Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 12 ans
Un retour sur la saga de la Planète des Singes, très chère à mon cœur ! Une saga multiple qui a marqué l'histoire du cinéma Américain. Dans cette première partie, le légendaire premier film !

Liste des Critiques : http://www.cinephile.info
Tipeee : https://www.tipeee.com/projects/le-cinema-de-durendal
Facebook : https://www.facebook.com/LeCinemaDeDurendal
Twitter : https://twitter.com/CinemaDurendal
Transcription
00:00Bienvenue dans Pourquoi j'ai raison et vous avez tort.
00:02Aujourd'hui est un beau et grand jour, car nous allons aborder une de mes séries de science-fiction préférées,
00:07La Planète des Singes.
00:17Nouveau jingle.
00:19Si tout le monde connaît le plan iconique de fin de film, presque personne ne sait qu'il a engrangé
00:224 suites
00:23et qu'il a posé les jalons de l'hollywoodisme moderne.
00:26Deux choses qu'il faut absolument rattraper, et ça tombe bien, je m'y colle.
00:31Établissons un contexte.
00:32A l'origine, La Planète des Singes est une nouvelle franchise écrite par Pierre Boulle
00:35dont les droits avaient été achetés avant même la sortie en 1963 par Arthur P. Jacobs.
00:39L'histoire d'un groupe d'astronautes débarquant dans un monde futuriste peuplé de singes
00:43où les humains ont perdu l'usage de la parole.
00:45Mais dans les années 60, Star Wars n'est pas encore passé par là.
00:48Et cette phrase vous élémentons de la répéter très souvent,
00:50car sans La Planète des Singes, le cinéma d'aujourd'hui serait sans doute très différent.
00:53A cette époque, l'ASF cinématographique est considéré comme un sous-genre destiné à divertir les enfants.
00:59Certes, plusieurs romans de science-fiction ont déjà marqué la littérature,
01:02et le genre existe depuis les premiers films de Méliès.
01:08Mais du fait de la complexité, à l'époque, de rendre des décors futuristes réalistes,
01:12le tout a plus l'air d'une pièce d'école au décor construit par les enfants que d'un
01:15projet sérieux.
01:16Il est dès lors très clair que la nouvelle va devoir être adaptée à grand coup de hache dans la
01:19gueule
01:19si le résultat veut ressembler à quelque chose.
01:21Et surtout, les producteurs vont être outrageusement frileux vis-à-vis du projet.
01:24C'est chez 20th Century Fox, décidément à l'honneur de mes dernières vidéos, que Jacobs se tourne.
01:29Le film sera produit et sortira en 1968, soit 5 ans après la sortie du roman.
01:34Le succès va complètement prendre de court le studio, le petit film de SF sous-produit pour 5 millions 7,
01:39rapportant quelques 32 millions au box-office. Du jamais vu.
01:43Les 4 films qui seront produits à la chaîne après lui, Le Secret de la Planète des Singes en 70,
01:47Les Evadés de la Planète des Singes en 71, La Conquête de la Planète des Singes en 72 et La
01:52Bataille de la Planète des Singes en 73,
01:54rapporteront de moins en moins d'argent, mais dans l'économie de l'époque dont je vous parlerai, sont tous
01:58restés rentables.
02:00La saga est ensuite tombée à la fois dans la culture populaire, mais aussi dans l'ombre de la révolution
02:04de la science-fiction
02:05qu'établira Star Wars et donc dans l'oubli.
02:08Elle sera sortie de son profond sommeil par un mec fasciné par la mort mais qui n'aura rien compris
02:12à son message,
02:12avec le remake de Tim Burton en 2001, puis sera rebooté en 2011 avec un nouveau film prévu pour cet
02:17été.
02:18Il va donc y avoir du taf, et c'est pourquoi nous allons commencer tout de suite.
02:21Mesdames et messieurs, La Planète des Singes.
02:25Le film est réalisé par Franklin J. Schaffner. Il signe là son cinquième film et son premier film marquant
02:30avant de réaliser le cultissime Patton juste après en 1970, Papillon en 1973 sur la colonie pénitentiaire de l'Ile
02:37du Diable en Guinée française,
02:38et le délicieusement kitsch Boys from Brazil, un film sur un chasseur de nazis qui met à jour un complot
02:43visant à recréer un Führer
02:45grâce à l'un des 94 clones qui ont reçu exactement la même éducation depuis sa mort.
02:49Dans cette version de l'histoire, le colonel Taylor, interprété par la star Charlton Heston, et ses officiers scientifiques également,
02:54London et Dodge,
02:55se crachent pendant leur hypersommeil sur une planète inhospitalière.
02:59Après des jours de marche dans un désert brûlant, qu'on apprendra être la zone interdite, ils rejoignent enfin une
03:03zone boisée dans laquelle ils tombent sur un groupe d'humains.
03:06Tous muets et manifestement simplets, leur vue rassurent les astronautes jusqu'à ce que le troupeau soit soudain pris en
03:10chasse par un ennemi inattendu, les Singes.
03:13Sur cette planète, les Singes sont l'espèce dominante et intelligente. Divisées en castes sont leur race, les orangs-outans
03:19sont les garants de la sagesse, les chimpanzés sont les scientifiques, et les gorilles forment l'armée.
03:23Les humains, eux, sont considérés comme des animaux inférieurs, chassés par divertissement et plaisir, et servant de rats de laboratoire.
03:30Ils rencontrent alors Zira, joué par Kim Hunter, et Cornelius, joué par Roddy McDowell, qui incarnera la planète des Singes
03:36le long de la saga.
03:36Ce sont deux scientifiques qui possèdent donc l'ouverture d'esprit et l'intérêt nécessaire pour croire Taylor.
03:40Tout le film, ils vont l'aider à essayer de prouver sa valeur d'être vivant, conscient et doué de
03:45raisons et de sentiments propres face à des Singes aussi sceptiques qu'intégristes.
03:48Tout cela n'aboutissant qu'à sa poursuite et sa condamnation, il finit par s'échapper, toujours avec l'aide
03:53des deux chimpanzés et accompagné de Nova, une indigène à laquelle il s'est attaché.
03:56Ils découvriront dans un site de fouilles la preuve que les humains dominaient le monde avant les Singes.
04:00Mais toutes les tentatives de Taylor pour prouver la valeur de l'homme s'effondrent avec la dernière scène,
04:04quand il comprend qu'il était revenu sur Terre depuis le début, et que les humains sont les seuls responsables
04:08de leur chute et de leur régression.
04:10Nul doute que l'intelligence du script et son sérieux font partie des éléments qui ont fait le succès du
04:14film à sa sortie.
04:15En dehors bien sûr du fait d'avoir des maquillages de singes ultra réalistes.
04:19Parce qu'il faut bien commencer par là, les Singes sont l'intérêt central de ce film.
04:23Dans la scène d'ouverture et jusqu'à sa capture, Taylor ne cesse de manifester sa haine pour l'espèce
04:27humaine.
04:35Pourtant, les Singes vont plus se révéler être un miroir des hommes que quelque chose de supérieur ou d'inférieur.
04:40La première fois que l'on entend les Singes parler n'a pas été choisi au hasard.
04:43Il s'agit d'un échange entre un chimpanzé et Zira. Et de quoi parle-t-il ?
04:46De considération par la communauté scientifique, d'avancement et de promotion personnelle, d'avancée en médecine et de politique.
04:52Des concepts fondamentalement humains. Et par la suite, ils vont se montrer plutôt agressifs et à l'esprit étriqué.
04:58Chez eux, la religion et la science ne sont pas encore séparés, ce qui bien sûr freine les progrès de
05:02la recherche.
05:03D'ailleurs, Cornelius et Zira n'adoptent pas la même attitude face à cette hostilité envers les théories qui vont
05:08à l'encontre de la religion.
05:10Zira fonce tête baissée dans le conflit et doit être régulièrement rappelée à l'ordre par son mari, qui lui,
05:14fait profil bas.
05:15Au moins, ils peuvent en discuter tranquillement, contrairement au Dr Zaios qui voue une haine sans borne à Taylor et
05:20qui agit comme un intégriste religieux.
05:22Tout cela mènera jusqu'à un procès où sera discutée l'humanité, ou plutôt la simianité, du héros.
05:28Cette scène est d'ailleurs une évocation très claire des différentes controverses qui ont eu lieu dans l'histoire,
05:32et où il a fallu statifier sur l'humanité des nouveaux peuples découverts à travers le monde au gré des
05:36explorations maritimes.
05:38Un parallèle pourrait être dressé entre ce film et The Mission, dans lequel plusieurs scènes montrent l'avancement d'un
05:43débat, proche du procès,
05:44ayant lieu au XVIème siècle, visant à établir si les indigènes d'Amérique pouvaient être colonisés et évangélisés, ou protégés.
05:51Au-delà, donc, de parler des hommes, le film évoque le sujet du racisme et comment, à l'aide de
05:56quelques tautologies circonstancielles,
05:57on a tenté de refuser leur humanité à certains peuples.
06:00Toutefois, le film sera plus nuancé sur la fin. L'obscurantisme du Docteur Zaius, par exemple, n'est pas le
06:05fruit d'une infériorité,
06:06mais au contraire du fait qu'il sache exactement ce qui est arrivé aux humains. Il les hait donc par
06:11savoir, et non par ignorance et rejet.
06:13Enfin, ne vous laissez pas avoir par le design des environnements.
06:16Les singes du film sont déjà arrivés au stade de la première révolution industrielle.
06:20Ils ont une médecine avancée, des connaissances très poussées en chimie et en transformation de matières premières,
06:24capables par exemple d'inventer l'appareil photo. En revanche, ils vivent plus proche de la nature.
06:29Ils sont végétariens et leurs maisons sont construites en terre cuite. Mais ils ne sont en rien arriérés.
06:33A vrai dire, plus que sur l'évolution, la faute est sans doute à reporter ici sur le budget. Il
06:38a en effet fallu jouer extrêmement serré pour porter la nouvelle de Pierre Boulle à l'écran.
06:42Avec 5,7 millions de budget, il était clair que le film ne s'offrirait pas des décors futuristes tels
06:46que ceux d'un Star Wars.
06:48Ceux d'un Star Trek à la limite. D'un épisode télé de Star Trek. Il a donc fallu faire
06:52des choix. La priorité c'était les singes.
06:54Les maquillages développés fonctionnent encore extrêmement bien, ils étaient déjà au maximum de la technique à l'époque.
06:59Et il fallait créer un paquet de prothèses pour le reste de l'équipe.
07:02De fait, comme les personnages arrivaient sur une planète inconnue mais proche de la Terre, les seuls impératifs étaient de
07:07voir des singes, peu importe l'environnement.
07:09Avec ces décors simples, construits rapidement et pour peu cher car ne nécessitant pas une minutie particulière, le film a
07:15fortement réduit son budget.
07:16Le plus fort étant que cela ne se voit pas, et surtout que le film reste, malgré la régression technologique,
07:21un film de science-fiction qui traite son sujet avec sérieux.
07:24Par exemple, leurs budgets effets spéciaux étaient pour ainsi dire inexistants. Dès lors, comment filmer un voyage dans l'espace
07:29et comment montrer un crash de vaisseau ?
07:31Et bien en jouant avec les halos de lumière des projecteurs par exemple pour représenter l'espace, et en filmant
07:36le crash en vue subjective depuis les fenêtres du cockpit.
07:39Sauf que tous les humains du vaisseau étant endormis, avoir le point de vue d'un objet est quelque chose
07:43de peu banal.
07:44Mais ainsi, les équipes ont pu prendre ces images tranquillement pendant qu'elles avaient loué un hélicoptère pour quelques plans
07:49des scientifiques perdus dans le désert,
07:50et l'héligo n'est pas loué au nombre de scènes tournées mais à la journée, donc peu de frais.
07:55Schaffner se sert de beaucoup d'astuces de mise en scène d'ailleurs pour faire ressentir la sensation d'isolement
07:59et de gigantisme et de la perte des personnages.
08:01Il insiste par exemple pour montrer que la chaleur est étouffante, qu'il ne pleut pas, que des chutes de
08:05rochers peuvent survenir à n'importe quel moment,
08:07mais pour rendre le gigantisme son arme la plus forte est le montage.
08:11En effet, nos héros errent dans le sable un quart d'heure complet.
08:14S'ils s'arrêtent à trois reprises pour discuter, une fois à leur arrivée, une fois pendant le voyage et
08:18une fois arrivés en vue de la forêt,
08:20comme si leur voyage était découpé en trois actes, comme un film,
08:2210 bonnes minutes sont réservées uniquement à aller voir marcher.
08:25Et marcher, marcher au loin, marcher en gros plan, marcher en haut d'une montagne, marcher... Bref, vous avez compris.
08:32Ne voyant jamais la nuit tombée, nous sommes en plus totalement désorientés.
08:35Le temps se dilate, devient abstrait, et nous sommes incapables d'estimer leur trajet.
08:40Ce qui aurait coûté très cher en effets spéciaux, est donc rendu ici en quelques jours de tournage.
08:44D'ailleurs, notons que X-Vincent a réalisé un film sur deux frères perdus dans le désert, nommé Jerry,
08:48connu pour ses plans-séquences à la longueur démesurée et en longue focale.
08:51Il joue sur le fait que malgré la longueur interminable de la prise,
08:54les héros semblent ne pas avoir avancé d'un centimètre tant le décor est immense autour d'eux.
08:58Difficile à supporter, mais diablement efficace.
09:01Dès le début, on prend parti pour ces hommes, non seulement parce qu'ils sont clairement piégés ici,
09:20mais aussi parce qu'ils sont traités avec beaucoup de réalisme.
09:22En tant que scientifique, ils s'efforcent d'analyser la situation, de prendre des décisions logiques, du recul...
09:28Oui, exactement, l'inverse de Prometheus quoi.
09:31Schaffner fait aussi la démonstration de son intelligence à ce moment.
09:33Lorsque Taylor, Dodge et London trouvent la forêt, le réalisateur utilise une ironie dramatique.
09:38Le principe étant que le spectateur sait quelque chose que le personnage ne sait pas.
09:41Ici, ils profitent de la taille gigantesque offerte par le scope pour nous montrer nos héros observés au loin par
09:46des créatures à l'aspect très proche des humains.
09:48L'ironie dramatique est augmentée lorsqu'ils décident de se baigner dans un lac.
09:51Ils sont donc, au sens ultime, dépourvus de toute protection, étant dans l'état le plus fragile qui soit, nus.
09:57Et alors que l'ironie est levée, elle fait place à une scène de build-up.
10:01Je vous ai déjà parlé du concept et du setup pay-off, divulguer une information qui servira plus tard dans
10:05le récit.
10:06Par exemple, dans Retour vers le futur, on apprend que Marty aime le rock en début de film pour amener
10:10à la scène de Johnny Begoode à la fin, qui sans ça serait sorti de nulle part.
10:13Le build-up c'est autre chose, ça consiste à faire anticiper la venue d'un événement.
10:18Dans Retour vers le futur, savoir que Marty aime le rock ne va pas forcément déboucher sur une interprétation de
10:22Johnny Begoode.
10:23En revanche, dans Glorious Bastards, on sait que l'ours juif va sortir de ce tunnel, mais on anticipe sa
10:28venue par l'attention.
10:30Le build-up est très utilisé en cas de bombe à désamorcer ou pour jouer sur les effets comiques, comme
10:34avec la révélation de la taille de Lord Fartquad dans Shrek.
10:37Pour revenir à nos singes, le build-up est justement fait sur eux.
10:40Dans la scène de chasse, entre le début de la battue et le moment où Tyler voit un singe, il
10:43se passe 2 minutes.
10:45Et c'est énorme 2 minutes, surtout dans une scène comme celle-là, rythmée, très découpée et riche en événements.
10:49D'ailleurs, moi qui déteste les zooms, il y en a un très bon au moment où retentit le corps
10:53de chasse des guerrilles.
10:56Très bon parce qu'il est propre et assez rapide, mais surtout pour ceux qui le cadrent.
11:00D'une part, cette masse de feuillage est tellement fournie que l'image devient presque abstraite, on ne sait plus
11:04trop ce qu'on regarde.
11:05Et d'autre part, ce que l'on regarde, c'est la nature.
11:08Un peu comme un Godzilla, le film sorti en pleine guerre froide, appuyant beaucoup les conséquences d'une guerre atomique
11:13même si ça reste suggéré dans ce premier volet,
11:15présente ainsi une sorte de revanche de la nature sur les hommes qui l'ont défiguré, et se voit donc
11:19destitué du titre d'espèce dominante
11:20pour y mettre à la place l'espèce qui n'a pas eu le droit à sa chance quand l
11:23'homme a commencé à évoluer.
11:25Car le principal message de cette saga, comme beaucoup de grands films de SF, surtout à cette époque,
11:29c'est de dénoncer la bestialité, la brutalité de l'homme, perpétuellement en conflit avec ses homologues, incapables de se
11:34discipliner, courant ainsi à sa perte.
11:36Et je sais que j'ai un peu oublié de parler de son et de musique dernièrement, mais je voulais
11:39absolument revenir sur ceux de la planète des singes.
11:42Le travail de son est souvent difficile à apprécier dans un film, puisqu'il dépend beaucoup du confort de visionnage.
11:47Mais on peut remarquer des choses toutes simples, notamment au début de film.
11:49Il démarre directement après le logo de la Fox, et enchaîne immédiatement sur un monologue de Taylor, sans presque de
11:55bruit de fond.
11:55Une entrée en matière plus que surprenante, y compris de nos jours, où le début du film essaye justement de
11:59lancer tout de suite notre intérêt,
12:01alors que celui-ci nous balance sans esthétisme le mépris du héros pour l'espèce humaine in media stress.
12:06Après le crash survient un autre son, dont je n'arrive jamais à savoir s'il s'agit d'un
12:08bruitage concret ou d'un événement sonore.
12:11C'est quand les trois hommes découvrent que la femme de l'équipage est morte pendant le voyage.
12:18Est-ce le bruit de l'eau s'infiltrant à travers la coque, comme ça ?
12:24Ou est-ce un son destiné à marquer la réaction émotionnelle des héros, comme ça ?
12:30Je pense que c'est volontaire pour rendre la déstabilisation des protagonistes, et c'est génial.
12:35Et puis puisqu'on parle de son, je voudrais évoquer un point qui pourrait faire tiquer les puristes, la langue
12:39des singes.
12:40Dans le livre de Boulle, les singes ont leur propre langue. Ils apprennent le français pour parler au héros, Ulysse,
12:45qui lui apprend leur langue également.
12:47Dans le film, il parle un anglais classique, et les pourfendeurs de la cohérence s'insurgeront du fait que ça
12:51ne choque aucunement Taylor,
12:53et que ça ne lui mette pas la puce à l'oreille quant au fait de savoir qu'il soit
12:55sur Terre.
12:57C'est ici que je dois rappeler que la science-fiction était un sous-genre à l'époque,
13:00et qu'on n'allait certainement pas s'amuser à proposer aux spectateurs de l'époque deux heures de film,
13:04dont 1h30 sous-titré.
13:05On allait encore moins chercher un linguiste pour créer une nouvelle langue comme ça se fait à foison aujourd'hui.
13:10A cette époque, personne n'aurait validé ce film avec un dialecte inventé.
13:14Le fait que les singes parlent l'anglais et que ce soit normal est une convention à passer avec l
13:18'époque du film.
13:19Enfin, détour par la musique composée par devinez-qui ?
13:22Jerry Goldsmith, qui était la musique de science-fiction, ce qu'est John Williams, à Star Wars,
13:26et qui a participé à la quasi-totalité des films de Franklin J. Schaffner.
13:29Ses compositions pour La planète des singes sont uniques et envoûtantes.
13:32Il a ajouté à un orchestre, assez réduit à cause du budget bien sûr, des percussions et instruments tribaux.
13:37C'est très clair, en particulier dans la scène de chasse des gorilles.
13:43Mais il va aussi exprimer le fait que les astronautes soient perdus,
13:45et le message assez sombre du film sur l'homme par le style de ses compositions.
13:49La musique ressemble à un dialogue entre les instruments, chacun attendant que l'autre ait fini pour se lancer,
13:57ne s'énervant que lors de scènes de course-poursuite.
14:05Elle est en plus sporadique, car le film est très silencieux, y compris lors du fameux plan de fin,
14:09qu'il aurait été facile de recouvrir de musique.
14:12Ajoutez l'utilisation de pianos désaccordés et de quelques sons synthétiques,
14:21et vous avez une musique parfaite pour retranscrire l'aliénation de ce monde.
14:24Impossible pour le spectateur de se raccrocher à des bâtiments futuristes,
14:27de se repérer dans le temps et le décor, dans le regard d'autres humains,
14:30et encore moins dans des instruments familiers, afin que dans tous ses aspects,
14:34cette planète ne soit plus celle des hommes, mais des singes.
14:36...
14:37...
14:38...
14:41...
14:41...
14:42...
14:42...
14:42...

Recommandations