00:02Ce soir, nous sommes heureux d'accueillir Mme Pascale Angelo.
00:07Aujourd'hui, à travers vos toiles, rien n'est figé. Le mouvement, l'effet du temps, les
00:20contrastes, tous font écho et résonnent dans chacun de vos tableaux. Mais est-ce vraiment
00:29cela les vibrations dont vous nous parlez ? Au cours de notre cheminement, nous allons
00:37prendre le temps de nous laisser surprendre par les formes, les couleurs, les lumières
00:44en nuances, chacun à son rythme, se laissant guider par le plaisir de la découverte et
00:53en changeant notre regard parfois au gré des tableaux, selon notre sensibilité. L'artiste
01:01nous ouvrant un espace de contemplation et ou de questionnement. Madame, nous vous remercions
01:10pour votre invitation, pour le partage de vos œuvres, de votre talent. Nous espérons
01:17que ces semaines d'exposition vous seront agréables.
01:23Alors, qu'est-ce que je vais vous dire ? Ce que je vais vous dire, c'est que je
01:26vais
01:26appeler Vibration, cet expo, après l'expo précédente que j'avais appelée Movimenti,
01:33qui voulait dire Mouvement, parce qu'en fait je crois que je suis toujours sur les mêmes
01:37thèmes, c'est-à-dire les thèmes qui font émerger en fait les questions du rapport
01:44de l'objet, alors l'objet réel, l'objet fantasmé, ou bien l'objet que nous sommes,
01:51nous, humains, au temps, c'est-à-dire comment le temps vient nous modifier, comment les
01:58lumières changent, comment les couches, les différentes couches dont nous sommes
02:02constitués nous en tant qu'humains, mais dont sont constitués aussi les murs de nos
02:07maisons avec les différentes couches de peinture, les trucs qu'on repeint, etc. Et comment
02:11quand ça se fracture, quand ça se fatigue, comment ça laisse apparaître des choses,
02:16quand il y a des choses qu'on recouvre, en disant non, ça ne va pas, on recouvre, et
02:19après ça se laisse, on a toujours des traces en fait du passé, des traces de ce qui a
02:24été, de ce qui a été, voilà. Et moi je suis fascinée par tout ça, et je pense que
02:28ma peinture, ma peinture parle de ce choc que j'ai eu très tôt dans les palais
02:34italiens, de ces différentes superpositions en fait de peinture qui se laissent
02:42apercevoir dans les, on va dire les effondrements qu'il y a, les légers effondrements qu'il
02:49peut y avoir et tout, et qui me bouleversent, parce que c'est là pour moi que naissent
02:54en fait, que naissent la lumière, la lumière de tout ce qui a été et tout ce qui peut
03:00cohabiter ensemble, et j'en suis ravie. Alors après parler de mon art, c'est vraiment
03:04très difficile. Bon, ah oui, si vous avez fait une parenthèse sur mon passé professionnel,
03:10alors je vais vous l'épargner, parce que j'ai bientôt 70 ans, et que ça fait quand même
03:16beaucoup beaucoup de choses à raconter, je suis vraiment tout à fait d'accord pour
03:20en discuter avec les uns et avec les autres si ça vous intéresse, certains, beaucoup
03:24d'entre vous sont au courant de ce parcours que j'ai eu, mais j'espère que vous pourrez
03:30en faire votre miel, et puis si vous avez des questions, vous hésitez pas, on met à ce
03:34moment-là, on fera ça autour du pot qui, vous avez vu, a commencé à se préparer.
03:39Applaudissements
05:24J'adore ce lieu, vous avez dit tous les qualités qu'il possède, mais il a un truc absolument
05:31extraordinaire, c'est que c'est à Dijon, à peu près le seul, enfin Dijon dans l'agglomération,
05:34en fait, c'est à peu près le seul endroit où on peut exposer des tableaux de la nature
05:39de ce que je fais, sans rentrer en concurrence et en rivalité avec d'autres éléments de
05:44décoration, et ça c'est quand même énorme.
05:47Et ça donne la place à la peinture, ça permet de s'exprimer, et ça donne envie de s'exprimer,
05:53et à partir du moment où j'ai su que j'allais exposer là, vous dites que j'ai une
05:58peinture
05:58qui change beaucoup, et c'est vrai, et bien je me suis encore plus lâchée, parce que je
06:02savais que j'étais là, et j'allais avoir de l'espace, et j'allais pouvoir m'exprimer,
06:05et ça c'est extrêmement précieux.