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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Rome et Naples Sophie va à la découverte de Rome. Elle arpentera la Rome historique en compagnie de ses habitants insolites des milliers ...

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00:00:31La jeune journaliste qui est derrière moi s'appelle Giovanna, elle est italienne, elle va m'accompagner pour ce nouveau
00:00:37voyage en Italie.
00:00:38Alors mon point de départ c'est ici, c'est Rome, la capitale, la ville éternelle et mon objectif c
00:00:42'est de rejoindre l'Italie du Sud et Naples.
00:01:02Oh Giovanna, il y a toujours autant de monde et d'agitation à Rome.
00:01:06Oui, toujours, c'est quand même une ville assez vivante et tu peux t'imaginer avec beaucoup de touristes, là
00:01:10on va aller dans un lieu le plus touristique de Rome, mais quand même magnifique, qu'est-ce que c
00:01:15'est content et très vite.
00:01:16Aussi parce que Sophie, il faut que tu jettes ta monnaie, comme ça tu vas revenir en ville.
00:01:34Giovanna, nous ne sommes pas les seuls à avoir eu cette idée.
00:01:36Non, il y a beaucoup de monde, mais ça, tu vois cette ponte, c'est un symbole aussi de la
00:01:40dolce vita romaine, c'est ce qu'on appelle la dolce vita romaine, qui vient du film d'Ephéline, parce
00:01:45que tout le monde se rappelle de ces scènes magnifiques où Anita Heberg prenait son monde à la fontaine de
00:01:50Trèvi à la nuit.
00:01:50Elle est magnifique.
00:01:55Bon, c'est bien parce que c'est la tradition, il faut la faire.
00:01:59Merci.
00:02:01Ah, ça, et voilà.
00:02:04Je fais un vœu ou pas?
00:02:05Non, il faut regarder comme ça, parfait.
00:02:09Bravo, tu vas revenir.
00:02:10Allez, on peut continuer.
00:02:16Bon appétit.
00:02:21Si on arrive dans ma place préférée de Rome, c'est le Panthéon.
00:02:26Pourquoi tu l'aimes tant ce Panthéon?
00:02:28Parce que c'est une petite place, on ne l'attend pas.
00:02:30On arrive ici et tout d'un coup, on a ce monument qui est magnifique.
00:02:34Donc c'était au début le temple pour toutes les divinités, pour tous les dieux.
00:02:38Et maintenant, c'est la tombe des rois d'Italie.
00:02:43Oui, et surtout, il faut voir les toits, c'est que c'est le dôme final de la pluie peaule.
00:02:48C'est assez spécial, parce qu'il y a un trou là-haut que tu peux voir,
00:02:51et en fait, quand il pleut, il pleut au milieu.
00:02:55Et l'eau, en fait, ça arrive par terre,
00:02:58mais il y a des trous qui les amènent directement dans les égouts de Rome.
00:03:01Donc c'est assez spécial, parce que les Romains, même à l'époque,
00:03:04ils avaient déjà pensé à comment faire pour pouvoir garder l'eau de la pluie.
00:03:13Je m'attendais, Giovanna, à voir des chats partout.
00:03:15C'est pas la ville d'Algato, Rome ?
00:03:17Oui, c'est la ville d'Algato, mais ça fait ici,
00:03:20avec les touristes qu'il y a, les monts qu'il y a,
00:03:21tout ne voit pas beaucoup dans la rue.
00:03:23Par contre, il y a des quartiers où maintenant, les gens les nourrissent.
00:03:25Donc il y en a quand même dans la ville encore.
00:03:31Ils pullulent en plein centre de Rome.
00:03:35À tel point que la plupart des sites archéologiques de la ville
00:03:38leur sert de refuge.
00:03:40Le chat est devenu l'animal emblématique de la cité romaine.
00:03:45Certains guides proposent même des circuits touristiques
00:03:47à la rencontre des chats.
00:03:56En s'approchant un petit peu, vous voyez, de cette balustrade,
00:03:58on peut apercevoir quelques blocs de marbre polychrome
00:04:01qui venaient de toutes les provinces de l'Empire.
00:04:03Et puis quelques chats, regardez,
00:04:04un chat qui se repose tranquillement sous un bloc.
00:04:07Les chats font partie aujourd'hui du patrimoine bioculturel de Rome.
00:04:11D'ailleurs, ils sont protégés et on en compte une quantité évidemment énorme.
00:04:14Aujourd'hui, on a près de 300 000 chats dans la ville.
00:04:185 000 colonies de chats peuplent les différents quartiers de Rome.
00:04:22Certaines d'entre elles sont surveillées par des associations de bénévoles.
00:04:27Au refuge de Torre Argentina, Daniel et une vingtaine de volontaires
00:04:30se relaient du matin au soir.
00:04:31Pour protéger les chats, ils prônent la stérilisation, non sans difficulté.
00:04:41C'est en partie un phénomène culturel.
00:04:46La stérilisation est considérée comme une mutilation.
00:04:49Et puis, il y a un reste machiste.
00:04:53Ça ne se fait pas de stériliser les mâles.
00:04:55On ne stérilise que les femelles parce que pour les Italiens,
00:04:58on ne doit pas toucher au mâle.
00:05:02A Rome, les chats ont adopté la Dolce Vita.
00:05:05Grâce aux gâtards, ces femmes romaines qui les cajolent et les nourrissent.
00:05:11Mathilde est la première à avoir créé une association de protection des chats.
00:05:15Vingt ans de volontariat autour du cimetière protestant de la ville.
00:05:31Les romains de l'antiquité faisaient du commerce avec les égyptiens.
00:05:37Sur leur navire, il y avait des chats.
00:05:40Ce sont les égyptiens qui leur ont appris que les chats protégeaient les grains,
00:05:44le blé, les céréales,
00:05:46tout ce qu'ils importaient de l'autre côté de la Méditerranée.
00:05:53Les chats, c'est comme le tigre, comme les arbres.
00:05:58C'est Rome.
00:06:00C'est un des aspects de Rome.
00:06:15La petite voiture typique.
00:06:21Et voilà, ça c'est le marché de Testaccio, qui est un marché historique de la ville.
00:06:29Et puis tu vas voir les tomates.
00:06:31Les tomates, c'est...
00:06:31Alors là, il y a toutes les sortes de tomates.
00:06:33Ce que tu peux t'imaginer, c'est une chose fondamentale pour la cuisine italienne.
00:06:42À chaque type de tomate correspond une utilisation précise.
00:06:46Il y en a forcément une que tu aimeras.
00:06:47Tu ne peux pas imaginer le nombre de variétés qu'il y a.
00:06:50Parfois même, deux tomates qui ont poussé sur le même plan ont un goût différent.
00:06:54C'est comme en musique.
00:06:55Il n'y a pas qu'un seul dos.
00:07:06Voilà, là, on peut voir.
00:07:07Il y a aussi toute la charcuterie typique des Rome.
00:07:10À Rome, on mange beaucoup les intérieurs des animaux.
00:07:13En fait, tu peux voir qu'il a la langue de bœuf cuite.
00:07:16Donc, c'est des choses quand même qui ont un goût très fort, très spécial.
00:07:21Tu nous fais goûter ton petit romain, non ?
00:07:24Ah, le petit romain avec la croûte noire.
00:07:33Tu trouves ça seulement en Italie.
00:07:38Il n'y en a pas en France.
00:07:40Il est bon, hein ?
00:08:08Ça, c'est le meilleur café de Rome.
00:08:09Cette barre, il a vraiment une tradition.
00:08:12Tout le monde vient ici pour le boire.
00:08:13Et d'ailleurs, c'est sur une place qui est très jolie quand tu peux voir
00:08:15parce que les barres, là, les noms de la place
00:08:18qui est un peu donnés aussi par l'église que tu peux voir là-bas.
00:08:21C'est une église assez spéciale parce qu'on dit que Santo Stapio,
00:08:24il a eu sa conversion pendant qu'il était à chasse.
00:08:27Il a vu ses serfs, qu'il avait un grand croix sur sa tête.
00:08:30Et donc, là, il a eu sa conversion.
00:08:31Et tu peux voir là-haut sur l'église qu'il y a aussi les similaires.
00:08:34C'est pour ça qu'il y a cette tête de serfs là-haut.
00:08:36Voilà.
00:08:37D'accord.
00:08:41Il y a le Vatican ici.
00:08:43Donc, comme tu peux t'imaginer, c'est plein d'églises.
00:08:46Mais il y a aussi beaucoup de prêtres et d'évêques
00:08:48qui font partie de la population de la ville.
00:08:50Je vois que notre voisin, d'ailleurs, est prêtre.
00:08:52Bonjour, non ?
00:08:54Vous êtes français, c'est ce que j'ai entendu.
00:08:55Mais voilà, vous nous entendez parler.
00:08:56Vous aussi, apparemment.
00:08:58C'est assez fréquent dans le quartier.
00:08:59C'est vrai ?
00:09:00De croiser des Français ?
00:09:01Un bon nombre de Français pendant les vacances, déjà,
00:09:03parce que je crois que beaucoup aiment ce quartier et viennent volontiers.
00:09:07Est-ce que c'est un petit peu le passage obligé, si j'ose dire,
00:09:10lorsqu'on est prêtre ?
00:09:12Alors, c'est en tout cas une très bonne occasion qui nous est donnée.
00:09:15Et c'est l'occasion pour des confrères du monde entier
00:09:18de venir ici et de se retrouver à Rome.
00:09:20Le plus souvent, vous voyez, on nous envoie avec l'idée
00:09:22de nous permettre d'acquérir une formation plus approfondie
00:09:26pour en faire bénéficier les paroisses,
00:09:28les différentes communautés chrétiennes, là où nous retournons ensuite.
00:09:31Et c'est aussi une très bonne occasion de connaître l'Église
00:09:34dans son visage international.
00:09:35Ça vous dirait que vous promenez un petit peu avec nous ?
00:09:37Écoutez, très volontiers, oui.
00:09:38Bon, ben, écoutez, on finit le café et vous nous faites découvrir votre quartier.
00:09:57Ici, c'est un des points de vue particulièrement appréciés
00:10:01des touristes, des visiteurs et puis des habitants de la ville de Rome
00:10:04où on commence à découvrir Saint-Pierre.
00:10:06Et c'est l'un des itinéraires que beaucoup de confrères aiment suivre
00:10:09quand nous nous rendons de Saint-Louis-des-Français
00:10:11jusqu'à la basilique Saint-Pierre.
00:10:14Rome est une belle ville, très unifiée.
00:10:17Et puis, il y a une manière de faire, je crois, des Italiens
00:10:19qui est très pacifiante, déroutante peut-être,
00:10:22à l'une ou l'autre occasion, mais très pacifiante.
00:10:24Et puis, tout dans la ville respire harmonie.
00:10:53Sophie a décidé de faire route vers les Abruzes.
00:10:56L'une des régions les moins densément peuplées d'Italie.
00:11:00C'est le royaume de la montagne, des terres rudes et sauvages,
00:11:04là où le loup et l'ours côtoient l'homme.
00:11:08Les seuls à avoir su apprivoiser ce territoire l'occupent depuis toujours.
00:11:14Les derniers bergers perpétuent la tradition pastorale
00:11:17à 1300 mètres d'altitude.
00:11:28Isidore vit en haut des montagnes plusieurs mois par an,
00:11:31seul, avec ses moutons, ses chiens et l'immensité.
00:11:39Ça fait 29 ans que je viens ici et ça me plaît.
00:11:44Je n'aime pas trop la mer, c'est pour ça que je suis venu en montagne.
00:11:52Moi, je ne suis pas devenu berger.
00:11:55Je suis né berger.
00:11:56Mon grand-père était berger, c'était mon destin.
00:12:11Plus bas dans la vallée, Dino, le jeune berger,
00:12:14a appris le métier aux côtés de son oncle, Gregorio.
00:12:23Autour d'eux, 1500 bêtes, l'un des plus gros troupeaux de la région.
00:12:29Une exception dans les abruses,
00:12:32touchée par la crise agricole et un exode rural important.
00:12:40Les abruses, c'était la terre des bergers.
00:12:44Je dis bien c'était.
00:12:47Entre 2000 et 2006, 60% des fermes ont disparu.
00:12:56On vit ici au milieu des animaux sauvages.
00:12:59Mais ce n'est pas eux qui nous font peur.
00:13:01On a appris à se défendre en étant tous unis.
00:13:04Les tempêtes, la neige, ça ne nous inquiète pas.
00:13:08La seule chose dont on a peur, c'est la bureaucratie.
00:13:11Parce qu'elle nous détruit.
00:13:16Alors à la ferme de Gregorio, on se serre les coudes.
00:13:20Le développement des produits bio permet de respirer un peu
00:13:23en attendant des jours meilleurs.
00:13:31Après quelques études qui l'ont éloigné des alpages,
00:13:34Dino a décidé de revenir à la ferme.
00:13:36Pour l'amour des bêtes.
00:13:37Et surtout pour les grands espaces.
00:13:39Il faut être passionné.
00:13:42S'il n'y a pas de passion, ce travail, tu ne peux pas le faire.
00:13:46Ce n'est pas possible.
00:13:48Il ne faut pas le prendre comme un travail,
00:13:49mais comme un hobby, une passion.
00:13:52Si tu penses aux horaires, tu ne t'en sors pas.
00:13:56Notre journée, on ne sait jamais quand elle commence
00:13:58et quand elle finit.
00:13:59On n'existe.
00:14:15Toutes les populations qui étaient dans les montagnes
00:14:18pendant des siècles
00:14:19gagnaient leur vie grâce aux bergeries.
00:14:22C'était le seul secteur économique qui existait à l'époque.
00:14:26Pour moi, c'est une grande satisfaction
00:14:28de perpétuer ce métier.
00:14:30D'autant plus qu'on est vraiment très peu à continuer.
00:14:33Vraiment très peu.
00:15:01Nous sommes très étroites.
00:15:03C'est ruelle.
00:15:05Oh, regarde le chien au milieu.
00:15:07Oh, qu'est-ce qu'il est mignon.
00:15:09Ah, eh bien voilà, vas-y doucement.
00:15:13J'ai entendu parler d'un petit village.
00:15:16Voilà, c'est là, c'est Calac.
00:15:18Ah oui, c'est un petit village médiéval.
00:15:21Il y a presque plus d'habitants.
00:15:23C'est très sympa.
00:15:24On les goûte, ces gâteaux ?
00:15:26Ah, c'est bon.
00:15:27C'est délicieux.
00:15:28Ça fait du bien.
00:15:29Tu as une bonne idée, là.
00:15:51C'est le seul accès, là, pour arriver au château.
00:15:54Non, il y en a là, c'est plus facile.
00:15:57C'est plus facile ?
00:15:58Oui.
00:16:07On a une vue d'ici incroyable.
00:16:24Il a été habité longtemps, ce château ?
00:16:26C'était un petit village ancien qui a été habité jusqu'au 1460.
00:16:33Et alors, toi, tu vis en dessous ?
00:16:35Oui.
00:16:35Tu vis dans le village juste en dessous depuis combien de temps ?
00:16:39Depuis 14 ans.
00:16:40Oui.
00:16:40Et c'était un village abandonné complètement.
00:16:44Qu'est-ce qui vous a donné envie de changer de vie, finalement,
00:16:47et de vivre dans un village abandonné ?
00:16:50La beauté.
00:16:52Je crois à la beauté.
00:16:54Parce que là, je n'ai pas l'habitude de ce que je vois de ma fenêtre chaque matin.
00:17:01Chaque fois, je sais.
00:17:02C'est une émotion.
00:17:05Dis-moi, est-ce qu'il y a d'autres gens dans les environs
00:17:08qui ont, comme ça, cette passion des villages anciens ?
00:17:11Vous savez, il y avait un village qui était abandonné,
00:17:14comme Rocacalacho, mais qui était plus grand.
00:17:17C'est Santo Stefano.
00:17:18Santo Stefano.
00:17:19C'est où, Santo Stefano ?
00:17:21C'est par là, juste en dessous.
00:17:22Juste derrière.
00:17:23Oui.
00:17:23D'accord, on va aller voir ça, Fanny.
00:17:45T'as vu, Fanny, l'auberge, elle est vraiment en plein milieu du petit village, là.
00:17:50On va par là ?
00:17:51Oui.
00:17:53Est-ce qu'il vous resterait deux chambres, s'il vous plaît ?
00:17:57Oui, c'est pour ce soir ?
00:17:59Oui.
00:18:04Jolie, cette chambre.
00:18:11Mais je vais très, très bien ici.
00:18:19Un jour, je suis arrivé ici par hasard en moto.
00:18:22Je suis resté profondément époustouflé par l'intégrité de ce petit village
00:18:26dans lequel on ne voyait que très peu de traces du XXe siècle.
00:18:30Des ruines, c'est ce que découvre Daniele quand il débarque ici.
00:18:34Des ruines et quelques habitants accrochés aux dernières pierres de leur village.
00:18:37Giuliano !
00:18:38Giuliano !
00:18:41Madone, mais qu'est-ce que t'es moche au lever !
00:18:43T'es pas présentable !
00:18:45Mords-le, Malone !
00:18:46Mordis-le, Malone !
00:18:49Quelques irréductibles et la motivation de Daniele
00:18:51vont permettre au village médiéval de Santo Stefano
00:18:54de renaître de ses cendres.
00:19:01Oh, Marietta !
00:19:02Je t'ai cherché partout.
00:19:05Il faut absolument qu'on montre à tout le monde qu'on s'aime.
00:19:11Montrez notre amour.
00:19:17En Italie, on a un patrimoine, surtout dans les villages de montagne d'Italie du Sud.
00:19:22Mais il est complètement inutilisé, alors qu'il pourrait représenter le tourisme du futur.
00:19:26On fait du faux avec de l'ancien.
00:19:29Ici, dans ce village, il y a une identité forte.
00:19:32On a travaillé sur le respect de l'authenticité des lieux, des traditions et des savoir-faire.
00:19:37Depuis les matériaux jusqu'au métier, tout doit rappeler l'époque médiévale.
00:19:45Alors il faudrait dire au géomètre de demander un permis de construire à l'Amérique.
00:19:52Des chambres d'hôtes accueillent les visiteurs dans la plupart des maisons du village restauré.
00:19:57Mais pour sa seconde vie, le village de Santo Stefano doit ressembler à ce qu'il était autrefois.
00:20:02Daniele y tient.
00:20:04A partir de photos, de témoignages, il a mis à contribution les artisans locaux.
00:20:09Comme Francisco, qui vit au village depuis 28 ans.
00:20:14C'est resté un village authentique.
00:20:16Il n'a pas été dénaturé.
00:20:18Alors qu'à Castelmonté, à côté, la ville a été abîmée.
00:20:23On a construit de nouveaux immeubles pendant le boom économique.
00:20:29Ici, les gens sont partis vers les USA.
00:20:31Du coup, le village a été déserté.
00:20:35Rien n'a changé ici.
00:20:36Et c'est pour ça que vous ne trouverez pas de fenêtre en aluminium dans le centre historique.
00:20:40Et c'est bien comme ça.
00:20:45Du coup, le village a attiré tous les passionnés de techniques anciennes.
00:20:50Asunta et son atelier de tissage traditionnel font partie de cela.
00:20:55Quand je suis arrivée ici, les femmes sont venues m'expliquer comment a été fabriquées leurs couvertures.
00:21:01Elles me montraient les tissus fabriqués par leur mère.
00:21:05Pour moi, ces échanges ont été précieux.
00:21:07Ça a été une source d'études extraordinaire.
00:21:11Santo Stefano s'est reconstruit avec le souci du détail jusque dans les assiettes.
00:21:16Certaines recettes n'existaient plus que dans la mémoire de quelques habitants.
00:21:19Elles réapparaissent dans les cuisines des restaurants du village.
00:21:23Salut !
00:21:24Salut Nundia !
00:21:26Tu fais des raviolis ?
00:21:27Les raviolis.
00:21:31La cuisine d'ici, c'est une cuisine archaïque qui date d'avant le Moyen-Âge.
00:21:36C'est une cuisine plus pastorale que rurale, vu la situation géographique.
00:21:41On se trouve dans le parc national du Grand Sasso, en montagne.
00:21:46Le fromage est un des produits caractéristiques de cette cuisine.
00:21:50Une touche d'authenticité, un zeste de tradition, la recette attire un tourisme haut de gamme.
00:21:57Le village se repeuple peu à peu, Santo Stefano est sauvé.
00:22:02Ici, à Santo Stefano, notre société donne du travail à 20 personnes.
00:22:07Aujourd'hui, le rapport est inversé.
00:22:10Avant, les gens vivaient en montagne et travaillaient dans la vallée.
00:22:13Maintenant, les gens viennent de la vallée pour travailler en montagne.
00:22:17Et l'histoire ne s'arrête pas là.
00:22:19Daniel les regarde déjà vers d'autres villages en ruine, pour les sauver de l'oubli, à nouveau.
00:22:35Dans les Abruz, il y a des siècles qu'on a appris à vivre avec les loups et les ours.
00:22:39Depuis que le parc national a été créé, ils sont tous protégés.
00:22:42Paolo fait partie de ceux qui prennent soin d'eux.
00:22:45Et c'est à cheval que nous avons peut-être une chance d'observer les ours des Abruz.
00:22:50Rome est à combien de kilomètres d'ici à peu près ?
00:22:54C'est tout près.
00:22:56On est dans la région Rome, à moins d'une heure de voiture et avec la forêt tout autour de
00:23:01nous,
00:23:02qui abrite des ours et des loups.
00:23:04Et ça, juste à côté d'une ville de plusieurs millions de personnes.
00:23:10On estime la population d'ours à 40 ou 60 individus.
00:23:15C'est très difficile de les observer, car ils sont très craintifs.
00:23:19Et ils évitent le contact avec l'homme.
00:23:22Pour les voir, il faut se cacher dans les bois.
00:23:25Quand je parle de 40 à 60 individus, c'est au niveau mondial.
00:23:29C'est l'ours brun marsicain.
00:23:30On ne le trouve qu'ici.
00:23:33Il est aussi rare qu'un panda.
00:23:47Il est aussi rare qu'il y a des graines qui viennent des baies.
00:24:00Les ours en raffolent.
00:24:01Ils en mangent de septembre à fin octobre.
00:24:08Cette espèce d'ours est totalement herbivore, même si elle a l'apparence d'un carnivore.
00:24:12Donc ça veut dire qu'il n'est pas loin d'ici, l'ours ?
00:24:15Oui.
00:24:16Si on regarde bien, on devrait en trouver un.
00:24:19Dans la forêt.
00:24:21Dans la montagne.
00:24:29Tu les vois ?
00:24:32Regarde.
00:24:33Tu peux les voir à la limite de la forêt.
00:24:37À côté de la crête.
00:24:40Là, je les vois.
00:24:41Si, qui se mueve.
00:24:42Encore là, encore là.
00:24:43Ils bougent.
00:24:44Ils sont gros, hein ?
00:24:54T'arrives à les approcher, toi ? T'arrives à aller assez près d'eux, quand même ?
00:24:57Oui, mais je préfère ne pas le faire, parce qu'ils ont un odorat très fin.
00:25:02Et la chose la plus importante, c'est de ne pas les déranger.
00:25:07Qu'est-ce qui te plaît tant chez eux ? Qu'est-ce qui te fascine tant chez l'ours
00:25:10?
00:25:11Il est grand.
00:25:12Il est grand.
00:25:13Il est grand, et puis ses ours sont uniques.
00:25:16Ce que je ressens, c'est qu'ils sont comme moi, les fils de cette terre.
00:25:33Allez, tu t'attendais à voir des ours ?
00:25:36C'est pas du tout, ils étaient là devant nous, et vraiment, Paolo aussi disait, je ne sais pas si
00:25:42on va voir la fortune d'en voir.
00:25:43On a eu vraiment de la chance, ils étaient là devant nous.
00:25:47Napoli.
00:25:49Arriviamo a Napoli.
00:25:51Arriviamo a Napoli.
00:25:53Alors Napoli, c'est centro-diregionale.
00:25:58Non, c'est pas ça.
00:26:00Ouh là, c'est pas du levois, là.
00:26:08C'est ça, je me suis de toute dimension, je ne sais pas comment.
00:26:13Ça s'explique pas, c'est comme ça, c'est un pisson droit sur les scooters.
00:26:16Seulement si tu le vois, tu le comprends.
00:26:19Oui, c'est ça.
00:26:19Tu es le scooter qui arrive en face, c'est normal, puis elle n'en veut rien, vraiment.
00:26:24Comment tu es en italien ? C'est là que nos routes se séparent ?
00:26:27Et d'aquiii che ci dividiamo.
00:26:30Votre bien, ravie de t'avoir rencontrée, Fanny.
00:26:32Oui, pour moi aussi, vraiment.
00:26:33A bientôt, ciao.
00:26:59Ah, c'est ici qui est née la pizza Margherita.
00:27:07Ça y est, là, c'est la reine de la pizza napolitaine.
00:27:11Ah oui, le tablier, chef.
00:27:13Ça fait combien de temps que vous êtes pizzaïolo ?
00:27:1540 ans ?
00:27:19Le roi de la pizza.
00:27:20C'est quoi les secrets de la pizza napolitaine, chef ?
00:27:25Ça dépend de la bonne volonté du pizzaïolo.
00:27:27C'est comment ? Montez-moi.
00:27:29C'est ça.
00:27:30Gira.
00:27:31Si.
00:27:32Et brava.
00:27:32Così.
00:27:33Encore.
00:27:34Une cuillère.
00:27:35Encore, encore.
00:27:36Encore.
00:27:38Encore.
00:27:39Comme ça ?
00:27:39Encore.
00:27:40Encore ?
00:27:40Si.
00:27:42Genneroso.
00:27:43Mozzarella.
00:27:44Ah, si, j'adore la mozzarella.
00:27:46Crociutto.
00:27:47Crociutto.
00:27:48Quoi.
00:27:49Encore.
00:27:50D'accord.
00:27:50Funghi.
00:27:52Oui.
00:27:55Basilico.
00:27:58Oh, basta.
00:28:00Pepino.
00:28:01Pepino.
00:28:02Ah, pepino.
00:28:04Grazie, pepino.
00:28:06Rego.
00:28:12La pizza est dans les gènes de chaque napolitain.
00:28:15On raconte même que la recette a été inventée ici, dans les rues de Naples.
00:28:23La pizza à Naples, on en mange tout le temps, à toute heure.
00:28:26Il y a toujours quelqu'un qui veut une pizza.
00:28:31À Naples, la pizza est reine.
00:28:33On la consomme à chaque coin de rue.
00:28:37Vert comme le basilic, blanc comme la mozzarella, rouge comme la tomate, les couleurs du drapeau
00:28:42italien se retrouvent dans la margarita, la recette originale, l'emblème des Napolitains.
00:28:49Elle est bonne, très bonne.
00:28:52C'est une des meilleures pizzas d'Italie.
00:28:58C'est quelque chose que je mange volontiers.
00:29:00Le coulis de tomate et la mozza, c'est ça que j'aime.
00:29:06Au 19e siècle, les Napolitains la consomment déjà.
00:29:09Sa recette originale a même été inscrite au journal officiel.
00:29:14À la pizzeria Matozzi, la pizza est l'affaire des 4 dernières générations.
00:29:19On est lié à la pizza comme on peut être lié en amour.
00:29:24La pizza nous a apporté le succès et nous a permis de vivre correctement.
00:29:35Il y a vraiment de l'amour pour la pizza dans notre famille.
00:29:39C'est un sujet tellement sérieux à Naples qu'on l'enseigne même aux enfants.
00:29:46Maman, regarde, je fais le pizzaïolo.
00:29:51À la pizzeria Umberto, la relève met la main à la pâte.
00:29:57Tous les enfants aiment apprendre à faire la pizza.
00:30:01Et puis, c'est une tradition napolitaine.
00:30:04Alors nous, on l'enseigne aux enfants, pour le futur.
00:30:10Vas-y, vas-y, tire-la.
00:30:20Guarda, Enzo, est bellissima la pizza.
00:30:38Faire un tour de la ville, mais il n'y a pas de problème.
00:30:42C'est comme ça qu'on aurait dû se promener dans...
00:30:47Est-ce que c'est difficile, est-ce que c'est dangereux de conduire à Naples ?
00:30:51Non, non, non.
00:30:52Mais non, ce n'est pas dangereux.
00:30:53Il suffit d'être prudent.
00:30:56Mais ce n'est pas difficile.
00:31:07Ça fait combien de temps que vous êtes chauffeur de taxi ?
00:31:11Ça fait déjà 20 ans.
00:31:13À l'époque, j'avais plus de cheveux et j'étais maigre comme ça.
00:31:18Alors comment vous arriveriez à décrire l'âme napolitaine ?
00:31:25L'âme napolitaine, c'est une âme belle et noble.
00:31:30On a le sens de l'honneur, de la parole donnée.
00:31:34Il ne faut plus nous prendre pour ces Napolitains qui ont hérité d'une mauvaise réputation.
00:31:39Et qui se comportent mal.
00:31:44Les temps ont bien changé.
00:31:47On s'arrête à admirer un peu le panorama ?
00:31:53Voilà, le panorama est magnifique d'ici.
00:31:58Voilà, il y a tout là.
00:32:00Le golfe, Naples, Ischia, Capri, Sorrento, Positano et le Vésure.
00:32:11On est dans quel quartier, là, Mario ?
00:32:15Nous sommes dans le quartier de la colline de Posilipo,
00:32:17qui englobe pratiquement tout le cœur de Naples.
00:32:21C'est très beau et c'est très cher.
00:32:23C'est le coin des industriels, des politiciens et des grands patrons.
00:32:32Est-ce que vous avez des enfants, Mario ?
00:32:36Oui, j'ai deux petites filles.
00:32:38Elles vont à l'école, elles sont sublimes.
00:32:42C'est les plus belles.
00:32:44Elles sont nées à Naples, comme moi.
00:32:47C'est le minimum pour faire un vrai Napolitain.
00:33:06Regarde, c'est un endroit très beau.
00:33:21Je t'attends ici, ne t'en fais pas.
00:33:39Depuis quand on fait des crèches comme celle-là à Naples ?
00:33:42La tradition remonte au XVIIIe siècle.
00:33:45C'est dans les années 1700 qu'a débuté la fabrication des crèches et des santons.
00:33:52Pourquoi elles sont aussi célèbres, alors, ces crèches napolitaines ?
00:33:57Elles sont célèbres car, à la différence des autres, elles sont très détaillées.
00:34:02L'autre différence, c'est le matériau utilisé.
00:34:05Ici, c'est de la glaise.
00:34:08Certains choisissent du plâtre ou même du plastique.
00:34:12Il y en a en argent, mais la plupart du temps, elles sont de moins bonne qualité.
00:34:15Ce sont des versions beaucoup plus pauvres.
00:34:19Le style napolitain, ça n'est rien d'autre que la représentation des choses du quotidien.
00:34:25C'est ce qui m'a inspiré les 1700 personnages que j'ai créés à ce jour.
00:34:33Là, je travaille sur un personnage qui fabriquait des santons, comme moi.
00:34:37Ça me fait plaisir de fabriquer une représentation de mon père.
00:34:43Et est-ce que, du coup, toutes les personnes que vous croisez dans la rue, dans la journée,
00:34:48peuvent vous inspirer pour faire de nouveaux personnages ?
00:34:51Certainement.
00:34:53Pour une des dernières figurines que j'ai faites, je me suis inspiré d'un personnage du quartier.
00:34:59C'est comme on dit, l'idiot du village.
00:35:02Il s'appelle Ignacio.
00:35:04J'ai mis son visage sur l'un des derniers santons que j'ai fabriqués.
00:35:12Si.
00:35:13Personnage.
00:35:14Si.
00:35:15Le voilà Ignacio.
00:35:16C'est Ignacio.
00:35:17C'est magnifique.
00:35:18C'est un pêcheur.
00:35:21C'est ressemblant, non ?
00:35:23Oui.
00:35:29Quel est votre personnage préféré dans la crèche ?
00:35:32Carmela ?
00:35:32Si.
00:35:33Ah, c'est elle.
00:35:34Elle s'appelle Carmela.
00:35:36Carmela.
00:35:37Elle est belle, hein ?
00:35:38Qu'est-ce qu'elle vend ? Elle vend du pain ?
00:35:40C'est bien, il y a le pain.
00:35:42Ici, le pain est symbolique.
00:35:44La métaphore, c'est qu'en offrant du pain, on offre aussi de la joie.
00:35:47Et dare joie.
00:35:54Sophie, puisqu'on est dans cette rue vraiment napolitaine, je vais te faire écouter une chanson superbe.
00:36:02Elle est interprétée par les deux stars du moment, Romero et Gigi D'Alessio.
00:36:10Tous les Napolitains et toute l'Italie chantent ça en ce moment.
00:36:26Elle résonne dans chaque ruelle, à chaque carrefour.
00:36:30Toute la ville est capable d'enfredonner les airs les plus connus.
00:36:48La chanson napolitaine est un monument dans toute l'Italie.
00:37:07C'est la bande-son originale de la ville de Naples.
00:37:10Elle a fait le tour du pays et s'exporte même à l'étranger.
00:37:14La chanson napolitaine s'enregistre dans les quartiers populaires de banlieue.
00:37:17Le studio ERS a vu défiler les plus grandes voix.
00:37:22Salut, tu vas bien ?
00:37:24Ah ouais, ça va.
00:37:25Bon, on y va ?
00:37:51Napoli, Napoli est un contenitore d'artistes qui...
00:37:54Naples, Naples, c'est un réservoir d'artistes.
00:37:57Le charcutier chante, le boucher chante.
00:37:59Et en plus, ils sont bons.
00:38:04Dans une journée, on ne peut pas échapper à l'émotion de la chanson napolitaine.
00:38:09La chanson napolitaine raconte le quotidien.
00:38:13Cette réalité, on a la chance qu'elle soit relayée dans toute l'Italie par les chaînes nationales.
00:38:29La ferveur des Napolitains pour leurs chansons envahit les studios de télévision.
00:38:47Les plus jeunes reprennent les chants traditionnels sur des rythmes modernes et commerciaux.
00:38:52On les appelle les neo-melodici, les nouveaux chanteurs.
00:38:56La plupart viennent des quartiers populaires
00:38:58et tentent leur chance dans les émissions de télécrochets des télévisions locales.
00:39:03Moi, je chante l'histoire de la vieille Naples.
00:39:06Mais aujourd'hui, à Naples, ce qui marche, ce n'est pas que la chanson napolitaine classique,
00:39:10ni le bon chanteur d'ailleurs.
00:39:1290% de ceux qui chantent sont sélectionnés pour leur physique.
00:39:16Bref, c'est d'abord la mode et ensuite le chant.
00:39:23Dès leur plus jeune âge, ces chanteurs à la gloire souvent éphémère
00:39:26poussent la chansonnette dans les bals de village ou dans les mariages.
00:39:30Là où la chanson napolitaine est restée reine.
00:39:36Nando, à 14 ans, est déjà du succès.
00:39:40Tu vois là ? Tu as deux retours.
00:39:42Avec ça, tu t'entendras bien quand tu chanteras.
00:40:06À la maison, mon frère chante, mon père, tout le monde chante.
00:40:09Même sous la douche.
00:40:11On peut dire que je viens d'une famille d'artistes, de chanteurs.
00:40:17Le chant, c'est ma passion, depuis que je suis tout petite.
00:40:21J'ai sorti mon premier disque il y a trois ans.
00:40:23J'en suis à mon deuxième et le troisième va bientôt sortir.
00:40:33Jour et nuit, la musique napolitaine infiltre la vie de la cité volcanique.
00:40:38Le renouveau du chant napolitain ne fait que commencer.
00:40:42Ça fait combien de temps, Claude, que vous êtes en train de passer ?
00:41:01Ça fait combien de temps que vous êtes en train de passer ?
00:41:09Ça fait combien de temps, Claude, que vous êtes installé à Naples ?
00:41:11Ça fait fort longtemps.
00:41:13Je suis à Naples depuis 1969.
00:41:16Et pour une archéologue, j'imagine que Naples est un beau terrain de jeu, si j'ose dire, en tout
00:41:23cas.
00:41:23Je travaille surtout sur la campagne durant la proto-histoire.
00:41:29Donc Naples, bien sûr, mais c'est surtout la région du Vésuve.
00:41:34Vous faites un métier passionnant, en tout cas.
00:41:36C'est passionnant.
00:41:36Aujourd'hui, c'est un jour de pause pour vous.
00:41:40Et j'avais envie de vous demander de m'accompagner, en fait, pour découvrir le Naples souterrain.
00:41:46Parce que ça, on n'en parle jamais, enfin assez rarement du Naples souterrain.
00:41:50Par exemple, ici, là où nous sommes, il y a une autre ville sous nos pieds ?
00:41:54Oui, alors nous sommes vraiment dans le centre de la vieille ville de Naples.
00:41:59Et c'est ici qu'il y avait, par exemple, marché.
00:42:02Le Machelum se trouve sous l'église de Saint-Laurents, donc juste à côté, à gauche.
00:42:06D'accord.
00:42:06On va faire marcher notre imagination.
00:42:08Et puis on va descendre, on va passer les siècles, on va reculons.
00:42:12On remonte le temps ensemble.
00:42:13Voilà, jusqu'au 4e siècle avant Jésus-Christ.
00:42:18À chaque fois qu'on creuse ici, à Naples, on trouve quelque chose.
00:42:23Oui, c'est parce qu'il y a toujours des sites, des éruptions, puis qui recoupent des sites anciens.
00:42:30Là, on est où, Enzo, exactement ?
00:42:32Il y a plus de 14 000 réservoirs.
00:42:37On a découvert qu'ils ont tous été creusés au moment de la construction de la ville.
00:42:42Et ils ressemblent à peu près tous à celui-là.
00:42:46Chaque fois qu'on taillait la roche, ça faisait un réservoir de plus.
00:42:54Déjà ici, on voit comment a été installé le système pour l'éclairage.
00:43:00Il y avait des grandes torches à huile qui étaient installées à côté des tailleurs de pierres.
00:43:06On prélevait des pierres de tuches à l'époque grecque et à l'époque romaine.
00:43:11Avec des sortes de coins, la pierre était fissurée.
00:43:15Une fois qu'elle était fissurée, c'était plus facile de tailler des blocs plus ou moins gros.
00:43:20Ensuite, on tirait le bloc et on le soulevait pour le placer sur ce plateau et on les remontait par
00:43:25les puits.
00:43:25Et ce plateau, il était tracté à bras d'homme ? Comment ça se passait ?
00:43:29Oui, avec des parents qui tiraient sur les piètres et avec des animaux.
00:43:34Oui, probablement une poulie ou une roue.
00:43:38Je pense que les animaux faisaient tourner.
00:43:41En fait, ces citernes sont à l'origine des carrières.
00:43:50Nous avons ici une moumarelle.
00:43:53En fait, c'est une amphore qui servait à prélever l'eau dans la citerne depuis le puits tout à
00:43:59fait en haut.
00:43:59On peut imaginer une corde ou deux.
00:44:01Ça veut dire qu'à chaque fois qu'il y a des fouilles archéologiques ici, on trouve...
00:44:05C'est une moumarelle.
00:44:06Une moumarelle.
00:44:09Voilà le système constitué de conduits.
00:44:13L'eau parcourt plus de 80 kilomètres depuis Izerine.
00:44:16Puis elle arrive à Napoli.
00:44:19Ensuite, elle dessert Pompéi et va même encore plus loin, à une centaine de kilomètres, jusqu'à Misène.
00:44:25Ces conduits ont été taillés à la seule force de la main.
00:44:39C'est une très grande citerne.
00:44:42C'est impressionnant.
00:44:43C'est une citerne d'époque impériale.
00:44:45Elle servait à une partie du quartier.
00:44:48Elle alimentait tout un quartier.
00:44:53Ça, c'était vraiment le nappelin solide.
00:44:55Et on va partir maintenant sur la route des dieux.
00:44:57C'est le troisième épisode aujourd'hui.
00:44:58C'est une route mythique qui est signée Christophe Cousin.
00:45:01C'est un réalisateur voyageur.
00:45:03Alors, on va le retrouver dans la vallée du Gange, à Rishikesh.
00:45:06C'est l'une des sept villes sacrées de l'Inde.
00:45:09Et il va rejoindre Lock Now.
00:45:11C'est en terre musulmane.
00:45:16L'Himalaya m'a laissé passer.
00:45:18C'est dans la vallée du Gange que j'ai poursuivi ma quête de vérité sur la route des dieux.
00:45:23Avant de rejoindre Rishikesh, j'ai voulu m'immerger parmi les sikhs et leurs croyances.
00:45:28Puis à Chimla, j'ai retrouvé l'atmosphère des églises.
00:45:33Je poursuis maintenant mon voyage parmi l'âne multiple, terre hindouiste, terre musulmane.
00:45:39Dernières étapes avant d'arriver enfin à Benares.
00:45:42En Inde, toutes les routes mènent au Gange, le fleuve le plus sacré du monde.
00:45:48On lui tombe dessus comme on tombe sur l'un des 330 millions de dieux que compte l'hindouisme.
00:45:53Mais la Ganga est plus qu'une déesse.
00:45:55Elle est considérée comme une mer descendue du ciel, pour nourrir les plaines et calmer le cœur des hommes.
00:46:02À Rishikesh, un pont enjambe ses os comme le frère du dieu Rama le fit en son temps.
00:46:07Il relie deux rives, deux mondes.
00:46:14Le monde des occidentaux, en quête de sens à leur vie, qui voit en Rishikesh la capitale mondiale du yoga.
00:46:20Et celui des croyants, qui surnomme Rishikesh l'entrée du paradis.
00:46:33Je ne me finis à l'un, ni vraiment à l'autre, et ne veux qu'entre-ouvrir la porte
00:46:37du pays des dieux.
00:46:39Je passe mon temps entre deux rives, asséchée au soleil, en attendant que le vent m'apporte un peu de
00:46:45vérité.
00:47:09Je ne me suis pas de la porte du monde, mais je ne me suis pas de la porte du
00:47:15monde.
00:47:18Sois heureux, sois heureux, mon brave.
00:47:24C'est Dieu qui m'a fait.
00:47:26On ne devient pas par soi-même.
00:47:29C'est Dieu qui fait de nous ce que nous sommes.
00:47:32C'est comme ça.
00:47:37Il ne suffit pas de se tracer un signe sur le front.
00:47:43Si tu veux voir nos cultes et écouter nos chants religieux, viens tôt le matin sur la rive.
00:47:49À l'aube, je vais au bord du Gange.
00:47:51Je m'y baigne, je m'y lave, et ensuite je commence les prières.
00:47:58C'est là qu'il faut venir, sur les gâtes.
00:48:03C'est le lieu de la vérité, ici.
00:48:06Tout est réalisable.
00:48:14Mais qu'il aille à Amritsar, à Djamu, à Kurushetra ou à Amarnath.
00:48:23Un saddou ne s'attache pas à un lieu.
00:48:29Je ne reste jamais au même endroit trop longtemps.
00:48:32Je n'arrête pas de voyager.
00:48:34C'est ma vie.
00:48:44Faire de sa vie un voyage.
00:48:46Je vois les paroles du renonçant comme si elles étaient sages.
00:48:51Il y a quand même bien quelque chose d'invisible et de vrai à Réchikech.
00:48:57Je décide de rejoindre les rives du Gange pour l'éternel Pouja, la prière.
00:49:02Tous les soirs, les fidèles s'y retrouvent.
00:49:05Tous les soirs, on y vient pour s'offrir au fleuve.
00:49:11Une embarcation faite de sensations.
00:49:14Une coque en feuilles de bagnant.
00:49:16Des bâtonnets d'encens pour mât.
00:49:18Un feu et quelques pétales de fleurs.
00:49:23Une bonne partie de la nuit, on abandonnera sa vie au Gange, portée par le vent, en musique.
00:49:47Sous-titrage Société Radio-Canada
00:50:03Sous-titrage Société Radio-Canada
00:50:24J'accompagne le torrent des offrandes afin de saisir des instants de vie sur la route des dieux.
00:50:29Je ferai escala à Bareilles, puis le Kno.
00:50:33Manque de vent.
00:50:35Passage obligé par Haridwar, l'une des sept villes sacrées de l'hindouisme.
00:50:40Le Gange toujours, majestueux, omniprésent, habité.
00:50:49Les hindous considèrent que le Gange surgit de l'Himalaya à cet endroit précis,
00:50:53et que Vishnu y laissa son empreinte.
00:50:5745 degrés au soleil.
00:50:59Je ne sèche plus, je me dessèche.
00:51:03La seule vue des eaux ne suffit plus à étancher ma soif de rencontre.
00:51:13J'ai rendez-vous avec Fakir Charan-Pareda,
00:51:15l'un des artistes les plus renommés du pays.
00:51:18L'occasion inavouée mais bien réelle,
00:51:20de trouver aussi un peu d'ombre.
00:51:24Depuis que l'homme est homme,
00:51:25il a commencé à jouer avec la terre.
00:51:28S'y est attaché à en faire un art.
00:51:31L'art ne s'éteindra jamais.
00:51:32L'art se développe.
00:51:35Aucun des ordinateurs qui sont conçus ne pourra produire une statuette.
00:51:39Quand je m'installe pour travailler,
00:51:41je me concentre,
00:51:43et la forme que je dois obtenir m'apparaît.
00:51:46Toutes les statuettes que je crée me sont inspirées par Dieu.
00:52:07Qu'est-ce que tu aimes ?
00:52:10Magnifique.
00:52:15Nous donnons la touche finale
00:52:16grâce au dernier coup de ciseau
00:52:18en dessinant les yeux.
00:52:22C'est ce qu'on appelle Pran Pratishta.
00:52:26C'est avec ce dernier geste
00:52:27qu'on donne vie et sentiments à la statue.
00:52:30Elle s'éveille alors,
00:52:32elle devient Dieu.
00:52:48Dernier regard porté sur Aridvar.
00:52:50Le monde est toujours plus paisible vu d'en haut.
00:52:55La route me rattrape.
00:52:58Sushil,
00:52:58mon chauffeur de taxi aussi.
00:53:05Ma vie est dure.
00:53:14Mais ma vie a connu beaucoup de dégâts,
00:53:19beaucoup de casses.
00:53:23Des problèmes de famille,
00:53:26de travail,
00:53:28pas mal de dégâts.
00:53:37Mais heureusement,
00:53:37j'aime conduire.
00:53:42C'est mon passe-temps.
00:53:45C'est à ça que je pense
00:53:46quand j'en rêve.
00:53:47Et puis ça me fait voyager.
00:53:54Au cours de ma longue carrière
00:53:56en tant que chauffeur,
00:53:57je n'ai eu que deux accidents
00:53:58sans importance.
00:54:00Mon premier accident,
00:54:01c'était en 1981,
00:54:03à Delhi.
00:54:05Cette fois-là,
00:54:06j'ai eu trois d'encaissé.
00:54:10la deuxième fois,
00:54:11c'était quatre fois rien.
00:54:14Une petite fille a traversé la route
00:54:16sans regarder.
00:54:19Elle a juste touché la voiture.
00:54:22Moi, ça allait.
00:54:24Elle aussi.
00:54:25Elle a juste eu un petit problème
00:54:27de fracture à la tête.
00:54:30Trois choses sont importantes
00:54:31pour conduire en Inde.
00:54:33D'abord,
00:54:34avoir bon cœur,
00:54:35ensuite de bons freins
00:54:36et enfin une bonne étoile.
00:54:44Et s'il te manque l'un des trois,
00:54:46tu risques d'avoir de sérieux soucis
00:54:48parce que la route en Inde
00:54:49a des allures de serpents.
00:55:00Si la route qui conduit au Dieu
00:55:01a des allures de serpents,
00:55:03ma détermination a la couleur
00:55:04du fruit défendu.
00:55:06J'accompagne l'Inde bigarrée
00:55:08et excessive
00:55:08dans son grand fatras.
00:55:10Et à mesure que j'avance,
00:55:12Shiva laisse place à Allah.
00:55:14Les mosquées se mettent
00:55:15à pousser comme des champignons.
00:55:17L'Inde est le troisième
00:55:18pays musulman au monde.
00:55:50하a,
00:55:50Thank you.
00:55:50C'est là, c'est là, c'est là !
00:56:20Nous sommes vendredi, non loin de Bareilly, le jour du rassemblement pour les musulmans.
00:56:26Et c'est au milieu de la chaussée que les fidèles communiquent dans l'intimité avec le Créateur.
00:56:31C'est ici que pour moi, la route des dieux prend tout son sens.
00:56:36En Inde, la Mecquette à l'ouest.
00:56:43Les tapis s'enroulent encore, que je déroule mes bandes de bitume dans l'espoir d'arriver avant la nuit
00:56:48à Lokno.
00:56:49La Constantinople de l'Inde.
00:56:52Afin d'oublier un peu ces 3 millions d'habitants, je me réfugie dans les vieux temples des Nawab de
00:56:57l'époque,
00:56:58et souris au soleil qui se couche enfin.
00:57:16Alors, comment as-tu trouvé la nourriture ?
00:57:18Très bonne.
00:57:19Vous pouvez goûter au biryani, au korma, avec du pain ?
00:57:21Ouais.
00:57:22Merci.
00:57:25Chaque jour, nous assurons le service pour 500 à 700 couverts.
00:57:29C'est le meilleur et le moins cher des restaurants de la ville de Lokno.
00:57:35Nous sommes musulmans, et voici le responsable des lieux.
00:57:38Et toi, tu aimes ce que tu fais ?
00:57:41Je travaille à mi-temps.
00:57:44Je fais mes études le jour et je travaille le soir.
00:57:50Je fais un MBA en tourisme.
00:57:53Et dans ce MBA, je suis des cours de français.
00:57:56C'est pourquoi je sais dire bonjour.
00:57:59C'est difficile pour moi de prononcer, mais j'essaye de faire de mon mieux.
00:58:02Merci.
00:58:02Ok.
00:58:04Comment tu t'appelles ?
00:58:05Christophe.
00:58:06Christophe.
00:58:06Moi, c'est Tanwir.
00:58:10J'essaye de faire de mon mieux.
00:58:12Merci.
00:58:24Les corps endormis se contentent d'un drap d'étoiles.
00:58:27Spectacle du nain d'Assagi.
00:58:29Demain, tout recommencera.
00:58:49Je vous retrouve à Naples pour vous dire au revoir.
00:58:52Regardez comme ils sont beaux, les pulpis.
00:58:54Qu'est-ce que les pulpis ?
00:58:5513 euros le kilo.
00:58:573 euros le kilo ?
00:58:59Et comment vous les cuisinez, vous, les poulpes ?
00:59:02Tu les mets dans l'eau, tu les fais bouillir,
00:59:06tu ajoutes des moules, de l'ail, de l'huile, et tu les manges, comme ça.
00:59:09Et là, delicioso.
00:59:12Delicioso.
00:59:13Delicioso.
00:59:13Comment vous dites à bientôt en Napolita ?
00:59:16A bientôt, tis-tis.
00:59:17A me ronde a cumbagnes.
00:59:18A me ronde a cumbagnes.
00:59:20A me ronde a cumbagnes.
00:59:20Merci mille.
00:59:21Voilà, c'est la fin de mon voyage en Italie.
00:59:23Je suis assez touchée par le travail de restauration des villages autour de Santo Stefano.
00:59:29Et puis, je garderai également un très beau souvenir des ateliers de confection des crèches napolitaines, ce travail dans le
00:59:37détail.
00:59:37En tout cas, moi, je vous dis à très bientôt.
00:59:40Faites de beaux voyages.
00:59:41Arrivederci.
00:59:42Ciao !
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