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  • il y a 10 ans
Echappées belles : Jérôme est au cœur de Berlin sur un traineau à roulettes tiré par des chiens huskies. L'émission nous dévoilera l'héritage est allemand qui ...

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00:00:00Générique
00:00:32Hop ! Hop !
00:00:42Laisse !
00:00:46Esté !
00:00:47Esté ! Esté !
00:00:50Waouh !
00:00:51Quel pilote !
00:00:53Bravo ! C'est extraordinaire !
00:00:56Tu te promènes
00:00:58dans la ville comme si
00:00:59tu étais avec un véhicule qui se
00:01:01manie parfaitement.
00:01:03Cette semaine, je vous emmène à Berlin,
00:01:05une ville divisée pendant
00:01:07plusieurs décennies, qui s'est réunifiée
00:01:09il y a environ une vingtaine d'années. Berlin, c'est
00:01:11comme un livre d'histoire à ciel ouvert.
00:01:13On dit qu'ici, tout est possible.
00:01:15Alors, au travers de lieux insolites
00:01:17et de personnages atypiques,
00:01:19comme Daniel, je vous propose un nouvel
00:01:21éclairage sur la ville, notamment
00:01:23avec la dernière étape de mon voyage
00:01:25qui sera le festival des Lumières.
00:01:27Magnifique festival !
00:01:28Voilà ! Donc, soyez les bienvenus
00:01:30dans la ville d'Helmut Newton et de Marlène Dietrich.
00:01:33Bienvenue dans mes échappées baires linoises !
00:01:48Ça, c'est le Reichstag.
00:01:49Ah, c'est le Parlement ?
00:01:51Où est-ce qu'ici
00:01:52qu'on fait de la politique ?
00:01:54Le bâtiment était endommagé pendant la guerre.
00:01:56Par exemple, il y avait une coupole
00:01:57et elle a été détruite par un incendie.
00:02:00Et cette coupole en verre
00:02:01a été construite à la place.
00:02:04La ville est en pleine transformation.
00:02:06On cherche à conjuguer le moderne
00:02:07et l'ancien.
00:02:10Et le Reichstag, c'en est un bon exemple,
00:02:12car son architecture est une combinaison
00:02:14d'anciens et de modernes.
00:02:19On le voit aussi sur la chancellerie.
00:02:21L'architecte a essayé de représenter la nature
00:02:24tout en faisant en sorte de rester en harmonie
00:02:26avec l'architecture classique.
00:02:28Donc, c'est la maison d'Angela Merkel, ici.
00:02:30La chancelière.
00:02:32C'est grand, elle est de la place.
00:02:37Allez, on piste !
00:02:42Ah, c'est vraiment génial, ça !
00:03:08Et tu as le droit d'être sur la route avec tes chiens,
00:03:10s'autoriser dans la ville de Berlin ?
00:03:11En fait, je n'ai pas besoin de permis spécial
00:03:13pour circuler comme ça en ville.
00:03:17J'ai quand même besoin d'avoir une autorisation
00:03:19des services vétérinaires.
00:03:21J'aime mes chiens et je ne prendrai jamais le risque
00:03:23de les mettre en danger.
00:03:38Hop !
00:03:46J'ai un peu l'impression d'être la reine d'Angleterre.
00:03:50Ça, c'est la célèbre porte de Brandenbourg.
00:03:53C'est celle qui séparait Berlin-Ouest de Berlin-Est, c'est ça ?
00:03:57Oui, ici, on est à l'Ouest et de l'autre côté, c'est l'Est.
00:04:01C'est ici que Kennedy a prononcé la fameuse phrase.
00:04:07Et ça fait combien de temps que tu proposes aux gens
00:04:09une balade comme ça dans la ville avec tes chiens ?
00:04:12Ça fait six ans que je suis à mon compte et que j'organise ces circuits.
00:04:16mais je travaille avec les chiens de traîneau depuis 15 ans.
00:04:20Un jour, je me suis retrouvé sans emploi.
00:04:22J'ai pensé à me séparer de mes chiens.
00:04:25Et puis je me suis dit, plutôt que de me séparer d'eux,
00:04:28je pourrais peut-être travailler avec eux
00:04:29et essayer de gagner de l'argent.
00:04:45J'ai l'impression qu'on fait des jaloux.
00:04:50Tu leur fais faire ce que tu veux, c'est incroyable.
00:04:55Ici, vous avez donc le levier de vitesse.
00:04:58Alors la première, elle est en bas, ici.
00:05:00La deuxième, elle est sur le même niveau, à gauche.
00:05:05Revenez par le milieu.
00:05:06Et le milieu.
00:05:08Et enfoncez le levier vers vous, enfoncez.
00:05:14Ce véhicule si compliqué à apprivoiser,
00:05:17c'est pourtant la voiture du peuple.
00:05:18La Traban est sans aucun doute le symbole le plus sympathique
00:05:21de l'ancienne RDA.
00:05:22A bord de son modèle décapotable,
00:05:24Julie, une Française installée à Berlin,
00:05:27embarque des touristes pour un safari très soviétique.
00:05:30Les restes de l'Est ont la cote chez les touristes.
00:05:37On va uniquement conduire à travers Berlin à Est.
00:05:41Et vous allez découvrir la vie, à l'époque de la RDA,
00:05:46assis dans votre Trabi.
00:05:51La Trabi, c'est une voiture culte aujourd'hui,
00:05:53puisque cette voiture, c'était presque le seul véhicule qu'on avait du temps de la RDA.
00:05:59La population Est allemande devait s'enregistrer à l'avance et ensuite attendre des années.
00:06:05Le temps d'attente variait de 8 à 15 ans.
00:06:08La Traban se laisse finalement dompter assez facilement.
00:06:11Et quand le convoi quitte le centre de Berlin pour s'engager dans les grandes avenues soviétiques,
00:06:15le touriste a le sentiment d'avoir poussé un peu trop à l'Est et de se retrouver à Moscou.
00:06:23Alors, on arrive à présent dans la Karl Marx Allée.
00:06:26Cette rue-là, donc, devant nous, c'est une rue de parade.
00:06:30C'était une rue de prestige du temps de la RDA.
00:06:3290 mètres de large, 2 kilomètres de long.
00:06:36C'est l'allée typiquement stalinienne.
00:06:40C'était un moyen de montrer ce que le régime Est allemand était capable de faire.
00:06:45Après quelques heures au volant d'une Traban,
00:06:46ceux qui sont encore nostalgiques peuvent poursuivre l'immersion en choisissant de passer une nuit en RDA.
00:06:53Dans ces HLM typiques de l'est de la capitale,
00:06:55se trouve l'Host Hotel, un établissement qui propose le gîte,
00:06:59mais surtout une plongée dans le passé.
00:07:01Ici, les horloges sont réglées sur l'heure des états socialistes amis.
00:07:05Et l'ancien président de la chambre du peuple veille sur la réception.
00:07:09C'est Daniel qui a eu l'idée de cet hôtel à thème.
00:07:11Il a grandi sous le régime communiste
00:07:13et veut faire partager ses souvenirs de jeunesse aux touristes.
00:07:18Voici une chambre d'hôtel de place typique de la RDA.
00:07:22Évidemment, on a fait attention à ce que tous les meubles soient originaux
00:07:25et que tous les détails soient respectés.
00:07:28Vous trouvez de la lecture socialiste,
00:07:30une décoration d'époque,
00:07:32dont l'inévitable fausse plante typique à la RDA.
00:07:35On a aussi cette radio originale.
00:07:39Ici, tous les meubles sont d'époque.
00:07:41Ils ont été récupérés dans des familles ou sur les marchés aux puces.
00:07:45Aujourd'hui, ce sont des pièces de collection.
00:07:47Même la broderie est politique.
00:07:49Ce napperon apparemment inoffensif est en fait à l'effigie de l'armée nationale du peuple.
00:07:55Daniel est fier de nous montrer comment il a aménagé les chambres pour les petits budgets.
00:08:01Il s'est inspiré des camps scouts qu'il a fréquentés lorsqu'il était enfant.
00:08:07C'est disposé comme dans les camps de scouts de l'époque,
00:08:10les uns au-dessus des autres, et chaque lit possède son armoire.
00:08:13Ce sont toutes des armoires originales.
00:08:16Elles sont solides.
00:08:18Elles étaient utilisées soit par l'armée, soit dans les camps de scouts.
00:08:23On ne voulait pas faire une apologie de la dictature.
00:08:30L'idée, ce n'est pas de faire de la politique.
00:08:33On n'est pas des politiciens.
00:08:36On voulait juste montrer l'art de vivre et la vie quotidienne dans la RDR.
00:08:42Et ça marche. Les touristes remplissent l'hôtel.
00:08:45Ils raffolent de cette plongée dans l'histoire.
00:08:48C'est génial.
00:08:49J'ai vraiment eu l'impression de mettre le pied dans un musée vivant.
00:08:52Et en un sens, cette initiative, c'est bien,
00:08:54parce que ça permet de regarder le passé en face.
00:08:57C'est important pour les épisodes de notre histoire dont on est fiers.
00:09:00Mais ça l'est encore plus pour les périodes avec lesquelles on est mal à l'aise.
00:09:06Le business de l'hostalgie n'est pas réservé aux seuls touristes étrangers.
00:09:10Dans ce supermarché du centre de Berlin,
00:09:12les clients sont pour la plupart des Allemands aux cheveux grisonnants.
00:09:17Bianca Chaleur, la directrice, a créé ce magasin il y a dix ans.
00:09:21Et tous les produits qu'elle propose en rayon ont un point commun.
00:09:25Ces coctiers en forme de poule sont très prisés des clients et des enfants.
00:09:30Ils existaient déjà au temps de la RDA.
00:09:33Et c'est exactement le même modèle.
00:09:35La même forme.
00:09:37Ça, c'était les trois couleurs standards de l'époque.
00:09:42Chocolat révolutionnaire, serviettes trabant,
00:09:45bière d'Etat et même ostcola.
00:09:48Ici, la condition pour avoir une place en rayonnage,
00:09:51c'est d'avoir été commercialisé en RDA.
00:09:53Et c'est le seul argument qui vaille aux yeux des consommateurs.
00:09:57Je veux acheter comme à l'époque de la RDA.
00:10:00C'est là-bas que je suis née et que j'ai grandi.
00:10:03Je suis une vraie Allemande de l'Est.
00:10:06En venant ici, je recherche mes souvenirs.
00:10:13On a grandi avec ces produits.
00:10:16La seule chose qui a changé, c'est que leurs prix ont un peu augmenté.
00:10:20En fait, ils ont pas mal augmenté.
00:10:25Cette nostalgie qui dicte les choix de ces consommateurs,
00:10:28c'est celle de leur jeunesse plutôt qu'un regret de la RDA.
00:10:31La majorité des anciens Allemands de l'Est
00:10:33n'oublient pas qu'ils ont vécu dans un régime brutal et dictatorial.
00:10:38Ici, dans le quartier de Lichtenberg,
00:10:40ces immeubles sans âme étaient les plus redoutés du pays.
00:10:43Personne ne souhaitait avoir à passer ce Porsche.
00:10:46Cette ville dans la ville de deux kilomètres carrés,
00:10:48c'est l'ancien complexe de la Stasi,
00:10:50la police politique de la RDA.
00:10:52Ce qui fut autrefois la cantine de ces agents
00:10:54est aujourd'hui devenu un musée
00:10:56sous l'impulsion d'une association de citoyens.
00:11:00Je vais vous parler de cet objet.
00:11:02On voyait un sac à main de femme,
00:11:04tout ce qu'il y a de plus normal.
00:11:05Mais à l'intérieur, il y a un appareil photo.
00:11:11Le guide Muller fait découvrir aux visiteurs
00:11:13des gadgets tout droit sortis d'un vieux James Bond.
00:11:16Caméras cravate, thermos de café masquant un appareil photo,
00:11:21jerrycan ou même tronc d'arbre espion.
00:11:25Des reliques d'un régime paranoïaque
00:11:27qui avait érigé l'espionnage de ces citoyens en méthode de gouvernement.
00:11:34En 1989, il y avait 91 000 personnes qui travaillaient pour la Stasi.
00:11:39Ça fait environ un membre de la police secrète
00:11:42pour 180 habitants de la RDA.
00:11:45C'est un ratio qui n'a jamais été atteint,
00:11:47même dans les autres pays socialistes.
00:11:51Le modèle de la Stasi, c'était le KGB en URSS.
00:11:55Les deux centrales se rassemblent jusque sur leur blason.
00:11:58Le bouclier, c'est pour défendre le régime.
00:12:00L'épée, elle, est là pour punir ceux qui menacent sa survie.
00:12:04Vingt ans après, le symbole fait encore froid dans le dos.
00:12:06Les deux centrales se rassemblent.
00:12:10Hop ! Tiens ! Hop ! Hop ! Hop ! Hop !
00:12:19Hop !
00:12:20Bravo, hein !
00:12:21Belle équipe, hein ! Dis donc !
00:12:24Chapeau, les chiens !
00:12:25Hop ! Hop !
00:12:27Hop !
00:12:30La qui ?
00:12:32Formidable !
00:12:32Hop ! Hop ! Hop !
00:12:36Et voilà !
00:12:38C'est parti !
00:12:43Si, c'est parti !
00:12:44Et voilà !
00:12:48C'est parti !
00:12:57Ha !
00:12:58C'est parti !
00:13:07Oups ! Allez, venez les chiens.
00:13:19Voilà Jérôme, on est arrivé.
00:13:24Moi j'habite ici.
00:13:25C'est un terrain qui appartient à la municipalité et qui m'a autorisé à m'installer ici.
00:13:32C'était quoi ici ?
00:13:33C'était des bâtiments appartenant à la Stasi.
00:13:37Il y avait des chiens qui avaient pour mission de surveiller les alentours, car c'était un énorme centre de
00:13:42sécurité.
00:13:43La Stasi, c'était un peu l'espionnage interne.
00:13:46Oui, de la ville.
00:13:49Tout le courrier de l'Allemagne de l'Ouest vers l'Allemagne de l'Est arrivait ici et était contrôlé.
00:13:55En plus d'ouvrir les lettres, ils s'assuraient qu'aucun matériel de l'Ouest ne puisse rentrer.
00:14:01Et les chiens étaient là pour maintenir les étrangers, loin du centre, tous ces chenils.
00:14:09Et qu'est-ce que ça te fait toi au jour d'aujourd'hui d'être dans des locaux comme
00:14:13ça qu'ont occupé les gens de la Stasi ?
00:14:16Bien, j'ai longtemps cherché un véritable terrain où je pouvais habiter, car c'est très difficile de trouver un
00:14:22lieu où vivre avec 25 chiens.
00:14:25Les anciens bâtiments de la Stasi sont laissés à l'abandon et tombent en ruine.
00:14:31Mais j'ai trouvé un endroit où me poser, avec beaucoup d'espace autour, et c'est très calme.
00:14:37En une demi-heure, je suis au centre-ville. Qu'est-ce que je pourrais demander de plus ?
00:14:41J'ai l'impression que ce qui compte pour toi, c'est que tes chiens soient bien, et que presque
00:14:45ton propre confort passe en deuxième temps.
00:14:47Oui, c'est vraiment primordial que mes chiens aient un chez-eux, où ils peuvent courir en toute liberté.
00:14:53Et où on a enfin réussi à avoir un peu de paix.
00:15:08Je suis né en Suisse, à Zurich, précisément.
00:15:14Je suis venu à Berlin par amour, pour une femme qui y vivait.
00:15:18Je suis arrivé juste avant la réunification, la chute du mur, en 1989.
00:15:23Donc tu as vécu tous les événements en 1989, dès en arrivant, quoi.
00:15:27Tu as été tout de suite plongé dans ce contexte-là.
00:15:31Oui. À la chute, c'était une atmosphère incroyable.
00:15:35Les gens étaient fous de joie.
00:15:38Mais avec le temps, il y a eu comme un arrière-goût, un peu amer.
00:15:43Parce qu'il faut reconnaître que le capitalisme et la vie à l'Ouest n'étaient pas si faciles que
00:15:48ça.
00:15:49J'espère que cette belle idée avec les chiens de traîneau te permettra, à terme, d'acheter la maison derrière.
00:15:56Et puis te permettre de continuer à vivre ta passion avec tes chiens.
00:16:00Merci.
00:16:00Merci à toi, en tout cas, pour cette journée.
00:16:02Merci.
00:16:04Merci.
00:16:05Merci.
00:16:30Thierry Noir ne s'en lasse jamais.
00:16:33Revoir East Side Gallery.
00:16:35Une fresque de 1300 mètres de long.
00:16:37Le mur encore préservé.
00:16:40En 1985, ce Français a été le premier artiste à peindre sur ses blocs de béton.
00:16:46J'ai peint entre avril 1984 et la chute du mur jusqu'en février 1990.
00:16:54J'ai peint environ 5 kilomètres de mur.
00:16:57C'est vraiment quelque chose qui n'avait pas été encore fait à l'époque.
00:17:11On essayait de peindre le plus rapidement possible.
00:17:14Parce que comme c'était dangereux et interdit, il ne fallait pas trop traîner.
00:17:20La plupart du temps, en deux heures, je faisais un tableau comme ça, sans problème.
00:17:28Le mur comme galerie d'art.
00:17:30Ça n'a pas toujours été le cas.
00:17:35Il y a 50 ans, la guerre froide.
00:17:37Été 1961, la ville est coupée en deux.
00:17:41L'Ouest est occupé par les Américains, les Anglais et les Français.
00:17:45L'Est par les Russes.
00:17:48Rainer Just, membre de la paroisse située à Bernauerstrasse, a subi comme des milliers d'Allemands cette séparation tragique et
00:17:55absurde.
00:17:56Il a vu disparaître son église derrière le mur.
00:18:08Regardez, voici une photo qui date de 1975, où l'on voit l'église, abandonnée, au milieu du No Man's
00:18:15Land, située entre les barbelés et le mur.
00:18:20C'est le dernier bâtiment encore debout au milieu de nulle part, inaccessible pour tous les fidèles de l'Ouest
00:18:25comme de l'Est.
00:18:30Ici, c'est l'église en 1985.
00:18:33Cette année-là, les autorités décident de la détruire.
00:18:37La nef disparaît en janvier, et quelques jours plus tard, le clocher tombe.
00:18:42A l'époque, ces images ont fait le tour du monde.
00:18:45J'ai vécu cet événement du haut d'un immeuble voisin. J'ai tout vu.
00:18:53Mais Rainer Just ne s'attendait pas à assister à la chute du mur, seulement quatre ans après cet épisode.
00:19:00En mémoire de l'église disparue, on décide de construire la chapelle de la Réconciliation sur l'emplacement de l
00:19:06'ancien No Man's Land.
00:19:15Cet hôtel se trouvait dans l'église qui a été détruite.
00:19:19Nous l'avons retrouvé après la chute du mur.
00:19:22Mais la sculpture de Jésus et des apôtres pendant la scène est très abîmée.
00:19:26Les visages ont été tailladés.
00:19:29On suppose que les soldats qui avaient accès à l'église ont pu commettre cet acte de vandalisme.
00:19:37Vandalisme, plaies, déchirures, impossible d'oublier ce mur conservé par les Berlinois.
00:19:45Jouer avec les souvenirs de la guerre froide.
00:19:47Dans la banlieue de Berlin, Tom Luceyte, comédien et acteur, s'y emploie tous les jours.
00:19:56Avant d'aller au travail, il doit choisir son uniforme.
00:20:01Nous avons commencé avec cet uniforme.
00:20:04A l'époque, il a coûté 25 euros.
00:20:08Petit à petit, nous avons continué cette collection et dépensé jusqu'à 30 000 euros.
00:20:13Il y a des uniformes américains, des uniformes britanniques, des uniformes français et des uniformes russes.
00:20:20L'uniforme français a été le plus dur à trouver.
00:20:22Parce que les français, en partant, eh bien ils ont tout remporté.
00:20:28Chaque matin, Tom retourne au point de passage obligé du mur de Berlin pour les diplomates pendant la guerre froide.
00:20:42Checkpoint Charlie
00:20:46Comment tu vas ?
00:20:47Bien.
00:20:48Comment ça se passe ?
00:20:49Très bien.
00:20:50Jusqu'à maintenant, ça marche bien.
00:20:52Magnifique.
00:20:53Ce matin, il y a beaucoup de monde.
00:20:55Fais voir un peu.
00:20:58Là, comme ça.
00:21:00Voilà, la cravate, comme ça.
00:21:02Ok, très bien.
00:21:04Ok, très bien.
00:21:18Ici, les gens payent pour prendre des photos.
00:21:21C'est 2 euros.
00:21:22Vous pouvez en faire autant que vous voulez.
00:21:24Comme ça, ils repartent avec un souvenir de ce lieu historique.
00:21:30Un lieu historique.
00:21:32Octobre 1962.
00:21:34Ici, chars russes et américains se sont fait face.
00:21:38Difficile à imaginer pour les milliers de touristes, de passage chaque année.
00:21:42Mais on a évité de peu une troisième guerre mondiale.
00:21:45sous-titrage Société Radio-Canada
00:21:54C'est parti !
00:22:25Parfait !
00:22:26D'accord !
00:22:43On s'est un peu seuls.
00:22:48Apparemment vous êtes satisfaits du but.
00:22:53Les gens ici suivent souvent le foot dans les bars.
00:22:56Chaque week-end et pendant les matchs internationaux,
00:23:00il y a toujours beaucoup de monde qui suit le football dans ce bar.
00:23:04C'est très souvent plein ici.
00:23:05Et même jusque sur les trottoirs les gens regardent les matchs.
00:23:09Les femmes regardent apparemment ?
00:23:10Oui, puisque vous êtes là.
00:23:11Regardent aussi les matchs à la télé avec les garçons comme ça ?
00:23:15Je pense que depuis les dix dernières années,
00:23:17il y a plus de femmes qui jouent au football.
00:23:19Il y a de plus en plus de joueuses inscrites dans des clubs et des associations sportives.
00:23:24Il y a même une ligue de football féminine.
00:23:26Il y a donc un peu plus d'intérêt.
00:23:29Il y a encore plus d'intéressants.
00:23:31Je ne suis pas d'accord.
00:23:33C'est vrai qu'il y a eu un moment précis pendant la dernière Coupe du Monde féminine
00:23:36où on était tous très euphoriques
00:23:38et on regardait les retransmissions de matchs tous ensemble.
00:23:41Mais dès la fin de la compétition,
00:23:43l'enthousiasme est retombé.
00:23:44Pour moi, ça aurait été étonnant que cette euphorie partagée perdure.
00:23:48Peut-être que si les femmes regardent plus le football qu'avant,
00:23:53c'est par amour pour leur homme.
00:23:55Exactement comme moi maintenant.
00:23:57Oui, elles regardent plus en fait.
00:24:37Franchi
00:24:38Franchi
00:24:39Franchi
00:24:40Comp atrás
00:24:59Ça va ? Je t'embrasse.
00:25:02Ça joue, hein ? Il y a du rythme, hein ?
00:25:05Tu te débrouilles vachement bien.
00:25:07Ça fait longtemps que je joue au foot.
00:25:09Depuis quel âge tu joues ?
00:25:10Depuis que j'ai 5 ans.
00:25:12Et vous vous retrouvez souvent pour jouer ici ?
00:25:15Là, c'est la première fois qu'on vient là,
00:25:17parce que, normalement, on a un vrai terrain de foot.
00:25:19Ça, c'est étonnant, cet endroit.
00:25:20On dirait une piste d'atterrissage.
00:25:22C'est quoi ?
00:25:23Ça l'était, ça l'était.
00:25:24C'était un aéroport ?
00:25:25C'était un aéroport.
00:25:28Depuis un an, en fait, c'est devenu un parc public.
00:25:31Avant, c'était un des trois aéroports à Berlin.
00:25:35Et il a servi à quelle époque, cet aéroport ?
00:25:37Je crois qu'il a été créé dans des années 20,
00:25:40et après, c'est pendant l'époque du Troisième Reich
00:25:43que ça a été vraiment agrandi.
00:25:46Et puis, il n'a plus servi à grand-chose.
00:25:48Donc, on l'a fermé.
00:25:50Et donc, les gens viennent pour faire du footing,
00:25:53du roller, pour des balades.
00:25:55Il y a du mini golf là-bas.
00:25:57Il y a un cirque.
00:25:59Ouais, on peut faire du picnic.
00:26:00On peut tout faire ici.
00:26:01C'est avec un temps comme aujourd'hui.
00:26:03Du barbecue et tout, oui.
00:26:05On veut créer un espace pour l'échange interculturel.
00:26:10Donc, on a créé des événements.
00:26:12On a fait un grand tournoi avec des équipes des huit nations,
00:26:16je crois, qui sont venues à Berlin pour jouer.
00:26:18Il y a tout un mouvement de foot féminin.
00:26:23De quel pays ?
00:26:24De Togo, Cameroun, Rwanda, des Indes, Brésil, France aussi.
00:26:31Et quoi d'autre ? Israël et les territoires palestiniens.
00:26:34Belle initiative, dis donc.
00:26:35Ouais, c'était cool.
00:26:37C'était super.
00:26:38Et quel est le regard des garçons, des footballeurs
00:26:40ou autres, d'ailleurs, sur le fait que vous jouiez au football ?
00:26:44Bon, ça ne m'ennuie pas trop, mais c'est un peu...
00:26:46C'est toujours un peu macho, quoi.
00:26:48Tu vois, c'est...
00:26:49Voilà, oui.
00:26:50Mais ça change.
00:26:52Et voilà, ça...
00:26:53Dans 30 ans, on n'en parlera plus de différence.
00:26:58Jérôme, tu veux jouer avec nous, non ?
00:27:00Ça fait très longtemps que je n'ai pas joué au football.
00:27:01Allez, allez, va, allez.
00:27:02C'est une condition physique de...
00:27:03Ah non, ça va.
00:27:04...d'une bûche en bois, moi, tu sais.
00:27:05Ah, viens, viens, viens.
00:27:07Allez.
00:27:14Allez.
00:27:16Allez.
00:27:22Allez.
00:27:24Allez !
00:27:27Il faut les yeux.
00:27:42Allez.
00:27:43Allez.
00:27:45Merci, c'est vous qui avez bien joué.
00:27:50Je me suis contenté de courir parce que j'ai pu.
00:27:56En tout cas, c'était très sympa.
00:27:58Très agréable.
00:27:59C'était super, oui.
00:28:00C'est vrai, là, c'est détendu, ça fait plaisir.
00:28:04C'est l'aéroport, qu'est-ce qu'il va devenir ?
00:28:06Parce qu'il est en train de bouger en pleine de jeu.
00:28:08Mais l'objectif final, c'est quoi ?
00:28:10Je crois que la ville n'est pas encore décidée de quoi faire avec cet endroit magnifique.
00:28:16J'espère que ça va rester.
00:28:18Mais je crois aussi que la ville pourrait gagner beaucoup d'argent avec cet endroit.
00:28:23Donc j'espère qu'ils ne vont pas déconner là-dessus.
00:28:28Est-ce que tu trouves que ce lieu est à l'image de ta ville ?
00:28:31C'est-à-dire que c'est un lieu que les Berlinois se sont vite appropriés.
00:28:35Et puis en même temps, c'est un endroit, un espace vert XXL.
00:28:39Il y en a beaucoup ici.
00:28:41Oui, il y a des parcs, il y a beaucoup de verdure à Berlin.
00:28:44Et il y a beaucoup d'endroits où on ne sait pas encore vraiment ce qui va se passer avec.
00:28:49Donc il y a beaucoup de barres qui se créent, qui savent que dans deux ans, ils vont peut-être
00:28:54fermer.
00:28:55Mais ça bouge tout le temps, donc c'est très intéressant.
00:28:58C'est tant qu'il n'y a pas encore que des immobiliers ici et des banquiers.
00:29:04Peut-être ça va encore rester un peu.
00:29:22Berlin, capitale du rock.
00:29:23La réputation n'est pas usurpée.
00:29:25L'amateur peut s'en remplir les tympans tous les soirs.
00:29:28La capitale allemande est un réservoir inépuisable de groupes et de salles de concert.
00:29:37Mais depuis quelques années, le paysage culturel est en plein bouleversement.
00:29:40La ville est devenue un eldorado pour jeunes artistes.
00:29:43Et l'art est partout, même là où on ne s'y attend pas.
00:29:46Ici, dans ce quartier de l'est de Berlin, les promoteurs règlent leur compte à d'anciens bâtiments de la
00:29:51RDA sous l'objectif attentif de Bettina Krieg.
00:29:54Ni chef de chantier, ni architecte, c'est une artiste en quête d'inspiration.
00:29:59Là, je prends des photos d'une ruine.
00:30:03Je prends des photos des différents fragments de la maison.
00:30:06J'ai l'impression qu'il y a des...
00:30:08C'est comme des sculptures qui sont en train de se créer.
00:30:12Et c'est avec ce archive-là qu'à partir de ça, je fais mes dessins.
00:30:20Bettina travaille à Kreuzberg, un quartier populaire au milieu duquel cette friche industrielle a été transformée en pépinière d'artistes.
00:30:27Voilà, ici c'est l'endroit où je travaille.
00:30:29J'ai mon atelier au deuxième étage, partagé avec plusieurs artistes qui travaillent ici.
00:30:34Il y a des architectes aussi, une école de danse et des gens qui font la musique.
00:30:41Son univers pictural, c'est un enchevêtrement de végétation et de ruines.
00:30:46K.O. ou construction, chacun est libre d'y voir ce qu'il veut.
00:30:51Armée seulement d'un porte-plume, il s'attaque à de larges toiles.
00:30:54Je travaille à la plume parce que j'aime, en fait, c'est très fin et ça coupe presque comme
00:31:02si je coupais dans le papier.
00:31:05Donc c'est pas doux, c'est quelque chose un peu... c'est fort.
00:31:10Et je peux faire des détails. J'adore faire des détails et prendre des choses un peu complexes.
00:31:19À 30 ans, Bettina a beaucoup voyagé.
00:31:22Après avoir vécu en France et en Australie, cette bavaroise a finalement choisi de poser ses pinceaux à Berlin.
00:31:30C'est une ville pour les artistes parce que c'est pas très cher.
00:31:33C'était beaucoup moins cher il y a quelques années.
00:31:37Et il y avait plein d'endroits vides aussi.
00:31:40Donc c'était bien pour des ateliers, pour exposer, pour organiser des choses.
00:31:46Depuis 5 ans, Bettina arrive à vivre de son art.
00:31:50Ce soir, elle se rend dans la galerie qui l'expose pour y retrouver deux autres amis artistes venus découvrir
00:31:55ses nouveaux tableaux.
00:32:02Odélie Labrune est française.
00:32:04Anne-Lynne est allemande.
00:32:05Elles ont travaillé comme assistantes de Jean-Paul Gauthier et Iyoji Yamamoto à Paris.
00:32:09Mais c'est à Berlin qu'elles ont décidé de lancer leur propre collection de haute couture.
00:32:14Elles vivent dans le quartier branché de Krautsberg, dans un appartement qui la journée prend des allures d'atelier de
00:32:19couture.
00:32:22Et après, je trouve dans ce sens-là ou plutôt dans l'autre ?
00:32:26Berlin c'est cool, il y a plein d'artistes.
00:32:28On parle de Berlin comme le New York des années 70.
00:32:31Il y a vraiment cette énergie à Berlin où tu sens qu'il y a plein de choses qui se
00:32:34passent.
00:32:35On en parle, les gens déménagent ici, c'est multiculturel, il y a des gens de partout.
00:32:40C'est super inspirant, je peux pas dire le contraire, j'adore.
00:32:44Berlin n'est pas une capitale de la mode, la création y est donc moins figée.
00:32:49Les deux amis peuvent se permettre de cultiver leur originalité jusqu'à réinterpréter le traditionnel défilé.
00:32:54On profite de notre réseau créatif et artistique ici à Berlin pour faire des installations vivantes qui sont différentes de
00:33:04défilés classiques.
00:33:06Ça englobe la musique, des paroles, la mise en scène, la scénographie.
00:33:16Original, gothique et chic à la fois, leur style fait mouche.
00:33:20A 26 et 28 ans, Odélie et Anne-Lynne empilent les récompenses pour jeunes créateurs et contribuent à inscrire Berlin
00:33:26sur la carte de la mode.
00:33:28Faire de Berlin une ville pour les jeunes artistes, c'est désormais aussi une revendication politique.
00:33:33Depuis les dernières élections, le Parlement de Berlin, l'équivalent de la mairie, a été pris d'assaut par une
00:33:38nouvelle génération de politiciens comme Simon, les pirates.
00:33:42« C'est un bâtiment qui a 130 ans. C'est ici qu'est né le parti communiste allemand en
00:33:511911. Oui, c'est un bâtiment plutôt impressionnant. »
00:33:59Les pirates, c'est un petit parti présent dans 60 pays. Ils défendent aussi bien l'Internet libre que le
00:34:04mariage homosexuel.
00:34:05Ces libertaires ont aussi un programme culturel ambitieux qui prévoit d'accorder une aide mensuelle aux artistes de Berlin.
00:34:13« Quand tu es un artiste, tu vis toujours sur la corde raide.
00:34:21Et c'est quelque chose qui peut bloquer ta créativité.
00:34:25C'est difficile de trouver l'inspiration quand tu te demandes qui va payer ton loyer.
00:34:30Alors donner une petite aide aux artistes, c'est une étape pour garantir le caractère vibrant de la scène culturelle
00:34:40berlinoise. »
00:34:46En septembre, ils ont créé la surprise en obtenant près de 10% des voix aux élections municipales.
00:34:52Désormais, les pirates peuvent monter à l'abordage pour que Berlin reste la capitale des jeunes artistes.
00:35:32Allo ! Salut Jérôme.
00:35:34Ça va Valentin ?
00:35:35Ça va et toi ?
00:35:35Donc c'est là ton atelier, atelier galerie comme on sait ?
00:35:39Atelier tattoo, galerie d'art, salon piercing, tatouage, modification corporelle.
00:35:44Multi-activité ?
00:35:45Multi-activité.
00:35:47Et là en ce moment on a une exposition de José William Vigas, un Australien.
00:35:50Il fait du dessin, de la sculpture.
00:35:53Ça aussi c'est lui le pain de mie sculpté ?
00:35:55Non, c'est Nicolas Brasseur, notre première exposition.
00:35:58Qui a utilisé le pain comme médium pour créer une image archéopoiette.
00:36:01Archéopoiette ?
00:36:02Les images du Saint-Esprit qui arrivent un peu n'importe où, comme le Saint-Suèvre ou ce genre de
00:36:06choses.
00:36:06Qui est photographe surtout à la base.
00:36:09Et donc ici on a un atelier tattoo, le premier.
00:36:14Avec Gianni, un tatoueur italien.
00:36:16Qui est arrivé à Berlin.
00:36:17Ah, bonjour non ?
00:36:19Oh bonjour, vous parlez italien ?
00:36:31Tu peux voir, on évite le tatouage traditionnel, on fait des choses plus graphiques.
00:36:35D'ailleurs la plupart des tatoueurs qui sont ici, les invités ou les résidents,
00:36:38viennent d'un passé artistique autre que le tatouage.
00:36:42Ils viennent des beaux-arts, ils sont des street artistes,
00:36:45ou des sérigraphes, designers graphiques, photographes.
00:36:48D'accord.
00:36:57Là on a Sarah Guibolen, une résidente.
00:36:59Qui elle vient du Canada, de Vancouver.
00:37:02D'accord.
00:37:02Et qui à la base est architecte d'intérieur.
00:37:05D'accord.
00:37:06Qui ensuite est venue au tatou, utiliser la peau comme nouveau médium pour s'exprimer aussi,
00:37:10et faire des pièces plus intéressantes.
00:37:12Allo ?
00:37:12Oui.
00:37:13Bonjour.
00:37:13Bonjour.
00:37:14Alors cette réputation, elle vient de votre talent a priori ?
00:37:17Quelle est votre spécificité ?
00:37:19Je faisais des tatouages dans le style classique américain, teinté d'inspiration victorienne.
00:37:28C'est un peu comme ces choses-là, non ?
00:37:30L'homme, avec le chapeau, les oiseaux avec le livre.
00:37:35J'aime bien représenter des hommes avec des chapeaux, des moustaches et des barbes.
00:37:39D'accord.
00:37:40Et comment vous vous êtes retrouvée de Vancouver à Berlin ? Pourquoi vous êtes venue vous installer là ?
00:37:44J'ai toujours voulu vivre à Berlin pour plein de raisons que j'avais dans la tête.
00:37:49Quand je suis venue, c'était incroyable et parfait.
00:37:53Vraiment, vraiment remplie de gens très créatifs et vraiment sympathiques.
00:37:58C'est l'endroit le plus sympa du monde.
00:38:01Ouais, à ce moment-là, je vous la rends.
00:38:04Merci.
00:38:05Bonne continuation.
00:38:18Donc ici, c'est la troisième salle, atelier, salle aussi pour les invités qui viennent tatouer.
00:38:24Ça, c'est un de tes invités qui a des pérites et qui va supporter le tatouage.
00:38:28Très bien.
00:38:30C'est là que tu composes ?
00:38:31Ouais.
00:38:32Je base sur ces morceaux en ce moment.
00:38:48Et c'est ta voix ?
00:38:49Ouais.
00:38:49Je trouve qu'il fait tout.
00:38:52Musique, production.
00:38:53J'essaie de...
00:38:53L'homme orchestre.
00:38:55Il y aurait l'hybrica de l'électro.
00:38:58Quel est ton objectif ? Qu'est-ce que tu as envie ? De quoi tu rêves là ?
00:39:02Faire en sorte de rencontrer plus de gens, faire plus de collaborations, mélanger musique, performance, installation, je sais pas.
00:39:07Enfin, créer quelque chose de plus grand via ce lieu.
00:39:12Et moi, en tant qu'artiste musicien, faire plus de scènes, sortir un album, être mondialement connu, devenir...
00:39:18Je ne sais pas.
00:39:39Bonjour.
00:39:40Bonjour.
00:39:43Euh...
00:39:43Je voulais savoir si vous aviez des chambres à partir de votre hôtel ?
00:39:46Une nuit, je pense.
00:39:47Euh...
00:39:48Si vous voulez, je peux vous montrer quelques-uns et vous pouvez choisir un.
00:39:50Ah oui, je peux choisir ?
00:39:51Ouais.
00:39:52Bon, je crois qu'il y a...
00:39:53C'est un peu...
00:39:53C'est un peu spécial, hein.
00:39:54Ouais.
00:39:54Ouais, c'est ça.
00:40:04C'est déjà conceptuel, donc...
00:40:06Ouh là !
00:40:08Ouais, d'accord.
00:40:10Ah ouais, c'est...
00:40:12C'est conceptuel, c'est ça.
00:40:13C'est le mot.
00:40:15Ouais.
00:40:15Ce sont des artistes qui ont fait des chants ?
00:40:17Comment ça s'est passé ?
00:40:17Non, c'est juste un artiste.
00:40:19Il s'appelle Lars Ströchen.
00:40:21Il a fait tout.
00:40:22Donc il y a une vraie dimension un peu de musée qu'on peut...
00:40:25Ouais.
00:40:25Un musée où on peut vivre.
00:40:27Vivre, hein.
00:40:32Oh là, oui, d'accord.
00:40:33Encore autre chose, pardon.
00:40:36Ouais, si vous vous énervez la nuit, donc vous pouvez descendre ça.
00:40:45D'accord.
00:40:47Ah oui.
00:40:47Et puis ça donne deux lits séparés, si vous voulez.
00:40:51Ok.
00:40:59Il y a beaucoup d'endroits comme ça dans Berlin, d'hôtels un peu conceptuels ?
00:41:04Il y en a, mais il n'y en a pas comme celui-là, bien sûr.
00:41:23Donc ça, c'est la chambre upside down.
00:41:27Votre lit ?
00:41:28Mon lit ?
00:41:30Ça se retourne ou je dors avec des sangles ?
00:41:33Comment ça fonctionne ?
00:41:35Eh ben, voilé.
00:41:36Ah, faut voiler, d'accord.
00:41:38Ok.
00:41:45C'est une des chambres préférées dans l'hôtel.
00:41:48Je ne suis pas étonné et je pense même que c'est la chambre que je vais choisir.
00:41:51Ouais.
00:41:51Je vous laisse la clé.
00:41:52D'accord, ok.
00:41:53Parfait.
00:41:53Et puis, bon séjour.
00:41:55Pendant que j'ai eu du mal à choisir la chambre, je vais avoir peut-être du mal à choisir
00:41:57le lit, mais...
00:42:14D'accord.
00:42:14La presse, c'est l'un des derniers en activité.
00:42:16Ancien grand magasin, puis prison nazie, des squatteurs l'ont investi après la chute du mur.
00:42:23Il y a deux ans, Yael quitte Jérusalem d'où elle est originaire.
00:42:27Et elle plonge dans ce bouillon artistique.
00:42:31L'histoire et l'âme de ce lieu sont incroyables.
00:42:35Les espaces sont grands et nous pouvons nous en servir pour nous exprimer.
00:42:40Il y a des pièces de théâtre, de la musique, des spectacles de danse.
00:42:48Le Tarlès, malheureusement, est menacé de fermeture.
00:42:52En 1998, un fonds d'investissement rachète le bâtiment.
00:42:56Les artistes ont pu rester, mais aujourd'hui, les propriétaires souhaitent les expulser.
00:43:03Si Berlin perd son Tarlès, elle deviendra une ville comme les autres.
00:43:09Et plus personne n'aura d'intérêt à venir la visiter.
00:43:15Le Tarlès en sursis.
00:43:18Pression immobilière, construction d'hôtels de luxe.
00:43:21À Berlin, des squats ferment leurs portes chaque année.
00:43:25C'est le cas du Liebig 14 et ses artistes expulsés en février dernier.
00:43:30Mais il existe des squats disparus à qui l'on a offert une nouvelle vie.
00:43:35C'est le cas de ce bunker, situé sur la Reinhardtstrasse.
00:43:39Construit en 1942 par les nazis, lieu de stockage des bananes pendant la guerre froide.
00:43:44Après la chute du mur, on y organise des soirées techno et sadomaso.
00:43:48Puis il ferme en 1995.
00:43:54Et puis après, il est resté vide pendant des années.
00:43:57Parce que plus personne ne savait quoi en faire.
00:44:02Un lieu inoccupé que le milliardaire polonais Christian Boros achète en 2003.
00:44:08Il transforme alors ce bunker de 5000 mètres carrés en fondation d'art contemporain.
00:44:17Certains plafonds ont été retirés pour créer des plus grands espaces à l'intérieur.
00:44:22Parfois, les murs ont été peints en blanc, donc créés dans des espaces complètement nouveaux.
00:44:25Parfois, les murs ont été laissés tels quels.
00:44:28On voit même où les plafonds ont été coupés.
00:44:32À Berlin, le temps qui passe façonne ces lieux chargés d'histoire.
00:44:37Et offre aux générations d'artistes à venir une inspiration infinie.
00:44:43Au tinhaותר de trouver les choses pr virtually à l'en parce que les murs ont été controversés et sont
00:44:55qui 행és d'am pages de l'enана !
00:44:56Parfois, les seigneris juridiques de l'en 선생님, l'éc cooperes historie…
00:45:03Parfois, lesiances intonions de True.
00:45:04Parfois, les misfères de...
00:45:04Les mex struggles ?
00:45:06Parfois y stressedes.
00:45:21Le marché turc de Berlin, c'est vraiment un endroit qui le signe d'une intégration réussie pour toi ?
00:45:29Oui, je pense. C'est une vraie marque de l'intégrité de la communauté turque, d'avoir su implanter un
00:45:35marché ici et un bazar comme celui d'Istanbul.
00:45:38À Berlin, on compte plus de 300 000 Turcs.
00:45:41Et toi, ta famille est venue s'installer là dans les années 60, quand l'Allemagne a cherché à avoir
00:45:49une main d'oeuvre plus importante, c'est ça ?
00:45:51Parmi ces gens, il y avait des membres de ma famille, ma mère et mon père, qui se sont rencontrés
00:45:55à Berlin.
00:45:56Et ils se sont lancés dans la restauration et ils ont évolué, évolué, évolué encore.
00:46:03Je pense que ça a été l'étape importante qui a permis à la cuisine turque de s'imposer ici.
00:46:08Ça a été le début de l'intégration par la nourriture, alors c'est ce que tu sembles dire.
00:46:12Oui, on peut dire ça.
00:46:23On trouve des produits frais dans ce coin, des fruits et des légumes.
00:46:29Ce pain, c'est le vrai pain turc.
00:46:32C'est celui qu'on utilise pour faire des kebabs.
00:46:37Il y a des gens qui viennent de Turquie pour en trouver.
00:46:40Les 3 à 2 euros, prix spécial pour vous.
00:46:43Et les kilos aussi, ils sont à un spécial prix ou pas ?
00:46:49Il a dit, un homme sans bedaine, c'est comme une maison sans balcon.
00:46:56Et il t'arrive de venir de temps en temps sur ce marché pour faire tes courses ?
00:47:00Quand j'ai un peu de temps, je viens ici, car l'atmosphère y est agréable.
00:47:12Tu veux en goûter un ? Un de chaque ?
00:47:14Moi, j'aime bien ceux-là.
00:47:17Autre chose ?
00:47:19Donc, 1,45 euros.
00:47:27Vas-y, serre-toi.
00:47:29Ok, mais un seul, pas plus.
00:47:31Merci.
00:47:36Ça me rappelle mon voyage à Istanbul.
00:47:43Non, non, non, non, Jérôme, maintenant, on va aller dans mon restaurant et tu vas pouvoir goûter un vrai kebab.
00:47:49D'accord.
00:47:50C'est juste là-bas.
00:47:51On passe du sucre au salé, mais ça me va.
00:47:52Ok, let's go.
00:48:08C'est le tout premier de nos restaurants.
00:48:11C'est l'historique.
00:48:13Oui, tu peux voir ici les origines du kebab.
00:48:18Partout dans le monde, les gens pensent que le kebab vient de Turquie alors qu'il a été inventé ici
00:48:22par mon père.
00:48:24C'était en 1971.
00:48:26Et depuis, ça marche.
00:48:29En tout cas, ça sent bon, hein ?
00:48:32Et ça a l'air bon.
00:48:37Il y a combien de restaurants kebabs comme ça, d'un kebab, à Berlin ?
00:48:41Plus de 1000.
00:48:42Il faut savoir que partout dans le monde, dans presque tous les pays, j'imagine, il y a des restaurants
00:48:47qui font le sandwich inventé par ton papa.
00:48:49Tu veux être fier de ça, non ?
00:48:51Je crois qu'il est fier de ce qu'il a accompli, mais c'est vrai que je le suis
00:48:53encore plus.
00:48:54Nous avons actuellement 6 restaurants dans la ville et nous espérons que ça continue à se développer.
00:48:58Je pense qu'on est bien partis.
00:49:02Regarde, là-bas, c'est mon oncle.
00:49:16Bon appétit !
00:49:26Alors, c'est bon ?
00:49:27Le pain est formidable.
00:49:29C'est pas bourratif, c'est parfait.
00:49:32Parfait.
00:49:32Merci.
00:49:33Ouais.
00:49:34C'est bon, monsieur Knie.
00:49:42Autre minorité beaucoup moins connue, mais beaucoup plus ancienne, les Sorab.
00:49:47Et pour les rencontrer, il faut quitter Berlin, direction le sud-est.
00:49:50Non loin de la frontière polonaise, se déploie le Spriwald, une région de marécage et de canaux, la Venise verte
00:49:56allemande.
00:49:59Ces canaux, Reinhardt les connaît par cœur.
00:50:01Il s'y ferait un chemin à la seule force de ses bras.
00:50:05Sa perche et son seul moteur.
00:50:07Guide bâtelier, il emmène les touristes à travers les méandres de la rivière à la découverte d'une région secrète.
00:50:16C'est très calme aujourd'hui ici, à cause du mauvais temps.
00:50:20C'est la fin de la saison.
00:50:21Dans la Spriwald, on travaille de Pâques au début de l'automne.
00:50:24C'est ce long temps.
00:50:25En hiver, les canaux sont gelés.
00:50:27Les barques sont prisonnières de la glace, jusqu'à ce que la glace fonde.
00:50:39Partout, les taches rouges-oranges des citrouilles témoignent de la fertilité de la région.
00:50:44Ce labyrinthe aquatique a longtemps été un refuge pour les minorités.
00:50:48En étant attentif, on trouve encore les traces de vieilles croyances païennes.
00:50:53Sur le toit de la maison, on peut apercevoir ce symbole.
00:50:57C'est un serpent, le serpent roi.
00:51:00C'est le protecteur du foyer.
00:51:05Le serpent sur le fêtage d'un toit, c'est le signe que les habitants de cette maison appartiennent à
00:51:09la minorité sorab.
00:51:12Une communauté de langues slaves, installée en Germanie au VIe siècle et encore très présente aujourd'hui.
00:51:18En témoignent les panneaux routiers bilingues allemands sorab.
00:51:26A Côte-de-Bus, la grande ville de la région, la majorité des habitants étaient des sorabes avant 1945.
00:51:32Merci, bon appétit.
00:51:40Aujourd'hui, la ville est majoritairement germanophone, mais les traditions se perpétuent.
00:51:45Le secret de ce peuple qui a su conserver son identité pendant 15 siècles, c'est sa langue.
00:51:52Dans le village de Dyson, à côté de Côte-de-Bus, des associations font vivre la culture sorab en organisant
00:51:58des lectures dans cette langue slave.
00:52:03Quand quelqu'un meurt, on transmet son costume.
00:52:07Aujourd'hui, ton armoire est pleine et ta commode aussi.
00:52:16Pete Kunings est un chansonnier sorab qui se bat pour la défense de sa langue.
00:52:21Il s'est intéressé très jeune à l'histoire de son peuple.
00:52:25Avec fierté, il nous emmène visiter le temple protestant du village.
00:52:29Un haut lieu de la communauté sorab.
00:52:32Autrefois, certains paysans ne lisaient pas l'allemand.
00:52:35Et Pete nous montre une rareté.
00:52:38Un chemin de croix bilingue, en allemand et en sorab.
00:52:47Derrière cette porte se cache l'autre fierté de la communauté.
00:52:52Ce vitrail a été fabriqué en 1937.
00:52:54Le prêtre sorab a voulu montrer qu'avant d'être catholique, Jésus était juif.
00:53:00Du coup, il a fait ce vitrail où sont associées une étoile de David et les trois couleurs du drapeau
00:53:05sorab, bleu, blanc, rouge.
00:53:08Ça voulait aussi dire que si les juifs étaient persécutés, les prochains seraient les sorabes.
00:53:13Il voulait afficher son opposition aux nazis.
00:53:17Arrivé au VIe siècle en Allemagne, les sorabes ont su préserver leur identité pendant près de 15 siècles.
00:53:23Un miracle ? Pas tant que ça.
00:53:28Il y a toujours eu quelqu'un pour écrire en sorab.
00:53:32Déjà il y a mille ans, dans un cloître à Magdebourg, des moines sorabes ont traduit des textes religieux du
00:53:38latin au sorab.
00:53:41Et après il y a toujours eu quelqu'un pour écrire des poèmes en sorab, et ça a continué de
00:53:46faire vivre la langue.
00:53:48Si personne n'écrit dans une langue, alors la langue se meurt.
00:54:01Aujourd'hui, sur les 60 000 allemands d'ascendance sorab, à peine la moitié déclarent parler la langue.
00:54:07Récemment, des jardins d'enfants et des classes bilingues ont vu le jour.
00:54:11Pete Kunings espère que les prochaines générations comprendront encore ses chansons.
00:54:43J'ai du mal à croire qu'on est toujours dans Berlin là ?
00:54:46Oui, on est vraiment dans Berlin.
00:54:48C'est incroyable ici, on est à combien de kilomètres du centre là ?
00:54:52On est à peine à 30 minutes de la station de métro principale.
00:54:56Viens, je te montre le jardin.
00:55:00Le projet s'appelle Baumgarten.
00:55:03C'est un jardin un peu spécial, car les gens peuvent louer leurs propres emplacements,
00:55:07et apprendre comment cultiver leurs propres légumes avec moi.
00:55:11Et là, les parcelles sont attribuées à chacun, ou tout le monde se sert un petit peu comme il veut
00:55:16?
00:55:17Ça ressemble un peu à un grand cercle découpé comme une pizza.
00:55:20Et chaque utilisateur a sa propre tranche pour cultiver ses propres légumes.
00:55:26Je vois qu'il y a beaucoup de choux, donc on sait qu'on est en Allemagne quand même, le
00:55:31pays du chou.
00:55:32Oui, c'est vraiment ça.
00:55:34Je te charrie.
00:55:34Et l'idée originelle, c'était quoi pour toi ?
00:55:37Tu avais envie de faire revenir les gens dans les jardins, les gens du centre-ville notamment ?
00:55:42J'ai grandi dans une ferme.
00:55:45Habituellement, on n'y voit que des tracteurs et des grosses machines.
00:55:49Et ça me manquait de voir des gens travailler la terre eux-mêmes.
00:55:52C'est pourquoi je suis venu ici, à Berlin, pour créer ce jardin communautaire
00:55:56et apprendre aux gens à devenir de vrais petits fermiers.
00:56:20C'est super belle, tes salades.
00:56:27Oui, elles sont pas mal.
00:56:28Vous venez souvent ?
00:56:29Je viens une ou deux fois par semaine.
00:56:32Ça me change de mon travail habituel.
00:56:34C'est très agréable.
00:56:36Et je rencontre des gens.
00:56:40Je prends un bon bol d'air frais.
00:56:42C'est très bon.
00:56:43Et bien sûr, les légumes ont meilleur goût.
00:56:45Qui sont les gens qui viennent louer tes parcelles ?
00:56:49Il y a vraiment une grande variété de gens.
00:56:53Nous avons des immigrants, des étudiants.
00:56:56Nous avons beaucoup d'universitaires et aussi beaucoup de jeunes familles.
00:57:00Le jardin est vraiment idéal pour mettre les gens en relation.
00:57:04C'est pour cette raison que nous avons choisi la forme du cercle.
00:57:07C'est apparu comme une évidence pour que les gens se rencontrent.
00:57:09Bon, on va ramasser quelques légumes pour ce midi ou pas ?
00:57:12Oui, on devrait peut-être s'y mettre.
00:57:26Très bien.
00:57:29Cette fleur, tu peux la manger ?
00:57:31Ah oui ?
00:57:33C'est très bon en salade.
00:57:37On peut en faire du très bon thé aussi.
00:57:39C'est l'apéritif ?
00:57:40C'est ça.
00:57:42Sans ça, c'est vraiment agréable.
00:57:45C'est de la coriandre.
00:57:47Et dans Berlin, des jardins communautaires comme ça, il y en a beaucoup ?
00:57:51Carrément, nous sommes une cinquantaine de jardins communautaires dans Berlin.
00:57:56On la coupe.
00:57:59Les gens pensent que les légumes bio sont toujours plus petits.
00:58:02Regarde, cette magnifique et énorme salade bio.
00:58:05Est-ce que le principe de ces jardins, de la culture bio,
00:58:08c'est quelque chose qui est très développé à Berlin particulièrement,
00:58:12ou ça se généralise dans toute l'Allemagne ?
00:58:15Oui, c'est une vraie tendance.
00:58:18C'est une belle idée qui a l'air de se développer partout dans le monde.
00:58:22C'est ça l'avenir.
00:58:38C'est quoi ici, Max ?
00:58:39C'est une ferme ?
00:58:39Oui, c'était une ferme à l'origine.
00:58:42Maintenant, c'est plutôt une sorte de centre culturel,
00:58:45où les gens se rencontrent.
00:58:48Il y a parfois des concerts, des marchés, des brocantes,
00:58:51et d'autres choses du genre.
00:58:53Regarde, ils cultivent leurs propres légumes ici.
00:58:56Dans cette maison, ils ont l'habitude de faire leur propre pain.
00:58:58J'aime beaucoup ces gens.
00:59:14La coriandre a aussi beaucoup de goût.
00:59:17Tu vois, hier, c'était kebab pour moi.
00:59:19Aujourd'hui, c'est légumes.
00:59:22J'en mangeais aussi parfois, mais plus maintenant.
00:59:25En parlant de la communauté turque,
00:59:27je vais justement marquer une pause dans l'émission.
00:59:28Parce que chaque semaine, on retrouve un feuilleton
00:59:31qu'on appelle la route mythique.
00:59:33Et cette semaine, justement, c'est en direction de la Turquie
00:59:35qu'on va aller.
00:59:36Tu es déjà allé en Turquie, tu connais ?
00:59:38Non, je n'y suis jamais allé.
00:59:40Et là, on va retrouver deux réalisateurs
00:59:41qui ont fait un film sur la route de Kerabane.
00:59:44Alors, Kerabane, je ne sais pas si tu connais,
00:59:46c'est un héros d'un livre de Jules Verne.
00:59:48Ah, Jules Verne ?
00:59:50Le héros a décidé de faire le tour entier de la mer Noire
00:59:53pour rejoindre l'arrivée asiatique.
00:59:55Et les réalisateurs retracent ce parcours-là
00:59:57et reprennent le même itinéraire
00:59:58et nous font partager ça.
01:00:00Voilà, il s'agit de Nicolas Millet
01:00:01et de Sylvain Tesson.
01:00:03Dans le dernier volet de cette route mythique,
01:00:04les deux réalisateurs bouclent la boucle
01:00:06en parcourant les derniers kilomètres
01:00:08qui les ramènent jusqu'à Istanbul.
01:00:09C'est la fin du périple.
01:00:13Il y a un mois, je me lançais sur les traces de Kerabane le Têtu,
01:00:16héros de Jules Verne qui longea les côtes de la mer Noire
01:00:19d'Istanbul à Istanbul, désireux d'échapper à l'impôt,
01:00:23taxant la traversée du Bosphore.
01:00:25Me prenant pour le vieux Turc, j'ai traversé la Bulgarie,
01:00:29la Roumanie, la Crimée et la Russie caucasienne.
01:00:36Me voilà à présent au seuil de l'Abkhazie,
01:00:39s'attrapie persuadée de son indépendance.
01:00:41Devant moi pour revenir à Istanbul,
01:00:44la Georgie et la côte septentrionale de l'immense Turquie.
01:00:55Abkhazie, mouchoir de poche,
01:00:57Abkhazie, mouchoir de roche.
01:01:00Certains qualifient de zone grise cette côte de 200 kilomètres
01:01:04prise en étau entre les rigueurs du Caucase
01:01:06et la moiteur de la mer Noire.
01:01:12Staline fit ici construire l'une de ces dachas
01:01:15sous le balancement des grands eucalyptus.
01:01:18La double influence bioclimatique
01:01:20a couvert les flancs de la République
01:01:22d'une végétation subtropicale.
01:01:25En face, le monastère de Noviaphone,
01:01:28la Nouvelle Atos,
01:01:29plante des bulbes d'or dans cette jungle froide.
01:01:38Pour les Soviétiques, le paradis,
01:01:40c'était un endroit où le mercure ne plongeait pas trop.
01:01:50C'est donc ici,
01:01:52en cette bâtisse modeste,
01:01:54que le petit père des peuples
01:01:55régnant sur douze fuseaux horaires
01:01:57venait se reposer.
01:02:02Que se fomenta-t-il ici
01:02:04entre deux parties de billard ?
01:02:08Staline fut ce héros qui, par esprit de sacrifice,
01:02:11préféra les difficultés d'un climat balnéaire
01:02:13aux délices des hivers sibériens.
01:02:2840 kilomètres à l'est,
01:02:30Soukoum, la capitale abkaze.
01:02:32Plus de 100 000 habitants y jouissent
01:02:34de la tempérance du ciel
01:02:36et des joies de l'autonomie.
01:02:39En 1992,
01:02:41en pleine décomposition soviétique,
01:02:43les abkazes se séparent de la Georgie
01:02:45et déclarent leur indépendance.
01:02:48La guerre fait rage contre les georgiens
01:02:50jusqu'en 1993.
01:02:53Quelques milliers de victimes plus tard,
01:02:56les georgiens refluent.
01:02:58Une trêve est signée
01:02:59et un nouveau drapeau flotte
01:03:00au-dessus de la mer Noire.
01:03:03Pour les abkazes,
01:03:04un rêve prend corps.
01:03:06Pour les georgiens,
01:03:08une plaie s'ouvre.
01:03:09Pour les russes,
01:03:10c'est l'aubaine d'étendre leur influence.
01:03:31Les anciens combattants
01:03:32ne tuent plus que le temps
01:03:34assis sur la jetée.
01:03:35Zahour, membre de l'armée de libération,
01:03:38m'explique qu'il empoigna les armes
01:03:39en guerrier et non pas en vengeur
01:03:41il y a 19 ans.
01:03:46Comment dirais-je ?
01:03:48Je n'étais pas préoccupé
01:03:49pendant la guerre
01:03:50de savoir pour quelle abkazie
01:03:51je me battais.
01:03:54Je me battais pour la liberté,
01:03:56sans aucun autre objectif.
01:03:58Je suppose qu'on continue
01:03:59aujourd'hui à se battre pour cela.
01:04:06Vous savez,
01:04:08je veux dire quelque chose
01:04:09une bonne fois pour toutes.
01:04:10J'ai pris les armes,
01:04:12non pas pour me battre
01:04:12contre les georgiens.
01:04:14Je ne faisais que lutter
01:04:15contre des envahisseurs.
01:04:17Je me fichais qu'ils fuis georgiens
01:04:18ou d'autres nationalités.
01:04:20Et à présent,
01:04:21j'ai encore bien des amis georgiens.
01:04:22A l'époque,
01:04:23je ne nourrissais aucune haine
01:04:25particulière contre eux
01:04:26en tant que nationaux georgiens.
01:04:28Non, j'en avais appris
01:04:30ceux qui pillent et qui tuent.
01:04:31L'origine de notre ennemi
01:04:32ne rentrait pas en ligne de compte.
01:04:34Vous comprenez ?
01:04:37Soukoum ne serait-elle
01:04:38que le centre de carton-pâte
01:04:39d'un état d'opérette ?
01:04:40Je demande au ministre
01:04:41des Affaires étrangères
01:04:43comment on peut à la fois
01:04:44se gargariser de son indépendance
01:04:46et accepter le rouble russe
01:04:47pour monnaie nationale.
01:04:50Je vais vous répondre.
01:04:52Il y a différentes formes
01:04:53de souveraineté.
01:04:54Parfois, les États abandonnent
01:04:56une part de leur souveraineté
01:04:57à des voisins plus puissants.
01:04:59D'ailleurs, puis-je me permettre
01:05:00de vous rappeler
01:05:00que la France n'a plus
01:05:01de monnaie nationale.
01:05:02Ce qui ne signifie pas,
01:05:04n'est-ce pas,
01:05:04que la France n'est pas
01:05:05un État indépendant.
01:05:06La monnaie n'est pas
01:05:07le symbole de l'indépendance.
01:05:11Le ministre pousse les pions
01:05:13de ses arguments
01:05:13sur l'échiquier de la dialectique.
01:05:15Moi aussi, j'ai un coup à jouer.
01:05:17Est-ce que la présence
01:05:18de 2000 soldats russes
01:05:19sur le sol abkase
01:05:20ne gâte pas un peu
01:05:21le goût de l'indépendance ?
01:05:24La présence de troupes russes
01:05:25réclamées par l'Abkhazie
01:05:26est la conséquence directe
01:05:28de ce que la Géorgie
01:05:29fit subir à l'Abkhazie.
01:05:31Le gouvernement géorgien
01:05:33est bien entendu
01:05:33très agressif
01:05:34et mène une politique
01:05:36de restauration
01:05:36de sa soi-disant
01:05:38intégrité territoriale.
01:05:42Mais pour les Géorgiens,
01:05:43ce sera impossible
01:05:44de restaurer
01:05:45le moindre contrôle
01:05:46sur l'Abkhazie,
01:05:46ni par la voie économique,
01:05:48ni par la voie militaire,
01:05:49ni par la pression politique.
01:05:51Nous sommes sous blocus
01:05:53géorgien depuis deux décennies,
01:05:54mais nous survivons.
01:05:56Mais l'une de nos ambitions
01:05:58est de restaurer
01:05:59des relations amicales
01:06:00avec les Géorgiens,
01:06:01des relations de bon voisinage,
01:06:03fondées sur une reconnaissance
01:06:04territoriale mutuelle.
01:06:07Mais le vœu lénifiant
01:06:09du ministre,
01:06:09habilement sculpté
01:06:10dans la langue de bois,
01:06:12se heurte à un drame.
01:06:13Après la guerre
01:06:14et les échauffourées de 2008,
01:06:16près de 200 000 personnes
01:06:17d'origine géorgienne
01:06:18quittèrent l'est
01:06:19de l'Abkhazie
01:06:20et se replièrent,
01:06:21côté georgien,
01:06:22dans la province
01:06:23de Mangrédie.
01:06:24Le retour de ces exilés
01:06:27s'effectue au compte-gouttes.
01:06:43J'arrive à cette frontière
01:06:44contestée par Tbilissi,
01:06:46une zone de 2 km
01:06:48sous haute tension.
01:06:51L'Abkhazie est la douleur
01:06:53fantôme de la Georgie amputée.
01:07:00Les georgiens aiment le paradoxe.
01:07:02Ils ne reconnaissent pas
01:07:03l'Abkhazie
01:07:04mais ne permettent pas
01:07:05qu'on en franchisse
01:07:05la frontière.
01:07:08Je suis refoulé
01:07:09et contraint
01:07:10à un immense contournement.
01:07:15Je vais revenir sur mes pas,
01:07:17prendre l'avion en Russie,
01:07:20voler jusqu'en Georgie,
01:07:22franchir des montagnes
01:07:24et des plaines.
01:07:25Bref,
01:07:26accomplir des milliers
01:07:26de kilomètres
01:07:27pour me présenter
01:07:28à 500 mètres
01:07:29de l'endroit
01:07:30où l'on m'a forcé
01:07:31au demi-tour.
01:07:37Je viens de voyager
01:07:39selon le principe
01:07:39de Caraband-Tétu.
01:07:42Les siècles passent,
01:07:43gouvernés,
01:07:44paraît-il,
01:07:44par le principe du progrès.
01:07:46C'est drôle,
01:07:46mais ce matin,
01:07:47j'ai l'impression
01:07:48que l'histoire ne change pas.
01:07:54La ville georgienne
01:07:55qui m'aimante à présent,
01:07:56c'est Batoumi,
01:07:57au sud.
01:08:01Batoumi,
01:08:02ou les confins du monde
01:08:03connus par les Grecs.
01:08:05La ville en plein essor
01:08:07est la vitrine
01:08:07de la Georgie moderne
01:08:08qui se rêve
01:08:09un destin
01:08:10à l'ombre de l'Europe.
01:08:12Sur cette côte
01:08:13que visait Jason
01:08:14et où séjourna Médée,
01:08:16on côtoie le Caucase
01:08:17où promettait Péas
01:08:18en audace.
01:08:20Ce que l'on voit surtout,
01:08:21ce sont les constructions
01:08:22prétentieuses
01:08:22du kitschissime
01:08:23président Sakashvili
01:08:24qui entreprend
01:08:25de métamorphoser
01:08:26la colchide
01:08:27en Disneyland littoral.
01:08:30Marina Giorgadze,
01:08:31héléniste
01:08:32à l'université
01:08:33de Batoumi,
01:08:34choisit de s'asseoir
01:08:35à même les galets
01:08:35foulés par la sandale
01:08:37des argonautes.
01:08:40Notre mentalité
01:08:41à nous autres géorgiens
01:08:43vient du fait
01:08:43de ce que nous avons
01:08:44toujours vécu
01:08:45sur une frontière,
01:08:47une ligne de démarcation
01:08:48entre l'Asie et l'Europe
01:08:51et nous nous partageons
01:08:52entre ces deux mondes.
01:08:55Mais ce qui est intéressant
01:08:57de constater,
01:08:58c'est que chaque fois
01:08:58que nous avons dû choisir
01:09:00entre les deux,
01:09:01nous nous sommes toujours
01:09:02tournés vers l'ouest.
01:09:04que ce soit vers le soleil
01:09:05méditerranéen,
01:09:06le monde byzantin
01:09:08et maintenant l'Europe.
01:09:15Je pense pour ma part
01:09:16que si nous devons parler
01:09:17d'une unité
01:09:18qui définirait les peuples
01:09:19de la mer Noire,
01:09:20elle prend racine
01:09:21dans son passé méditerranéen
01:09:22et dans le bassin
01:09:23du dieu Maré Nostrum.
01:09:27Nos racines,
01:09:27comme celle de l'Europe,
01:09:29plongent dans les entrailles
01:09:30de la civilisation méditerranéenne.
01:09:37Étrange discours
01:09:38réduisant l'identité
01:09:39d'une mère
01:09:39à la puissance culturelle
01:09:41de la mer d'à côté.
01:09:42La mer Noire,
01:09:43par le principe
01:09:43des vases communicants,
01:09:45se serait contentée
01:09:46de bénéficier
01:09:46du rayonnement
01:09:47de sa voisine antique.
01:09:50En gagnant la Turquie,
01:09:51j'ai l'impression
01:09:51d'entrer dans un autre monde,
01:09:53comme si les Slaves
01:09:54et les Turcs
01:09:55s'étaient tenus
01:09:56pendant des millénaires
01:09:56au banquet de la mer,
01:09:58sans jamais se parler.
01:10:08Aujourd'hui,
01:10:09je fais une infidélité
01:10:10à la mer
01:10:10et me faufile
01:10:11dans les Alpes Pontiques.
01:10:17Les plantations de thé
01:10:18donnent un air bengali
01:10:19au massif du Lazistan.
01:10:23Ici, on cultive
01:10:24le tabac,
01:10:25le miel,
01:10:25les noix,
01:10:26les fruits
01:10:26en équilibre
01:10:27sur les versants.
01:10:30Et dans ces montagnes,
01:10:31on ouvre encore la porte
01:10:32à celui qui y frappe.
01:10:40Jules Verne décrit
01:10:41le peuple Laz,
01:10:42de langues caucasiennes
01:10:43et des religions mahomethanes,
01:10:44longtemps placées
01:10:45sous la gouverne
01:10:46des rois georgiens.
01:10:49Au village de Gouvent,
01:10:50j'essaie d'expliquer
01:10:51à la famille de Mustapha
01:10:53qu'on peut être fort
01:10:54comme un Laz
01:10:54et têtu comme un Turc.
01:11:01Les nouvelles générations
01:11:02n'ont pas la chance
01:11:03de vivre selon la culture Laz.
01:11:05Les choses ont changé ici.
01:11:07Les jeunes ne savent plus
01:11:08ce que signifient
01:11:09nos traditions
01:11:10et oublient la langue.
01:11:12L'arrivée de la télé
01:11:13dans nos foyers
01:11:14a tout contaminé
01:11:15et occulté notre culture.
01:11:18La spécificité Laz
01:11:19est sur le point
01:11:20de disparaître.
01:11:21C'est comme dans notre famille.
01:11:23Parmi la nouvelle génération,
01:11:24les jeunes qui parlent le Laz
01:11:26se font de plus en plus rares.
01:11:28Ils parlent tous le Turc.
01:11:34Nous n'avons pas
01:11:35d'ambition autonome,
01:11:36au contraire des Kurdes.
01:11:37Nous sommes fidèles
01:11:39à l'état central turc.
01:11:42En Turquie, voyez-vous,
01:11:44il y a une mosaïque
01:11:45de langues
01:11:45et d'ethnies différentes
01:11:46qui ont toutes
01:11:47des revendications
01:11:48à différents degrés.
01:11:50Mais nous autres, Laz,
01:11:52nous suivons fidèlement
01:11:53la direction
01:11:54de notre gouvernement.
01:12:03Le lien entre la côte
01:12:04et le massif,
01:12:05c'est un des fruits
01:12:06de la mer Noire
01:12:07que les montagnards
01:12:08vont échanger sur le littoral
01:12:09contre leurs propres produits.
01:12:11C'est l'anchois.
01:12:32Je passe la ville de Rizé
01:12:34et m'approche
01:12:35de Trébizonde.
01:13:02Au fond,
01:13:04s'il est un ciment
01:13:05qui agrège
01:13:05les peuples
01:13:06de la mer Noire,
01:13:07ce n'est pas dans l'histoire,
01:13:08dans la langue
01:13:09ou la culture
01:13:10qu'il faut le chercher,
01:13:11mais dans cette activité
01:13:12vieille comme la cueillette,
01:13:14la pêche.
01:13:19Non loin de Rizé,
01:13:20le bateau du capitaine
01:13:21Sarkhan et Riolu
01:13:22Baroud Chirik
01:13:23effectue l'une
01:13:24des trois rotations
01:13:25de la nuit,
01:13:26croulant sous une prise
01:13:27qui me paraît
01:13:28à tort miraculeuse.
01:13:32On ne peut pas prévoir
01:13:34nos rendements.
01:13:35Il y a des nuits
01:13:35où on pêche 5 tonnes,
01:13:3710 tonnes
01:13:37ou 50 tonnes d'anchois.
01:13:39Ça dépend de l'état
01:13:40de la mer
01:13:41et de la migration
01:13:42du poisson
01:13:42et surtout
01:13:43de la température
01:13:44de l'eau.
01:13:45Pour nous,
01:13:45il vaut mieux
01:13:46que la mer soit froide.
01:13:48Les bancs de poissons
01:13:49sont alors abondants
01:13:51et les anchois
01:13:52s'approchent des côtes.
01:13:54Quand il fait chaud,
01:13:55les poissons
01:13:56se tiennent au large
01:13:56à 20, 30 ou 40 000.
01:13:59Chaque année
01:14:00offre sa particularité
01:14:01et ses fluctuations.
01:14:04Cette nuit,
01:14:05tu vois,
01:14:05on a une pêche
01:14:06plutôt maigre.
01:14:09On a attrapé
01:14:09environ 8 à 10 tonnes.
01:14:13Mais on va réessayer
01:14:14tout à l'heure.
01:14:15On a le temps
01:14:16jusqu'au lever du jour.
01:14:17On verra bien.
01:14:18Si Dieu le veut,
01:14:19on va essayer
01:14:20d'en rapporter davantage.
01:14:42Back in Istanbul.
01:14:43J'ai survolé d'un coup d'aile
01:14:45la côte nord de la Turquie
01:14:46et suis parvenu
01:14:47sur la rive asiatique
01:14:47du Bosphore.
01:14:49Il y a un mois,
01:14:49j'étais là-bas
01:14:50de l'autre côté,
01:14:51à portée de vue.
01:14:57Carabon m'a appris
01:14:58que l'obstination
01:14:58était un bon moyen
01:14:59d'abattre les kilomètres.
01:15:01Je me suis aperçu
01:15:02que les peuples
01:15:03de la mer Noire
01:15:03ne nourrissaient aucun sentiment
01:15:05d'une unité originelle.
01:15:07Leur point commun,
01:15:08c'est de vivre au bord de l'eau,
01:15:10de respirer l'iode
01:15:12et de manger du poisson.
01:15:17L'homme croit toujours
01:15:18qu'il est là
01:15:19pour régenter l'histoire.
01:15:20Il oublie un peu vite
01:15:21qu'il est d'abord
01:15:22le disciple de la géographie.
01:15:38Sous-titrage Société Radio-Canada
01:15:49Sous-titrage Société Radio-Canada
01:16:21Sous-titrage Société Radio-Canada
01:16:22Ça va bien.
01:16:23On va boire quelque chose.
01:16:24Qu'est-ce que tu veux boire ?
01:16:26Un café pour moi.
01:16:28S'il vous plaît,
01:16:29on pourra avoir deux cafés.
01:16:31Merci.
01:16:32Après, j'aimerais te montrer
01:16:34un très joli cabaret.
01:16:36C'est un endroit très amusant
01:16:37et sympa.
01:16:38Si ça t'intéresse
01:16:39de te joindre à moi,
01:16:40je vais te montrer
01:16:41un autre aspect de Berlin
01:16:42qui ne se résume pas
01:16:43qu'à la scène techno.
01:16:49Je travaille comme DJ
01:16:51depuis 2006.
01:16:53Mais je ne joue pas
01:16:54de musique techno.
01:16:55Je joue de la pop
01:16:56ou de l'électropop.
01:16:58Et avant d'être DJ,
01:16:59tu faisais quoi ?
01:17:00J'avais un travail normal.
01:17:02Je suis designer.
01:17:04et je travaillais
01:17:05dans le monde de la pub.
01:17:08Viens avec moi,
01:17:08je t'invite.
01:17:11Viens dans mon monde.
01:17:40Oui, tout va bien.
01:17:43Je te présente Jérôme.
01:17:46Oui, c'est un français.
01:17:49Son nom de scène
01:17:50est Franz Geil.
01:17:53Franz Geil.
01:17:53Franz Geil.
01:17:54C'est un bon mot
01:17:55avec Franz Geil, non ?
01:17:56C'est la germanisation
01:17:57de Franz Geil.
01:17:58C'est drôle.
01:18:00Tu m'excuses,
01:18:01mais je te laisse
01:18:01quelques minutes.
01:18:03Mais je pense que tu vas
01:18:04bien t'amuser
01:18:05avec Franz Geil.
01:18:05Je vais rester, écoutez.
01:18:07OK.
01:18:08Ciao.
01:18:09Tchuss.
01:18:10Tchuss, tchuss.
01:18:10Salut.
01:18:12Et tu chantes quoi ?
01:18:13C'est quoi ce que tu fais ?
01:18:14Je fais le...
01:18:14Je chante le meilleur
01:18:15de la chanson française
01:18:16en allemand.
01:18:17Ah.
01:18:18J'ai chanté ça,
01:18:19j'ai fait découvrir ça
01:18:20à des amis,
01:18:20je leur ai parlé
01:18:21des chansons françaises.
01:18:23Ils m'ont dit
01:18:24c'est superbe,
01:18:25c'est très joli,
01:18:25mais je ne comprends pas
01:18:26un mot.
01:18:27Je dis, écoute, attends,
01:18:27je te la chante en allemand.
01:18:29Et comment réagit
01:18:30le public allemand
01:18:30à ces chansons françaises ?
01:18:32Ils découvrent tout ça,
01:18:33je pense que ça leur
01:18:33fait plaisir aussi
01:18:34à côté de toutes ces...
01:18:37tous ces DJs,
01:18:38toute cette musique électronique
01:18:39de voir quelqu'un
01:18:39qui joue de la guitare.
01:18:40Je ne suis pas
01:18:40un super guitariste.
01:18:42Je fais ça avec mon cœur
01:18:44et ça leur fait plaisir
01:18:45de voir quelqu'un
01:18:45qui joue pour...
01:18:47Eh ben,
01:18:48on se voit après le concert.
01:18:49Ça marche.
01:18:50Merde,
01:18:50comme on dit merde en allemand.
01:18:51Je te presse les pouces.
01:18:52Je te presse les pouces.
01:18:52Alors, je te presse les pouces.
01:18:54Je te presse les pouces.
01:19:17unter den linden.
01:19:21Sonne, shine, ring, ring,
01:19:24ganz egal,
01:19:25wir beide sind,
01:19:26so froh wenn wir uns wiedersehen
01:19:29unter den linden.
01:19:35Bonsoir, Franz Gale.
01:19:37Je suis l'invité surprise.
01:19:39Je m'assois là.
01:19:39einfach mal hin.
01:19:41Die Stimme luegt,
01:19:43das Wort betrügt,
01:19:45es klingt so falsch.
01:19:48Du bist der Himmel,
01:19:49der mein Dunkel,
01:19:50das helle Licht
01:19:52der Sterne trägt.
01:19:54Worte,
01:19:55nur Worte,
01:19:55nur Worte,
01:19:56Oh Gott, bist du schön
01:19:58Warte, nur warte, nur warte
01:20:00Du bist schön
01:20:01Warte, nur warte, nur warte
01:20:03So, glaube mir
01:20:05Warte, nur warte, nur warte, nur warte
01:20:08Die Worte, die du da redest
01:20:11Du mich mal der Wind
01:20:17Na gut!
01:20:19Mademoiselle Jurassic Park
01:20:23Dankeschön!
01:20:30Ja?
01:20:31Ah, ça va?
01:20:32Bravo!
01:20:33T'as aimé?
01:20:34Ah ouais, ça m'a fait beaucoup rire
01:20:35Le décalage est excellent, vraiment super
01:20:37Avec une mention spéciale pour la cravate
01:20:39En baguette de pain française, c'est parfait
01:20:41Oui, c'est un exemplaire unique
01:20:50Ah Jérôme!
01:20:51Oui, c'est toi!
01:20:52J'ai eu le doute
01:20:53Oui, c'est moi, regarde, c'est Mario
01:20:56Incroyable!
01:20:56C'est rien qu'une perruque
01:20:59Et je voulais juste te faire une petite surprise
01:21:01Ah oui, ça a bien marché
01:21:02Vraiment!
01:21:03C'est ma ville nocturne
01:21:04Et c'est aussi mon double
01:21:06C'est comme cela que je gagne ma vie
01:21:08Je te présente, Jurassic Parka
01:21:10Tu m'as bien eu, hein?
01:21:12Bon, à tout à l'heure, je vais t'attendre dehors
01:21:29Michel Banzaf, une étoile de la danse
01:21:32A 16 ans, passion dévorante pour le classique
01:21:35A 22 ans, il entre ici au ballet national de Berlin
01:21:39Situé dans l'ancienne partie est de la ville
01:21:42Encore marqué par l'influence et la rigueur du ballet russe
01:21:52Le ballet national de Berlin propose un répertoire incroyable, varié
01:21:57On danse dans tous les styles
01:21:59Et puis la ville de Berlin est une vraie source d'inspiration
01:22:03On peut dire que je suis en symbiose avec elle
01:22:09Berlin, une capitale incontournable de la danse
01:22:12Comme Moscou, Paris ou Londres
01:22:16Du ballet au cabaret, Sylvia Schmidt, ancienne danseuse classique
01:22:20A fait le grand écart il y a 19 ans
01:22:23En montant une revue burlesque
01:22:25Dans le quartier résidentiel de Tiergarten
01:22:30Je vais voir si tout se passe bien en coulisses
01:22:37Magnifique !
01:22:39Je trouve que c'est assez sexy
01:22:41Je pourrais onduler les hanches comme ça
01:22:45Ok, c'est ça
01:22:48Sylvia crée ses spectacles burlesques
01:22:50Hommage au cabaret allemand des années 30
01:22:52Ici on a le sens du détail
01:22:56Ça c'est spécial
01:22:57Ce sont mes dents pour le numéro des vampires
01:23:01Je dois y faire attention, elles sont en cernique
01:23:04Et là, ce sont mes fossiles
01:23:09Un œil en coulisses
01:23:12L'autre sur scène
01:23:13Sylvia, c'est aussi la directrice artistique
01:23:16Sois plus sexy face au public
01:23:18Tu danses pour eux, pas pour toi
01:23:21Sinon, il vaut mieux danser dans ton salon
01:23:25Ouais, je trouve que c'est magnifique
01:23:32Sylvia ne donne pas seulement des conseils
01:23:35De l'opéra au cabaret, un danseur reste un danseur
01:23:40Je fais quelques exercices d'échauffement pour sentir mon corps
01:23:45Pour le rendre plus souple
01:23:47C'est important de se sentir en forme
01:23:50Comme ça, tu te fais pas mal
01:23:55Retour à l'opéra de Berlin
01:23:57Situé Richard Wagner Platz
01:24:00Grandeur, rigueur
01:24:01Un monde dans lequel Michal baigne depuis 15 ans
01:24:08Je profite de cette séance de maquillage pour me détendre et commencer à me concentrer
01:24:18Pendant ma carrière, j'ai porté des tas de costumes complètement fous
01:24:24J'ai été une femme, je suis un prêtre
01:24:27J'ai joué un guerrier avec sa lance
01:24:32Ça change tout le temps
01:24:37Dans un instant, Michal jouera frollo de Notre-Dame de Paris
01:24:41A ses côtés, 54 danseurs du ballet de Berlin
01:24:44L'un des plus prestigieux d'Europe
01:24:48Mets à quoi en évidence, faut que ça se voit
01:24:50Je vais faire comme ça
01:24:55Bonne chance
01:25:10Toi aussi
01:25:10Une adaptation de l'oeuvre de Victor Hugo
01:25:12Où Frollo tombe amoureux d'Esmeralda
01:25:15Pour Michal, un rôle sombre
01:25:17Jeu d'acteur au milieu des danseurs
01:25:28Un triomphe pour Michal sous les projecteurs
01:25:32Chez Sylvia Schmitt
01:25:34Je vous en prie, faites le tour, asseyez-vous ici
01:25:38C'est ambiance plus feutrée
01:25:41Ils ne s'attendent pas à nous voir faire le service
01:25:43Et à nous découvrir ensuite sur scène
01:25:54Le cabaret de Sylvia, c'est un retour aux années 30
01:26:01Humour et érotisme
01:26:03Le tout dans un lieu chargé d'histoire
01:26:08Ici, pendant la seconde guerre mondiale, dans les sous-sols
01:26:10Il y avait un bunker
01:26:12Et Eichmann, le criminal nazi, y avait son bureau
01:26:16On est dans un lieu historique
01:26:21Histoire sombre, ou année folle
01:26:23La danse à Berlin
01:26:25Un voyage dans le temps
01:26:27Élégant
01:26:29Ou étonnant
01:26:31Et on est dans un lieu chargé d'en bas
01:26:35Et on est dans un lieu chargé d'en bas
01:26:50Et on est dans un lieu chargé d'en bas
01:27:00Nous sommes ici à la porte de Brandenburg.
01:27:02C'est la porte d'entrée du Festival des Lumières.
01:27:09Ah, il y a de l'ambiance là !
01:27:18Le festival, il existe depuis combien de temps ?
01:27:20Ça fait 7 ans maintenant.
01:27:22Il a été créé pour proposer une autre manière de découvrir Berlin la nuit.
01:27:28Berlin est vraiment lié à l'art, donc c'est très bien d'avoir ce festival.
01:27:41C'est la cathédrale de Berlin.
01:27:43Là, elle est illuminée par une artiste autrichienne.
01:27:46C'est très beau, non ?
01:27:48C'est étonnant comme cette ville a un lien étrange avec les murs.
01:27:52Le mur qui a séparé la ville en deux, qui est le symbole de frustration.
01:27:56d'interdiction, de plein de choses.
01:27:57Et puis maintenant, avec ce festival, les murs deviennent terrain d'expression
01:28:01et au contraire de revendications.
01:28:03C'est exactement ce dont il est question.
01:28:15Jérôme, on va monter tout en haut de cet immeuble
01:28:20pour surplomber Berlin.
01:28:22C'est une bonne idée.
01:28:23Je t'en ai.
01:28:25Merci.
01:28:34On n'est pas à ça de Berlin, que ce soit aussi étendu et aussi varié.
01:28:38Il y a un aéroport au milieu de la ville.
01:28:40C'est devenu une base de jeu, mais ce genre de choses, c'est frappant.
01:28:46Comme les jardins.
01:28:48Je suis allé dans les jardins communautaires, il y a des parcs partout, il y a des champs.
01:28:51Enfin, on se croirait à peine en ville, quoi.
01:28:53Et les Berlinois ont beaucoup de respect.
01:28:56J'ai le sentiment pour la ville et on est très fiers.
01:29:00Je me trompe ou pas ?
01:29:01Berlin est une ville spéciale, car elle n'est pas finie en quelque sorte.
01:29:07Les autres grandes villes se sont développées depuis des années.
01:29:10Aujourd'hui, elles sont figées d'une certaine manière.
01:29:12Berlin n'en est qu'à ses débuts.
01:29:14On commence seulement à explorer le potentiel de cette capitale.
01:29:17Pour cela, c'est vraiment particulier et excitant de vivre ici.
01:29:20En tout cas, moi, c'était une découverte.
01:29:22Je ne m'attendais pas à ça du tout.
01:29:23Merci à toi, en tout cas, pour cette balade.
01:29:25C'était un réel plaisir de te montrer ma ville.
01:29:27Merci beaucoup.
01:29:29Quant à nous, on va se retrouver très vite pour de nouvelles échappées belles dans d'autres contrées lointaines.
01:29:34A bientôt.
01:29:55Sous-titrage Société Radio-Canada
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