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00:01Générique
00:05...
00:10Bonsoir à tous, bienvenue dans Afrique en Culture.
00:13C'était dans un stade vibrant d'émotions, des regards suspendus
00:17et au milieu de cette ferveur, une voix unique, celle d'un canteur.
00:21Dans son pieu boubou traditionnel rayé aux teintes bleues et blanches,
00:25il incarne toute la prestance des gardiens de la mémoire.
00:28Dès les premières secondes, les mots résonnent comme une incantation
00:32lorsqu'ils se penchent vers le jeune citoyen,
00:35respondissant dans sa tenue traditionnelle aux détails dorés et colérés.
00:39Dans ses yeux, c'est toute l'Afrique qui se regarde,
00:41un cocon d'intimité tissé au milieu de l'immensité du stade.
00:46C'est toute la beauté de cette cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de la jeunesse.
00:50Dakar 2026, à travers ce dialogue emprunt de poésie,
00:54Massambagué nous transmet la flamme de la mémoire reliant le passé,
00:59le présent et surtout l'avenir de la grande mère Akeboulane.
01:03Vous l'aurez compris, c'est lui l'invité du jour.
01:06C'est dans un instant.
01:13En ligne, depuis Dakar, professeur Massambagué, bonsoir.
01:18Bonsoir, Papa Lune.
01:20Mais c'est un plaisir de vous recevoir, surtout dans cette émission Afrique en culture.
01:24C'est un plaisir partagé.
01:27Vous quittez une scène, celle de l'Olympique.
01:29Il y a eu une vague, des milliers de félicitations.
01:32Comment vous vivez un peu cet événement, professeur Massambagué ?
01:37Bon, on l'a vu comme une mission accomplie pour l'Afrique,
01:42une mission accomplie pour ceux qui ont porté la mémoire de l'Afrique,
01:46mais aussi comme un sacerdoce porté avec fierté,
01:50mais porté aussi avec beaucoup de gravité,
01:52parce qu'on sait que c'est l'Afrique qu'on portait,
01:55c'est toutes les voix de l'Afrique qu'on avait,
01:56c'est le patrimoine qu'on avait,
01:58mais avec beaucoup d'humilité, avec beaucoup d'humilité.
02:01– Dans cette scène, vous vous adressez à la jeune citoyenne
02:05avec une tendresse et une intensité poignantes.
02:08Que représente pour vous le fait de confier la mémoire de l'Afrique
02:12à la jeunesse sur une scène olympique ?
02:14– C'est de la sauvegarde.
02:16C'est la première fois que ce passage se fait
02:19parce que le patrimoine ne se sauvegarde que par la transmission.
02:24Le patrimoine est vivant, il fluctue, il ne reste pas sur place.
02:28Et d'avoir cette transmission et cette intimité
02:30avec le monde qui regarde,
02:33c'est à la fois être dans l'intimité de la chambre,
02:37être au milieu de la cour de la maison,
02:38mais aussi être dans la place publique.
02:41Et c'est cela qu'il fallait gérer,
02:43malgré l'ampleur du stade, garder cette intimité-là.
02:46Parce que les autres sont témoins.
02:48Moi, je ne suis pas conscient de leur présence.
02:52– Et comment choisit-on en tant que compteur
02:54attaché à l'intime et au cercle,
02:56à la démesure du stade olympique
02:59et à la modernité d'un tel événement ?
03:01Comment on s'adapte ?
03:03– Bon, on s'adapte parce que c'est du métier.
03:06J'ai déjà fait un stade de 60 000 places,
03:08j'ai déjà fait un stade de 50 000,
03:10j'ai déjà fait l'ouverture de ce stade-là.
03:12Mais dans le cadre d'un compte,
03:15il faut une proximité extraordinaire
03:17avec cette jeune fille-là.
03:19Donc j'ai essayé de construire, comme je ne la connaissais pas,
03:22un travail de proximité humaine
03:24et nous avions eu un rapport
03:26qui était devenu presque un rapport de famille.
03:28Et c'est comme cela qu'on réduit,
03:30on réduit ce qu'on appelle, on enferme l'espace,
03:33on oublie l'espace du stade,
03:35il n'y a que l'espace de la parole
03:36et moi, je dois l'amener dans cet espace de la parole-là
03:39pour ne pas perdre en intensité.
03:41– Parlez-nous de cette jeune reine,
03:42cette jeune citoyenne,
03:44elle est magnifique dans sa posture.
03:45Parlez-nous d'elle,
03:46comment elle a vécu cet événement ?
03:49– Mais elle a vécu avec beaucoup d'intelligence.
03:51C'est une fille pour qui je prie,
03:53qui a une intelligence,
03:54elle est en classe de CM2
03:56et elle a une intelligence d'écoute.
03:59Il fallait juste lui expliquer
04:00que c'était comme si elle regardait une histoire
04:03et que les personnages rentraient dans son salon
04:05et qu'elle les rencontrait.
04:07Effectivement, elle a une intelligence de jeu,
04:09elle a été prise lors d'un casting
04:11et pendant tout le temps des répétitions,
04:14elle est d'une sensibilité humaine extraordinaire.
04:16Un jour, par exemple, j'étais malade,
04:17je ne suis pas venu en répétition
04:19et elle a pris son téléphone pour me demander
04:22pourquoi je n'étais pas venu
04:23et elle m'a demandé de l'avertir
04:24pour que, émotionnellement,
04:26mes absences en répétition
04:28ne se répercutent pas sur sa préparation.
04:30Ça, c'est du génie.
04:31Cette fille est un don pour l'Afrique
04:33et je prie pour elle.
04:34– Un génie, surtout dans sa posture,
04:37dans cette africanité
04:38qui se révèle d'abord par sa posture,
04:42sa tenue, sa mise,
04:43mais aussi par le teint noir.
04:44On a envie de chanter « Senghor ».
04:47– Mais oui, on était sur cette Afrique-là
04:50où ceux qui ont la peau noire ont la peau noire,
04:53les Africains qui ont la peau un peu claire
04:55ont la peau claire,
04:56mais personne ne cherche à travestir sa peau.
04:59Elle, elle représentait ce que l'Afrique avait d'authentique,
05:02ce que l'Afrique n'avait pas de violets,
05:04ce que l'Afrique n'avait pas de superflu.
05:06Et c'est pourquoi c'était très compliqué pour elle
05:08à la fois d'être cette actrice-là sur scène,
05:13de jouer avec moi,
05:15vu le décalage qu'il y a entre nous,
05:17mais aussi d'avoir des textes silencieux.
05:19Elle écoute, elle reçoit
05:20et elle doit parler sans ouvrir la bouche,
05:22sauf quand elle rencontre Keb.
05:24Et c'est vraiment ça, le symbole de cette pureté,
05:27de cette pureté qu'on voulait,
05:30cette pureté que Senghor évoque dans le poème « Femmes noires ».
05:34– Exactement.
05:35Parlez-nous aussi, professeur, de ce conte.
05:38Le choix a été fait comment ?
05:40Pourquoi Aline Situé, Diata ?
05:43– Mais parce que le directeur artistique, Khalil Siss,
05:45dès le début, voulait qu'on raconte l'histoire de l'Afrique
05:48par notre point de vue.
05:49Et dans la construction et dans les échanges
05:51dans l'équipe artistique,
05:53il fallait trouver un nom,
05:55et ce nom-là a été Sitoé.
05:57Et Sitoé signifie quelque chose.
05:59Sitoé, ce n'est pas juste Aline,
06:00c'est une référence à Aline Sitoé,
06:02mais c'est aussi un mot en deux syllabes.
06:04Et Sitoé, si vous prenez bien,
06:08nous renverrons à toutes les femmes qui, très jeunes,
06:1217, 15, 16 ans, ont pris de responsabilités,
06:15et Aline Situé, Diata, a fait cela.
06:17Donc, Khalil Siss, le directeur artistique,
06:20a travaillé sur cette proposition,
06:21et l'onomastie a suivi.
06:23C'est pourquoi nous remercions vraiment
06:25l'intelligence de cette écriture-là,
06:27avec le maître ancien Adama,
06:29mais nous avons retravaillé
06:30pour que le personnage ne soit pas
06:32juste Aline Sitoé,
06:34mais Sitoé, symbole de l'ensemble
06:36des jeunes enfants d'Afrique et du monde.
06:40Parlons maintenant, professeur, des symboles,
06:42la posture de votre bâton de parole,
06:45qui porte une esthétique forte.
06:47Quel rôle jouent ces atours
06:48pour incarner les gardiens de la mémoire
06:50face au monde entier ?
06:53Parce que ce bâton-là,
06:54quand on regarde les gravures qu'il y a autour,
06:56et en travaillant avec la styliste
06:58et en échangeant avec elle,
07:00il nous fallait trouver un bâton
07:02qui dépassait mon épaule,
07:04mais qui n'arrivait pas à ma tête,
07:05et qui était formé en boucle,
07:07qui représentait un arbre.
07:09Moi, j'étais avec l'arbre,
07:10j'étais avec la faune et avec la flore.
07:11Parce que quand je dois aller chercher
07:13des racines pour me guérir,
07:14c'est ce bâton qui me protège,
07:16ce bâton en bois d'ébène.
07:17Il est en bois d'ébène,
07:19sculpté avec des rayures
07:20qui marquent l'évolution de l'Afrique
07:21et les différentes postures.
07:23C'est pourquoi je l'ai sur le bras droit,
07:25pour avoir, côté cœur,
07:27citoyen à qui je dois transmettre
07:28ce que je porte,
07:29et qui ne m'appartient pas,
07:30qui appartient à l'Afrique.
07:32Donc, tout a été pensé,
07:33rien n'est fait au hasard ?
07:36Aucun détail n'a été ignoré.
07:39Tout, sur le plan du style,
07:42sur le plan de la démarche,
07:43sur le plan des habits,
07:44tout s'expliquait et tout se justifiait.
07:46Rien n'a été improvisé.
07:48La connexion visuelle et émotionnelle,
07:51on l'a vu entre vous deux,
07:52avec vous et la jeune comédienne,
07:54cette connexion est palpable.
07:56Il y a-tu eu une préparation particulière
07:58pour créer cette bulle d'intimité
08:00entre vous deux,
08:01les deux premiers personnages
08:02à franchir un peu ce stade ?
08:04On le rappelle que cette grande messe sportive,
08:06c'est une première en terre africaine.
08:09Oui, c'est une grande première
08:11et il a fallu un travail
08:13de proximité extraordinaire.
08:15Étant moi-même,
08:16et à été moi-même,
08:17professeur de français
08:18et en fait de la psychopédagogie,
08:19je sais les lois qu'il y a
08:21quand on travaille avec les enfants.
08:22Je fais beaucoup d'ateliers d'enfants
08:24depuis presque 30 ans,
08:2535 ans partout dans le monde
08:26et là,
08:27il me fallait,
08:27il me fallait que cette enfant
08:29soit ma petite fille
08:31née de mes entrailles.
08:33Il ne fallait pas
08:34qu'elle soit une comédienne.
08:35J'ai eu la chance
08:35d'avoir beaucoup de discussions
08:37avec elle,
08:38beaucoup de répétitions
08:38avec elle,
08:39une complicité
08:40qui faisait qu'elle pouvait
08:41se coucher sur moi,
08:42elle pouvait me taper derrière,
08:44elle pouvait tout le faire.
08:45Et dès que j'ai eu cette confiance-là,
08:46avec son intelligence de jeu,
08:48avec le don qu'elle a en elle,
08:50il a fallu qu'on travaille nos silences,
08:52nos silences,
08:53nos yeux,
08:53nos regards.
08:54On a tout calibré,
08:56on a tout répété
08:56et heureusement qu'elle n'a pas paniqué
08:58parce qu'elle a cette force
09:00et cette présence-là aussi.
09:01En tout cas,
09:02le public a été acquis
09:04à votre cause
09:05avec la complicité de la régie.
09:07Nous allons écouter
09:08quelques réactions du public,
09:11les sentiments,
09:12vous allez le voir,
09:12sont unanimes.
09:14J'ai beaucoup apprécié la cérémonie,
09:16je m'attendais quand même
09:17à quelque chose venant du Sénégal
09:19et franchement,
09:19je ne suis pas déçée.
09:20Que ce soit au niveau de l'ambiance,
09:22au niveau du temps,
09:23du timing,
09:23tout était vraiment très beau.
09:24J'ai vu tout le Sénégal,
09:26des gens heureux et heureuses
09:28pour venir et participer
09:29à cette très belle cérémonie
09:30des JOJ 2026.
09:32On a 12 jours
09:32pour faire vivre le sport,
09:3312 jours pour accompagner
09:36les athlètes,
09:3712 jours pour montrer au monde
09:38le teranga
09:39dont on parle tout le temps.
09:42La teranga,
09:43professeur Massambagué,
09:44en écoutant un peu
09:45la réaction de ce public,
09:47vous vous dites « ouf,
09:49on l'a fait,
09:50on est entré dans l'histoire ».
09:52C'est ce qu'on dit,
09:54on l'a fait,
09:54on est entré dans l'histoire
09:56en racontant l'histoire
09:57du point de vue de l'Afrique.
09:59On a trop raconté l'Afrique
10:00par des choses
10:01que l'Afrique n'est pas.
10:02On a trop raconté
10:03notre rencontre
10:04avec le monde.
10:05Pour une fois,
10:06nous avions l'opportunité
10:07d'écrire un texte
10:08nous-mêmes,
10:08de le porter nous-mêmes,
10:09sans être condescendants,
10:11sans être au-dessus
10:11de qui que ce soit.
10:12Mais rappelez quand même
10:13qu'Al-Kéboulan
10:14est la reine-mère,
10:15c'est elle qui enfante
10:16le monde.
10:17C'est pourquoi,
10:18dès le début du texte,
10:18je lui dis,
10:19je vais te raconter
10:20l'histoire des tiens,
10:21je vais te raconter
10:22l'histoire d'Al-Kéboulan,
10:24ta grand-mère,
10:25mais j'ouvre
10:25la reine-mère,
10:27celle qui enfante
10:28le monde.
10:29Et nous soutenons
10:29ce texte-là,
10:30et c'est la beauté
10:31de l'écriture,
10:32dans un monde
10:32où les machines
10:33n'existaient pas encore,
10:35et cette transmission,
10:36elle est faite.
10:36Oui, nous l'avons fait.
10:37Pour une fois,
10:38l'Afrique a parlé
10:39d'elle-même.
10:40Et quand l'Afrique
10:40parle d'elle-même,
10:41les enfants africains
10:42ont envie
10:44de croire en eux
10:45et de s'implanter
10:46dans leur terroir.
10:47En ouvrant les géogies
10:48par la force
10:49du conte et du verbe,
10:51quel pont espérez-vous
10:52bâtir entre
10:52l'olympisme moderne
10:54et les racines profondes
10:56du patrimoine africain ?
10:58Mais c'est que
10:59l'on redonne
11:00à ce patrimoine-là
11:01la force que la Grèce
11:03a donnée
11:03à son héritage.
11:05Pour allumer ce feu,
11:06la Grèce n'utilise pas
11:07des matériaux nouveaux.
11:09La Grèce pose
11:10le vasque au milieu
11:11et attend
11:12une heure particulière
11:14là où Dionysos
11:15faisait son mythe
11:16pour que
11:17la flamme du soleil
11:18vienne éclairer.
11:19Il faut qu'on comprenne
11:20que le monde est vieux
11:21mais l'avenir sort du passé.
11:22Espérons qu'après,
11:23le patrimoine africain
11:25et que l'intangible,
11:27l'héritage intangible,
11:28le patrimoine immatériel
11:29sera reconstitué
11:31et reposé
11:32au milieu
11:33de toutes les politiques
11:34de développement.
11:34On ne peut pas
11:35développer ce continent-là
11:36en ignorant son passé,
11:38en ignorant sa culture,
11:39en ignorant son patrimoine
11:41et en plaquant
11:42toutes les politiques
11:44de développement
11:44que le monde nous impose.
11:45On a vu dans cette cérémonie
11:47d'ouverture
11:48qui est d'ailleurs
11:49sur l'écran
11:50que vous avez mis l'accent
11:51sur le narratif africain.
11:53Un moyen de rapatrier
11:54notre imaginaire, professeur ?
11:57Mais effectivement,
11:58quand on rêve
11:58dans la langue des autres,
12:00nos personnages parlent
12:01dans nos propres langues.
12:02Et c'est pourquoi
12:03il faut que le narratif-là
12:05soit écrit
12:06sans rien changer,
12:10mais avec un point de vue nouveau
12:12parce que c'est ce narratif-là
12:14qui fonde les imaginaires.
12:15Et avec les imaginaires d'emprunt,
12:17les Africains seront toujours décomplexés.
12:19Nous avons une Afrique décomplexée,
12:21une Afrique avec des gens
12:23de mon âge
12:24qui n'ont jamais eu
12:25à baisser le front
12:27parce que nous avons voulu
12:28nous construire.
12:29Et c'est le seul salut que j'ai.
12:31J'avais fait l'option
12:32de rester au Sénégal,
12:33de me construire au Sénégal
12:34et de construire mon itinéraire
12:36à travers le patrimoine.
12:37Aujourd'hui,
12:38je pense que l'Afrique
12:39doit être fière
12:40et une doit réécrire
12:42notre rapport au monde.
12:43L'Afrique par elle-même,
12:45au cœur du monde,
12:46une leçon à distiller
12:47aux générations présentes
12:48et futures.
12:51Effectivement,
12:52c'est pourquoi
12:52la présence de citoyens
12:54est extraordinaire.
12:55Les clins d'Adi-Bri-Diombam-Méti
12:57sont extraordinaires.
12:58Al-Kéboulan,
12:59une femme sur une femme blanche,
13:00sur un cheval blanc,
13:02excusez-moi,
13:03chantée par une diva
13:05la parole aux femmes,
13:06aux femmes modernes,
13:07aux femmes traditionnelles
13:08et ces trois créatrices
13:09de costumes
13:10sur les trois temps
13:11qui sont toutes
13:11de jeunes africaines
13:12et cette musique
13:13qui a été enregistrée
13:15et mixée
13:16par un jeune Sénégalais
13:17de moins de 40 ans.
13:18C'est cela le message.
13:20Oui,
13:20laisser la place
13:21aux jeunes africains,
13:22mais eux aussi,
13:23ils doivent comprendre
13:24que nous ne sommes pas
13:26un continent
13:26qui jettent les personnes âgées
13:28à la rue
13:29ou qui les attaquent.
13:30Nous devons créer
13:31ce pont intergénérationnel
13:33pour que l'Afrique
13:34puisse dire au monde
13:35« Nous avons encore
13:36une part d'humanité
13:37dont vous avez besoin. »
13:38et tout commence par le bas.
13:40Les artisans un peu
13:41de cette cérémonie
13:43extraordinaire,
13:43ce sont des talents locaux.
13:45Ça aussi,
13:45c'est extrêmement important,
13:46professeur.
13:48Mais oui,
13:49c'est juste la confiance.
13:50Quand on fait confiance
13:51à une équipe jeune,
13:52un directeur artistique jeune,
13:54très branché,
13:56fashion,
13:56mais qui comprend
13:57les enjeux du patrimoine,
13:58quand on prend
13:59une jeune créatrice
14:00qui est ouverte au monde,
14:01très moderne,
14:02et quand on prend
14:04des chorégraphes africains,
14:06plusieurs chorégraphes africains,
14:07vous avez vu la chorégraphie
14:08des lutteurs
14:09avec Jean Tamba,
14:10la chorégraphie des 150
14:11avec Maria Niox,
14:12qui est une Camerounaise
14:13qui vit au Sénégal
14:14depuis presque 40 ans.
14:15Mais c'est exactement
14:17ce qu'il faut,
14:18faire confiance,
14:19donner les moyens
14:20et travailler en silence.
14:21Nous avons monté
14:22ce spectacle
14:22sur plus d'un an et demi,
14:24plus de neuf mois,
14:25et vous avez vu
14:26dans le silence.
14:27Ils ont construit
14:28dans le silence.
14:30Professeur,
14:30on a vu un peu
14:31que cette œuvre
14:33entre dans l'histoire,
14:34mais il ne faut pas
14:35que cette œuvre-là
14:36soit un apaxe,
14:37quelque chose
14:38que l'on oublie.
14:39Comment préserver
14:39cette mémoire ?
14:41Mais préserver
14:42cette mémoire,
14:43c'est faire ce que
14:44l'État du Sénégal
14:44veut faire,
14:45et je pense
14:45qu'ils vont y arriver.
14:46C'est revoir
14:48les curriculats
14:48de formation
14:49et au-delà
14:50du parcours pédagogique
14:52des enfants,
14:53avoir à côté
14:53un parcours citoyen.
14:55Que ces enfants
14:56se déplacent,
14:56qu'ils aillent voir
14:57les sites et monuments,
14:58que ces enfants
14:58se déplacent,
14:59qu'ils aillent
14:59dans leur quartier
15:00rencontrer les personnes,
15:01qu'on leur raconte
15:02l'histoire de leur quartier,
15:03que les bâtiments
15:04qui sont là
15:04puissent avoir une mémoire.
15:06Si on n'a pas
15:07ce machement d'informations,
15:08nous allons être
15:09déconnectés des lieux.
15:11Et quand on est
15:11déconnectés d'un lieu,
15:12on peut vivre
15:13sur cette terre,
15:13mais on vit la tête ailleurs.
15:16Professeur,
15:16il y a également
15:17cette culture
15:18qui est le premier trésor,
15:20cette ressource humaine,
15:21ces ressources humaines.
15:22Placer la culture,
15:23c'est Senghor qui le disait,
15:24de la culture
15:25avant toute chose,
15:26pour un peu paraphraser
15:27Rimbaud,
15:28de la musique
15:28avant toute chose,
15:29la culture est importante
15:30pour bâtir une nation,
15:31pour bâtir
15:32une Afrique,
15:33un continent.
15:34Mais quand on a voulu
15:36avoir ce dossier-là,
15:38je pense que
15:40le comité olympique
15:41sénégalais
15:41nous avait appelé
15:42à rencontrer
15:43le comité olympique
15:44international
15:44et nous leur avions
15:45exposé
15:46les valeurs olympiques
15:47telles qu'elles existaient
15:48dans l'Afrique profonde.
15:49Aujourd'hui,
15:50oui,
15:50c'est la culture
15:52qui a accueilli le monde.
15:53J'espère qu'après,
15:54on ne jettera pas
15:55la culture en pâture
15:56pour en faire
15:57un élément
15:58non essentiel.
15:59Quand le monde
16:00vient voir l'Afrique,
16:01l'Afrique lui présente
16:02son identité.
16:03Et l'identité des peuples
16:04est dans leurs manifestations
16:06culturelles,
16:06leur passé,
16:08leur présent
16:08et leur futur.
16:09La culture n'est pas figée,
16:11le patrimoine n'est pas figé.
16:12Parlons un peu de vous
16:14pour terminer,
16:14professeur,
16:15passeur de mémoire.
16:17Vous vous investissez
16:18sur ces richesses
16:20culturelles,
16:21immatérielles,
16:22ces richesses culturelles.
16:23C'est quoi l'autre défi,
16:25professeur,
16:25Moussambé Gueye ?
16:26– Mais l'autre défi,
16:28c'est le numérique.
16:29C'est affronter le numérique.
16:31Créer un narratif africain
16:32dans le numérique.
16:33Arrêter de subir
16:34les bandes dessinées
16:35et les jeux vidéo
16:36qui viennent d'ailleurs
16:37les avoir,
16:38mais investir dans le numérique
16:39pour que nous irriguions
16:42l'IA,
16:43des discours qui font
16:45que les biais,
16:46le racisme,
16:46tout ce qui est africain
16:47ne sera pas négatif.
16:48et que c'est le défi.
16:50Le défi aujourd'hui,
16:51c'est aller rencontrer
16:52les jeunes.
16:53C'est pourquoi on fait
16:53beaucoup de podcasts
16:54nous en ce moment.
16:55Et aller rencontrer
16:56les jeunes là où ils sont,
16:57dans les sites internet,
16:59dans les autres supports
17:01des réseaux sociaux.
17:02C'est le prochain défi.
17:03Cette Afrique sera numérique
17:04ou ne sera pas.
17:05– En tout cas, professeur,
17:07merci beaucoup d'être là.
17:09– Merci à vous.
17:10– C'est un plaisir.
17:11Place maintenant
17:12à l'instant plus sûr.
17:19– Et l'instant culture,
17:21nous allons continuer
17:22de parler de comptes.
17:23Au commencement,
17:24c'était l'oralité
17:25avec un autre invité
17:27en ligne depuis Rabat,
17:28professeur Abdallah El-Ambraoui.
17:30Bonjour.
17:31– Bonjour.
17:32– Merci beaucoup.
17:33Merci beaucoup d'être là.
17:35Une chronique,
17:36cette chronique
17:36qui s'invite dans l'Africulture,
17:38mais pourquoi ?
17:39Quel est le sujet même ?
17:42Cette richesse
17:43de cette chronique
17:44que vous nous préparez
17:44et que vous allez nous distiller
17:46aujourd'hui ?
17:48Alors, rebonjour.
17:49Je serai en quelque sorte
17:51votre compagnon indocile
17:52avec l'envie
17:54de vous entraîner
17:55à la découverte
17:56justement
17:56des passions littéraires,
17:58culturelles et artistiques
17:59qui traversent
18:00le continent africain
18:01et ses diasporas.
18:02Ensemble,
18:03nous partirons
18:04à la découverte
18:05de cette immense
18:08archipel
18:09de création
18:10d'imaginaire
18:10fait de singularité,
18:12de rencontres
18:13et de circulation.
18:14Nous irons ainsi
18:15à la rencontre
18:16justement
18:17le canteur,
18:18le professeur
18:19Massamba
18:19parle de la rencontre.
18:21Nous irons
18:21à la rencontre
18:22justement
18:22des auteurs,
18:23des œuvres
18:24et des traditions
18:25qui enrichissent
18:26le patrimoine
18:27culturel universel.
18:29Et ça, c'est important.
18:30Aujourd'hui,
18:30vous avez décidé
18:31de nous parler du conte.
18:32Pourquoi ?
18:34Je dirais que
18:35tout simplement
18:36pour comprendre
18:37une culture,
18:38il faut aussi savoir
18:39écouter les histoires
18:40qui l'ont façonnée.
18:41Et lorsqu'on remonte
18:43aux sources
18:44de nombreuses traditions
18:45littéraires africaines,
18:46on rencontre
18:47naturellement
18:48l'oralité
18:48qui a constitué
18:50dans bien des sociétés
18:51du continent
18:51un espace fondamental
18:53de la création,
18:54de la mémoire,
18:56de la transmission.
18:57Le conte ne servait pas
18:59uniquement à divertir,
19:01il était aussi
19:01un instrument
19:03d'éducation.
19:04À travers les récits,
19:05les anciens
19:06transmettaient
19:06aux plus jeunes
19:07des savoirs,
19:07Massamba vient de le dire,
19:10des valeurs
19:10et des règles de vie.
19:12On apprenait
19:13en écoutant
19:14deux mots
19:15que j'ai retenus
19:16dans la parole
19:16de Massamba,
19:17c'est la parole
19:18et l'écoute.
19:19On apprenait
19:20en écoutant
19:20et on réfléchissait
19:22à travers
19:22les aventures
19:23des personnages.
19:24Mais le conte
19:24était aussi
19:25un art de la parole
19:27fondé sur la maîtrise
19:28de l'expression orale
19:30et de la rhétorique.
19:31Le conteur,
19:32comme Aesop,
19:33pour rendre justement
19:34à Aesop
19:34ce qui lui appartient,
19:35savait jouer
19:36de sa voix,
19:37du rythme,
19:38des silences,
19:38des répétitions,
19:39des gestes,
19:40des dits
19:41et des non-dits
19:41pour captiver
19:42son auditoire.
19:44Il faisait du récit
19:44une véritable performance
19:46pour la manière
19:47de dire
19:48qu'on est autant
19:49que l'histoire
19:50elle-même.
19:51Cet héritage
19:52a été porté
19:53par de grandes figures.
19:55Au Maroc,
19:56on peut évoquer
19:57Mohamed Beriz,
19:58conteur traditionnel
19:59de la place
19:59à Marrakech.
20:01À l'échelle du continent,
20:02Amado
20:03en pâté bas,
20:04chez qui
20:04il n'y a pas
20:05de petites querelles,
20:07a consacré
20:08son œuvre
20:09à la sauvegarde
20:10des traditions orales.
20:12Le grand-père
20:12Ouedi
20:13et ses contes
20:14qui traversent
20:14les époques,
20:15recueil de contes
20:16publiés au Maroc
20:17par Eugène Baudet
20:18chez Africa Mood,
20:19le Sénégal,
20:20enfin le Sénégal,
20:21d'Irago Diop,
20:22quant à lui,
20:22a donné une nouvelle vie
20:24littéraire au récit
20:25transmis par le griot
20:27Amadou Koumba.
20:28Le conte est ainsi
20:29un patrimoine vivant.
20:31Il préserve
20:31une mémoire collective
20:33tout en la transmettant
20:34de génération
20:35à l'autre.
20:37Professeur Massamba
20:38est là pour vous écouter.
20:40Il était parti,
20:40mais comme il aime le conte,
20:42professeur Massamba Gueye,
20:43on parle du conte,
20:44forcément,
20:44vous allez revenir.
20:47Mais je veux revenir
20:48d'autant plus
20:48que j'ai fait un doctorat
20:49sur le conte.
20:50J'ai consacré ma thèse
20:51sur l'étude du conte
20:53du conte traditionnel
20:55au conte moderne
20:56en étudiant ses variations
20:57et ses permanences
20:58thématiques et stylistiques.
21:00Et je me retrouve
21:01totalement dans cette analyse-là
21:03parce que le conte
21:05est un art démocratique.
21:07Il n'appartient à aucune famille,
21:09il n'appartient à aucune communauté.
21:12Tout Africain,
21:13toute personne,
21:14tout humain
21:14peut compter
21:15et le conte
21:15est un genre
21:17universel
21:17et c'est pour moi
21:19extraordinaire.
21:19C'est la démocratisation
21:20de la parole,
21:21mais surtout,
21:22il y a dans le conte
21:24ce qu'on appelle
21:24l'histoire et le récit.
21:26Et le récit
21:26est parfois plus important
21:27que l'histoire.
21:29Professeur Abdallah El Amraoui,
21:30est-ce que vous avez
21:31des exemples
21:32pour nos téléspectateurs
21:33de contes
21:33qu'il faut lire
21:34et faire lire ?
21:37Le conteur Massamba
21:39vient de le dire.
21:40Justement,
21:40il existe une multitude
21:42de contes
21:42qui illustrent
21:43une particularité
21:44africaine
21:45assez fascinante.
21:47Ce sont des histoires
21:48qui n'appartiennent
21:49à personne,
21:50mais qui,
21:51paradoxalement,
21:51appartiennent
21:52à tout le monde.
21:53Ces histoires
21:54traversent les générations
21:56et les frontières,
21:57changent parfois
21:57de langue
21:58ou de décor,
21:59tout en conservant
22:00leur trace narrative,
22:02leur portée symbolique.
22:03Prenons,
22:04puisque vous avez demandé
22:05quelques exemples,
22:06prenons d'abord
22:08l'exemple
22:09du lièvre,
22:10figure récurrente
22:11de plusieurs traditions
22:12africaines,
22:13souvent plus faibles
22:14que ses adversaires.
22:15Il triomphe
22:16du lion
22:16ou de la hyène
22:17grâce à son intelligence,
22:19à sa ruse,
22:19à son habileté
22:20à manier la parole.
22:21Il nous rappelle
22:22que l'imagination
22:23peut parfois
22:23l'emporter
22:24sur la force.
22:26Pensons ensuite
22:26à la tortue.
22:28Dans certaines traditions,
22:29notamment chez
22:30les Yoruba
22:30du Nigélien,
22:32elle est connue
22:33sous le nom
22:34d'It-Jakpa.
22:35Loin d'incarner
22:36systématiquement
22:37la sagesse
22:38et la patience,
22:39elle se montre
22:39souvent rusée,
22:41gourmande,
22:42voire parfois
22:42manipulatrice.
22:44Ses aventures
22:44mettent en lumière
22:45les contradictions
22:46du comportement humain
22:48et les conséquences
22:49de nos actes
22:50à chacun.
22:52Enfin,
22:52évoquons
22:53annoncer
22:54l'araignée
22:55des traditions
22:56africaines,
22:57notamment chez
22:58les achentis
22:59du Ghana.
22:59Grâce à son
23:00intelligence,
23:01à sa parole,
23:02parler de la parole,
23:03elle parvient
23:04à déjouer
23:05des situations
23:06complexes.
23:07Ses histoires
23:07ont traversé
23:08l'Atlantique
23:09avec les populations
23:10africaines déportées
23:11durant la traite
23:12négrière.
23:13Je ne vous apprends
23:14rien,
23:14elles ont trouvé
23:15une nouvelle vie
23:16dans les Caraïbes,
23:17notamment en Jamaïque,
23:19où Annoncer
23:19est devenu,
23:20je parle sous
23:21le contrôle
23:22de Massamba,
23:23est devenu
23:24une figure
23:24importante
23:25de la mémoire
23:26et de la résistance
23:27culturelle.
23:28Ces trois personnages
23:29appartiennent
23:30à des univers
23:30distincts,
23:31mais ils nous parlent
23:32finalement des mêmes
23:33réalités humaines,
23:35l'intelligence,
23:36la ruse,
23:36les ambitions,
23:37le vivre ensemble,
23:38l'altérité
23:39et les faiblesses
23:40et les forces.
23:41C'est peut-être là
23:42l'une des plus
23:43belles fonctions
23:44de la littérature
23:45orale.
23:45Nous rappeler
23:46que les histoires
23:47voyagent,
23:48que les cultures
23:48dialoguent
23:49et que les imaginaires
23:50se rencontrent.
23:51Notre chronique
23:52s'achève,
23:53mais que personne
23:54ne s'y trempe.
23:55En Afrique,
23:57une histoire
23:57qui se termine
23:58est souvent
23:59une histoire
23:59qui commence ailleurs.
24:01À la semaine prochaine
24:02pour de nouvelles
24:03explorations
24:04au cœur
24:04des passions
24:05littéraires,
24:05culturelles
24:06et artistiques
24:07du continent africain
24:08et de cette diaspora.
24:10Merci beaucoup
24:13professeur Abdelha
24:14Enam Ravie,
24:15enseignant-chercheur
24:15à l'université
24:16Mohamed V de Rabat.
24:17On remercie de nouveau
24:18professeur Massamagé
24:19qui était là
24:19pour écouter un peu
24:20cette chronique
24:21sur le compte.
24:22Merci à vous deux.
24:23On va continuer
24:24d'ouvrir les pages.
24:26C'est dans un instant.
24:32Dans cette sortie littéraire,
24:34à lire et à faire lire
24:35de Yaya Diabondi,
24:37Diabondi,
24:38c'est Aboubo Marley
24:40et l'intrigue plonge
24:40au cœur d'un quartier
24:41populaire et difficile
24:43d'habit de Jean.
24:43Le personnage est obsédé
24:45par l'idée
24:46de partir en Europe.
24:47Le drame de l'Atlantique
24:49et le mythe
24:50de l'ère de Nadeau
24:50toujours présent.
24:52C'est un roman
24:53sensationnel
24:54et redoutable.
24:55Je vous le promets.
24:56Sans oublier
24:57de choper dans les rayons
24:59nos vies sauvages
25:00de Emelie Boum,
25:01un roman puissant
25:02et salué
25:03par la critique.
25:04Cette œuvre s'impose
25:05comme l'un
25:07des titres phares
25:07de la rentrée.
25:08Emelie Boum,
25:09grand prix,
25:09littéraire
25:10à deux reprises
25:112025
25:13et 2015.
25:14Et enfin,
25:16la chronique
25:16d'Ananda Devi
25:17publiée dans l'édition
25:19Grasset.
25:19C'est aussi un délice,
25:20un fresque magnifique.
25:22Encré à l'île Maurice,
25:24l'autrice remonte
25:25aux origines
25:26d'une communauté
25:27profondément marquée
25:28par l'esclavage,
25:29l'exil
25:30et les secrétaires.
25:32Trois ouvrages
25:33à lire
25:34et à faire lire.
25:35Merci beaucoup,
25:37chers téléspectateurs.
25:38C'était
25:38Afrique en Culture.
25:39Aujourd'hui,
25:40nous sommes braqués
25:41sur le conte,
25:42le conte au cœur
25:43de l'Olympisme
25:44avec ses
25:45JOJ
25:45d'Akav 26.
25:47Avec nous
25:47était professeur
25:49Massambagué,
25:50conteur,
25:51écrivain,
25:51scénariste
25:52et l'enseignant-chercheur
25:53Abdallah El Amraoui
25:55à la présentation.
25:56Papa Moussa.
25:57Merci beaucoup
25:57à cette noblesse
25:58anodine,
25:59celles et ceux
25:59qui nous ont permis
26:00de réaliser cette émission.
26:01Rendez-vous la semaine prochaine
26:02pour une haute Afrique
26:04en culture.
26:05À bientôt.
26:12Sous-titrage Société Radio-Canada