00:31:52et je suis à peu près certain
00:31:53que les gens y réclameraient,
00:31:54même pas le RIC.
00:31:55Ils feraient confiance
00:31:55à leur représentation.
00:31:57Simplement,
00:31:57ils ont trop fait confiance
00:31:58depuis 40 ans.
00:31:59Depuis 40 ans,
00:31:59on leur a imposé
00:32:00la même politique.
00:32:01C'est peut-être le dernier point
00:32:02sur lequel je voudrais insister.
00:32:03C'est qu'en fait,
00:32:04il y a un rapport
00:32:04de force politique
00:32:05qui est en train de se jouer.
00:32:07Une caste dirigeante
00:32:08qui a confisqué le pouvoir,
00:32:10qui veut mener
00:32:10une certaine politique
00:32:11qui a très largement échoué.
00:32:14Pas pour tout le monde.
00:32:15Parce que pendant 99%
00:32:16des Français souffrent.
00:32:18C'est-à-dire,
00:32:18il y a ceux qui ne peuvent plus
00:32:19se chauffer,
00:32:20il y a ceux qui ne peuvent plus
00:32:21manger à leur faim,
00:32:22mais il y a tous ceux-mêmes
00:32:22qui s'en sortent à peu près bien,
00:32:23mais qui souffrent
00:32:24de l'état des services publics,
00:32:25des hôpitaux,
00:32:26de la justice, etc.
00:32:27Donc, tout le monde pâtit.
00:32:28Ah, pas les 0,01%
00:32:30qui sont tous là-haut.
00:32:31Eux, pour eux,
00:32:31en disant notamment,
00:32:32ils ont explosé leurs revenus,
00:32:33ils ont explosé leurs fortunes
00:32:34comme jamais.
00:32:35Et en fait,
00:32:36ce verrou-là,
00:32:37si vous voulez,
00:32:37cette classe dirigeante
00:32:38ne veut pas le faire sauter.
00:32:40Donc ça,
00:32:40c'est le premier point
00:32:41qui fait blocage.
00:32:42Le second,
00:32:43et comme vous évoquiez
00:32:43le référendum de 2005,
00:32:44je me permets d'y revenir,
00:32:46c'est qu'en fait,
00:32:47on a figé dans les traités européens
00:32:48une certaine politique économique.
00:32:50Dans le marché unique européen
00:32:51et dans l'euro,
00:32:52vous n'avez pas d'autre choix
00:32:53que de mener
00:32:54une seule politique économique
00:32:55qui est la fameuse course
00:32:56à la compétitivité.
00:32:57Et comment fait-on ça ?
00:32:58Par la baisse du coût du travail.
00:33:00Donc, il ne faut pas s'étonner,
00:33:01les gens,
00:33:01si vous avez des salaires
00:33:02qui ne sont pas assez élevés.
00:33:04C'est simplement
00:33:04une politique économique
00:33:06qui dit
00:33:06« Oui, vos salaires,
00:33:07ils doivent être bas
00:33:08parce que nos entreprises,
00:33:09elles doivent être compétitives. »
00:33:10Tant que si vous voulez,
00:33:11on ne fait pas sauter ses verrous,
00:33:12on peut se raconter
00:33:12tout ce qu'on veut
00:33:12sur la démocratie,
00:33:13on peut faire des participations,
00:33:15des conventions citoyennes,
00:33:16etc.
00:33:16Dès qu'on remettra en cause
00:33:23Je me permets de vous interrompre
00:33:24parce qu'il faut
00:33:25que la parole tourne.
00:33:26Je vous sens désabusé.
00:33:28Est-ce qu'il y a encore
00:33:29une proposition
00:33:30à laquelle vous croyez aujourd'hui ?
00:33:32Non, pas du tout.
00:33:34Moi, c'est bien pour ça
00:33:35que j'ai raccroché ma robe
00:33:36comme je l'avais dit.
00:33:37J'ai fondé un média citoyen
00:33:39mais qui a adossé
00:33:39une plateforme de vote citoyenne.
00:33:41On essaie de faire émerger
00:33:42les consensus
00:33:42qui existent dans la société.
00:33:45Alexandra,
00:33:45que je ne connaissais pas,
00:33:47je m'empresse de le dire,
00:33:47avant l'émission,
00:33:48mais qui connaissait Praxis,
00:33:49tant mieux,
00:33:50ça veut dire que
00:33:51ça fait son bout de chemin,
00:33:52elle parlait d'exemplarité.
00:33:54Vous voyez, par exemple,
00:33:54nous, on a proposé une mesure
00:33:55qui, pour l'instant,
00:33:56fait consensus
00:33:57sur l'exemplarité.
00:33:58En fait, beaucoup de gens
00:33:59ne le savent pas,
00:33:59mais en grande partie,
00:34:00la décision publique,
00:34:01elle n'est pas seulement
00:34:02le fait du président,
00:34:03du gouvernement.
00:34:04C'est aussi les hauts fonctionnaires
00:34:05qui participent très largement
00:34:07à la prise de décision publique.
00:34:09Il se trouve que les hauts fonctionnaires
00:34:10pantouflent très largement.
00:34:11Qu'est-ce que ça veut dire ?
00:34:12C'est-à-dire qu'ils font
00:34:13des allers-retours
00:34:13entre le public et le privé.
00:34:15Et ça, ça pose des problèmes
00:34:16de conflits d'intérêts
00:34:17qui sont absolument majeurs
00:34:18parce que vous ne pouvez pas
00:34:20avoir votre casquette un jour
00:34:21où vous devez réguler
00:34:22une grande entreprise
00:34:23et puis le lendemain,
00:34:24travailler pour elle.
00:34:24Des exemples comme ça,
00:34:25vous en avez à l'appel
00:34:26et ça, ça a conduit
00:34:27à ce qu'on brade
00:34:29très largement
00:34:30des fleurons industriels français
00:34:31qui est une trahison
00:34:32de l'intérêt national.
00:34:33Très clairement,
00:34:33ça n'était pas l'intérêt
00:34:34des Français.
00:34:35Nous avons proposé, vous voyez,
00:34:36d'interdire purement
00:34:37et simplement le pantouflage.
00:34:38C'est-à-dire que
00:34:39quand on deviendrait haut fonctionnaire,
00:34:40eh bien, à vie,
00:34:41on servirait l'État.
00:34:43Évidemment,
00:34:43si on veut se reconvertir
00:34:44dans le privé
00:34:44pour aller élever des chefs
00:34:46dans le Larzac
00:34:46ou ouvrir son petit restaurant,
00:34:48pas de problème.
00:34:48Mais jamais,
00:34:49vous ne travaillerez
00:34:49pour les grands intérêts privés.
00:34:51Mais attendez,
00:34:52juste terminé là-dessus.
00:34:52Attendez, juste terminé là-dessus.
00:34:53Oui, après,
00:34:54il faut donner la parole.
00:34:55François, vous n'êtes pas ça.
00:34:56Pardon, mais je termine juste là-dessus.
00:34:57Les enseignants, par exemple,
00:34:58vous voyez,
00:34:59ils ne se mettent pas
00:34:59à un moment donné
00:35:00dans leur carrière
00:35:01à travailler
00:35:01pour une entreprise
00:35:02de CAC 40.
00:35:03Pourquoi pas ?
00:35:04Vous n'en savez rien.
00:35:05Pourquoi pas ?
00:35:06On le sait.
00:35:08Vous ne connaissez aucun professeur
00:35:09qui a quitté l'école
00:35:10parce qu'il en avait marre ?
00:35:12On travaille ailleurs.
00:35:13Je ne vais pas citer un grand groupe
00:35:13pour Total ou la BNP.
00:35:14Non, je n'en connais pas beaucoup.
00:35:16Vous avez des hauts fonctionnaires
00:35:17qui sont devenus
00:35:18présidents de Uber,
00:35:19présidents de Total,
00:35:20présidents de la Caisse d'épargne,
00:35:21présidents de...
00:35:22Ça, il y en a plein.
00:35:23C'est un problème central.
00:35:25Et donc,
00:35:26on devrait tous être d'accord là-dessus.
00:35:28Et sur la plateforme,
00:35:28il y a 97% des gens
00:35:30qui, pour l'instant,
00:35:31sont d'accord.
00:35:31Alors, il y a 8 000 personnes
00:35:32qui ont voté,
00:35:339 000 personnes.
00:35:33Je ne prétends pas
00:35:36confiants.
00:35:36Faites voter un million de personnes.
00:35:38Je pense qu'ils seront tous d'accord
00:35:38avec ça,
00:35:39les citoyens français.
00:35:40Oui, j'entends ce que vous dites,
00:35:42mais il y a beaucoup de choses
00:35:43qui nous font sortir,
00:35:44en fait,
00:35:44des règles et des valeurs
00:35:45de l'État de droit
00:35:46dans ce que vous dites.
00:35:47Moi, donc ?
00:35:48Par exemple,
00:35:49de dire que quelqu'un
00:35:49serait assigné à résidence
00:35:51à un emploi toute sa vie
00:35:52et qu'il ne pourrait pas partir ailleurs.
00:35:53Excusez-moi,
00:35:53moi, ce n'est pas la société
00:35:54dont j'ai envie.
00:35:55Regardez, vous avez fait
00:35:56des études de droit.
00:35:56Vous avez fait des études de droit.
00:35:58Vous avez un média aujourd'hui.
00:35:59On aurait parfaitement pu vous dire
00:36:01parce que vous avez fait
00:36:01des études de droit, monsieur,
00:36:03vous connaissez les règles
00:36:04que d'autres ne connaissent pas.
00:36:05Donc, vous n'avez plus le droit
00:36:06de faire autre chose.
00:36:07Moi, j'étais plus sûre
00:36:08que vous avez fait
00:36:09des études de droit.
00:36:10Bon, l'université de droit
00:36:11est moins chère
00:36:12que dans certains autres pays
00:36:13dans le monde.
00:36:14La France pourrait exiger de vous
00:36:15que vous exerciez
00:36:16votre métier d'avocat
00:36:17pendant quelques temps
00:36:18puisque quand même,
00:36:18la France a contribué
00:36:19à vos connaissances en droit.
00:36:21Vous voyez ce que je veux dire ?
00:36:22Pour les écoles de fonctionnaires,
00:36:23quand on est polytechnique,
00:36:25quand on est...
00:36:25Oui, mais c'est une école
00:36:27pour lesquelles on est rémunéré.
00:36:28Le NS, etc.
00:36:30Et on doit des années
00:36:30de service à l'État.
00:36:32Moi, je rejoins un point
00:36:34sur la question
00:36:34de l'exemplarité
00:36:36et de la déontologie
00:36:37de la fonction publique.
00:36:38Il y a un cadre.
00:36:39Oui, mais il y a un cadre...
00:36:40Il faut renforcer sans doute, mais...
00:36:42Il y a un cadre
00:36:43dans lequel, eh bien,
00:36:45je pense que,
00:36:46en fait, certains...
00:36:48Et on le voit,
00:36:49j'ai un exemple
00:36:49très, très concret.
00:36:51Je suis présidente
00:36:52d'une association
00:36:52de défense des libertés
00:36:53et on a porté plainte
00:36:54contre un haut fonctionnaire
00:36:56à Bercy
00:36:57parce que je pense
00:36:57qu'il y a une collusion
00:36:59d'intérêts
00:37:00entre les intérêts
00:37:01de Airbnb
00:37:02et la manière
00:37:03dont la législation fiscale
00:37:05sur les meublés touristiques
00:37:06se fait en France.
00:37:07On a vu des lois
00:37:09qu'on a votées
00:37:09à l'Assemblée nationale
00:37:10et au Sénat
00:37:11ne pas être appliquées
00:37:12par l'administration fiscale.
00:37:14Et ça, c'est intolérable
00:37:15parce que c'est l'expression
00:37:16de la volonté populaire
00:37:17et de l'intérêt général
00:37:18qui s'est exprimée
00:37:18à travers une loi
00:37:19et elle n'a pas été respectée
00:37:21par l'administration.
00:37:22Or, l'administration,
00:37:22elle doit appliquer la loi.
00:37:24Par contre, moi, je suis...
00:37:27Effectivement, je pense,
00:37:28une forme de conflit d'intérêts
00:37:29qui s'est opérée.
00:37:30Et on doit être
00:37:31extrêmement précautionneux
00:37:33pour encadrer cela.
00:37:35Après, là où je rejoins Erwan,
00:37:37c'est la question
00:37:38de la fonction publique.
00:37:40Je pense que quand on la quitte
00:37:41pour certaines fonctions,
00:37:43on ne peut pas revenir en arrière.
00:37:44On ne peut pas revenir
00:37:45dans la fonction publique.
00:37:47Sur les fonctions publiques
00:37:48sans encadrement, etc.,
00:37:50que des gens
00:37:50et d'autres expériences
00:37:52rejoignent leur conjoint
00:37:53pour d'autres choses.
00:37:56Mais en tout cas,
00:37:56qu'il y ait des règles
00:37:57beaucoup plus strictes
00:37:58et des commissions
00:37:58et les moyens aussi
00:38:00de pouvoir enquêter.
00:38:01Et ce n'est pas le cas
00:38:02dans l'ensemble
00:38:03des commissions de déontologie
00:38:04qui sont saisies.
00:38:05Un tout petit mot
00:38:06parce que je voudrais donner
00:38:07la parole à Jean-Noël ensuite.
00:38:08Moi, j'aimerais juste aussi
00:38:09revenir sur cette idée
00:38:10de la classe dirigeante.
00:38:13Excusez-moi, monsieur.
00:38:15La classe dirigeante,
00:38:16vous êtes dans...
00:38:18Aujourd'hui, dans ce pays,
00:38:20moi, je viens
00:38:21d'un milieu modeste.
00:38:22Mes parents étaient...
00:38:25Mon père était fonctionnaire
00:38:26catégorie B.
00:38:28Ma mère était professeure
00:38:29à l'AFPA.
00:38:30Mes parents se sont toujours
00:38:32engagés dans la vie citoyenne.
00:38:34Et mon envie de l'engagement,
00:38:36elle est sans doute venue
00:38:37de mon père,
00:38:38qui est devenu maire
00:38:39de la petite commune
00:38:40dans laquelle je vivais
00:38:42et que je voyais régulièrement
00:38:44s'investir pour les autres.
00:38:45C'est aussi ça,
00:38:47notre vie démocratique.
00:38:50Il n'y a pas que des gens
00:38:51qui sont issus
00:38:51de la classe dirigeante.
00:38:52Léa, je n'ai pas l'impression
00:38:53non plus qu'elle soit issue
00:38:55de cette classe dirigeante.
00:38:57Sauf que ce discours
00:38:58que vous avez,
00:38:59il faut s'en méfier.
00:39:00Et c'est justement tout ça.
00:39:02J'aurais pu dire
00:39:02les gouvernants,
00:39:03j'aurais pu dire les téléphones.
00:39:03Oui, mais vous avez dit
00:39:04la classe dirigeante.
00:39:05Oui, mais vous avez dit
00:39:06qu'on donne le micro
00:39:07à Jean-Noël.
00:39:08Qui seraient ceux
00:39:08qui se dirigeraient tout ?
00:39:10Ça voudrait dire,
00:39:11ça voudrait dire, monsieur,
00:39:12et je ne vous en fais pas grief,
00:39:13mais ça laisse penser
00:39:15que quand les hommes
00:39:17et les femmes
00:39:17qui sont élus dans un pays,
00:39:19dans notre pays en l'occurrence,
00:39:21n'ont aucun pouvoir
00:39:22sur l'évolution des choses.
00:39:23Parce qu'il y aurait
00:39:24les très riches
00:39:24qui auraient leurs mains invisibles
00:39:26et qui, voilà,
00:39:26avec tout ce que ça veut dire.
00:39:28Il y a très largement
00:39:28une collusion d'intérêts
00:39:30qui est documentée.
00:39:31Vous avez plein de scandales.
00:39:32Je ne suis pas en train de dire
00:39:33qu'il n'y a que de la corruption,
00:39:34etc. Je ne dis pas ça.
00:39:35Je dis qu'il y a tout un tas
00:39:36de conflits d'intérêts
00:39:37et que de fait,
00:39:37ça fait 40 ans
00:39:38qu'on subit la même politique.
00:39:39Et c'est ça le cri des espoirs
00:39:40qui s'expriment dans la rue.
00:39:42Déjà, je pense que ça fait
00:39:4340 ans qu'on ne vit pas
00:39:44tout à fait les mêmes politiques
00:39:45parce qu'il y a eu
00:39:46des choix politiques
00:39:47qui ont été parfaitement différents
00:39:49sur certains...
00:39:49La politique de l'offre,
00:39:51ça fait longtemps qu'on...
00:39:51La politique de l'offre,
00:39:52la politique libérale,
00:39:53ça fait 40 ans
00:39:53qu'on l'a subie depuis 83...
00:39:55Alors, on fait tourner
00:39:55le bâton de parole.
00:39:57Jean-Noël.
00:39:57Bonsoir, Jean-Noël.
00:39:59C'est très intéressant.
00:40:00Jean-Noël est professeur
00:40:01d'histoire à Marseille.
00:40:03Je suis très heureuse
00:40:04que vous soyez aussi
00:40:04avec nous ce soir
00:40:05pour nous partager
00:40:06votre expérience
00:40:10pour le climat,
00:40:11mais celle sur la fin de vie.
00:40:13Vous avez fait partie
00:40:14des 184 citoyens
00:40:16qui ont été tirés au sort
00:40:17pour débattre du sujet.
00:40:18C'était entre décembre 2022
00:40:20et avril 2023, de mémoire.
00:40:23Quand on vous a appelé
00:40:24pour vous dire
00:40:24que vous avez été tirés au sort,
00:40:26comment est-ce que
00:40:27vous aviez réagi à l'époque ?
00:40:28Au début, je pensais
00:40:29que c'était une blague.
00:40:31Je ne savais même pas
00:40:31qu'il y avait des conventions citoyennes
00:40:33puisque je revenais à l'étranger.
00:40:36Et puis, finalement,
00:40:38je suis allé chercher.
00:40:39Je me suis rendu compte
00:40:40que c'était quelque chose
00:40:41qui était réel.
00:40:42Je suis rentré
00:40:43dans la convention citoyenne
00:40:45en voulant vivre
00:40:46l'expérience à fond
00:40:46avec beaucoup d'a priori.
00:40:48Beaucoup d'a priori
00:40:49parce que...
00:40:50Quels a priori ?
00:40:51Par rapport à la démocratie,
00:40:52par rapport à la capacité
00:40:53des citoyens
00:40:54à pouvoir fonctionner ensemble,
00:40:56à être capables
00:40:56de produire quelque chose,
00:40:58cette forme d'intelligence collective.
00:40:59Et c'est vrai que...
00:41:00Vous y alliez
00:41:01de façon un peu incrédule ?
00:41:03Non, non.
00:41:04Curieux.
00:41:05Curieux, mais avec
00:41:05ces a priori-là,
00:41:06des a priori aussi
00:41:07liés à ma formation.
00:41:10Où la démocratie
00:41:11est un pur,
00:41:13en tout cas,
00:41:13celle issue du tirage au sort.
00:41:14La démocratie athénienne
00:41:16est vue par beaucoup,
00:41:17en tout cas par nos dirigeants,
00:41:19casse politique,
00:41:19par beaucoup d'historiens,
00:41:20comme un système
00:41:23atypique,
00:41:23mais avec énormément de failles,
00:41:25en fait,
00:41:25et qui ne peut pas aboutir.
00:41:27Et en fait,
00:41:28au bout de neuf semaines
00:41:29de travail,
00:41:30et quand je dis travail,
00:41:31ce n'était pas uniquement
00:41:31les trois jours
00:41:32où on était ensemble
00:41:33parce qu'on continuait
00:41:34de travailler le soir,
00:41:35on avait des groupes,
00:41:36on discutait ensemble,
00:41:37où on s'est laissé porter
00:41:39et on s'est investi
00:41:41complètement,
00:41:42eh bien,
00:41:42on s'est rendu compte
00:41:43que ça fonctionnait.
00:41:44Ça fonctionnait
00:41:45à plusieurs titres.
00:41:46D'une part,
00:41:46parce qu'on a su
00:41:47s'approprier la question,
00:41:48on a su écouter,
00:41:49on a su dépasser
00:41:49les divergences politiques,
00:41:51on n'a pas eu
00:41:53ces effets,
00:41:53en fait,
00:41:54de radicalisation,
00:41:55en tout cas,
00:41:55de polarisation
00:41:56que l'on peut voir
00:41:57à l'Assemblée notamment.
00:41:58Et puis,
00:42:00ce sentiment de vivre
00:42:02quelque chose de très précis,
00:42:03d'être investi,
00:42:03de devoir apporter une réponse
00:42:05a transformé
00:42:06tous les participants.
00:42:08Et j'ai rien à insister là-dessus,
00:42:09c'est qu'on est dans une république
00:42:11qui est censée effectivement
00:42:13promouvoir l'ensemble
00:42:14des groupes sociaux,
00:42:17l'ensemble des personnes,
00:42:18mais il n'y en a quasiment plus.
00:42:20Il restait encore
00:42:23le service national,
00:42:24mais il a disparu,
00:42:25et uniquement pour les hommes.
00:42:26Et cette convention
00:42:28et les autres
00:42:29étaient des moments
00:42:29justement où des gens
00:42:30avec des milieux
00:42:31complètement différents
00:42:32ont pu travailler ensemble
00:42:34et s'entendre,
00:42:34ce qui est bien la preuve
00:42:35qu'on en est capable.
00:42:37Et on a abouti
00:42:38à un rendu
00:42:39qui avait après
00:42:41parvenu d'abord
00:42:42au gouvernement,
00:42:43puis à l'Assemblée,
00:42:44qui a fini par être
00:42:46le juillet dernier,
00:42:48après beaucoup de navettes
00:42:49entre le Sénat
00:42:49et l'Assemblée nationale.
00:42:51Et la loi promulguée
00:42:52en août de cette année.
00:42:53C'est ça, tout à fait.
00:42:54Vous avez ressenti quoi
00:42:55à ce moment-là ?
00:42:57Une forme de fierté
00:42:58d'avoir pu participer.
00:42:59Parce que pouvoir participer
00:43:01à une loi,
00:43:02c'est quand même
00:43:03absolument remarquable.
00:43:04Dans sa vie,
00:43:05on n'est pas beaucoup...
00:43:06Vous avez le sentiment
00:43:07que les échanges
00:43:08que vous avez eus
00:43:08au cours de cette convention citoyenne,
00:43:10votre travail,
00:43:10ont été respectés
00:43:12par le texte de la loi ?
00:43:13Globalement, oui.
00:43:14Globalement, oui.
00:43:15Maintenant,
00:43:16ça a amené
00:43:16à d'autres débats.
00:43:17D'autres débats
00:43:17sur la démocratie.
00:43:18c'est plus là
00:43:19où je voudrais aussi
00:43:22vous mener.
00:43:23C'est que
00:43:23j'ai pu réaliser
00:43:24que la démocratie directe
00:43:26ou en tout cas participative
00:43:27fonctionnait.
00:43:28l'idée que les citoyens
00:43:30ne peuvent pas comprendre
00:43:31l'ensemble
00:43:32des problèmes,
00:43:36des enjeux,
00:43:37de la complexité du monde,
00:43:38en fait,
00:43:40c'est faux.
00:43:40Ils en sont tout à fait capables
00:43:41à partir du moment
00:43:41où ils sont informés
00:43:42et qu'on les met dans les conditions
00:43:44où ils vont pouvoir
00:43:44travailler ensemble là-dessus.
00:43:46Et je ne crois pas
00:43:47que la Constitution
00:43:47soit capable de le faire.
00:43:48Et je voudrais revenir
00:43:49encore plus loin.
00:43:50C'est qu'on a parlé
00:43:51de pas mal de choses.
00:43:51Je crois qu'un des problèmes
00:43:52fondamentaux aussi de la France,
00:43:53c'est qu'on parle beaucoup
00:43:53de démocratie à tort.
00:43:55La démocratie en France,
00:43:56elle se limite à deux choses.
00:43:58Pouvoir voter,
00:43:59pouvoir se présenter
00:44:00et parfois,
00:44:01effectivement,
00:44:02les référendums
00:44:03qui sont globalement
00:44:04des plébiscites
00:44:05ou qui ne sont pas respectés
00:44:06que s'ils vont à l'encontre
00:44:07de ce qui est déjà
00:44:10voulu, on va dire.
00:44:11Et à mon sens,
00:44:13ces formes de participation
00:44:15peuvent être l'expression
00:44:17d'une nouvelle forme
00:44:17de citoyenneté,
00:44:18d'un moyen d'avoir
00:44:19moins de verticalité,
00:44:20d'un moyen d'avoir
00:44:21plus de possibilités,
00:44:22justement,
00:44:24de synergie
00:44:25entre les élus
00:44:26et les citoyens.
00:44:28Et moi,
00:44:29j'aimerais vraiment
00:44:29une nouvelle constitution
00:44:30parce que je ne pense pas
00:44:31que la cinquième
00:44:31en soit capable.
00:44:32J'ai trouvé
00:44:34le porte-parole
00:44:35de mon rapport,
00:44:36en fait.
00:44:38Je l'ai lu tout à l'heure.
00:44:39Et là,
00:44:40ce n'est pas un tirage au sort.
00:44:41Non, non,
00:44:42mais je partage,
00:44:43mais à 100%
00:44:44ce que vous dites.
00:44:45Par exemple,
00:44:47notre loi,
00:44:48cette belle loi
00:44:48que nous avons fait aboutir
00:44:50sur la fin de vie,
00:44:51je vous le dis,
00:44:52elle n'aurait pas été possible
00:44:53sans votre travail.
00:44:54Elle n'aurait pas été possible
00:44:55sans la Convention citoyenne.
00:44:56D'ailleurs,
00:44:57de la même façon,
00:44:58toutes les avancées,
00:44:58peut-être insuffisantes,
00:45:00mais toutes les avancées
00:45:00autour du climat
00:45:01n'auraient pas eu lieu
00:45:02sans la Convention citoyenne
00:45:03sur le climat.
00:45:04Et donc,
00:45:04vous voyez qu'à certains moments,
00:45:07mettre ensemble
00:45:08des citoyens
00:45:09dans un grand moment
00:45:10délibératif
00:45:11de propositions
00:45:12qui sont ensuite
00:45:13passées à l'expertise,
00:45:15non pas des parlementaires,
00:45:17mais à l'expertise
00:45:17de la société civile
00:45:20organisée,
00:45:21des gens qui aussi
00:45:22travaillent sur ces sujets
00:45:23depuis longtemps,
00:45:24on arrive à des résultats
00:45:24extraordinaires.
00:45:26Et la Convention citoyenne
00:45:27sur la fin de vie,
00:45:28le texte,
00:45:29il est différent
00:45:30de ce que vous avez fait,
00:45:31mais dans l'esprit,
00:45:32c'est la même chose.
00:45:33Et donc,
00:45:34et c'est une avancée
00:45:36qui n'aurait pas été possible
00:45:37dans notre système
00:45:40législatif actuel.
00:45:41Donc,
00:45:41vous voyez bien,
00:45:42et ça va exactement
00:45:43dans votre sens,
00:45:43ça veut dire
00:45:44que ça marche
00:45:44et ça veut dire
00:45:45que le meilleur moyen
00:45:46de régénérer
00:45:48le fait démocratique,
00:45:49de refonder la démocratie,
00:45:51c'est de faire appel
00:45:52à la participation citoyenne
00:45:53en l'institutionnalisant
00:45:55et en transformant
00:45:57notre constitution.
00:45:58Donc,
00:45:59moi,
00:45:59je suis à 100%
00:46:00d'accord avec vous
00:46:00et c'est exactement
00:46:02le sens de ce que je dis
00:46:03dans ce rapport.
00:46:05Mais c'est hyper rassurant,
00:46:06en fait,
00:46:07parce que...
00:46:07Ah,
00:46:07mais c'est ce que je vous disais
00:46:08Je pense qu'on est nombreux
00:46:09à être restés sur l'impression
00:46:10qu'une convention citoyenne,
00:46:12c'était pour enterrer
00:46:12des belles idées.
00:46:13Non,
00:46:13c'est tout le contraire,
00:46:14en fait.
00:46:14Non,
00:46:15mais je ne sais pas
00:46:15ce qu'en dit Léa Ballage,
00:46:16mais je garde en tête
00:46:17la convention citoyenne
00:46:18pour le climat
00:46:19et je suis très heureuse
00:46:20d'entendre Jean-Louis.
00:46:21Non,
00:46:22vous le dites d'ailleurs
00:46:22dans votre rapport.
00:46:23c'est le réel.
00:46:24Mais si,
00:46:24si,
00:46:25on est...
00:46:25Non,
00:46:25Léa,
00:46:26mais je comprends
00:46:27ta position d'écologiste.
00:46:28Alors,
00:46:28laissez-la l'expliquer.
00:46:29Oui,
00:46:30je veux bien...
00:46:32Moi,
00:46:32je suis allée
00:46:33dans le public
00:46:34de la convention citoyenne
00:46:35pour le climat,
00:46:35j'avais les larmes aux yeux
00:46:36parce que vraiment,
00:46:37et là,
00:46:38en vous écoutant,
00:46:40j'ai ressenti
00:46:40la même émotion,
00:46:41c'est-à-dire qu'à partir
00:46:42du moment où on est
00:46:43en capacité
00:46:44de pouvoir partager
00:46:45un diagnostic
00:46:45avec une expertise
00:46:47qu'on respecte,
00:46:48etc.,
00:46:49scientifique,
00:46:49qu'ensuite,
00:46:50chacune et chacun
00:46:50se forge son opinion
00:46:52à des avis
00:46:53convergents,
00:46:54contradictoires,
00:46:54mais qu'on a un espace
00:46:55pour pouvoir en échanger
00:46:57parfois sans avoir besoin
00:47:00de micro
00:47:00ou de caméra
00:47:02pour le capter,
00:47:03pour que aussi
00:47:03dans l'intimité
00:47:04de sa réflexion,
00:47:05on soit tranquille
00:47:06et que ça débouche
00:47:07sur des propositions
00:47:08aussi fortes que celles
00:47:09de la Convention citoyenne
00:47:10pour le climat,
00:47:11vraiment,
00:47:11en termes de transformation
00:47:12de notre modèle
00:47:13de production,
00:47:14de consommation,
00:47:15sur les transports,
00:47:17il y avait tout dedans,
00:47:18tout, tout, tout,
00:47:19et moi,
00:47:19c'est une blessure,
00:47:20mais démocratique.
00:47:21C'est marrant,
00:47:22vous n'avez pas du tout
00:47:22la même lecture,
00:47:23mais on est d'accord
00:47:23qu'il y a quand même
00:47:24beaucoup de propositions
00:47:25qui ont été décrites.
00:47:26J'avais tes a priori,
00:47:27j'ai lu la littérature
00:47:29scientifique étrangère
00:47:30sur le sujet,
00:47:31tous les spécialistes
00:47:33du climat disent
00:47:34qu'en France,
00:47:35la Convention citoyenne
00:47:36a permis de faire
00:47:37un bond en avant.
00:47:38Ah, d'accord.
00:47:39Peut-être insuffisant,
00:47:40mais sauf qu'on a quand même
00:47:41un bond climatique...
00:47:43Je ne pourrais pas m'exprimer
00:47:44au nom des citoyens
00:47:45de la Convention citoyenne
00:47:46sur le climat.
00:47:48Normalement,
00:47:48vous avez dit
00:47:48quelque chose
00:47:49de très intéressant
00:47:49parce que ce n'est pas
00:47:50le premier député
00:47:51à nous dire que sans nous,
00:47:52la loi n'aurait pas pu aboutir.
00:47:54Et là, vous dites
00:47:54que par rapport au climat,
00:47:55il y a certaines choses
00:47:56qui n'auraient pas pu aboutir.
00:47:57Donc, la vraie question
00:47:58qui se pose,
00:47:58c'est pourquoi ça n'aboutit pas ?
00:48:00Parce qu'il n'y avait pas
00:48:01de volonté politique.
00:48:02Parce que sur le climat,
00:48:03il n'y avait pas
00:48:04de volonté politique
00:48:05parce que la transformation
00:48:05du modèle de production,
00:48:07et là, on revient aussi
00:48:08à une question des lobbies.
00:48:09En fait, les lobbies
00:48:10ont empêché l'adoption
00:48:11de l'ensemble des mesures
00:48:12parce que quand
00:48:15à Pouyanné
00:48:16qui reçoit
00:48:16la Légion d'honneur
00:48:17et qui ne reçoit pas
00:48:18à un moment donné
00:48:19le fait de dire
00:48:20qu'on surtaxe Total
00:48:22qui fait des bénéfices
00:48:23exorbitants
00:48:24sur une crise pétrolière,
00:48:25et bien, en fait,
00:48:26c'est énorme.
00:48:28Je voudrais poser
00:48:29une question plus directe
00:48:30à Jean-Noël.
00:48:31Il y a eu une majorité
00:48:32qui n'a pas voulu
00:48:32aller dans le sens
00:48:33de...
00:48:33Jean-Noël,
00:48:34de ce que je comprends,
00:48:34c'est au cours
00:48:35de la Convention citoyenne,
00:48:36vous-même,
00:48:36vous avez évolué
00:48:37sans doute dans vos positions.
00:48:39Est-ce que vous auriez
00:48:40été à l'aise
00:48:41si, à l'issue
00:48:42de cette Convention citoyenne,
00:48:43on vous avait demandé
00:48:44vous-même
00:48:44de trancher directement
00:48:45par un vote
00:48:46cette question
00:48:47de la fin de vie
00:48:48sans passer
00:48:49par un débat au Parlement ?
00:48:50On l'a fait,
00:48:51mais on ne l'a pas fait
00:48:52avec qu'une seule question.
00:48:54Ceux qui ont suivi
00:48:55la Convention
00:48:55ont pu voir que...
00:48:56On a été encadré
00:48:57par le CESE aussi.
00:48:59Alors,
00:48:59on était dans l'expérimentation.
00:49:01Il faut bien comprendre
00:49:01qu'on avait aussi
00:49:04des experts,
00:49:05des scientifiques
00:49:05qui nous servaient.
00:49:06On était...
00:49:07À chaque séance,
00:49:08les choses évoluaient
00:49:09en fonction de ce qui
00:49:09avait marché,
00:49:10pas marché.
00:49:11Donc, on était vraiment
00:49:12dans quelque chose de nouveau.
00:49:13Et au terme de tout ça,
00:49:15on avait vraiment le sentiment
00:49:15qu'on répondait à la question
00:49:16que nous avait posée
00:49:17le gouvernement.
00:49:18Alors, je ne crois pas
00:49:19que toutes les conventions
00:49:21pouvaient prétendre
00:49:21la même chose.
00:49:22la nôtre était quand même
00:49:23relativement fermée
00:49:23par rapport à celle du climat
00:49:24ou des temps de l'enfant.
00:49:26Et ça joue aussi beaucoup.
00:49:27Il ne faut pas le négliger.
00:49:29Néanmoins, oui,
00:49:30on s'est sentis légitimes.
00:49:32C'est une formidable expérience.
00:49:34C'est surtout ce qu'il y a.
00:49:35Il y a un autre élément
00:49:36dont vous avez parlé,
00:49:37c'est la question
00:49:37de la représentativité
00:49:38de nos instances démocratiques.
00:49:40Et quand on a
00:49:41une représentativité,
00:49:42parce qu'il y a une forme
00:49:42de représentativité
00:49:44quasiment parfaite
00:49:45de l'ensemble de la société
00:49:46sur une petite cohorte,
00:49:47mais néanmoins,
00:49:48il y a ça.
00:49:49Je crois qu'on a un vrai problème
00:49:50aussi de représentativité
00:49:51de notre classe politique.
00:49:52Et nous, les écologistes,
00:49:54on prône...
00:49:55Maintenant, on a la question
00:49:55de la parité de genre
00:49:56et on n'y est pas encore.
00:49:57On a même reculé
00:49:58entre 2022 et 2024.
00:50:00Mais il y a aussi
00:50:00la question de la parité sociale
00:50:02dans notre espace démocratique.
00:50:03Il y a une association
00:50:05qui s'appelle
00:50:05Démocratisons la politique
00:50:06qui a fait tout un travail
00:50:07sur, justement,
00:50:08les freins
00:50:08à ce que les personnes
00:50:10issues des classes
00:50:11moyennes et populaires
00:50:12soient représentées
00:50:13au sein du Parlement.
00:50:14Et ce n'est pas faute
00:50:15de candidature.
00:50:16Ce n'est pas faute
00:50:17de candidature.
00:50:18Un candidat sur deux,
00:50:19dans les dernières échéances
00:50:20électorales,
00:50:21sur les dix dernières années,
00:50:22vient des classes populaires
00:50:23et moyennes.
00:50:24Il faut encore donner
00:50:24la parole...
00:50:25assez hauts sur les listes.
00:50:27Il faut encore donner
00:50:27la parole à deux d'entre vous,
00:50:29Mathis et Neylan.
00:50:29Alors, Mathis, d'abord,
00:50:30parce que je voudrais
00:50:31qu'on aborde quand même
00:50:32le sujet de l'apprentissage
00:50:34de la démocratie
00:50:35et de la citoyenneté.
00:50:36Il me semble que c'est
00:50:37un point très important
00:50:38de notre débat de ce soir.
00:50:39Mathis, où êtes-vous
00:50:41et est-ce que vous avez
00:50:41un micro ?
00:50:42Bonsoir, Mathis.
00:50:43Bonsoir.
00:50:43Alors, Mathis est conseiller
00:50:45municipal à Tarnos,
00:50:46dans les Landes.
00:50:47Vous êtes délégué
00:50:48à la vie citoyenne.
00:50:49Je donne votre âge.
00:50:50Vous avez 22 ans ?
00:50:51C'est ça, exactement.
00:50:52Vous êtes tombé dedans
00:50:53quand vous étiez tout petit ?
00:50:54Comment ça vous est venu ?
00:50:55Non, non.
00:50:55Non, non.
00:50:56C'est une continuité
00:50:57d'engagement,
00:50:58mais avant d'être élu local,
00:51:00puisque c'est un peu
00:51:01le nom de la fonction.
00:51:02En réalité, l'élu local,
00:51:04c'est un citoyen
00:51:05parmi les citoyens.
00:51:06Il est élu par ses pairs,
00:51:06mais ça reste d'abord
00:51:08un citoyen.
00:51:11Aller sur la mystification
00:51:12un peu de la vie politique.
00:51:14Il n'y a pas de sur-citoyens.
00:51:17Non, non.
00:51:18Moi, je suis avant
00:51:19d'être élu depuis mars
00:51:21pour mon premier mandat.
00:51:22Je suis d'abord un militant,
00:51:23un militant associatif,
00:51:25évidemment,
00:51:25sur les questions
00:51:26de droits humains,
00:51:27plus particulièrement
00:51:27sur les questions
00:51:28de droits des enfants
00:51:29et notamment
00:51:30de droits à la participation
00:51:32et à l'engagement
00:51:33des enfants
00:51:34et en l'occurrence,
00:51:35oui, des enfants,
00:51:36donc sur le public
00:51:37des mineurs,
00:51:38mais plus largement
00:51:38aussi des jeunes.
00:51:40Tarnos,
00:51:40c'est 13 000 habitants.
00:51:42À votre poste,
00:51:43est-ce que vous ressentez
00:51:44un désengagement
00:51:45des citoyens
00:51:46ou au contraire
00:51:47une volonté de s'engager
00:51:48sans savoir
00:51:49comment s'y prendre ?
00:51:50Non, alors sur le désengagement,
00:51:51je vais aller dans le sens
00:51:52de madame la députée,
00:51:53il n'y a pas de désengagement
00:51:54pour la chose publique
00:51:56et ce n'est pas une question
00:51:57de Tarnos,
00:51:57c'est dans le pays,
00:51:58on le voit,
00:51:59les gens,
00:52:00les jeunes,
00:52:01mais les jeunes,
00:52:01enfin les gens en général
00:52:03s'engagent,
00:52:04que ce soit en association,
00:52:05sur les manifestations,
00:52:08sur la signature de pétition,
00:52:09typiquement,
00:52:10il y a différentes formes
00:52:11d'engagement,
00:52:12on n'est plus sur des engagements
00:52:13traditionnels,
00:52:14sur l'engagement partisan,
00:52:15on voit que,
00:52:16évidemment,
00:52:16les chiffres baissent
00:52:17d'année en année,
00:52:18mais on est sur des formes
00:52:20un peu plus renouvelées
00:52:21et différentes d'engagement,
00:52:23mais par contre,
00:52:24il y a une réelle défiance
00:52:26aujourd'hui,
00:52:26une fracture
00:52:27entre les citoyens
00:52:28et les institutions,
00:52:30on a évoqué la question
00:52:31de ce sentiment
00:52:32d'une classe dirigeante.
00:52:34Mais à quoi vous la percevez-vous
00:52:36sur le terrain,
00:52:36cette fracture ?
00:52:38Eh bien,
00:52:38parce qu'on a du mal
00:52:39de plus en plus
00:52:40à mobiliser,
00:52:41on a différents espaces
00:52:43qui permettent
00:52:43de faire de la démocratie
00:52:45participative,
00:52:46qui fonctionnent mieux
00:52:47que quand on fait
00:52:47de la démocratie participative
00:52:48au niveau national,
00:52:50notamment,
00:52:50je pense,
00:52:51alors,
00:52:51il y a les classiques
00:52:52réunions publiques
00:52:52que peuvent faire
00:52:53les collectivités territoriales,
00:52:54il y a aussi
00:52:55les budgets participatifs
00:52:57qui permettent
00:52:58de faire,
00:52:58pour le coup,
00:52:59concrètement,
00:52:59de la politique
00:53:00au sens noble du terme,
00:53:02c'est-à-dire qu'on est
00:53:02vraiment sur
00:53:03de l'aménagement
00:53:04du territoire
00:53:05par le citoyen,
00:53:06donc il propose
00:53:07et il vote
00:53:08pour les projets
00:53:08d'aménagement
00:53:09du territoire
00:53:09qu'il veut.
00:53:11Mais c'est sur la base
00:53:12du volontariat
00:53:13et je rejoins un peu
00:53:13ce que se disait Jean-Noël
00:53:14avant sur les tirages au sort,
00:53:16c'est-à-dire qu'il faut
00:53:17être volontaire
00:53:18pour participer
00:53:19au budget de la commune,
00:53:20pour aller à une réunion publique
00:53:22et le tirage au sort
00:53:23de la convention citoyenne,
00:53:25sans doute,
00:53:25est-ce que Jean-Noël,
00:53:26si on lui avait dit
00:53:26est-ce que ça vous dirait
00:53:27de venir débattre
00:53:27de la fin de vie,
00:53:28peut-être qu'il n'y serait pas allé
00:53:29parce qu'il avait
00:53:30autre chose à faire ?
00:53:31Est-ce que vous pensez
00:53:32qu'il faut aller chercher
00:53:33les citoyens
00:53:35pour les amener
00:53:36dans des réunions,
00:53:37pour les emmener
00:53:38autour d'une table
00:53:39du conseil municipal
00:53:40qui discute du budget ?
00:53:41Est-ce qu'il faut aller
00:53:42vers ce genre de mouvement ?
00:53:43Oui, alors complètement,
00:53:44mais pas aller vers
00:53:47pour forcer les gens
00:53:48à s'engager.
00:53:49Le tirage au sort,
00:53:50ça oblige un peu.
00:53:51Oui, mais pour moi,
00:53:52on est déjà sur une conception
00:53:53en général de l'engagement
00:53:55où on doit susciter l'engagement,
00:53:56mais avant tout,
00:53:58si aussi une partie
00:54:00de la population
00:54:00ne s'engage pas,
00:54:01c'est parce qu'il y a des freins
00:54:03liés aux inégalités sociales.
00:54:04On parle beaucoup
00:54:05d'auto-censure.
00:54:06Je ne suis pas le mieux placé
00:54:08pour le dire
00:54:08parce que je suis un homme,
00:54:09mais la question
00:54:09de l'auto-censure
00:54:11chez les femmes,
00:54:12la question des inégalités sociales
00:54:13en fonction de...
00:54:14En fait, si vous avez
00:54:16trois travails
00:54:17et que vous passez
00:54:18votre journée au boulot
00:54:19à devoir amener de l'argent,
00:54:22vous n'avez pas le temps
00:54:23ni l'espace
00:54:23de vous engager.
00:54:24Enfin, typiquement,
00:54:26autre exemple,
00:54:27mais si à Mayotte,
00:54:29par exemple,
00:54:30enfin, je prends la question
00:54:31des Outre-mer
00:54:31parce que c'est caricatural,
00:54:32mais si, par exemple,
00:54:34un enfant n'a pas accès
00:54:35à l'eau,
00:54:35on ne va pas lui demander
00:54:36de participer
00:54:36à un budget participatif.
00:54:38Ça n'a pas de sens.
00:54:39Il faut d'abord
00:54:39qu'on puisse régler
00:54:42les problèmes sociaux,
00:54:44les inégalités sociales
00:54:45à la racine
00:54:46pour pouvoir, après,
00:54:47faire en sorte
00:54:48qu'on ait une société
00:54:49qui participe
00:54:52et qui s'engage.
00:54:52Quelles questions
00:54:53vous vouliez leur poser
00:54:54aux élus ?
00:54:56Ça commençait
00:54:57sur la formation
00:54:58des jeunes.
00:54:59Et moi, je pense
00:55:00que la formation
00:55:01et pas que la formation,
00:55:02la participation
00:55:03des jeunes
00:55:03à la vie démocratique.
00:55:05Vous avez peut-être
00:55:05une question ?
00:55:06Non, non,
00:55:07ce n'était pas une question.
00:55:08Typiquement,
00:55:09sur la question
00:55:10des jeunes
00:55:11et des enfants,
00:55:12je crois que
00:55:12le premier levier,
00:55:14c'est déjà
00:55:14de faire,
00:55:15de sensibiliser
00:55:16les enfants
00:55:16et de les informer
00:55:17sur quels sont
00:55:18leurs droits.
00:55:19Typiquement,
00:55:20moi, j'ai commencé
00:55:20mon engagement
00:55:21en junior association
00:55:22avant qu'un éducateur
00:55:23de la ville
00:55:24dans laquelle j'étais,
00:55:25donc Tarnos,
00:55:26dans les Landes,
00:55:26vienne me dire
00:55:27qu'en fait,
00:55:27tu as le droit
00:55:28de monter une...
00:55:28Alors, en l'occurrence,
00:55:29une junior association
00:55:30puisque légalement,
00:55:31les enfants ont le droit
00:55:32de s'engager en association
00:55:33mais il y a de nombreux freins,
00:55:35que ce soit des freins
00:55:35techniques et culturels.
00:55:36Donc, il y a d'abord
00:55:37la question
00:55:38de l'information
00:55:39sur ces droits
00:55:41dès le plus jeune âge.
00:55:42Alors, restez là
00:55:43parce que je vous propose
00:55:45d'aller à Marseille.
00:55:45On est en direct
00:55:46de Marseille
00:55:46avec Nélane
00:55:47et vous allez voir
00:55:48pourquoi je veux vous faire
00:55:49dialoguer ensemble
00:55:50parce que Nélane,
00:55:51bonsoir.
00:55:52Nélane est salariée
00:55:53de l'association
00:55:53Melting Cod à Martial.
00:55:55C'est une association
00:55:55qui est spécialisée justement
00:55:56dans l'éducation
00:55:58à la citoyenneté.
00:55:59Qu'est-ce qui,
00:56:00pour vous, Nélane,
00:56:01éloigne le plus
00:56:02les jeunes
00:56:03de la vie démocratique ?
00:56:06Oui, déjà, merci
00:56:07et merci de nous avoir invitées.
00:56:09Du coup, je rebondis
00:56:10sur ce qui a été dit,
00:56:11ce qui éloigne les jeunes
00:56:12aujourd'hui
00:56:13de la vie démocratique.
00:56:14Déjà, en fait,
00:56:15c'est le manque
00:56:16de connaissances
00:56:17sur les institutions
00:56:18parce que là,
00:56:18on parle souvent
00:56:19des institutions
00:56:19au niveau national,
00:56:21mais on ne sait pas
00:56:22distinguer le rôle
00:56:23d'un maire,
00:56:24d'un député, etc.
00:56:25Donc déjà,
00:56:26pour nous,
00:56:26comprendre,
00:56:27c'est le premier pilier
00:56:29de la participation.
00:56:31Ensuite, effectivement,
00:56:33nous, on pense
00:56:34que les jeunes,
00:56:34ils sont déjà là,
00:56:35ils s'engagent déjà
00:56:35beaucoup,
00:56:36ça a été dit,
00:56:37dans le milieu
00:56:37notamment associatif.
00:56:39Ils disent déjà
00:56:39beaucoup de choses
00:56:40aussi sur les réseaux sociaux.
00:56:42Après,
00:56:42ce n'est pas forcément
00:56:43dans les formes
00:56:43qu'on attend.
00:56:44Et effectivement,
00:56:45il y a un désengagement
00:56:46qui se fait,
00:56:47notamment au niveau
00:56:47des urnes.
00:56:48C'est pour ça aussi
00:56:49qu'on a lancé
00:56:50l'association.
00:56:51C'était en 2022
00:56:52avec ce constat
00:56:53qu'il faut du coup
00:56:54une véritable éducation
00:56:55à la vie démocratique
00:56:57pour les jeunes
00:56:57et d'ailleurs
00:56:58pour les moins jeunes
00:56:58aussi,
00:56:59parce que ce n'est pas
00:56:59que les jeunes
00:57:00qui se sentent éloignés
00:57:01des institutions
00:57:02pour notamment
00:57:03renforcer leur pouvoir
00:57:04d'agir
00:57:04et que ce soit
00:57:05le cas au quotidien
00:57:07et pas seulement
00:57:08sur les temps électrons.
00:57:08Et justement,
00:57:09mais comment faites-vous
00:57:10à votre échelle,
00:57:10Nélane ?
00:57:12Alors,
00:57:13nous,
00:57:13du coup,
00:57:13à notre échelle,
00:57:14c'est nous
00:57:15qui allons se déplacer
00:57:17dans toutes les structures
00:57:18où on est sollicité.
00:57:20Donc,
00:57:20ça peut être
00:57:20dans les collèges,
00:57:21dans les lycées,
00:57:22dans les centres sociaux
00:57:22et auprès des structures
00:57:25médicales,
00:57:25socio-médicales aussi
00:57:26par exemple.
00:57:27Et on essaye
00:57:28de faire en sorte
00:57:28de vraiment
00:57:29d'adapter
00:57:29notre proposition
00:57:30à chaque fois
00:57:31aux jeunes.
00:57:32Donc,
00:57:32ça va passer
00:57:33par le fait
00:57:33d'aller comprendre
00:57:35justement
00:57:35les institutions
00:57:36et de s'adapter
00:57:37aussi à la vie
00:57:39des jeunes,
00:57:40à leurs connaissances,
00:57:41à la pop culture,
00:57:43voilà,
00:57:43se baser sur leurs références.
00:57:45Il y a Mathis
00:57:46qui veut vous dire
00:57:46quelque chose.
00:57:48Oui,
00:57:49je souscris
00:57:49évidemment complètement
00:57:50mais il y a aussi
00:57:51une autre chose,
00:57:52c'est-à-dire qu'une fois
00:57:53qu'on a,
00:57:53en étant par exemple
00:57:54sur la question des enfants
00:57:55puisque c'est le sujet,
00:57:57une fois qu'on a
00:57:57l'envie d'agir
00:57:58et de s'engager,
00:57:59on a aussi
00:58:00tout un tas
00:58:01d'autres freins
00:58:02et des espaces
00:58:03qu'on côtoie
00:58:03qui ne vont pas favoriser
00:58:04la participation
00:58:05et l'engagement.
00:58:07Je pense typiquement,
00:58:08puisque j'étais
00:58:08notamment vice-président
00:58:09en charge du plaidoyer
00:58:10du réseau national
00:58:11des juniors associations,
00:58:13un des freins
00:58:13que les jeunes engagés
00:58:16identifient,
00:58:17c'est la question
00:58:17des établissements scolaires
00:58:19et de l'école.
00:58:19Aujourd'hui,
00:58:20on a une école
00:58:21qui ne favorise pas
00:58:22et qui ne permet pas
00:58:23le développement
00:58:24des engagements
00:58:24et des projets.
00:58:25Et c'est un sujet.
00:58:26Pourquoi ?
00:58:28C'est aussi
00:58:29votre objet de travail
00:58:30à tous les deux.
00:58:30Il y a plein de raisons.
00:58:31On le voit
00:58:32dans la crise lycéenne
00:58:33qui s'exprime.
00:58:33J'étais ce matin
00:58:34devant un lycée
00:58:35de ma circonscription.
00:58:36Il y a des représentants,
00:58:38mais il y a aussi
00:58:38plein de personnes
00:58:40qui ont envie
00:58:41de dire des choses
00:58:41aux chefs d'établissement.
00:58:43Ils ne le reçoivent pas.
00:58:46On est dans une société,
00:58:48je vais dire un mot
00:58:49un peu bizarre,
00:58:51qui est adultiste,
00:58:52c'est-à-dire
00:58:52qu'il y a une vision
00:58:53très verticale
00:58:55sur les enfants,
00:58:55quel que soit leur âge
00:58:57et qui ne les considère pas
00:58:59comme étant
00:59:00des citoyennes
00:59:00et des citoyens
00:59:01à part entière,
00:59:02pas en devenir
00:59:03des citoyennes
00:59:04et des citoyens.
00:59:04Il n'y a pas de demain.
00:59:05Exactement.
00:59:07Je voudrais juste dire
00:59:08qu'il y a eu 8000 gardes à vue
00:59:09pour les jeunes.
00:59:12Les jeunes se mobilisent,
00:59:13il y a un mouvement incroyable.
00:59:14La jeunesse,
00:59:14en fait,
00:59:15elle a envie
00:59:15de se saisir de la politique.
00:59:16Juste,
00:59:17il y a eu 8000 gardes à vue.
00:59:18Il y a des dizaines
00:59:18de jeunes qui se sont fait mutiler,
00:59:20qui ont perdu leur oeil,
00:59:21qui ont perdu leur marche au rar,
00:59:22ou une main.
00:59:24Voilà ce qu'on répond
00:59:25à la jeunesse
00:59:25qui a envie de se politiser.
00:59:26C'est dramatique.
00:59:27C'est dramatique
00:59:28et en même temps,
00:59:28il y a une beauté
00:59:29dans le mouvement lycéen.
00:59:30Moi, j'ai trouvé
00:59:30une forme d'auto-organisation
00:59:32qui démontre bien
00:59:33que cette jeunesse,
00:59:34quel que soit son âge,
00:59:35elle a envie
00:59:37et elle a les capacités.
00:59:38Elle comprend très bien
00:59:39ce qui lui arrive.
00:59:39Et Juan Balanant,
00:59:40dans votre rapport,
00:59:41il y a un passage
00:59:41sur l'éducation.
00:59:43C'est le travail
00:59:44que fait Nélan,
00:59:44mais c'est aussi
00:59:45ce que fait Mathis
00:59:46à Tarnos.
00:59:47Oui, oui.
00:59:48Moi, j'ai beaucoup de...
00:59:51J'ai la conviction que...
00:59:52Déjà, moi,
00:59:52je suis pour le vote
00:59:53des jeunes
00:59:54à partir de 16 ans.
00:59:56Il y en a deux.
00:59:56Voilà.
00:59:58Mais qu'il ne suffit pas
00:59:58lui seul.
00:59:59Non, non, non,
00:59:59mais attendez,
01:00:00j'y arrive, j'y arrive.
01:00:01Est-ce que vous savez,
01:00:02par exemple,
01:00:02quel est le coefficient
01:00:03le plus bas au bac ?
01:00:05C'est les cours
01:00:06d'éducation civique.
01:00:07C'est l'EMC.
01:00:08Oui.
01:00:08Est-ce que c'est normal
01:00:09que le coefficient
01:00:10le plus bas soit l'EMC ?
01:00:11C'est deux, c'est ça ?
01:00:12C'est deux.
01:00:14C'est pas normal
01:00:15parce que, justement,
01:00:16connaître ces droits,
01:00:18c'est-à-dire
01:00:18les avoir appris,
01:00:20savoir ce qu'est
01:00:20l'État de droit,
01:00:21savoir ce que c'est
01:00:22un conseil municipal,
01:00:24savoir comment fonctionne
01:00:25notre démocratie.
01:00:27C'est important
01:00:28et c'est ce qui permet,
01:00:29justement,
01:00:30d'avoir, un,
01:00:31envie de s'engager
01:00:32quand vous savez
01:00:32que ça existe,
01:00:33un conseil municipal.
01:00:35Vous pouvez devenir
01:00:35conseil municipal.
01:00:36Moi, c'est comme ça
01:00:37que j'ai commencé.
01:00:38Mais ça dépasse quand même
01:00:38la question
01:00:39des espaces institutionnels.
01:00:41Très concrètement,
01:00:42nous, quand on a commencé,
01:00:43enfin, typiquement,
01:00:44je prends mon exemple,
01:00:45quand j'ai commencé
01:00:45l'engagement
01:00:46en junior association,
01:00:47on était sur des projets
01:00:48de solidarité locale
01:00:49et internationale.
01:00:50On n'était pas
01:00:50sur la question
01:00:51de faire de la...
01:00:52Non, mais bien sûr,
01:00:53c'est ce que...
01:00:54Il faut développer
01:00:57la possibilité,
01:00:58dès le plus jeune âge,
01:00:59d'expérimenter
01:01:00ce qu'est la démocratie
01:01:01et la vie,
01:01:02tout simple,
01:01:02comme les adultes.
01:01:03C'est pour ça
01:01:04que les juniors associations,
01:01:05c'est génial.
01:01:06Moi, je crois beaucoup
01:01:07au conseil municipal
01:01:08des jeunes.
01:01:09J'étais avec ceux
01:01:10de Marseille
01:01:10pour le rapport.
01:01:11J'ai rencontré
01:01:12des enfants extraordinaires...
01:01:13Enfin, des enfants,
01:01:14ce n'est pas des enfants,
01:01:15c'est des adolescents
01:01:15et certains sont presque adultes
01:01:16parce que, vu l'âge,
01:01:18ils étaient presque à 18 ans
01:01:20pour les plus grands.
01:01:21Ils sont extraordinaires.
01:01:23Et on a une vitalité
01:01:24de la jeunesse,
01:01:25effectivement,
01:01:26qu'il faut valoriser.
01:01:29Et notre pays,
01:01:30oui, est un pays
01:01:31qui, aujourd'hui,
01:01:32a oublié sa jeunesse.
01:01:32Et moi, je partage
01:01:33et je suis outré aussi
01:01:35d'avoir eu
01:01:36cette violence
01:01:37qui s'est exercée
01:01:38sur nos lycéens.
01:01:41j'ai été choqué,
01:01:43moi aussi.
01:01:43Ce qui est terrible,
01:01:44c'est que moi,
01:01:44je voudrais que cette émission
01:01:45dure quatre heures.
01:01:46Et je vous avais prévenu
01:01:47qu'une heure,
01:01:47ça passait terriblement vite.
01:01:49Et notre temps
01:01:50est déjà écoulé.
01:01:51J'aurais vraiment,
01:01:51mais tellement voulu
01:01:52continuer à parler avec vous.
01:01:55J'aurais voulu aussi parler
01:01:56de ce chiffre
01:01:56de 78% des Français
01:01:58n'ont participé
01:01:59à aucune démarche citoyenne
01:02:01ces cinq dernières années.
01:02:02Et quand je vous écoute
01:02:02ce soir,
01:02:03je me dis,
01:02:03mais comment est-ce possible ?
01:02:04Parce que je vous sens
01:02:06être tous ici
01:02:07des citoyens
01:02:08qui ont envie
01:02:09que la démocratie,
01:02:10elle fonctionne,
01:02:11qui ont envie
01:02:11que la démocratie,
01:02:12elle avance.
01:02:12Je voudrais vraiment
01:02:13dire un grand merci
01:02:14à Nélane
01:02:14d'avoir été avec nous
01:02:15depuis Marseille ce soir.
01:02:16Je voudrais merci
01:02:18également
01:02:18sur Léa Balagel-Mariqui
01:02:20et Erwann Balanant.
01:02:22Merci à vous,
01:02:23et merci à vous tous
01:02:24d'être venus jouer le jeu.
01:02:26Il me semble
01:02:26qu'on a réussi
01:02:27à échanger
01:02:27de belles idées ce soir
01:02:29et que ça va nous donner
01:02:31quelques raisons
01:02:32d'espérer aussi.
01:02:33Merci à tous les deux,
01:02:34merci à vous
01:02:35de nous avoir suivis
01:02:36chez vous.
01:02:37Je vous souhaite
01:02:38une excellente semaine
01:02:38sur LCP
01:02:40et je vous dis à mardi
01:02:41pour chaque voix qu'on
01:02:42lors d'alphabétit.