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  • il y a 22 minutes
"SUR LE TERRAIN"


Émission présentée par Pauline Revenaz.
"Sur le terrain" propose à trois reporters de revenir sur un fait d'actualité et de reportage couvert par le service au cours du mois écoulé. Pour raconter ce qu'ils ont vu, entendu ainsi que les coulisses du reportage.


Au programme ce dimanche : Sonia Carneiro, Naoufel El Khaouafi et Olivier Saint Paul.

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Transcription
00:00BFMTV sur le terrain, au cœur des mobilisations, des blocus aux manifestations.
00:05Nous avons décidé donc de consacrer cette émission au terrain, aux reporters de BFMTV,
00:09à ceux et celles qui nourrissent l'antenne au quotidien par leur travail et leur engagement
00:13à raconter au mieux ce qu'ils voient et ce qu'ils observent.
00:16Alors pour comprendre ce qui se passe sur le terrain, pour expliquer, constater, raconter ce que vous vivez,
00:22j'accueille donc Naoufel El-Kawafi. Vous êtes reporter BFMTV et on va démarrer avec vous
00:26parce qu'hier, vous étiez déployé dans la manifestation des Gilets jaunes à Paris.
00:32Que je couvre de contestation. Alors effectivement, hier, cette mobilisation,
00:37elle n'a rien à voir avec celle qu'on avait pu connaître les semaines précédentes.
00:41Globalement, ça s'est très bien passé. J'ai couvert tout le parcours de la place de la République
00:45jusqu'à la place de la Nation. On discute aussi, et c'est notre rôle aussi en tant que journaliste,
00:49on donne la parole aux manifestants et on le dit quand ça se passe bien.
00:53En l'occurrence, c'est ce qui s'est passé hier.
00:56Une mobilisation qui était peut-être moins importante que les semaines précédentes.
01:00Est-ce que ça veut dire que le mouvement s'essouffle quand on pose la question aux manifestants ?
01:05Eux nous disent que non, il faut contextualiser aussi.
01:07Il y avait une autre grosse mobilisation qui a été très suivie le jeudi dernier.
01:11Alors juste pour les chiffres, hier, il y avait 250 000 manifestants en France
01:14selon l'intersyndical de la jeunesse et 146 000 selon le ministère de l'Intérieur.
01:19On rappelle à nos téléspectateurs, il y a toujours ce delta entre eux.
01:22Il y a les deux versions des chiffres.
01:23Mais vous, sur le terrain, qu'est-ce que vous avez observé de nouveau ?
01:27Et en quoi ça contraste avec les jours d'avant ?
01:28Vous dites que c'était plus calme et on est un peu dans une sorte de décrue
01:32en termes de nombre, en termes d'intensité ?
01:35Oui, clairement. On est en sorte de décrue, en tout cas une mobilisation
01:39qui commence tout doucement à être moins importante que les semaines précédentes.
01:45Mais parfois, c'est une bonne chose aussi pour les manifestants.
01:48Je discutais justement avec l'une d'entre elles hier qui me disait que
01:50le fait qu'il y ait peut-être moins de monde, donc moins de risque de débordement,
01:54en tout cas qu'il y ait des tensions et des heurts,
01:55mais c'était une bonne chose dans le sens où les revendications,
01:58leurs revendications vont être un peu plus entendues.
02:00Et on va moins parler de ces débordements et de ces violences.
02:03Alors à chacun d'entre vous, et c'est un peu l'exercice de cette émission,
02:06j'allais demander de choisir une séquence qui illustre votre travail
02:09et que vous avez à cœur de montrer.
02:10Donc Naofel, c'est vous qui démarrez.
02:12Là, quelle séquence avez-vous choisi et pourquoi ?
02:14C'est le 17 octobre, donc grosse mobilisation à Paris, partout en France,
02:19qui a connu ces débordements, ces violences urbaines.
02:23Mais moi, je ne voulais pas insister spécifiquement sur ces violences.
02:27Moi, je voulais insister sur le début de cette manifestation.
02:30Donc moi, je suis arrivé aux alentours de midi,
02:32la mobilisation commençait à Paris, place de la République.
02:35Le cortège devait s'élancer à partir de 14h.
02:38Et quand j'arrive aux alentours de midi, je me dis,
02:41il est en train de se passer quelque chose.
02:43Parce qu'il y avait énormément de monde.
02:44Pour vous donner une petite comparaison,
02:46hier, la mobilisation commençait elle aussi à 14h.
02:5013h30, la place de la République n'était pas remplie.
02:52Ça commençait tout doucement à arriver.
02:54Le 17 octobre, c'était noir de monde.
02:57Difficilement, on pouvait circuler.
02:59Et puis, assez rapidement, la tension est montée d'un cran,
03:02avec quelques faces à face avec les forces de l'ordre,
03:05du gaz lacrymogène aussi, qui a été lancé à plusieurs reprises,
03:08ce qui fait que cette place de la République,
03:10assez rapidement, elle était devenue méconnaissable.
03:12Mais ce qui m'a frappé ce jour-là,
03:15c'est la colère, l'incompréhension,
03:17le ras-le-bol aussi des manifestants.
03:19Et à ce moment-là, je me dis,
03:20OK, il est en train de se passer quelque chose.
03:22Et je me suis posé la question individuellement aussi,
03:24en tant que journaliste.
03:25C'est notre rôle aussi de donner la parole,
03:27écouter la colère, les inquiétudes,
03:30le quotidien aussi des Français.
03:31Et là, je me suis dit, véritablement,
03:33je pense, avant même ces violences urbaines,
03:35qui ont éclaté en fin de journée,
03:39je me suis dit, véritablement,
03:40qu'il est en train de se passer quelque chose,
03:41et qu'il y aura un avant et un 17 octobre.
03:43Un avant et un après.
03:44Un avant et un après, pardon, 17 octobre.
03:46Et qu'il y a ce ras-le-bol,
03:48il y a cette colère qui avait besoin d'être exprimée
03:50aussi la part de ces manifestants.
03:52Et on rappelle que le 17 octobre,
03:53c'est un peu le jour où tout le monde s'est senti dépassé,
03:55les autorités en premier.
03:57Bien sûr.
03:57Et moi, je me souviens justement,
03:59on parlait de ce manque d'anticipation
04:00de la part des autorités, des forces de l'ordre.
04:02Moi, je suis resté, initialement,
04:03je devais faire le cortège,
04:04depuis la place de la République,
04:05suivre le cortège quand il s'est lancé.
04:06Le problème, c'est que très rapidement,
04:08comme il y avait énormément de monde,
04:11les forces de l'ordre ont été dépassées.
04:13Ce qui fait que beaucoup de manifestants
04:14ont été contenus sur cette place de la République.
04:17Il n'y avait pas des casseurs au début.
04:18C'était beaucoup des manifestants qui étaient bloqués,
04:20qui ne pouvaient pas sortir de cette place de la République,
04:22qui se sont retrouvés là pendant plusieurs heures.
04:25Et très rapidement, ce qui m'a surpris aussi,
04:27effectivement, c'est ce manque d'anticipation
04:29de la part des forces de l'ordre à plusieurs reprises.
04:31Il y a des scènes qui m'ont fait halluciner.
04:33Donc la séquence que vous choisissez,
04:34c'est le 17 octobre,
04:35quand dès midi,
04:36on peut la regarder cette séquence ?
04:38Oui, bien sûr.
04:38On la voit effectivement.
04:40On voit que ça bouge très vite
04:41et que la place grossit noir de monde.
04:44Et il y a des choses un peu étonnantes
04:46qui se passent,
04:47que vous n'aviez pas notées auparavant.
04:48Bien sûr.
04:48On est d'accord ?
04:49Qui expriment une colère aussi
04:50des Français de plus en plus importantes.
04:51Voilà, c'est ça, c'est ça les images que vous avez.
04:53Exactement, c'est celle qu'on aperçoit.
04:54Ça, c'est le 31 octobre, attention.
04:55Ça, c'est le 31 octobre.
04:56Il y avait celle du 17 octobre qui était juste avant.
04:59Et effectivement, le parallèle aussi
05:01qui est très important, effectivement.
05:02Et là, on voit justement,
05:03c'est ça aussi qui est important de noter,
05:05c'est que très souvent, tout au long de la journée,
05:07vous aviez deux situations parallèles.
05:08Vous aviez cette mobilisation
05:10qui, malgré tout, se poursuivait,
05:12ce cortège qui a pu s'élancer
05:13depuis la place de la République
05:15et qui se passait dans de bonnes conditions.
05:17Et malheureusement, ce qui s'est passé
05:18sur cette place de la République
05:19qu'on aperçoit avec ce gaz lacrymogène
05:21et cette place qui était complètement méconnaissable.
05:23Alors ça, c'est le 17 octobre.
05:24Mais vous avez aussi voulu retenir
05:26des moments un peu plus suspendus,
05:28hors du temps,
05:29des espèces de bulles d'échange.
05:30Alors vous, on appelle ça les battles d'aura.
05:32Alors expliquez-nous,
05:33expliquez surtout pour les téspectateurs.
05:35Oui, on a beaucoup parlé de ces mobilisations,
05:37ces blocus de lycéens,
05:39ces mobilisations,
05:41avec parfois un peu de violence.
05:43Mais je voulais malgré tout qu'on retienne aussi
05:44ces moments assez incroyables
05:46qui mettent en avant justement
05:48l'originalité de ces jeunes
05:51pour exprimer un petit peu leurs revendications,
05:53ce qu'on appelle les battles d'aura.
05:54Donc c'est, vous voyez,
05:55deux jeunes qui sont face à face
05:56et s'expriment avec des gestes,
05:59avec des positions.
06:00Sous le regard des forces de l'ordre.
06:01C'est ça qui est très intéressant.
06:03Parfois même avec des forces de l'ordre,
06:04des forces de l'ordre qui leur répondent,
06:06mais aussi des proviseurs.
06:07Et je me souviens qu'on avait interrogé
06:08sur BFM TV un proviseur
06:10d'un établissement,
06:10d'un lycée à Laval
06:11qui nous racontait justement
06:13comment ça se passait.
06:14Je crois qu'on a l'extrait,
06:16on peut d'ailleurs l'écouter.
06:18Les élèves m'avaient invité,
06:20mais eux, ils disent défier
06:21à venir faire une bataille d'aura.
06:24Ça faisait un petit quart d'heure
06:26que j'ai observé.
06:27Je ne savais pas ce que c'était non plus
06:28avant de le faire.
06:30Et voilà.
06:31Et ce que j'avais oublié,
06:33et que j'avais quand même oublié un détail,
06:34c'est qu'en faisant,
06:36ils avaient tous un téléphone en main,
06:37comme on peut voir sur les images,
06:39et que je ne pensais pas
06:40que cette bataille serait diffusée
06:42et rencontrerait autant de vues
06:46sur Internet.
06:48C'est devenu le symbole
06:49des mobilisations des lycéens.
06:51Pas simple, la bataille en costume quand même.
06:52Ah, c'est compliqué.
06:53Il faut savoir bien bouger aussi.
06:54Voilà.
06:54Alors, à nos côtés,
06:55il y a aussi Olivier Saint-Paul.
06:56Vous êtes JRI,
06:57journaliste, reporter d'images.
06:58C'est vous qui tenez la caméra,
06:59c'est vous qui donnez vie
07:01et visage à ces mouvements sociaux.
07:02Et vous étiez, vous, hier,
07:04à la Concorde.
07:04Alors, racontez-nous
07:05et quelles différences
07:06vous avez perçues
07:07avec les samedis différents, notamment.
07:08Alors, c'était effectivement...
07:11Hier, j'étais à la place de la Concorde,
07:12qui était le lieu du rassemblement interdit,
07:15puisqu'il y avait eu
07:16plusieurs demandes de trajet
07:18et l'officiel, c'était République-Nation.
07:22Mais une partie des Géjaunes
07:23appelait à se rassembler
07:25à 14h, place de la Concorde.
07:27Donc, ils avaient désobéi ?
07:28Je crois que le nom du rassemblement
07:30rassemblement de la désobéissance.
07:31Donc, l'idée, c'était
07:31de se retrouver à 14h à la Concorde
07:32avec comme objectif
07:33plus ou moins annoncé
07:35d'aller vers les lieux de pouvoir,
07:36éventuellement l'Assemblée nationale
07:37ou l'Elysée.
07:38Qui étaient très sécurisés, par exemple.
07:39Oui, ça me paraissait peu probable.
07:41Et donc, on est restés
07:43place de la Concorde jusqu'à 13h45.
07:45C'était très, très calme.
07:48C'est dur de savoir
07:49qui est un touriste
07:49et qui est un gilet jaune
07:50à la place de la Concorde.
07:52Et vers 14h,
07:53il y a des petits groupes
07:54qui se sont formés.
07:54Et tout de suite,
07:55on a vu des CRS,
07:57des policiers intervenir,
07:58puisque comme le rassemblement
07:59est interdit,
08:01on est censé les verbaliser.
08:02Enfin, les policiers
08:03sont censés les verbaliser.
08:05Et j'ai vu vraiment
08:07deux, trois figures
08:08des gilets jaunes,
08:09enfin des gens
08:09des gilets jaunes historiques
08:12sur cette place.
08:13Et il y avait une personne
08:14en particulier
08:14à qui on a parlé
08:15qui a remercié...
08:16Alors, on va regarder.
08:18C'est la séquence
08:18que vous avez choisie.
08:19Oui, le premier.
08:19C'est un extrait assez court,
08:20mais où il remercie justement
08:22les lycéens
08:22d'avoir relancé un peu
08:23la flamme du mouvement.
08:25Merci les lycéens français
08:27pour réveiller ce putain de peuple.
08:29Merci à eux.
08:31Donc, il remercie
08:32gilets jaunes
08:32qui remercie les lycéens.
08:34Oui, parce qu'en gros,
08:35il a rallumé un peu
08:36la flamme du mouvement.
08:37Et alors, le rassemblement,
08:38il y avait aussi pas mal
08:39de curieux,
08:39puisque je crois qu'on avait
08:41en vrai militant,
08:43je dirais qu'il y avait
08:43une quarantaine,
08:44cinquantaine de personnes,
08:44mais il y avait à peu près
08:45la même chose en curieux
08:47qui observaient...
08:48Des touristes aussi.
08:49Et d'ailleurs,
08:49j'ai un autre extrait
08:50où c'est un touriste canadien
08:51qui demande à participer
08:53au mouvement.
08:55Excusez-moi,
08:56peux-je avoir une de vos vestes ?
08:57Oui, vous pouvez.
08:57Merci.
08:59C'est mon présent.
09:00Merci.
09:02Merci.
09:02Merci.
09:05Étonnant comme séquence.
09:06Oui, c'était assez étrange.
09:07Il est resté tout le long.
09:08Il a même pris la pause
09:09avec...
09:09Donc, il faisait un peu
09:10de tourisme de manif,
09:12je ne sais pas.
09:13Et bon, alors après,
09:14les choses sont redevenues sérieuses,
09:15puisque comme le rassemblement
09:16est interdit,
09:18la police s'est rapprochée,
09:20ils sont venus
09:21et il y a eu des contrôles
09:21d'identité
09:22et il faut verbaliser aussi,
09:24normalement,
09:24si vous êtes présents
09:25sur un rassemblement interdit,
09:26je crois que l'amende
09:26est de 135 euros.
09:27135 euros, absolument.
09:28Et donc,
09:28il y a eu aussi un échange
09:30entre notre gilet jaune
09:31et un policier
09:32qui venait...
09:33On le voit ici ?
09:34Voilà.
09:36Il discute juste après,
09:37je crois.
09:38On a la séquence qui arrive.
09:40Vous allez être verbalisé,
09:41monsieur,
09:41conformément aux instructions.
09:42Vous êtes qui ?
09:43Votre RIO,
09:43s'il vous plaît, monsieur.
09:44Alors, monsieur,
09:45vous n'êtes pas là
09:45pour me contrôler.
09:46Moi, je vais vous...
09:46La loi vous impose...
09:48Merci.
09:50On ne va pas inverser les rôles,
09:51c'est moi qui contrôle,
09:52ce n'est pas vous.
09:52D'accord.
09:53Alors, la loi vous impose,
09:55dit ce gilet hall,
09:56il impose quoi ?
09:56Il impose que le RIO,
09:58le RIO,
09:59soit visible.
10:00On le rappelle,
10:00le RIO,
10:01c'est le référentiel des identités
10:02et de l'organisation.
10:03C'est un numéro à 7 chiffres
10:05que portent les policiers
10:06et qui doit être visible.
10:08Et ça, c'est obligatoire
10:09depuis 2014.
10:10Oui, c'est une revendication
10:11habituelle des gilets jaunes
10:13et des manifestants
10:14puisque si problème
10:15avec la police il y a,
10:16il faut être capable
10:16d'identifier l'officier
10:19ou l'agent de police
10:20qui a fait...
10:22qui a contrevenu
10:23à son devoir, on va dire.
10:24Exactement.
10:25Et puis, alors,
10:25autre séquence
10:26que vous avez choisie,
10:27ça se passe la semaine
10:28dernière à Bordeaux.
10:29Le 31 à Bordeaux.
10:30On est complètement
10:30dans un autre cas,
10:31donc samedi 31 octobre.
10:33Et là, c'est une séquence
10:35qui a beaucoup tourné
10:36sur les réseaux sociaux,
10:37mais vous avez envie
10:38d'y revenir
10:38pour le décrypter avec nous.
10:39Alors, racontez-nous.
10:40Alors, c'était à Bordeaux
10:41le 31 octobre
10:43en fin de manif.
10:44La manif est quasiment
10:46terminée à Bordeaux
10:47et il y a des échauffourées
10:50avec la police
10:50et il y a une interpellation.
10:51Là, vous voyez une personne
10:52qui se fait interpeller
10:53et en fait, c'est passé
10:54en direct chez nous
10:54mais ça coupe à peu près
10:55à ce moment-là.
10:56Il faut savoir que,
10:57en général,
10:59alors là, c'est...
11:00Vous voyez,
11:01il y a un policier
11:02qui ramasse un objet au sol
11:03et c'est une clé à molette
11:04et ça, vous ne l'avez pas vu
11:06à la télé
11:06puisqu'on a coupé le direct
11:08mais il y a une raison à ça
11:09qu'on coupe le direct
11:09c'est qu'on ne filme pas
11:11une interpellation en direct
11:12parce qu'il y a un devoir...
11:15Enfin, c'est une infraction.
11:16Voilà, c'est interdit.
11:17C'est l'article 35 terme
11:18où on s'est renseigné
11:19de la loi de 1881
11:21sur la liberté de la presse
11:22et donc, on ne filme pas
11:24en direct les interventions.
11:25En revanche,
11:26on les enregistre
11:27et pourquoi est-ce que
11:27vous les enregistrez ?
11:28Moi, je reste dessus.
11:29C'est pour qu'on sache
11:30ce qui se passe exactement
11:31et souvent,
11:32ce genre d'interpellation,
11:33si en particulier,
11:34il y a des gens
11:35qui sont blessés,
11:36il peut y avoir
11:36des contestations.
11:38La police peut dire
11:39qu'il y a eu des violences
11:39envers nous
11:40et inversement...
11:41C'est du matériau.
11:41Voilà, et on peut avoir
11:43la preuve,
11:43en tout cas, on essaye,
11:45qu'est-ce qui s'est
11:46effectivement passé ?
11:46Parce qu'une fois
11:47que quelqu'un dit
11:48j'ai été frappé par un policier
11:49ou un policier dit
11:50il m'a frappé avec quelque chose,
11:52c'est parole contre parole,
11:53on ne sait pas vraiment
11:53qui a raison
11:54et voilà.
11:54Donc, c'est pour ça
11:55qu'on continue de filmer
11:56ce genre de...
11:57Donc là, si on regarde bien
11:58le rush
11:58et que vous continuez à tourner,
12:00on voit effectivement
12:00le policier
12:01qui ramasse un objet par terre,
12:03une clé à molette,
12:04on va revoir cette image
12:05et là, la clé à molette
12:06elle est dans le caniveau,
12:07on ne sait pas très bien
12:08d'où elle vient ?
12:09Moi, mon sentiment que j'ai eu
12:10puisque j'ai vu la scène
12:12pas que dans l'œilleton de ma caméra,
12:14c'est qu'elle est tombée du sac
12:15quand il y a eu l'interpellation
12:16et que la personne
12:17qui a été interpellée
12:18l'avait dans le sac
12:18et j'ai entendu les policiers dire
12:21demander à interpeller
12:22cette personne en particulier
12:22donc je pense qu'ils l'avaient repérée
12:24par avance
12:24et qu'ils essayaient de l'attraper.
12:27C'est important aussi
12:28d'en parler
12:29puisque ça, ça a un peu
12:31bougé sur les réseaux sociaux
12:32et le problème,
12:33c'est qu'on nous accuse
12:35de couper trop tôt
12:36parce qu'on ne veut pas
12:37montrer ce qui se passe.
12:37C'est juste un problème de gloire.
12:38On coupe parce qu'on ne diffuse pas
12:39d'interpellations en direct
12:41et c'est bien de le rappeler.
12:42Vous avez une grande expérience
12:44dans les conflits sociaux
12:45enfin disons,
12:45oui, ça fait plusieurs fois
12:46que vous tournez.
12:48Ce qui vous interpelle
12:49dans ce conflit-là
12:50est par rapport
12:51à vos premières manifs
12:53de JRE si je puis dire.
12:54Alors, pour les manifs,
12:56ça fait quelques temps
12:56que je travaille,
12:57je crois que ma première
12:58grosse manifestation
12:59c'était un sommet de l'OTAN
12:59à Strasbourg
13:00qui remonte à 2009.
13:02Donc, c'est vraiment
13:03il y a très longtemps
13:04et moi,
13:05ce que je constate
13:06depuis toujours,
13:07en particulier depuis
13:08les Gilets jaunes,
13:08c'est une escalade
13:09un peu dans le degré
13:10de violence
13:10où le nombre
13:12de participants aux violences,
13:13en tout cas,
13:14les manifs deviennent
13:15plus violentes,
13:16plus vite.
13:17Et des deux côtés ?
13:18Et des deux côtés, oui.
13:19Les forces de l'ordre
13:20comme manifestation.
13:20Oui, les forces de l'ordre
13:21sont aussi parfois
13:22plus difficiles à gérer
13:24qu'on a eu
13:25ou parfois ont du mal
13:26à accepter notre présence.
13:28En tout cas,
13:28nous le font signaler.
13:29On utilise de reculer
13:30ou on se prend des coups,
13:31ça arrive.
13:33Donc, je pense que ça a changé.
13:34Et je pense aussi
13:34que les personnes
13:36qui font des violences,
13:37le sommet de l'OTAN
13:38que je prends en exemple
13:39en 2009,
13:39clairement,
13:40la violence était du black bloc,
13:41c'était très organisé,
13:42très politisé
13:43et ce n'était pas
13:44des pillages
13:45ou de la casse pour la casse.
13:47Il y avait un objectif politique
13:48souvent,
13:49les banques,
13:49les choses comme ça.
13:50Là, c'est plus difficile.
13:51Il y a plus de visage ?
13:51Il y a de ça,
13:52mais il y a aussi autre chose.
13:53Par exemple,
13:53sur le 17 octobre,
13:54clairement,
13:54sur les pillages,
13:55je pense qu'il n'y a pas
13:55grand-chose de politique
13:56en tout cas sur...
13:57Et c'est à l'image aussi
13:58de la société
13:59qui est de plus en plus violente,
14:00de plus en plus naturelle.
14:01Exactement.
14:02Et il y a aussi
14:02les réseaux sociaux
14:03qui ont aussi
14:03une grande part
14:04de responsabilité.
14:06Rôle d'amplificateur
14:06qui appelle justement
14:08à se mobiliser
14:09d'autant plus
14:10et parfois
14:10à créer ces scènes
14:11de violence.
14:12Exactement.
14:12Sonia Carnero,
14:13vous êtes journaliste
14:13reporter pour BFM TV.
14:15Vous vous couvrez
14:15les blocus
14:16depuis le début du mouvement
14:17et en fait,
14:18il faut qu'on dézoome
14:19mais ça fait plus de six semaines
14:20que ça se passe.
14:21Donc nous,
14:22on a l'impression
14:22que c'est tous les samedis
14:23mais en fait,
14:24ça fait quand même six semaines.
14:25On va regarder
14:25une des séquences
14:26que vous avez tournées
14:27avec Joao Alanka.
14:29C'était le 5 octobre dernier
14:30à Paris,
14:31dans un lycée.
14:32Racontez-nous exactement
14:33et surtout,
14:34images à l'appui.
14:35Nous sommes la deuxième
14:36semaine de blocus.
14:37Donc la première semaine
14:38a été une semaine,
14:39si je puis dire,
14:40classique de lycéens
14:41qui bloquent,
14:41qui ont des revendications
14:43devant les lycées.
14:44On en somme co-lycées
14:45pour l'instant,
14:45pas encore aux universités
14:47ou aux établissements privés
14:49et nous sommes envoyés
14:51sur le lycée Vauclin
14:52à Paris 13ème
14:53qui est un lycée
14:53de métier professionnel,
14:55notamment de métier
14:55de la chimie.
14:56Donc je vous laisse imaginer
14:58les produits
14:58qu'il peut y avoir
14:58à l'intérieur.
14:59Dans les labos, oui.
15:00Exactement.
15:00Parce qu'il y a une tentative
15:01de mise à feu
15:02très tôt le matin
15:03quand des élèves
15:03entraient dans l'établissement.
15:05Il est quelle heure ?
15:05Il est 7h, 8h ?
15:06Il est 7h30,
15:087h45,
15:08tentative de mise à feu
15:09qui a échoué.
15:10Donc nous,
15:11nous dirigeons
15:11avec Joao Alankar
15:12vers cet établissement.
15:13On regarde ?
15:14On la regarde
15:14tout de suite la séquence.
15:21permanente.
15:21Alors que vous voyez,
15:22ils continuent d'alimenter
15:23ce feu qui s'est déclenché.
15:25Vous voyez ici,
15:26à la gauche de l'image,
15:28on les voit,
15:28ils continuent de rajouter
15:30des choses.
15:30C'est un canapé ici
15:31que vous voyez.
15:31Il était de l'autre côté
15:33de la rue.
15:33On les a vus approcher.
15:34On était juste devant la porte.
15:36On nous a demandé
15:36de venir à quelques...
15:39Ils nous ont demandé
15:40de venir à quelques mètres.
15:41Et vous ne les voyez pas,
15:43mais c'est le personnel
15:43de l'établissement
15:44qui est là
15:44et qui va repartir
15:46avec ses extincteurs.
15:48Donc c'est votre voix,
15:49c'est les images
15:50de Joao
15:51et ça se passe sous vos yeux.
15:52Donc vous racontez
15:53du mieux que vous pouvez.
15:54Et comment on s'est retrouvé
15:55confiné,
15:55parce qu'on est confiné
15:56dans cet établissement
15:57avec une centaine
15:58d'élèves également.
15:59On arrive devant l'établissement
16:00pour échanger avec l'approviseur.
16:01On est visé par des tirs de mortier.
16:03Et donc on demande
16:04au personnel de l'établissement
16:05de nous faire rentrer
16:06pour nous mettre en sécurité
16:07le temps que l'approviseur arrive.
16:09Et en fait,
16:10on est à peine rentré,
16:11on n'a même pas eu le temps
16:12presque d'échanger
16:13avec l'approviseur,
16:14qu'on entend
16:15ça y est, c'est reparti.
16:16Et c'est reparti,
16:17c'est quoi ?
16:18En fait, ça y est,
16:18devant cette porte d'entrée du lycée,
16:20c'est la porte d'entrée du lycée.
16:21Des jeunes reviennent,
16:23remettent des poubelles.
16:24Et donc quoi ?
16:24Ils nourrissent le feu ?
16:25Ils nourrissent le feu,
16:27ils allument le feu devant nous.
16:28Derrière, on comprend,
16:29on pense qu'on rentre
16:30dans l'établissement,
16:31il n'y a que nous
16:31et le corps enseignant.
16:32Non, il y a une centaine d'élèves
16:33qui sont là depuis 7h30 ce matin
16:36confinés avec nous.
16:37On est, comme vous le voyez,
16:38juste derrière la porte
16:39et là on voit
16:39qu'ils mettent le feu.
16:40Et là, cette image,
16:42ce ne sont pas des pompiers,
16:43on est encore à l'intérieur
16:44et regardez,
16:45ce sont deux membres
16:46du corps enseignant,
16:47du personnel de l'établissement
16:48qui tentent à chaque mise à feu
16:50d'éteindre comment ?
16:51Regardez,
16:52on ne le voit pas sur cette image
16:53mais là, vous voyez,
16:55l'entrée de la boîte aux lettres.
16:57Et bien regardez,
16:57ils passent la buse
16:58de l'extincteur
16:59par l'entrée de la boîte aux lettres
17:00pour tenter d'éteindre le feu
17:02à chaque fois
17:02et pendant qu'ils le font,
17:03certains,
17:04vous voyez la vitre au-dessus,
17:05mettent des coups de béquille
17:06sur la vitre.
17:06Un membre du personnel revient,
17:07à un moment,
17:08je lui ai même enlevé
17:08avec mon doigt comme ça
17:09un bout de verre
17:10qu'il avait sur la joue,
17:11il était en train de signer,
17:12il avait pris un éclat de verre
17:13sur la joue.
17:14Donc on est d'accord
17:14que ce n'est pas les pompiers
17:15parce que les pompiers
17:16n'ont pas l'accès en fait.
17:17Ils n'ont pas l'accès.
17:18Il n'y a même pas de force
17:19de l'ordre devant,
17:20donc les pompiers ne peuvent
17:20même pas intervenir,
17:21les pompiers ne sont pas encore là,
17:22tout ça enlevé en direct.
17:23Donc on le commente en direct,
17:25on ne sait pas du tout
17:25comment ça va se terminer,
17:26ce qui va se passer
17:27jusqu'au moment où
17:28quand on a vu les grandes flammes
17:29en fait ils n'ont plus pu
17:30éteindre le feu
17:30parce que des jeunes sont venus
17:32et ils ont bouché
17:33cette sortie de la boîte aux lettres
17:34et là ils ont abandonné,
17:36on est tous à l'intérieur,
17:37c'est la panique,
17:38on entend l'approviseur dire
17:39montez les élèves
17:40au premier étage,
17:41il y a des logements de fonction,
17:42il y a des familles,
17:43on n'est plus de sang
17:43dans cet établissement
17:45et les portes brûlent devant nous,
17:47on ne sait pas si aussi
17:48les portes vont céder,
17:49quel est leur but,
17:49si c'est de rentrer.
17:51Est-ce que vous avez eu peur
17:52pour vous,
17:52pour votre équipe,
17:53pour les gens
17:54qui étaient autour de vous,
17:55on peut comprendre ?
17:56Sur le moment,
17:57on se demande en fait
17:58mais quel est le but
17:59de ces jeunes ?
18:00Parce qu'en plus,
18:00moi je le rappelle à Antenne,
18:01on est en lycée de la chimie,
18:02quel est le but ?
18:04Mais le savait-il ?
18:05Oui,
18:05parce que même l'approviseur
18:06nous avait dit
18:07je reconnais certains
18:08de mes élèves,
18:09pas tous,
18:10certains ne le sont pas,
18:11certains sont des opportunistes,
18:12mais elle reconnaissait
18:13certains de ses élèves
18:14dans les images
18:14qui étaient derrière
18:15en train de filmer,
18:16on les voit bien
18:17jusqu'au moment où
18:17les pompiers arrivent
18:18et croyez-moi,
18:19c'est le soulagement
18:19pour tout le monde
18:23on ne comprend pas trop
18:23ce qui se passe,
18:24on ne comprend qu'il y a le feu,
18:25on se dit
18:25ils vont rentrer,
18:26qu'est-ce qui va se passer ?
18:27Est-ce qu'ils ne vont pas rentrer ?
18:28Est-ce que les pompiers
18:28vont arriver à temps ?
18:28Mais comment on choisit
18:29les mots à ce moment-là ?
18:30Parce qu'il faut avoir
18:30les mots justes,
18:31comment est-ce qu'on fait
18:32sous les trois ?
18:33Alors vous,
18:33c'est plutôt les images
18:34mais vous avez le droit
18:35quand même aussi de...
18:36Comment est-ce qu'on choisit
18:37les mots justes
18:38pour raconter au mieux
18:39à ce moment-là ?
18:39En fait,
18:40ce n'est pas comme d'habitude
18:41où on peut raconter
18:42ce qu'on a vécu,
18:53les élèves
18:54mais surtout,
18:54il y a moins de 30 personnes
18:56du corps enseignant,
18:56l'approviseur,
18:57appelé les pompiers,
18:58c'est la panique
18:59qu'on entend
18:59les deux membres du personnel
19:00reprendre l'extincteur.
19:02Donc en fait,
19:02on raconte
19:03mais en même temps,
19:03on tend l'oreille
19:04sur ce qui se passe
19:05pour comprendre,
19:06même je le dis
19:07à un moment,
19:07on dirait qu'on vient d'entendre
19:08l'approviseur
19:09qui a demandé au corps enseignant
19:10de monter les jeunes.
19:11Donc en fait,
19:12il se passe énormément de choses.
19:13Il faut être hyper réactif,
19:14il y a énormément
19:15d'informations qui vous arrivent.
19:16Comprendre ce qui se passe,
19:17le commenter
19:17et écouter en même temps
19:18les informations
19:19pour essayer de voir
19:20ce qui se passe
19:21et à un moment,
19:21on voit un énorme jet d'eau
19:24qui arrive
19:24et donc là,
19:25je comprends
19:26et donc là,
19:26je dis ça y est,
19:27les pompiers sont là
19:27mais j'avais l'impression
19:28presque de l'annoncer
19:29à tout le monde
19:30et le soulagement
19:31de toutes les personnes derrière
19:32en fait,
19:32ça y est,
19:33les pompiers sont là.
19:34Et Naofel et Olivier,
19:35il faut expliquer
19:35à nos téléspectateurs
19:36que quand on part en manif,
19:37on ne part pas
19:38avec un bloc-notes
19:39et un stylo.
19:41Désormais,
19:41on part équipé,
19:43on a suivi une formation
19:44en amont,
19:45c'est ce qu'on fait
19:47à BFM TV.
19:47Est-ce que vous pouvez
19:48nous raconter ?
19:48Vous avez tous les deux
19:50faits soit des mobilisations,
19:51soit des terrains de guerre,
19:52soit les deux.
19:53Comment on s'équipe ?
19:54Alors,
19:55déjà,
19:55il y a du matériel
19:56et un équipement spécifique
19:58avec lequel on part
19:59en manifestation,
20:00donc un casque
20:01pour éviter
20:02tout projectile,
20:04des lunettes aussi,
20:05un masque aussi
20:05avec le gaz lacrymogène
20:07et en plus...
20:08Du sérum physiologique
20:09pour les yeux,
20:10c'est important.
20:10C'est décontaminant.
20:11Ça fait très mal aux yeux
20:12pendant plusieurs minutes
20:13et ça,
20:13c'est très important.
20:15et on suit
20:16une formation spécifique
20:17à BFM TV.
20:18Il y a une formation
20:20pour les manifestations
20:22parce que ça reste,
20:22malgré tout,
20:24un terrain
20:24possiblement dangereux
20:25de plus en plus
20:26et il y a
20:27certains comportements
20:28qu'il faut avoir
20:29et ça,
20:29c'est important aussi
20:29de l'expliquer.
20:31Quand on fait
20:32une manifestation,
20:33il y a certains comportements
20:34adoptés
20:34très régulièrement.
20:36Vous avez des tirs
20:37de gaz lacrymogène,
20:38donc des mouvements de foule.
20:38L'idée,
20:39ce n'est pas de courir,
20:41de ne pas suivre.
20:41Il faut rester statique,
20:43d'essayer de se mettre
20:43à côté d'un mur
20:44pour se protéger.
20:46Plans d'autres choses.
20:47Le positionnement aussi
20:48est très important.
20:49L'idée,
20:49c'est de couvrir...
20:49il faut avoir des yeux
20:50dans son dos.
20:51Exactement.
20:51C'est ce à quoi
20:52vous servent les agents.
20:53On est d'accord ?
20:54On a deux agents,
20:55deux APR,
20:55pas spécifiques.
20:56Ce n'est pas simplement
20:57qu'à BFM
20:59qu'on a deux agents.
21:00tous les confrères,
21:01tous les collègues.
21:01Bien sûr.
21:03Mais ce qui nous permet
21:03aussi, effectivement,
21:05parce que parfois,
21:06quand on couvre
21:06une manifestation,
21:07on est un peu
21:08focalisé,
21:09focus sur ce qui est
21:10en train de se passer.
21:10Avec la caméra
21:11où on regarde
21:12ce qui se passe
21:13dans la caméra
21:13et pas autour.
21:13Oui, vous êtes dans
21:13l'œilleton
21:14et pas forcément autour.
21:15Et ce qui arrive
21:15par le haut, parfois...
21:16Exactement.
21:17D'où l'importance
21:18de ces deux agents
21:19qui nous permettent
21:21de comprendre
21:21et de voir,
21:22d'entendre aussi
21:23ce qui est en train
21:24de se passer.
21:25et c'est eux
21:26qui nous permettent aussi
21:26parfois de dire
21:27OK, là, c'est trop dangereux
21:28parce que c'est
21:29la difficulté
21:30de notre métier.
21:31Et c'est pour ça
21:31que je souhaitais
21:32rendre hommage
21:33spécifiquement au JRE.
21:35Non, mais c'est important.
21:36En tout cas,
21:37vous êtes des binômes.
21:37À chaque fois,
21:38il faut le rappeler,
21:38vous partez toujours à deux.
21:39C'est important d'être ensemble.
21:40Bien sûr.
21:40Et eux prennent un peu
21:41plus de risques que nous
21:42parce qu'ils sont à la caméra.
21:43Donc, c'est l'image
21:44qui prime.
21:44Ils doivent raconter
21:45un petit peu.
21:46Nous, on commente
21:46et eux racontent
21:47un petit peu à travers
21:55entre les manifestants,
21:57parfois certains casseurs.
21:59Il y a ce risque
21:59de se prendre des projectiles,
22:01parfois du gaz lacrymogène
22:03et c'est compliqué.
22:04Et l'importance,
22:05on parlait justement
22:06de ces deux agents
22:06qui vont nous dire
22:07OK, là, c'est un peu
22:08trop risqué.
22:09On ne s'avance plus.
22:10Vous allez rester ici
22:12parce que ça devient
22:12un peu trop dangereux.
22:13Parce que notre sécurité
22:14est aussi primordiale
22:15pour pouvoir raconter au mieux.
22:17Merci à tous les trois
22:18d'être venus nous éclairer
22:19sur ce plateau.
22:20Ça nous permet
22:20de comprendre le monde
22:21au plus près.
22:22En fait, vous êtes nos yeux
22:23et nos oreilles
22:24pour BFM TV.
22:25BFM TV reste mobilisée
22:26au cœur des événements
22:27sur le terrain.
22:28C'est notre marque de fabrique.
22:29Être là où ça se passe
22:30et raconter du mieux
22:31qu'on peut,
22:32être là où ça se passe.
22:32C'était l'un des premiers
22:33slogans de BFM TV.
22:34C'était il y a bien trop longtemps.
22:35C'est la promesse
22:36que l'on fait
22:36lorsqu'on travaille ici
22:38dans cette maison BFM TV.
22:39Restez à l'heure.

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