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Faut-il être passionné pour être un bon entraîneur ?
Peut-on travailler dans le sport sans être soi-même un fan ?

Pour le premier épisode de Paroles de Fan, le nouveau rendez-vous de Radio Sports présenté par Éric Rabesandratana, Denis Troch partage son expérience et son regard sur la passion, le métier d’entraîneur, la préparation mentale et le management des hommes.

Ancien entraîneur de football devenu spécialiste de l’accompagnement et de la préparation mentale, Denis Troch raconte notamment ce moment où il a décidé de sortir du football alors qu’il avait le sentiment d’avoir « le football dans le sang ».

À partir de son parcours, Éric Rabesandratana ouvre une conversation qui dépasse largement le football : la passion est-elle indispensable pour réussir dans le sport ?

Au fil de l’émission : passion et professionnalisme, management, rapport au collectif, émotions, performance, préparation mentale, reconversion et transmission.

Paroles de Fan : les émotions avant les résultats
Avec Paroles de Fan, Radio Sports choisit de parler du sport autrement.

Chaque rendez-vous part d’une question simple pour explorer ce que le sport provoque chez celles et ceux qui le vivent : passion, émotions, engagement, souvenirs, transmission et rapport au collectif.

Présentateur : Éric Rabesandratana
Invité : Denis Troch
Émission : Paroles de Fan
Épisode : 1
Production : Radio Sports

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#ParolesDeFan #DenisTroch #EricRabesandratana #RadioSports #Football #PreparationMentale #Entraineur #Management #Leadership #Sport

Catégorie

🥇
Sport
Transcription
00:00:00Denis, bonjour.
00:00:00Oui, bonjour Eric.
00:00:02Merci d'avoir accepté l'invitation.
00:00:04C'est à moi de déchauder.
00:00:04Ça me fait plaisir.
00:00:05Je suis très content.
00:00:06J'aime beaucoup nos discussions en général.
00:00:07Donc là, officiellement, elle va être encore plus intéressante par ses questions.
00:00:13Est-ce que tu vas bien déjà ?
00:00:14Oui, je vais très bien.
00:00:15Oui, je suis content.
00:00:16Ok, très bien.
00:00:17Eh bien, écoute, on est ravi de t'avoir dans l'émission et je pense qu'on va passer
00:00:21un très bon moment.
00:00:24Alors, je pars sur la première question.
00:00:28Pour l'anecdote, justement, j'ai piqué les lunettes à Denis parce que j'ai oublié
00:00:32mes lunettes.
00:00:33Donc déjà, on commence bien sur l'organisation.
00:00:35Mais voilà, ça va être dans le don.
00:00:37Moi, je suis dans le don.
00:00:37Ça va.
00:00:38Oui, dans le partage, c'est bien.
00:00:39J'aime beaucoup aussi.
00:00:40Alors, la première chose, on va rentrer directement dans le thème du sujet et on va explorer le
00:00:49passage de la passion au métier et ses effets sur la décision dans ton métier.
00:00:54Ah, c'est très intéressant.
00:00:57Très intéressant.
00:00:58Pourquoi ? Parce que je me suis posé la question quand j'ai décidé de sortir du
00:01:02football pour aller dans la préparation mentale, donc dans l'approche mentale.
00:01:06Je me suis dit, mais je crois que je ne suis fait que pour faire du football.
00:01:09Je suis né dans le football.
00:01:10Je dois avoir le football dans le sang.
00:01:12Et pour comprendre cette sortie qui n'est pas simple de sortir du football pour aller
00:01:16dans le monde de l'entreprise, je me suis rappelé qu'à 40 ans, j'étais passionné
00:01:21de football, à 20 ans, j'étais fou de football, à 18 ans, à 15 ans, à 12 ans,
00:01:25à 13 ans, à 5 ans.
00:01:27Non, j'ai 5 ans, ben non, 6 ans non plus.
00:01:29Je me suis dit, tiens, c'est bizarre.
00:01:31C'est en fin de compte à l'école, en CE1.
00:01:33Donc, j'avais à peu près 7 ans.
00:01:35À côté de moi, il y avait un garçon qui s'appelait Bruno et qui, tous les lundis
00:01:39matins, il rigolait, il parlait de choses, il était hyper intéressant et il rayonnait.
00:01:44Et il parlait.
00:01:46Il y avait un mot qui revenait régulièrement, c'était le mot football.
00:01:48Moi, je suis rentré chez moi un soir, fin d'école et j'ai dit à ma mère, je veux
00:01:53faire du football.
00:01:54Mais je ne savais même pas ce que c'était.
00:01:55Chez moi, personne ne parlait football.
00:01:56J'habitais les cités HLM de Ville-Parisie, donc en banlieue parisienne.
00:02:01Personne ne connaissait le football.
00:02:02Et du coup, mon père est allé voir son nom qui était arbitre de touche d'un petit
00:02:07club.
00:02:08Et c'est comme ça que je suis rentré dans le monde du football, simplement par le
00:02:12fait que le copain de classe en CE1 était passionné de football.
00:02:16Il aurait fait de la danse, j'aurais fait la danse.
00:02:17Mais c'est incroyable quand même cette anecdote parce que justement, en général, moi
00:02:24c'était un peu le cas, je ne me rappelais pas évidemment de naissance, mais ma mère
00:02:29me disait, voilà, tu avais toujours un ballon dans les mains, toujours quelque chose
00:02:32comme ça.
00:02:32Toi, ce n'est pas du tout ce qui s'est passé.
00:02:35Tu es passé directement d'une idée de quelqu'un et tu t'es dit, tiens, comme il est passionné
00:02:39et que ça lui plaît.
00:02:40Ce n'était pas forcément la passion, mais c'est ce qu'il représentait.
00:02:43J'avais l'impression qu'il rayonnait.
00:02:47Il rayonnait pour lui et pour les autres.
00:02:49C'est ça, c'est ce qui est intéressant dans la vie.
00:02:51C'est incroyable.
00:02:52J'adore, j'adore l'idée.
00:02:54Ce n'est pas une idée, c'est une réalité.
00:02:55Non, mais oui, c'est vrai.
00:02:57Non, mais parce que c'est une sensation que tu as ressenti en voyant le gars et tu
00:03:03t'es dit, j'ai envie d'être comme ça, j'ai envie de vivre ça comme ça.
00:03:06Oui.
00:03:07C'est incroyable.
00:03:09Tu vois, déjà, tu me bluffes sur la première.
00:03:11Je vais passer sur l'autre.
00:03:12Faire émerger sa conception de la relation, de l'autorité et de la confiance.
00:03:16Hop, hop, hop.
00:03:17C'est un peu pointu, mais...
00:03:18Pointu, oui, non, il faut tester.
00:03:20Mais c'est ce que j'ai fait.
00:03:21Dans les années, j'ai commencé à jouer au football professionnel jusqu'à 25 ans.
00:03:26Je me blesse sérieusement.
00:03:27Je suis entraîneur adjoint au Matra Racing à l'époque.
00:03:30Et là, en fin de compte, il y avait déjà Vincent Guérin, David Ginola et bien d'autres
00:03:36stars, Francesco Vienzo, Francesco Lee, Pascal Olmetta.
00:03:39Et j'étais donc adjoint à cette époque-là.
00:03:42Et j'étais cool, gentil, proche de tout le monde.
00:03:46J'arrondissais les angles.
00:03:47J'étais vraiment le bon mec, le bon adjoint, celui qui était proche des joueurs et qui
00:03:52était entre le marteau et l'enclume.
00:03:54Et ça se passait bien.
00:03:55Tu faisais la relation.
00:03:55Et j'étais bien.
00:03:56Et je me suis retrouvé en 89 sans club.
00:03:59Le Matra Racing met la clé sous la porte.
00:04:02Jean-Luc Lagardère arrête le football.
00:04:05Et j'ai dit, putain, mais j'ai été gentil pendant toutes ces années.
00:04:09Et le résultat, il est, je me retrouve au chômage sans club.
00:04:13Et donc, j'ai retrouvé un club et j'ai dit, plus jamais de ma vie, je serai gentil.
00:04:17Et j'ai repris un club qui s'appelle Charleville-Mézières.
00:04:19Je ne savais même pas où c'était Charleville-Mézières.
00:04:21En troisième division, ils étaient derniers du championnat.
00:04:24Et c'était au mois de décembre.
00:04:25Donc, imagine, les Ardennes au mois de décembre.
00:04:27Ils faisaient moins 15.
00:04:30Et là, d'entrée, je me suis présenté à la presse et aux joueurs.
00:04:35Et il y a un joueur qui vient voir, alors que le club était dernier, à la mi-saison, au
00:04:38mois de janvier.
00:04:39Et un des joueurs vient voir et il me dit, dis voir comment toi on t'appelle l'ancien, on
00:04:44l'appelait Kiki.
00:04:44Et toi, c'est comment ?
00:04:46Putain, j'ai dit, lâche ton beau là.
00:04:48Je suis où ?
00:04:49Et donc, j'ai dit, non, non, on se vouvoie.
00:04:52Et moi, c'est Denis, c'est coach.
00:04:54Donc, vous m'appelez coach.
00:04:56Et là, j'étais plus que dur, puisque c'était un club amateur.
00:04:59Et je faisais, j'ai commencé au mois de janvier dans les Ardennes, où il faisait moins 15.
00:05:03Peut-être pas moins 15 à ce moment-là.
00:05:05Je connais.
00:05:06Oui, tu connais très bien, Eric.
00:05:07Et donc, là, j'ai commencé l'entraînement.
00:05:09Et j'ai fait entraînement le matin à 6h30.
00:05:12Ils allaient travailler une première partie de la journée.
00:05:15Ils revenaient à midi et quart sur le terrain.
00:05:17Ils allaient travailler, ils revenaient le soir à 18h.
00:05:20Et j'ai fait ça pendant deux semaines.
00:05:23Et ils ont voulu me tuer.
00:05:24Le président, il ne peut pas me virer, il m'a fait venir.
00:05:26Donc, j'avais une immunité un petit peu à la Denis Brognard.
00:05:30Mais pendant 15 jours.
00:05:32Mais on m'appelait quand même Chaucescu.
00:05:33Parce qu'à cette époque-là, en 89, décembre 89, un mois avant,
00:05:37il y avait eu Chaucescu qui avait été assassiné.
00:05:41Bah, assassiné, mais fusillé.
00:05:42Sa femme et lui.
00:05:44Et donc, on m'appelait en...
00:05:45Ceci dit, on a fait 13 matchs, une défaite.
00:05:48Et donc, après, je suis revenu au Paris Saint-Germain avec Arthur Georges.
00:05:52D'accord.
00:05:52C'est juste pour dire qu'il faut être à la fois...
00:05:54C'est incroyable.
00:05:55Il faut être à la fois cool, mais pas trop.
00:05:59À la fois être dur, mais pas trop.
00:06:00Pour autant, moi, j'ai testé les deux.
00:06:02Trop gentil, trop con.
00:06:04Et l'idéal, c'est d'être à sa place.
00:06:06Et toi, tu dis...
00:06:08Ton positionnement a pris forme à ce moment-là ?
00:06:10Oui, c'est-à-dire que j'ai vu les extrêmes.
00:06:13Extrêmement gentil, extrêmement con, quoi.
00:06:15Et je me suis dit, c'est pas moi, ça.
00:06:17Mais parce que t'as vécu le fait que ça s'arrête.
00:06:19Et ça marche, les deux marchent.
00:06:20Ouais, mais là, pour comprendre la transition,
00:06:23le fait que ça s'arrête avec le matra,
00:06:25tu l'as vécu comme un problème de gentillesse et de trahison, d'accord.
00:06:30Ouais, mais j'adorais le matra racing,
00:06:33parce que j'ai eu quand même le privilège de côtoyer Jean-Luc Lagardère.
00:06:36Donc, il était un monstre de l'entraîneur.
00:06:40Ouais, c'était un monstre de l'entreprise.
00:06:43Et je discutais avec lui en tête à tête une heure et demie par semaine.
00:06:47C'était exceptionnel.
00:06:48Et c'est lui qui m'a donné l'envie d'aller dans l'entreprise.
00:06:52C'est ça qui t'a... Ah, d'accord.
00:06:53Ouais.
00:06:54Donc là, on n'est pas sur le côté coach,
00:06:56mais dans l'expérience et dans le partage d'expérience de Lagardère
00:07:00qui t'a dit, ça t'a fait passer un peu le pas après le football de transformation.
00:07:05Oui, parce que dans le football,
00:07:06j'ai eu un mentor qui était Arthur Georges
00:07:08qui m'a vraiment fait gagner des décennies.
00:07:11Ça n'a jamais été simple,
00:07:12mais il m'a fait gagner des décennies.
00:07:13Et donc, j'ai dit, OK,
00:07:14si on peut gagner des décennies comme ça dans le football,
00:07:18pourquoi pas dans le monde de l'entreprise,
00:07:19on peut gagner des décennies en côtoyant les meilleures
00:07:22et les plus grandes personnes qui puissent exister.
00:07:24Celles qui vous donnent l'information.
00:07:25Ce n'est pas forcément les grandes personnes,
00:07:27les personnalités.
00:07:28Ce sont celles qui vous donnent la possibilité de grandir.
00:07:32On se connaît, Denis.
00:07:34Je t'ai eu comme entraîneur au Paris Saint-Germain.
00:07:37C'était en 2018-2019, si je ne dis pas de bêtises.
00:07:42Est-ce que, justement, ce côté mental,
00:07:47tu l'as eu tout le temps ?
00:07:49Parce que, voilà, après, tu as transformé,
00:07:50on va en parler après,
00:07:51mais tu as transformé ton après-football
00:07:55en accompagnement mental.
00:07:56Mais est-ce que, moi, j'ai un peu la réponse,
00:07:59mais c'est pour qu'on comprenne un peu mieux.
00:08:01Est-ce que la partie mentale était vraiment une grosse partie
00:08:04dans ta façon d'aborder le football ?
00:08:06Oui, 1998, c'était 1998.
00:08:09C'est au siècle dernier.
00:08:10Eric, je suis désolé de te reprendre.
00:08:11Est-ce que tu t'en rappelles ?
00:08:12Bien entendu, je me souviens très, très bien
00:08:15pratiquement de tous les matchs que j'ai pu vivre.
00:08:17C'est incroyable.
00:08:18Mais ce qu'il faut savoir,
00:08:19c'est que depuis l'âge de 16 ans et demi,
00:08:21je suis sorti de l'école
00:08:23pour entrer dans le monde du football.
00:08:24J'ai joué à 17 ans au Red Star.
00:08:26Et après, j'ai fait ma carrière courte,
00:08:28mais j'ai fait une carrière.
00:08:29Et depuis l'âge de 16 ans et demi,
00:08:31sans exception,
00:08:32tous les jours, tous les jours, tous les jours,
00:08:33sans exception,
00:08:34de façon un petit peu autistique,
00:08:36je note les comportements et les attitudes
00:08:37des gens autour de moi que je ne comprends pas.
00:08:39Tous les jours.
00:08:40C'est-à-dire des milliers, des milliers,
00:08:41des milliers de notes
00:08:43sur des carnets, des feuilles volantes,
00:08:45des tickets de métro,
00:08:47des paperboards.
00:08:48J'ai tout gardé.
00:08:48Je ne savais pas.
00:08:49Mais vraiment tout, tout, tout gardé
00:08:50pendant des décennies.
00:08:52Et en 2010,
00:08:53quand j'ai décidé de sortir du football,
00:08:55j'ai repris une à une toutes ces notes,
00:08:57toutes ces notes une à une,
00:08:58et j'ai mis en face chaque comportement,
00:09:01attitude que j'avais.
00:09:02Pendant deux ans, j'ai fait ça.
00:09:03J'ai mis en face des outils
00:09:05qui sortaient de l'analyse transactionnelle,
00:09:07de la systémie, de la geste, de la PNL,
00:09:09ou bien des métaphores, des outils,
00:09:12des techniques, des exercices, des exemples.
00:09:14Toutes ces choses-là,
00:09:15je les ai mis derrière
00:09:15toutes les incompréhensions que j'avais dans ma vie.
00:09:18et ça pouvait démarrer depuis ma naissance
00:09:20ou quasiment.
00:09:22Et ces notes-là,
00:09:22j'en ai fait,
00:09:24maintenant, on dirait, de la data.
00:09:25À l'époque,
00:09:26c'était simplement des notes
00:09:27que j'ai pu prendre.
00:09:28Et je me suis toujours, toujours, toujours servi
00:09:29de ces comportements,
00:09:31de ces attitudes,
00:09:32en essayant de trouver des réponses
00:09:34aux questions que je me posais.
00:09:35Donc,
00:09:36ce qui veut dire que
00:09:37c'était vraiment pour l'appliquer
00:09:39pour toi-même,
00:09:40pour comprendre tes comportements
00:09:41par rapport à ta vie.
00:09:42Oui, parce qu'une fois que j'ai eu,
00:09:44ce qui est très intéressant,
00:09:46pardon,
00:09:46je ne sais pas si intéressant,
00:09:47mais ce qui s'est passé,
00:09:48c'est qu'une fois que j'ai eu,
00:09:49pendant deux ans,
00:09:51j'ai travaillé sur,
00:09:52quelque part,
00:09:53la compréhension de ces notes.
00:09:56Pendant deux ans,
00:09:56j'ai mis en face chaque chose.
00:09:57Et au bout de deux ans,
00:09:58j'ai cru que j'avais atteint,
00:10:00touché la martingale.
00:10:01Je me suis dit,
00:10:01trop fort,
00:10:02trop fort le dernier.
00:10:04Il a trouvé la martingale
00:10:05qui pouvait résoudre tout.
00:10:06Et cette martingale,
00:10:07c'était,
00:10:08à l'époque,
00:10:08je me suis dit,
00:10:09mais toutes ces notes,
00:10:10il y a une chose
00:10:10qui pourrait remplacer ça,
00:10:11c'est le bon sens.
00:10:13Mais très vite,
00:10:14je suis retombé de mon nuage,
00:10:16parce que le bon sens,
00:10:17c'était le mien,
00:10:18en fin de compte,
00:10:19mais pas forcément celui
00:10:20d'une autre personne,
00:10:21d'un duo,
00:10:21d'une équipe,
00:10:22d'un groupe,
00:10:23d'un club,
00:10:23d'une association,
00:10:24d'un gouvernement, etc.
00:10:25Et là,
00:10:26après ces deux années
00:10:27de collecte et de réponse
00:10:28aux questions que je me posais,
00:10:30j'ai tout simplement,
00:10:31tout simplement,
00:10:32travaillé sur la théorisation
00:10:34du bon sens.
00:10:34Qu'est-ce que le bon sens
00:10:35pour chacun d'entre nous ?
00:10:36Avec un petit T,
00:10:37bien sûr,
00:10:37la théorisation,
00:10:38mais c'est ce que j'ai fait
00:10:39pendant 18 mois.
00:10:41Et à l'issue de ces 18 mois,
00:10:42j'ai dit,
00:10:42ok,
00:10:43maintenant,
00:10:43je peux sortir du football.
00:10:45Incroyable.
00:10:45Incroyable.
00:10:46Donc,
00:10:46tu avais trouvé ton moteur,
00:10:49même s'il venait parti du football,
00:10:50parce que tu as toujours eu
00:10:51cette lecture,
00:10:52je me rappelle,
00:10:54pour donner une anecdote.
00:10:57On n'est pas obligé
00:10:58de balancer.
00:10:59Je ne balance pas,
00:11:00mais c'est pour la compréhension
00:11:01et pour expliquer un petit peu
00:11:02ce que tu viens de dire.
00:11:06On est à l'entraînement,
00:11:07on était tous alignés.
00:11:08On en a parlé,
00:11:09mais parce que le joueur
00:11:10peut le vivre
00:11:11comme un traumatisme.
00:11:13Mais tu vois,
00:11:14quand je me mets à ta place
00:11:15et quand j'écoute
00:11:15ce que tu es en train de me dire,
00:11:16je peux le prendre aussi différemment.
00:11:18C'est pour ça que je veux expliquer
00:11:19pourquoi l'anecdote.
00:11:20On était au Paris Saint-Germain,
00:11:23ça partait d'un échauffement.
00:11:24On pensait que c'était un échauffement
00:11:25qui pouvait durer des fois.
00:11:26Le plus longtemps,
00:11:27c'était 45 minutes quand même,
00:11:28donc c'était très long.
00:11:29Mais on était tous alignés
00:11:31sur la ligne de but
00:11:32et on partait en trottinant.
00:11:34Et on était donc les uns
00:11:36à côté des autres.
00:11:37On partait en trottinant.
00:11:38Au départ de ce travail,
00:11:40on partait
00:11:41sans savoir combien de temps
00:11:42on partait.
00:11:43C'était déjà assez traumatisant
00:11:45comme ça en imagination
00:11:46pour les joueurs.
00:11:46Mais bon,
00:11:47c'est pour comprendre
00:11:47un peu l'anecdote.
00:11:48Mais tu m'as expliqué après,
00:11:51c'est pour ça que je veux
00:11:52en revenir là-dessus,
00:11:53c'est que voilà,
00:11:54on partait
00:11:54et puis de temps en temps,
00:11:56il nous arrêtait.
00:11:57Et c'est là où vous allez comprendre
00:11:58le travail mental,
00:12:00c'est qu'il nous arrêtait
00:12:01et il dit
00:12:01« Qui est à côté de toi ? »
00:12:04Il te posait une question,
00:12:05il disait
00:12:05« Qui est à côté de toi
00:12:07à deux ou trois joueurs ? »
00:12:09Et là,
00:12:09évidemment,
00:12:09le joueur,
00:12:10tu ne savais pas.
00:12:11Tu répondais
00:12:12« Je ne sais pas,
00:12:13ce n'est pas grave,
00:12:14vous repartez en train de courir »
00:12:15et tout ça.
00:12:15Et donc du coup,
00:12:16en fait,
00:12:17pour comprendre un petit peu
00:12:18comment ça se passait,
00:12:19tu mettais en…
00:12:22Je mettais les personnes,
00:12:23les joueurs.
00:12:24Alors je faisais faire
00:12:25ces allers-retours
00:12:26et en règle générale,
00:12:27quand on part d'une ligne
00:12:28à une autre,
00:12:28c'était d'une ligne de corner
00:12:30à l'autre ligne de corner,
00:12:32dans 99,99% des cas,
00:12:34il y en a toujours
00:12:35qui arrêtent un petit peu avant.
00:12:36Bien sûr.
00:12:36Et la première fois
00:12:37qu'on fait cet exercice-là,
00:12:39quand il s'arrête
00:12:40à un mètre
00:12:41ou deux mètres avant,
00:12:41quand il y en a,
00:12:42sur la première longueur,
00:12:43sachant que ça peut durer
00:12:44trois quarts d'heure,
00:12:46au retour,
00:12:47au premier retour,
00:12:48je disais
00:12:48« Ok,
00:12:49je crois qu'on ne s'est pas bien compris.
00:12:51J'arrive dans le club,
00:12:52je vous pose une question,
00:12:53je vous dis
00:12:53« S'il vous plaît, »
00:12:54donc c'est poli,
00:12:55« S'il vous plaît,
00:12:55vous allez de la ligne
00:12:56à la ligne,
00:12:57de la ligne à la ligne.
00:12:59Je ne vous ai pas dit
00:13:00d'aller de la ligne
00:13:01à deux mètres de la ligne,
00:13:02mais si vous voulez,
00:13:02je mets des plots
00:13:03à deux mètres de la ligne
00:13:04et auquel cas,
00:13:05vous irez de la ligne
00:13:06à deux mètres de la ligne,
00:13:07sans problème,
00:13:07mais je n'ai pas de soucis avec ça.
00:13:09Donc là,
00:13:09on donne déjà le ton,
00:13:10ça énerve un petit peu,
00:13:12le cadre,
00:13:13essentiellement le cadre.
00:13:14Et donc après,
00:13:14bien sûr,
00:13:15au bout de 40 minutes,
00:13:17on commence à s'énerver
00:13:18un petit peu
00:13:18et le lendemain matin,
00:13:20on refait le même exercice.
00:13:21Après,
00:13:22il y a entraînement,
00:13:22il y a une heure et demie
00:13:23d'entraînement
00:13:23derrière tout ça.
00:13:24Mais le lendemain matin,
00:13:25les joueurs reviennent
00:13:26et on dit,
00:13:27ok les gars,
00:13:27on se met de la ligne
00:13:28à la ligne.
00:13:30Et là,
00:13:30déjà,
00:13:30on a compris une chose,
00:13:32c'est que vous,
00:13:32les joueurs,
00:13:33ou les joueurs en général,
00:13:34quand on commence sur la ligne,
00:13:35la deuxième fois,
00:13:37on se met toujours
00:13:37à côté de son pote.
00:13:40Pourquoi ?
00:13:40Parce qu'on dit,
00:13:41on en a pour 45 minutes
00:13:42peut-être à courir,
00:13:43donc autant discuter
00:13:44avec un mec que j'aime bien.
00:13:45Et donc moi,
00:13:46en tant qu'entraîneur adjoint,
00:13:48le deuxième jour,
00:13:48je connais déjà
00:13:49les affinités
00:13:50qu'il peut y avoir
00:13:50dans les groupes.
00:13:51Voilà,
00:13:51ça c'est extraordinaire.
00:13:52Parce que tu vois,
00:13:54dans l'approche humaine
00:13:56et dans l'approche de,
00:13:57parce que ça développe
00:13:58des valeurs aussi.
00:13:59C'est-à-dire que
00:13:59tu mets en place
00:14:01un travail,
00:14:02un cadre
00:14:04qui amène
00:14:05sur une discipline
00:14:06à respecter
00:14:06parce que tu as demandé
00:14:08une certaine chose
00:14:09et tu as envie
00:14:09que ce soit respecté.
00:14:10Mais derrière,
00:14:11tu apprends plein de choses
00:14:12comme tu l'as dit.
00:14:13C'est pas fini.
00:14:14Encore.
00:14:14La même chose,
00:14:15c'est quand on continue,
00:14:16au bout de 40 minutes,
00:14:17il y en a 3-4
00:14:18qui sont un petit peu devant,
00:14:19le gros groupe
00:14:20et puis 2-3
00:14:21qui traînent la savate derrière
00:14:22dans le groupe
00:14:22en courant,
00:14:23toujours en faisant
00:14:23ses allers-retours.
00:14:25Ouais,
00:14:25il court.
00:14:26Et là,
00:14:27si on arrête la séance
00:14:28au bout de 35-40 minutes,
00:14:29on se rend compte
00:14:30qu'il y en a 2-3 devant
00:14:31et on se dit
00:14:32ça c'est les meneurs,
00:14:33le groupe
00:14:33et puis les trains de savate
00:14:35derrière,
00:14:35les cases-bonbons.
00:14:36Et si on continue
00:14:37un petit peu plus loin,
00:14:38on se rend compte
00:14:39que les cases-bonbons
00:14:40qui sont derrière,
00:14:41ceux qui sont un petit peu
00:14:42chiants,
00:14:43ils vont dire
00:14:43à ceux qui sont devant
00:14:46calmez-vous,
00:14:46on ne sait pas
00:14:47combien de temps
00:14:47on va courir.
00:14:48Donc,
00:14:49moi je sais aussi
00:14:50dès la première séance
00:14:52quels sont ceux
00:14:52qui vont me faire
00:14:53gagner les matchs.
00:14:54C'est-à-dire
00:14:54ceux qui sont derrière,
00:14:55qui traînent la savate
00:14:56mais qui mènent le groupe.
00:14:57Ce sont eux
00:14:58qui vont gagner les matchs.
00:14:59Tout le reste,
00:15:01je ne dis pas
00:15:01que ce n'est pas bien,
00:15:02mais eux,
00:15:02dans des moments difficiles,
00:15:04je sais sur qui
00:15:05je pouvais compter
00:15:05à ce moment-là.
00:15:06Non mais c'est incroyable,
00:15:07franchement,
00:15:07d'avoir autant de...
00:15:09Pour l'anecdote,
00:15:10pour continuer encore.
00:15:11Bien sûr qu'au bout
00:15:12de quelques jours,
00:15:14il y a un joueur,
00:15:15j'allais dire son nom,
00:15:16ça commence par un L
00:15:17et un F,
00:15:18il vient me voir
00:15:19et il me dit
00:15:19Denis,
00:15:20maintenant c'est bon,
00:15:22on ne fait que des allers-retours.
00:15:25Tu sais combien
00:15:25on a fait d'allers-retours
00:15:26aujourd'hui ?
00:15:27Je lui dis
00:15:27écoute Laurent,
00:15:28je ne sais pas du tout,
00:15:28je n'en sais rien.
00:15:29Il me dit
00:15:29on en a fait 132 longueurs.
00:15:32Ah ouais,
00:15:33bonjour.
00:15:33Et il me dit
00:15:36tu ne crois pas
00:15:37qu'on pourrait aller en forêt ?
00:15:38On pourrait aller ailleurs
00:15:39en forêt ?
00:15:40J'ai dit écoute,
00:15:41moi ça fait 15 ans
00:15:42que j'entraîne
00:15:43et je n'ai jamais vu pousser d'arbres
00:15:44sur un stade,
00:15:46sur un terrain.
00:15:46Donc je ne vois pas
00:15:47pourquoi on irait prendre
00:15:48des repères en forêt
00:15:49alors que là,
00:15:49vous connaissez la longueur
00:15:50et les allers-retours.
00:15:52Donc vous avez compris
00:15:53qu'il ne fallait pas discuter.
00:15:54Et quand on est entraîneur,
00:15:55on doit d'abord mettre un cadre
00:15:57comme toutes les disciplines,
00:15:59comme dans l'entreprise.
00:16:00La première des choses
00:16:01qui est une chose sine qua non,
00:16:03c'est d'abord mettre un cadre.
00:16:05Un ring,
00:16:06c'est délimité par des cordes,
00:16:08une cage pour le MMA,
00:16:10le sport,
00:16:10le football,
00:16:11le rugby,
00:16:11le basket et le handball,
00:16:12c'est par des lignes.
00:16:13À l'intérieur,
00:16:14on a le droit,
00:16:14il y a des lois,
00:16:15il y a des règles
00:16:16qui sont à respecter
00:16:18et on doit animer
00:16:20et bien entendu,
00:16:21négocier à l'intérieur
00:16:21de ce cadre.
00:16:22Pour autant,
00:16:24s'il n'y a pas de règles,
00:16:26s'il n'y a pas de loi,
00:16:27il n'y a pas de hors la loi
00:16:28et c'est l'anarchie.
00:16:29Donc moralité,
00:16:29il faut mettre un cadre.
00:16:30J'aime bien,
00:16:31mais je ne savais pas
00:16:32que tu pouvais
00:16:33ou que tu avais
00:16:34surtout été capable
00:16:35d'apprendre autant de choses
00:16:37sur un exercice comme ça
00:16:38parce que nous,
00:16:39en tant qu'exécutant,
00:16:41en vrai,
00:16:42c'est rébarbatif,
00:16:43c'est tout ce que tu veux,
00:16:44mais derrière,
00:16:45tu vois,
00:16:45il y a quand même
00:16:46un enseignement
00:16:47qui est important
00:16:48pour la suite
00:16:49de ta préparation,
00:16:50de ton état d'esprit,
00:16:52de l'état d'esprit
00:16:52que les joueurs vont avoir aussi.
00:16:54Donc je trouve ça
00:16:54super intéressant.
00:16:55Oui, c'est intéressant.
00:16:56Ce n'était pas un test
00:16:57puisque je l'avais déjà
00:16:58mis en place bien avant
00:17:00quand il y a le PSG
00:17:01la première année.
00:17:02Oui, oui.
00:17:03Ce n'était pas nouveau au PSG,
00:17:04tu l'avais déjà testé à l'Horme.
00:17:05Non, non, je l'avais déjà, bien sûr.
00:17:06D'accord.
00:17:07Très bien.
00:17:10Là, il y a une autre question
00:17:11sur comprendre
00:17:12ce que l'entraîneur
00:17:13fait de ses émotions
00:17:14et de celles du groupe.
00:17:16Oui, très bien.
00:17:19Bien sûr qu'on est...
00:17:20Quelle place elles ont, d'ailleurs ?
00:17:22Elles sont importantes.
00:17:23Il faut savoir que
00:17:24la première chose
00:17:25qui existe dans une rencontre,
00:17:27quel que soit l'endroit,
00:17:29quelles que soient les personnes,
00:17:31la première des choses,
00:17:32ce sont des émotions
00:17:33qui nous...
00:17:34Bien sûr.
00:17:34Ce sont les émotions
00:17:35qui parlent d'elles-mêmes.
00:17:37Et donc, on ne peut pas
00:17:39les éliminer.
00:17:40Au contraire,
00:17:41on doit les écouter,
00:17:43les accepter,
00:17:44quelles qu'elles soient.
00:17:45Et moi, je pars du principe.
00:17:46Alors, c'est un principe.
00:17:47Ce n'est pas une grande vérité,
00:17:49mais c'est un principe que j'ai.
00:17:50C'est de dire que
00:17:52toutes les émotions,
00:17:53quelles qu'elles soient,
00:17:54elles sont positives ?
00:17:57Alors, je mets entre guillemets
00:17:58le côté positif.
00:18:00Pourquoi ?
00:18:01Parce qu'elles sont là
00:18:02pour te sauver,
00:18:03pour t'aider,
00:18:03pour t'accompagner,
00:18:04pour que tu puisses avancer
00:18:05dans la vie.
00:18:06Par exemple,
00:18:07la peur.
00:18:19On me dit,
00:18:20courir quand tu étais chargé
00:18:22par un lion.
00:18:22Bon, ici,
00:18:23on n'a pas le choix,
00:18:23mais imaginons qu'on soit
00:18:24chargé par un lion.
00:18:25C'est la peur,
00:18:25ça te fait courir.
00:18:26Donc, l'émotion de la peur
00:18:27te permet de t'échapper
00:18:28de quelque chose.
00:18:29La tristesse pour évacuer
00:18:31tous les moments difficiles
00:18:32de ta vie,
00:18:33pour nettoyer un petit peu
00:18:34ce qui s'est passé
00:18:35et pour être dans un meilleur
00:18:37état par la suite.
00:18:38et puis, bien sûr,
00:18:40la colère,
00:18:41parce qu'il faut crier sa colère
00:18:42pour éviter de se miner
00:18:43de l'intérieur,
00:18:44parce que beaucoup
00:18:45gardent ça.
00:18:46Voilà.
00:18:47Et bien sûr,
00:18:47la joie,
00:18:47il faut la faire avant,
00:18:49pendant et après,
00:18:50en sachant que toutes
00:18:50ces émotions ont un lieu,
00:18:52un moment donné,
00:18:54c'est-à-dire la peur,
00:18:55elle doit être liée au futur,
00:18:57la tristesse,
00:18:57elle est liée au passé
00:18:58et le présent,
00:19:00donc, représente la joie
00:19:01et également la colère.
00:19:03Et la joie,
00:19:04elle est un petit peu partout.
00:19:04Est-ce que ces émotions
00:19:06que tu dois considérer
00:19:08forcément quand tu es entraîneur
00:19:09parce qu'elles font partie
00:19:10de l'humain,
00:19:11est-ce qu'elles ont dicté
00:19:12tes choix d'entraîneur ?
00:19:18Ah, là,
00:19:19elle est plus compliquée
00:19:19cette réponse.
00:19:20C'est difficile.
00:19:22Mes émotions,
00:19:25je pense être une personne...
00:19:27Bien sûr, bien sûr.
00:19:28Donc, il y a une chose
00:19:28qui est certaine,
00:19:29c'est que quand tu parles,
00:19:31il ne faut pas trahir
00:19:32ces émotions,
00:19:33il ne faut pas cacher,
00:19:34il ne faut pas les concentrer
00:19:36quelque part
00:19:36pourquoi ?
00:19:37Parce que chaque mot,
00:19:38chaque phrase,
00:19:39chaque expression
00:19:40que tu transmets
00:19:41doit vibrer de tes valeurs
00:19:42et de tes émotions.
00:19:43C'est toujours comme ça.
00:19:44Donc, tu peux dire,
00:19:45Eric,
00:19:46tu es un gros con.
00:19:47Si je te dis,
00:19:47tu es un gros con,
00:19:48là, mes propos...
00:19:50Tu ne vas pas aimer,
00:19:51ça dépend chaque chose.
00:19:52Mais je peux m'entendre,
00:19:52ça va résonner.
00:19:53Est-ce que quand je te dis,
00:19:55Eric,
00:19:55tu es un gros con,
00:19:55ça fait trois fois
00:19:56que je te le dis,
00:19:56mais tu n'as pas réagi.
00:19:58Ça veut dire quoi ?
00:19:59Ça veut dire que
00:19:59l'émotion qui font vibrer
00:20:01ces mots
00:20:02sont des émotions positives
00:20:03et qui sont très,
00:20:05comment dire,
00:20:07propres,
00:20:07Elles sont vraies ou pas vraies
00:20:09pour toi ?
00:20:09Oui, exactement.
00:20:10C'est ce que tu transmets dans le...
00:20:11Et celui qui va recevoir,
00:20:12c'est exactement la même chose.
00:20:14Donc, oui,
00:20:14quand tu es entraîneur,
00:20:15tu dois avoir des émotions.
00:20:16Sauf que j'ai envie de dire
00:20:17que toute ma période d'entraîneur,
00:20:19en tant qu'entraîneur,
00:20:20les seules émotions réelles
00:20:22que j'ai pu avoir,
00:20:23c'est que c'était
00:20:25tous les soirs de match.
00:20:27Après les matchs,
00:20:29je rentrais à la maison.
00:20:32Soit on revenait
00:20:33à 2h du matin en avion
00:20:34ou alors j'arrivais chez moi.
00:20:37Il y avait toujours
00:20:38entre 15 et 50 personnes chez moi.
00:20:41Ah !
00:20:41C'est que des potes.
00:20:43C'était un besoin pour toi ?
00:20:44Non, c'était institué comme ça.
00:20:46Tous mes potes d'enfance,
00:20:48tous ceux que j'ai pu rencontrer,
00:20:49tous ceux qui voulaient venir
00:20:50étaient invités pour le match
00:20:53et venaient après à la maison.
00:20:54Et donc, ils m'attendaient
00:20:55à 1h du matin parfois.
00:20:57C'était comme un rituel.
00:20:59C'était un rituel, oui,
00:21:00pour eux, pour tout le monde.
00:21:01Et moi, je me mettais
00:21:02au bout de la table
00:21:03et je pleurais.
00:21:03Un petit peu comme je pleure
00:21:04quand je te vois toi,
00:21:05quand je vois tous les joueurs
00:21:06du Paris Saint-Germain,
00:21:07mais la larme, elle ne se voit pas.
00:21:08C'est une larme qui coule
00:21:09à l'intérieur de nous
00:21:11et qui nous permet
00:21:12de vivre ces émotions
00:21:13qu'on ne peut pas transmettre.
00:21:15C'est une reconnaissance.
00:21:16Et c'est tout.
00:21:17Et d'avoir mes potes
00:21:18qui chantaient
00:21:19quand on avait perdu 2-0 à domicile,
00:21:21c'était à la fois...
00:21:22Ça te permet de prendre du recul.
00:21:23Oui, exactement.
00:21:24Je vois.
00:21:25Alors, une autre question.
00:21:28Identifier...
00:21:29Celle-là, je la trouve
00:21:30particulièrement intéressante.
00:21:32Identifier ce qu'un entraîneur
00:21:33transmet au-delà de la tactique.
00:21:35Oui, alors, il faut savoir que...
00:21:37C'est encore...
00:21:38Dans le sport, moi,
00:21:39j'ai toujours pensé
00:21:41qu'au plus haut niveau,
00:21:43quand tu étais entraîneur
00:21:44au plus haut niveau,
00:21:46il y avait 4 catégories,
00:21:484 thématiques à reconnaître.
00:21:50La technique, la tactique,
00:21:52la stratégie.
00:21:53Allez, on va dire
00:21:54le physique et le mental.
00:21:555, si on peut aller
00:21:56dans ce sens-là.
00:21:58Et un entraîneur de Ligue 1
00:21:59ou de très haut niveau
00:22:00a toujours...
00:22:02Connaît par cœur tout ça
00:22:03parce qu'il a fait des formations
00:22:05qui ont duré parfois
00:22:0610 ou 12 ans.
00:22:08Il a tout ça,
00:22:09toutes ses connaissances.
00:22:09Pour autant,
00:22:11il a une de ses connaissances,
00:22:12c'est-à-dire soit le physique,
00:22:14soit le technique,
00:22:14soit le tactique,
00:22:15soit le stratégique,
00:22:16soit le mental,
00:22:16qui prédomine.
00:22:17Et là, il est hors norme.
00:22:20Et je crois
00:22:21que j'ai toujours personnellement
00:22:23eu cette envie
00:22:25de rencontrer,
00:22:26d'échanger,
00:22:27de partager
00:22:27ce qui était beaucoup plus
00:22:28sur la psychologie
00:22:29et la relation humaine.
00:22:30Donc, ce n'est pas un hasard
00:22:32si j'ai mal tourné
00:22:35par la suite.
00:22:35Tu ne t'as pas mal tourné.
00:22:37Je rectifie
00:22:37parce que c'est important.
00:22:39Non, mais c'est surtout
00:22:40le moteur
00:22:40de tout ce que tu vas faire derrière.
00:22:43C'est un vrai moteur.
00:22:44C'est-à-dire que
00:22:44quand tu comprends
00:22:45que ça,
00:22:45c'est l'essence
00:22:46de ce qui va amener
00:22:48la performance,
00:22:49l'envie de travailler,
00:22:51l'envie de partager des choses,
00:22:52d'aller gagner,
00:22:54c'est extraordinaire.
00:22:56C'est pour ça
00:22:56que c'est vachement intéressant.
00:22:58Qu'est-ce qui est intéressant ?
00:22:59Le fait de savoir ça
00:23:01et de l'appliquer.
00:23:02Bien sûr.
00:23:03Savoir quoi ?
00:23:03Savoir que l'humain
00:23:05est important
00:23:06dans tout ce que tu vas amener.
00:23:08Quand je dis l'humain,
00:23:08pour moi,
00:23:09c'est les valeurs,
00:23:10c'est les émotions.
00:23:11C'est ça que je veux dire.
00:23:12Bien sûr,
00:23:13c'est essentiel.
00:23:13Les émotions,
00:23:14l'humain,
00:23:15les valeurs.
00:23:16Mais je dis toujours
00:23:16qu'il y a deux choses
00:23:18qui ne te trahiront jamais.
00:23:20Les gens rigolent souvent.
00:23:21Je évite de rigoler
00:23:23derrière tout ça.
00:23:24Il y a deux choses
00:23:24qui ne te trahiront jamais.
00:23:25Tes émotions
00:23:27et ton chien.
00:23:29Pour le reste,
00:23:30pour le ressenti.
00:23:32Ton chien,
00:23:32il va venir,
00:23:33il va toujours être content.
00:23:35Quand il te voit,
00:23:35il est heureux.
00:23:37Ce n'est pas un petit peu
00:23:38pour la boutade,
00:23:39mais quelque part,
00:23:39les émotions,
00:23:40elles ne te trahiront jamais.
00:23:41Quand tu es triste,
00:23:41tu es triste.
00:23:42Quand tu es content,
00:23:43tu es content.
00:23:43Quand tu es en colère,
00:23:44tu es en colère.
00:23:44Il faut les accepter,
00:23:45ces émotions.
00:23:46Je veux juste rajouter
00:23:47un truc.
00:23:49C'est que moi,
00:23:51on s'est connu
00:23:52entraîneur-joueur
00:23:52et que le dialogue
00:23:54était toujours possible.
00:23:55Et je retiens ça
00:23:56parce que je n'ai pas connu ça
00:23:57aussi après.
00:23:58Alors,
00:23:59pas avec tous les entraîneurs,
00:24:00mais avec d'autres entraîneurs
00:24:01où je n'ai pas connu ça
00:24:02et ça a été une souffrance
00:24:04pour moi.
00:24:05C'est-à-dire que moi,
00:24:05la communication
00:24:06était très importante
00:24:08et à un moment donné,
00:24:10quand tu n'as pas ce retour
00:24:11et que tu n'as pas
00:24:13cet échange
00:24:13qui permet
00:24:14à chacun d'évoluer
00:24:16et de comprendre l'autre,
00:24:17et donc toi,
00:24:19tu as toujours permis ça
00:24:19et c'est une force,
00:24:22je trouve.
00:24:23Ce n'est pas la force
00:24:24la plus importante pour moi
00:24:25dans le dialogue
00:24:25et dans l'échange,
00:24:26même si c'est hyper important,
00:24:28bien sûr,
00:24:28de donner ton ressenti
00:24:31de la situation.
00:24:32Mais c'est toujours pareil.
00:24:33Si tu es plein de bon sens
00:24:35et ce que tu fais,
00:24:36tu ne le fais pas
00:24:36contre quoi que ce soit
00:24:38ou contre qui que ce soit,
00:24:39le discours est beaucoup...
00:24:40Il est entendu, déjà.
00:24:42Oui, il est entendu
00:24:43et il peut être compris,
00:24:44même s'il ne l'est pas toujours
00:24:45et tu sais comment ça se passe.
00:24:47Je crois que la chose
00:24:48la plus difficile
00:24:50quand tu es jeune entraîneur,
00:24:51donc au départ,
00:24:52c'est le fait de se dire
00:24:55comment...
00:24:55La vérité, c'est
00:24:56je dois transmettre
00:24:58un message
00:24:58à 25 personnes
00:25:00ou 30 joueurs.
00:25:02Ce même message...
00:25:03Personne unique,
00:25:04ça veut dire que chacun
00:25:05comprend comme il veut.
00:25:06Exactement.
00:25:07Mais justement,
00:25:07c'est ça la force,
00:25:08c'est de transmettre
00:25:09un message unique,
00:25:10que chacun puisse penser
00:25:12que le message est pour lui.
00:25:14Pour autant,
00:25:16chaque personne
00:25:16étant différente,
00:25:17chaque personne
00:25:18va prendre le message
00:25:19d'une façon particulière.
00:25:21Et c'est ça
00:25:22qui est intéressant.
00:25:23C'est une gymnastique d'esprit,
00:25:24une acrobatie mentale
00:25:25que l'entraîneur doit avoir
00:25:26de transmettre un message
00:25:27et qui va toucher tout le monde.
00:25:28Alors bien sûr,
00:25:29tu vas me dire
00:25:29mais quoi alors,
00:25:30par exemple ?
00:25:30Je vais te donner un exemple
00:25:31parce que je crois
00:25:32que ça mérite un exemple.
00:25:34Par exemple,
00:25:36imaginons,
00:25:37on arrive
00:25:38en finale de Coupe de France
00:25:39la veille
00:25:40ou l'avant-veille
00:25:40du match
00:25:41de cette finale
00:25:42de Coupe de France,
00:25:43pour ne citer que ça,
00:25:44on pourrait aller plus loin,
00:25:45mais on va dire
00:25:45Coupe de France.
00:25:46Et donc,
00:25:47le discours que je vais avoir
00:25:49auprès des joueurs
00:25:50pourrait être celui-ci.
00:25:51J'ai écouté,
00:25:52avant le match,
00:25:53j'ai écouté,
00:25:53il y a un truc
00:25:53qui est hyper important,
00:25:54la veille ou l'avant-veille,
00:25:56je sais que vous travaillez bien
00:25:57à l'entraînement,
00:25:58je sais que vous ne sortez pas
00:25:59en boîte la veille des matchs,
00:26:01que vous n'allez pas boire
00:26:02des coups n'importe quand,
00:26:03que vous n'allez pas pousser
00:26:04le chariot le jour du match
00:26:05avec votre femme,
00:26:06je sais que vous êtes
00:26:07des bonnes personnes,
00:26:08je sais que vous travaillez bien
00:26:09et ce n'est pas le hasard
00:26:09si aujourd'hui on en est là,
00:26:11aujourd'hui on en est là,
00:26:12c'est-à-dire prête
00:26:13à jouer une finale
00:26:15après-demain.
00:26:16Mais ce que j'aimerais,
00:26:16je voudrais vous poser
00:26:17une question,
00:26:18est-ce que vous pensez,
00:26:19et il faut que ce soit
00:26:20à l'unanimité,
00:26:21je vous pose la question,
00:26:23j'aimerais bien
00:26:23qu'on aille au vert,
00:26:24qu'on se mette au vert
00:26:25dès aujourd'hui,
00:26:28pour profiter,
00:26:29bien entendu,
00:26:30d'un maximum de choses
00:26:31et mettre toutes les chances
00:26:32de notre côté.
00:26:33Ça va jusque-là ?
00:26:34Tu as entendu le discours ?
00:26:35Tu as entendu ?
00:26:36Qu'est-ce que tu retiens ?
00:26:41Est-ce qu'on va au vert ou pas ?
00:26:45Ce n'est pas du tout ça
00:26:45le discours,
00:26:46ce n'est pas celui-ci du tout.
00:26:47Le discours que j'ai transmis,
00:26:48c'est la mobilisation,
00:26:50c'est-à-dire,
00:26:50non non plus,
00:26:51il a l'air d'être positif,
00:26:52pour autant,
00:26:53j'ai chopé un mec
00:26:54en train de pousser le chariot
00:26:55dans une grande surface
00:26:56avec sa femme
00:26:57le jour d'un match.
00:26:58D'accord.
00:27:00On m'a répété,
00:27:01on m'a rappelé
00:27:01que la semaine dernière,
00:27:02il y a un joueur
00:27:03qui est allé boire des coups
00:27:05à passer 11h du soir,
00:27:0723h,
00:27:07et j'ai entendu aussi dire
00:27:10le patron d'une boîte de nuit
00:27:11qui me dit
00:27:12je crois que Denis,
00:27:13il faudrait peut-être
00:27:13que tu tiennes un peu plus
00:27:14tes joueurs
00:27:15parce que la semaine dernière,
00:27:16ils étaient trois
00:27:16à être venus
00:27:17en boîte de nuit.
00:27:19Donc,
00:27:19le message est passé
00:27:21individuellement.
00:27:22Chaque joueur,
00:27:22chacun de ces joueurs-là
00:27:23savent très bien
00:27:24que je sais.
00:27:25Pour autant,
00:27:26je n'ai pas trahi.
00:27:27Tu n'as rien dit ?
00:27:28Et je n'ai rien dit ?
00:27:29Pour autant,
00:27:29la fois d'après,
00:27:30s'ils ne sont pas là
00:27:31demain ou après-demain
00:27:32pour le match,
00:27:34ça peut être compliqué
00:27:35pour eux
00:27:35parce que je le sais.
00:27:36Donc,
00:27:37c'est ça.
00:27:37C'est de savoir
00:27:38s'en dire
00:27:39et de recadrer les choses.
00:27:40Parce que tu ne dénonces pas.
00:27:42Non, impossible.
00:27:43Mais il y a quand même
00:27:44forcément une prise de conscience
00:27:45pour les coupables
00:27:49et une alerte
00:27:50pour ceux qui ne le sont pas
00:27:51et qui ne sont pas forcément
00:27:52au courant
00:27:53ou peut-être au courant.
00:27:55C'est ce que j'ai retenu
00:27:56de ma jeunesse.
00:27:57Je suis issu
00:27:57dans les quartiers,
00:27:58bien sûr.
00:27:59Bien sûr,
00:27:59pas bien sûr,
00:28:00mais je suis issu.
00:28:01Et j'ai retenu trois choses.
00:28:02Le reste,
00:28:02j'ai essayé de corriger
00:28:03un maximum.
00:28:04Une des choses,
00:28:05c'est qu'il fallait
00:28:05avoir confiance en soi.
00:28:08La deuxième chose,
00:28:09c'est qu'il faut travailler
00:28:10en équipe.
00:28:11Et la troisième,
00:28:12il ne faut pas balancer.
00:28:15Et je crois qu'aujourd'hui,
00:28:16ce que je fais,
00:28:17c'est exactement
00:28:17mon métier d'aujourd'hui.
00:28:18Et c'est ce que j'ai essayé
00:28:19de faire tout au long
00:28:21de ma vie jusqu'à présent.
00:28:22Aujourd'hui,
00:28:23pour toi,
00:28:24pour revenir sur le...
00:28:25Peut-être celui
00:28:26qui...
00:28:26Les autres sont importants,
00:28:27mais la confiance en soi.
00:28:29Qu'est-ce que...
00:28:30Qu'est-ce que tu as mis en place,
00:28:32toi, en tant que coach
00:28:33pour essayer de...
00:28:34Justement de...
00:28:35Est-ce que c'est un travail
00:28:36personnel du joueur
00:28:37ou c'est toi
00:28:38qui dois aussi
00:28:39qui...
00:28:40J'ai un peu la réponse,
00:28:41mais bon,
00:28:41je te pose la question.
00:28:42Je ne sais pas
00:28:43si tu as la réponse,
00:28:43mais oui,
00:28:44tu as tes propres réponses.
00:28:46La confiance,
00:28:47il y a plusieurs choses.
00:28:48Il y a la confiance,
00:28:49la grande confiance,
00:28:50c'est celle qui regroupe
00:28:51toutes les confiances
00:28:52qu'il y a dans un groupe
00:28:53ou dans une équipe.
00:28:55C'est-à-dire
00:28:56qu'il y a la confiance en soi.
00:28:57Chacun d'entre nous
00:28:58doit travailler
00:28:59sur sa propre confiance,
00:29:01mais tu dois aussi
00:29:02travailler sur la confiance
00:29:03que les autres
00:29:03peuvent avoir en toi.
00:29:05La confiance que toi,
00:29:06tu peux avoir aux autres,
00:29:07donc il faut le travailler.
00:29:09La confiance aussi
00:29:10que tu peux avoir
00:29:10en une situation,
00:29:11c'est-à-dire
00:29:12que je n'ai jamais gagné
00:29:13la Coupe d'Europe,
00:29:15pour autant,
00:29:15j'ai déjà gagné
00:29:16la Coupe de France.
00:29:17Donc,
00:29:17ce n'est pas la Coupe d'Europe,
00:29:19la Champions League,
00:29:20mais c'est la Coupe de France.
00:29:21Donc,
00:29:21si jamais je devais
00:29:22jouer la Champions League,
00:29:24la finale de Champions League,
00:29:25eh bien,
00:29:26je ne l'ai pas gagné.
00:29:26Donc,
00:29:27je peux avoir
00:29:28un petit manque de confiance,
00:29:29pour autant,
00:29:30je n'ai pas non plus...
00:29:32j'ai aussi gagné
00:29:33une Coupe de France.
00:29:34ça veut dire
00:29:34que le delta,
00:29:35l'écart entre les deux,
00:29:36n'est pas si grand que ça.
00:29:37Donc,
00:29:37je peux me donner
00:29:37un petit peu plus de confiance.
00:29:39Il y a aussi...
00:29:39Ça veut dire que
00:29:40tu t'appuies
00:29:41sur une expérience
00:29:42positive,
00:29:44vécue et positive,
00:29:45pour aller la transmettre
00:29:46sur quelque chose
00:29:47qui est inconnu.
00:29:48Oui,
00:29:48parce que si tu regardes
00:29:49la finale de Champions League,
00:29:50tu te fais peur.
00:29:51Bien sûr.
00:29:52Tu fais peur.
00:29:53Et tu as le droit
00:29:54d'avoir peur,
00:29:55pour autant,
00:29:55pas une peur aussi grande
00:29:57que celle de dire...
00:29:57Pas le fait que ça entame ton...
00:29:58Ça veut dire que
00:29:59tu ne fais que progresser,
00:30:01qu'avancer,
00:30:02marche par marche,
00:30:03ou micro-marche
00:30:04par micro-marche,
00:30:05pour autant,
00:30:05tu avances.
00:30:07Et d'autres leviers,
00:30:08il y a un levier aussi
00:30:09sur la confiance.
00:30:10C'est la confiance
00:30:11que tu fais,
00:30:13que tu as
00:30:14en la compétence
00:30:15et aux connaissances
00:30:16des autres.
00:30:17C'est-à-dire que
00:30:17dans le sport,
00:30:18on connaît très bien,
00:30:18moi,
00:30:18j'étais gardien de but,
00:30:20je dois avoir confiance
00:30:21au tireur de pénalty
00:30:23de mon équipe.
00:30:24Je ne peux pas le tirer,
00:30:25le pénalty.
00:30:25Tout comme le joueur
00:30:26a confiance en toi.
00:30:28Exactement.
00:30:28Donc on doit
00:30:30naturellement,
00:30:31normalement,
00:30:31voir quelle confiance
00:30:33on attribue aux autres.
00:30:35Donc ça aussi,
00:30:36c'est un travail à faire.
00:30:37Et le dernier travail,
00:30:39qui est moins un travail,
00:30:40mais qui est plutôt
00:30:40de l'ordre du spirituel,
00:30:43c'est la confiance
00:30:44que l'on peut avoir
00:30:45en une religion,
00:30:46en la vie,
00:30:47en une croyance quelconque.
00:30:49Et donc,
00:30:49il y a vraiment
00:30:50à notre portée
00:30:51plein de choses,
00:30:52plein de leviers.
00:30:53Sans parler forcément
00:30:54de religion,
00:30:54mais ce qu'on peut appeler
00:30:55une foi.
00:30:55Oui,
00:30:56c'est la foi
00:30:56en quelque chose,
00:30:57la reconnaissance.
00:30:58Je ne sais pas,
00:30:58tu peux très bien
00:30:59avoir un aïeul,
00:31:01un grand-père
00:31:02qui dit,
00:31:03il y aille sur moi.
00:31:04C'est pas que la religion.
00:31:05Je suis bien d'accord.
00:31:06Tu peux ne pas être...
00:31:07Tu peux avoir des convictions
00:31:08sur des expériences
00:31:09que tu as vécues,
00:31:10sur de l'énergie,
00:31:11sur plein de choses.
00:31:12Libre à chacun.
00:31:14Et c'est pour cette raison
00:31:15que le discours
00:31:15d'un entraîneur
00:31:17doit tenir compte
00:31:17de tous ces paramètres-là.
00:31:18Et d'un manager,
00:31:19et d'un dirigeant,
00:31:20et c'est la même chose.
00:31:22C'est une mobilisation rare,
00:31:23j'aime bien,
00:31:23j'aime beaucoup.
00:31:24Merci.
00:31:25Alors,
00:31:26Denis,
00:31:27c'est moi,
00:31:28faut-il aimer passionnément
00:31:30son sport
00:31:31pour bien entraîner ?
00:31:33Très bon.
00:31:33Alors,
00:31:34encore une question
00:31:34qui m'intéresse
00:31:35parce que je me la suis posée
00:31:37il y a 15 ans.
00:31:40Et j'ai imaginé,
00:31:41il y a 15 ans,
00:31:42quand je suis sorti du football,
00:31:43j'ai imaginé,
00:31:43je me suis dit,
00:31:44mais est-ce que je pourrais
00:31:45entraîner une équipe
00:31:46de rugby ?
00:31:48Est-ce qu'un entraîneur
00:31:50de rugby
00:31:50pourrait accompagner
00:31:52ou entraîner
00:31:53une équipe de basket
00:31:54ou de football ?
00:31:55Intéressant.
00:31:56Mais bien sûr.
00:31:57Et bien sûr que c'est possible.
00:31:58Demain ou après-midi,
00:31:59ça reste de l'humain,
00:32:00un groupe.
00:32:00Oui, c'est de l'humain,
00:32:01c'est un groupe,
00:32:02c'est une activité sportive.
00:32:06Donc, oui,
00:32:06pour le manager,
00:32:07je pense qu'un manager général
00:32:09peut avoir cette fonction.
00:32:11Et ensuite,
00:32:12en dessous,
00:32:12qu'il y ait des personnes
00:32:15en contact direct
00:32:16avec les joueurs,
00:32:17donc préparateur physique,
00:32:18préparateur mental,
00:32:19technique,
00:32:20attaquant,
00:32:20défenseur,
00:32:21bien entendu,
00:32:22puisque aujourd'hui,
00:32:24on se rend compte
00:32:24que le sport de haut niveau
00:32:26est très dense,
00:32:28très difficile
00:32:29et ça se joue
00:32:30sur des détails.
00:32:31Et ce sont ces détails-là
00:32:32que l'entraîneur
00:32:33ou le manager
00:32:34qui a de la hauteur
00:32:35ne peut pas forcément
00:32:37voir les détails du terrain.
00:32:38C'est là où c'est intéressant,
00:32:39c'est que,
00:32:40voilà,
00:32:40tu as une approche
00:32:42de gestion humaine
00:32:43et de groupe
00:32:44qui n'inclut pas forcément
00:32:46une connaissance
00:32:47du sport en lui-même.
00:32:49Non,
00:32:50parce que regarde,
00:32:50quand tu as couru 45 minutes
00:32:52sans ballon,
00:32:53ce n'était pas du football.
00:32:54Ce n'était pas du football.
00:32:57Non,
00:32:58je me rappelle,
00:32:58ce n'était pas du football.
00:32:59Je n'étais pas fan
00:33:01de tout ça,
00:33:01mais bon.
00:33:02mais dans la compréhension,
00:33:05j'aime bien l'idée.
00:33:07Alors,
00:33:08pour vous,
00:33:09qu'est-ce qu'être fan ?
00:33:11Aimer,
00:33:11appartenir,
00:33:12vibrer
00:33:13ou perdre
00:33:14une part de rationalité ?
00:33:16Ah,
00:33:17c'est perdre
00:33:17une part de rationalité,
00:33:19mais c'est...
00:33:19C'est le plus fort.
00:33:20Oui,
00:33:21et c'est quelque part normal.
00:33:23C'est complètement...
00:33:25Et j'aime ça.
00:33:26J'ai toujours rêvé...
00:33:27Rêver...
00:33:28tu es fan.
00:33:29Moi,
00:33:29je suis un...
00:33:31Fan,
00:33:32ce n'est pas le mot
00:33:32que j'aurais employé.
00:33:33Pour autant,
00:33:34je comprends
00:33:35les comportements
00:33:35des fans.
00:33:36D'accord.
00:33:37C'est-à-dire le fait
00:33:38d'être complètement en délire
00:33:39devant quelque chose
00:33:40qui n'existe pas encore.
00:33:42D'accord.
00:33:43C'est...
00:33:43Tu perds tes moyens,
00:33:45l'absence de logique...
00:33:47Oui,
00:33:47mais c'est ça.
00:33:48Mais l'absurdité
00:33:49amène parfois
00:33:50des réponses hors normes.
00:33:52Et je me suis posé
00:33:53la question très tôt,
00:33:56quelles sont les fonctions
00:33:58des personnes
00:33:58autour du football ?
00:34:00C'est-à-dire,
00:34:01bien sûr,
00:34:01que l'entraîneur entraîne,
00:34:02le joueur joue,
00:34:03etc.
00:34:03Mais ça,
00:34:03c'est vraiment du très basique.
00:34:06Mais je me suis aussi
00:34:06posé des questions
00:34:08qui étaient beaucoup plus...
00:34:09Je ne sais pas
00:34:10si c'est plus subtil.
00:34:11Mais c'était de l'ordre
00:34:14de comprendre
00:34:16quelles sont les attitudes
00:34:18et les comportements
00:34:19de chaque personne
00:34:20dans son action.
00:34:22Et pour le fan,
00:34:23il est nécessaire
00:34:25qu'il rêve,
00:34:26qu'il pense des choses.
00:34:28Et je disais toujours...
00:34:29Pour se dépasser ?
00:34:30Non, non,
00:34:31c'est pour rêver,
00:34:32simplement.
00:34:33C'est pour atteindre
00:34:34quelque chose
00:34:34ou tendre vers quelque chose.
00:34:35L'intensité de ta...
00:34:36Oui,
00:34:37et c'est d'une puissance hors normes
00:34:38parce que notre pensée,
00:34:40elle est inarrêtable.
00:34:42C'est un peu
00:34:43de l'adrénaline de...
00:34:44Oui,
00:34:44et le fan,
00:34:46le fan,
00:34:46qu'il soit entraîneur,
00:34:47joueur ou supporter,
00:34:49le fan a le droit
00:34:51de tendre vers ça.
00:34:52Et moi,
00:34:53j'ai trouvé que c'était
00:34:54quelque part...
00:34:55C'est une normalité,
00:34:59bien sûr,
00:35:00et après,
00:35:01il faut se contrôler.
00:35:02C'est ça.
00:35:02Il faut se contrôler.
00:35:03C'est là où je reviens
00:35:03sur l'entraîneur.
00:35:05Et est-ce que...
00:35:05T'es fan,
00:35:06mais t'es entraîneur,
00:35:07est-ce que justement,
00:35:08la perte de cette rationalité
00:35:09va faire que
00:35:11tu vas dépasser
00:35:12les bornes
00:35:12dans ton comportement ?
00:35:15On a plein...
00:35:16On a plein d'entraîneurs
00:35:17qui sont...
00:35:18Un siméon,
00:35:19pour moi,
00:35:21c'est un passionné,
00:35:22certainement un fan
00:35:23de football et tout ça,
00:35:24mais pour moi,
00:35:25ça dépasse
00:35:26ce que ça doit amener
00:35:27dans le comportement,
00:35:29je trouve.
00:35:30Ça,
00:35:31c'est mon avis,
00:35:31attention.
00:35:32Oui,
00:35:32mais je peux donner
00:35:33aussi mon avis,
00:35:34mais ce ne sera pas
00:35:35une vérité.
00:35:36Non,
00:35:36bien sûr.
00:35:36c'est...
00:35:38Par exemple,
00:35:39par exemple,
00:35:41je rencontre,
00:35:42depuis ces dernières années,
00:35:44je rencontre,
00:35:45je vais voir un entraînement,
00:35:46mais pas de football,
00:35:47mais par hasard.
00:35:48Et il y a un des joueurs
00:35:51qui avait dû me voir
00:35:52ou entendu parler de moi,
00:35:53il vient me voir
00:35:54pour l'accompagner.
00:35:55Moi,
00:35:56je dis,
00:35:56OK,
00:35:56pourquoi pas ?
00:35:59Et il me dit,
00:36:00vraiment,
00:36:01je voudrais que vous m'ameniez
00:36:02telle et telle chose.
00:36:03Moi,
00:36:03je ne suis pas un magicien,
00:36:04je ne suis pas un gourou,
00:36:05je ne suis pas...
00:36:05Juste pour préciser,
00:36:06par rapport à...
00:36:07La préparation mentale.
00:36:08Non,
00:36:08mais voilà,
00:36:09tu as fait une formation...
00:36:10La préparation mentale.
00:36:11Oui,
00:36:11j'ai fait six ans
00:36:12d'études autour
00:36:13de la préparation mentale,
00:36:15oui,
00:36:15dont des quatre ans
00:36:16d'université.
00:36:17Mais bon,
00:36:18c'est l'idée,
00:36:19donc cette personne me voit
00:36:20et elle me dit,
00:36:21elle me parle
00:36:22de son entraîneur
00:36:23qui est top et tout.
00:36:24Et moi,
00:36:24j'avais entendu
00:36:25l'entraîneur,
00:36:27mais sincèrement,
00:36:29qu'il était,
00:36:30mais c'était,
00:36:31il tenait des propos
00:36:33que je n'aurais jamais tenus
00:36:35dans ma vie.
00:36:36Jamais,
00:36:37jamais,
00:36:37c'était presque
00:36:39au bord de l'insulte.
00:36:40Voilà,
00:36:41je comprends.
00:36:42Et moi,
00:36:43j'écoute le joueur
00:36:44et finalement,
00:36:45le joueur
00:36:46qui est plus intelligent
00:36:47que moi,
00:36:48puisque lui,
00:36:49il dit,
00:36:50sans que je pose
00:36:51la question,
00:36:52il me fait comprendre
00:36:53que l'entraîneur,
00:36:54il n'entend pas.
00:36:55il l'entend simplement
00:36:57lorsque l'entraîneur
00:36:58lui amène quelque chose.
00:36:59Il entend simplement
00:37:01ce qu'il a envie
00:37:02d'entendre le joueur.
00:37:03Tout le reste,
00:37:04mais c'est énorme.
00:37:05Mais c'est une capacité
00:37:06difficile,
00:37:07c'est pour ça que je dis
00:37:07qu'il est intelligent.
00:37:08C'est une forme
00:37:09d'intelligence du joueur,
00:37:10c'est qu'il sait
00:37:11que l'entraîneur,
00:37:12peut-être à 90%.
00:37:14On n'est pas sur la force
00:37:15des mots,
00:37:15on est sur la force
00:37:16de l'énergie.
00:37:16De l'énergie,
00:37:18mais aussi,
00:37:19Eric,
00:37:19d'un message
00:37:22qui est parfois
00:37:24soit qui va retirer
00:37:25un grain de sable
00:37:26dans la mécanique
00:37:26du joueur
00:37:27et qui va lui faire
00:37:28gagner des années,
00:37:29soit un message
00:37:30qui va lui faire
00:37:30gagner des années
00:37:31parce qu'il n'avait
00:37:31pas pensé à ça.
00:37:33Mais c'est que dalle,
00:37:34c'est un détail.
00:37:34Et je crois que
00:37:35la force d'être très grand,
00:37:37c'est d'aller chercher
00:37:38les détails
00:37:39chez l'autre.
00:37:40C'est-à-dire,
00:37:40quel qu'il soit,
00:37:41que ce soit un homme,
00:37:42une femme,
00:37:43un jeune,
00:37:43un vieux,
00:37:44une situation particulière
00:37:45ou pas,
00:37:45mais c'est aller rechercher
00:37:46ces détails-là
00:37:47qui vous font grandir.
00:37:48Oui, c'est ça.
00:37:48C'est ce qui te permet
00:37:49d'atteindre...
00:37:50Alors, il faut avoir
00:37:50déjà un objectif
00:37:51qui est précis.
00:37:53Non, mais bien sûr.
00:37:54Et en plus,
00:37:55savoir se donner les moyens
00:37:56et trouver les bonnes personnes
00:37:57qui vont t'amener
00:37:58justement à cet objectif-là.
00:38:00Et pour savoir
00:38:01vers quoi tu veux aller...
00:38:03C'est déjà les grands,
00:38:04ça,
00:38:04parce que tout le monde
00:38:05ne peut pas faire...
00:38:06Non, non,
00:38:06mais il y a des étapes.
00:38:07C'est pour cette raison.
00:38:08L'idée,
00:38:08c'est de toujours rester
00:38:09en mouvement.
00:38:10Bouger, bouger, bouger,
00:38:12monter une marche,
00:38:12deux marches,
00:38:13trois marches,
00:38:13des micro-marches.
00:38:14Et c'est top.
00:38:15C'est se mettre en mouvement
00:38:16et se dire,
00:38:17ah ouais,
00:38:17et garder et se rappeler
00:38:19à chaque fois
00:38:19qu'on peut avoir
00:38:20de bonnes idées,
00:38:21mais si elles ne correspondent
00:38:23pas à ta vision lointaine,
00:38:24il faut les oublier.
00:38:25C'est dur
00:38:25faire le deuil
00:38:26d'une idée
00:38:27qui paraît magique.
00:38:29Oui, mais parce que
00:38:29il faut avoir
00:38:31l'équilibre qu'il faut
00:38:32pour comprendre
00:38:33que tu es capable
00:38:35ou c'est comme
00:38:36si tu demandais
00:38:36à un gars
00:38:37de 1m58
00:38:38d'être basketeur professionnel
00:38:41pour...
00:38:41Alors, il y en a eu.
00:38:42Oui, bien sûr.
00:38:43Il y en a eu en meneur,
00:38:44mais je veux dire,
00:38:44voilà,
00:38:45tu ne peux pas te donner
00:38:46des capacités
00:38:47que tu n'as pas.
00:38:48Par contre,
00:38:49tu peux trouver les bonnes.
00:38:50C'est trop ce que tu dis.
00:38:52C'est très, très bien.
00:38:53Et trouver les bonnes
00:38:53qui correspondent justement
00:38:54à ce qui va te permettre
00:38:55d'atteindre cet objectif.
00:38:57Eh bien, par exemple,
00:38:58avant un match,
00:39:00toujours on dit,
00:39:00mais est-ce que les joueurs,
00:39:02les sportifs ont peur ?
00:39:04Les sportifs,
00:39:04est-ce qu'ils ont peur ?
00:39:05Mais bien entendu,
00:39:06la peur est légitime
00:39:07et normale.
00:39:08Si tu n'as pas peur
00:39:09avant un match,
00:39:10bien sûr que c'est moteur.
00:39:12Et donc,
00:39:12il faut avoir peur.
00:39:13Pourquoi ?
00:39:14Parce que,
00:39:14imaginons que tu es
00:39:15une équipe de joueurs
00:39:16de 1m70 au basket
00:39:19et tu n'as pas peur.
00:39:20Tu dis,
00:39:20ouais,
00:39:20de toute façon,
00:39:21on va,
00:39:22le 5 majeur de cette équipe
00:39:23mesure,
00:39:24allez,
00:39:24on va dire 1m75 maximum.
00:39:26Tu dis,
00:39:26ouais,
00:39:26de toute façon,
00:39:27ouais,
00:39:27et quand tu rentres sur le terrain,
00:39:29tu vois 5 monstres
00:39:30en face
00:39:31et tu te dis,
00:39:32oh putain.
00:39:32Et là,
00:39:33la peur,
00:39:33elle commence à arriver.
00:39:35Et là,
00:39:35tu dis,
00:39:35on va prendre une tôle.
00:39:37Alors que si tu as peur avant,
00:39:39qu'est-ce qu'on va se dire,
00:39:40nous 5 petits ?
00:39:42On va dire,
00:39:42ouais,
00:39:43ok,
00:39:44ils sont grands,
00:39:44ils sont forts,
00:39:45ils ont tout gagné.
00:39:45Ouais,
00:39:46mais attends,
00:39:46qu'est-ce qu'on a ?
00:39:47On a quoi ?
00:39:47On peut aller très très vite
00:39:49au sol,
00:39:49on a déjà gagné
00:39:50qu'on a des équipes plus grandes,
00:39:51on a nos armes.
00:39:52Et donc là,
00:39:53tu fais un focus sur toi,
00:39:55individuellement
00:39:55et collectivement
00:39:56sur ton équipe.
00:39:57Et avec ça,
00:39:58tu peux réussir
00:39:59à faire quelque chose
00:40:00tout du moins,
00:40:02tu vas progresser
00:40:04parce que tu auras travaillé
00:40:05contre des personnes
00:40:06qui seront plus fortes que toi.
00:40:08Et tant mieux,
00:40:09c'est ça l'idée.
00:40:09C'est même si tu gagnes pas,
00:40:11tu réussis à grandir malgré tout.
00:40:13Parce que tu as pensé.
00:40:14Tu dépasses tes limites.
00:40:16T'es donné les moyens.
00:40:17Oui, Eric.
00:40:17Exactement.
00:40:18Voilà, j'avoue.
00:40:19Très bien.
00:40:20Ah, j'aime beaucoup.
00:40:21Voilà,
00:40:22mais c'est vrai.
00:40:22C'est vachement important.
00:40:23Tu m'arrières.
00:40:24Non, mais c'est des aspects
00:40:25qu'on n'aborde pas forcément.
00:40:28On parle du sport en général.
00:40:30C'est la partie émergée
00:40:30de la l'hypergue.
00:40:32Est-ce que tu te souviens
00:40:33d'un moment
00:40:33où le football est devenu
00:40:35plus qu'un jeu pour toi ?
00:40:38Oui.
00:40:39La transition
00:40:40où tu te dis
00:40:41ah, là,
00:40:42tu sais un peu genre
00:40:43c'est un métier,
00:40:45c'est un, tu vois,
00:40:46c'est...
00:40:46Oui.
00:40:47Alors la rencontre,
00:40:48non, non, bien sûr.
00:40:49La rencontre avec Jean-Luc Lagardère
00:40:51que je voyais régulièrement
00:40:52quand j'avais 25 ans
00:40:53ou 27 ans.
00:40:55Là où tu passes,
00:40:56donc là c'est comme si
00:40:56tu passais
00:40:58dans le monde professionnel.
00:41:00Oui, complètement.
00:41:00Il m'a fait visiter
00:41:02un monde professionnel
00:41:03avec beaucoup d'innovation,
00:41:04de créativité
00:41:04et il m'a donné confiance.
00:41:06Il m'a fait...
00:41:07Il m'écoutait
00:41:07dans ce que je pouvais
00:41:08lui transmettre
00:41:10par le football
00:41:11pour qu'il puisse
00:41:12éventuellement s'en servir.
00:41:13Je ne sais pas
00:41:13si ça en est servi,
00:41:14mais toujours est-il
00:41:15que les échanges étaient...
00:41:16Il allait chercher des idées.
00:41:18Je pensais que c'était...
00:41:20Oui, il essayait de comprendre
00:41:21et il m'a fait comprendre
00:41:22une chose,
00:41:23c'est que...
00:41:25La première des choses,
00:41:26c'est qu'on joue à...
00:41:27Je suis entraîneur adjoint,
00:41:28je venais de me blesser
00:41:29très sérieusement.
00:41:31Là, c'était la transition
00:41:32de joueur à...
00:41:34Ah, entraîneur.
00:41:34Oui.
00:41:35Et on joue Saint-Étienne.
00:41:37Donc, il était président
00:41:38du Matra Racing.
00:41:39On joue Saint-Étienne
00:41:40à Saint-Étienne.
00:41:43Et...
00:41:44Avant le match,
00:41:45il y a la composition d'équipe
00:41:48qui est faite au tableau,
00:41:49le schéma tactique
00:41:50que tu connais très bien,
00:41:52les trucs,
00:41:52qui sont sur un paperboard.
00:41:53La routine, un peu.
00:41:54La routine.
00:41:55Et je sors de là,
00:41:55les joueurs montent en chambre
00:41:57et tout.
00:41:58Et là, je rencontre
00:41:59Jean-Luc Lagardère
00:42:02et il me dit
00:42:03Ah, Denis, vous allez bien ?
00:42:04Il dit, oui, ça va bien.
00:42:06Oui, on est tous
00:42:06un petit peu à chaud
00:42:08parce que c'était
00:42:08le match de la montée
00:42:09en Ligue 1.
00:42:10D'accord.
00:42:12Si on gagne Saint-Étienne,
00:42:13on monte.
00:42:13Donc, c'est déterminant
00:42:14pour le club,
00:42:15pour les gens
00:42:15qui travaillent au club.
00:42:17Tout, tout, tout.
00:42:18Et il me dit, Denis,
00:42:18vous pouvez me dire
00:42:19un petit peu
00:42:21les joueurs
00:42:21et les remplaçants ?
00:42:22Je lui dis,
00:42:22oui, bien sûr.
00:42:23Je lui dis,
00:42:24ben, venez,
00:42:24la salle, elle est là,
00:42:25venez voir.
00:42:26Et là,
00:42:27il me fracasse.
00:42:30Il me dit,
00:42:31Denis,
00:42:32plus jamais de ma vie,
00:42:33je veux que vous fassiez
00:42:34ce que vous venez
00:42:35de faire avec moi.
00:42:37J'ai dit,
00:42:37comment ça, président ?
00:42:39Il me dit,
00:42:40tout ce que vous avez écrit,
00:42:42montré,
00:42:43vous devez le brûler
00:42:44ou le jeter,
00:42:45mais jamais le laisser
00:42:47à un endroit
00:42:47qui pourrait être visité
00:42:48par d'autres.
00:42:49Ah, la stratégie de...
00:42:51La sécurité...
00:42:53De l'espionnage.
00:42:54Exactement.
00:42:55Et là, écotérie.
00:42:56Depuis ce jour-là,
00:42:58toutes...
00:42:58Ben, je faisais,
00:42:59je prenais déjà
00:42:59toutes mes notes.
00:43:00Juste pour préciser
00:43:01que ça existe.
00:43:02Bien sûr, bien sûr.
00:43:04Bien sûr, bien sûr.
00:43:04Et donc,
00:43:05depuis ce jour-là,
00:43:06mais avant,
00:43:07je prenais déjà des notes,
00:43:08mais mes notes,
00:43:09je les ai toujours cachées.
00:43:10Personne ne sait
00:43:10où elles sont toutes mes notes.
00:43:11Je les ai mis dans des mâles,
00:43:12mais cachées.
00:43:14Et toutes les fins de match,
00:43:15tous les matchs,
00:43:16je prenais les feuilles
00:43:17de paperboard
00:43:17qu'on avait écrits
00:43:18sur le paperboard,
00:43:21du coup,
00:43:21et je les ai toujours
00:43:22toutes gardées en plus
00:43:23de toutes mes micronotes.
00:43:25Énorme.
00:43:26Oui, c'est des trucs de fous.
00:43:27Oui, mais tu étais déjà...
00:43:29Oui, c'est un peu autistique.
00:43:30C'est un peu autistique.
00:43:31Parce que tu voulais t'appuyer aussi,
00:43:32peut-être éventuellement,
00:43:33sur...
00:43:33Ah, je voulais.
00:43:34Tu t'es dit,
00:43:34voilà,
00:43:35qu'est-ce qui a marché
00:43:35sur cette...
00:43:36Voilà, on a fait des choses,
00:43:38c'est peut-être pour ça aussi,
00:43:38non ?
00:43:39Ce que je sais,
00:43:40c'est que j'ai pu,
00:43:43avec un petit peu de recul,
00:43:46voir comment je fonctionnais.
00:43:48Et en fin de compte,
00:43:48moi, mon fonctionnement,
00:43:50c'est de rassembler
00:43:52des choses
00:43:52ou des personnes
00:43:53qui n'auraient jamais dû
00:43:54se rencontrer.
00:43:56Par exemple.
00:43:57D'accord.
00:43:57Et ce n'est pas
00:43:58de les faire se rencontrer
00:43:59qui est le plus important,
00:44:00c'est de savoir
00:44:00ce qui se passe derrière.
00:44:01Par exemple,
00:44:02un jour,
00:44:03il y a un pote qui me dit,
00:44:04Denis,
00:44:05tu trouves des solutions
00:44:06à quasiment tout, toi ?
00:44:08Alors, dis-moi un peu,
00:44:09maintenant,
00:44:10comment deux montagnes
00:44:11pourraient se rencontrer ?
00:44:12Oh, putain.
00:44:13Je dirais,
00:44:14ça y est,
00:44:14là, encore un tordu,
00:44:16un pote qui est tordu.
00:44:18Je dis,
00:44:18écoute,
00:44:19dans ma tête,
00:44:19je fais deux montagnes,
00:44:20je dessine deux montagnes,
00:44:22et je me dis,
00:44:23imaginons
00:44:24qu'un bloc de rochers
00:44:26de la montagne A,
00:44:28il y a deux millénaires,
00:44:29tombe entre les deux montagnes.
00:44:32Demain,
00:44:33un séisme
00:44:33fait qu'un bloc de rochers
00:44:35de la montagne B
00:44:36se décroche
00:44:37et vient de rencontrer
00:44:38le bloc de montagne
00:44:39de la montagne A.
00:44:42Est-ce qu'on peut dire
00:44:43que les deux montagnes
00:44:44se sont rencontrées ?
00:44:45C'est l'idée que j'avais.
00:44:47Et je me dis,
00:44:49mais on s'en contre-fous de ça,
00:44:51ce qu'on veut savoir,
00:44:52ce qu'on veut véritablement.
00:44:53C'est-à-dire avoir raison.
00:44:56Je me donnais de bonnes raisons
00:44:57d'avoir raison
00:44:58en faisant entrechoquer
00:45:00ces deux rôles.
00:45:01Mais ce n'est pas
00:45:02le plus important.
00:45:02Et ma vie est celle-ci.
00:45:04Ce n'est pas d'avoir raison,
00:45:05c'est de me dire,
00:45:06mais qu'est-ce qui s'est passé
00:45:07quand ces deux blocs de rochers
00:45:08se sont rencontrés ?
00:45:10Est-ce qu'il y a eu
00:45:11une étincelle
00:45:12qui s'est passée ?
00:45:13Est-ce qu'il y a eu
00:45:13un bruit ?
00:45:14Est-ce qu'il y a eu
00:45:15une odeur ?
00:45:16Est-ce qu'on peut faire du feu ?
00:45:18Qu'est-ce qui s'est passé réellement ?
00:45:20Et c'est ça qui est intéressant.
00:45:22Est-ce que ça permet
00:45:23de passer de la montagne
00:45:23à l'autre ?
00:45:24C'est ça.
00:45:25Exactement.
00:45:26C'est vraiment
00:45:26les vraies questions
00:45:27qui sont des questions
00:45:28plus existentielles
00:45:29et qui te permettent
00:45:29d'aller plus loin
00:45:30que la logique.
00:45:32Et donc,
00:45:33en fin de compte,
00:45:34je crois que c'est ça,
00:45:35ma vie.
00:45:35C'est d'aller chercher
00:45:36des mondes
00:45:37qui ne se ressemblent pas du tout.
00:45:39Je suis passé
00:45:41de l'univers des cités
00:45:43à l'université
00:45:44parce que j'ai refait...
00:45:46C'est un jeu de mots
00:45:47qui me plaît bien
00:45:48parce que c'est exactement ça.
00:45:49Je suis passé
00:45:50du banc d'école
00:45:52au banc de touche
00:45:52des entraîneurs
00:45:54au plus haut niveau
00:45:56et toutes ces choses-là
00:45:57et du monde du sport
00:45:58et de l'entreprise
00:46:00et aujourd'hui,
00:46:01l'entreprise à la start-up
00:46:03et les entraîneurs principaux,
00:46:06que ce soit de Zidane
00:46:07à Dupra
00:46:08et Stéphan
00:46:10et tous ceux
00:46:10qui sont aujourd'hui en poste,
00:46:11ils me disent tous,
00:46:12puisque j'ai accompagné
00:46:15les entraîneurs
00:46:15pendant huit ans,
00:46:17ceux qui passaient
00:46:18leur diplôme,
00:46:18donc tous ces entraîneurs-là
00:46:19en particulier
00:46:20et une des questions,
00:46:22pas la seule,
00:46:23mais une des questions
00:46:23qu'ils me posaient
00:46:24pendant ces cinq jours
00:46:25que je partageais avec eux,
00:46:28c'était
00:46:28comment t'as fait, Denis,
00:46:29pour sortir du football ?
00:46:32C'est vraiment...
00:46:33Et pour moi,
00:46:34ça a été à la fois simple...
00:46:35Mais attends,
00:46:35dans quel sens ?
00:46:36Comment t'as fait
00:46:37pour sortir du football ?
00:46:37La difficulté
00:46:38d'abandonner le football
00:46:40ou la transformation
00:46:42pour aller vers l'entreprise ?
00:46:44Alors,
00:46:46je crois que si tu...
00:46:47Il y a deux...
00:46:49Plusieurs possibilités,
00:46:49mais j'en vois deux
00:46:51intéressantes.
00:46:52Si tu ne sors pas du football
00:46:53et que tu y restes,
00:46:55et que ce n'est pas ta place,
00:46:57parce que tu n'as plus ta place,
00:46:59parce que tu perds,
00:47:01c'est ce qui s'est passé pour moi,
00:47:03à trois,
00:47:03j'étais...
00:47:04Tant place ?
00:47:04J'étais à trois,
00:47:05en Ligue 2,
00:47:06prête à monter en Ligue 1
00:47:07avec 11 points d'avance
00:47:08à huit journées de la fin.
00:47:10Aucun entraîneur au monde
00:47:11n'est pas monté
00:47:12en Ligue 1
00:47:13avec autant de points d'avance,
00:47:14sauf celui
00:47:15qui est en face de toi.
00:47:16On a perdu
00:47:17quatre matchs de suite,
00:47:18le mercredi,
00:47:20le samedi,
00:47:20le samedi,
00:47:21c'est-à-dire en 15 jours de temps,
00:47:22tu perds quatre matchs.
00:47:22Incroyable.
00:47:23Et tu dégages.
00:47:24Et là, tu te dis,
00:47:25OK,
00:47:25il faut que je pense
00:47:26à autre chose.
00:47:27Et c'est ce qui m'a permis
00:47:28de sortir du football.
00:47:30Si tu n'es pas bien
00:47:30à une place,
00:47:31le football te sort.
00:47:33Si un animal,
00:47:35si un végétal
00:47:36n'est pas à sa place,
00:47:38il va aller ailleurs.
00:47:40Et il faut sortir.
00:47:41Et il faut sortir.
00:47:42Si toi,
00:47:42tu n'es pas bien,
00:47:45l'environnement te rejette.
00:47:46Et c'est bien
00:47:47pour ta survie.
00:47:48Oui, bien sûr.
00:47:48C'est-à-dire que moi,
00:47:49aujourd'hui,
00:47:49je suis...
00:47:49Ça ne peut pas
00:47:49pas à quelque chose
00:47:50de mieux.
00:47:51Regarde aujourd'hui,
00:47:51Eric.
00:47:52Et tu as complètement raison.
00:47:53Regarde aujourd'hui,
00:47:54je suis sorti du football,
00:47:55je ne dis pas
00:47:55que je suis le plus heureux
00:47:56des hommes,
00:47:56mais est-ce que tu sens
00:47:58du regret,
00:48:00de la haine,
00:48:01non,
00:48:01quand tu as plus de la...
00:48:02Je sens que tu as été épanoui
00:48:03parce que tu as fait après
00:48:03et puis aussi parce que
00:48:05c'était une voie
00:48:06que tu as choisie
00:48:07mais qui te correspondait.
00:48:08C'est surtout ça.
00:48:09J'ai eu la chance
00:48:10dans ma vie,
00:48:11c'est de subir
00:48:14plein de choses.
00:48:15J'ai subi le fait
00:48:16qu'à 16 ans et demi,
00:48:17ma mère m'a dit
00:48:18Denis,
00:48:18plus jamais de ma vie
00:48:19je te croirais.
00:48:21Donc ça,
00:48:21ça m'a calmé un petit peu.
00:48:22Ça m'a calmé.
00:48:23J'ai plus menti,
00:48:24plus triché,
00:48:24plus volé
00:48:25à partir de cet âge-là.
00:48:27Après,
00:48:28je me suis blessé.
00:48:30Encore un choc.
00:48:31C'était quoi comme blessé ?
00:48:33Et à l'époque,
00:48:34c'était mortel.
00:48:35Deux fois plâtré,
00:48:36trois mois,
00:48:37mort,
00:48:37terminé.
00:48:38Et puis après,
00:48:39tu te fais virer.
00:48:41Mais avant d'arrêter le football,
00:48:43j'aurais pu continuer.
00:48:45Mais j'ai dit
00:48:45OK,
00:48:46je sors.
00:48:46Je sors.
00:48:47Je choisis.
00:48:48Alors qu'avant,
00:48:49j'avais subi.
00:48:50Il y a deux choses.
00:48:51Le choix,
00:48:51soit quand il y a un changement,
00:48:53soit tu subis,
00:48:54soit tu choisis.
00:48:55Mais dans tous les cas
00:48:56que tu subisses
00:48:57ou que tu choisisses
00:48:58le changement,
00:48:59dans tous les cas,
00:48:59il est préférable d'accepter
00:49:01plutôt que de ne pas accepter
00:49:03la situation.
00:49:04Parce que même si tu te fais virer,
00:49:05accepte la situation.
00:49:06Si tu ne l'acceptes pas,
00:49:08tu finis
00:49:10à couder
00:49:10que des regrets.
00:49:13Malheureux.
00:49:14Exactement.
00:49:15Donc c'est dur,
00:49:15mais je sais que c'est difficile
00:49:17ce que je dis.
00:49:18Ça paraît simple
00:49:19pour moi aujourd'hui.
00:49:20C'est logique.
00:49:20C'est normal.
00:49:21parce qu'on trouve ça
00:49:23pas forcément logique,
00:49:24mais quand tu connais
00:49:25le milieu du football
00:49:26et tout ce qui va avec,
00:49:29évidemment que tout le monde
00:49:30se dit,
00:49:30tu n'as qu'une envie,
00:49:31c'est de rester le plus longtemps
00:49:32possible dans ce milieu.
00:49:33Mais je comprends complètement
00:49:34ce que tu me dis.
00:49:35C'est ma vie.
00:49:37C'est bien.
00:49:38Le choix a été dur quand même
00:49:39ou pas ?
00:49:40Non, parce que là,
00:49:41tu donnes l'exemple
00:49:43de...
00:49:44Tu as pensé que c'était...
00:49:46Je te trouvais un peu dur
00:49:47par rapport à toi
00:49:48parce que c'était quand même
00:49:48dépendant des joueurs
00:49:49et aussi...
00:49:51Non, mais si tu cheres prétexte
00:49:52et alibi à toute contre-perce...
00:49:53Non, bien sûr,
00:49:54mais il ne sortira jamais.
00:49:55Il y a plusieurs responsables.
00:49:56C'est pour ça que c'est difficile
00:49:57de tirer cette conclusion
00:49:59où tu te dis,
00:50:00voilà, il faut changer,
00:50:00il faut faire autre chose.
00:50:01Alors que tu as quand même les...
00:50:04Non, mais c'est vrai.
00:50:05Eric...
00:50:05Tu enlèves les 15 jours...
00:50:07Tu veux la vérité ?
00:50:08Tu veux la vérité ?
00:50:09D'ailleurs, il y a tout ça ?
00:50:10Non.
00:50:11À aucun moment,
00:50:12j'ai été responsable
00:50:12pour cet échec.
00:50:13Aucun moment.
00:50:14Mais ça a été un gros signal pour toi.
00:50:15Et quand je dis ça...
00:50:16C'est pas plus dur
00:50:17de partir du milieu.
00:50:23Il faut avoir confiance en soi,
00:50:26travailler en équipe
00:50:28et ne pas balancer.
00:50:30Si tu n'as pas ces valeurs-là ?
00:50:31Ben, je n'ai pas balancé.
00:50:32D'accord.
00:50:32Parce que normalement,
00:50:33j'aurais dû balancer.
00:50:34Ok.
00:50:34Et je n'ai pas balancé
00:50:35parce que ce n'est pas logique
00:50:37de balancer.
00:50:37D'accord, ok, d'accord.
00:50:38C'est pour cette raison
00:50:38que j'ai décidé de sortir.
00:50:40D'accord.
00:50:41Ok.
00:50:41C'est comme ça.
00:50:41Mais c'est d'autant plus important,
00:50:45c'est que tu quittes un milieu.
00:50:47Alors peut-être par dégoût de...
00:50:50Ouais, dégoût.
00:50:50Non, c'est comme ça.
00:50:51Non, ouais, je sais.
00:50:53Les mots sont forts.
00:50:54Mais non, Éric,
00:50:56je sais que...
00:50:58Je pars du principe
00:50:58qu'il y a une loi,
00:50:59une règle.
00:51:00C'est la règle des 5 C.
00:51:03Les 5 C.
00:51:05D'accord.
00:51:05Les C.
00:51:05Ok.
00:51:06C, con,
00:51:07mais c'est comme ça.
00:51:08Donc,
00:51:09à partir de ce moment-là,
00:51:10tu dis ok.
00:51:11Très bien.
00:51:12Très bien.
00:51:12À partir de là,
00:51:13ok,
00:51:14on va voir autrement.
00:51:15C'est le moment de...
00:51:16Voilà.
00:51:16Oui.
00:51:17Tu étais prêt ?
00:51:18On n'est jamais prêt
00:51:19ou on se prépare.
00:51:21Mais c'est pas soi.
00:51:22Et c'est bien,
00:51:23ta question était très judicieuse.
00:51:25C'est pas toi.
00:51:26Toi, t'es prêt.
00:51:28En fait, tu l'es inconsciemment.
00:51:30Oui, inconsciemment,
00:51:30tu prépares.
00:51:32Inconsciemment,
00:51:32tu prépares.
00:51:33Pour autant,
00:51:34ton environnement,
00:51:35non.
00:51:36C'est-à-dire que toi,
00:51:37quand tu commences,
00:51:37c'est ce qu'on appelle
00:51:38la courbe du changement,
00:51:40où au départ,
00:51:41t'es dans le déni,
00:51:41t'y crois pas,
00:51:42c'est pas possible,
00:51:43on me trahisse,
00:51:43qu'est-ceci,
00:51:44qu'est-ceci,
00:51:45et tu cherches des prétextes,
00:51:47des alibis,
00:51:47mais tu veux fuir
00:51:48cette problématique.
00:51:50Et ensuite,
00:51:51t'as toutes les émotions
00:51:52qui arrivent,
00:51:53et qu'est-ce que,
00:51:55la première émotion
00:51:56qui,
00:51:56quand tu vas changer,
00:51:58c'est la peur.
00:51:58La deuxième,
00:51:59c'est d'abord le déni,
00:52:00après c'est la peur.
00:52:00Qu'est-ce que je vais devenir ?
00:52:03T'as la colère.
00:52:04Non mais il faut comprendre
00:52:05ce que t'es en train de dire,
00:52:06parce que c'est important.
00:52:07La plupart des gens,
00:52:08dans le changement
00:52:09de l'activité
00:52:10ou transformation
00:52:11dans une vie,
00:52:12c'est la peur
00:52:13de l'inconnu.
00:52:15la colère.
00:52:15La peur de l'inconnu.
00:52:16Déjà,
00:52:17l'expérience est mal,
00:52:18ça se finit mal quand même.
00:52:19Oui, ça se finit mal.
00:52:19Donc t'as la colère,
00:52:20t'as envie de tuer tout le monde,
00:52:21balancer,
00:52:22t'as envie de crier ta colère,
00:52:24t'es en colère contre les autres,
00:52:26contre toi-même,
00:52:26contre ta famille,
00:52:27contre tous ceux qui n'ont pas vu,
00:52:28qui auraient pu t'aider,
00:52:29tous ceux qui t'ont trahi.
00:52:30Ça, c'est logique
00:52:31et c'est légitime.
00:52:32Ensuite,
00:52:32une fois que t'as cette colère
00:52:33qui est arrivée,
00:52:34tu te dis,
00:52:35mais qu'est-ce que je vais devenir maintenant ?
00:52:36Est-ce que t'es en colère après toi ?
00:52:38Oui, oui,
00:52:38tu peux l'être.
00:52:39Tu peux l'être.
00:52:40Parce que t'as pas vu.
00:52:41Moi, ma colère était...
00:52:42D'abord sur les autres
00:52:43ou avant sur quoi ?
00:52:44Non, non, non.
00:52:45D'abord moi, d'abord moi.
00:52:46D'abord toi.
00:52:46La première des choses,
00:52:47c'est,
00:52:48Denis, t'as pas vu.
00:52:49T'as anticipé.
00:52:50Dans 99% des cas,
00:52:51dans la vie...
00:52:51Tu t'es fait avoir
00:52:59beaucoup dans l'anticipation.
00:53:00Oui, c'est important.
00:53:00Et là, je me suis rendu compte
00:53:01que je me suis laissé
00:53:04embarquer par quelque chose.
00:53:06Peut-être par les émotions,
00:53:07je n'en sais rien.
00:53:07T'es proche de la montée
00:53:08et t'oublies quelque chose d'essentiel.
00:53:10C'est possible.
00:53:11Et donc j'ai dit,
00:53:12non, c'est pas possible.
00:53:13Je ne peux pas continuer
00:53:13en ayant omis une chose importante.
00:53:17Et comme je ne balance pas,
00:53:18donc j'ai dit,
00:53:18ok, je sors,
00:53:19c'est moi qui sors
00:53:19et tant...
00:53:20C'est comme ça.
00:53:21Et la seule chose,
00:53:22c'est de ne pas avoir vu les choses.
00:53:24D'habitude, je les voyais.
00:53:29Donc voilà, c'est tout.
00:53:30On revient sur les émotions
00:53:31où ça peut te...
00:53:32Oui, donc c'est ça.
00:53:34Chaque fois qu'il y a un changement
00:53:36important,
00:53:36il y a d'abord un choc émotionnel
00:53:38qui est souvent important
00:53:38et après,
00:53:39tu es dans le déni,
00:53:40tu n'y crois pas.
00:53:41Après, tu es plutôt en colère,
00:53:42tu as envie de crier ta colère
00:53:44contre tout le monde,
00:53:44contre toi,
00:53:45contre l'environnement,
00:53:46contre les institutions.
00:53:48Tu cherches plein de choses
00:53:49et tu peux rester
00:53:50dans ces différentes phases
00:53:52ou alors...
00:53:53Et après,
00:53:54si tu passes la phase de la colère,
00:53:56tu arrives dans une autre phase
00:53:57qui est la phase de la peur.
00:53:58Et là, tu deviens...
00:53:59Tu te dis,
00:54:00mais qu'est-ce que je vais devenir
00:54:00maintenant que j'ai arrêté le football ?
00:54:03Qu'est-ce que je vais devenir ?
00:54:04Donc toi,
00:54:04tu passes cette phase-là
00:54:05et tu te dis,
00:54:06ok, mais si,
00:54:06j'ai vu que je ferais ceci,
00:54:07j'avais anticipé,
00:54:08j'ai fait six ans d'études,
00:54:09j'ai mes diplômes de machin,
00:54:10j'ai des trucs,
00:54:11j'ai la préparation mentale,
00:54:12du coaching,
00:54:13de la management,
00:54:13et tu penses à tout ça.
00:54:14Tu t'appuies sur tes certitudes.
00:54:15Et tu es obligé d'aller chercher
00:54:16toutes les situations
00:54:17que tu as déjà vécues
00:54:18et tout ce que tu as déjà fait.
00:54:21Et ça,
00:54:22tu as fait pour rebondir
00:54:23jadis,
00:54:24comme à un moment donné...
00:54:25Ça, c'est ce que tu dirais
00:54:26à quelqu'un qui,
00:54:26par exemple,
00:54:27qui change de voie
00:54:28ou qui part un peu
00:54:29dans l'incombre.
00:54:30Qu'est-ce que tu as déjà vécu ?
00:54:32Comment tu as agi
00:54:32à ce moment-là ?
00:54:33Et ça,
00:54:34ce sont ce que j'appelle
00:54:35les anticorps mentaux
00:54:36qui vont te servir
00:54:36demain après-demain
00:54:37pour pouvoir vivre
00:54:38d'autres événements
00:54:39qui pourraient ressembler
00:54:40à celui-ci.
00:54:41Donc ce changement
00:54:42va descendre du déni,
00:54:44la colère,
00:54:45la peur,
00:54:45et ensuite,
00:54:46tu tombes dans la tristesse.
00:54:47Qu'est-ce que je vais devenir ?
00:54:49Tu pleures,
00:54:50tu es dans la mélancolie...
00:54:51Tu appuies sur le sol
00:54:52pour repartir.
00:54:53Tu es au fond du trou.
00:54:53Tu es au fond du trou.
00:54:55Mais c'est qu'au fond du trou
00:54:56que tu peux te servir
00:54:57d'un appui.
00:54:57Et c'est à ce moment-là
00:54:58que tu pousses
00:54:59et que tu remontes.
00:54:59Et là,
00:55:00tu es dans ce qu'on appelle
00:55:00l'acceptation.
00:55:02Et tu vas chercher des choses
00:55:03et tu vas avoir
00:55:03beaucoup plus de sérénité
00:55:05par rapport à ce que tu as vécu.
00:55:06Pas sur tout,
00:55:06mais sur des situations vécues.
00:55:09Et on a,
00:55:10comme dirait
00:55:11Cobler & Rose,
00:55:12une femme qui a trouvé
00:55:13ce cheminement,
00:55:15tu as derrière
00:55:16ce qu'on appelle
00:55:16un cadeau caché.
00:55:17Tu ne sais pas quoi,
00:55:18mais il y a quelque chose
00:55:19qui t'arrive.
00:55:20Et ça,
00:55:21cette courbe,
00:55:22ça peut durer
00:55:24quelques mois,
00:55:25quelques années.
00:55:26Et pour certaines personnes,
00:55:27ils resteront dans le déni.
00:55:29Parce que l'émotion
00:55:30est tellement forte
00:55:31qu'ils ne peuvent pas sortir
00:55:32d'un choc émotionnel
00:55:33terrible ou d'un colère.
00:55:34Ils vont être en colère
00:55:35tout le temps, tout le temps.
00:55:36Et finalement,
00:55:37le plus important
00:55:38dans toutes ces situations-là,
00:55:41c'est de savoir
00:55:42que toi,
00:55:43quand tu es dans le moment
00:55:44où tu as touché le fond,
00:55:46parce que tu as vécu
00:55:47en live
00:55:48et moi,
00:55:48c'était assez violent.
00:55:50Quand moi,
00:55:50je prends des pins,
00:55:51c'était assez violent.
00:55:52Et donc,
00:55:53tu remontes
00:55:54dans l'acceptation de ça.
00:55:55Tu dis,
00:55:56OK, c'est bon,
00:55:56maintenant,
00:55:57je repars avec toi.
00:55:58Tu fais abstraction.
00:55:59Là, tu es parti.
00:55:59Et tu ne te poses
00:56:00même plus la question.
00:56:01Tu remontes
00:56:02comme un fou.
00:56:03Et sauf qu'autour de toi,
00:56:05toutes les personnes
00:56:05ne comprennent pas.
00:56:07Parce qu'ils sont encore ailleurs
00:56:08et ils te rappellent.
00:56:09Oui, mais qu'est-ce que tu as fait ?
00:56:11Moi, j'ai dit,
00:56:12est-ce qu'avec 1250 euros,
00:56:13je pourrais vivre ?
00:56:15Et quand on m'a répondu oui,
00:56:16je dis, OK,
00:56:17je suis libéré.
00:56:19Ça m'a complètement libéré
00:56:20parce que je trouverais
00:56:21toujours du travail.
00:56:22Et boueur
00:56:23ou n'importe quel travail,
00:56:25magasiné ou n'importe quoi,
00:56:26je savais.
00:56:27Mais j'avais quelque chose en tête.
00:56:28Mais je savais que
00:56:29je pouvais sortir
00:56:31et vivre ma vie autrement.
00:56:34Mais les personnes
00:56:34qui sont autour de toi,
00:56:35elles sont encore
00:56:36soit dans la colère,
00:56:37soit dans l'incompréhension,
00:56:38soit dans la peur
00:56:39et qu'est-ce qu'on va devenir.
00:56:40Et le plus difficile,
00:56:41quand toi, tu remontes,
00:56:43c'est de comprendre
00:56:44que les gens
00:56:44qui sont autour de toi
00:56:45vivent autrement
00:56:46ce changement.
00:56:47C'est là où tu sors
00:56:48de ta bulle.
00:56:49C'est là où on apprend,
00:56:50nous,
00:56:51quand tu as été joueur de football,
00:56:52tu es enfermé
00:56:52dans ton système,
00:56:53dans ta bulle.
00:56:54Et le jour où tu sors
00:56:55de la bulle,
00:56:56tu te dis,
00:56:57il y a une vie
00:56:57en dehors d'où on vient.
00:57:00Non, mais c'est vrai.
00:57:00C'est quand même
00:57:01extraordinaire.
00:57:02Alors,
00:57:02ce n'est pas négatif
00:57:04et ce n'est pas,
00:57:04pour que les gens comprennent
00:57:05que ce n'est pas négatif,
00:57:06mais c'est vraiment,
00:57:08on te maintient
00:57:08dans ce système-là
00:57:10pour t'éviter
00:57:11de t'éparpiller
00:57:12et du coup,
00:57:12concentre-toi sur le football
00:57:13et tout ça.
00:57:14Sauf que tu passes
00:57:16à côté de plein d'apprentissages
00:57:17qui t'auraient aidé
00:57:17à mieux gérer déjà le football
00:57:19et éventuellement
00:57:20tout ce qui va avec ta vie
00:57:21dans le football.
00:57:24Ce que tu dis là,
00:57:25ça me fait penser
00:57:26à une anecdote
00:57:28assez violente.
00:57:29Quand le médecin m'a dit
00:57:31Denis, c'est fini
00:57:32pour toi le football.
00:57:35J'avais 25 ans,
00:57:36deux enfants déjà.
00:57:38Et là où tu as envie,
00:57:39tu as envie de rebondir.
00:57:41On dit qu'à 27 ans,
00:57:42tu as atteint ta pléditude
00:57:43de capacité.
00:57:44Tu n'es même pas arrivé
00:57:45jusqu'à 27 ans.
00:57:46Non.
00:57:47Et donc,
00:57:47je m'arrête
00:57:48et là,
00:57:49je rentre à la maison
00:57:50et de midi,
00:57:51après avoir
00:57:52entendu ce verdict,
00:57:54de midi à 18h,
00:57:55je pleure.
00:57:57Je n'ai pas arrêté
00:57:58de pleurer toute la nuit,
00:57:59tout le temps.
00:57:59Je ne sais pas,
00:58:00je pleure,
00:58:01je pleure,
00:58:01je pleure,
00:58:02je pleure.
00:58:02Et quand ma femme
00:58:05de l'époque,
00:58:06elle rentre à la maison
00:58:07et me dit
00:58:07« Oh Denis,
00:58:09tu as une conjonctivite. »
00:58:10J'avais...
00:58:11Presque.
00:58:12Et donc,
00:58:12je lui dis
00:58:13« C'est fini,
00:58:14je passe à autre chose. »
00:58:15Et le lendemain matin,
00:58:15je suis entraîneur adjoint.
00:58:17Et la difficulté,
00:58:18c'est que pendant
00:58:18ces six heures de pleurs,
00:58:20c'est un truc de fou,
00:58:22je me dis
00:58:23« Plus jamais de ma vie,
00:58:24je ne veux plus vivre ça. »
00:58:25Je ne veux plus vivre ça.
00:58:27Donc,
00:58:27je garde ça
00:58:27et je vais le travailler.
00:58:28Je vais travailler dessus
00:58:29parce que jamais...
00:58:30Et je me suis posé
00:58:33les questions
00:58:33et quelques mois,
00:58:34quelques années après seulement,
00:58:36j'ai compris
00:58:36que j'étais passé
00:58:37du mode égoïque,
00:58:40égoïste,
00:58:40au mode altruisme.
00:58:42Quand tu passes joueur,
00:58:44joueur,
00:58:44tu es obligé
00:58:44de faire un focus sur toi,
00:58:46d'être très égoïste,
00:58:47mais c'est positif
00:58:48parce que tu ne peux pas
00:58:49te disperser.
00:58:50Mais c'est normal
00:58:50parce que c'est dur.
00:58:53Et donc,
00:58:54je suis passé de joueur
00:58:55et six heures après,
00:58:56je suis devenu entraîneur
00:58:58dans l'altruisme,
00:58:59c'est-à-dire tout ton paradigme,
00:59:00tout ce qu'il y a autour de toi
00:59:02change.
00:59:02La conception collective.
00:59:03Et puis ta vie,
00:59:05c'est on pense à toi,
00:59:06tu penses à toi
00:59:06et tout autour de toi
00:59:07et d'un seul coup,
00:59:08tu ne penses qu'aux autres.
00:59:09C'est vrai.
00:59:10C'est un truc de fou.
00:59:11Et donc,
00:59:12j'ai travaillé
00:59:12sur cette posture
00:59:14qui est nécessaire d'avoir
00:59:17et elle se résume
00:59:18en une phrase.
00:59:20Pour éviter ces choses-là,
00:59:21c'est en mesure du possible,
00:59:23chacun fera comme il pourra
00:59:25avec ce qu'il aura.
00:59:26Je me suis toujours dit,
00:59:28cette posture,
00:59:29je l'ai appelée
00:59:29être une posture
00:59:30égo-haloïque.
00:59:32Alors,
00:59:33égo-haloïque,
00:59:35ça n'existe pas,
00:59:35c'est un mot que j'ai inventé.
00:59:37Égo,
00:59:37c'est penser à soi.
00:59:38égo-haloïque,
00:59:38c'est dégager un halo
00:59:39comme le gamin
00:59:40qui était à côté de moi
00:59:41en école primaire
00:59:42qui dégageait quelque chose
00:59:44et qui m'a fait comprendre
00:59:45que c'est ce que je voulais.
00:59:46Donc,
00:59:46égo-haloïque,
00:59:47c'est tu dois penser à toi,
00:59:50rien qu'à toi,
00:59:51essentiellement à toi
00:59:52pour le bonheur
00:59:53et le plaisir
00:59:53des gens que tu aimes
00:59:54ou qui t'aimes.
00:59:55Ça veut dire que
00:59:56si toi,
00:59:56tu es bien,
00:59:57tu vas rayonner
00:59:58de quelque chose
00:59:59qui va profiter aux autres.
01:00:00Réussir dans la vie,
01:00:01c'est ça.
01:00:01Eh bien,
01:00:02c'est ça.
01:00:02Il faut comprendre.
01:00:02Eh bien,
01:00:03j'ai compris
01:00:04qu'il était nécessaire
01:00:05de tendre vers ça
01:00:06et c'est ce que
01:00:08je m'applique à moi-même
01:00:09de façon,
01:00:10j'espère,
01:00:10naturelle.
01:00:11Parfois,
01:00:12je peux m'en échapper
01:00:13mais c'est en règle générale
01:00:14ce qu'il faut.
01:00:15C'est drôle ce que tu dis
01:00:16parce que
01:00:17moi,
01:00:17je prends toujours
01:00:17l'exemple
01:00:18dans l'avion
01:00:19quand les masques tombent.
01:00:21Bien sûr.
01:00:22Je trouve que c'est
01:00:22le meilleur exemple
01:00:25où tu te dis
01:00:26avant de mettre le masque
01:00:27sur les autres,
01:00:28tu dois mettre le masque
01:00:29sur toi
01:00:29pour pouvoir justement
01:00:30aider les autres à.
01:00:32Et en fait,
01:00:32il faut comprendre ça.
01:00:34c'est-à-dire que
01:00:35ta priorité,
01:00:36c'est toi
01:00:36et ce n'est pas
01:00:37de l'égoïsme.
01:00:38C'est justement
01:00:38de la logique
01:00:39pour que derrière,
01:00:40tu puisses rayonner
01:00:42ou partager
01:00:43ou faire des choses
01:00:43comme ça.
01:00:43C'est exactement ça.
01:00:45Et c'est dur
01:00:45quand on est habitué
01:00:47dans une certaine culture
01:00:48à transmettre,
01:00:49à donner.
01:00:50Mais il y a un temps
01:00:50pour tout.
01:00:51Moi,
01:00:51ma vie a été faite ainsi.
01:00:53J'ai compris qu'au début,
01:00:54je devais jouer,
01:00:54après que je devais
01:00:56prendre les choses,
01:00:57après que je pouvais
01:00:58les transmettre
01:00:58et monnayer
01:01:01ma transmission.
01:01:02Et maintenant,
01:01:02je sais pourquoi.
01:01:03ça a du sens
01:01:04de transmettre
01:01:05sans chercher
01:01:06à recevoir
01:01:06quoi que ce soit.
01:01:07Donc plus vite
01:01:08tu apprends ça,
01:01:08ces étapes-là,
01:01:10plus vite tu vas être
01:01:10bien dans l'enchaînement
01:01:12de ta vie.
01:01:12Oui,
01:01:13mais il n'y a pas
01:01:13de temps.
01:01:14Il n'y a pas de vérité
01:01:15sur ce...
01:01:16Non.
01:01:16Chacun d'entre nous
01:01:17vivra les choses
01:01:18à son rythme.
01:01:19Il aura besoin
01:01:20du temps qu'il faut
01:01:21pour chaque épisode.
01:01:22Oui, oui.
01:01:22D'accord.
01:01:24Qu'est-ce que,
01:01:24là,
01:01:25sur la transition foot,
01:01:27qu'est-ce qui t'a servi
01:01:29du football
01:01:30pour l'entreprise ?
01:01:31Oh !
01:01:34Mais je t'ai donné
01:01:34les questions ou pas ?
01:01:35Non, mais j'ai plein
01:01:36de questions,
01:01:36mais je rebondis
01:01:38sur ce que tu dis.
01:01:38Moi, j'aime mieux ça.
01:01:39Celle-ci,
01:01:42la première fois,
01:01:43il y a 15 ans,
01:01:44je suis invité
01:01:44dans une...
01:01:47pour parler
01:01:48du sport
01:01:48et de l'entreprise
01:01:50avec la CCI de l'Artois.
01:01:52Je balance.
01:01:52Ils étaient 300
01:01:54dirigeants d'entreprise
01:01:55et moi,
01:01:56j'arrive,
01:01:56c'était un de mes premiers...
01:01:57Tu venais pour ça ?
01:01:58Je venais pour ça.
01:01:59Oui, oui,
01:02:00bien sûr,
01:02:00on me demande...
01:02:01On m'a même payé,
01:02:01Eric.
01:02:02On m'a même payé
01:02:03pour ça.
01:02:03Et donc,
01:02:04pour parler
01:02:04de la différence
01:02:06qu'il y avait
01:02:07dans le management
01:02:07du sport
01:02:08et de l'entreprise.
01:02:09C'est ce que voulaient
01:02:10ces 300 dirigeants
01:02:11d'entreprise.
01:02:13Et j'y vais.
01:02:14Déjà,
01:02:14je suis en train
01:02:14d'écouter
01:02:17sur un manche de boue.
01:02:18je buvais mon petit perrier.
01:02:19Tout le monde était là
01:02:20et il ne m'avait pas reconnu.
01:02:21Je ne savais pas
01:02:22qui j'étais.
01:02:23Et derrière,
01:02:24j'entends
01:02:24les gens dire
01:02:25c'est quand même
01:02:26pas un entraîneur
01:02:27de football
01:02:28qui va nous apprendre
01:02:28à manager
01:02:29nos entreprises.
01:02:30Et l'autre,
01:02:31il dit
01:02:31t'as raison.
01:02:32Si en plus,
01:02:33il parle comme Ribéry,
01:02:34on est mal.
01:02:35Et l'autre derrière
01:02:36qui surenchirait
01:02:37dit à moins qu'il vienne
01:02:38avec la sextep
01:02:39de Benzema.
01:02:41T'imagines ?
01:02:41Et j'entends ça.
01:02:43Et là,
01:02:43je me dis
01:02:43putain !
01:02:44En plus,
01:02:45les joueurs de foot
01:02:46ça n'a pas de cerveau.
01:02:48J'entends ça
01:02:49et le président
01:02:50de la CCI me dit
01:02:50Denis,
01:02:51c'est à vous.
01:02:54Et donc,
01:02:55j'y vais sur l'estrade
01:02:56et je commence par dire
01:02:57bon d'abord,
01:02:58je vous souhaite tous
01:02:59une très belle année.
01:03:00C'était un début d'année.
01:03:01Je vous souhaite tous
01:03:01une très belle année
01:03:02mais j'avais deux choses
01:03:03à vous dire.
01:03:03Celle-ci
01:03:03et la deuxième,
01:03:04c'est que j'étais
01:03:05tout à l'heure
01:03:05à côté de certaines personnes
01:03:08et j'entendais dire
01:03:10que les sportifs
01:03:11de haut niveau
01:03:12et notamment
01:03:13les footballeurs
01:03:14ça ne réfléchissait pas
01:03:15et ça n'avait pas de cerveau.
01:03:18Alors,
01:03:18je suis obligé
01:03:19de prendre la parole
01:03:21et de vous dire
01:03:22la première des choses
01:03:23que je vais vous dire
01:03:23c'est que
01:03:24quelque part,
01:03:25vous avez raison,
01:03:27j'étais joueur de football
01:03:29et je sais que je n'avais pas
01:03:30de cerveau,
01:03:31je ne réfléchissais pas.
01:03:32Et après,
01:03:33je suis devenu entraîneur
01:03:34et j'ai entraîné
01:03:35des joueurs
01:03:35qui n'avaient pas de cerveau,
01:03:36qui ne réfléchissaient pas.
01:03:37Et maintenant,
01:03:38j'accompagne
01:03:39des hauts dirigeants
01:03:40d'entreprise,
01:03:41mais eux,
01:03:42ils ont des cerveaux,
01:03:43mais j'accompagne
01:03:45des entraîneurs de football
01:03:48sur l'aspect mental
01:03:50et des joueurs
01:03:51qui entraînent eux-mêmes
01:03:53des joueurs
01:03:53qui n'ont toujours pas de cerveau
01:03:54et qui ne réfléchissent pas.
01:03:55Et je leur dis,
01:03:56c'est pour cette raison
01:03:57qu'on est champion de France
01:03:58champion d'Europe,
01:03:59champion du monde
01:04:00et champion olympique
01:04:01dans le sport de haut niveau.
01:04:02C'est parce qu'on ne réfléchit pas.
01:04:03La grande différence
01:04:04qu'il y a entre le sport
01:04:05et l'entreprise,
01:04:06c'est que dans le sport,
01:04:07tu t'entraînes 90% de ton temps
01:04:10et tu as 10% seulement
01:04:12de compétition.
01:04:12Donc,
01:04:13tu t'entraînes à réussir,
01:04:14à échouer,
01:04:15à rebondir,
01:04:16à modéliser ton entraînement,
01:04:18ta stratégie,
01:04:19etc.
01:04:19toute la semaine
01:04:20pour 10% de compétition.
01:04:22Dans l'entreprise,
01:04:24malheureusement ou heureusement,
01:04:25on ne peut pas toucher l'excellence.
01:04:26Pourquoi ?
01:04:27Parce qu'on ne fait que de la compétition
01:04:28tous les jours.
01:04:28Les gens sont en compétition
01:04:30tous les jours,
01:04:30tous les jours,
01:04:31tous les jours,
01:04:31tous les jours,
01:04:31sauf dans 3%.
01:04:34Sauf parfois,
01:04:35bien sûr,
01:04:36je ne peux pas dire
01:04:36toutes les entreprises,
01:04:37ce qui serait complètement faux,
01:04:39mais beaucoup
01:04:40et peu de formation,
01:04:42peu d'entraînement
01:04:43pour justement être excellent.
01:04:45Et c'est pour cette raison,
01:04:46bien sûr,
01:04:47que j'ai fait évoluer
01:04:48cette façon de faire.
01:04:50C'est que de l'humain.
01:04:51Il faut comprendre
01:04:51que l'agression humaine,
01:04:53que ce soit dans le sport
01:04:54ou dans l'entreprise,
01:04:55c'est exactement la même chose.
01:04:56Il faut comprendre.
01:04:56Oui, c'est l'humain
01:04:58qui va donner le résultat.
01:05:00Même si aujourd'hui,
01:05:02par exemple,
01:05:04si je peux me permettre...
01:05:05Non, il y a encore des questions ?
01:05:06Non, non, vas-y, vas-y.
01:05:07Non, c'était simplement
01:05:08pour dire que
01:05:09maintenant,
01:05:11il y a un entraînement possible
01:05:13dans l'entreprise.
01:05:13J'ai créé
01:05:15une façon de faire.
01:05:16C'est une méthode
01:05:17d'entraînement mental
01:05:18et comportemental
01:05:19qui vise à transformer
01:05:22le savoir,
01:05:23les connaissances,
01:05:24les compétences
01:05:24de chacun d'entre nous,
01:05:26des entreprises aussi,
01:05:27des clubs,
01:05:28de toute cette ADN
01:05:30que peut avoir
01:05:30soit un club,
01:05:31soit une entreprise,
01:05:32soit une association,
01:05:33soit un gouvernement,
01:05:33soit une personne,
01:05:35vers des actions
01:05:38concrètes sur le terrain
01:05:39sous stress.
01:05:40C'est-à-dire
01:05:40rendre réflexe
01:05:42toutes tes compétences
01:05:43et tes connaissances.
01:05:43Tu étais en compétition
01:05:45tout le temps.
01:05:45C'est-à-dire que
01:05:49cette méthode
01:05:50te permet,
01:05:51par exemple,
01:05:52quand tu es étudiant,
01:05:53là, on travaille
01:05:54avec des lycées
01:05:55et des CFA,
01:05:56des centres de formation
01:05:57d'apprentis,
01:05:58où les jeunes
01:06:00ont des connaissances,
01:06:01des compétences
01:06:01enseignées,
01:06:02bien enseignées,
01:06:03qu'ils apprennent.
01:06:04Et l'idée,
01:06:05c'est plutôt que
01:06:06de faire feuille blanche
01:06:08le jour de l'examen,
01:06:09comment faire
01:06:10pour transformer
01:06:11tout ce qu'ils ont appris,
01:06:12connu,
01:06:13vers leur connaissance réelle
01:06:15et que ça devienne
01:06:16un réflexe.
01:06:17Un réflexe
01:06:18qui empêche
01:06:20le laps de temps
01:06:21du stress
01:06:22et de la peur.
01:06:23Parce que très souvent,
01:06:23si les sportifs
01:06:24de haut niveau
01:06:25n'ont pas de cerveau
01:06:26et ne réfléchissent pas,
01:06:27c'est parce qu'ils vont
01:06:28dans l'anticipation.
01:06:29Ils sont dans l'action.
01:06:29Ils sont plus que ça,
01:06:30ils sont dans l'anticipation.
01:06:32Et bien là,
01:06:32c'est exactement la même chose
01:06:33sur les jeunes,
01:06:34mais dans l'entreprise,
01:06:35c'est pareil.
01:06:36Pour le sport de haut niveau,
01:06:37c'est exactement la même chose.
01:06:38Et donc,
01:06:39on travaille avec
01:06:40une application,
01:06:41mais qui est une méthode
01:06:42d'entraînement mental
01:06:44et comportemental.
01:06:45C'est génial.
01:06:46Oui, c'est bien
01:06:46parce que ça permet
01:06:47de réfléchir
01:06:48et on donne la possibilité
01:06:49à tout un chacun
01:06:49de pouvoir réfléchir.
01:06:51On pose des questions
01:06:52sur des thématiques spécifiques.
01:06:54Il y a des questions
01:06:54qui sont posées
01:06:55dans un laps de temps
01:06:56très court.
01:06:57Et derrière,
01:06:58on transmet,
01:06:59après une réflexion
01:07:00de la personne,
01:07:01un outil,
01:07:01une technique,
01:07:02un exercice,
01:07:03un exemple
01:07:03ou une métaphore.
01:07:04Et ça,
01:07:05cinq questionnements
01:07:06en dix minutes.
01:07:07Et ça,
01:07:08il y a des milliers.
01:07:09on a 40 000 questions,
01:07:10je crois.
01:07:12C'est énorme.
01:07:1340 000 questions.
01:07:13Oui,
01:07:13mais c'est surtout
01:07:15depuis que j'ai
01:07:16pris des notes.
01:07:19À l'époque,
01:07:20c'était des notes.
01:07:21À l'époque,
01:07:22c'était des notes.
01:07:23Aujourd'hui,
01:07:23c'est de la data.
01:07:25on a simplement...
01:07:27Tout n'a pas servi
01:07:28à rien.
01:07:28Il y a 40 ans
01:07:29qui se sont passés.
01:07:29Quatre décennies.
01:07:30Je parle plus de décennies
01:07:31maintenant parce que
01:07:32les années,
01:07:32ça fait lourd.
01:07:33mais des décennies.
01:07:34Avant,
01:07:35c'était des notes.
01:07:36Aujourd'hui,
01:07:37c'est de la data.
01:07:38Hier,
01:07:38c'était le stylo.
01:07:39Aujourd'hui,
01:07:39c'est l'IA.
01:07:41Et là,
01:07:41on est en évolution.
01:07:43Ça sera toujours autre chose.
01:07:44Il faut toujours,
01:07:44comme je disais tout à l'heure,
01:07:45penser beaucoup plus loin
01:07:46que l'endroit où tu es.
01:07:48J'ai deux questions encore,
01:07:49Denis.
01:07:50Est-ce qu'aujourd'hui,
01:07:53après ton expérience sportive
01:07:55et entreprise,
01:07:59où tu as trouvé le plus
01:08:00ton bonheur
01:08:02ou ton bien-être
01:08:04ou est-ce qu'il n'y a pas
01:08:05de comparaison ?
01:08:06C'est ce que j'ai dit,
01:08:07mais j'ai dit de façon cachée.
01:08:12Tout à l'heure.
01:08:15Chaque moment,
01:08:16chaque temps de vie,
01:08:18en ce qui me concerne,
01:08:19pardon,
01:08:20en ce qui me concerne,
01:08:22a été chargé d'émotions positives.
01:08:25Mais pourquoi ?
01:08:25Parce que les premières émotions
01:08:28et les premières choses,
01:08:29c'était la passion,
01:08:31passionné par ce que je faisais.
01:08:32C'était le sport,
01:08:34même si ça venait
01:08:34de quelqu'un d'autre.
01:08:35C'était le sport quand même.
01:08:36C'était le football.
01:08:37Donc tout jeune,
01:08:37j'ai profité de ça.
01:08:38Mais j'ai vraiment profité de ça.
01:08:40Et donc,
01:08:41j'ai été épanoui.
01:08:42Je pense que rien ne m'arrêtait.
01:08:44J'avançais partout.
01:08:46Je m'entraînais
01:08:477-8 heures par semaine,
01:08:48mais je m'entraînais tout seul.
01:08:50Je retournais,
01:08:51j'allais courir.
01:08:52Je courais pour aller à l'entraînement.
01:08:54Je m'entraînais après l'entraînement.
01:08:56Mais je ne me rendais même pas compte.
01:08:57C'était tellement naturel
01:08:58et une passion.
01:09:00Et donc,
01:09:00j'ai vraiment profité de ça.
01:09:01Ensuite,
01:09:03une fois que cette passion
01:09:04est allée au bout du bout,
01:09:05c'est-à-dire qu'elle a été stoppée
01:09:06par quelque chose
01:09:07où je n'aurais pu aller au bout
01:09:08et jouer jusqu'à 35 ans.
01:09:10que tu n'as pas choisi.
01:09:11Mais pendant ce laps de temps,
01:09:12c'était fort.
01:09:13Derrière,
01:09:14je suis passé entraîneur
01:09:15et entraîneur,
01:09:16j'ai pu mettre en place
01:09:17des choses
01:09:17qui n'existent pas.
01:09:20J'ai mis en place
01:09:21des systèmes de jeu,
01:09:23des façons de voir le football,
01:09:24des réflexes
01:09:25qui n'existaient pas
01:09:26parce que j'avais pensé avant.
01:09:27Ce qu'il faut dire
01:09:27et je peux balancer maintenant,
01:09:30quand j'ai passé
01:09:30tous mes diplômes
01:09:31jusqu'au plus haut niveau
01:09:33et jusqu'à aujourd'hui encore,
01:09:34je n'ai jamais lu
01:09:35un livre de ma vie.
01:09:37Et pourtant,
01:09:38j'ai Bac plus 5,
01:09:39j'ai passé les diplômes
01:09:41d'entraîneur
01:09:41et j'ai toujours pensé
01:09:43que je devais réciter
01:09:44ou transmettre
01:09:45ce qu'on m'avait demandé
01:09:46de transmettre,
01:09:46mais j'ai toujours fait
01:09:47ce que j'avais voulu faire
01:09:48sur le terrain.
01:09:49Toujours.
01:09:50Donc, ça veut dire
01:09:51que tu as,
01:09:52juste pour comprendre,
01:09:53tu n'as pas de mentor
01:09:54ou des choses comme ça
01:09:54sur qui tu t'es appuyé ?
01:09:55Non, parce que faire ça,
01:09:57personne ne fait
01:09:57et chacun d'entre nous
01:09:59est unique,
01:09:59a un mode de fonctionnement
01:10:01spécifique et spécial
01:10:02et on ne peut pas copier.
01:10:04Moi, tu me demandes
01:10:05d'apprendre par cœur
01:10:05quelque chose,
01:10:06mais tu me mets
01:10:06en stress terrible.
01:10:08Pour autant,
01:10:08je suis capable,
01:10:09tu me dis,
01:10:09Denis,
01:10:10tu peux répéter
01:10:11la phrase que tu viens
01:10:11de dire,
01:10:12mais je ne m'en souviens
01:10:15même plus.
01:10:15Par contre,
01:10:18je sais exactement
01:10:19ce que j'ai ressenti
01:10:21dans la discussion,
01:10:22dans l'échange,
01:10:23dans les phrases,
01:10:24etc.
01:10:24Et le contenu global,
01:10:26général et spécifique,
01:10:27mais pas mot à mot.
01:10:28Et ce n'est pas grave.
01:10:29Mais donc,
01:10:30j'ai fait ça en traîneur,
01:10:31non,
01:10:31parce que tu dois
01:10:32t'adapter à toi.
01:10:34Et donc,
01:10:34j'ai fait en traîneur,
01:10:35j'ai fait ce que je voulais,
01:10:35trois entraînements
01:10:36dans un club amateur
01:10:37qui bossait les joueurs,
01:10:38bossait sept heures par jour.
01:10:40Personne ne l'a fait au monde.
01:10:42Personne ne s'est fait
01:10:43traité de chao-ses-cou.
01:10:44Toutes ces choses,
01:10:45mais je suis allé au bout
01:10:45des choses.
01:10:46Moi, je comprends
01:10:46tout ce que tu me dis,
01:10:47mais je me demande
01:10:49si en termes d'émotions,
01:10:50tu es capable
01:10:51de ressentir
01:10:51la même chose
01:10:53en entreprise
01:10:54ou en...
01:10:56Ce ne sont pas
01:10:56les mêmes émotions,
01:10:57Eric.
01:10:57C'est ça que je veux comprendre.
01:10:58Il ne faut pas aller rechercher
01:10:59ce que tu as déjà ressenti.
01:11:01Et c'est là
01:11:02où je suis en désaccord,
01:11:04mais vraiment
01:11:04en grand désaccord,
01:11:06calmement,
01:11:07mais avec les personnes
01:11:08qui disent
01:11:08que c'est une petite mort
01:11:10d'arrêter le football,
01:11:12de jouer
01:11:13ou d'entraîner.
01:11:15Tu n'as pas eu le temps
01:11:16d'avoir de dépression.
01:11:17C'était presque un suicide.
01:11:18Oui, mais je veux dire
01:11:19que tu n'as pas eu le temps
01:11:20parce que tu as enchaîné
01:11:20sur quelque chose derrière.
01:11:22J'ai presque envie de dire ça.
01:11:23Je ne juge pas
01:11:24par rapport à toi,
01:11:24mais sur ce que tu me dis,
01:11:26j'ai l'impression
01:11:26que tu n'as pas eu le temps
01:11:27de faire de dépression
01:11:27parce que...
01:11:29À part les 6 heures.
01:11:30C'était 6 heures
01:11:31ta dépression quelque part.
01:11:33Oui, bien sûr.
01:11:35Le passage d'un endroit
01:11:37à un autre,
01:11:39il peut s'anticiper,
01:11:41mais si tu attends
01:11:43d'avoir les mêmes émotions
01:11:45que tu as vécues précédemment,
01:11:47tu ne les auras jamais.
01:11:48Impossible.
01:11:49Tu dois aussi faire le deuil.
01:11:51Ce n'est pas ton moteur.
01:11:51Non.
01:11:52Et c'est pour cette raison
01:11:53que je suis revenu
01:11:53sur mon passé de jeune
01:11:55que j'étais passionné,
01:11:56etc.
01:11:57Qu'entraîneur,
01:11:58j'ai profité d'un système
01:11:59et d'une passion
01:12:01qui était le football
01:12:02pour aussi vivre,
01:12:03en vivre.
01:12:05Donc, j'étais entraîneur,
01:12:06je transmettais,
01:12:07etc.
01:12:07Mais avec une contrepartie.
01:12:09Mais c'était plaisant
01:12:10d'avoir un résultat.
01:12:12Tu mets en place
01:12:12une stratégie
01:12:13avec une équipe
01:12:14de troisième division.
01:12:15Tu vas en finale
01:12:16de Coupe de France,
01:12:16tu fais quarte finale
01:12:17de Coupe de la Ligue
01:12:18et tu montes
01:12:19de troisième
01:12:20ou de Ligue nationale
01:12:22en Ligue 2
01:12:23la même année.
01:12:24Des trucs qui existent
01:12:25nulle part ailleurs.
01:12:27Tu ne peux pas vivre
01:12:28ces choses-là
01:12:28et c'est hors norme.
01:12:30Et après,
01:12:31tu sors de ça
01:12:32pour faire un autre métier
01:12:34où tout le monde pense
01:12:35que c'est un métier de gourou.
01:12:36Il y a 15 ans,
01:12:37préparateur mental,
01:12:38c'était gourou.
01:12:39Oui, c'est vrai.
01:12:39Et donc là,
01:12:40tu fermes ta bouche,
01:12:42tu dis OK, peut-être,
01:12:43mais au départ,
01:12:43tu essaies d'expliquer
01:12:44ce que tu fais.
01:12:45C'est de prouver
01:12:46qu'il y a des choses-là.
01:12:46Et à partir du moment
01:12:47que j'ai retrouvé
01:12:48ce mécanisme-là,
01:12:49quand je suis sorti du football
01:12:50pour faire cette approche mentale,
01:12:52et j'ai passé tous les diplômes,
01:12:53sincèrement,
01:12:54je me suis donné les moyens,
01:12:56mais à chaque fois,
01:12:57j'ai eu l'impression
01:12:59de revivre ces moments
01:13:00que quand j'étais gamin
01:13:02et que ma mère m'a dit
01:13:03plus jamais je te croirais
01:13:04et derrière,
01:13:05d'être obligé de justifier
01:13:06pendant des...
01:13:07Tu as l'impression
01:13:08de devoir prouver.
01:13:08Mais non,
01:13:09je ne suis pas en retard,
01:13:10c'est le bus
01:13:10qui est arrivé en retard.
01:13:11Mais non,
01:13:11je ne peux pas faire ceci
01:13:12parce qu'il y a eu
01:13:13telle chose...
01:13:13Tu te justifies à chaque fois.
01:13:14C'est terrible.
01:13:15Et là,
01:13:15j'ai dit au bout
01:13:16de quelques mois,
01:13:17j'ai dit non,
01:13:18je ne dois pas me justifier.
01:13:20Si je pense que c'est bien
01:13:21pour les autres,
01:13:22je ne vais pas à l'encontre.
01:13:23C'est un impact sur les autres.
01:13:24Mais je ne sais pas.
01:13:25Surtout,
01:13:26il ne fallait pas
01:13:26que c'est d'impact négatif
01:13:27sur mon environnement,
01:13:29sur les autres
01:13:30et sur moi.
01:13:31Et donc,
01:13:31non,
01:13:32au contraire,
01:13:32je faisais ça
01:13:32pour le bien des autres
01:13:33et de moi-même aussi
01:13:35parce que ça me faisait plaisir
01:13:35de faire du bien.
01:13:36Donc,
01:13:37c'est ce qui m'a donné
01:13:38la possibilité de tenir.
01:13:39Et aujourd'hui,
01:13:40tout le monde me dit
01:13:40oui,
01:13:40mais Denis,
01:13:41tu étais fait pour ça.
01:13:42Ça se voit,
01:13:43on te fait confiance,
01:13:44on t'a fait confiance et tout.
01:13:46Toujours réduire.
01:13:47Mais ce n'est pas grave.
01:13:48Ce n'est pas grave.
01:13:48Parce que quelque part,
01:13:49oui,
01:13:50c'est vrai,
01:13:50ils ont raison.
01:13:51Mais derrière,
01:13:52il ne faut pas oublier,
01:13:53c'est que même
01:13:55lorsque tu étais entraîneur
01:13:56ou joueur,
01:13:57c'est dur.
01:13:58Eric,
01:13:59notre métier,
01:14:00je ne veux surtout pas
01:14:01que quiconque puisse comprendre
01:14:03que quand tu as mal partout,
01:14:05que tu es fatigué
01:14:06ou que tu ne joues pas
01:14:07ou que tu perds des matchs,
01:14:09deux ou trois matchs d'affilée
01:14:10et que tu dis
01:14:11je vais me faire virer
01:14:12et tout ça,
01:14:12mais c'est d'une violence
01:14:13ou que tu es blessé,
01:14:14mais c'est d'une violence terrible.
01:14:16Et on trouve les moyens
01:14:17parce que c'est dans ces moments-là aussi
01:14:18qu'on trouve des ressources
01:14:20qui nous permettent de rebondir.
01:14:22C'est là où ça prend tout son sens
01:14:24d'intervenir dans les entreprises
01:14:25pour leur faire comprendre
01:14:26qu'on a tout vécu.
01:14:26Eric,
01:14:27tu le fais,
01:14:27je le fais.
01:14:28On a tout vécu.
01:14:29Et l'idée,
01:14:30c'est vraiment que les gens
01:14:31puissent utiliser,
01:14:33parce qu'il n'y a pas que
01:14:34des interventions
01:14:35ou un shot
01:14:35où tu fais une intervention
01:14:37et tu vas raconter
01:14:39que tu as gagné
01:14:40la Champions League
01:14:41ou que tu as fait
01:14:42telle et telle chose,
01:14:43c'est bien,
01:14:43mais ça ne donne pas
01:14:44la force aux autres.
01:14:45Ce n'est pas la finalité.
01:14:45Non, la finalité,
01:14:46c'est aujourd'hui,
01:14:48dans les entreprises,
01:14:49je pense,
01:14:50c'est ce que j'entends,
01:14:51encore hier,
01:14:51j'étais avec une entreprise
01:14:53hier soir.
01:14:54Il y avait 100 personnes,
01:14:57c'était une start-up,
01:14:58100 gamins
01:14:58qui travaillaient dans cette start-up
01:15:00et ils avaient en moyenne
01:15:0127 ou 28 ans
01:15:02de moyenne d'âge.
01:15:04100 gamins,
01:15:05personne au-dessus.
01:15:05Alors, je suis arrivé,
01:15:06bien sûr,
01:15:07en leur montrant,
01:15:09mais ils ont compris
01:15:10qu'il y avait quand même
01:15:10du vécu,
01:15:11qu'il y avait quelque chose
01:15:12et qu'il y avait surtout
01:15:12qu'on pouvait créer
01:15:13une start-up,
01:15:143% des Français
01:15:15créent des start-up
01:15:16après 60 ans.
01:15:17Et bien voilà,
01:15:18c'est un petit peu comme tout.
01:15:20Il faut avoir le courage,
01:15:21l'envie
01:15:21et surtout
01:15:23ne pas mettre en place
01:15:24quoi que ce soit
01:15:24et surtout
01:15:25quand on sait
01:15:26que c'est pour les autres
01:15:28qu'on fait ça,
01:15:29pour une transmission
01:15:30et aujourd'hui,
01:15:30je suis essentiellement
01:15:32dans cette dynamique
01:15:33qui est la transmission,
01:15:34transmission de connaissances,
01:15:36la transmission
01:15:37de savoir,
01:15:38la transmission
01:15:39pour que tout le monde
01:15:40soit mieux
01:15:41ou pour tout le monde,
01:15:42c'est un peu prétentieux
01:15:43ce que je dis là,
01:15:43mais si on donne les choses
01:15:45pour que ça aille mieux
01:15:45pour tout le monde,
01:15:46il faut le faire.
01:15:47Mais encore une fois,
01:15:48je dis,
01:15:48et je reviens Eric,
01:15:50les sportifs de haut niveau
01:15:52souffrent.
01:15:53Ça, c'est vrai.
01:15:54Ça, c'est une réalité.
01:15:55Et on en parle
01:15:55de plus en plus en ce moment.
01:15:56C'est bien parce que
01:15:57tu as l'impression
01:15:58que c'est un secret
01:15:58de Polychinelle,
01:15:59mais n'empêche que
01:16:00c'est une réalité.
01:16:01Alors, vous n'osez pas
01:16:02parce que tu gagnes
01:16:03de l'argent,
01:16:04parce que tu as la notoriété,
01:16:06parce qu'on a l'impression
01:16:07que tout ça te donne
01:16:08pas le droit
01:16:10de te plaindre.
01:16:11C'est quand même normatique.
01:16:12Un jour, il y a un sportif,
01:16:13un footballeur
01:16:14qui vient me voir
01:16:15et qui me dit,
01:16:17Denis, je viens de voir
01:16:18parce que je veux aussi
01:16:21penser à mon après-carrière.
01:16:23Je dis, ouais,
01:16:23c'est bien ça, c'est bien.
01:16:24Moi, je ne discute pas.
01:16:26C'est bien.
01:16:26Ils peuvent, j'écoute.
01:16:28Et il me dit,
01:16:31mon rêve,
01:16:33j'écoute,
01:16:34quand on parle de rêve,
01:16:35j'écoute.
01:16:36Et il me dit,
01:16:36mon rêve,
01:16:37c'est d'être CDI.
01:16:40Hein ?
01:16:42Alors, je suis le mec
01:16:43qui a tout compris.
01:16:44Je dis,
01:16:46ah ouais, trop bien.
01:16:47CDI, tu veux dire
01:16:49un contrat
01:16:50durée indéterminée ?
01:16:51Il me dit, oui, oui, oui.
01:16:52C'est ça, c'est ce que je veux.
01:16:54Je dis, pourquoi ?
01:16:55Il me dit,
01:16:57je me suis mis
01:16:59dans le football,
01:17:01gamin,
01:17:01parce que j'adorais le football,
01:17:03mais je ne vis plus
01:17:04les fins de contrat
01:17:05et re-signer les contrats.
01:17:07Je ne peux plus
01:17:08tous les deux ans
01:17:08me remettre là-dedans.
01:17:09Et c'est injouable.
01:17:10Je ne peux plus.
01:17:11Je ne peux plus.
01:17:12Je ne peux plus.
01:17:13Et donc, il a dit,
01:17:13non, moi, mon rêve,
01:17:14c'est d'avoir un CDI.
01:17:15Il n'a même pas ça.
01:17:16Tranquille.
01:17:17Bosser 7 heures par jour,
01:17:19pour lui,
01:17:19bosser 7 heures par jour,
01:17:21ne pas penser à quoi que ce soit,
01:17:22avoir la sécurité d'emploi.
01:17:25Un joueur professionnel
01:17:26de football.
01:17:27Oui, c'est ça.
01:17:28Tu vois,
01:17:28comme quoi,
01:17:29après,
01:17:29c'est évidemment
01:17:30par rapport
01:17:31à son évolution,
01:17:32son éducation,
01:17:33son entourage.
01:17:34Évidemment,
01:17:35je pense que
01:17:35les bases sont là-dessus,
01:17:36mais c'est fou quand même.
01:17:37Ça, c'est la nature.
01:17:39C'est pour cette raison
01:17:40qu'il faut écouter,
01:17:41entendre surtout,
01:17:42écouter les personnes
01:17:43qui peuvent transmettre
01:17:44quelque chose.
01:17:45Ça peut être,
01:17:46là,
01:17:46c'est une souffrance.
01:17:49Et la souffrance,
01:17:50elle n'est pas toujours
01:17:50à dire,
01:17:51oui,
01:17:51mais il a dû gagner de l'argent
01:17:52chaque fois que je raconte.
01:17:53Oui,
01:17:53mais il a dû gagner.
01:17:54Non,
01:17:54c'est pas ça.
01:17:56Je pars du principe
01:17:57que tout ressenti
01:17:57est vrai.
01:17:58Oui,
01:17:59les émotions.
01:18:00Exactement.
01:18:00C'est-à-dire que
01:18:01même si toi,
01:18:02ça peut te paraître
01:18:03lunaire,
01:18:03ce que te dit la personne,
01:18:05tout ressenti
01:18:06de quelqu'un
01:18:06est vrai
01:18:07parce que tu n'es pas
01:18:08à sa place,
01:18:08tu ne sais pas
01:18:09ce qu'il a traversé,
01:18:09donc tu es obligé
01:18:10de...
01:18:11Et votre émission,
01:18:12c'est exactement ça.
01:18:12Oui.
01:18:12Trop bien.
01:18:13Non,
01:18:14franchement,
01:18:14très bien.
01:18:15J'ai une dernière question
01:18:15qui est sur le...
01:18:18Oh là,
01:18:19je sens...
01:18:19Non,
01:18:19elle est très simple
01:18:21et elle repositionne
01:18:22sur le côté fan.
01:18:23est-ce que
01:18:25quand tu as été
01:18:26entraîneur,
01:18:27joueur,
01:18:28entraîneur,
01:18:29est-ce que
01:18:30tu restes fan
01:18:31du club
01:18:31où tu es passé ?
01:18:32Ah oui.
01:18:33Ou pas du tout ?
01:18:34fan ?
01:18:35Ou selon
01:18:35comment ça s'est passé,
01:18:36est-ce que tu restes fan
01:18:37ou est-ce que tu te dis
01:18:38« Oh,
01:18:39ils m'ont fait chier,
01:18:40c'est pas la peine ? »
01:18:41Non.
01:18:41Alors déjà,
01:18:42les premiers regards,
01:18:43c'est sur l'ensemble
01:18:44des clubs
01:18:45où je suis passé,
01:18:47joueur ou entraîneur.
01:18:48Je regarde toujours
01:18:48des résultats
01:18:49et les informations
01:18:51qui sont...
01:18:52D'accord.
01:18:53Non,
01:18:53parce que je pense
01:18:53qu'ils m'ont donné
01:18:54toutes les choses.
01:18:55Et même lorsque...
01:18:56Moi,
01:18:57je pars du principe
01:18:57que même s'il y a
01:18:58un endroit,
01:18:59tu as souffert,
01:19:01il est bénéfique,
01:19:03cet endroit,
01:19:03ce moment-là.
01:19:04Pourquoi ?
01:19:04Parce que tu dis
01:19:05ou quand il y a
01:19:06une personne
01:19:06qui est contre toi
01:19:07ou quelque chose,
01:19:08il dit « Ah ouais,
01:19:10mais ça me montre bien
01:19:11que ça,
01:19:13je ne veux pas le voir,
01:19:14je ne veux plus aller là-dessus.
01:19:15S'il n'avait pas été là,
01:19:16ce club,
01:19:17peut-être que j'aurais fait
01:19:17des bêtises
01:19:18tout au long de ma vie.
01:19:19Ça a des conséquences
01:19:20sur ton comportement derrière.
01:19:21Donc moi,
01:19:22je pars du principe
01:19:22que je dois tirer
01:19:23un enseignement
01:19:24de toute situation particulière,
01:19:26positive ou négative.
01:19:27Et plutôt,
01:19:28quand c'est négatif,
01:19:30ça veut dire
01:19:30que j'aurais jamais pensé
01:19:31« Ah ouais,
01:19:33donc heureusement
01:19:34que j'ai raté ça.
01:19:35Heureusement
01:19:35qu'il s'est passé telle chose.
01:19:36Heureusement
01:19:36que celui-ci m'a viré.
01:19:38Parce que sinon,
01:19:39j'aurais pensé être Dieu. »
01:19:42Non mais c'est surtout
01:19:42que c'est difficile
01:19:43d'accepter ça quand même.
01:19:44Parce que c'est un échec.
01:19:45Je n'aime pas dire échec
01:19:46parce que c'est une expérience,
01:19:48une mauvaise expérience.
01:19:49Je trouve que pour moi,
01:19:51l'échec n'existe pas.
01:19:52C'est juste des expériences
01:19:52qui te permettent
01:19:53d'arriver à ce que tu dis exactement,
01:19:55d'arriver plus loin
01:19:55ou de t'améliorer.
01:19:58Bien sûr.
01:19:58Donc je fais très attention
01:20:00au club où je suis passé.
01:20:02J'ai beaucoup de respect
01:20:02pour ces clubs,
01:20:03mais beaucoup.
01:20:04Et je suis très content
01:20:05quand on se voit
01:20:05tous les quatre mois
01:20:06ou trois mois
01:20:07avec les anciens du PSG,
01:20:09entre autres.
01:20:11C'est sympa,
01:20:12c'est vrai, j'avoue.
01:20:12Oui, c'est sympa
01:20:13parce que c'est entre nous.
01:20:15On sait ce qu'on a vécu,
01:20:16on sait ce qu'on a fait.
01:20:17Tu as le recul aussi.
01:20:18Parce que tu as peut-être
01:20:19des tensions de l'époque
01:20:20et en vrai,
01:20:21là, on n'est que pour partager
01:20:23le bonheur
01:20:23et on se rend compte
01:20:24qu'en vrai,
01:20:26on s'en fout
01:20:26parce que ça reste du sport
01:20:28et des choses anecdotiques.
01:20:30Oui, c'est exactement ça.
01:20:32Non, donc sur le sport,
01:20:34non, et puis même,
01:20:35je suis content,
01:20:36j'adore découvrir
01:20:37des entreprises nouvelles,
01:20:39des clubs
01:20:40parce que moi,
01:20:40j'accompagne énormément
01:20:42dans les autres sports,
01:20:43dans l'entreprise.
01:20:44J'ai 50% de mon activité
01:20:46qui est dans le monde
01:20:46de l'entreprise
01:20:47et puis encore plus
01:20:48avec cette application-là,
01:20:50cette méthode d'entraînement
01:20:51qui va pour le sport,
01:20:53pour l'éducation nationale,
01:20:55mais aussi
01:20:55pour les établissements
01:20:56scolaires privés
01:20:57ou publics,
01:20:58mais aussi
01:21:00le monde du sport,
01:21:01c'est le rugby,
01:21:02le basket,
01:21:02le hand,
01:21:03le vélo.
01:21:04J'ai accompagné
01:21:04huit ans
01:21:05la Française des Jeux
01:21:06en vélo.
01:21:07Je t'ai vu en photo
01:21:09à vélo, là.
01:21:105 ou 6 clubs de rugby,
01:21:117 clubs de rugby,
01:21:1314 clubs de Ligue 1,
01:21:14personne ne sait.
01:21:16Et c'est toujours
01:21:17les mêmes problématiques ?
01:21:18Oui,
01:21:18quasiment.
01:21:20Ils ont tout tenté,
01:21:21les clubs,
01:21:22par exemple,
01:21:22les clubs de Ligue 1
01:21:23de football,
01:21:23ils ont tout tenté
01:21:24et rien n'a marché.
01:21:25Ils ont dit,
01:21:26allez,
01:21:26vas-y,
01:21:26ou de Ligue 2.
01:21:27L'année dernière,
01:21:28il y a un club de Ligue 2,
01:21:29sans citer son nom,
01:21:30qui avait 0,7 points
01:21:32par match
01:21:34à une douzaine de matchs
01:21:36de la fin.
01:21:36Et comme par hasard,
01:21:38d'un seul coup,
01:21:38ils sont passés
01:21:38à 1,5 points.
01:21:40C'est tellement étonnant,
01:21:43surprenant et magique
01:21:44qu'une seule chose
01:21:46peut déclencher,
01:21:48déplacer des montagnes,
01:21:49puisqu'on parlait
01:21:50tout à l'heure
01:21:50de montagnes.
01:21:51Et ça ne fonctionne pas
01:21:52parce qu'on est forcément bon,
01:21:54c'est tout simplement
01:21:55parce qu'on donne
01:21:56quelque chose
01:21:56de plus aux autres.
01:21:58C'est tel que les autres,
01:21:58d'un seul coup,
01:21:59ils disent,
01:21:59ah ouais,
01:22:00j'ai pas pensé ce truc-là.
01:22:01Et si chacun d'entre nous
01:22:03à cet éclairage...
01:22:03Plutôt que d'être
01:22:04enfermé dans ton truc ?
01:22:05À cet éclairage,
01:22:06il dit,
01:22:06mais oui,
01:22:07on n'est pas con quand même,
01:22:08le bonheur peut nous appartenir aussi,
01:22:10il n'appartient pas qu'aux autres.
01:22:12Si déjà,
01:22:12tu commences à ça,
01:22:13si tu sais que tu peux
01:22:14avoir confiance en toi,
01:22:15que la confiance,
01:22:16c'est simplement,
01:22:17c'est comme une petite boîte
01:22:18dans laquelle tu as mis
01:22:20toutes tes réussites,
01:22:21toutes les belles choses
01:22:22que tu as pu faire
01:22:22de ta naissance à aujourd'hui,
01:22:24que tu as rempli
01:22:24cette petite boîte,
01:22:25cette boîte-là,
01:22:26c'est comme un écran
01:22:27qui est au fond de toi
01:22:27et que quand tu es dans la merde,
01:22:33des choses magnifiques
01:22:34et que tu ne fais pas
01:22:35contre les autres,
01:22:36c'est magique
01:22:37et tout le monde a ça.
01:22:39Tout le monde a fait
01:22:40de belles choses,
01:22:41plus ou moins,
01:22:41mais tout le monde
01:22:42a fait de belles choses.
01:22:43Eh bien, c'est ça,
01:22:43c'est simplement renforcer
01:22:45sa confiance en soi,
01:22:47avoir une bonne estime
01:22:47de soi-même,
01:22:48équilibrer, juste
01:22:49pour pouvoir prendre
01:22:50des décisions normales
01:22:52et accepter
01:22:52qu'on ne puisse pas
01:22:53toujours prendre
01:22:54les bonnes décisions.
01:22:55On peut se tromper,
01:22:56mais à l'instant T,
01:22:57quand tu prends une décision,
01:22:59c'est que tu te dis
01:22:59du moment.
01:23:01et tout le monde
01:23:02va peut-être juger
01:23:04après coup
01:23:05avec d'autres éléments,
01:23:06mais ce n'est pas
01:23:07après qu'il faut juger,
01:23:09c'est avant
01:23:09de prendre l'initiative
01:23:10et donc si tu ne juges
01:23:11pas après,
01:23:12mais que tu prends
01:23:12l'initiative,
01:23:14c'est que tu es
01:23:14sur la bonne voie
01:23:15et tu ne peux pas
01:23:17imaginer autre chose
01:23:18que ta propre vérité
01:23:20parce que
01:23:20tes émotions,
01:23:21comme tu disais tout à l'heure,
01:23:22et tes valeurs.
01:23:23Jamais lâcher
01:23:24émotions et valeurs.
01:23:26Bon, merci Denis.
01:23:27Non, c'est moi qui...
01:23:28Si tu as des choses
01:23:28encore à rajouter,
01:23:29sinon on peut finir là-dessus,
01:23:31c'était très intéressant.
01:23:31On pourra faire la partie 2.
01:23:33On fera la partie 2
01:23:34avec plaisir.
01:23:35En tout cas,
01:23:35merci d'être venu,
01:23:36de la générosité,
01:23:37du partage,
01:23:38et j'ai passé un super moment.
01:23:40Ah, moi aussi, merci Eric.
01:23:41Merci Denis.
01:23:41Merci.
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