00:06Vous écoutez notre série Crime Story, Jeffrey Epstein, un pédocriminel passé entre les mailles du filet, épisode 3.
00:18En 2008, Jeffrey Epstein a bénéficié d'un accord extrêmement avantageux avec la justice de Floride.
00:24Alors qu'il est établi qu'à 50 ans, il a eu des relations sexuelles avec plusieurs mineurs, il a
00:29finalement été condamné pour sollicitation de prostitution et incitation de mineurs à la prostitution.
00:36Ses chefs d'accusation, en deçà de la réalité, lui ont permis d'obtenir une peine très clémente, 18 mois
00:42de prison, en régime de semi-liberté.
00:45Après avoir effectué un peu plus des deux tiers de sa peine, il obtient une libération conditionnelle.
00:54Le mercredi 22 juillet 2009, Jeffrey Epstein sort de la prison de Palm Beach après avoir passé 13 mois en
01:00détention.
01:08Dehors, il reprend sa vie comme si rien n'avait changé.
01:11Il est censé être assigné à résidence pendant 12 mois, obligé de rester dans sa villa de Floride, mais il
01:16voyage sans problème.
01:17D'après le journal Le New York Post, il célèbre même sa libération dans son manoir de l'Upper East
01:22Side, à Manhattan, en compagnie d'un ami proche, le prince Andrew, l'un des fils de la reine d
01:28'Angleterre.
01:29En 2010, alors qu'il est libre depuis plusieurs mois, il organise une soirée dans ce même appartement new-yorkais,
01:35l'un des plus luxueux, paraît-il, de Manhattan.
01:38Parmi les invités, il y a encore une fois le prince Andrew, le célèbre réalisateur Woody Allen et quelques journalistes.
01:45La condamnation du financier a été très peu médiatisée et la plupart des invités présents ce soir-là diront plus
01:52tard qu'ils n'étaient pas au courant.
01:55Cet appartement new-yorkais, Marina Lacerda le connaît par cœur.
02:02Nous la rencontrons en Floride, à mi-chemin entre Palm Beach et Fort Lauderdale, au nord de Miami, où elle
02:09s'est installée.
02:12Elle s'est apprêtée pour l'entretien.
02:17Ses longs cheveux bruns sont plaqués et tirés en arrière, en queue de cheval.
02:21Elle porte un chemisier rose et de larges lunettes de soleil.
02:26Marina est volubile, très à l'aise.
02:28Et évoque tout ce qu'elle a vécu, avec une certaine légèreté.
02:35Je suis née et j'ai grandi au Brésil.
02:39Ma mère a déménagé à New York quand j'avais 7 ans.
02:42Et elle m'a laissée au Brésil pendant un an.
02:45Histoire de mettre de l'ordre dans ses affaires, pour préparer mon arrivée à New York.
02:52À 8 ans, Marina rejoint sa mère et son nouveau compagnon.
02:56Elle s'installe avec eux dans leur studio.
02:58La mère travaille de nuit comme femme de ménage dans un immeuble.
03:01Quand elle n'est pas là, le beau-père de Marina la viole.
03:04Ça durera 4 ans.
03:06Elle finit par le dénoncer.
03:08Il est envoyé en prison et elle reste seule, avec sa mère, qui lui en veut, et qui peine à
03:12joindre les deux bouts.
03:14Pauvre, sans papier, victime d'abus de la part d'un homme censé la protéger.
03:18Marina a 13 ans et le profil idéal pour tomber dans les griffes de Jeffrey Epstein.
03:25J'avais cette copine, celle qui a fini par me présenter à Jeffrey Epstein.
03:31Elle m'avait déjà entraînée sur la mauvaise voix.
03:34Un jour, elle me dit comme ça, de nulle part.
03:37Écoute, je sais que c'est difficile pour toi en ce moment, mais je veux te présenter un homme très
03:41riche et très puissant.
03:43Il pourrait t'aider et il aime se faire masser par des jeunes filles.
03:47J'ai dit, ok.
03:49Elle m'a dit, écoute, la seule chose, c'est que tu devrais enlever ton chemisier.
03:52J'ai trouvé ça super bizarre, mais j'avais connu tellement pire avec mon beau-père que ça ne me
03:57semblait pas si mal.
03:59Alors on est montés dans un taxi et elle m'a emmenée chez Jeffrey Epstein.
04:04Quand on est arrivée, j'étais fascinée par les grandes portes marrons et les initiales à l'entrée.
04:11La femme de ménage nous ouvre la porte.
04:13Je me suis dit, mon Dieu, cette personne est vraiment riche.
04:18Et quand on est entrées à l'intérieur, encore une fois, j'étais sous le choc.
04:24Les plafonds faisaient je ne sais pas combien de mètres de haut.
04:29On est allés dans son bureau pour l'attendre.
04:33C'était son bureau et sa salle d'attente.
04:35Et là, je me retrouve face à plein de photos avec le prince Andrew,
04:40avec le président Bill Clinton, avec Trump.
04:43J'ai même vu Bush.
04:45J'ai vu tellement de personnes.
04:47Marina entre ensuite dans une autre pièce.
04:49Il y a une table de massage, une commode avec des lotions et des serviettes,
04:54et des nuages peints au plafond.
04:56Marina est émerveillée.
04:57C'était vraiment magnifique.
05:00Quand je suis rentrée dans la salle,
05:03je me suis dit, ce mec, c'est se faire plaisir et avoir un bon massage.
05:09Il est arrivé quelques minutes plus tard, m'a tendu la main et m'a dit,
05:12« Salut, je suis Jeffrey. »
05:14J'ai répondu, « Bonjour, je m'appelle Marina. »
05:17Il me dit, « J'ai entendu des choses merveilleuses sur toi. »
05:20Du coup, j'ai regardé ma copine en pensant.
05:22Elle a dû lui dire que c'est compliqué pour moi en ce moment,
05:24que j'ai besoin d'aide.
05:25J'étais trop contente.
05:28Ensuite, il s'allonge et me pose plein de questions.
05:31D'où je venais ? Sur ma famille ?
05:33Quel âge j'avais ?
05:35Si j'allais à l'école ?
05:37Il essayait de me connaître comme s'il s'intéressait vraiment à moi.
05:41Marina et son amie commencent à masser Jeffrey Epstein.
05:44À ce stade, elles ont déjà enlevé leur t-shirt.
05:46Le téléphone du financier sonne.
05:48Il l'attrape, raccroche immédiatement et se retourne.
05:52La serviette qui le recouvrait tombe.
05:56Il me regarde et il dit, « Tu peux enlever ton soutien-gorge ? »
06:00Je lui réponds, « Non. »
06:02Ma copine me regarde, genre, « Pourquoi pas ? »
06:07Après, il a essayé de toucher ma poitrine,
06:09mais j'ai repoussé sa main en disant que j'étais mal à l'aise.
06:13Mon ami m'a dit en portugais,
06:15« Pourquoi tu fais la fille prude ? »
06:17« Pourquoi tu réagis comme ça ? »
06:19Et lui, il dit, « C'est pas grave.
06:21Elle finira par être à l'aise. »
06:23Ça prendra du temps, mais elle finira par être à l'aise.
06:25Ma copine est venue à côté de moi et ils en sont venus à avoir un rapport sexuel.
06:34Il faut savoir qu'il a des goûts sexuels assez spéciaux.
06:37Il aime qu'on pince ses tétons.
06:40Il avait un rapport très violent en sexe.
06:43Il n'était jamais violent avec nous,
06:44mais je crois que ce sont ses goûts sexuels qui étaient très violents.
06:49À la fin, il atteint l'orgasme.
06:51Une fois qu'il a joui, il attrape une serviette, se nettoie rapidement et dit,
06:55« C'était super, merci beaucoup. »
06:58Il donne de l'argent à ma copine, puis il se retourne vers moi et il me dit,
07:01« À très bientôt. »
07:04Et là, j'étais sous le choc de ce qui venait de se passer.
07:08Ma copine s'est rhabillée, j'ai remis mon T-shirt.
07:13De retour en bas, elle me donne de l'argent en le mettant dans mon soutien-gorge et me dit,
07:16« Je ne comprends pas pourquoi tu as agi comme ça. »
07:19Je réponds, « Tu ne m'avais pas dit ce qui allait se passer. »
07:22Je m'attendais à complètement autre chose.
07:24Elle me répond, « Et alors tu serais venue de toute façon ? »
07:28Peut-être que non, même si j'étais dans une situation difficile,
07:31je ne suis pas sûre que j'aurais accepté ça.
07:36Ma copine savait que je refusais que les hommes me touchent,
07:39surtout les hommes plus vieux.
07:42Elle me dit, « Écoute Marina, personne ici ne t'aidera.
07:46Tu es une immigrée, ta famille n'est pas là,
07:50ta mère ne s'occupe pas de toi, t'es toute seule,
07:52t'essayes de sortir la tête de l'eau.
07:54Ce mec peut t'aider. »
07:56Deux semaines plus tard, Jeffrey Epstein est de retour à New York
07:59et il veut revoir Marina.
08:01Elle y retourne.
08:03Cette fois-ci, il ne lui demande pas d'enlever son t-shirt.
08:06Elle le masse, mais ça ne va pas plus loin.
08:09Surtout, il lui donne de l'argent et de nouvelles perspectives.
08:14Je me disais qu'il allait pouvoir m'aider à réussir ma vie aux Etats-Unis,
08:20qu'il pourrait peut-être m'aider à avoir des papiers,
08:22me faire entrer dans un bon litée.
08:27Je suis retournée là-bas plein de fois.
08:30Aujourd'hui, quand les gens me demandent
08:31« Quand est-ce que les agressions sexuelles ont commencé ? »
08:35« Je ne sais pas, parce que ça s'est fait petit à petit.
08:39On a d'abord eu des discussions amicales
08:41et j'ai fini par me retrouver toute nue et par être violée.
08:45Je ne sais pas comment on en est arrivés là.
08:49Il était très bon en manipulation. »
08:52Damien Delsenny, ce que Marina décrit s'apporte un nom,
08:56c'est un concept qui est né aux Etats-Unis.
08:59En français, on appelle ça le pédopiégeage,
09:01mais dans les faits, on utilise surtout le terme américain, le grooming.
09:05C'est un terme important parce qu'il ne décrit pas seulement des abus sur mineurs,
09:09mais un vrai mécanisme de prédation
09:11qui consiste en quelque sorte à préparer le terrain
09:14en établissant une relation de confiance avec un mineur
09:17et parfois même avec son entourage, avec sa famille,
09:20dans le but ultime de le manipuler
09:23pour commettre des abus sexuels sur lui.
09:25C'est très précisément ce qu'a fait Jeffrey Epstein
09:27avec Marina et son amie.
09:28Mais avec aussi beaucoup d'autres jeunes filles
09:31en leur donnant le sentiment qu'ils s'intéressaient vraiment à elles,
09:34qu'ils pouvaient les aider.
09:35Et donc, il crée comme ça une relation de dépendance
09:38de ces jeunes filles vis-à-vis de lui.
09:41Et puis, il leur promettait de leur ouvrir les portes d'Harvard,
09:44de Yale, les grandes universités américaines.
09:47Il a même dit à Marina qu'il était chirurgien cardiaque.
09:51Elle le voyait vraiment comme sa seule chance de s'en sortir.
09:57Il était très sympa, très cool.
09:59On discutait, on rigolait.
10:01Il s'intéressait à nous.
10:03Je savais que c'était un pervers, mais il était sympa.
10:06Il me donnait de l'argent et c'était exactement ce que je voulais.
10:10Même quand je ne pouvais pas le voir, il me donnait de l'argent.
10:13Je l'appelais, je lui disais, j'ai besoin de 300, 500 dollars.
10:16Il me disait, passe les prenaux bureaux.
10:18Parait si je demandais des billets pour un spectacle à Broadway.
10:22Marina explique que la plupart du temps, elle était en contact,
10:26non pas directement avec Jeffrey Epstein, mais avec deux femmes,
10:29Sarah Kellan et Leslie Groff.
10:30Ce sont les assistantes de Jeffrey Epstein
10:33et elles sont citées par de très nombreuses victimes.
10:35Elles font partie des quelques femmes qui semblent être les vraies assistantes,
10:40c'est-à-dire pas des jeunes filles qui l'agressent
10:42et qui l'obligent à recruter d'autres jeunes filles,
10:45mais vraiment des employés qui travaillent pour lui.
10:49Elles sont en quelque sorte en haut de la pyramide de la prédation qu'il a mise en place
10:53et toujours aujourd'hui, elles n'ont pas été inquiétées par la justice.
11:03En agressant des mineurs, des jeunes filles qui n'ont pas d'expérience sexuelle,
11:07les pédocriminels les désensibilisent aux abus sexuels.
11:10Elles s'habituent à les subir, elles se dissocient de leur corps
11:14et elles sont ainsi plus à même d'être à nouveau agressées ou violées
11:17par d'autres hommes dans d'autres contextes.
11:21C'est la raison pour laquelle certains schémas se répètent
11:24chez les victimes de crimes sexuels.
11:25Dans le cas de Jeffrey Epstein, comme elles sont particulièrement jeunes,
11:29impressionnables et vulnérables,
11:31certaines finissent même par considérer que leur position est enviable
11:34et qu'elles doivent faire des efforts pour conserver leur place auprès de lui.
11:40Un jour, ma copine et moi, on prend de la drogue dans la salle de massage.
11:44Parfois, on buvait.
11:46On prenait toujours quelque chose pour surmonter ce qu'on vivait dans cette pièce.
11:50Personne ne veut vivre ça consciemment.
11:56Quelques semaines plus tard, on y retourne
11:57et il arrive d'un coup et nous demande
11:59« Vous prenez de la drogue ? »
12:02On dit « Non, promis. »
12:06Il répond « Si, ça se voit. »
12:09« Oui, vous êtes. »
12:11On promet.
12:12« Non, Jeffrey, on n'en prend pas. »
12:15Il dit « Si je découvre que vous en prenez, je vous vire, c'est fini. »
12:22Il nous a donné une semaine pour arrêter.
12:24Et il a dit « Si j'ai le moindre doute, j'envoie une mèche de cheveux au labo
12:29et vous ne me verrez plus jamais. »
12:33Marina se rend pour la première fois chez Jeffrey Epstein à l'été 2002,
12:37quand elle a 13 ans.
12:38Jusqu'à ses 17 ans, elle le voit régulièrement.
12:41Il ne reste jamais hors de New York pendant plus de deux ou trois semaines.
12:45Et à chaque fois qu'il revient et qu'elle doit se rendre disponible,
12:49ses secrétaires la préviennent.
12:53Ça m'est déjà arrivé dans la salle d'attente de croiser des filles.
12:57Une en particulier que j'ai vue plusieurs fois.
13:00Je me disais « Ça doit être une étudiante qui est là pour parler d'un événement
13:03ou qui a des questions à lui poser pour ses études. »
13:12J'ai jamais pensé qu'il pouvait y avoir plusieurs filles.
13:14Je pensais que c'était que moi et mon ami.
13:17On est arrivé au stade où il m'a demandé de ramener d'autres copines.
13:21J'étais mal à l'aise.
13:23Je lui ai dit « Jeffrey, je ne veux parler de ça à personne.
13:26Je n'ai pas envie que tout le monde le sache à l'école. »
13:31Il m'a répondu « Écoute, si tu veux continuer à faire partie de mon monde,
13:35tu dois me ramener quelqu'un.
13:38Tu sais, il n'y a que ça qui me rend heureux. »
13:43À ce moment-là, j'avais une amie que j'avais rencontrée dans la rue.
13:45« Je lui en ai parlé, j'étais gênée.
13:49Elle m'a tout de suite répondu « Je suis partante. »
13:53Alors je l'ai amenée et le fait de l'amener elle,
13:56ça a ouvert la porte à toutes nos autres amies.
14:00Je savais que c'était mal.
14:01Je ne pensais pas que c'était du trafic d'êtres humains. »
14:06C'est une autre des caractéristiques du système, mise en place par Jeffrey Epstein.
14:10Au bout d'un certain temps, les jeunes filles qu'il agresse et viole régulièrement
14:14deviennent aussi des rabatteuses pour lui.
14:17Ça lui permet de multiplier les victimes et de ratisser de plus en plus large
14:20dans des milieux sociaux qu'en dehors de ce cadre criminel, il ne côtoie jamais.
14:27Damien, là encore Marina décrit un processus largement utilisé par Jeffrey Epstein.
14:33« Il ne se contente pas de faire de ces jeunes femmes des victimes,
14:36il en fait aussi ses complices. »
14:38C'est aussi ce qui rend ce témoignage très intéressant
14:41parce que comme Marina a eu pendant plusieurs années cette relation avec Jeffrey Epstein,
14:46ce qu'elle raconte permet de comprendre comment il met en place son système.
14:51Il choisit des filles qui vont en fait rapidement avoir besoin de lui,
14:56être dans une relation de soumission,
14:58ou en tout cas imaginer que sans lui, la vie serait bien plus difficile.
15:02Marina, elle n'a pas de papier et elle a le sentiment à ce moment-là
15:05que quelque part, il l'aide Jeffrey Epstein.
15:08Et au bout d'un moment, en plus de la violer, il fait d'elle une rabatteuse.
15:12Donc toutes les filles qui sont tombées dans les griffes d'Epstein
15:16racontent peu ou prou la même chose.
15:18Et finalement, beaucoup d'entre elles, après avoir été victimes de viol,
15:22sont devenues des rabatteuses pour ramener de nouvelles filles.
15:26En revanche, ce n'est que bien plus tard que ces victimes comprendront
15:29à quel point elles étaient nombreuses.
15:31Oui, parce que sur le moment, Marina et les autres pensent à chaque fois
15:35être les seules à avoir une relation de cette nature avec Jeffrey Epstein.
15:40Et en fait, aucune ne comprend qu'elle est juste une pièce,
15:43une toute petite pièce dans un immense puzzle.
15:46Elles pensent toutes que ce qui leur arrivait était exceptionnel.
15:49Et en fait, c'est souvent quand elles se sont retrouvées confrontées finalement
15:53à d'autres victimes, aux très nombreuses autres victimes de Jeffrey Epstein,
15:57qu'elles ont admis, en quelque sorte qu'elles ont compris qu'elles étaient en fait elles-mêmes des victimes.
16:05Une des premières personnes à prendre conscience de l'ampleur de l'affaire Epstein
16:09n'est pas une victime, mais une journaliste.
16:13Julie Kaybron travaille au Miami Herald, un journal local en Floride.
16:16Elle a 57 ans et s'est déjà distinguée pour ses enquêtes sur le milieu carcéral.
16:21C'est d'ailleurs en travaillant sur les prisons pour femmes aux Etats-Unis
16:24et sur la traite d'êtres humains qu'elle entend le nom de Jeffrey Epstein revenir souvent.
16:30Nous sommes alors en 2017.
16:32L'homme d'affaires est sorti de prison depuis 8 ans.
16:35Julie Kaybron se renseigne sur lui et découvre avec stupeur
16:38le très généreux accord que le pédocriminel a obtenu de la justice de Floride.
16:44Elle ne comprend pas comment Jeffrey Epstein a pu échapper à une peine plus lourde.
16:48Elle demande l'accès aux pièces à conviction.
16:51Elle découvre alors qu'un des architectes de cet accord
16:54est le procureur fédéral Alexander Acosta.
16:57Jusqu'à très récemment, il était inconnu du grand public.
17:00Mais il se trouve qu'il vient d'être nommé ministre du Travail
17:03dans le gouvernement de Donald Trump.
17:07Dans un premier temps, la journaliste souhaite juste faire un article
17:10dans lequel elle recueillerait les réactions
17:12des 4 ou 5 victimes connues d'Epstein à cette nomination.
17:15En cherchant à les contacter,
17:17elle réalise qu'il y en a beaucoup plus qu'elle ne le pensait.
17:20Et que pour une grande partie d'entre elles,
17:22elles ne sont même pas au courant de l'accord qui a été passé.
17:25Au bout de 3 mois d'enquête,
17:27Julie Kaybron a retrouvé 16 victimes,
17:30toutes mineures au moment des faits,
17:31dont Jenna Lisa, que nous avons entendues dans le deuxième épisode.
17:35La journaliste constate qu'une majorité de ces femmes
17:37sont devenues accros à la drogue,
17:39sont en couple avec des hommes violents
17:41ou sont en prison pour purger des peines bien plus longues
17:44que celles dont a écopé Jeffrey Epstein.
17:46Quand nous lui avons parlé en Floride,
17:48avec ma collègue Lucille Descamps,
17:50Julie Kaybron nous a raconté
17:51que le contraste entre ces femmes silenciées
17:54et ce millionnaire condamné
17:56qui a continué sa vie comme si de rien n'était,
17:58l'a frappée
17:59et l'a incité à s'accrocher à ce dossier.
18:02La journaliste se plonge alors dans le dossier judiciaire.
18:05Elle contacte Brad Edwards,
18:06l'avocat qui réunit et défend quelques victimes.
18:09Elle parvient à convaincre le chef de la police de Palm Beach
18:12et le directeur d'enquête de l'époque de lui parler.
18:14Et elle obtient les confidences de certaines victimes.
18:17Plus d'une vingtaine en tout,
18:19sur les 80 qu'elle a identifiées
18:21aux quatre coins des Etats-Unis
18:23et parfois même à l'étranger.
18:25Le jeudi 29 novembre 2018,
18:28le Miami Herald publie une série d'articles
18:30en trois parties.
18:36Le titre du premier article est explicite.
18:39Comment un futur ministre de Trump
18:41a offert à un violeur en série
18:43l'accord de sa vie ?
18:46Dans ses articles,
18:47elle explique comment le millionnaire
18:48a mis en place ce système
18:49lui permettant de contraindre
18:50des dizaines de mineurs
18:52à avoir des relations sexuelles avec lui
18:54dans son opulente villa de Palm Beach
18:56environ trois fois par jour,
18:58selon le chef de la police.
19:00Le scandale est immédiat.
19:02Jenna Lisa,
19:02une des victimes à Palm Beach
19:04qui témoignait dans notre épisode précédent,
19:06s'en souvient.
19:08Les gens étaient intéressés
19:10et c'est ce que je voulais.
19:12Que l'histoire soit racontée
19:14d'un autre point de vue.
19:16Mais d'un coup,
19:17les journalistes toquaient chez moi,
19:20se plantaient devant mon lieu de travail,
19:22venaient même devant la maison
19:23de mon ex-mari.
19:24Ils appelaient ma belle-fille.
19:26C'était trop pour moi.
19:29Je ne m'attendais pas à ça.
19:32Je m'attendais juste
19:33à ce qu'il soit arrêté.
19:35Honnêtement,
19:36je n'avais pas anticipé
19:37cette déflante médiatique.
19:39Car personne ne s'y intéressait avant.
19:42Damien,
19:43quelques semaines plus tard,
19:44début 2019,
19:45l'accord est étudié
19:46par un autre juge
19:47qui conclut que le gouvernement fédéral
19:49a organisé un complot
19:51avec Jeffrey Epstein
19:52pour enfreindre la loi
19:53sur les droits des victimes.
19:55Rapidement,
19:56que dit cette loi ?
19:56Alors,
19:57c'est le Crime Victims Rights Act.
19:59C'est une loi fédérale,
20:00donc commune à tous les États
20:02et qui a été adoptée
20:03en 2004 aux États-Unis.
20:05C'est une loi qui garantit
20:07en principe aux victimes de crimes
20:09un certain nombre de droits.
20:10Parmi ces droits,
20:11celui d'être informé,
20:13par exemple,
20:13au fil de la procédure,
20:14de toute audience
20:15ou de toute conclusion
20:17d'accord de non-poursuite,
20:18ce qui est assez fréquent
20:20aux États-Unis.
20:20Tout ça,
20:21les victimes de Jeffrey Epstein
20:22n'y ont pas eu droit.
20:24Il est établi
20:24qu'Alexander Acosta
20:25a sciemment décidé
20:27de ne pas informer
20:28les victimes
20:28de ce qui se passait.
20:29Il les a donc trompés.
20:31C'est reconnu officiellement,
20:32mais pour autant,
20:33l'accord n'est pas annulé.
20:35Parce que, tout simplement,
20:36il n'y a pas de mécanisme prévu.
20:37Pour cela,
20:38même si on reconnaît
20:39que cet accord a été passé
20:40dans des conditions
20:42non conformes,
20:43il n'est pas annulé.
20:44Epstein bénéficie toujours
20:45d'une immunité en Floride,
20:47mais des victimes
20:48ont été identifiées
20:50ailleurs,
20:50dans d'autres États,
20:51notamment à New York,
20:52ce qui permet
20:52à un procureur local,
20:54un procureur de l'État
20:55de New York,
20:56d'ouvrir à son tour
20:57une enquête
20:58sur Jeffrey Epstein.
21:01Cette procédure judiciaire
21:03est enclenchée
21:04dans le plus grand secret
21:05et Jeffrey Epstein
21:06n'en est pas informé.
21:07Mais peut-être
21:08que le battage médiatique
21:09autour de l'accord
21:10qu'il a conclu
21:10disant plutôt l'inquiète.
21:12Toujours est-il
21:13que seulement cinq mois
21:14après la parution
21:15des articles
21:15de Julie Cabron,
21:16le prédateur sexuel
21:18fait une offre
21:18pour acheter
21:19le premier étage
21:20de l'immeuble
21:20Avenue Foch à Paris,
21:22dans lequel il possède
21:23déjà un appartement.
21:24De quoi agrandir
21:25son logement parisien
21:26et le transformer
21:27en un immense duplex.
21:29Mais la vente
21:30n'aboutit pas.
21:31Au mois d'avril,
21:32Jeffrey Epstein
21:33contacte un agent
21:34immobilier français
21:34spécialisé dans
21:35les biens de luxe
21:36et lui dit
21:37qu'il souhaite vendre
21:38son ranch
21:38du Nouveau-Mexique.
21:39J'ai l'intention
21:40de le vendre,
21:41écrit-il,
21:42et de trouver
21:42quelque chose en Europe
21:43où je peux emménager
21:44dans les neuf mois.
21:45Souhaitait-il s'installer
21:46définitivement en France ?
21:48On ne le saura jamais.
21:50Ce qu'on sait,
21:51c'est qu'il n'en aura
21:51de toute façon
21:52pas le temps.
21:53Le samedi 6 juillet 2019,
21:55en fin d'après-midi,
21:57sept mois
21:57après les révélations
21:58de Julie Cabron,
22:00le jet privé
22:00de Jeffrey Epstein
22:01se pose sur le tarmac
22:02de l'aéroport
22:03de Teterboro
22:04dans le New Jersey.
22:05Le FBI et la police
22:06de New York l'attendent.
22:07À sa descente de l'avion,
22:09il est interpellé.
22:11Jeffrey Epstein
22:12est accusé
22:17d'organisation
22:17de trafic sexuel
22:18et, plus grave encore,
22:20de trafic sexuel
22:21de mineurs.
22:22Les enquêteurs
22:23le soupçonnent
22:24d'avoir organisé
22:25de 2002 à 2005
22:26un vaste réseau
22:28qui lui a permis
22:29d'abuser
22:29de dizaines de jeunes filles.
22:38Jeffrey est arrêté
22:40et on pense tous
22:41qu'il y aura un procès.
22:43Une chose
22:43que j'avais dite à Brad,
22:45c'était que
22:45s'il était arrêté
22:46et que j'avais l'occasion
22:47de lui parler au tribunal,
22:49je voulais qu'il m'entende,
22:52lui et pas les autres,
22:54qu'il comprenne
22:54ce qu'il m'avait pris
22:55et ce qu'il m'avait fait.
22:58Damien,
22:59le lundi 8 juillet 2019,
23:01le procureur de New York
23:02annonce que Jeffrey Epstein
23:04est inculpé
23:04d'exploitation sexuelle
23:06de mineurs
23:06et d'association
23:07de malfaiteurs
23:08en vue d'exploiter
23:09sexuellement des mineurs.
23:10Oui, des chefs d'accusation
23:11qui sont extrêmement lourds
23:13pour lesquels
23:13il risque
23:1445 ans de prison.
23:16Alors,
23:16vu les éléments,
23:17il y a peu de chances
23:18qu'il écope de moins.
23:20En plus,
23:21il a déjà 66 ans
23:22à ce moment-là,
23:23donc,
23:23là,
23:24on imagine
23:25et lui,
23:25certainement aussi,
23:26qu'il va devoir passer
23:27le reste de sa vie
23:28derrière les barreaux
23:29en prison.
23:30Alors,
23:31dans la foulée
23:31de cette interpellation,
23:32sa maison,
23:33son manoir de Manhattan
23:34va être perquisitionné
23:35par les enquêteurs.
23:36On a déjà décrit longuement
23:38l'appartement parisien
23:39de Jeffrey Epstein
23:40et sa maison de Palm Beach.
23:41On ne va pas s'éterniser
23:42sur son immeuble
23:43à New York,
23:43mais pour résumer,
23:44c'est un peu le même
23:45genre d'endroit.
23:45Oui,
23:46c'est une maison située,
23:47on l'a dit,
23:48dans l'Upper East Side,
23:49en plein Manhattan.
23:50Elle est estimée
23:51à 77 millions de dollars.
23:53C'est évidemment
23:54un endroit très vaste
23:56et encore une fois
23:57très richement meublé
23:58et qui est décoré,
23:59un peu comme
24:00dans l'appartement parisien,
24:01de nombreuses photos
24:02de jeunes filles dénudées
24:04ou de personnages
24:05influents,
24:06puissants,
24:07avec lesquels
24:07Jeffrey Epstein
24:09a été pris en photo.
24:10On cite Donald Trump,
24:12on avait parlé
24:12du cinéaste Woody Allen,
24:14il y en a beaucoup d'autres.
24:16Marina nous a aussi donné
24:17des détails étonnants
24:18et intéressants
24:19sur ce lieu.
24:20Elle raconte par exemple
24:21que plusieurs fenêtres
24:22étaient murées
24:23dans cet appartement,
24:24qu'il y avait des rideaux
24:25fermés,
24:26comme ça peut être
24:26le cas devant des fenêtres,
24:27mais une fois
24:28elle a essayé d'ouvrir,
24:30elle a constaté
24:31que la fenêtre
24:32était condamnée.
24:33Elle a aussi vu
24:34une salle
24:34avec un mur d'écran
24:36qui filmait
24:37en permanence
24:38toutes les pièces
24:39de la maison.
24:40L'acte d'accusation
24:41du procureur de New York
24:43constate que
24:43Jeffrey Epstein
24:44entre au moins
24:452002 et 2005
24:46a sexuellement
24:47exploité
24:48et abusé
24:49des dizaines
24:50de jeunes filles mineures
24:51en les incitant
24:52à avoir des rapports
24:53sexuels avec lui
24:53en échange d'argent,
24:55mais il précise aussi
24:56la manière
24:57dont tout ça
24:58s'est mis en place.
24:59Oui,
24:59il va écrire
25:00« Afin de maintenir
25:01et accroître
25:02son stock de victimes,
25:04Epstein en payait
25:05certaines
25:05pour qu'elle recrute
25:07à leur tour
25:07d'autres mineurs
25:08dont il pourrait
25:08également
25:09abusé.
25:10De nombreuses victimes
25:11étaient particulièrement
25:13vulnérables
25:14à l'exploitation »
25:15écrit-il.
25:16Donc c'est vraiment
25:17tout le système
25:18Epstein
25:19qui est enfin
25:20reconnu
25:20comme tel
25:21par la justice
25:22et dénoncé
25:23officiellement.
25:25Alors que le scandale
25:26Epstein
25:26enfle,
25:27de nombreuses
25:28personnalités
25:29ayant entretenu
25:29des contacts étroits
25:30avec le financier
25:31sont sommées
25:32de s'expliquer.
25:33Donald Trump,
25:34le président des États-Unis,
25:36prend ses distances
25:36avec Jeffrey Epstein,
25:38expliquant qu'il s'est
25:39brouillé avec lui
25:40plusieurs années auparavant.
25:42Bill Clinton,
25:43ancien président
25:43des États-Unis,
25:44fait savoir par son
25:45attaché de presse
25:46qu'il ne parle plus
25:46à Jeffrey Epstein
25:47depuis une dizaine
25:48d'années
25:49et qu'il n'est jamais
25:50allé chez lui
25:50ni au Nouveau-Mexique,
25:52ni en Floride,
25:53ni sur l'île
25:53de Little Saint-James
25:54dans les Caraïbes.
25:56Plusieurs témoignages
25:56attestent du contraire.
25:58Surtout,
25:59les registres de vol
26:00du jet privé d'Epstein
26:01révèlent que Clinton
26:02a bien emprunté
26:03le Lolita Express
26:04et pas moins de 26 fois
26:06entre la fin de son mandat
26:07en 2001
26:08et l'année 2003.
26:10Pour autant,
26:11il n'a jamais été accusé
26:12de viol ou d'abus sexuels
26:13par des victimes
26:14de Jeffrey Epstein.
26:16Contrairement au prince Andrew,
26:18l'un des fils
26:18de la reine d'Angleterre.
26:19En 2015 déjà,
26:21une jeune femme,
26:22Virginia Giuffre,
26:23nous y reviendrons,
26:24a porté plainte pour viol
26:25contre Jeffrey Epstein
26:26et le prince Andrew.
26:28Des faits qui se seraient
26:29déroulés à plusieurs reprises
26:30à partir de 2001
26:31alors qu'elle avait 17 ans.
26:34Le prince avait fermement démenti
26:36disant ne l'avoir jamais rencontrée
26:37et l'affaire s'était arrêtée là.
26:40Cette fois-ci,
26:40en 2019,
26:42Virginia Giuffre
26:43réitère ses accusations
26:44et fournit une photo d'elle
26:45sur laquelle on la voit
26:46à côté du prince Andrew
26:48lui mettant un bras
26:49autour de la taille.
26:50Dans une interview
26:51accordée à la BBC
26:52et qui sera qualifiée
26:53de fiasco
26:54par l'ensemble de la presse,
26:56le fils cadet d'Elisabeth II
26:57nie ses accusations.
26:59Est-ce que vous vous rappelez
27:00l'avoir déjà rencontrée ?
27:02Non, jamais.
27:04Elle a fourni une photo
27:06de vous deux,
27:07ensemble.
27:09Votre bras autour de sa taille.
27:11Oui.
27:12Vous avez vu la photo ?
27:13J'ai vu la photo.
27:14Comment expliquez-vous ça ?
27:15Je ne peux pas.
27:15Je ne peux pas.
27:17Le 10 juillet 2019,
27:19quatre jours après l'arrestation
27:20de Jeffrey Epstein,
27:21le ministre du Travail américain
27:23Alexander Acosta
27:24tient une conférence de presse.
27:26Il se dit content
27:27que les poursuites à New York
27:28aient lieu.
27:29Il précise qu'elles font suite
27:30à de nouvelles preuves
27:31contre Jeffrey Epstein
27:32dont il ne fait aucun doute
27:34qu'il est désormais
27:34un délinquant sexuel.
27:36et c'est selon lui,
27:37je cite,
27:38une très bonne chose.
27:39Ce mea culpa,
27:40un brin opportuniste,
27:42ne suffit pas.
27:43Deux jours plus tard,
27:44Alexander Acosta,
27:45sous pression,
27:46démissionne.
27:47Le lundi 15 juillet 2019,
27:49la libération de Jeffrey Epstein
27:51sous caution est refusée,
27:52alors que ses avocats
27:53proposaient 100 millions de dollars.
27:55La perquisition chez lui
27:57a permis de trouver des diamants
27:58et un faux passeport.
27:59Des éléments qui laissent penser
28:01que le financier avait déjà
28:03tout prévu
28:03pour fuir à l'étranger
28:05et se substituer
28:06à la justice de son pays.
28:12Damien, c'est à peu près
28:14à ce moment-là
28:14qu'en France,
28:15on commence à parler vraiment
28:16de Jeffrey Epstein.
28:17Oui, c'est à ce moment-là
28:18que les médias se mettent
28:19à couvrir l'affaire,
28:20comme on dit.
28:21Alors, à ce stade,
28:22on sait que Jeffrey Epstein
28:24a fait venir des mineurs,
28:26des jeunes filles,
28:26une quarantaine,
28:28certaines avaient 14 ans
28:29dans ses résidences
28:30à Manhattan,
28:31on l'a dit,
28:31à New York
28:32et à Palm Beach,
28:33en Floride.
28:33Et puis, il y a cette île,
28:35cette fameuse île au Caraïbe
28:36pour se livrer
28:37à des actes sexuels
28:38avec lui
28:39entre 2002 et 2005.
28:41Mais pour l'instant,
28:43on n'a rien
28:44qui relie ces crimes
28:45à la France.
28:46Si ce n'est qu'il possède
28:48cet appartement
28:49Avenue Foch,
28:50la seule de ses propriétés
28:51hors Etats-Unis,
28:52on l'a déjà dit,
28:53mais c'est important
28:54de le repréciser
28:54et qu'il arrivait
28:56de France
28:56au moment
28:57où il a été arrêté.
28:58Donc, légitimement,
29:00on se demande
29:00si ces actes criminels
29:02se sont arrêtés
29:02aux frontières
29:03de l'État de New York,
29:05de celui de Floride
29:06et des Caraïbes
29:07ou si des actes criminels,
29:09sexuels,
29:09ont pu avoir lieu
29:10en France aussi.
29:11Alors, on se pose
29:12cette question notamment
29:13parce qu'on va apprendre
29:14qu'au cœur
29:15de ce système
29:16de recrutement,
29:17il y a une femme
29:18et qu'elle est
29:19d'origine française.
29:22C'est ce que nous verrons
29:23dans le prochain épisode
29:24de notre série
29:25Crime Story,
29:25Jeffrey Epstein,
29:27un pédocriminel
29:28passé entre les mailles
29:29du filet.
29:30Crime Story
29:30est le podcast
29:31fait divers du Parisien.
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