- il y a 10 ans
Échappées belles : Turquie : les trésors d'Anatolie Sophie dévale les pistes d'une station de ski turque. Cette semaine les échappées belles seront turques.
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00:00:00Générique
00:00:34Bonjour à tous, vous me reconnaissez ? C'est Sophie, j'ai le plaisir de vous retrouver à ski pour
00:00:39ces nouvelles échappées belles et devinez où nous sommes.
00:00:43Si je vous dis merhaba, vous avez un indice, nous sommes en Turquie.
00:00:47Et oui, on peut faire du ski en Turquie, mais ça ne sera pas seulement le programme de nos échappées
00:00:52belles, car nous allons découvrir ensemble la Cappadoce.
00:00:55Je suis entre de bonnes mains, car Marmout est avec moi, Marmout est moniteur des skis et responsable de l
00:01:01'équipe de sauvetage, donc je ne risque rien.
00:01:26Générique
00:01:29Écoute, il n'y a aucune visibilité, on ne peut pas le nier, mais c'est sympa quand même. C
00:01:34'est toujours comme ça les conditions météo ?
00:01:36Non, ce n'est pas toujours comme ça. La météo aurait pu être meilleure avec moins de vent, mais c
00:01:41'est le début de la saison.
00:01:42Est-ce que la pratique du ski, c'est une pratique qui est ancienne ici en Turquie ou c'est
00:01:46vraiment un phénomène très récent ?
00:01:48Le ski en Turquie est assez ancien, mais ça n'a jamais été dans les standards internationaux.
00:01:53C'est tout récemment que l'on a commencé à avoir toutes les installations et que l'on a commencé
00:01:58à faire comme en Europe.
00:02:01Toi qui es un amoureux de cette montagne, essaye de me la décrire parce qu'il me faut quand même
00:02:05beaucoup d'imagination pour essayer de comprendre ce qu'il y a autour de nous.
00:02:10Le mont R.C.S. est une montagne que l'on a toujours vue depuis notre enfance, toujours à côté
00:02:14de nous.
00:02:17R.C.S. n'est pas une chaîne de montagne, mais c'est un volcan qui s'élève au centre
00:02:20des steppes d'Anatolie.
00:02:33Je veux bien prendre quelque chose de chaud.
00:02:37Il y a ton équipe ?
00:02:38Salut, bonjour messieurs.
00:02:43Tous tes collègues sont d'ici, sont des montagnards, sont nés avec des skis au bout des pieds ?
00:02:49Oui, ils sont tous de la région.
00:02:53Pendant toute la journée, on a tous nos skis au pied et on adore notre métier.
00:02:59En rentrant, j'ai vu un tableau qui me semble être un très bon résumé de l'histoire de la
00:03:04Turquie, non ?
00:03:05Sur l'affiche, on voit Atatürk, une personnalité très importante pour nous.
00:03:10À côté, notre drapeau, sacré pour le peuple turc.
00:03:14Et enfin, le mont R.C.S., la montagne la plus importante d'Anatolie.
00:03:18Qui est juste là, et que tu verras peut-être, Inch'Allah.
00:03:22Inch'Allah.
00:03:22Inch'Allah.
00:03:24Inch'Allah.
00:03:38Inch'Allah.
00:03:50Et oui, ça manque un petit peu de vent aujourd'hui.
00:03:53Ça m'a l'air difficile.
00:03:54Oui, c'est vrai.
00:03:57Ça manque un peu de vent aujourd'hui.
00:03:59Oui.
00:04:01Mais en général, on peut pratiquer le snow kite pendant les trois quarts de la saison.
00:04:07Oui.
00:04:09On organise même un festival sur les deux hauts volcans au-dessus.
00:04:15On monte jusqu'à 3 800 mètres grâce au kite.
00:04:20Et ensuite, on redescend à ski.
00:04:22C'est super, mais aujourd'hui...
00:04:24Pas aujourd'hui.
00:04:26Moi, c'est pas grave.
00:04:27Tu m'as l'air patient.
00:04:30Et est-ce que du coup, c'est devenu un peu la nouvelle station branchée, la nouvelle station à la
00:04:34mode ?
00:04:35Oui, ça commence à être un spot in.
00:04:38Et est-ce que du coup, la culture turque se marie bien avec la culture du snow kite ?
00:04:46Les Turcs ont commencé à s'intéresser au ski.
00:04:50Et maintenant, ils se tournent vers le kite.
00:04:54Ils sont encore au stade de la découverte des sports d'hiver.
00:04:58Alors moi, ça me va bien.
00:05:08Chaque matin, à 7 heures,
00:05:10un bus municipal emporte les nouveaux employés de la station du mont Erchies vers les sommets.
00:05:15Pour tous, le ski est une nouvelle aventure, un nouveau départ.
00:05:21Nous sommes en cours d'apprentissage pendant une semaine.
00:05:24Une fois que cela sera terminé, on sera tous opérationnels.
00:05:29On pourra travailler dans les stations de ski.
00:05:36Le mont Erchies culmine à 3 917 mètres et domine depuis toujours la ville de Caïséry, porte d'entrée de
00:05:41la Cappadoce.
00:05:43Pourtant, sa forme parfaite, sa neige enivrante et ses pentes variées ont longtemps été ignorées des skieurs passionnés.
00:05:50Cela fait deux ans à peine qu'une nouvelle station ultramoderne a ouvert ses portes pour déployer à terme plus
00:05:55de 200 kilomètres de pistes.
00:05:57170 millions d'euros ont été investis pour toutes les infrastructures et des centaines d'emplois ont été créés dans
00:06:03la région.
00:06:03Tous les équipements sont parfaitement neufs.
00:06:08Je sais que nous avons 500 canons à neige et je crois que nous avons aussi 8 machines à damer
00:06:16les pistes.
00:06:18Et il y en a encore 3 en commande qui vont bientôt arriver.
00:06:27La particularité de ce projet ambitieux est qu'il émane de la mairie de Caïséry.
00:06:32Cette ville industrielle et commerçante est réputée pour son sens aigu des affaires.
00:06:37C'est donc sans sourciller que le maire de la ville a décidé d'acheter une partie de la montagne
00:06:41pour créer ce qu'il espère être une formidable opportunité pour sa ville.
00:06:47Pour le développement social de Caïséry, pour son ouverture au monde, cette station est très importante.
00:06:57L'industrie dans cette ville est développée et on pourrait envisager de construire tous les équipements nécessaires sur place et
00:07:05créer ainsi des milliers d'emplois.
00:07:18Pour gérer le domaine au mieux, la société créée par la mairie s'est adjoint les services des plus grandes
00:07:23stations européennes.
00:07:27Italiens, Suisses, Autrichiens et Français sont passés au mont Erciès pour former le personnel turc pendant toute une saison.
00:07:45Aujourd'hui, le service est opérationnel.
00:07:48La gestion courante a été confiée à un entrepreneur de la région.
00:07:53Chargé de développer la clientèle, M. Singhi mise sur la Russie, le Proche-Orient, l'Europe et également sur le
00:07:59marché turc où tout est encore possible.
00:08:03En Autriche, au moins 30 à 40% de la population totale est capable de skier et ils vont régulièrement
00:08:09à la montagne pour pratiquer.
00:08:11Alors qu'en Turquie, nous avons seulement 1% de skieurs malheureusement.
00:08:15L'un de nos objectifs au mont Erciès est d'augmenter ce pourcentage.
00:08:26Parmi les nouveaux adeptes de la glisse, il en est un qui est né sur les pentes du mont Erciès,
00:08:31M. Moutlou.
00:08:32Il va aujourd'hui sur ses 80 ans et a appris le ski il y a seulement 6 ans.
00:08:37Dans sa jeunesse, on ne s'aventurait pas dans la montagne enneigée.
00:08:40Mais les temps changent et puisque ses articulations le permettent encore, M. Moutlou se rend régulièrement dans la station pour
00:08:46améliorer ses performances.
00:08:52On me dit que je vais me casser une côte, que je suis trop vieux pour cela.
00:08:58Mais moi, je réponds que je me sens comme si j'avais 12 ans et que j'aime skier.
00:09:04Et j'invite tout le monde à faire comme moi.
00:09:14La municipalité de Caïséry mise sur un débit de 35 000 skieurs par heure en haute saison.
00:09:19C'est dire si l'avenir du mont Erciès est vraiment devant lui.
00:09:47J'ai besoin de toi pour que tu me parles de cette ville.
00:09:53Là, tu vois, Sophie, on est sur la plus grande place de la Turquie, en plein centre de Caïséry.
00:10:00Ici, on a tous les monuments historiques autour de nous.
00:10:04Regarde, on a juste derrière nous un monument Seljukid.
00:10:07C'est une école coranique de la période des premiers Turcs qui sont arrivés en Turquie.
00:10:12Là, on a un château qui a été construit et utilisé par les Seljukid sous l'Empire ottoman.
00:10:18Et là, on a la mosquée et le bazar ottoman.
00:10:32Caïséry, aujourd'hui, c'est un site commercial très important pour la Turquie.
00:10:37Et d'ailleurs, les gens de Caïséry sont réputés pour leur sens du commerce.
00:10:58Bienvenue dans le bazar des tapis.
00:11:05Je vous propose de venir boire un bon café dans ma boutique.
00:11:09Ramène-moi trois cafés turcs.
00:11:13Ça, c'est de la haute technologie.
00:11:24Très bien.
00:11:37Sophie, voici la grande mosquée, la plus ancienne de Caïséry.
00:11:52Ici, nous sommes dans une mosquée Seljukid.
00:11:55Et depuis mille ans, les musulmans viennent faire leur prière ici.
00:12:02Et ce qui est important dans les mosquées,
00:12:04c'est qu'il n'y a pas de séparation entre les pauvres et les riches.
00:12:11Ici, tout est en arabe,
00:12:13parce que l'islam, la parole de Dieu, avec le Coran,
00:12:16est venu avec cette langue-là.
00:12:18Et c'est une vraie poésie.
00:12:21Donc, ce n'est pas possible de traduire
00:12:23et trouver le sens dans une autre langue.
00:12:42Sophie, viens donc chez ma sœur.
00:12:46Ma mère est là et c'est une très bonne cuisinière.
00:12:49On va préparer des spécialités turcs et on va bien s'amuser.
00:12:52Avec plaisir.
00:12:54Merci pour l'invitation, en tout cas.
00:12:59Merhaba. Bonjour, madame.
00:13:01Alors là, on cuisine, qu'est-ce qui se passe ?
00:13:03Il y a de bonnes choses qui se préparent, là, on dirait.
00:13:06Je vais te montrer comment on prépare les mantis.
00:13:09Ce sont de petits raviolis.
00:13:13On va les couper petit à petit
00:13:15et dans une cuillère, on va pouvoir en mettre 40.
00:13:17C'est de tout petits-petits, alors ?
00:13:19Tout petits-petits.
00:13:20Tchou-tchou-tchou-tchou-tchou-tchou-tchou.
00:13:22Est-ce que pour être une bonne maîtresse de maison,
00:13:25il faut être une bonne cuisinière, à votre avis ?
00:13:28Pour aller au cœur de l'homme, il faut passer par son estomac.
00:13:34Moi, j'ai appris tout ça de ma mère.
00:13:36Je l'ai appris à mes filles.
00:13:38Et ça passe de génération en génération.
00:13:41Donc on va voir, madame, si les femmes de cette maison
00:13:43ont bien écouté vos leçons.
00:13:45Est-ce que votre petite fille, elle sait faire ça ?
00:13:47J'ai commencé à lui transmettre.
00:13:49Demande-lui.
00:13:50Est-ce que tu as bien appris les leçons de ta grand-mère ?
00:13:53Oui, je suis en train d'apprendre, mais c'est difficile.
00:13:56Je ne suis pas encore au point.
00:13:57Bon, t'es trop jeune, encore t'as le temps, t'as le temps pour apprendre.
00:13:59Mais prends des leçons, regarde ta grand-mère.
00:14:12Tout petit carré.
00:14:20Il faut mélanger.
00:14:22Ça, je vais y arriver normalement.
00:14:23Ok, alors je mélange.
00:14:27Expliquez-moi, madame, comment on va arriver à faire un ravioli
00:14:30avec ce petit bout de pâte.
00:14:34Un peu de viande et on le ferme.
00:14:38Il faut qu'on s'y mette toutes parce que sinon, on ne passera pas à table.
00:14:42Et les hommes, alors, ils ne viennent pas dans la cuisine.
00:14:44La fabrication des mantis, ce n'est pas à eux de le faire.
00:14:47Expliquez-moi quelque chose.
00:14:48Pourquoi on les a fait si petits ?
00:14:50On pourrait faire des plus grands quand même.
00:14:52C'est meilleur quand c'est petit.
00:14:55Pose tout, pose tout, pose tout.
00:14:58Alors, qui a fait quoi ?
00:14:59Devine.
00:15:02Ceux-là, ils sont très bien.
00:15:04C'est vrai ?
00:15:04C'est qui ? C'est celle-ci, c'est les miennes ?
00:15:06Celle-ci, c'est celle de ta femme.
00:15:09Tu vas avoir un problème avec ta femme, toi.
00:15:13C'est une très jolie table, en tout cas, madame.
00:15:15Tout ça m'a l'air d'être très appétissant.
00:15:18Ça, c'est le beurek.
00:15:21Là, c'est les feuilles de vigne, les dolmas.
00:15:25Là, c'est la salade de pommes de terre.
00:15:27Notre pastirma, c'est la spécialité de caisserie.
00:15:31On le fait à la maison, comme les mantis.
00:15:35Que des bonnes choses.
00:15:36Vous me conseillez de commencer par quoi ?
00:15:38Qu'est-ce qu'il faut goûter en premier ?
00:15:40Commence par les mantis.
00:15:42C'est définitivement très, très bon.
00:15:48Le long de l'ancienne route de la soie,
00:15:50la ville de Sultanane conserve quelques liens
00:15:52avec le passé nomade des habitants d'Anatolie.
00:15:56Un très beau caravancérail du XIIIe siècle
00:15:58et l'amour des anciens kilimes.
00:16:03Mehmet retrouve très régulièrement son ami Mustapha
00:16:05pour parler de ce qui les préoccupe,
00:16:06la politique et les tapis.
00:16:12Tiens, montre-moi le grand, là.
00:16:13Mais il a beaucoup été réparé.
00:16:16C'est pas grave.
00:16:17Il est de la région.
00:16:21Des pièces de plus en plus rares à trouver
00:16:23car la tradition du tissage se perd avec le modernisme.
00:16:27On va partout pour trouver des tapis,
00:16:29jusque loin vers l'Est.
00:16:31On cherche des anciennes pièces,
00:16:34on les lave et après on les restaure.
00:16:36En général, on a beaucoup de clients français.
00:16:42Il y a 10-12 ans,
00:16:44on avait compté plus de 170 ateliers,
00:16:47petits et grands,
00:16:48et entre 1500 et 2000 personnes
00:16:50qui travaillaient dans les tapis.
00:16:52Maintenant, il en reste entre 40 et 50.
00:16:56C'est surtout parce que les générations suivantes
00:16:59n'ont pas continué le métier.
00:17:08Quand Mehmet était encore enfant,
00:17:10sa mère tissait la laine,
00:17:12faisait ensuite la teinture elle-même
00:17:13et fabriquait les tapis vendus au marché par son père.
00:17:22Aujourd'hui, ce sont les femmes
00:17:24qui fabriquent les tapis dans l'entreprise familiale
00:17:26tandis que les hommes s'occupent
00:17:27de toutes les autres activités.
00:17:32Mehmet et ses trois frères
00:17:33travaillent en famille
00:17:34et emploient 25 personnes du village.
00:17:37Principalement des hommes
00:17:38qui maîtrisent le travail de restauration
00:17:40depuis des dizaines d'années.
00:17:41Ils ont tous commencé très jeunes.
00:17:43Le village de Sultanane
00:17:45est réputé pour ce savoir-faire.
00:17:51Au village, il y avait un vieux monsieur
00:17:53qui avait appris ce métier à Istanbul
00:17:55d'un artisan restaurateur iranien.
00:17:58C'était un savoir-faire secret
00:18:00et il l'a caché pendant 10 ou 15 ans
00:18:02avant de le partager.
00:18:08Pour faire revivre
00:18:09certaines pièces trop usées,
00:18:10Mehmet et ses frères ont trouvé
00:18:12de nouvelles idées.
00:18:14des patchworks de kilim
00:18:16avec des pièces rapportées
00:18:18ou encore des teintures originales
00:18:20inspirées par des méthodes orientales.
00:18:27L'important est de bien réussir
00:18:28le mélange de pigments
00:18:29et dans ce domaine,
00:18:31Mehmet est imbattable.
00:18:33On continue avec ça, Mehmet ?
00:18:35Oui, d'accord.
00:18:37Est-ce qu'il y en a encore 10
00:18:38de la même couleur ?
00:18:46Ce travail de teinture,
00:18:48c'est Mehmet et moi
00:18:49qui le faisons.
00:18:50Tout le monde ne peut pas savoir
00:18:52la quantité de colorant à utiliser.
00:19:05Beaucoup de ces pièces partiront pour l'Europe
00:19:07car les Turcs achètent
00:19:08de moins en moins de tapis.
00:19:10Ce qui représentait autrefois
00:19:11la richesse et les économies
00:19:12d'une famille,
00:19:13son patrimoine,
00:19:14est en train de disparaître
00:19:15au profit de nouveaux amateurs éclairés.
00:19:19Cependant, c'est bien ici
00:19:20que reviennent les plus belles pièces
00:19:21quand elles doivent être restaurées.
00:19:27Ce tapis, estimé à plusieurs milliers d'euros,
00:19:29repartira à Brooklyn dans quelques jours,
00:19:32une fois parfaitement retrouvée
00:19:33sa première jeunesse.
00:19:41On ne peut pas faire ce métier
00:19:43sans être passionné.
00:19:45On aime beaucoup ce métier.
00:19:46On fait revivre le passé.
00:19:49Si on n'était pas capable
00:19:50de restaurer les tapis,
00:19:51il faudrait les jeter
00:19:52tellement ils sont abîmés.
00:19:55Et dans ce cas,
00:19:56on peut dire qu'il ne vaudrait pas
00:19:57ces 30 000 euros.
00:19:59C'est nous qui lui donnons de la valeur.
00:20:30Gélil, quand tu m'as demandé
00:20:31de te rejoindre
00:20:32ici, dans la vallée d'Hilara,
00:20:34tu m'as dit
00:20:34que tu vas voir Sophie.
00:20:35Je vais te faire découvrir
00:20:36l'un des plus beaux endroits
00:20:38de la Cappadoce.
00:20:39C'est le cas, non ?
00:20:39C'est l'endroit que je préfère.
00:20:41C'est un grand canyon
00:20:42de 14 kilomètres.
00:20:44Quand on s'aventure à l'intérieur,
00:20:46on a la rivière,
00:20:47les églises aux rupestres
00:20:49avec des fresques à l'intérieur.
00:20:50Il y en a 105 églises
00:20:52qu'on connaît déjà
00:20:53et il y en a peut-être autant
00:20:55qui attendent encore
00:20:57leur tour
00:20:57à ce qu'on les découvre.
00:20:59Je te suis, tu es mon guide.
00:21:22C'est absolument magnifique
00:21:24ces peintures.
00:21:25Je ne reviens pas
00:21:26de leur état de conservation.
00:21:27Ça date de quand exactement ?
00:21:29Ici, on est dans l'église
00:21:31sous les arbres,
00:21:32comme il s'appelle.
00:21:34Elle date du IXe siècle.
00:21:36Qu'est-ce qu'il y a
00:21:36de représenté alors ?
00:21:39Les moines qui vivaient
00:21:40dans les églises ici
00:21:41ne savaient pas lire et écrire.
00:21:43Il fallait leur apprendre
00:21:44la vie de Jésus,
00:21:45la vie sainte.
00:21:46Donc, on a commencé
00:21:47à dessiner sur les murs
00:21:49comme des bandes dessinées.
00:21:50D'accord.
00:21:51Alors là, par exemple,
00:21:51de ce côté-là,
00:21:52qu'est-ce qu'on a ?
00:21:53On commence à voir
00:21:54la vie de Jésus
00:21:55qui va commencer
00:21:56avec la visite
00:21:57de l'ange Gabriel
00:21:58qui descend du ciel
00:22:00qui va demander à Marie
00:22:02de mettre au monde
00:22:02le Fils de Dieu.
00:22:03D'accord.
00:22:04Et l'histoire de Jésus
00:22:05va commencer comme ça.
00:22:06Ici, c'est une croyance orthodoxe.
00:22:09D'ailleurs, on voit
00:22:10avec un exemple
00:22:11qu'il y a ici,
00:22:11on a la dormition de Marie.
00:22:14La dormition de Marie,
00:22:15c'est que Marie,
00:22:16elle meurt.
00:22:17Ah oui, chez les catholiques,
00:22:17elle ne meurt pas.
00:22:18Non, elle ne meurt pas.
00:22:19D'accord.
00:22:19Alors, son fils, Jésus,
00:22:21il va venir prendre son dame.
00:22:53Alors, voilà l'église aux serpents.
00:22:56Oh là là, c'est magnifique.
00:23:00Alors, ici, c'est l'église aux serpents
00:23:02parce qu'on a une grande scène
00:23:04de serpents qui est représentée ici.
00:23:07C'est le jugement dernier.
00:23:09La première femme qu'on voit ici,
00:23:11elle est mordue par les oreilles
00:23:13parce qu'elle n'a pas écouté son mari.
00:23:16La deuxième femme,
00:23:17elle va être mordue par sa langue
00:23:19parce que c'est le mensonge
00:23:21qui est puni.
00:23:22Et la dernière femme qu'on voit,
00:23:24elle s'est un peu cassée les fresques,
00:23:26mais elle est mordue un peu partout.
00:23:28C'est la prostitution qui est punie.
00:23:30Et quand on suit le serpent,
00:23:32on va d'abord voir plusieurs femmes
00:23:34qui attendent leur tour
00:23:35pour être punies.
00:23:36Et ici, on voit l'ange
00:23:38qui est en train de peser
00:23:40le péché des femmes.
00:23:41Et il n'y a pas d'hommes
00:23:42parce que les hommes
00:23:43n'ont jamais rien à se reprocher,
00:23:44bien sûr.
00:23:45Les hommes n'ont pas de péché.
00:23:46Mais bien sûr.
00:23:47On est sains.
00:23:47Mais bien évidemment.
00:23:48Mais bien évidemment.
00:24:07C'est Djélil.
00:24:08Ce n'est pas la première fois
00:24:09que je viens en Cappadoce.
00:24:10Et le plus beau souvenir
00:24:12que j'avais gardé
00:24:12de mon premier voyage ici,
00:24:14ce sont ces paysages
00:24:15avec les cheminées de fées.
00:24:17Tous les voyageurs
00:24:18qui sont passés ici,
00:24:19ils ont toujours trouvé
00:24:20un côté féerique.
00:24:21Oui, c'est vrai.
00:24:22Et le premier
00:24:23qui a pu dessiner tout ça,
00:24:25c'était un Français.
00:24:26Pierre Lucas, 19e siècle,
00:24:28il avait dit aux rois français
00:24:30qu'il avait vu des pyramides
00:24:31en Asie mineure.
00:24:32D'accord.
00:24:33Et à partir de cette date-là,
00:24:35qu'on a pu avoir
00:24:36les premières traces
00:24:37des cheminées de fées
00:24:38habitées.
00:24:40On peut rentrer, tu crois ?
00:24:41Bien sûr.
00:24:43Chacun des cheminées de fées ici,
00:24:46c'est soit des petites chapelles,
00:24:47soit un ensemble monastique,
00:24:50des cellules pour les moines.
00:24:52Les gens qui vivaient ici
00:24:53vivaient vraiment en ermite ?
00:24:55Oui, ils s'isolaient
00:24:56de tous les villages
00:24:57qui les entouraient.
00:24:59C'était des moines agriculteurs,
00:25:01des moines éleveurs.
00:25:02Ils n'avaient pas besoin
00:25:03d'autres personnes.
00:25:04Oui, ils vivaient en autarcie.
00:25:05C'est ça.
00:25:13On est tout petits,
00:25:14au pied des cheminées de fées.
00:25:16Devant les cheminées de fées,
00:25:17c'est vrai.
00:25:29ça va, Jalil ?
00:25:30Tu t'en sors ?
00:25:31J'arrive.
00:25:39Ils avaient un système
00:25:40comme les villes souterraines.
00:25:42Ils avaient des cheminées de fées
00:25:43qui communiquaient
00:25:44d'une salle à l'autre.
00:25:46Ah, là, on ressort.
00:25:49Ça, ça, ça.
00:25:51Ah, c'est bien du tuff.
00:25:55C'est du tuff.
00:25:56Les cheminées de fées,
00:25:57c'est dû aux volcans
00:25:58qui ont craché
00:25:59à une période
00:26:00d'une très grande quantité
00:26:01de tuff.
00:26:02Et ce tuff,
00:26:03qui est le cendre du volcan,
00:26:05s'est transformé en pierre.
00:26:07L'érosion qui a commencé
00:26:09à travailler la pierre,
00:26:11la pierre dure au-dessus,
00:26:13qui protégeait le tuff
00:26:14qu'il y avait en dessous.
00:26:15Et avec le temps,
00:26:16ça a pris la forme
00:26:17du chapeau qu'il y avait au-dessus.
00:26:18Donc ça a créé ces pyramides.
00:26:20Et puis après,
00:26:21les hommes sont venus les creuser.
00:26:23Les creuser pour y habiter aussi.
00:26:25Oui.
00:26:34Il aura fallu 10 millions d'années
00:26:36pour sculpter ce paysage.
00:26:39Les volcans,
00:26:40puis l'érosion,
00:26:40ont donné à Uchisar
00:26:42l'apparence d'une citadelle lunaire
00:26:43que les hommes tentent
00:26:44de s'approprier.
00:26:53Murat a appris depuis quelques années
00:26:54à parler aux pierres
00:26:55et aux habitants
00:26:56de cette région particulière.
00:26:58On est au flanc
00:26:59du château de Uchisar.
00:27:01C'est la cheminée
00:27:03la plus haute de la Cappadas.
00:27:04Le quartier a été construit
00:27:06dans les années 1930.
00:27:09Auparavant,
00:27:10comme vous voyez là,
00:27:11on n'avait que de grottes.
00:27:14Donc depuis le bas
00:27:16du château de Uchisar,
00:27:18on montait au top
00:27:20par les troglodytiques.
00:27:27Beaucoup de tunnels,
00:27:29d'escaliers,
00:27:29d'alcôves.
00:27:30La maison de Murat
00:27:31est extensible
00:27:32tant qu'il peut acheter
00:27:33de nouvelles pièces
00:27:34à côté,
00:27:35en dessous
00:27:35ou au-dessus
00:27:36de son habitation d'origine.
00:27:45« Salut les gars,
00:27:47est-ce que le moule est prêt ? »
00:27:50Murat est franco-turc.
00:27:52Cette double culture
00:27:53est un atout précieux
00:27:54pour mieux comprendre
00:27:55les habitants de la région,
00:27:56car la désertion
00:27:57de leur maison troglodyte
00:27:58est une histoire douloureuse.
00:28:01Dans les années 70,
00:28:03il y a eu
00:28:04quelques éboulements
00:28:05de rochers
00:28:06et donc l'État
00:28:07a pensé
00:28:08que vider ces régions
00:28:10serait bien
00:28:11pour la sécurité des gens
00:28:13et les gens
00:28:14ont abandonné
00:28:15les vieux villages
00:28:16pour aller s'installer
00:28:18dans le village neuf.
00:28:23Malgré tout,
00:28:24les ouvriers locaux
00:28:25ne manquent pas de travail
00:28:26car de nombreux étrangers
00:28:27se sont lancés
00:28:27dans la restauration
00:28:28de ces maisons,
00:28:29le plus souvent
00:28:30pour accueillir
00:28:30les visiteurs.
00:28:33Il dit que c'est
00:28:37une bonne chose.
00:28:39Il dit que
00:28:40un talib
00:28:40dit que
00:28:41c'est pour faire
00:28:42vivre l'histoire.
00:28:43Il dit
00:28:47que
00:28:48ces maisons
00:28:49s'ils tombaient
00:28:50en ruines
00:28:51et ils disparaissaient,
00:28:52est-ce que ça serait bien ?
00:28:53Non, c'est pas bien.
00:28:54Il faudrait faire
00:28:55vivre l'histoire
00:28:56et reconstruire
00:28:57ces vieilles bâtisses.
00:29:07Des voûtes indispensables
00:29:08au maintien
00:29:09des structures
00:29:09fleurissent
00:29:10dans toutes
00:29:10les maisons rénovées.
00:29:12Une restauration
00:29:13qui coûte cher
00:29:13en temps de travail
00:29:14et en diplomatie.
00:29:16Car le cadastre
00:29:17de la falaise
00:29:17existe depuis trop peu
00:29:18de temps
00:29:19et n'est absolument
00:29:20pas une science exacte.
00:29:22Autrefois,
00:29:23il n'y avait pas
00:29:23d'acte de propriété.
00:29:25Vous vouliez construire
00:29:26une maison ici,
00:29:27donc il y avait
00:29:28des grottes
00:29:28et vous construisiez
00:29:29votre maison
00:29:30autour de la grotte.
00:29:31Mais aujourd'hui,
00:29:32dans les années 70,
00:29:34le cadastre
00:29:35est passé.
00:29:36À vrai dire,
00:29:37il faut avoir
00:29:37les entrées surtout.
00:29:39Si l'entrée
00:29:40vous appartient,
00:29:41vous pouvez négocier
00:29:42avec votre voisin
00:29:43pour lui dire
00:29:44l'entrée m'appartient,
00:29:46j'utilise le dessous
00:29:47et toi,
00:29:47tu utilises le dessus.
00:29:53L'hiver est bien
00:29:55la saison idéale
00:29:56pour rénover sa maison.
00:29:58Dans quelques semaines,
00:29:59les clients habitués
00:30:00reviendront dans la pension
00:30:01de Murat
00:30:01qui sera prête
00:30:02à les accueillir.
00:30:04Aux alentours,
00:30:05les pentes du Chisar
00:30:06seront là
00:30:07pour dévoiler leur splendeur.
00:30:21Sophie, ici,
00:30:22c'est un village
00:30:23qui s'appelle
00:30:24Sarehudr.
00:30:25C'est un vieux village
00:30:26qui avait le côté
00:30:28trop nodétique.
00:30:29Les gens vivaient
00:30:31dans les grottes
00:30:31creusées à l'intérieur.
00:30:33Ils avaient choisi
00:30:34de vivre au bord
00:30:36du fleuve rouge.
00:30:37C'est un très grand
00:30:38fleuve parce que
00:30:39ces gens-là,
00:30:39ils sont un peu pêcheurs,
00:30:41ils s'occupent des champs
00:30:42et cultivent
00:30:42en utilisant
00:30:43l'eau du fleuve.
00:30:44On t'en voit,
00:30:45toi, des pêcheurs,
00:30:45ici ?
00:30:46T'en connais,
00:30:46des pêcheurs,
00:30:47dans le coin ?
00:30:47Il y a des amis
00:30:48qui pêchent toujours
00:30:50sur le fleuve.
00:30:50Si tu veux,
00:30:51on peut aller les voir.
00:30:52On peut aller leur dire
00:30:52bonjour, oui.
00:31:25la pêche.
00:31:29La pêche a été bonne ?
00:31:30Il y avait des poissons
00:31:32plus gros juste à côté.
00:31:33On n'a pas eu
00:31:33beaucoup de chance.
00:31:36Il est beau celui-là.
00:31:40Je suis quand même
00:31:40assez impressionnée
00:31:41par vos radeaux.
00:31:45C'est difficile
00:31:46de rester en équilibre
00:31:47sur cette barque.
00:31:48On fabrique ça nous-mêmes
00:31:49avec des chambres à air
00:31:50de camions
00:31:51et de petites branches
00:31:52qu'on rassemble.
00:31:53L'équilibre est très important
00:31:55dans la pêche
00:31:55avec les barques comme ça.
00:31:58Il faut bien s'entendre
00:31:59avec son équipier.
00:32:02Et avec les bâtons,
00:32:04il faut bien pouvoir
00:32:04retourner le filet
00:32:05et le tirer en même temps.
00:32:07Sinon, ça peut faire
00:32:08tomber le copain.
00:32:09Pourquoi vous avez gardé
00:32:10ce genre d'embarcation ?
00:32:11Vous auriez pu choisir
00:32:12des bateaux
00:32:13ou des barques
00:32:13un peu plus stables ?
00:32:16Les barques,
00:32:17c'est un peu trop grand
00:32:18pour pouvoir bouger
00:32:19et retourner tout de suite
00:32:20le filet
00:32:20quand on en a besoin.
00:32:23Il faut être rapide
00:32:24pour ramasser les poissons.
00:32:30Qu'est-ce que t'en penses,
00:32:31Djelil ?
00:32:32Faut que je teste
00:32:32la stabilité
00:32:33de leur bateau, là.
00:32:34Il faut voir
00:32:35comment ça marche.
00:32:35Ouais, tiens,
00:32:37je te confie mon sac à dos.
00:32:39Merci de m'avoir accompagné,
00:32:40ça m'a fait plaisir
00:32:41de te connaître.
00:32:42Je crois que c'est peut-être
00:32:43mon dernier jour
00:32:43ici en Turquie.
00:32:46C'est bon.
00:32:47C'est bon.
00:32:48Salut, Djelil !
00:32:50Au revoir.
00:32:51Je te ramène du poisson.
00:32:52Je te ramène du poisson.
00:33:01Comme ça,
00:33:02ça sera beaucoup plus stable.
00:33:11Combien d'années il faut
00:33:12pour savoir pêcher comme ça ?
00:33:13En 15 jours peut-être.
00:33:15Bon, je vais rester 15 jours.
00:33:17Salut !
00:33:29Tu vois, Sophie,
00:33:30ici, c'est les vestiges
00:33:31d'une vieille vie souterraine
00:33:33et les maisons
00:33:34ont été construites
00:33:34au fur et à mesure au-dessus.
00:33:35Ouais, tout autour, là.
00:33:38Si tu veux,
00:33:38pour se reposer,
00:33:39on n'a qu'à passer
00:33:39chez un ami.
00:33:40On a un temps d'un thé.
00:33:42Ah bah oui,
00:33:42ça se refuse pas.
00:33:43Ah oui, avec plaisir.
00:33:44T'as un moment.
00:33:45T'as un moment.
00:33:45T'as un moment.
00:33:45T'as un moment.
00:33:46T'as un moment.
00:33:46T'as un moment.
00:33:46T'as un moment.
00:33:47T'as un moment.
00:33:47T'as un moment.
00:33:48T'as un moment.
00:33:57C'est quoi cette musique
00:33:58qu'on entend, là, en fait ?
00:34:00En fait, le propriétaire
00:34:01de la maison,
00:34:02c'est un joueur de Saz.
00:34:04De Saz.
00:34:05Saz, c'est un instrument
00:34:06de musique traditionnelle.
00:34:08C'est celui qui est derrière toi, là ?
00:34:09Oui.
00:34:10Ça ressemble à la guitare.
00:34:13T'as pas envie
00:34:13qu'on aille écouter la musique ?
00:34:15On y va ?
00:34:16Ah, ça, ça intéresse
00:34:16pour de voir sur place.
00:34:25Qu'est-ce que c'est beau,
00:34:26cette musique ?
00:34:28Voilà.
00:34:28Comment on appelle
00:34:29le joueur de Saz ?
00:34:30Voilà, le joueur, en fait,
00:34:31on les appelle les Aachik.
00:34:34Aachik.
00:34:34Et quand on le traduit,
00:34:35ça fait amoureux.
00:34:36Ah bon ?
00:34:37Parce que c'est des gens, en fait,
00:34:38qui se baladent d'un village
00:34:40à l'autre et ils communiquent
00:34:43les histoires des gens
00:34:45avec ses parents.
00:35:01C'est vous, monsieur,
00:35:02qui avez composé
00:35:03les paroles de cette chanson ?
00:35:05Mes chansons viennent
00:35:06des chants populaires.
00:35:07Ce sont des chansons d'amour triste,
00:35:09des histoires de séparation.
00:35:12Ça fait combien de temps, vous, monsieur,
00:35:14que vous jouez du Saz ?
00:35:16Depuis que je suis gamin,
00:35:17je joue du Saz.
00:35:19J'ai beaucoup essayé,
00:35:20c'était pas facile.
00:35:22Des fois, j'ai raté,
00:35:23mais avec le temps,
00:35:24j'ai réussi à maîtriser le Saz.
00:35:27Quand j'étais jeune,
00:35:28j'avais déjà une belle voix
00:35:29et je voulais que cette voix
00:35:31soit accompagnée avec le Saz.
00:35:33Donc, je voulais absolument
00:35:34la prendre.
00:35:36est-ce que madame ?
00:35:37C'est votre mari, hein ?
00:35:39D'accord, mari et femme.
00:35:42Est-ce que madame,
00:35:43vous avez été séduite
00:35:44par sa voix, avant tout ?
00:35:47C'est ça ?
00:35:48C'est la voix ?
00:35:49C'est sa voix qui lui a pris une voix ?
00:35:52Bien sûr.
00:35:53À quelle occasion
00:35:54joue-t-on de cet instrument ?
00:35:56Je joue du Saz
00:35:56pendant les mariages
00:35:58ou pendant les fêtes.
00:36:00Quand il y a des amis aussi
00:36:01qui viennent me voir,
00:36:02on boit ensemble
00:36:03et on joue du Saz.
00:36:54L'hiver à Soganli,
00:36:55le village se refait
00:36:56une santé au calme.
00:37:04Très visitée
00:37:05pendant les mois d'été,
00:37:06la pension de Fevzi
00:37:07est un endroit chaleureux
00:37:08taillé dans le tuff
00:37:09de la vallée
00:37:09comme toutes les maisons
00:37:10alentours.
00:37:22Pour le moment,
00:37:24Fevzi se consacre
00:37:25à sa passion.
00:37:26Un virus
00:37:26qu'il a attrapé
00:37:27à l'âge de 8 ans.
00:37:30Aujourd'hui,
00:37:31plus de 60 ans plus tard,
00:37:32il possède
00:37:33la bagatelle
00:37:33de 200 000 timbres.
00:37:35Un véritable exploit
00:37:36pour un philatéliste
00:37:37si retiré du monde.
00:37:41Été comme hiver,
00:37:43les timbres m'intéressent.
00:37:45Mais comme j'ai plus
00:37:46de choses à faire
00:37:47en été,
00:37:48j'y passe plus de temps
00:37:49l'hiver.
00:37:50Par exemple,
00:37:52l'autre jour,
00:37:52je suis allé à Istanbul
00:37:54à une vente aux enchères
00:37:55et j'ai encore acheté
00:37:57plus de 1 000 timbres.
00:38:04Dès le printemps,
00:38:06les bus de tourisme
00:38:07font de Soganli
00:38:07une destination privilégiée.
00:38:09En revanche,
00:38:11les derniers mois
00:38:11de l'année
00:38:11sont consacrés
00:38:12aux réparations
00:38:13et aux visites
00:38:13de courtoisie
00:38:14entre villageois.
00:38:18Une respiration
00:38:19qui permet de renouer
00:38:20avec l'authenticité
00:38:21du passé.
00:38:36Les traditions
00:38:38perdurent à Soganli,
00:38:39comme par exemple
00:38:40le four communal
00:38:41où les femmes
00:38:42se réunissent régulièrement
00:38:43par petits groupes
00:38:44pour enfourner
00:38:45la pâte à pain
00:38:45qu'elles ont préparée
00:38:46en commun.
00:38:55Une journée complète
00:38:56de travail
00:38:57qui profitera
00:38:57à plusieurs familles.
00:39:06Pourquoi on serait triste ?
00:39:07On vient ici
00:39:08avec beaucoup de joie.
00:39:09D'abord,
00:39:10on cuise son pain,
00:39:10ensuite le mien,
00:39:11puis celui de mon voisin.
00:39:13Il y a beaucoup
00:39:14de solidarité.
00:39:16Là, c'est ma belle-sœur.
00:39:18Moi, je suis seule,
00:39:19elle aussi.
00:39:20Alors ici,
00:39:20on se réunit
00:39:21à chaque fois
00:39:21avec plaisir,
00:39:23trois ou quatre personnes
00:39:24et c'est comme ça.
00:39:27Les températures
00:39:28peuvent tomber
00:39:28à moins 35 degrés
00:39:29dans cette partie
00:39:30de la Turquie.
00:39:31Alors même si le four
00:39:32fonctionne aussi bien
00:39:33l'été,
00:39:34c'est en hiver
00:39:34que la fabrication du pain
00:39:35est la plus appréciée.
00:39:44Moune-Vert,
00:39:45l'épouse de Fenzi,
00:39:47accueille des amis
00:39:47pour un petit travail particulier.
00:39:50Ensemble,
00:39:50elles fabriquent
00:39:51des poupées
00:39:51en habit traditionnel.
00:39:53Un travail minutieux
00:39:54qu'elles pratiquent
00:39:54avec une grande dextérité
00:39:56car avec le tourisme,
00:39:57cette activité
00:39:58est devenue
00:39:58une spécialité
00:39:59du village de Soganli.
00:40:11C'est ma grand-mère
00:40:12qui a fait
00:40:13la première poupée.
00:40:14A l'école,
00:40:15on a demandé
00:40:15d'apporter quelque chose
00:40:17fait main
00:40:18et elle a donc
00:40:18fabriqué une poupée.
00:40:20Et sur le chemin,
00:40:21en rentrant,
00:40:22elle a rencontré
00:40:23des touristes
00:40:23qui lui ont acheté
00:40:25et donné de l'argent.
00:40:28Et c'est comme ça
00:40:29qu'on a commencé
00:40:30à en vendre aux touristes.
00:40:57Les hommes,
00:40:58de leur côté,
00:40:59une fois leur travail terminé,
00:41:00se réunissent
00:41:01le plus souvent au café.
00:41:03Mais quand l'occasion
00:41:04se présente,
00:41:05lors des fêtes
00:41:05ou des mariages,
00:41:06ils retrouvent,
00:41:07quel que soit leur âge,
00:41:08une âme de jeune homme.
00:41:12Témoin,
00:41:13ce jeu,
00:41:14hérité du service militaire.
00:41:15Un donneur d'ordre
00:41:17commande ses troupes.
00:41:21Celui qui ne réagit pas
00:41:22aux ordres
00:41:22finit sous le tapis.
00:41:27un jeu qui réchauffe
00:41:28l'ambiance
00:41:28à coup sûr.
00:41:29« Je vais lui dresser
00:41:39une potence
00:41:40et le pendre.
00:41:42Ils n'ont encore rien vu,
00:41:43c'est des gamins.
00:41:45Ils n'étaient pas encore nés
00:41:46que je jouais déjà à ça. »
00:41:52Tant que les traditions
00:41:53perdureront à Sogenli,
00:41:55les habitants y seront heureux,
00:41:57été comme hiver.
00:42:12« Je crois qu'on a une chance
00:42:18d'être pris en stop. »
00:42:19« Sûrement, sûrement.
00:42:20Les chauffeurs,
00:42:21ils sont très sympas,
00:42:21ils vont s'arrêter. »
00:42:22« Ça se fait beaucoup,
00:42:23le stop ici ? »
00:42:24« Ça se fait, oui,
00:42:25parce que c'est une route
00:42:26où il y a beaucoup
00:42:27de voyageurs. »
00:42:28« Mais une fille toute seule,
00:42:30ce n'est peut-être pas conseillé ? »
00:42:31« Non, aucun problème
00:42:32en Turquie. »
00:42:33« Bon. »
00:42:34« Oh, regarde.
00:42:34Il a mis son cliente. »
00:42:39« Vas-y, montez en premier. »
00:42:42« Salut. »
00:42:44« Salut. »
00:42:44« Salut. »
00:42:47« Merci. »
00:42:49« Merci. »
00:42:50« Merci. »
00:42:51« Merci, monsieur,
00:42:51de nous prendre.
00:42:52C'est super sympa. »
00:42:56« Qu'est-ce que vous transportez
00:42:57dans votre camion ? »
00:42:58« Je transporte des briques
00:43:00pour la construction. »
00:43:01« À Antalya,
00:43:02il y a des tas d'immeubles
00:43:02qui se construisent. »
00:43:04« C'est un grand pays,
00:43:05la Turquie.
00:43:05Vous sillonnez
00:43:06toutes les routes
00:43:06de votre pays ? »
00:43:07« Oui, la Turquie est
00:43:09un très grand pays.
00:43:10Et avec nos camions,
00:43:11on transporte
00:43:12les matériaux un peu partout. »
00:43:15« La Turquie,
00:43:16c'est presque une fois
00:43:17et demi la France. »
00:43:18« Ah oui ? »
00:43:18« On a des bonnes routes
00:43:20un peu partout dans le pays. »
00:43:21« Comme ça,
00:43:21ça fait le lien
00:43:22de l'ouest
00:43:23à l'est de la Turquie. »
00:43:24« La Turquie a vraiment
00:43:25une position géographique
00:43:28stratégique
00:43:28entre l'Asie
00:43:29et l'Europe. »
00:43:30« On est au milieu
00:43:31de tout. »
00:43:32« C'est l'Asie mineure. »
00:43:34« Vous, monsieur,
00:43:35vous êtes un peu
00:43:35un héritier
00:43:36de ces commerçants
00:43:37qui empruntaient
00:43:38les routes de la soie ? »
00:43:39« Bien sûr,
00:43:40avant,
00:43:41c'était les dromadaires
00:43:41et les chameaux
00:43:42qui transportaient
00:43:43les marchandises.
00:43:44Aujourd'hui,
00:43:44ce sont nos camions. »
00:43:47« Et qu'est-ce que vous faites
00:43:47pour passer le temps
00:43:48quand vous êtes tout seul
00:43:49dans votre camion ? »
00:43:50« Quand je suis sur la route,
00:43:52j'ai l'habitude
00:43:52d'être seul.
00:43:53J'écoute de la musique,
00:43:55je regarde le paysage
00:43:56ou sinon,
00:43:57je discute au téléphone. »
00:43:58« Vous téléphoner
00:43:59en conduisant,
00:43:59c'est pas bien, ça ? »
00:44:01« Qu'est-ce que vous écoutez
00:44:02comme musique ?
00:44:03Vous pouvez nous en faire écouter ? »
00:44:04« Non, la radio
00:44:05ne marche plus. »
00:44:06« Ah, c'est raté. »
00:44:08« Alors, vous êtes obligés
00:44:09de me chanter une chanson. »
00:44:10« Ok. »
00:44:37« On peut parler d'une halte
00:44:42pour commerçants,
00:44:45marchands et voyageurs ? »
00:44:46« Absolument ça. »
00:44:48« Alors là, celui-là,
00:44:50disons, de Caravanserail,
00:44:51il est magnifique. »
00:44:52« C'est un très beau
00:44:53Caravanserail
00:44:53construit au XIIIe siècle
00:44:55par les Selchukides. »
00:44:56« C'est une dynastie turque ? »
00:44:58« Oui, c'est une dynastie
00:45:00très importante.
00:45:00C'est les premiers arrivés
00:45:01en Anatolie. »
00:45:03« On retrouve toujours
00:45:04ce type d'architecture
00:45:05dans les Caravanserail ? »
00:45:06« C'est caractérisé Selchukide,
00:45:09avec les motifs,
00:45:10avec tout le travail de pierre
00:45:11qu'on voit sur la porte. »
00:45:13« Tous les Caravanserail
00:45:14étaient faits sur le même modèle.
00:45:15J'ai l'impression
00:45:16qu'il y a des murs
00:45:16qui sont très épais. »
00:45:17« C'est des murs
00:45:18qui ont été faits très épais
00:45:19parce que c'est en fait
00:45:20aussi des forts
00:45:21qui étaient utilisés
00:45:22pour se protéger
00:45:23des bandits. »
00:45:24« Ah oui,
00:45:24il fallait protéger
00:45:25ces marchandises. »
00:45:27« Qu'est-ce que c'est beau ! »
00:45:29« Il faut s'imaginer
00:45:30qu'à partir de cette entrée-là,
00:45:31on devait avoir
00:45:32des chameaux,
00:45:33des ânes,
00:45:34des chevaux.
00:45:35Là,
00:45:36plein de marchands
00:45:36en train d'installer
00:45:37toutes leurs marchandises
00:45:39à droite et à gauche. »
00:45:40« Quelle est l'étymologie
00:45:41du mot Caravanserail ? »
00:45:42« Caravanserail,
00:45:44le palais des caravans. »
00:45:49« Ça avait quand même
00:45:50une position stratégique.
00:45:52On voit,
00:45:52on est au milieu
00:45:52des steppes anatoliennes.
00:45:55Il faut un peu frais
00:45:56aujourd'hui,
00:45:57on ne va peut-être pas
00:45:57rester dans le Caravanserail
00:45:58d'été. »
00:45:59« Ça tombe bien.
00:45:59D'ailleurs,
00:46:00juste en dessous,
00:46:01les voûtes-là,
00:46:02on a le Caravanserail
00:46:03d'hiver.
00:46:03Et j'ai une surprise
00:46:04pour toi. »
00:46:05« T'as une surprise
00:46:06pour moi ?
00:46:06Alors toi,
00:46:08qu'est-ce que t'as préparé
00:46:09encore ? »
00:46:10« Tu es le roi
00:46:19du pique-nique,
00:46:20toi.
00:46:20C'est un pique-nique
00:46:21royal ici.
00:46:22Je ne m'attendais pas
00:46:22du tout
00:46:23à ce qu'on puisse
00:46:24déjeuner
00:46:24dans cet endroit
00:46:26absolument magnifique.
00:46:27J'ai l'impression
00:46:27qu'on est
00:46:29comme dans une église
00:46:30byzantine.
00:46:31« Ça ressemble
00:46:31parce qu'il faut imaginer
00:46:33que les Celsukides,
00:46:34quand ils sont arrivés
00:46:35en Anatolie,
00:46:36au XIe siècle,
00:46:37ils avaient l'avantage
00:46:38de retrouver
00:46:40l'architecture
00:46:41byzantine
00:46:42qui était très,
00:46:43très développée.
00:46:44Au IVe siècle,
00:46:45ils avaient déjà
00:46:45construit la Saint-Sophie.
00:46:46Au VIe siècle,
00:46:47elle était devenue
00:46:47la plus grande église
00:46:49du monde.
00:46:49Et aujourd'hui,
00:46:50notre culture
00:46:51est riche
00:46:52grâce à tout ça.
00:46:53Et aujourd'hui,
00:46:54les Caravanserail,
00:46:55on les utilise
00:46:56à quelle occasion ?
00:46:57Ça a été restauré
00:46:58pour pouvoir accueillir
00:46:59des spectacles
00:47:00de dervich-tourneurs.
00:47:02J'espère que j'aurai
00:47:02la chance
00:47:03d'en voir.
00:47:03Il n'y en a pas
00:47:03aujourd'hui ?
00:47:04Je pense que tu vas
00:47:05à Cogna.
00:47:06Oui.
00:47:06Là, c'est le centre
00:47:07des dervich-tourneurs.
00:47:09C'est là où il y a
00:47:11la tombe de Mevlana,
00:47:12où il y a beaucoup
00:47:13de spectacles
00:47:14de dervich-tourneurs.
00:47:15Ah ben écoute,
00:47:15ça sera pour plus tard alors.
00:47:17J'irai à Cogna.
00:47:33Voilà l'homme qui parlait
00:47:34à l'oreille des moutons.
00:47:39Vous allez où avec vos moutons,
00:47:40monsieur ?
00:47:42Ah, vous rentrez à la bergerie,
00:47:43là, ça y est, c'est l'heure.
00:47:45Ils sont beaux ces chiens,
00:47:46on les appelle comment ?
00:47:47C'est les Kangals,
00:47:48c'est les chiens d'Anatolie
00:47:49qui ont dit qu'ils sont
00:47:50capables de combattre
00:47:51les loups.
00:47:52Et à mon avis,
00:47:52il a envie d'aller travailler.
00:47:53Oui, c'est son travail,
00:47:54il est là pour protéger
00:47:56son troupeau.
00:48:06L'origine du nom Kangal
00:48:08vient d'une région
00:48:10autour de Sivas.
00:48:11Et si l'on observe bien
00:48:13leur morphologie,
00:48:14on peut constater
00:48:15que ce sont des chiens harmonieux,
00:48:18bien proportionnés
00:48:19au niveau de la tête,
00:48:20du cou et du corps.
00:48:22La hauteur de l'épaule
00:48:24peut atteindre 80 centimètres.
00:48:27Cours de sciences vétérinaires
00:48:28à l'université de Sivas.
00:48:30Le professeur Ograk
00:48:31maîtrise sa matière.
00:48:33Le Kangal
00:48:33est son sujet de recherche
00:48:34depuis toujours.
00:48:35Un chien particulièrement intéressant
00:48:37dans cette partie du monde
00:48:38où la survie des hommes
00:48:39dépend souvent
00:48:40des troupeaux de moutons.
00:48:41Le Kangal
00:48:42est dressé depuis des siècles
00:48:43pour être le plus grand
00:48:44ennemi du loup.
00:48:45Génétiquement,
00:48:46il est programmé pour ça.
00:48:50Quand j'étais enfant,
00:48:51j'avais un Kangal.
00:48:54Cela reste un domaine
00:48:55pas du tout étudié,
00:48:57donc je me suis intéressé
00:48:58à la question.
00:49:00Car c'est un patrimoine génétique
00:49:02qui n'appartient qu'à nous.
00:49:08A l'arrière des bâtiments
00:49:09de l'université,
00:49:10un chenil a été construit
00:49:12pour repérer
00:49:12une sélection scientifique
00:49:13sur les plus beaux spécimens.
00:49:16Le docteur s'y rend régulièrement.
00:49:18C'est sa fierté
00:49:19d'avoir investi
00:49:19son budget de recherche
00:49:20sur ce projet.
00:49:22Les qualités du Kangal
00:49:24sont reconnues
00:49:24dans le monde entier.
00:49:25Pourtant,
00:49:26il y a encore
00:49:26trop d'élevage sérieux
00:49:27pour cette race.
00:49:30Ce chenil a été fondé
00:49:32en 2003.
00:49:36Nous avons 15 reproducteurs
00:49:38et quand il y a des naissances,
00:49:39on arrive très vite
00:49:41à 30 ou 40 chiens.
00:49:42Mais nous les revendons
00:49:44et on peut aussi
00:49:45les envoyer
00:49:45à des éleveurs.
00:49:52C'est moi qui programme
00:49:53les accouplements
00:49:54parce qu'on est obligé
00:49:55de gérer la parenté.
00:49:58Je fais des recherches
00:49:59dans les villages
00:50:00et quand je vois
00:50:01un Kangal
00:50:02avec beaucoup de qualité,
00:50:04j'essaie de l'obtenir.
00:50:15Deux chiots ont été conservés
00:50:17des dernières portées.
00:50:19Leur mission
00:50:20de gardien de troupeau
00:50:21est déjà inscrite
00:50:21dans leur gêne.
00:50:22Mais c'est au contact
00:50:24des adultes
00:50:24qu'ils apprendront
00:50:25les techniques
00:50:25de chiens de berger.
00:50:28Il faudra donc ajouter
00:50:29une bergerie
00:50:30à l'enceinte de l'université,
00:50:31ce qui a déjà été programmé
00:50:33par le docteur Ograc.
00:50:53Autour de la grande ville
00:50:54de Sivas,
00:50:55la campagne est vaste.
00:50:57C'est au cœur
00:50:57de l'Anatolie
00:50:58qu'est le berceau
00:50:59de ce grand chien.
00:51:01Depuis des siècles,
00:51:02les bergers ont fait
00:51:03de manière totalement empirique
00:51:04des sélections
00:51:05qui ont permis
00:51:06de conserver
00:51:06son agressivité
00:51:07face aux animaux sauvages
00:51:08et son incroyable sympathie
00:51:10pour l'homme.
00:51:12Chez cet éleveur
00:51:13de moutons,
00:51:14le docteur Ograc
00:51:15vient voir des spécimens
00:51:16tout à fait conformes
00:51:17à ses exigences.
00:51:19Ça va les moutons ?
00:51:22Ça va.
00:51:26Ça,
00:51:27c'est pour la protection
00:51:28de la protection de sa gorge
00:51:30contre les animaux sauvages
00:51:32et en particulier
00:51:33contre l'attaque
00:51:34des loups.
00:51:35Ça évite les morsures.
00:51:38C'est vraiment
00:51:38comme une arme,
00:51:39en fait.
00:51:43Ils ont massacré
00:51:44des loups
00:51:44il y a deux ou trois ans.
00:51:46On les a vus combattre.
00:51:49En général,
00:51:49on trouve le cadavre
00:51:50du loup
00:51:51loin du troupeau,
00:51:52sauf si le chien
00:51:53le rapporte avec lui.
00:51:53Et nous,
00:51:55on a récupéré
00:51:55la peau du loup.
00:52:04Hussein possède
00:52:05600 moutons
00:52:06et 10 chiens.
00:52:08Un berger
00:52:09est toujours présent
00:52:10avec le troupeau.
00:52:12Le Kangal
00:52:13se comporte
00:52:13comme un véritable
00:52:14garde du corps.
00:52:15Sous son air bonhomme,
00:52:17c'est un redoutable cerbère.
00:52:19Il ne se préoccupe pas
00:52:20de rassembler les moutons,
00:52:21mais surtout
00:52:22de les protéger.
00:52:23Son regard
00:52:24et son flair
00:52:24portent loin.
00:52:26Sa simple présence
00:52:27décourage les loups
00:52:28et même les ours.
00:52:42Ils sont très attachés
00:52:44à leur maître.
00:52:45Si quelqu'un
00:52:46veut attaquer le berger,
00:52:47ils réagissent tout de suite.
00:52:49Les Kangal
00:52:50sont de grands protecteurs.
00:52:51C'est dans leur caractère.
00:52:57une expérience récente
00:52:58a permis d'acclimater
00:52:59des Kangal en Afrique.
00:53:01Leur présence dissuasive
00:53:02réussit à convaincre
00:53:04les bergers de Namibie
00:53:04de ne plus tuer de guépards,
00:53:06le félin le plus menacé
00:53:07de la planète.
00:53:24Sophie, tu vois la couleur
00:53:26de la terre ?
00:53:27Oui.
00:53:28C'est là qu'on prend
00:53:28l'argile
00:53:30des briques
00:53:31et des poteries
00:53:33qu'on fait en Cappadoce.
00:53:34C'est l'argile
00:53:35en fait
00:53:35qui est laissée
00:53:36par le fleuve rouge.
00:53:45C'est l'heure des infos là ?
00:53:46Oui.
00:53:47Alors de quoi on parle
00:53:48à la radio turque ?
00:53:49Ça parle de l'adhésion
00:53:50de la Turquie dans l'Europe
00:53:52dans tous les pays
00:53:53du Moyen-Orient.
00:53:54Ça peut avoir
00:53:56une très belle image
00:53:57pour les pays arabes
00:53:59qui pourront peut-être
00:54:01accepter la laïcité
00:54:03pour gouverner leur pays.
00:54:05Tu sais que l'entrée
00:54:06de la Turquie
00:54:06dans l'Europe
00:54:06ne fait pas l'unanimité
00:54:07en France.
00:54:08Qu'est-ce que tu en penses
00:54:09justement ?
00:54:09C'est étonnant
00:54:10parce qu'on est
00:54:11deuxième mondialement
00:54:12après la Chine
00:54:13mais si on est accepté
00:54:15en Europe,
00:54:16on en sera le pays
00:54:17qui grandit le plus
00:54:19au niveau économique
00:54:20en Europe.
00:54:21Peut-être que ça fait
00:54:22peur à la France.
00:54:34Merhaba.
00:54:35Merci de vous rencontrer,
00:54:40Sophie.
00:54:41Racontez-moi un petit peu
00:54:42l'histoire et l'aventure
00:54:43de cette coopérative de femmes.
00:54:45Depuis trois ans,
00:54:46nous travaillons
00:54:46dans cette coopérative.
00:54:48Notre salaire permet
00:54:49d'aider la famille
00:54:50et de payer les études
00:54:51de nos enfants
00:54:52ou de se faire
00:54:53de petits cadeaux.
00:54:54Comment ça s'est passé ?
00:54:55Comment vous êtes arrivés
00:54:56ici dans cette coopérative ?
00:54:57C'est grâce au maire
00:54:58d'Avanos
00:54:59qui a organisé une formation
00:55:01à la fabrication
00:55:01de la céramique.
00:55:03Nous avons été en formation
00:55:05pendant trois mois,
00:55:06puis nous avons décidé
00:55:07de créer cette coopérative
00:55:09et nos emplois.
00:55:13Quels sont les motifs
00:55:14qu'on retrouve traditionnellement
00:55:15dans les céramiques d'Avanos ?
00:55:16On retrouve souvent
00:55:17le motif de l'arbre de vie
00:55:18que vous voyez dessiné
00:55:19et aussi beaucoup
00:55:20de motifs hitites
00:55:21retrouvés dans des fouilles
00:55:22archéologiques.
00:55:23On les reproduit encore
00:55:24sur des assiettes.
00:55:25Nous dessinons aussi
00:55:26des animaux
00:55:27de dessins rupestres
00:55:28retrouvés.
00:55:34Cela nous a permis
00:55:35de sortir de la maison,
00:55:36de rencontrer des gens
00:55:37grâce à notre activité
00:55:38de commerce liée au tourisme.
00:55:41Quelle est la place
00:55:42de la femme
00:55:43dans la société turque ?
00:55:44Quel rôle joue-t-elle ?
00:55:47En Turquie,
00:55:48c'est l'homme
00:55:49qui parle le premier.
00:55:56Mais en réalité,
00:55:57c'est la femme
00:55:58qui prend les décisions.
00:56:01Nous sommes la femme,
00:56:02la mère.
00:56:03Nous sommes tout
00:56:04dans la famille turque.
00:56:09Donc les femmes
00:56:09sont l'avenir de la Turquie ?
00:56:11Oui.
00:56:14C'est qui la patronne
00:56:15alors ici ?
00:56:16Il n'y a pas de patronne.
00:56:17Nous sommes toutes
00:56:18les patronnes
00:56:18de la coopérative.
00:56:19Tout le monde décide,
00:56:20tout le monde
00:56:20a voix au chapitre.
00:56:21Ça, c'est bien alors.
00:56:27Et voilà, Sophie,
00:56:29on va vers Konya.
00:56:31Je vais devoir te laisser
00:56:32à Konya
00:56:34pour que tu puisses
00:56:36rencontrer
00:56:36les derviches tourneurs
00:56:37et plein d'autres monuments
00:56:38sur place.
00:56:40Et je te souhaite
00:56:41une bonne continuation
00:56:43pour le reste
00:56:43de ton voyage.
00:56:44C'est gentil à toi, Jélil.
00:56:45En tout cas,
00:56:46c'était un bonheur
00:56:47de partager ce voyage
00:56:48ici en Turquie
00:56:48avec toi.
00:56:49C'est très gentil
00:56:50de m'avoir accompagnée.
00:56:51C'est bon.
00:56:51Et je t'offre
00:56:52à mon tour
00:56:53un voyage.
00:56:54On va partir
00:56:55pour une grande aventure
00:56:56à la fois maritime
00:56:56et terrestre
00:56:57de 1500 kilomètres
00:56:58car c'est l'heure
00:56:59de retrouver
00:57:00notre nouvelle route mythique.
00:57:02Nous allons découvrir
00:57:03l'archipel indonésien.
00:57:05Ce chapelet
00:57:06d'îles et îlots
00:57:07forme un trait d'union
00:57:08entre le monde malais
00:57:10et le Pacifique.
00:57:10Et c'est là
00:57:11que nous entraînent
00:57:12notre nouvelle route mythique
00:57:14aux confins
00:57:14de l'Indonésie,
00:57:15la route
00:57:16des îles de la Sonde
00:57:17signée de notre réalisateur
00:57:19voyageur
00:57:19Nicolas Millet.
00:57:20Première partie
00:57:21aujourd'hui
00:57:22des courses de buffles
00:57:24sont au programme.
00:57:25Je ne vous en dis pas plus.
00:57:26A tout à l'heure.
00:57:27Je vous attends ici en Turquie.
00:57:38Cela fait plus de 20 ans
00:57:39que je viens en Indonésie
00:57:40pour réaliser des films.
00:57:43On m'avait prévenu
00:57:44dès mon premier voyage.
00:57:45La richesse
00:57:46et la diversité
00:57:47de cet archipel
00:57:48de plus de 18 000 îles
00:57:49crée une addiction.
00:57:56Il reste toujours
00:57:58un rivage à explorer,
00:57:59une culture à découvrir,
00:58:01un port à accoster.
00:58:05Une vie entière
00:58:06n'y suffirait pas
00:58:07pour embrasser
00:58:07cet empire maritime
00:58:09trois fois plus vaste
00:58:10que la France.
00:58:14En 1856,
00:58:16le naturaliste anglais
00:58:18Alfred Wallace
00:58:18passe huit années
00:58:19à collecter des spécimens
00:58:20dans l'archipel indonésien.
00:58:25Il est le premier
00:58:26à identifier
00:58:26cette frontière géographique
00:58:28qui sépare
00:58:29la biodiversité malaise
00:58:30de la faune australe.
00:58:34Aujourd'hui,
00:58:35je suis devant
00:58:35le détroit de Lombok
00:58:36qui marque cette frontière
00:58:38vers un nouvel univers,
00:58:39caractérisé par une faune
00:58:41et une histoire singulière,
00:58:43différente du reste
00:58:44de l'Indonésie.
00:58:49Cette route m'entraîne
00:58:50aux limites de l'Indonésie
00:58:51vers les îles de Flores,
00:58:53Sumba et Timor.
00:58:54Ma première escale
00:58:55sera Sumbawa.
00:59:05On ne peut mesurer
00:59:06l'étendue de cet archipel
00:59:08que par voie de mer.
00:59:09J'embarque à Padangbai,
00:59:11à l'est de Bali
00:59:12pour rejoindre Sumbawa.
00:59:14L'Indonésie dispose
00:59:15du plus grand réseau
00:59:16de ferries de notre planète
00:59:17et chaque jour,
00:59:19plusieurs milliers
00:59:19de personnes embarquent
00:59:20pour relier une île.
00:59:38Toute l'Indonésie
00:59:39utilise des ferries.
00:59:41Les bateaux vont partout,
00:59:43à Kalimantan,
00:59:44à Sulawesi.
00:59:46Ils couvrent
00:59:46tout le territoire.
00:59:50Si la plupart
00:59:51des citoyens indonésiens
00:59:52utilisent ce moyen
00:59:53de transport,
00:59:54c'est parce que
00:59:55le prix du billet
00:59:56n'est vraiment pas cher.
01:00:00Les fortunés, eux,
01:00:01ils passent par en haut,
01:00:02par les airs.
01:00:04En plus,
01:00:06les produits de consommation
01:00:07et de construction
01:00:08peuvent être amenés
01:00:09dans toutes ces îles
01:00:10et aider à développer
01:00:11l'économie locale.
01:00:15C'est donc un mode
01:00:16de transport indispensable
01:00:18qui, malheureusement,
01:00:19défraie souvent la chronique.
01:00:21Il ne se passe pas une année
01:00:22sans qu'un navire
01:00:23ne chavire
01:00:23avec son lot de victimes.
01:00:28Ce qui est compliqué,
01:00:29c'est la météo.
01:00:31Quand on rentre
01:00:32dans la saison des pluies,
01:00:34c'est là que ça devient
01:00:34vraiment dangereux
01:00:35pour tout type de navigation.
01:00:39Il y a des vents violents,
01:00:41parfois même des typhons
01:00:42avec des vagues énormes.
01:00:45ici, en décembre
01:00:46et en janvier,
01:00:47on a des vagues
01:00:48de 3 à 4 mètres.
01:00:52Et si tu continues
01:00:53à naviguer en cette saison,
01:00:55ça peut être fatal.
01:00:59Je vous remercie,
01:01:00vous qui venez...
01:01:01Vous venez d'où ?
01:01:04De France.
01:01:07Je vous souhaite bien du succès
01:01:08dans tout ce que vous voulez
01:01:09raconter sur l'Indonésie.
01:01:11Il faut aller partout
01:01:12en Indonésie.
01:01:13D'accord ?
01:01:14Ok.
01:01:15Merci, merci.
01:01:22Pour l'instant,
01:01:23je vais me contenter
01:01:24d'arriver à bon port
01:01:25sur l'île de Sumbawa.
01:01:55Sous-titrage Société Radio-Canada
01:02:02On organise ces courses
01:02:03comme de vraies fêtes populaires.
01:02:06Ce sont des rassemblements
01:02:07pour célébrer et remercier Dieu
01:02:08pour la prospérité
01:02:09de nos récoltes.
01:02:11Pour célébrer cet événement,
01:02:13nous organisons
01:02:13ces courses de buffles.
01:02:15Il y a plein de gens
01:02:16qui viennent
01:02:16et il y a une très bonne ambiance.
01:02:18C'est une tradition importante
01:02:19pour nous.
01:02:20Et cette forme de course
01:02:21dans la boue
01:02:22est unique en Indonésie.
01:02:23Cela fait totalement partie
01:02:25de notre culture à Sumbawa.
01:02:43Depuis la nuit des temps,
01:02:45nous utilisons des buffles
01:02:46pour travailler la terre.
01:02:47Moi, je n'ai pas de machine.
01:02:48Je veux utiliser mes buffles.
01:02:50Depuis toujours,
01:02:51nous utilisons cet animal.
01:02:52Moi, j'ai envie de continuer
01:02:53à faire comme avant
01:02:54et je ne veux pas
01:02:55que cette pratique disparaisse.
01:02:57En plus,
01:02:57il y a vraiment des avantages
01:02:58à utiliser le buffle.
01:03:00Tu peux l'utiliser pour labourer
01:03:01mais aussi pour les courses.
01:03:11Aheng est agriculteur jockey.
01:03:12A 10 ans,
01:03:14il fait sa première course.
01:03:15C'est une révélation.
01:03:17Depuis,
01:03:18cette passion ne l'a jamais quittée.
01:03:24Dès la naissance,
01:03:25on peut savoir celui
01:03:27qui va être un bon coureur
01:03:28ou pas.
01:03:30On les entraîne
01:03:31une fois tous les trois jours.
01:03:33Il ne faut pas trop les fatiguer
01:03:34car ils sont encore jeunes
01:03:36et en un mois d'entraînement,
01:03:37ils sont déjà formés.
01:03:38Ils savent comment tourner.
01:03:42Quand on a des buffles de course,
01:03:44on ne peut pas les accoupler
01:03:45sinon ils n'arrivent pas
01:03:46à bien courir
01:03:47et leur corps n'est pas affûté.
01:03:57Chaque participant
01:03:58monte son attelage.
01:03:59Le meilleur temps
01:04:00déclare le vainqueur.
01:04:01Mais pour valider la course,
01:04:03il faut venir frapper le Saka,
01:04:04le totem placé au bout du champ.
01:04:23Le Saka est sculpté spécialement
01:04:25pour les courses de buffles.
01:04:27Il a été envoûté.
01:04:29On l'a chargé de magie
01:04:30avant qu'il ne soit planté
01:04:31pour le sprint.
01:04:33Ça va être le défi.
01:04:35Le buffle doit venir toucher le Saka.
01:04:42Nous, il va falloir que nous luttions
01:04:43pour diriger l'attelage
01:04:44vers cet objectif.
01:04:48Car en fait, il a peur.
01:04:50Il voit le Saka de loin
01:04:51et il veut s'en éloigner.
01:04:55Donc tout notre travail
01:04:56en tant que jockey,
01:04:57c'est de le forcer
01:04:57à toucher ce Saka.
01:04:59C'est de le forcer à toucher ce Saka.
01:05:23Saka, s'en éloigné.
01:05:29Saka, s'en éloigné.
01:05:55Je poursuis ma route sur l'île de Sumbawa.
01:06:00Toute l'île est marquée par le volcanisme,
01:06:02avec un relief accidenté de plateaux et de massifs érodés.
01:06:08On m'a dit qu'on surnommait Sumbawa le géant endormi.
01:06:11Peut-être est-ce en relation avec ma prochaine destination,
01:06:16le volcan Tambora.
01:06:21En 1815, le volcan atteint 4200 m.
01:06:24Il est décapité par la plus violente irruption jamais enregistrée dans l'histoire de l'humanité.
01:06:33Aujourd'hui, il culmine à 2700 m.
01:06:37On estime la puissance de la déflagration, 8 fois supérieure à celle du Vésuve.
01:06:47Aujourd'hui, les douze pentes du volcan Assagi offrent un terreau fertile pour la culture du café.
01:07:08C'est avec Souparno que j'ai déambule dans les allées de cette plantation réputée pour la qualité de ses
01:07:13récoltes.
01:07:23En 1924, un Suédois s'est installé ici pour venir planter des arbustes de café sur les flancs du Tambora.
01:07:33Il a fait venir sa main-d'œuvre de l'Est de Java.
01:07:38D'après ce que disent les anciens, il y avait entre 700 et 800 personnes qui travaillaient sur la plantation.
01:07:46Et ils cultivaient quatre sortes de café.
01:07:56Souparno m'entraîne au village voisin d'Oibura pour y rencontrer son ami, le chef du village.
01:08:07Souleymane m'invite chez lui pour déguster la production locale.
01:08:22Juste pour te rappeler un peu l'histoire de cette région et l'éruption de 1815.
01:08:28La déflagration a eu lieu le 10 et 11 avril.
01:08:32Elle a eu pour conséquence la disparition de trois royaumes.
01:08:36Celui de Sanga, de Tambora et celui de Pekka.
01:08:43Et nous avons retrouvé par hasard les traces de ces civilisations.
01:08:49On estime à 50 000 le nombre de victimes balayées par l'éruption.
01:08:53Mais les historiens s'accordent pour doubler ce chiffre suite aux années de famine et d'épidémie qui suivirent.
01:08:59Conséquence directe de ce cataclysme.
01:09:02En 2004, le professeur américain Sigurdsson, à la tête d'une expédition archéologique, met à jour les reliques de ces
01:09:08royaumes.
01:09:11Voilà le site. C'est là où on a creusé.
01:09:15Ici, on a trouvé une accumulation de pierres.
01:09:22Ça avait cette forme.
01:09:25C'était grand comme ça. Elles étaient à peine enfouies à 20 cm.
01:09:30Ensuite, ici, on a trouvé une natte pour dormir.
01:09:41Elle a été tressée.
01:09:42Elle a été faite avec des feuilles de palmiers.
01:09:47Et ici, on a trouvé un mortier avec des pylons.
01:09:54Il était plutôt gros et long.
01:09:56De 40 à 60 cm.
01:10:01Oui, c'est ça, 60 cm.
01:10:09Ça, c'est pour faire des offrandes dans les cérémonies.
01:10:13C'était utilisé par les anciens.
01:10:24Le professeur Sigurdsson n'était pas au bout de ses surprises.
01:10:28Après avoir extrait des objets du quotidien
01:10:30et déblayé les fondations de quelques maisons,
01:10:33il fait une découverte qui lui permet d'affirmer
01:10:35que le Tambora est le Pompéi de l'Asie.
01:10:43Par la suite, on a trouvé un squelette dans cette position.
01:10:47Je te montre.
01:10:53Il était comme ça.
01:10:59Ensuite, on a trouvé une autre momie.
01:11:01Il y avait un autre corps.
01:11:03Il était dans cette position.
01:11:05Il était dirigé vers le nord.
01:11:10Il y avait une pierre.
01:11:15Mais il tenait une arme.
01:11:16Il tenait un cris.
01:11:18Il tenait sa dague.
01:11:19Il était dans cette posture.
01:11:21Il dormait comme ça.
01:11:27Mais les fouilles avancent lentement.
01:11:29Les fonds manquent.
01:11:31Et Suleymane espère qu'un jour,
01:11:33le gouvernement indonésien comprendra
01:11:35que ces trésors enfouis sous ce tapis de basalte et de cendres
01:11:38sont capitales,
01:11:39pour comprendre la tragédie du Tambora
01:11:41et développer aussi le potentiel touristique de la région.
01:11:50J'embarque à l'extrémité est de Sumbawa.
01:11:53Je dois rejoindre les îles du parc national de Komodo
01:11:56où survit une autre relique de l'histoire,
01:11:59les dragons de Komodo.
01:12:22Salut, Norgul !
01:12:23Salut !
01:12:24Comment vas-tu ?
01:12:24Oui, ça va bien les temps.
01:12:26Ça va très très bien !
01:12:27Alors, pour la suite de mon voyage en Turquie,
01:12:30j'ai choisi Konya
01:12:31et ton université, Selçuk.
01:12:34C'est une grande université.
01:12:36Très grande, Selçuk.
01:12:3765 000 étudiants.
01:12:3965 000 ?
01:12:40Oui, 65 000.
01:12:41Mon petit doigt me dit
01:12:43que tu apprends le français, toi, ici.
01:12:45Oui, c'est super.
01:12:46Et toi, tu vis sur le campus ?
01:12:48Oui.
01:12:48Oui ?
01:12:49Tu me fais visiter ?
01:12:50À l'exemple, oui.
01:13:00Leçon 3, à la gare.
01:13:03Bonjour, mademoiselle.
01:13:04Je voudrais réserver une place pour Lyon.
01:13:08Bonjour !
01:13:09Bonjour, madame.
01:13:10Bonjour.
01:13:11Je viens insister au cours de français.
01:13:13Oui, avec plaisir.
01:13:16Maintenant, on écoute.
01:13:18On veut répéter, d'accord ?
01:13:20Montreur va partir dans 5 minutes.
01:13:22Montreur va partir dans 5 minutes.
01:13:25Oui, très bien.
01:13:26Qu'est-ce que la France représente pour toi ?
01:13:29La France représente la domination.
01:13:32Ah bon ?
01:13:33Oui, la mouche.
01:13:35Oui.
01:13:36Qu'est-ce que vous pensez
01:13:38pour l'entrée de la Turquie
01:13:40dans l'Union européenne ?
01:13:46Je suis contre l'entrée de la Turquie
01:13:48dans l'Union européenne.
01:13:49Car une fois dedans,
01:13:51nous serions contraints
01:13:52de suivre ces règles.
01:13:57Cela limiterait l'essor de la Turquie.
01:14:00Et je ne veux pas ça pour mon pays.
01:14:02Et alors, le plus beau mot
01:14:03de la langue française,
01:14:04pour toi, c'est quoi ?
01:14:06Amour.
01:14:08Et vous ?
01:14:09Adorer.
01:14:11Oui.
01:14:11Travailler.
01:14:13Travailler.
01:14:14Vous êtes sérieuse, vous ?
01:14:17C'est bien.
01:14:19Bah c'était bien.
01:14:20C'était bien.
01:14:29Le resto U, la cantine ?
01:14:38Bonjour.
01:14:39Ça va, bienvenue.
01:14:40Qu'est-ce que vous faites là ?
01:14:42Je visite l'université.
01:14:43Ah bon ?
01:14:43Et j'étais très curieuse
01:14:45de découvrir Cognat aussi, la ville.
01:14:47Ah bon ?
01:14:48Je peux vous inviter à Cognat ?
01:14:49Et avec votre autorisation,
01:14:51on fait ce télécours de mon ami
01:14:52et on y va tous les trois.
01:14:53On fait ça ?
01:14:54À tout de suite.
01:14:55À tout de suite.
01:14:57Qu'est-ce que t'en penses ?
01:14:58On essaye ici ?
01:14:58D'accord.
01:15:02Je crois qu'il y a des filles
01:15:03qui portent le voile,
01:15:04d'autres pas, comme toi.
01:15:05Il y a une vraie tolérance
01:15:06sur ce sujet ici ?
01:15:08Dans les écoles en Turquie,
01:15:12le port du voile est autorisé
01:15:13et on respecte les croyances des gens.
01:15:16Donc si on le souhaite,
01:15:17on porte le voile,
01:15:18mais on n'est pas obligé.
01:15:21Dans ma famille,
01:15:22on n'a jamais porté le voile,
01:15:23alors je ne le porte pas.
01:15:39Sophie,
01:15:40c'est pour les pigeons ?
01:15:41Je vais nourrir les pigeons.
01:15:43Comment on pourrait présenter
01:15:44cette ville de Cognat ?
01:15:45Est-ce qu'on peut dire
01:15:46que c'est une ville sainte
01:15:47et mystique ?
01:15:48Oui, un peu,
01:15:49parce que c'est une ville
01:15:51qui ressemble un peu
01:15:53à la ville de Lourdes.
01:15:54Ah oui.
01:15:59Cognat est considéré
01:16:00comme le pays de Mevlana.
01:16:02Mevlana, pour faire simple,
01:16:05c'est un philosophe mystique ?
01:16:07Je peux dire ça comme ça ?
01:16:08Exactement,
01:16:08c'est un philosophe mystique.
01:16:11Et il adresse ses messages
01:16:13sans faire une distinction
01:16:14d'hommes,
01:16:15de couleur,
01:16:16de race,
01:16:17etc.
01:16:17Donc c'est vraiment
01:16:18un message d'ouverture ?
01:16:19Oui, un message d'ouverture.
01:16:20Les Turcs sont plutôt soufis.
01:16:22Ils ont pris plutôt
01:16:25l'amour,
01:16:26la tolérance
01:16:27de l'islam.
01:16:34Viens, Sophie.
01:16:35C'est une boutique
01:16:36où je viens souvent
01:16:38pour acheter des dates.
01:16:40Quelle belle boutique,
01:16:40dis donc.
01:16:42pendant les jours
01:16:43de la fête
01:16:44et des jours sacrés,
01:16:45je viens acheter
01:16:46des dates ici.
01:16:48Vous savez,
01:16:48ce sont des dates
01:16:49qui viennent de l'Amérique.
01:16:50Mais j'imaginais pas
01:16:51qu'il y avait autant
01:16:52de variétés différentes
01:16:53de dates.
01:16:57Sophie,
01:16:57c'est un dervish-tonneur,
01:16:59vous voyez,
01:16:59et il y a le tenu blanc,
01:17:01ça représente le deuil.
01:17:02Alors là-haut,
01:17:03il y a son chapeau,
01:17:04c'est la pierre tombale.
01:17:07Son chapeau,
01:17:08ça représente
01:17:08la pierre tombale ?
01:17:09Oui, la pierre tombale.
01:17:10Il faut qu'on sorte
01:17:11de cette boutique
01:17:12parce qu'on va tout manger là.
01:17:13D'accord.
01:17:35Vous fabriquez des chapeaux ici ?
01:17:36Oui, c'est vrai.
01:17:39Vous parlez toutes les langues ?
01:17:44Alors voilà le chapeau
01:17:46traditionnel.
01:17:47Là-bas.
01:17:50Le voici.
01:17:51C'est toujours
01:17:52une fabrication artisanale,
01:17:54une fabrication à la main ?
01:17:55Oui, c'est fait maison.
01:17:57C'est de la laine Merinos
01:17:59qui vient de Chip.
01:18:01Est-ce que c'est un privilège
01:18:03pour vous
01:18:04de savoir fabriquer
01:18:06ces chapeaux ?
01:18:07Pour moi,
01:18:08c'est important
01:18:08car je ne suis pas turc,
01:18:10je viens d'Argentine.
01:18:11Je suis venue
01:18:12il y a 18 ans
01:18:13et j'ai épousé un turc
01:18:14qui fabrique
01:18:15des chapeaux en feutre.
01:18:17Il avait appris
01:18:17ce savoir-faire
01:18:18de son grand-père.
01:18:19Pour moi,
01:18:20c'est un plaisir
01:18:21de pouvoir les fabriquer.
01:18:22Je n'aurais jamais imaginé
01:18:23le faire un jour.
01:18:26C'est vraiment un chapeau
01:18:27que chaque derviche
01:18:29va pouvoir garder
01:18:30toute sa vie ?
01:18:31Cela dépend
01:18:32s'il en prend soin.
01:18:33Si oui,
01:18:33il le garde toute la vie.
01:18:36Est-ce que vous voulez
01:18:38bien l'essayer ?
01:18:38Oui, je peux essayer.
01:18:40Oui ?
01:18:40Je sens un peu
01:18:41l'esprit de Rumi
01:18:43qui tourne,
01:18:44qui va vers Dieu.
01:18:45J'ai envie de faire
01:18:47de ses mains
01:18:47quand je me...
01:18:48C'est-à-dire tourner ?
01:18:49C'est-à-dire, oui.
01:18:51Comme ça.
01:18:53Voilà.
01:18:59Il est encore tôt
01:19:00au mausolée de Mevlana.
01:19:02Le personnel prépare
01:19:04les lieux
01:19:04pour les visiteurs.
01:19:07Ici repose
01:19:08depuis le XIIIe siècle
01:19:09la dépouille
01:19:09d'un grand poète perse,
01:19:11Rumi,
01:19:12surnommé Mevlana.
01:19:14Il est arrivé
01:19:15à l'adolescence
01:19:16dans la ville de Cogna
01:19:17avec sa famille.
01:19:19Il sera de son vivant
01:19:20reconnu comme un saint.
01:19:22Cogna
01:19:23est donc
01:19:24depuis 800 ans
01:19:25une ville de pèlerinage.
01:19:32Traduit du persan
01:19:33à partir du XXe siècle,
01:19:35l'œuvre de Rumi
01:19:35est lue partout dans le monde
01:19:37et particulièrement
01:19:38aux Etats-Unis.
01:19:44Pour moi,
01:19:45Rumi est la personne
01:19:46qui a le mieux expliqué
01:19:47à toute l'humanité
01:19:48l'amour,
01:19:50l'amitié,
01:19:52la fraternité
01:19:52et la paix.
01:19:54C'est tout cela
01:19:55qu'il a essayé
01:19:56de transmettre.
01:20:02Est-ce qu'il reste
01:20:03des personnes
01:20:03du groupe de Hadjigular ?
01:20:09Le père de Mevlana
01:20:10a commencé à donner
01:20:11des cours
01:20:12dans cette mosquée
01:20:13et quand il est mort
01:20:14en 1231,
01:20:15c'est Mevlana
01:20:16qui l'a remplacée.
01:20:20À deux pas
01:20:20de ce site prestigieux
01:20:21qui est chaque année
01:20:22visité par des millions
01:20:23de pèlerins,
01:20:24Esheen quitte sa fondation.
01:20:26Elle est la 22e
01:20:28arrière-petite-fille
01:20:28du poète
01:20:29et continue avec ses frères
01:20:31à entretenir la mémoire
01:20:32et le message
01:20:32de son illustre ancêtre.
01:20:35Mevlana a ouvert
01:20:36une nouvelle voie
01:20:37dans l'islam
01:20:37en misant davantage
01:20:38sur le contact direct
01:20:39avec Dieu par le chant,
01:20:40la danse
01:20:41et la poésie.
01:20:43« Même si vous gagnez
01:20:49beaucoup d'argent,
01:20:50il ne faut pas
01:20:51oublier son âme
01:20:53car elle a faim.
01:20:56La seule façon
01:20:57de la nourrir
01:20:58est dans la spiritualité.
01:21:01C'est pour cela
01:21:01qu'il y a
01:21:02de plus en plus
01:21:03de monde
01:21:03au mausolée
01:21:04de Mevlana. »
01:21:08Pendant l'anniversaire
01:21:09de sa mort,
01:21:10en décembre,
01:21:11les pèlerins
01:21:11affluent du monde entier.
01:21:13Ce petit hôtel
01:21:14reçoit un groupe
01:21:15d'étrangers
01:21:15suisses,
01:21:16allemands,
01:21:16hollandais
01:21:17qui ont trouvé
01:21:18dans les écrits
01:21:18de Mevlana
01:21:19un écho
01:21:20à leur spiritualité.
01:21:21« Ce qui m'a touché
01:21:23en lisant Rumi,
01:21:24c'est son actualité,
01:21:27sa manière
01:21:28de libérer
01:21:34la recherche spirituelle.
01:21:36Il n'y a pas
01:21:37de sectarisme
01:21:38qui serait dû
01:21:39à des problèmes
01:21:41de nationalité,
01:21:42d'ethnie
01:21:43ou de religion. »
01:21:50Dans ce cimetière,
01:21:51Nathalie profite
01:21:52de sa venue
01:21:53à Konya
01:21:53pour se recueillir
01:21:54sur la tombe
01:21:55d'Eva de Vitray,
01:21:56traductrice française
01:21:57des œuvres du poète.
01:21:59Ils sont nombreux
01:22:00à participer
01:22:00aux cérémonies soufis
01:22:01qu'on appelle
01:22:02« Semma »,
01:22:02sans pour autant
01:22:03se convertir à l'islam.
01:22:05« Pratiquement
01:22:06tous les soufis
01:22:07sont musulmans.
01:22:09Mais on n'a pas,
01:22:11à mon sens,
01:22:12besoin d'être musulmans
01:22:14pour être soufis.
01:22:15En ce sens
01:22:16que c'est simplement
01:22:17une philosophie universelle,
01:22:19humaniste.
01:22:20Et donc pour ça,
01:22:21on n'a pas besoin
01:22:22d'être catholique,
01:22:23ni protestant,
01:22:24ni orthodoxe,
01:22:25ni juif,
01:22:25ni même païen.
01:22:26Il suffit avant tout
01:22:27d'être un être humain.
01:22:37On a beaucoup travaillé
01:22:39pour faire respecter
01:22:41les fondements
01:22:42de cette philosophie,
01:22:44pour que les Semmas
01:22:45soient identiques
01:22:46à ce qu'ils étaient
01:22:47à l'origine.
01:22:48L'UNESCO a accepté
01:22:49d'inscrire notre projet
01:22:51au patrimoine mondial
01:22:52immatériel.
01:23:03Chaque soir,
01:23:04les adeptes du soufisme
01:23:05respectueux des préceptes
01:23:07de Mevlana
01:23:07se retrouvent dans les Semmas
01:23:09pour chanter,
01:23:10jouer de la musique
01:23:10et danser jusqu'à la trance.
01:23:15Ainsi,
01:23:15ils réussissent
01:23:16à gagner l'extase
01:23:17pour trouver
01:23:18le chemin du divin.
01:23:19Sous-titrage Société Radio-Canada
01:23:40Maintenant, on va vers le centre de la cérémonie de Mevlana Djala Tenroumi.
01:23:47Tout le monde va vers le centre.
01:23:50C'est ça qu'on appelle le sema ?
01:23:51C'est ça, c'est ça.
01:23:52Le sema, c'est la cérémonie de Dervishton.
01:24:17Alors c'est ici qu'on va insister au sema, la danse des Dervishtourneurs.
01:24:20Exactement, ce n'est pas un spectacle, n'importe quel spectacle.
01:24:23C'est religieux bien sûr, il y a une spiritualité là-dedans.
01:24:27Comment on pourrait traduire ce mot sema ?
01:24:29Sema veut dire c'est la danse cosmique.
01:24:34Je vois qu'il y a tous les âges.
01:24:36Est-ce que c'est un honneur d'être Dervishtourneur ?
01:24:40Comment deviennent-ils Dervishtourneurs ?
01:24:41Il faut passer par une initiation de Dervishtourneurs.
01:24:46Et il faut avoir l'habitude de tourner aussi.
01:24:49Parce que tout le monde ne peut pas tourner.
01:24:51A chaque fois, il passe devant la lumière, c'est la lumière divine.
01:24:54Il salue la lumière divine.
01:24:56Il salue la lumière divine.
01:25:06Vous voyez, ils ont pris la forme d'un en faisant comme ça sur l'éroport.
01:25:13Cela veut dire Dieu est seul.
01:25:16Un seul.
01:25:17Il prend la forme.
01:25:18Tout un homme, ils ont enlevé leur orc noir.
01:25:22Ils se sont évadés, s'évadés de la terre.
01:25:32Ils tournent sur eux-mêmes, de droite à gauche, et ils embrassent tout le monde,
01:25:37c'est-à-dire ils embrassent tout le monde vers leur cœur.
01:25:41La main droite est inclinée vers le ciel.
01:25:43Et vers le ciel.
01:25:45Donc vers Dieu.
01:25:45Vers Dieu.
01:25:46Ils prennent la vérité de Dieu, la connaissance de Dieu,
01:25:50et ils donnent avec la main gauche au peuple, qui distribue la connaissance.
01:25:55Alors là, ils sont en extase.
01:26:33Voilà, Nargoul, c'était une grande première pour moi.
01:26:36On sort de là, empli de joie.
01:26:39Pourquoi ce message d'amour est-il aussi important ?
01:26:43Parce que l'essentiel de la création par Dieu, c'est l'amour.
01:26:49C'est l'amour de la vie.
01:26:52Au sens de la vie, il y a l'amour.
01:26:54Au sens de la vie, il y a l'amour.
01:26:56L'amour, l'amour, l'amour.
01:26:58La tolérance vient par l'amour, d'ailleurs.
01:27:00S'il n'y a pas d'amour, il n'y a pas de tolérance.
01:27:02Exactement, je ne pourrais pas dire mieux.
01:27:04Il n'y a que l'amour, l'amour, l'amour, l'amour.
01:27:06En tout cas, j'espère que ce voyage en Turquie vous aura plu.
01:27:09Merci à tous les deux de m'avoir accompagnés ici.
01:27:12Merci à toi de nous avoir initiés et de nous avoir fait découvrir ce monde des derviches tourneurs.
01:27:19Au revoir.
01:27:20On s'embrase avec grand plaisir.
01:27:22Et c'est à toi que je vais demander de dire au revoir en turc.
01:27:25Comment on dit au revoir et à bientôt ?
01:27:29Moi je vous embrasse, je vous dis à bientôt et faites de beaux voyages !
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